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vendredi 3 mai 2019

N° 295 : Ancient to Modern Dance


Set non disponible
 
1/ CULTURE CLUB "It's A Miracle / Miss Me Blind" (US 12" Mix Re-Touch) : j'ai émondé et reconstruit cette espèce de medley dont certains passages où surgissaient des pistes balancées "à la one again" étaient du grand n'importe quoi.
Il est basé sur deux des tubes du coruscant album "Colour By Numbers" sorti en 1983 et qui contient également "Church Of The Poison Mind" et "Karma Chameleon".

Avec "Do You Really Want to Hurt Me?", Culture Club fut l'une de mes premiers chocs musicaux à mon arrivée à Londres au printemps 1983, lorsque je partis étudier à l'European Business School. L'arrangement reggae était brillant et ce single fut d'ailleurs l'ultime essai du groupe, prêt à abandonner après deux premiers échecs.

2/ FAX YOURSELF "Sunshine 89" : cette techno belge découverte dans le Skydance reprend l'intro de "The Magnificent Seven" de The Clash et l'accapella de "Walking On Sunshine" de Rockers Revenge.

3/ XPANSIONS "Move Your Body": Déjà chroniqué dans le set n°91.

4/ KYLIE MINOGUE "What Do I Have To Do" (The Pump and Polly Mix) : 1991, l'ultime grand hit de sa période PWL Productions avant son renouveau au début des années 2000.

5/ BANANARAMA "I Heard A Rumour" (Horoscope Mix) : en 1987, le trio délaisse les producteurs Swain & Jolley (Imagination, Spandau Ballet...) pour s'acoquiner avec Stock, Aitken & Waterman (qui leur offriront le tube "Venus").

6/ FABIOLOUS BARKER "So Hot!" : le spécialiste argentin du re-edit s'attaque ici à la Hi NRG de Bobby O ("I'm So Hot For You" - 1982).

7/ 2 IN A ROOM "Take Me Away" (Peters Slaghuis Remix) : le sample de la voix de Loleatta Holloway pour un remix signé du producteur de Hithouse.

8/ TWO 4 YOU "Better Let You Know" (Feel The Real Groove Remix) : de Cartouche ou de Two 4 You, qui s'est inspiré de l'autre... that is the question.

9/ SISY EY "Do It Good" (Riva Starr Back To Detroit Mix) : une house venue d'Islande et remixée façon vintage à la Inner City.

10/ CALVIN HARRIS feat. Dua Lipa "One Kiss" (Extended Mix) & 11/ CALVIN HARRIS feat. Rihanna "This Is What You Came For" (Ultimix) : ce que l'écossais nous a offert de plus sexy dans sa discographie.

12/ KIM FAI "P.S." (Original Mix) : une obscure production anglaise de 2010 qui se mariait parfaitement avec l'accapella de Rihanna.

vendredi 16 janvier 2015

N° 233 : creaking old house (Casanova's Revenge, TC 1991, 49ers, Santos...)


Set non disponible

1/ TC 1991 "Berry" (Classic Remix) : de la garage-house italienne typique du début des années 90. Déclinant un projet par an, ce collectif nous offrira Funky Guitar en 1992, un titre largement diffusé à l'époque dans la Skyrock Max Party puis, moins connu, Harmony en 1993.
Dans ce "Berry", si vous tendez bien l'oreille, vous constaterez que le midi est totalement à la ramasse sur le refrain car le nombre de pistes qui démarrent simultanément n'est plus correctement géré par l'horloge interne de l'ordinateur (sans doute un Atari 1040 à l'époque) et ça cafouille sérieusement dans les loops... un problème que j'ai bien connu aussi et qui obligeait à démarrer des échantillons quelques millisecondes avant ou après le premier temps de la mesure (là où le plus d'événements se produisent simultanément).

2/ BLACK BOX "Everybody, Everybody" (Love Unlimited Mix) : je me souviens encore avoir acheté en 1990 ce disque dans un magasin d'une marina de Miami proche d'un quartier sordide dans lequel j'avais eu l'inconscience de circuler tranquillement en voiture. Le maxi contient le merveilleux "percapella".

3/ 49ERS feat. MC Magic Max "Don't You Love Me" (90's Mix) : un groupe de l'écurie Bortolotti, symbolique de l’acmé de l'italo-house, de cette suprématie insolente sur le monde de la dance music au début des 90's. Truffé de hits (Die Walküre, Touch Me, Don't You Love Me, How Longer), l'album éponyme 49ers sorti en 1990 est un must-have qui aura l'honneur d'une sortie US sur le label 4th & Broadway.
Hélas, les grandes voix de divas qui ont été sollicitées pour cet album n'ont pas été créditées.

4/ NOMAD "Something Special" (Touchdown Wah Mix) : un remix assez rare signé Simon Dunmore (le fondateur du label Defected) et découvert dans un NRJ Megamix de Dimitri en 1990. Dans l'intro, on entend l'accapella de Inch By Inch des Strikers (dans sa version Dimitri's Garage Groove Mix).
Ne pas manquer non plus le fantastique Beat The Street Mix (présenté dans mon set N° 56) avec son sample du Body Music des mêmes Strikers.

5/ MC B feat. Daisy Dee "This Beat Is Technotronic" : un succès planétaire comme celui de Pump Up The Jam engendre fatalement des produits dérivés qui surfent sur cette notoriété.

6/ et 7/ TOM SALTA "The New Generation" (House Club Mix) / MAGORIA "Mutoid Waste" : qui s'est inspiré de l'autre ? la concordance des jeux d'accords est-elle purement fortuite ? Dieu seul le sait.
Après ce one shot de 1990, Tom Salta s'est orienté vers la musique de jeux vidéo comme Ghost Recon, Prince Of  Persia ou Halo.
Magoria est une production de Stonebridge, vétéran de la scène house suédoise et créateur du label de remixes Swemix dans les années 80. Son promoteur clubs aime à rappeler que "Before Sweden had a House Mafia, it had a Godfather" et il est vrai que son aura a quelque peu été éclipsée par l'émergence de cette armada de jeunes loups comme Axwell, Steve Angello ou Avicii.

8/ SANTOS "Work The Box" : un pseudo du producteur de Chicago, Adonis. Son single No Way Back s'écoula à plus de 120 000 copies en 1986.

9/ DUKE DUMONT feat. A*M*E "Need U (100%)" (Blase Boys Club Dub) : un intrus s'est glissé dans cette sélection purement vintage ! c'est ce titre de 2013 au doux parfum de house détroitienne signé par l'un des producteurs anglais les plus inspirés du moment.

10/ CASANOVA'S REVENGE "Let's Work" (Club Mix 1) : ce titre de 1989 est construit sur le grand classique Work It To The Bone de LNR. Le Club Mix 2 est quasi-similaire dans l'intention et le regretté Chep Nunez nous avait aussi gratifié d'une version aux edits nerveux dont il avait le secret.

10/ BONESBREAKS "Can You Feel This" : extrait de la série de breaks conçus par Frankie Bones, ce morceau reprend les gimmicks chers à Todd Terry (Can You Party, A Day In The Life...)

11/ STEVE "SILK" HURLEY "Jack Your Body" (Simon Harris Monty Remix) : excellent edit réalisé par l'auteur de nombreux albums de samples et beats (la série Beats, Breaks & Scratches) que j'ai largement utilisés au début des années 90 tant pour mes productions que pour les jingles radio.

12/ 2 IN A ROOM "Wiggle It" (Club Mix) : une production George Morel, surtout connu pour ses Morel's Grooves commercialisés sur Strictly Rhythm. Paru en 1990, Wiggle It reste sans doute son plus gros succès commercial.

dimanche 25 mai 2014

N° 216 : Eclectic 80's (Duran Duran, Firefly, Rick Astley, Pet Shop Boys...)


Set non disponible

Éclectiques comme aucune décade auparavant, les 80's auront tout connu : la fin du disco, victime de ses dérives et des imposteurs qui l’ont fait déconsidérer, l’avènement de la funky music puis sa désintégration dans les boîtes à rythmes, la consécration du hip-hop, du freestyle, de la house, de la new wave et de l’italo-disco avec leurs armées de synthétiseurs, des sons tropicaux de Kid Creole et de ses Coconuts, des nouveaux romantiques aux coiffures impossibles, de solides groupes tels que Depeche Mode, Simple Minds, Tears For Fears, U2, Duran Duran, Pet Shop Boys dont certains existent encore…l’explosion des radios libres, les tubes de Gold, Elegance, Bandolero, la chute du Mur de Berlin…Les années 80 auront été les dernières à maintenir le rêve enchanté avant la grande désillusion.

Il y avait encore de grands mélodistes, de grands arrangeurs, des moyens financiers à la hauteur des projets… des boutiques de vinyles et CD fleurissaient à tous les coins de rue : les chaînes Nuggets, Madison, Virgin Megastore, les parisiennes Champs Disques, Lido Musique, Discoparnasse, le Mini Club de Nuit (dont l’un des vendeurs me semblait être Phil Barney)…un disque aimé était un disque aussitôt acheté.

Puis les nouveaux médias (internet, consoles de jeux, ordinateurs, téléphones portables, Ipod) apparurent, dispersant l’offre de loisirs.
Le format mp3 ouvrit la boîte de Pandore en faisant de l’échange de fichiers et de la multiplication des copies un jeu d’enfant.

Alors que le cinéma fascine encore, que les chaînes de télé payantes spécialisées dans le sport ou les séries trouvent aisément un marché, la musique est devenue un objet sans valeur. On l’entend dans les magasins, on l’écoute dans la rue sur le haut-parleur minable d’un téléphone portable…qu’il manque la moitié du titre ou que le son soit dégueulasse, peu importe, c’est un simple bruit de fond qui accompagne notre journée.
Auriez-vous l’idée d’aller voir un film en ayant loupé le premier ¼ h, avec une image granuleuse en 4/3 et un son mono ? bien sur que non car vous êtes exigeants sur ce que vous payez 12 euros.
Mais ce mp3 qui vous a coûté zéro, qui n’a pas d’emballage, ni de pochette, dont vous ignorez qui a composé le titre, arrangé le mix, dont vous ignorez parfois l’interprète, c’est juste un fichier de plus pour agrémenter votre bibliothèque. Je ne connais que peu de gens qui m’avouent acheter des disques dans des magasins ou sur internet.

Quand un artiste a touché 5000 euros de royalties sur ce qui a été annoncé comme un « tube », il peut s’estimer heureux… il y a de quoi se décourager de faire ce métier.
Alors, seuls les DJ’s y trouvent leur compte, composant des titres à tire-larigot. Dès le premier demi-succès, ils profitent de l’aubaine pour rentabiliser les frais dans des tournées ou des sets en soirées souvent grassement rémunérés.
D’ailleurs le public qui a payé sa place n’attend rien d’autre de ce DJ qu’une démonstration technique et un étalage d’effets et de sons. On vient « voir » un DJ comme on vient voir un vrai groupe sur scène… il y a bien longtemps que le but n’est plus de faire danser les gens.
Malheureusement, les DJ’s ne sont pas des compositeurs ou des mélodistes hors-pair (sinon nous croulerions sous les tubes), ce sont dans le meilleur des cas de bons bidouilleurs ou des sound designers et les plus connus d’entre eux font généralement appel à des « nègres » pour composer et arranger leurs titres.


Dans cette médiocrité culturelle (qui touche aussi le cinéma), je traîne chaque semaine quelques heures sur Itunes, Beatport ou Traxsource à la recherche de nouvelles sensations.
Mais pour 100 titres écoutés, 1 ou 2 finiront dans ma besace, souvent avec une grande indulgence pour des mélodies tout juste acceptables… mais il faut bien renouveler ma base de données, éviter de réécouter toujours les mêmes titres entendus 500 fois, éviter de se voir ressasser par les radios toujours les mêmes rengaines…alors on fait l’effort.
Les grands mélodistes de la chanson française se font rares. Calogero vient d’offrir le magnifique «Le Soldat» à Florent Pagny, Goldman se cache et livre ses titres au compte-goutte depuis 12 ans (un nouvel album est toutefois prévu cette année), mais Obispo ne me semble plus très inspiré et Voulzy prend son temps…comme d’habitude.
Les grands arrangeurs dance (Stock, Aitken & Waterman, Shep Pettibone, Steve « silk » Hurley) sont à la retraite…Frankie Knuckles nous a quittés récemment.

On me dit que mes sets ravivent les vieux souvenirs, plongent un peu dans la nostalgie, mais vous sortent de la morosité le temps d’une écoute. Il paraîtrait qu'en mélangeant les styles et les époques, ils soient moins ennuyeux que bien d'autres. Tant mieux si mon travail apporte sa pierre à l’édifice.
J’aurais tant aimé vous faire découvrir chaque semaine de nouveaux talents, mais l’exercice se révèle impossible. Alors pardonnez-moi de faire sans cesse référence au passé comme un vieil aigri.

PLAYLIST :

FIREFLY "You Can Lead Me" - 1982
TRAMAINE “Fall Down (Spirit of Love)" - 1985
FUNHOUSE “Dancin’ Easy” (House Mix) - 1988
RICK ASTLEY “She Wants To Dance With Me” (Bordering On A Collie Mix) - 1988
DONNA SUMMER “This Time I Know It's For Real” (Pete Hammond 12'' Mix) - 1989
NARADA MICHAEL WALDEN “Divine Emotions” (Shep Pettibone Remix) - 1988
WHITNEY HOUSTON “I Wanna Dance With Somebody (Who Loves Me)” (12" Remix) - 1987
MY MINE “Hypnotic Tango” (Hypnotic Mix) - 1983
MY MINE “Hypnotic Tango” (Extended Mix) - 1983
DEPECHE MODE “Strange Love” (Razormaid Classic Mix) - 1987
PET SHOP BOYS & LIZA MINELLI “Losing My Mind” (Ultimix Dub) - 1989
DURAN DURAN “All She Wants Is” (US Master Dub) - 1988
DURAN DURAN “All She Wants Is“ (Ultimix) - 1988
2 IN A ROOM “Do what you want“ (12inch Remix) - 1989

vendredi 8 novembre 2013

N° 204 : Doctor House (First Choice, Inner City, Clivillés & Cole, Mr Lee...)


Set non disponible

1) FIRST CHOICE "Doctor Love" (Decareydited Clivillés & Cole's Remix) (1993) : à l'occasion du 20e anniversaire de Salsoul Records, les plus grands hits du label furent proposés au remix aux cadors de l'époque (Morales, Hurley, Tenaglia...). Clivillés & Cole offrirent une ribambelle de versions de Doctor Love (1977). J'ai utilisé le mix principal en y intégrant le break au "church organ" de la David's Jam. On s'éloigne des paillettes disco pour se rapprocher de l'ambiance des messes gospel chères aux américains.

Doctor Love est avec Let No Man Put Asunder le titre de First Choice le plus samplé de l'histoire de la house music.

2) TAYLOR DAYNE "I'll wait" (E-Smoove Vocal Mix) (1993) : ce disque a déjà été chroniqué dans mon set N° 11.

3) SENSIBLE HOUSE "Give A Little More" (Sub-Urban Mix) (1993) : encore un extrait de la 1ère compilation du label de Tommy Musto sortie en cette année millésimée que fut 1993.

4) HAUSICK "Fight For Your Mind" (Original Mix) (2012) : de la pure vintage house sobre et efficace comme je l'aime. Une découverte Traxsource.

5) INNER CITY "Good Life" (Matt Smallwood Remix) (2012) : l'année 2012 fut le prétexte à une vaste campagne d'exhumation de ce tube historique de Inner City. Le traitement électro global n'apporte vraiment aucun "plus" à l'original (comme quoi, l'électro reste une mode basée sur l’esbroufe puisque qu'elle peine à transcender des titres réalisés 20 ans auparavant). Cependant, cette version qui conserve la solide base originale tire son épingle du jeu.

6) PETRA & CO "just let go" (1989) : dans les traces de Technotronic, PhilWilde, futur producteur de 2 Unlimited, démontrait tout son potentiel.

7) 2 IN A ROOM "Take me away" (Vol.1 Remix) (1989) : je n'ai pas très bien compris cette appellation bâclée pour ce remix culte de Little Louie Vega au sample ravageur (qui constitua d'ailleurs la base du tube français de Bond 55 Rave On Me, deux ans plus tard).

8) THE BRAT PACK "So Many Ways" (Do It Properly Part II) (Worldwide Dj Anthem) (1988) : les premiers pas du duo Clivillés & Cole dans la cour des grands.

9) C & C MUSIC FACTORY "Just a touch of love" (The Standard House Mix) (1991) : un maxi aux versions mythiques qui hélas ne put égaler le succès de Gonna Make You Sweat, bien que sorti en France chez CBS/Sony. Ce titre rend hommage au classique de Slave sorti en 1979 et à A Little Bit Of Jazz de Nick Straker Band.

10) Mr LEE "Pump That Body" (Ultimix) (1990) : la hip-house, un style hélas disparu (La France n'en aura retenu que les comiques de Benny B et les Bassline Boys). Extrait du volume 34 de la série de remixes américains destinés aux DJ's professionnels. Le label existe toujours.

11) HOUSE 2 HOUSE "I Wanna See You Dance" (Bleeding Speaker Mix) (1991) : entendu dans le set de Maurice Joshua pour la Max Party en 1992. On y retrouve l'inévitable sample de Doctor Love de First Choice ainsi que le hit Now That We Found Love de Third World.

12) CAJMERE "Brighter days" (Todd's TNT Dub) (1992) : Ce vieux filou de Todd Terry recycle un riff déjà utilisé pour un remix de Bizarre Inc. (I'm Gonna Get You)... un riff qui sera encore repris par Cool Jack (Jus' Come) en 1996.

vendredi 9 avril 2010

N° 63 : Skydance-Top Dance United (female hip house, The Funky Worm, Cathy Dennis...)

Set non disponible

Je viens d'achever un set marathon de 102 minutes entièrement consacré au Skydance.

J'ai dû supprimer les premiers sets sur DJpod pour une question d'espace disque, mais certains titres ont été réintégrés.
Il sera diffusé dans quelques semaines car trop de Skydance tuerait l'envie, ce set étant consacré justement aux deux émissions phares du Skyrock de la belle époque.

Lorsque je constate que je suis pris par la nostalgie d'une époque alors que pendant que je la vivais j'étais nostalgique d'une autre (pour moi, les 70's), je réalise que vivre le temps présent ne permet aucun recul et qu'une époque que l'on estime maussade ou pénible finira par paraître plus agréable que ce que le futur nous prépare dans 10 ans.
Comme une sorte de régression permanente d'un bonheur profond que les améliorations technologiques et les progrès de la médecine tentent de masquer en laissant croire que l'on vit forcément mieux qu'avant.

Mais stoppons ce discours philosophique avant qu'il ne fasse fuir le lecteur qui n'est pas venu pour ça et revenons en au sujet de ce blog.

1/ COLDCUT feat. Yazz & the Plastic People "Doctorin' the house" : en 1987, les DJ's Jonathan More et Matt Black formant le groupe Coldcut.
Le premier single "Say kids what time is it?" est un vaste collage de titres plus ou moins obscurs dont le détail est décrit sur cette vidéo Youtube.
Dans la foulée, il remixerons le "Paid in full" de ERIC B & RAKIM.
A la même époque, M\A\R\R\S organisera aussi le grand corso des samples avec "Pump up the volume".
C'était ce temps où l'on pouvait encore "faire les cons" sans recevoir un coup de règle sur le bout des doigts.

En face B du 45t de ce "Doctorin' the house", figurent certains samples qui ont servi à sa construction.
Bruno Sanchioni, un producteur belge, m'avait montré cette pièce lors des séances de remixes du premier titre d'ABYALE ("I wanna be your lover too") réalisés dans un petit studio d'Ivry-sur-Seine. Une séance épique puisque j'avais dû apporter ma platine disque et le vynil du titre pour caler en live la voix accapella sur l'instrumental de mon remix !!!

2/ GINO LATINO "Welcome" : Lorenzo Cherubini alias JOVANOTTI est le créateur de ce concept, commercialisant quelques titres assez primaires à base de samples dont ce "Welcome" qui est le seul titre digne de figurer dans un de mes sets. Je l'ai d'ailleurs amputé de ses parties jouées à la trompette Casio, le son étant d'un ridicule incommensurable.

J'avais récupéré ce disque dans les studios de Skyrock avant qu'il ne parte à la poubelle.
En effet, la direction avait décidé inopinément de récupérer la pièce de stockage de tous les vynils et ceux qui le désiraient avaient tout loisir de prendre ce qu'ils voulaient dans les rayons. Etant absent ce jour crucial, d'autres se servirent, emportant le précieux butin du Skydance. Je ne récupérais que quelques miettes le lendemain.
J'avais déjà raté la mise à la benne de tous les vynils disco du Patch Club peu avant sa fermeture, des opérations en catimini qui m'ont ainsi privé d'une discothèque fabuleuse digne d'un Joey Negro.

3/ C & C MUSIC FACTORY "Gonna make you sweat" : ce titre coïncide avec mon arrivée à Skyrock en janvier 1991. Le duo Clivillès & Cole vient de créer ce concept "house-rock" à base de guitares saturées et de voix scandées qui sera sans doute N°1 du Top Dance, mais je ne m'en souviens plus, ayant pris les rennes du classement en mars.
Jusqu'en 1995, année de la mort de David Cole, tous les singles du groupe seront autant de tubes. En solo, Robert Clivillès ne sortira rien de transcendant ce qui rejoint ma théorie selon laquelle seules les équipes sont gagnantes.
Pour réaliser ses tubes, David Guetta est entouré des animateurs-DJ's-producteurs historiques de feue la radio Maxximum, J. Garraud et F. Riester, mais que sortirait-il de fameux, seul devant ses machines ?

4/ CRIMINAL ELEMENT ORCHESTRA "Put the needle to the record" : ce single est extrait de "Locked up", l'album-concept d'Arthur Baker, monument de breaks house truffé de samples et qu'il faut posséder sans hésitations.
L'intro du "Kiss" de PRINCE passe à la moulinette des samplers et subit des transpositions astucieuses. A titre de curiosité, figure sur l'album un titre très moyen composé par David Morales encore inconnu : "Give me the music".
En cette année 1987 et dans la même veine que "Put the needle to the record", n'oublions pas la collaboration explosive de Baker avec Wally Jump Jr. pour "Tighten up".

5/ ROB BASE & DJ E-Z ROCK "Get on the dancefloor" : un mélange de "A day in the life" de BLACK RIOT et de "Shake your body (Down to the ground)" des JACKSONS.
Une fois encore, l'album du duo ("It takes two" - 1988) doit figurer dans toute discothèque de bonne tenue. Monument du sampling, il contient d'autres tubes comme "Joy and pain" et "It takes two".

6/ MONIE LOVE "I can do this" : un hip-house construit sur l'intro de "And the beat goes on" des WHISPERS et de la fameuse loop qu'on a entendu 4272 fois dans les productions de cette époque early house. Mais que font les girls du rap pour raviver la frénésie de cette hip-house jouissive ?

7/ BETTY BOO "Doin' the do" : exception à la règle pour ce titre entendu sur MAXXIMUM. Betty Boo possède un physique qui n'est pas sans rappeler Diana Rigg a.k.a. Emma Peel (l'une des plus belles femmes du monde selon moi) et l'ambiance des sixties. C'est à nouveau une production hip-house, cette fois-çi signée des BEATMASTERS et vraiment roborative.

8/ BLACK RIOT "A day in the life" : le chef d'œuvre de Todd Terry (avec "Can you party?" dont le sample de voix scandée est piqué sur l'album des JACKSONS "The Jacksons -The Live" en intro du morceau "Can you feel it").
Enigme : d'où provient le sample du gimmick de synthé, lui aussi utilisé 4272 fois ???

9/ D MOB feat. Cathy Dennis "That's the way of the world" : vous connaissiez la majestueuse version deep-garage de David Morales, voici l'original au son plus sec et totalement orienté "big room" (appellation donnée sur le site du disquaire Decks aux titres qui sont censés correspondre au public de la salle principale d'un club).

10/ CATHY DENNIS "Another Dream" : un "double power" avec ce titre récurrent de mes Top Dance megamixes. Pas facile à mixer, il faut démarrer la préparation plus ou moins sur le 3ème temps d'une mesure du titre en cours en espérant que cette espèce d'effet reverse situé juste avant le couplet tombe pile sur le premier temps au mix.

11/ STACEY Q "Give you all my love" : l'une des premières grosses productions du duo Clivillès & Cole, ce vynil fut rapporté de mon séjour à Miami en 1990.
A noter le cri de Rick James pris sur "Give it to me baby", un monument du funk.

12/ THE DOC "Portrait of a masterpiece" : un titre entendu une ou deux fois dans mon Top Dance Megamix. Dans ce remix de CJ Mackintosh, le riff de cuivres -souvent utilisé- vient de "You can't hide from yourself" de TEDDY PENDERGRASS.

13/2 IN A ROOM "Wiggle it" : Le Casio CZ 101 est la pierre angulaire de ce remix signé David Morales.

14/ QUEEN LATIFAH "Come into my house" : entendu une fois dans le Skydance, ce remix de Tony Humphries sonne très underground alors qu'Humphries fut l'un des chantres du New Jersey garage. Ce "Zanzibar Mix" fait référence au club où il fut résident.
C'est le DJ qui inaugura la fameuse série de compilations du Ministry of Sound, "The Sessions" (1993).

15/ LISA LISA & CULT JAM "Just git it together" : peu avant la bombe "Let the beat hit 'em", maxi déniché en import à Champs-Disques et présenté illico presto en nouveauté dans le Top Dance par RLP et moi-même (avons-nous été les premiers sur un réseau national ? je pense que oui), il y eut ce titre emblématique du Skydance.

16/ THE FUNKY WORM "Hustle! (to the music)" : grand classique du Skydance, il reprend le gimmick de "Do the spanish hustle" de FATBACK BAND. Cette version est signée de l'un des remixers historiques du Disco mix Club, Les Adams. Toutes les versions du maxi valent le détour, notamment le "Predora Mix".

vendredi 1 janvier 2010

N° 50 : One night at the Patch Club (Stone City Band, Funkapolitan, Prince Charles and the Funky Beat...)

Set non disponible



Merci de votre fidélité croissante au blog de DJ Bertrand, votre hôte. Ce DJ Bertrand là n'est pas né en 1971 (auquel cas il accuserait 10 ans de moins et s'en trouverait fort réjoui) et n'a jamais failli devenir une rock star. Sa première tentative de mini-concert à l'âge de 15 ans a tourné au fiasco. Voulant frimer devant les filles en gesticulant lors de son premier solo de guitare, il marcha malencontreusement sur le câble qui la reliait à l'ampli ! Carrière terminée.


Nouveau set hommage au Patch Club avec 45 premières minutes très représentatives de l'ambiance et du style que l'établissement avait su imposer à une clientèle finalement flattée de se voir proposer une programmation assez avant-gardiste.

Comme le rapportait sur ce blog mon ami DJ Pierre, DJ historique du Patch Club, la réputation de l'endroit avait largement dépassée les frontières du Val de Marne à tel point que Fabrice Emaer, fondateur du Palace, en connaissait même l'existence.

Dépourvu de "carré VIP" (l'endroit était trop exigu pour se le permettre), le Patch Club n'avait pas l'honneur de recevoir des "people" mais son atmosphère sécurisante était un must pour la jeunesse dorée de La Varenne (le quartier chic de l'Est parisien).
Jamais aucune affaire de drogue ni aucune rixe ne vint entacher la réputation de l'établissement !

Singularité amusante, le Patch Club était doté de 2 petites salles en hauteur dont une salle de ping-pong où les clubbers pouvaient se défouler ou récupérer en profitant, en fond musical, de l'ambiance de la piste du bas.

Tout comme au Palace, le DJ se permettait de casser subitement le rythme en diffusant des extraits de concerts ou de films pendant quelques instants avant de repartir de plus belle sur un nouveau concept musical.
Phénomène rare, des 1/4h rock ou slow ajoutaient à l'atmosphère chaleureuse de l'endroit et les soirées se terminaient souvent vers 4h30 par une longue série jazz-funk destinée aux vieux habitués et piliers de bar qui profitaient enfin d'une piste plus fluide.

La plupart des titres que vous aller entendre seront une énigme pour vous. Certains n'ont été des hymnes que dans cette seule discothèque française.
Le disque le plus joué de l'histoire du Patch Club est sans conteste "How do you do?" d'AL HUDSON & THE SOUL PARTNERS.
Beaucoup vont se demander comment on peut remplir une piste avec un titre aussi spécifique ? la seule réponse est "C'était le Patch, ça ne s'explique pas".
Tout cela rejoint mon opinion selon laquelle "la culture, ça s'impose" ; les gens finissent toujours tôt ou tard par être conquis par ce qui n'est pas évident à la première écoute et en redemandent par la suite. Il faut juste avoir le courage de voir sa piste se vider lors du lancement de nouveautés.
Les Larry Levan et autres Frankie Knuckles ont, eux aussi, affronté parfois cette sorte d'humiliation.
Il y a plus d'honneur à se risquer à faire découvrir et faire aimer des titres inédits et audacieux que de jouer petit bras comme un DJ de soirée de mariage.


1/ PRINCE CHARLES & THE CITY BEAT BAND "Beat the bush" : un groupe de pur funk dans la lignée de Gap Band ou Grand Master Flash.
Utilisant des voix vocodées comme il est de mise dans ce style, ce maxi extrait de l'album "Stone Killers" (1983) est sans doute très confidentiel pour le grand public mais ce fut pourtant un tube majeur du Patch Club.

2/ WAS (NOT WAS) "Tell me that i'm dreaming" : le premier titre funk utilisant la mandoline !
Ce groupe syncrétique de Detroit, friand de la fusion des genres, oscillait en permanence entre rock, jazz et funk.
Doté d'un son gras et lourd, ce maxi extrait de l'abum "Out come the Freaks" (1981) inflige un riff de guitare d'une maestria rarement égalée, appuyée par une basse largement mixée devant.
Véritable brûlot anti-Reagan (l'homme qui tua le disco !), il sample un extrait de l'un de ses discours (Etat de l'Union - 1981).

3/ ROD "Just keep on walking" : en 1981, Rod (diminutif de son vrai nom Rod Niangandoumo) se fait connaître en France avec le très "plan-plan" "Shake it up (do the Boogaloo)". Cet artiste produit par Charles Ibgui, PDG du label Atoll et important éditeur parisien, connait l'honneur d'être signé sur le prestigieux label Prelude Records.
François K, producteur et directeur artistique du label, règle le thermostat de la piste au maximum pour ce "Keep on walking" absolument prodigieux.

4/ GQ "Disco nights (Rock Freak)" : arrangé à la perfection, c'est pratiquement le seul hit de ce groupe multi-compilé, un titre qui atteindra la 1ère place du R'n'B singles charts américain en 1979.
En 1981, "Shake" sera le seul autre titre du groupe qui sera joué au Patch.

5/ THELMA HOUSTON "If you feel it" : pour beaucoup, Thelma Houston se résume à un single, "Don't leave me this way".
Les puristes, eux, savent que ce "If you feel it", titre à la slap basse hargneuse, rivalise largement en qualité... mais il n'est pas entré dans l'Histoire.

6/ THE STONE CITY BAND "Ladies choice" : la formation de Rick James, véritable sauveur d'un label Motown en pleine déconfiture !
A la fin des années 70, devenu trop policé pour son époque, le label de Detroit s'essouffle. Berry Gordy a l'idée de signer Rick James, autodidacte aux influences multiples (jazz, rock, R'n'B...) pour insuffler une nouvelle dynamique au label.
Lors des tournées du Stone City Band, Prince, encore inconnu, assure même certaines premières parties.

En 1980 sort Street Songs", album sur lequel figure le titre "Give it to me baby", tube planétaire qui renflouera largement le tiroir-caisse de la Motown.

En 1983, "Ladies choice" représente en quelque sorte l'apothéose du style funk-rock inventé par Rick James et sa bande.

Hélas, dépassé par le succès, Rick James connaitra la descente aux enfers (drogue, prison...).

Réapparu furtivement en 1988 grâce au mix house de "Loosey's rap" réalisé par Steve Silk Hurley, il décédera en 2004 dans l'indifférence générale.

7/ FUNKAPOLITAN "As the time goes by" : produit par August Darnell (le chanteur-fondateur de Kid Creole & The Coconuts et, plus anciennement, du très décalé Dr. Buzzard's Original Savannah Band), ce titre de funk anglais fut de manière tout aussi surprenante un tube du Patch Club. Je ne sais pas si plus d'une dizaine de boîtes en France l'ont également programmé !

8/ PLEASURE "Take a chance" : la quintessence d'un funk mâtiné de jazz ! Le genre de morceau que l'on réservait à cette clientèle plus élitiste en fin de soirée.
Et dire que j'avais découvert ce titre magique dans l'émission "Destination Planète 7" animée par Smith & Wesson sur Radio 7, première radio FM du réseau public créée pour les jeunes en 1980.
Ce genre d'émotion ne risque pas de se reproduire sur les radios FM "ladygagatisées" qui encombrent le paysage actuel. Mais sans doute que je suis un vieux machin qui n'a pas su évoluer avec son temps.
Heureusement qu'en matière de cinéma, les œuvres de Hitchcock ou Fellini ne sont pas considérées comme de vieilles reliques.

9/ PRINCE "Erotic city" : en 1981, j'ai loupé le premier concert parisien de ce génie du funk sur la scène du Palace. J'aurais pu observer un étrange personnage vêtu simplement d'un slip et de bas à jarretelles !
"Erotic City" est une simple face B du tube "Let's go crazy", extrait de l'album"Purple Rain".
Redoutable machine à faire danser, c'est la voix suave et sensuelle de Sheila E. qui contrebalance l'atmosphère d'une froideur implacable.

10/ THE JETS "Crush on you" : en 1986, quand ce disque est sorti, le Patch n'existait déjà plus. Il n'aura pas pu tester l'impact de la house sur ce qui lui restait de clientèle.
Le Patch Club est mort lentement, en douceur, laissant ses derniers clients comprendre que la décoration vieillissante, délabrée signifiait les prémices d'une fermeture imminente.
Quant à ce titre des JETS, son break a longtemps suscité en moi l'envie de le placer dans une composition. C'est en 2000 qu'Alan Braxe et Fred Falke trouvent l'ouverture la plus simple en construisant une rythmique originale et une ligne de basse disco autour du sample ("Intro").

11/ TEMPER "No favors" : titre de 1984 extrêmement rapide pour l'époque (128 BPM), il n'était pas évident de l'inclure dans une programmation, alors il finissait souvent les séries funk avant les traditionnels 1/4h rock ou slow.

12/ DESARAÉ WILD “Give me the rhythm” : le premier maxi estampillé Strictly Rhythm qui ait rejoint ma discothèque...et le deuxième officiellement sorti par le label new-yorkais. Comme quoi je n'ai pas perdu de temps à être contaminé par le virus Strictly Rhythm !

Encore très connoté "early house", il dessine avec ses accords de piano jazzy les traits d'un style New Jersey Garage naissant.

13/ 2 IN A ROOM "Take me away" : un mix assez sale de Junior Vasquez qui utilise la voix de Loleatta Holloway.
En 1991, les producteurs français de BOND 55 reprendront le gimmick de violons pour le tube "Rave on me" largement programmé dans mes Skyrock Top Dance Megamixes.

14/ TKA "Crash (Have some fun)" : un titre composé par le belge Frank de Wulf (sans doute l'un des meilleurs producteurs de son pays) et sorti sur le label électro new-yorkais Tommy Boy en 1990.

La semaine prochaine, retour du cool tempo afin de récupérer un peu des festivités de fin d'année.

jeudi 12 mars 2009

N° 9 : Moving slowly to U.K. House Music (Morales all time classics, chicago anthems, l'Hacienda, M People, Gypsy)

Set non disponible






Après quelques semaines consacrées à la fine fleur de la soulful house, il est temps de muscler progressivement les sets avec cette scène house britannique plus punchy, plus "bourrine" mais néanmoins captivante. Elle a inventé les rave parties, amplifié le mouvement techno puis enfanté de styles tels que la handbag, le speed garage et le 2-step.

Mais commençons par un panégyrique de David Morales...qui ne surprendra pas les habitués de ce blog :-)

1/ SWEET MERCY feat. Joe Roberts "Happy days" : le seul morceau culte du Boss qui m'avait échappé à sa sortie en 1995.
Pourquoi ? une surcharge de travail m'empêchant d'aller traîner comme d'habitude aux comptoirs des disquaires, un distributeur qui avait dédaigné de livrer la France...je ne me l'explique pas. Mais le marché de l'occasion a ceci de magique qu'il permet de rectifier les erreurs du passé et, finalement, un vynil en provenance d'Angleterre me parvint par la Poste. Et l'émerveillement fut total. Une rythmique claire et puissante, un solo de Rhodes étourdissant, la voix magique de Joe Roberts, un titre que je pourrai écouter encore dans 20 ans.
J'y ai inclus l'accapella de "Sexual" par Amber pour que l'envoûtement soit total.

2/ D:REAM "U R the best thing" : Cela fait 15 ans que j'écoute ce titre avec une émotion inaltérée. Morales avait encore remis une copie parfaite et les voix de Peter Cunnah (lead) et D'Borah Asher (back) sont d'une suavité absolue. Voilà le style de morceau qu'il me plairait de pouvoir sortir aujourd'hui - j'ai déjà programmé une petite liste des artistes que je contacterai si mon retour à la production se profile à l'horizon.

3/ Mon ami Lord Sharkus, un aristocrate de la soulful house, me reproche souvent de ne pas inclure suffisamment dans mes sets son artiste préféré, JAMIROQUAI. Il lui voue un culte totalement immodéré mais il faut bien admettre que JAMIROQUAI, entre frasques imbibées et performances scèniques, a toujours su trouver l'alliage entre pop et dance, se faisant concocter des remixes souvent insignes comme ce "Cosmic Girl" par Morales.

4/ Manchester a été traditionnellement une ville ouverte sur la culture black. Ses Dj's jouant essentiellement des titres venus de Chicago et Detroit, elle lança dès les années 60 un mouvement connu sous le nom de "Northern Soul".
A la fin des années 80 et suivant cette tradition, le célèbre club" l'Hacienda" programma logiquement les tubes house venus de Chicago et son DJ Mike Pickering en fut l'instigateur. Frankie Knuckles ira même jusqu'à le désigner comme le premier DJ anglais à avoir introduit la house music dans son pays. Pickering formera le groupe M PEOPLE en 1991 avec naturellement une chanteuse black, Heather Small. "One night in heaven" est avec "Moving on up" la parfaite illustration de cette house mâtinée de soul.

5/ CEYBIL JEFFRIES "Open your heart" : une production garage signée Tony Humphries.

6/ MARATHON "Movin'" : Un groupe rock anglais produit à la base par Youth, la version originale s'inspirant d'ailleurs fortement du "Gimme Shelter" des Rolling Stones (pour le gimmick vocal) et du "Happiness is just around the bend" des Main Ingredient (pour les paroles du refrain). Le traitement happy house donné par Joey Negro est stupéfiant.

7/ 2 IN A ROOM "Ahora ! (now)" : un remix du duo anglais Bottom Dollar dont vous aviez déjà découvert le travail sur "El Trago" dans mon premier set, The Rebirth Megamix.

8/ C & C MUSIC FACTORY feat. Martha Wash "I found love" : extrait de Anything goes! (1994), excellent album d'un duo panthéonisé.

9/ STEVE "SILK" HURLEY "Jack your body" : après avoir lancé le label DJ International en 1985 avec le titre "Music is the Key", Steve Silk est le premier D.J. à propulser un titre house à la première place du hit-parade anglais (avril 1987), aidé dans sa tâche par Pete Tong, D.J de la radio BBC Radio One. Tong sera d'ailleurs le premier à sortir sur le marché anglais une compilation dédiée à la house de Chicago, The House Sound of Chicago, Vol. 1., sur London Records, label dont il est le Directeur artistique.

10/ MAC THORNHILL "Who's gonna ease the pressure" : un titre repéré dans le Skydance de RLP et vite acquis chez un disquaire du Nord de la France ! Un son énorme à la limite de la saturation et des voix syncopées du meilleur effet.

11/ JOE SMOOTH "Promised land" : Un musicien connu pour ce seul hit mais surtout impliqué dans des activités de producteur, ingénieur du son et remixeur (Fast Eddie, Tyree, Lil' Louis, Destiny's Child)

Lente avancée dans une british house aux sonorités plus techno qui sera largement à l'honneur dans le prochain set.

12/ D-TEK "Drop the rock" : Ce groupe (ou concept ?) est un one shot du label "dance" Positiva créé par major EMI en 1993. Dès son lancement, il marque de son empreinte la scène house anglaise avec la signature du "I like to move it" de Reel 2 Real. Suivront d'autres belles inspirations comme "Beautiful People" de Barbara Tucker, "Freedom" de Black Magic (Lil' Louis), "Move your body" de Ruffneck, "The Bomb" des Bucketheads.

13/ et 14 / GYPSY "Skinnybumblebee" et "I trance you" : l'écossais GYPSY est le porte-drapeau du label de "progressive house" Limbo Records. Les mixes présentés ici sont plutôt happy et survoltés, en particulier le Aquarius 96 remix de I Trance You" qui reprend (encore) le riff de sax de Jimmy Castor Bunch.

15/ Une puissante synthé-basse dans le style des meilleurs morceaux de speed garage pour accompagner ce remix anglo-américan de "Something goin' on" de TODD TERRY sorti sur le label anglais Manifesto. Déployant l'artillerie lourde (Martha Wash et Jocelyn Brown), l'homme à la casquette vissée sur le crâne (trouvez une photo de lui sans cet accessoire sur Google Image !) signait un retour en force en 1997 avec l'album Ready For a New Day après une série d'obscures albums expérimentaux.

jeudi 5 février 2009

N°4 : SkyDance, the orgasmic radio show (Paul Simpson, C & C Music Factory, Shep Pettibone...)

Set non disponible





2ème hommage au SkyDance, cette émission qui a ravivé la flamme en moi !
Il est vrai que j'ai de nombreuses pépites en stock et qu'il est bon de rappeler aux jeunes générations que cette house qui a 20 ans d'âge n'a rien à envier aux productions électro actuelles que je juge globalement très simplistes dans leur construction et leur contenu.

RLP se fournissait en nouveautés auprès d'un certain Gilbert, vendeur chez Pygmalion, disquaire du Bd Sébastopol (Paris) aujourd'hui disparu.
Il me suffisait de noter les titres de la playlist égrènés par l'animateur et de débarquer les jours suivants pour rafler les maxis.
Mieux encore, mon métier m'amenant à l'époque à sillonner le Nord de la France, je profitais de mes pauses pour fouiner chez les disquaires locaux. De Lens à Valenciennes, de Béthune à Lille, quel vendeur n'a pas vu ma grande silhouette examiner les bacs scrupuleusement.

Ainsi, en multipliant mes recherches, rien de ce que RLP jouait de bon ne m'a échappé. Cela me permet aujourd'hui de vous proposer le meilleur de cette émission.

1/ L'un des pionniers du style "garage", PAUL SIMPSON. Il est le producteur de trois hits majeurs : "Respect", "I thank you" et "Musical Freedom-free at last!" (qui sample une phrase du discours de Martin Luther King) avec le concours de la chanteuse ADEVA. Cet homme aux ondes positives délivre un nouveau message d'espoir pour la communauté noire avec ce "Everybody's a star", empruntant quelque peu à la philosophie de Warhol.

2/ JANET JACKSON "Escapade" : S'il n'a jamais travaillé avec Michael Jackson, Shep Pettibone a collaboré activement avec sa soeur. Il propose ici un mix très éloigné de l'original aux sonorités franchement "Prince".

3/ EVELYN "Champagne" KING "Hold on to what you've got" : la pionnière disco (Shame - 1977) nous donne l'occasion de découvrir l'un des tous premiers remixes du duo Clivillés & Cole, déjà très à son aise.

4/ C & C MUSIC FACTORY "MTV Medley". Ce medley a été réalisé pour accompagner la promo de leur premier album sur le "Club MTV Tour". Il figure sur la compilation "Greatest Remixes Volume 1".
Il n'y aura jamais de volume 2, un destin funeste s'abattant sur le duo avec la mort de David Cole en janvier 1995.

5/ TRILOGY "Leave me forever or love me not" : Forts du succès de "Gonna make you sweat", les C & C Music Factory prennent en main ce titre en calquant quasiment le même arrangement. C'est le riff de sax "à la JB's" qui donne le "hook" (hook= accroche... je remercie Cerrone pour m'avoir sorti ce terme lorsque nous nous sommes rencontrés !). Le sample est piqué sur "It"s just begun" de JIMMY CASTOR BUNCH.

6/ JANET JACKSON "The Pleasure principle" : Shep Pettibone nous sort l'artillerie lourde avec des caisses claires qui claquent et des samples de voix en rafale.

7/ Un classique du SkyDance : WALLY JUMP Jr & THE CRIMINAL ELEMENT ORCHESTRA "Tighten up" : Signé par l'un des producteurs historiques de la house, Arthur Baker, il se caractérise par une rythmique tonitruante qui semble jouée très "live". La difficulté éprouvée pour mixer ce titre en est la conséquence !

8/ KYM MAZELLE "Useless" : une diva catégorie "lionne rugissante" qui signe ici son premier tube. Suivront "Wait" en duo avec Dr Robert, le chanteur des Blow Monkeys et "Was that all it was", la reprise de Jean Carn (1977).

9/ 2 IN A ROOM "Do what you want" : un Morales très "DJ" dans le style, truffant son remix de samples ("Move your body" de Marshall Jefferson ; "Spank" de Jimmy "Bo" Horn ; "Walking on sunshine" de Rocker's Revenge...)

10/ TEN CITY "That's the way love is" : lente descente vers le garage avec ce mix acid-house mais très musical de Steve Silk Hurley.

11/ Atterrissage sur ma planète favorite avec un grand classique : "One Man" par Chanelle, artiste "one-shot" ; sa page Myspace indique son come-back. Le problème avec Myspace est que chacun se sent obligé d'y figurer même s'il n'a rien à dire ce qui semble être le cas.

12/ "And I loved you" : ce titre de SATOSHI TOMIIE, membre de la team "Def Mix productions", atteint des sommets grâce au mix de Morales. J'ai inclus un accapella qui figure sur l'album "Secret accapellas". Il est tellement secret que je ne sais pas de qui il s'agit et qu'il n'est pas répertorié sur Discogs. J'attends votre aide pour l'identifier.

13/ SOUND WAVES "I wanna feel the music" : il figure en bonne place dans mon "top ten" de la "deep-house". Un titre totalement envoûtant avec des samples judicieusement choisis et utilisés (l'accord de piano au tout début du "Tuch Me" de Fonda Rae, "Don't make me wait" des Peech Boys" et "Keep on pumpin' it up" de Freestyle Orchestra).

14/ UMOJA "Unity" : injustement méconnue, cette production de Joey Negro symbolise la quintessence de la house. Sa prouesse est de réussir une alchimie novatrice entre disco et deep-house sur une production de Marshall Jefferson encore ancrée dans les années 80.

vendredi 16 janvier 2009

N°1 : The Rebirth Megamix

Set non disponible







Tel Hibernatus extrait des glaces, imaginez-moi en une sorte de DJ congelé, un DJ qui aurait subi un arrêt-buffet en 1997 et qu’on aurait immédiatement placé au caisson.
Quelle drôle de coïncidence de réaliser qu’Hibernatus a été découvert en 1991, l’année où, justement, je prenais mes galons de DJ radiophonique sur Skyrock.

Par le plus grand des hasards, cette semaine de dégel en France est celle que j’avais programmée de longue date pour ouvrir le couvercle et revenir aux platines.

Finalement, le mix c’est comme la guitare, on peut arrêter pendant 10 ans et reprendre comme si de rien n'était car les connexions neuronales ont fait un save-to-disk.

J’ai donc appelé ce premier set le «Rebirth Megamix». Alors qu’il ne devait être qu’un simple «one shot» pour une webradio, il devient le premier épisode d’une saga de 52 sets inédits. Je remercie au passage MIKA, taulier du forum http://sky90.forumpro.fr pour m'avoir redonné l'envie de mixer alors que j'avais fait table rase du passé.

Chaque vendredi, je vous proposerai ma vision de la musique «club», une programmation qui donnera une très, très, très large place aux divas et autres remixeurs de génie, ceux qui sont la clé de voûte de ma culture.

1/ Un set qui démarre en mash-up avec l’accapella de «The Pressure» par SOUNDS OF BLACKNESS mixé avec le tube de FREEMASONS, «Love on your mind».
Voilà un bel exemple de ce que j’appelle le talent. A la base, un titre anecdotique de JACKIE MOORE datant de 1979, «This Time Baby». Le sample est judicieux mais la bonne idée qui donne tout son charisme au titre est le rajout d’une partie vocale masculine, mélodie d’ailleurs pompée sur le «When the heartache is over » de TINA TURNER.
Peu importe le grain pourvu qu’on ait l’ivresse.

2/ THE ORIGINAL «I love u baby» : un titre sympathique produit à la base par Eddy Beatboxking, le producteur de Rozlyne Clarke et d’Indra (quelle surprise de voir qu’il est désormais chef d’orchestre !), remixé par Dancing Divaz à grands coups de riffs de violons.

3/ ROD STEWART «Da ya think i’m sexy?» : Rod Stewart fait partie de ces essayistes disco rusés qui ont réussi un retour gagnant à la fin des années 70. En pompant le gimmick vocal de «País Tropical» de JORGE BEN et en le transformant en refrain, il réalise le tube imparable. Il est remixé ici par le vétéran Ralphie Rosario.

4/ HUSTLERS CONVENTION «Hustlers dance» : avant de devenir FULL INTENTION, ces producteurs anglais discoïsants s’étaient fait la main sur de petites productions expérimentales à base de samples légendaires, ici le «Dance, Dance, Dance» de CHIC et la base musicale de «Tonight i’m alright» de NARADA MICHAEL WALDEN.

5/ EARTH PEOPLE et «Dance» est une autre bidouille du sample de CHIC réalisé par Pal Joey.

6/ RUPAUL «House of love» : du haut de ses talons compensés, le travesti RUPAUL peut se vanter d’avoir bénéficié de remixes troussés par des pointures (Eric Kupper, Murk) dont le duo anglais T-EMPO emblématique du style «handbag house».

7/ BARRY MANILOW «Copacabana» : ce kitchissime tube de 1978 pourrait être la bande-son idéale de «La Croisière s’amuse» mais l’excursion dans laquelle nous embarque Pete Lorimer transfigure totalement le titre. Je profite d’une escale pour glisser quelques samples du «The Player» de FIRST CHOICE dans le break !

8/ DEE «Feeling hm-pa-paa-paaa» : une artiste remixée par Boris Dlugosh, à l’époque étoile montante de la «funky touch». Sa carrière en «one shot» fut conclue par le bien nommé single «Hello and Goodbye» deux ans plus tard.

9/ THE BOSS «Congo» : comment imaginer que je revienne aux platines sans inclure un titre de mon maître à mixer, David Morales. C’est lui qui m’a donné l’envie de devenir producteur et je l’ai reçu dans mon émission en juillet 1993. «Congo» est une pièce essentielle de l’œuvre du Boss, sorte de titre-défouloir où David donne l’impression de se lâcher complètement. «Congo» est construit à partir d’une rythmique batucada (sans doute celle du «Give it up» des GOOD MEN) pimentée par plusieurs samples vocaux : «House Of Love (In My House)» de SMOOTH TOUCH , le cri de LOLEATTA HOLLOWAY piqué sur «Crash goes love» et le «Baaah !» de GEORGE KRANZ (Din daa daa). A noter un solo d’orgue à faire pâlir de jalousie Charly Oleg !

10/ Dans la même veine, le très dark «Been a long time» de THE FOG est transformé en hymne festif par des producteurs italiens qui, quelques années plus tard, nous gratifieront du jouissif «Laguna» de DJ SPILLER.

11/ 2 IN A ROOM «El trago (the drink)» : ces vieux briscards s’étaient fait connaître à la fin des années 80 avec «Do what you want» et «Take me away» puis avec «Wiggle it».

12/ EVE GALLAGHER «You can have it all» : Le label français AIRPLAY m’avait totalement surpris à l’époque en signant cette production anglaise qui se démarquait totalement des «italieneries» qui étaient sa marque de fabrique. Le remix de RAMP est sobre et efficace, encore présentable aujourd'hui dans un set électro.

13/ SMOKIN BEATS «Dr Love» : énième mais brillante utilisation du sample des FIRST CHOICE décidément bien déplumées par les producteurs.

14/ GLORIA GAYNOR «Mighty high» : retour en force de la diva préférée du vestiaire des héros de la Coupe du Monde 98 avec un remix signé Bruno Guerrini dont j’avais particulièrement apprécié le travail dans les «KM 1972» mixes de CAPPELLA.