Affichage des articles dont le libellé est Phonic Funk. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Phonic Funk. Afficher tous les articles

vendredi 14 novembre 2014

N° 228 : Music 4 Ya Mind (Carol Douglas, Timmy Vegas, Disclosure, Duke Dumont...)


Set non disponible

Toujours frappé du sceau de l'éclectisme, un set qui prend sa source au début des années 80 et se jette dans la décennie 2010 et sa deep-house ensorcelante.

1/ FANTASY "Live The Life I Love" : voilà le genre de musique que l'on pouvait entendre l'après-midi sur NRJ au cours de l'année 83. Le public était encore friand de black music et de funky, un style cool et positif qui s'imposait dans tous les clubs. Les formats ne sévissaient pas encore, les stratégies des radios étant encore balbutiantes.
Je connaissais le groupe canadien Fantasy depuis 1980 grâce à leur tube You'Re Too Late (déjà joué dans le set n° 65). Je ne crois pas que Live The Life I Love, pourtant excellemment produit, ait eu une carrière mirobolante. Beaucoup d'entre vous le découvrirons sans doute à l'écoute de ce set.

2/ TIMMY VEGAS feat. Kerry Davies "Get Yourself Together" (Timmy's B'ham Disco Authority Mix) : si seulement il pouvait sortir chaque semaine un titre old school de cette trempe-là, plus belle serait la vie ! La synthé-basse bien grasse, la rythmique riche en percus, les claps mixés devant, la mélodie entraînante... tout rappelle la "Belle Epoque 80's". Et fort logiquement, c'est sur le label de Joey Negro, le prétorien du souvenir, que cette bombe funky est sortie en 2013.
Timmy Vegas est également à l'origine de trois hits internationaux :
  • SOUL CENTRAL :  Strings Of Life et Need You Now
  • TIMMY VEGAS & UNIVERSE BAND  : Can't Make It Thru Another Day
3/ CAROL DOUGLAS "Burnin'" : elle fut l'une des pionnières du disco au féminin avec son Doctor's Order en 1974.
Burnin' figure sur l'album éponyme sorti en 1978 et construit en "continuous playing", c'est à dire, comme c'était la mode à l'époque, que chaque titre était mixé au suivant. Cela permettait au DJ fainéant d'aller boire un coup ou de draguer au bar pendant ce temps-là.
Un maxi remix de plus de 12 minutes reprenant les deux premiers titres de la face A - Fell In Love For The First Time Today/Burnin' - était d'ailleurs sorti la même année.

4/ RUFUS & CHAKA KHAN "Any Love" (Dim's Classic Mix) : un titre relifté par DJ Mémê il y a quelques années. C'est ce disco empli de vocaux et de violons classieux que j'apprécie particulièrement.

5/ THE SHAPESHIFTERS "Lola's Theme" (Album Version) : l'une des plus fantastiques réalisations de ces dernières années dans le domaine du sampling !!!
Le premier exploit est d'aller dénicher l'intro d'une improbable ballade-guimauve de 1982 (Johnnie Taylor - What About My Love). Le second est de lui adjoindre une mélodie vocale complexe mais absolument catchy.
Respect total pour cette house music qui transfigure ce que certes elle pille, mais qui réinvente en permanence.

6/ DISCLOSURE feat. Mary J Blige "F For You" : le groupe est en train d'entamer sa percée sur le territoire français. J'ai vu une pub TV pour son album  Settle sur Canal + en access prime-time. Certes, les deux titres mis en avant - Latch et You And Me - ne sont absolument pas dans la lignée "UK Garage" de l'album, mais cela permettra peut-être aux béotiens (qui sont hélas largement majoritaires dans ce pays) d'ouvrir leurs oreilles.
F For You convoque la chanteuse de R 'n' B Mary J. Blige pour un résultat éblouissant.

7/ HARRISON CRUMP feat. Tierra Nevaeh "No More Lies" (Sonny Fodera Vocal) : le producteur de Chicago avait commis une version originale dans le plus pur style soulful, mais qui n'aurait jamais franchi l'Atlantique et conquis l'Europe si l'australien Sonny Fodera n'avait apporté une touche deep plus majestueuse.

8/ PHONIC FUNK "Feel The Soul" : un de mes classiques deep house produit par ce DJ néerlandais.

9/ HUXLEY "Can't Sleep" : extrait du EP No Matter What sorti fin 2012. La scène underground anglaise est vraiment au sommet et nous voilà replongés dans le son typique "à la DJ Pierre" du label Strictly Rhythm du début des 90's. Que de bons présages pour l'avenir !

10/ DUKE DUMONT "The Giver" (Original Mix) : Duke Dumont a connu son hit estival avec I Got U (qui reste une "anomalie" dans la discographie du producteur londonien). The Giver, nettement plus dark, est l'un des plus gros tubes house de l'année 2012.

11/ DEEP AURAL PENETRATION "Thoughts Of A Summer Love" (The Brainclub Mix) : déjà chroniqué dans le set n° 53.

vendredi 26 novembre 2010

N° 88 : Detroit-Miami (Motor City Drum Ensemble, Office Gossip, Liberty City, Phonic Funk...)

Set non disponible


Detroit, Miami, deux bastions de l’underground.

D’un côté, Detroit la maudite, berceau de la techno, de l’autre, Miami la soleilleuse dont la plage infinie, ses hôtels rococo, ses îles-résidences érigées comme des forteresses sont les clichés qui cachent une ville au taux de criminalité record.

Miami Beach flambe en accueillant chaque année des DJ’s du monde entier pour la Winter Music Conference.
Detroit se meurt, une "Motor City" en déshérence où Obama vient de se prendre une gamelle aux élections du Mid Term.

Au milieu des années 80, Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May, la "triplette de Belleville" (banlieue de Detroit) y réinventent la house music en la métamorphosant en champ d’expérimentations.
D’Amsterdam à Berlin, l’Europe anglo-saxonne tombe sous le charme. La France aussi.

Et pourtant c’est d’Europe qu’est venue l’inspiration pour nos trois compères, thuriféraires des pionniers de l’électro, les allemands Kraftwerk.

Bien qu’influencée par la house de Chicago, la techno de Detroit domptera les boites à rythmes, construisant peu à peu son identité.
Anecdote significative, Derrick May vendra sa Roland TR-909 à Frankie Knuckles. Sans doute un tournant dans l’approche musicale du DJ star de la "windy tow".

Le mot "techno" apparait pour la première fois en 1988 sur la compilation anglaise "Techno ! : the new dance sound of Detroit".
Dénomination adoptée définitivement par l’Europe, c’est le concept INNER CITY développé par Kevin Saunderson qui récoltera les fruits de cette aubaine marketing en réalisant la fusion entre commercial et underground.

Par la suite, Carl Craig deviendra en quelque sorte le navire-amiral de la créativité qui caractérise les artistes de Detroit.

Aujourd’hui, de nombreux producteurs, parfois par leur pseudos, se revendiquent du mouvement musical né dans la Motor City et leurs disques sont estampillés du vocable "Detroit-house" qui symbolise l’omnipotence des synthés et des boites à rythmes, une création qui s’éloigne des contingences commerciales et la volonté délibérée de rester dans l’ombre, démarche qui a été pourtant fatale à la techno en son fief historique.


A l’autre bout du continent, Miami "la latino" a inventé ses propres codes à travers la Miami bass ou booty music, un électro hip-hop souvent macho et vulgaire dont les artistes représentatifs sont 2 Live Crew, Whistle, J.J. Fad, Man Parrish ou Dynamix II.
Pour les aficionados du jeu Grand Theft Auto, ce style est la bande-son des concours de danse des voitures tunées avec des suspensions hydrauliques.

Originaire du sordide quartier de Liberty City, le duo Murk Boys (Oscar Gaetan et Ralph Falcon) proposera dès 1991 une alternative house qui marquera la décennie, jalonnant son parcours de 7 singles classés N°1 du Billboard's Hot Dance Music/Club Play.
Un groove plutôt lent et hypnotique dominé par la lourdeur du rythme et de la basse qui séduira notamment le label Tribal America géré par leur ami Danny Tenaglia.


La playliste reflète ainsi ces deux styles pour un set totalement underground.

MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE démarre le bal avec "Raw cuts #6", une nouvelle pépite sortie de l’athanor de Danilo Plessow, petit génie d’une autre Motor City, Stuttgart.

En hommage au quartier dont ils sont originaires, les Murk Boys proposent le concept LIBERTY CITY décliné avec ces deux tubes :
"Some lovin'" avec le sublime dub de l’ami Danny.
"If you really love someone", autre dub carrément technoïsant.

THE FOG est un autre concept qui n’implique que Ralph Falcon et dont le one-shot est ce "Been a long time", incontournable de 1993.

Remixers très prisés (si Madonna les a convoqués pour son single "Fever", c’est un signe qui ne trompe pas), ils réalisent en 1993 un monument de la soulful house avec le remix de "Tight up" du groupe italien 50%.

MOTORCITYSOUL est un duo de producteurs originaire de Francfort, Matthias Vogt et Christian Rindermann (alias C-Rock). Le choix du pseudo du groupe n’est pas innocent et ce remix de "Cipher" par Matthias Vogt est totalement respectueux du style qu’il revendique.

Le passage le plus commercial de ce set arrive bientôt avec la voix de gamine de Helen Tilley pour ce titre d’OFFICE GOSSIP, "Into the lite".
OFFICE GOSSIP alias Nathan Boddy fait partie de mes artistes favoris. Le jeune prodige de la deep-house basé à Londres a commis "Carbon Copy EP", l’un des albums référentiels de la décennie et dont le titre éponyme franchement jubilatoire est inclus dans ce set.
Autres titres urgents du maxi : "Say it" (dont le remix de Lovebirds) et "Strangers".

Dans "Waiting game", BLM & PAWAS, producteurs originaires de Cologne, samplent la voix lymphatique de la chanteuse Escalope sur le très rock indé "Deep" de GUNNE.
Fils de musicien classique, PAWAS est un DJ d’origine indienne multi-instrumentiste (tabla, claviers, basse….). Son influence principale est évidemment Detroit.

Autre figure de la deep-house anglaise, SCHMOOV est remixé par l’allemand Manuel Tur pour "The swirl".

"Feel the soul" de PHONIC FUNK (Amsterdam) conclut en apothéose ce set.