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samedi 27 avril 2019

N° 294 : Dancing Through The Decades


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1/ WHITE TOWN "Your Woman" (Ultrasound Original Extended Retro Remix) : en 1997, ce titre pop d'une grande originalité est immédiatement intégré dans la programmation de Skyrock. Plus de 20 ans après, je ne me lasse pas de l'écouter.
Ce bidouillage génial est l’œuvre de Jyoti Mishra. C'est en écoutant la compilation "Pennies From Heaven" issue de la série TV diffusée sur la BBC qu'il découvre le titre "My Woman" (1932) d'un dénommé Al Bowlly et décide de construire sommairement sur son 8 pistes un arrangement articulé autour du sample de trompette bouchée de l'intro.
Mishra n'a les moyens que de presser quelques exemplaires mais il a l'intuition d'en confier une copie à un animateur de Radio One (la radio de la BBC au format musical généraliste), Simon Andrew Mayo. Plébiscité par les auditeurs, "Your Woman" est signé sur la major EMI.
165 000 copies seront écoulées la semaine de sa sortie, même si  Mishra refusera de faire la moindre promo.
Hélas, comme beaucoup d'autres, il rejoindra le club de ceux qu'on appelle les "one hit wonders".

2/ COLDPLAY "Hymn For The Weekend" (Seeb Mix - Select Mix Remix) : je me demandais quelle était cette voix angélique qui ponctue la fin de ce morceau et j'étais à mille lieues de penser qu'il s'agissait de Beyoncé, plutôt habituée à "envoyer le bois" (si j'avais mieux observé le clip, je m'en serais aperçu ! mais je ne regarde plus les chaînes musicales depuis bien longtemps).
SEEB était déjà l'auteur du sublime remix d'"I Took a Pill in Ibiza" de Mike Posner. Il se débarrasse ici des ponts originaux et les remplace par des gimmicks vocaux passés dans l'autotune, mais avec la modération nécessaire pour éviter l'overdose.

3/ STING "Englishman in NY" (Ben Liebrand Mix) : sorti en 1988, c'est le remix de Ben Liebrand qui boostera le titre dans les charts anglais deux ans plus tard.
Sting écrivit ce titre pour l'écrivain gay Quentin Crisp, exilé à Manhattan. On retrouve Manu Katché à la batterie et son break lourd offre une ouverture pour le mix.
Le titre fut repris en 2015 par Cris Cab dans un style plutôt convaincant et fédérateur.

4/ ROYKSOPP "Eple" : avec l'album Melody A.M (2001) aux accents kraftwerkiens, ces norvégiens offrent à mon avis l'un des albums les plus aboutis de la décennie et il sera d'ailleurs primé "Meilleur album de l'année" par le magazine Rolling Stone et Les Inrocks.
"Poor Leno", "Remind Me", "Sparks", "So Easy", "She's So"... les tubes constellent ce bijou électro. Mais hélas, une fois de plus, la suite fut moins inspirée et le groupe décidera de se séparer en 2014.

5/ KATY PERRY "Bon Appetit (Pt. 1)" (Ultimix) : encore un joyau produit par le génie suédois Max Martin. La connotation sexuelle des textes est ici sans ambages. La vidéo et le fantastique break ragga du trio Migos accentuent encore la provocation recherchée par celle qui jadis chantait dans les formations gospel. Mais on sait qu'une éducation et un enseignement religieux trop strictes et austères forme souvent des bataillons d'anticléricaux.

6/ ZEDD & GREY feat. Maren Morris "The Middle" (Ultimix) :  Maren Morris est une chanteuse country dont le dernier album "Girl" propose une intéressante fusion entre la country et la pop.
L'année précédente, après avoir casté près de 14 chanteuses de niveau international (dont Demi Lovato et Camila Cabello), le DJ germano-russe Zedd, épaulé du duo de producteurs Grey, lui propose une collaboration qui donnera naissance à ce hit international qui atteindra la place n° 5 du Billboard.

7/ NENEH CHERRY "Buffalo Stance" (Hot Classics Remix) : la chanson est basée sur des samples de "Buffalo Gals" de Malcolm McLaren. C'est une version remixée de "Looking Good Diving with the Wild Bunch" de Morgan & McVey sorti en 1986 et beaucoup moins convaincant à l'écoute.

8/ FIVE STAR "Can't Wait Another Minute" : déjà chroniqué dans le set n° 58.

9/ BLUE PEARL "Little Brother" (Soulshock & Cutfather Remix) : peut-être un peu suranné, trop artistique à l'époque où la techno régnait sans partage. Le tube du groupe reste "Naked in the Rain" (1989).

10/ JOCELYN BROWN "Love's Gonna Get You" (Dance Mix) : l'accapella a été utilisé ou rechanté dans 3 hits majeurs :
  • BIZARRE INC "I'm Gonna Get You"
  • MOBY "Go"
  • SNAP! "The Power"
L'artiste reprend également la longue intro du hit "Ain't No Mountain High Enough" de son ancien groupe INNER LIFE.

11/ DAVID GUETTA feat. Sia "Bang My Head" (Extended Remix) : nettement meilleur que la version originale au gimmick imparfait, le remix inclut également un break rap par Fetty Wap.

12/ DUA LIPA "Hotter Than Hell" (DJ Rukus Hook In) : depuis ce single passé inaperçu, la jeune kosovare a fait son chemin en s'offrant une collaboration avec Calvin Harris ("One Kiss"). La voix est très sensuelle et puissante dans les graves, ce qui est appréciable.

13/ PASSION PIT "Take A Walk" (The M Machine Remix) : autant vous le dire, la version originale ne présente pas d'intérêt (comme bien souvent, d'où l'importance des DJ's dans l'histoire de la musique, n'en déplaise à quelques intégristes des milieux autorisés).  Heureusement le groupe californien The M Machine passait par là.

14/ DEPECHE MODE "Never Let Me Down Again" (Split Mix) : extrait de l'album "Music For The Masses" sorti en 1987. Trés ambigu (comme souvent chez Depeche Mode), le titre ferait référence à l'addiction à l'alccol et la drogue, des démons que Dave Gahan connait bien.

lundi 19 décembre 2016

N° 272 : On The Black Side Of The Street


Set non disponible
 
Joyeuses fêtes de Noël tout le monde ! et pour clôturer cette année, un mix gorgé de re-edits funky de haute volée. Bonne écoute et à l’année prochaine.

Playlist : 

THE DETROIT SPINNERS "Could It Be I'm Falling In Love" / DAVID GRANT & JAKI GRAHAM "Could It Be I'm Falling In Love" : l’original de 1972 et sa merveilleuse reprise en 1985.

BARBARA PENNINGTON "On A Crowded Street (John Morales Remix)
: c’est Broadway ! avec un mix plutôt rare.

Dr. PACKER "Can't Figure Out" : un re-edit de “Thinking About Your Love” de Skipworth & Turner (1985).

Dr. PACKER "I Wanna Know" : on reconnait la voix de fausset de Philip Bailey (“I Want To Know You” - 1984).

NONA GAYE & PRINCE "Love Sign" (Alien Disco Sugar Edit) : le Dj grec toujours au top niveau.

NAYOBE "I'll Be Around" (Extended Club Mix) : encore une reprise sur les Detroit Spinners. Un classique de la radio Maxximum. Mix pourri mais classique quand même.

FUNKANOMICS "Funky Sensation"
: gros travail de réarrangement avec une basse monstrueuse sur ce hit de Gwen McCrae.

ONLY CHILDREN "Falling" : l’original “Falling In Love” (1983) est du groupe Surface. L’intro au Rhodes avait d’ailleurs été utilisée pour “Do You Want Me” de CLOUD 9.

TOTAL CONTRAST "Takes A Little Time" (The Decareydited Bandito Mix)
: un N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play en 1985 avec un arrangement énorme.

JODY WATLEY "Don't You Want Me" (Extended Version)
: du pur freestyle de l’année 1987 produit par le regretté Bernard Edwards (Chic).

NENEH CHERRY "Buffalo Stance" (Nearly Neue Beat) : de la série des excellents remixes (ici Arthur Baker) sur ce classique de 1989.

LISA M "People" (Nellee's Rave Mix) : remixé par le producteur de Massive Attack.

vendredi 4 décembre 2009

N°47 : Old Shool Delight (Jimmy Jam & Terry Lewis, Sugarhill Hill Gang, New Edition, Skydance classics, MC Solaar...)

Set non disponible

1/ CHANGE "Change of heart" : un remix U.S. de ce groupe incontournable monté par Jacques Fred Petrus (B.B. & Q Band, Peter Jacques Band, Macho, High Fashion...) et produit par deux anciens de l'écurie princière : Jimmy Jam et Terry Lewis (le groupe THE TIME).

Jacques Fred Petrus peut être considéré comme l'un des plus grands producteurs de la musique club mais son nom reste une énigme pour les jeunes générations. Concernant Change, c'est lui qui finança l'énorme album "The Glow of Love" (1980) qui révéla Luther Vandross, le génial Mauro Malavasi assurant la production artistique.

Jimmy Jam & Terry Lewis ont un palmarès plus parlant avec en figure de proue, Janet Jackson.
En 1984, "Change of heart" est leur premier coup d'éclat mais ils enchaînent sans tarder avec l'excellent "Just the way you like it" de SOS BAND (1985).
Les albums "Control " et "The Velvet Rope" de JANET JACKSON assoieront définitivement une réputation internationale mais la liste de leurs contributions artistiques est réellement impressionnante (Alexander O' Neal, Morris Day, Human League, Johnny Gill...).

2/ MELBA MOORE "You stepped into my life" : je me demande si cette reprise du titre des BEE GEES (1976) n'est pas supérieure à l'original déjà excellent, un titre figurant sur le sublime album "Children of the world" mais jamais exploité en club. A noter un break instrumental d'anthologie, le genre de breaks que plus aucun producteur de musique club n'est capable de réaliser de nos jours. Il faut dire que la majorité des artistes noirs américains a perdu son âme dans une soupe R'n'B inbuvable.

Récemment, je conversait avec l'un de mes collègues sénégalais qui, outre Youssou N'Dour, me vantait les mérites d'AKON, artiste américain d'origine sénégalaise.
Ce à quoi je lui rétorquais:"Mais, comment peux-tu aimer cette daube alors que l'Histoire a gravé dans le marbre les noms de Curtis Mayfield ou Isaac Hayes ?"
La réponse me laissa pantois : "Oui, mais aujourd'hui la musique noire ç'est comme ça !".
"C'est comme ça !"... une sorte de fatalité, l'acceptation du règne de la médiocrité sans tentative de révolte. Après tant de combats, comment ce peuple accepte t-il de perdre ses racines par pans entiers ? Sidérant.

3/ KANO "Can't hold back (your lovin')" : un pur emblème de ce qu'on appela l'italo-disco, une tendance prépondérante dans l'essor de la Dance Music, les italiens restant de formidables musiciens qui surent rivaliser en qualité avec les meilleures productions américaines de l'époque.
Au début des années 90, ils exercèrent leur suprématie sur la house commerciale européenne avant d'être supplantés par les allemands et finalement rentrer dans le rang.

4/ SUGARHILL GANG "The lover in you" : un follow-up très mielleux du tube planétaire "Rapper's Delight" (1979) pour un groupe certes précurseur mais qui, au final, ne laissa qu'une faible empreinte dans l'histoire du Rap quand Grand Master Flash & The Furious Five alignaient tube sur tube.

5/ T/SKI VALLEY "Catch the beat!" : du hip-hop "old school" comme je l'aime, mais c'est le seul hit de cet artiste remixé dernièrement par Dimitri From Paris.
Pourquoi ce style si convivial est-il tombé dans l'oubli au profit d'éructeurs sans aucun swing ni fantaisie ? l'une de mes grandes interrogations sur la black music actuelle.

6/ COOLIO "Fantastic Voyage" : l'un des rares artistes qui a renoué avec cette bonne vieille tradition d'un hip-hop enjoué et sans réel message politique. La version est dans un esprit proche de l'original de LAKESIDE (1980). Lorsqu'on revoit ces images d'artistes excentriques et sincèrement heureux (à une époque où la condition des Noirs était encore loin d'être enviable), on s'interroge sur le malaise actuel alors même que leur reconnaissance au plus haut niveau éclate aux yeux du monde entier (politique, médias, cinéma, sport...).

Je crois que le style funk que Lakeside incarnait était précisément axé sur la dérision et l'extravagance même si la politique s'y était parfois invitée, y trouvant là une tribune inespérée.
Lorsque l'on constate la frime et le machisme qui caractérise la scène rap actuelle, on a vraiment le sentiment d'une régression culturelle grave.

7/ MC SOLAAR "Qui sème le vent récolte le tempo" : premier titre en français à figurer dans mes sets, il est magistralement remixé par les italiens de Kwanzaa Posse. Un riff de saxo qui met tout le monde d'accord et le flow de MC Solaar toujours impeccable.

Pour l'anecdote, j'ai gagné un concours de remix DMC organisé par la major Polydor pour le titre "Bouge de là" en 1990 mais il n'a jamais été commercialisé malgré les promesses. Aucune surprise à cela ... vous savez que je suis abonné aux titres inédits, ma discographie en comportant plus que ceux que vous avez pu entendre en club ou à la radio !!!
A la décharge de Polydor, le remix comprenait un sample fugace de "Papa was a Rolling Stone" par Was not Was. Ceci étant, un envoi à 500 DJ's français avait été stipulé dans le réglement du concours.
Il restera donc un bootleg que seul mon entourage a pu découvrir.

7/ SECCHI feat. Nasty Chat "Play that song" : il me semble bien que c'est le gimmick d'orgue d'un morceau d'acid-jazz qui a fait l'objet d'un sample pour ce titre très revival. Stephano Secchi fut un habitué des classements du Skyrock Top Dance avec deux hits massifs ; "I say yeah!" et "Keep on jammin'", tous deux excellement produits.
Pour ce titre signé sur Airplay en 1991, on retrouve au rap la chanteuse Nasty Chat qui officiait sur un autre tube : "Feel that beat" de 2 STATIC.

8/ NEW EDITION "Crucial" : voilà l'un des titres récurrents du Skyrock Skydance de RLP.
Loin l'époque de "Candy Girl", ces gaillards (Bobby Brown, Johnny Gill, Ralph Tresvant bien sûr, mais aussi Ricky Bell et Ronnie Devoe, les futurs Bell Biv Devoe), sont des stars en devenir et ce titre nerveux et syncopé remixé par Jimmy Jam & Terry Lewis est le tremplin idéal.

9/ THE WEE PAPA GIRLS RAPPERS "Faith" : archi-programmé par RLP à l'époque, c'est une reprise astucieuse du morceau de George Michael, avec le swing et le flow irréprochable des deux british sista. Dans le registre acid-house, on retiendra leur "Heat it up" et, dans le style hip-house, "Get into the groove" (qui samplait déjà le "Crush on you" de THE JETS).

10/ KARYN WHITE "The way you love me" : repérée aussi dans le Skydance en 1989, cette belle mélodie funky est produite par L.A. Reid & Babyface.

11/ TIMEX SOCIAL CLUB "Rumors" : ce "one shot" remixé par Shep Pettibone atteignit la place N°8 du Billboard Hot 100 en 1986.

12/ BEATS INTERNATIONAL "Won't talk about it" : avant de devenir FAT BOY SLIM, Norman Cook fit partie du groupe THE HOUSEMARTINS, léguant des tubes comme les ballades "Build" et "Think for a minute" avant de fonder BEATS INTERNATIONAL dont tout le monde a retenu "Dub be good to me" alors que le premier single passé inaperçu (sauf sur la radio Maxximum) fut ce "Won't talk about it".
Cet homme pressé dissout vite Beats International pour créer FREAK POWER ("Turn On, Tune In, Cop Out") en 1993 avant de se la jouer solo en tant que FATBOY SLIM en 1996, les albums "Better Living Through Chemistry" et "You've Come a Long Way, Baby" étant assez indispensables à toute discothèque de bonne tenue.

13/ NENEH CHERRY "Buffalo Stance" : cette époque bénie où le "girl power" dominait le rap et la hip-house pour le bonheur de tous. Hélas, toutes les sistas ont bifurqué vers un R'n'B d'esbrouffe, marais saumâtre d'où surnagent quelques artistes comme l'inévitable Beyoncé Knowles.

vendredi 17 juillet 2009

N° 27 : Houzology (Def Mix Productions, Danny Tenaglia, Masters at Work, K.O.T.)

Set non disponible



Mon néologisme de la semaine, la "Houzology", ce qui pourrait caractériser l'attitude house dans son ensemble, sous toutes ses facettes. Voici donc un petit florilège.

1/ WAS (NOT WAS) "Listen like thieves" : "ah que je l'aime ! ah-que-je-l'aime-ce mor-ceau !" dirait Julien Lepers dans un élan d'histrionisme.
En 1992, les curieux - ceux qui écoutent les faces B des vynils - auront apprécié cette formidable reprise du tube de INXS remixé par Danny Tenaglia. La face A n'est autre que "Shake your head", largement diffusé dans la Skyrock Max Party.

2/ KEITH NUNNALLY "Seasons of love" : l'un de mes Top 10 des remixes de Steve Silk Hurley ! un titre qui respire la joie de vivre... absolument pas démodé près de 20 ans après sa sortie. Keith Nunally est le chanteur du premier tube de Hurley, "Music is the key" (1985).

3/ RUPAUL "Back to my roots" : Ce Jheri Curl Mix rend hommage à cette coupe de cheveux afro et bouclée qui faisait fureur chez les Blacks au début des années 80, Michael Jackson ou son frère Jermaine (photo) en ayant été de parfaits exemples. J'ai hâte que certains d'entre eux reviennent à ce look plutôt seyant. Je commence à en voir de manière épisodique dans le métro (la mort de Jackson va-t-elle relancer le style ??). Messieurs, je crois que la mode des crânes rasés a fait son temps.

4/ DAVID MORALES & THE BAD YARD CLUB "Gimme luv" : Ce Jackie 60 Experience Mix est un clin d'oeil à la soirée hebdomadaire nommée "Jackie 60" qui se tenait tous les mardis dans le quartier new-yorkais de Meatpacking District, l'ancien quartier des abattoirs de Manhattan (le long de l'Hudson River). J'ai d'ailleurs mangé en 1992 dans l'un des restaurants du quartier lors de mon 2ème séjour à New-York avec l'un des producteurs de JORDY, le financier du projet, un homme tout à fait respectable qui n'avait rien à voir avec le peu scrupuleux père de l'enfant prodige.

Ces soirées réservées aux gays exigeaient des tenues très codifiées, excentriques au possible, comme le montre ce petit document. Travestis et look fétichistes étaient les bienvenus alors que les vêtements portés par les hétéros de base étaient proscrits (costumes, cravates, polos de rugby et autres accoutrements jugés d'un conformisme total).

5/ LISA STANSFIELD "What did i do to you ?" : mix assez rare de David Morales, ce Anti Poll Tax Dub fait référence à un impôt voté en 1990 sous l'ère Thatcher (Poll Tax), un impôt locatif touchant toutes les personnes indépendamment de leurs revenus réels. La middle-class, particulièrement concernée, s'insurge et des émeutes auront lieu dans plusieurs quartiers de Londres dont Brixton. Elles seront en partie à l'origine de la chute du gouvernement conservateur en novembre 1990.
Pour en revenir au mix, j'y ai inclus l'accapella de "Your first time" by JASON JINX.

6/ ALISON LIMERICK "Where love lives" : un titre servi par de nombreuses et exceptionnelles versions dont ce Sound Factory Mix réalisé par Knuckles et Morales. Maintes fois diffusé dans le Skyrock Top Dance Megamix, je n'ai pas réussi à le propulser dans le haut du classement et le titre n'a jamais intéressé aucune radio musicale nationale. La France, pauvre pays, bonnet d'âne de l'Europe en matière de soulful house !

7/ DENI HINES "I like the way" : somptueuse production de Morales datant de 1997, un "all-time classic", assurément. Admirez la métamorphose du titre original, très convenu et calibré "mainstream". Encore une fois, les accords de substitution proposés par Morales sont judicieux voire géniaux. J'y ai inclus l'accapella de "I like it like that" par INNER LIFE.

8/ K.O.T. "I want you for myself" : les Kings Of Tomorrow (K.O.T.) le disputent en égotisme avec les Masters At Work dans le choix du pseudo mais, fort heureusement, le talent est au rendez-vous. Ce duo new-yorkais (a l'époque composé de Sandy Riviera et J. "Sinister" Sealee), prolifique mais peu reconnu dans son propre pays, a toujours offert des productions de pur garage portées par de puissantes voix gospel comme ici celle de Julie McKnight (qu'on retrouve aussi sur "Finally" et sur le "Diamond Life" de Louie Vega sorti en 2002). Le titre reprend partiellement le très classe (et "garage-style" avant l'heure) "I want you for myself" de GEORGE DUKE (1979).

9/ SANDY B "Make the world go round" : une version garage de Stonebridge, l'original plutôt "progressive house"ayant été un hymne historique d'Ibiza en 1996.

10/ UPTOWN EXPRESS feat. Richie Jones & Pepper Mashay "Not much heaven" : un "one shot" du label AZULI datant de 1997. Le morceau figure sur la mythique compilation "Ministry of Sound sessions 8" concoctée par Todd Terry et qu'il faut impérativement se procurer en quintuple pack non-mixé.

11/ SOLE FUSION "We can make it" : l'époque bénie où les Masters at Work nous bombardaient chaque semaine de remixes généralement fabuleux. Au magasin Champs-Disques, toute mon attention devait être retenue pour ne rien rater des pièces de la si féconde paire de remixeurs. Peu ont échappé à mes griffes avides d'underground house et je les ai largement programmé dans mes Skyrock Top Dance Megamixes.

12/ NENEH CHERRY "Buddy X" : "double priority" pour les Masters avec un autre chef-d'oeuvre, dark et undergound. Dommage que Louie Vega ait définitivement abandonné ce style au profit de la seule musique latino.