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vendredi 29 octobre 2010

N° 84 : Closer to the underground (Adeva, Robert Owens, Lil Mo'Yin Yang, Lovebirds...)

Set non disponible

1/ ADEVA "Respect" (Club Vocal Remix) : l'original de 1988 était déjà très underground, ce remix de Mental Instrum ajoute à la noirceur de l'ambiance.

Avec une mère missionnaire et un père diacre, Adeva alias Patricia Daniel grandit inévitablement sous l'influence du gospel.
Découverte par Tony Humphries avec le single "In and out of my life", signée en 1988 sur Capitol Records, c'est Paul Simpson qui lui offrira les tubes "Respect" (découvert dans le Skydance Skyrock), "Warning", "I thank you" et "Musical freedom".
Suivront notamment "It should have been me", "Don't let it show on your face" et "Been around" (1998) déjà joués dans mes podcasts.

2/ KIM BEACHAM "Trouble" : autre titre de New Jersey Garage tout à fait dans la lignée de "Respect".

3/ URBAN SOUL "Alright" : pour fêter ses dix ans d'existence, le label garage Cool Tempo sortait en 1995 un double pack de remixes de ses plus gros hits dont ce "Alright" réalisé par Dancin' Danny D.
On y retrouve d'ailleurs le fameux remix de "I thank you" de ADEVA par Love to Infinity et un Morales Mix de "Love & happiness" de RIVER OCEAN.

4/ JOE ROBERTS "Lover" : un dub au gimmick acid réalisé à la TB-303 par les anglais de K-KLASS.

5/ JESUS LOVES YOU "Generations of love" : tombé dans l'ornière de l'héroïne, Boy George se laisse charmer par les sirènes du bouddhisme et crée le concept JESUS LOVES YOU en 1991 sur son label More Protein.
Remixé par Paul Oakenfold, c'est son seul tube sous ce pseudo.

Le label More Protein accueillera des artistes aussi variés que Eve Gallagher ("Love comes down"), Jagdeep Singh ("Who's gonna love you?"), Amos ("Let love shine") ou E-ZEE POSSEE ("Breathing is E-Zee").

6/ ALISON LIMERICK "Where love lives" : alors que Morales et Knuckles se sont surpassés sur une flopée de remixes tous aussi excellents, il fallait toutefois évoquer cette version originale du suédois Lati Kronlund à laquelle manquait juste cette touche underground qui en a fait un "all time classic".

7/ ROBERT OWENS "I'll be your friend" : autre classique intemporel, ce mix original est bien plus sombre que le Glamorous Mix, version fédératrice avec son gimmick de violons.

Après avoir collaboré avec Mr Fingers à la fin des années 80 sur des projets trop intimistes pour rencontrer le succès populaire, c'est avec Frankie Knuckles que Robert Owens caresse les trompettes de la renommée sur l'intemporel "Tears".
C'est fort de ses deux derniers tubes "I'll be your friend" et "Gotta work" qu'il participera à la Yes Party, le premier événement "garage" organisé à Paris le 2 juillet 1993, soirée où officièrent les DJ's David Morales et Tony Humphries.
Dommage que le public n'ait pas été au R.V. , ce qui augurait finalement de l'état végétatif dans lequel aller stagner ce style dans un pays déjà sous influence techno.

8/ BARRY WHITE "Love is the icon" : il me semble que j'ai présenté ce disque en nouveauté sur Skyrock.
C'était le retour inespéré de Barry White, l'un des artistes (avec MFSB et Creative Source) qui m'a accompagné dans mon voyage initiatique à la musique noire lorsque j'avais 13 ans et que je cherchais des génériques pour les émissions de radio que je réalisais dans ma chambre.

C'est indéniablement cette influence précoce, libératoire des niaiseries "variétoches" d'adolescent, qui a forgé ma culture bien avant que je fasse Terra Incognita dans le dee-jaying en soirées et en club.

Ce remix hard-house est signé Roger S.

9/ SWING 52 "You keep holding back (love me)" : production Benji Candelario sortie sur le label underground new-yorkais Cutting Records.
On doit à Candelario le fameux "Let's get brutal" de NITRO DELUXE.

Personnage atypique, il parvint à allier le métier de banquier à celui de directeur artistique du label avant de faire le switch définitif !

Sous le pseudo Swing 52, l'histoire à surtout retenu le titre "Colour of my skin", beaucoup plus gospel et commercial sous l'impulsion de la voix d'Arnold Jarvis.

Au bilan et malgré de mini-tubes comme "The Rhythm" de New Hippie Movement (1998), "Learn to give" (2001) ou "Quiero saber" (2007) , la carrière de Candelario restera plutôt erratique.

10/ WHITNEY HOUSTON "I'm every woman" : en cette luxuriante année 1992, Whitney s'attaquait au monstrueux titre de Chaka Khan composé par Ashford & Simpson en 1978.
C'est sous un angle très underground qu'elle proposa un double pack ciselé par le duo Clivillés & Cole, bien que le single calibré pour les FM fut joué abondamment, notamment dans la Max Party.

Final au cœur de l'underground le plus obscur.

11/ LIL MO'YIN YANG "Reach" : le yin et le yang, l'un froid et obscur, l'autre chaleureux et positif, se sont toujours proposés dans cette dualité de styles qui caractérise Louie Vega et Erick Morillo, ce pseudo n'étant sans doute pas choisi au hasard.
"Reach" oscille effectivement entre les deux facettes, à la fois inquiétant comme l'ambiance d'un jeu vidéo façon Doom II (dans le remix de Basement Jaxx) et "floorfiller" avec ses sirènes et son gimmick répetitif...Un véritable hymne de la saison 1996 à Ibiza.

12/ LOVEBIRDS "My man" : voilà le type de mésaventure qui se produit lorsque l'envoi des données midi du pitch bend de votre clavier-maître subit des coupures. Cela m'était arrivé avec mon Emulator E4-K mais je n'avais pas eu l'intention d'en faire un gimmick, bien au contraire !
Loverbirds met à profit cette défaillance technique lorsque de la montée de la tonalité de l'accord pour intriguer l'oreille et finalement délivrer un titre assez dissonant mais terriblement efficace.

13/ DUB MONSTERS "Sweet thang" : un titre représentatif d'un UK garage pas trop énervé et qui lorgne donc du côté de son cousin d'outre-atlantique.
Hélas, tout comme sa musique, ce duo de producteurs est plutôt resté dans l'ombre.

La semaine prochaine, nous resterons dans cette ambiance "early house" avec d'autres titres légendaires.

vendredi 18 décembre 2009

Christmas Set : The Many Sides of David Morales

Set non disponible



Voici mon cadeau de fin d'année à tous ceux qui me réclamaient un set dédié à mon icône, David Morales.

Je crois que j'ai pu rassembler tout ce que le Boss a pu faire de bon dans sa longue carrière, même si je n'ai pas le privilège d'avoir accès à la fameuse Def Mix Library qu'évoque Sami Dee dans son interview sur DJ Pod.

Cet article est d'ailleurs fort instructif à lire et cela me rassure de constater que je ne prêche pas la bonne parole dans le désert, d'autres DJ's plus médiatiques comme Sami Dee partageant la même opinion sur la scène club actuelle.

Ce set, que j'ai appelé "les multiples facettes de David Morales", est un vaste voyage dans les différents univers que ce producteur de génie a su façonner depuis plus de 20 ans.
Des allers-retours incessants entre ambiances commerciales et underground entrecoupés d'interludes jazzy, des mixes ou titres assez peu connus du grand public, il fallait éviter le piège du set banal, attendu, qui déroule les plus grands tubes de Morales, l'exercice ayant sans doute été répété maintes et maintes fois par d'autres avant moi.

J'espère qu'à l'issue de ces 80 minutes, vous réaliserez à quel point David Morales a incarné le producteur parfait, à son aise dans toutes les ambiances, une race de DJ qui s'éteint petit à petit pour laisser place à des producteurs sans génie, sans culture, incapables de se métamorphoser en diable ou en fée sur un même titre, proposant un type d'arrangement standardisé.

Sans David Morales, je serai devenu un pauvre commercial avec son attaché-case et son costume-cravate, une sorte de Jean-Claude Convenant anonyme, sans histoire.

Je n'oublierai jamais l'honneur qu'il m'a fait en juillet 1993, un jour de canicule au forum des Halles, en mixant dans mon émission sur Skyrock et en acceptant une interview.
Réécouter l'interview

Voici donc ce set hélas empreint de nostalgie car David a mis en jachère son activité de remixer plus celle plus lucrative de DJ. Il laisse un grand vide et j'ose espérer qu'un jour, lassé des nuits blanches, il revienne en studio pour le plaisir de tous les amateurs de soulful house.

PLAYLIST :

LUTHER VANDROSS & JANET JACKSON "The best things in life are free" (Def Mix)
SATOSHI TOMIIE feat. Arnold Jarvis "And i loved you" (Classic Club Mix)
SATOSHI TOMIIE feat. Arnold Jarvis "And i loved you" (And I Dreamed You)
ROBIN S "I want to thank you" (Bad Yard Club Mix)
MARIAH CAREY "Dreamlover" (Eclipse Dub)
MARIAH CAREY "Dreamlover" (Def Club Mix)
ACE OF BASE "Living in danger" (D-House Mix)
JOE ROBERTS "Back in my life" (Def Version)
UTAH SAINTS "What can you do for me" (Drill Mix)
UTAH SAINTS "What can you do for me" (Hard Mix)
BROOKLYN FRIENDS "Philadelphia" (Original Demo)
MICHAEL & JANET JACKSON "Scream" (Classic Club Mix)
SWEET MERCY feat. Joe Roberts "Happy days" (Morales Dub Mix)
SANDY B "Feel like singin'" (Erotica Mix)
ROBERT OWENS "I'll be your friend" (Original Def Mix)
DENI HINES "I like the way" (Classic Club Mix)
PHOTEK "Mine to give" (David Morales World Mix)

mercredi 15 avril 2009

N° 14 : Reaching the red zone (Morales legendary mixes, hip-house, Stevie V, Doug Lazy...)


Un petit clin d'oeil aux "Red Zone" de Morales qui ponctuent ce set très vintage et largement consacré au "Boss"

1/ FRANKIE KNUCKLES presents Lisa Michaelis "Rain falls" : un titre extrait de l'excellent premier album de Frankie et remixé par Dave Morales. Une production garage tout en finesse avec une mélodie signée, entre autres, par Satoshi Tomiie.

2/ CHIC "Your love" : après 9 ans d'absence, retour sur le devant de la scène pour le groupe Chic avec le tube "Chic Mystique" et ce titre, "Your Love". Malheureusement, le bassiste Bernard Edwards, co-fondateur du groupe, décedera en 1996.
En 1978, le single Le Freak est immédiatement adopté par les français grâce à un refrain particulièrement fédérateur et interprété par nos oreilles comme un hymne à l'argent ("Le fric, c'est chic"). Un concepteur d'agence de pub n'aurait pas trouvé meilleur slogan !
Je me rappelle encore de ce maxi-single en vynil coloré et d'une dynamique monstrueuse ; il tirait avantage de l'espacement des sillons, un procédé inventé par l'ingénieur du son Tom Moulton.

3/ NIA PEEPLES "Kissing the wind" : Actrice (Walker Texas Ranger, Fame) et accessoirement chanteuse, son titre Trouble fait le bonheur du Skydance en 1988. En 1991, l'armada de remixers de I.D. Productions s'empare de son single Kissing the wind mais c'est Steve Hurley qui remporte la timbale avec ce gimmick de sax "tordu" dont il a le secret.

4/ NOMAD "(i wanna give you) Devotion" : Joey Negro, des débuts prometteurs, même si le "gros son" n'est pas au rendez-vous. Un refrain inspiré du Devotion de TEN CITY et qui a dû servir de sample de base à la maquette du titre.

5/ DRIZA BONE "Catch the fire" : Après le tube Real love, c'est 2ème single de cet éphémère duo de producteurs basé en Angleterre ; il remixera notamment des artistes comme Tom Browne (Funkin' for Jamaïca), Lisa Stansfield (Change) et surtout Shanice (I love your smile).

6/ MICHAEL JACKSON "In the closet" : une des fulgurances du producteur Tommy Musto pour un des titres fétiches de mes Top Dance megamixes. Près de 20 ans après sa création, son mix ne présente aucune ride, servi par un arrangement à la magie inaltérée.

7/ OVER WEIGHT POOCH feat. Ce Ce Peniston "I like it" : je ne sais pas si ce pseudo est le fruit d'un humour au second degré (littéralement "clébard en surpoids") mais le fait est que le stick de la pochette indique que la rappeuse est plus que plantureuse, carrément obèse ! Au delà de l'anecdote, ce single marque les débuts de la chanteuse Ce Ce Peniston qui en assure les vocaux du refrain. Manny Lehman, un directeur artistique du label A&M, est sous le charme cette voix qu'il découvre. Quelques mois plus tard, il permettra à l'artiste de sortir un titre d'anthologie, Finally.

8/ ROBERT OWENS "I'll be your friend" : en 1991, au top de l'underground, un Morales totalement impliqué dans l'écriture de ce titre doté d'un gimmick de violons et d'une base rythmique exceptionnels. Les années 2000 nous ont rarement proposé des hymnes d'une telle majesté. J'ai inclus dans l'intro l'accapella de Impress Me par Jamie Lewis & DJ Pippi.

9/ ADVENTURES OF STEVIE V "Dirty cash" : Avec l'anglais Stevie V, nous sommes très proche de l'atmosphère de SNAP. Une rythmique qui se distingue par son originalité. Elle seule parviendrait à rameuter les clubbers sur la piste. Fort logiquement, le titre atteindra la place de N°1 des Club charts britanniques en 1990.

10/ DOUG LAZY "H.O.U.S.E." : nous sommes entrés dans la zone rouge ! En 1989, Morales prend une résidence dans ce club-new-yorkais, Le Red Zone. Influencé par la une house anglaise plus électro, ses "Red Zone" mixes sont une fusion de ses influences "garage" et de ces sonorités technoïsantes. Ces "naughty mixes" annoncent l'émergence d'un mouvement deep-house dans lequel s'engouffreront des producteurs comme Danny Tenaglia ou Roger Sanchez. Exemple pour ce titre extrait de l'album Doug Lazy Gettin' Crazy réalisé par ce rappeur orienté hip-house. A retenir également les titres Let it Roll et Let the rythm pump.

11/ ROYAL HOUSE "Party people" : Une production mémorable de Todd Terry dans un style toujours aussi minimaliste. Très similaire au Can you feel it du même groupe, ce titre est bourré de samples dont le "party people" de Planet Rock (Afrika Bambataa) et le riff de violons de Move your body (Marshall Jefferson).

12/ Premier DMC mix de mes sets : EXPOSÉ "Tell me why" remixé par Paul Dakeyne, grand contributeur à la célèbre collection d'albums de remixes réservée aux D.J's. Ses deux plus gros succès restent le remix du I feel good de James Brown (maintes fois programmé dans la Max Party) et le Eighteen Strings de Tinman qui reprenait le riff de guitare de NIRVANA (Smells Like Teen Spirit)

13/ BROTHERS IN RHYTHM "Such a good feeling" : incontournable titre de mes Top Dance megamixes, une production basée sur des samples de l'accapella de Always there par CHARVONI. Le duo Brothers on Rhythm est composé de Steve Anderson et de Dave Seaman, fondateur du magazine Mixmag, un bréviaire dans mes années Skyrock. Que de choses j'ai pu apprendre au travers de ses pages et que de joyaux dégottés après lecture des chroniques. La revue française "Only for DJ's" n'offre hélas qu'une place marginale à la soulful house alors que hip-hop et électro se taillent la part du lion. Décidément, il est bien difficile de se tenir au courant de la "bonne actu" sans être bilingue.

14/ YA KID K "Awesome (you are my hero)" ; l'ex-chanteuse de Technotronic remixée par Dancin' Danny D. Pour l'histoire, le titre figure sur la B.O.F. du film Les Tortues Ninja 2.

15/ THE CREW "Get dumb" : Un des pseudos du duo Clivillés & Cole époque underground, encore un disque ramené de Miami en 1990 - il faut dire que je raflait tout ce qu'ils sortaient.
Un titre totalement hip-house qui utilise une boucle de conga piquée sur Apache du groupe Michael Viner's Incredible Bongo Band. Dans leur titre Break Dance-Electric Boogie, le groupe West Street Mob avait, lui, emprunté le riff de cuivres (entendu aussi dans l'émission Tout le monde en parle d'Ardisson à l'accueil des invités).