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jeudi 27 janvier 2011

N° 95 : Floating through the decades (Undisputed Truth, Cameo, Jody Watley, Crazy P...)

Set non disponible

Un set qui flotte sur 4 décennies tout en conservant sa fibre black soul.

Et pourtant, c'est JAMIROQUAI et son démiurge blanc Jay Kay qui inaugure le bal.
C'est l'un des rares à avoir tout assimilé du groove des artistes noirs, Stevie Wonder en figure de proue.

En 2005, à l'écoute de l'inquiétant single "Feels just like it should" qui annonçait l'album "Dynamite", on aurait pu craindre le pire, mais quelques semaines plus tard, ce soleilleux "Seven days in sunny June" rassurait finalement les fans historiques comme moi.
Bien que renfermant quelques pépites panthéonisables comme "Dynamite", "Starchild" ou "Time won't wait", l'album connut un succès mitigé en France.
Trop disco pour certains, trop éloigné de l'acid-jazz originel pour d'autres, il ne trouva pas son public et les médias le rangèrent dans l'armoire.

Avec "(Don't) give hate a chance", "Seven days in sunny June" fut le seul titre à bénéficier de remixes dignes d'intérêt dont celui de l'obscur producteur anglais Blackbeard présenté dans ce set.


Pénétration dans un univers beaucoup plus sombre avec ADMEN EDITS VOL. 4 "They don't tell the truth", bootleg d'un titre des UNDISPUTED TRUTH : "Smiling faces sometimes".

En 1971, sous le joug d'une ségrégation raciale que Nixon tentait vainement d'occulter, le groupe de Norman Whitfield sort ce brûlot qui restera comme l'un des titres soul les plus précieux de l'histoire de la musique noire.
Les paroles sont sans concession : "Les visages souriants font parfois semblant d'être vos amis... Méfiez-vous de la poignée de main qui cache un serpent, méfiez-vous de la tape dans le dos, elle pourrait bien vous empêcher d'avancer...".
L'arrangement psychédélique avec ses cordes et cuivres acérés, l'interprétation qui alterne entre la compassion et le swing ouvrent la voie à ce qu'on appellera la "blaxploitation", genre cinématographique totalement dévoué à la fierté de la communauté noire et dont la B.O.F. de "Shaft" est l'exemple le plus connu du grand public bien qu'une bonne vingtaine d'autres bandes originales soient devenues objets de culte auprès des spécialistes.


Au cours du mois de juillet 2010, j'avais eu le bonheur d'écouter un podcast d'un set de Gilles Peterson (DJ et fondateur du label Talkin' Loud) qui avait été joué sur BBC Radio One.
Empli de titres aussi éclectiques que somptueux (il démarrait par un extrait d'une symphonie de Mahler revisitée par Matthew Herbert), j'avais noté l'énergie de ce "Bibi Na Mpu" de la chanteuse tanzanienne MIM SULEIMAN brillamment produit par Maurice Fulton. L'album "Tungi" sorti en 2010 flirte avec l'électro et mérite l'oreille attentive des fans de World Music.


Sorti en 1984, "She's strange" de CAMEO symbolise bien le "paranoïd funk" que la formation de Larry Blackmon avait su créer.
Les hits "Word up" (1986), "Candy" (1986) et "Back & Forth" (1987) marqueront l'apogée d'un groupe formé en 1976 et qui évolua constamment dans l'ombre de Parliament, The Whispers ou Earth, Wind & Fire.


Si CRAZY P a concédé l’abréviation de son véritable nom (Crazy Penis), c'est sans doute pour éviter les foudres de la censure.
J'avais découvert ce duo anglais en 1998 sur une compilation "Jazz in the House" avec le titre "Summer Bummer", mais c'est en 2002 avec l'album "The wicked is music" que je devins véritablement fan. Des titres comme "You started something", "Change" ou "You are we" (notamment remixé par Ian Pooley) sont révélateurs d'un talent qui sera vite mis au service de labels comme le prestigieux Naked Music.

"Never gonna reach me" (Hot Toddy remix) est une autre merveille découverte dans le set de Gilles Peterson. Le remix de Hot Toddy alias Chris Todd (l'un des deux fondateurs du groupe) transfigure la version figurant sur l'album "Love on the line" sorti en 2009.


ROSE ROYCE "You're a winner" : un classique du Patch Club. Je doute qu'un autre club français ait joué ce simple titre d'album à la ligne de basse redoutable.


Le remix Kiss Fm de "Dying to be dancin'" d'EMPRESS réalisé par Shep Pettibone fait lui aussi mouche. Je pense vous avoir joué pratiquement toute la liste de ses extraordinaires versions qui figurent sur les deux compilations que l'on peut se procurer à l'état neuf à prix modeste, frais de port offerts, sur Amazon.com.
EMPRESS est sans doute à nouveau un groupe monté de toutes pièces par le label new-yorkais.

"New kind of medicine" d'ULTRA NATÉ entre de plain-pied dans les sonorités du groupe CHIC qui, s'il existait encore, l'aurait certainement produit dans la même veine.
Malgré cette version particulièrement soignée par Albert Cabrera et fort d'un double pack proposant des mixes de Tenaglia et Morales, ce titre sorti en 1998 ne semble hélas pas avoir marqué les esprits.


Sorti dans l'ombre de"Where love lives", titre monumental d'ALISON LIMERICK, "Come back (for real love)" fit bonne figure sans pour autant entrer dans les charts. Le seul titre qui connut un certain succès par la suite fut le très mainstream "Make it on my own" produit par Steve Anderson du DMC.


JODY WATLEY, ex-chanteuse de Shalamar, a toujours eu le flair pour choisir les bons "featuring" ou s'entourer des producteurs du moment.
  • "Looking for a new love" (1987) avec André Cymone (écurie Prince)
  • "Don't you want me" (1987) avec Bernard Edwards (Chic) et François K
  • "Friends" (1989) avec André Cymone et les rappeurs Eric B. & Rakim
  • "Real love" (1989) avec André Cymone et Louis Silas Jr.
  • "Ecstasy" (1994) avec David Morales
  • "Saturday night experience" (2001) avec Blaze
"I'm the one you need" (1991) produit par le même David Morales est classé dans mon Top 20 des meilleurs mixes du Boss.
Il existe une version rave assez rare (Dead Zone Version) dans laquelle la voix est vocodée et qui figure sur un DMC de 1993.


PAUL SIMPSON "Everybody's a star" (Temple Mix) : autre version de l'un des premiers tubes estampillés "New Jersey Garage".


Final avec l'un des "beds" de mes premières interventions en solo sur Skyrock, dub que j'ai utilisé dernièrement pour présenter mes podcasts : TYCIE & WOODY "The rhythm's gonna get you". Je l'ai toutefois largement charcuté, certains passages étant un peu ennuyeux.

vendredi 29 octobre 2010

N° 84 : Closer to the underground (Adeva, Robert Owens, Lil Mo'Yin Yang, Lovebirds...)

Set non disponible

1/ ADEVA "Respect" (Club Vocal Remix) : l'original de 1988 était déjà très underground, ce remix de Mental Instrum ajoute à la noirceur de l'ambiance.

Avec une mère missionnaire et un père diacre, Adeva alias Patricia Daniel grandit inévitablement sous l'influence du gospel.
Découverte par Tony Humphries avec le single "In and out of my life", signée en 1988 sur Capitol Records, c'est Paul Simpson qui lui offrira les tubes "Respect" (découvert dans le Skydance Skyrock), "Warning", "I thank you" et "Musical freedom".
Suivront notamment "It should have been me", "Don't let it show on your face" et "Been around" (1998) déjà joués dans mes podcasts.

2/ KIM BEACHAM "Trouble" : autre titre de New Jersey Garage tout à fait dans la lignée de "Respect".

3/ URBAN SOUL "Alright" : pour fêter ses dix ans d'existence, le label garage Cool Tempo sortait en 1995 un double pack de remixes de ses plus gros hits dont ce "Alright" réalisé par Dancin' Danny D.
On y retrouve d'ailleurs le fameux remix de "I thank you" de ADEVA par Love to Infinity et un Morales Mix de "Love & happiness" de RIVER OCEAN.

4/ JOE ROBERTS "Lover" : un dub au gimmick acid réalisé à la TB-303 par les anglais de K-KLASS.

5/ JESUS LOVES YOU "Generations of love" : tombé dans l'ornière de l'héroïne, Boy George se laisse charmer par les sirènes du bouddhisme et crée le concept JESUS LOVES YOU en 1991 sur son label More Protein.
Remixé par Paul Oakenfold, c'est son seul tube sous ce pseudo.

Le label More Protein accueillera des artistes aussi variés que Eve Gallagher ("Love comes down"), Jagdeep Singh ("Who's gonna love you?"), Amos ("Let love shine") ou E-ZEE POSSEE ("Breathing is E-Zee").

6/ ALISON LIMERICK "Where love lives" : alors que Morales et Knuckles se sont surpassés sur une flopée de remixes tous aussi excellents, il fallait toutefois évoquer cette version originale du suédois Lati Kronlund à laquelle manquait juste cette touche underground qui en a fait un "all time classic".

7/ ROBERT OWENS "I'll be your friend" : autre classique intemporel, ce mix original est bien plus sombre que le Glamorous Mix, version fédératrice avec son gimmick de violons.

Après avoir collaboré avec Mr Fingers à la fin des années 80 sur des projets trop intimistes pour rencontrer le succès populaire, c'est avec Frankie Knuckles que Robert Owens caresse les trompettes de la renommée sur l'intemporel "Tears".
C'est fort de ses deux derniers tubes "I'll be your friend" et "Gotta work" qu'il participera à la Yes Party, le premier événement "garage" organisé à Paris le 2 juillet 1993, soirée où officièrent les DJ's David Morales et Tony Humphries.
Dommage que le public n'ait pas été au R.V. , ce qui augurait finalement de l'état végétatif dans lequel aller stagner ce style dans un pays déjà sous influence techno.

8/ BARRY WHITE "Love is the icon" : il me semble que j'ai présenté ce disque en nouveauté sur Skyrock.
C'était le retour inespéré de Barry White, l'un des artistes (avec MFSB et Creative Source) qui m'a accompagné dans mon voyage initiatique à la musique noire lorsque j'avais 13 ans et que je cherchais des génériques pour les émissions de radio que je réalisais dans ma chambre.

C'est indéniablement cette influence précoce, libératoire des niaiseries "variétoches" d'adolescent, qui a forgé ma culture bien avant que je fasse Terra Incognita dans le dee-jaying en soirées et en club.

Ce remix hard-house est signé Roger S.

9/ SWING 52 "You keep holding back (love me)" : production Benji Candelario sortie sur le label underground new-yorkais Cutting Records.
On doit à Candelario le fameux "Let's get brutal" de NITRO DELUXE.

Personnage atypique, il parvint à allier le métier de banquier à celui de directeur artistique du label avant de faire le switch définitif !

Sous le pseudo Swing 52, l'histoire à surtout retenu le titre "Colour of my skin", beaucoup plus gospel et commercial sous l'impulsion de la voix d'Arnold Jarvis.

Au bilan et malgré de mini-tubes comme "The Rhythm" de New Hippie Movement (1998), "Learn to give" (2001) ou "Quiero saber" (2007) , la carrière de Candelario restera plutôt erratique.

10/ WHITNEY HOUSTON "I'm every woman" : en cette luxuriante année 1992, Whitney s'attaquait au monstrueux titre de Chaka Khan composé par Ashford & Simpson en 1978.
C'est sous un angle très underground qu'elle proposa un double pack ciselé par le duo Clivillés & Cole, bien que le single calibré pour les FM fut joué abondamment, notamment dans la Max Party.

Final au cœur de l'underground le plus obscur.

11/ LIL MO'YIN YANG "Reach" : le yin et le yang, l'un froid et obscur, l'autre chaleureux et positif, se sont toujours proposés dans cette dualité de styles qui caractérise Louie Vega et Erick Morillo, ce pseudo n'étant sans doute pas choisi au hasard.
"Reach" oscille effectivement entre les deux facettes, à la fois inquiétant comme l'ambiance d'un jeu vidéo façon Doom II (dans le remix de Basement Jaxx) et "floorfiller" avec ses sirènes et son gimmick répetitif...Un véritable hymne de la saison 1996 à Ibiza.

12/ LOVEBIRDS "My man" : voilà le type de mésaventure qui se produit lorsque l'envoi des données midi du pitch bend de votre clavier-maître subit des coupures. Cela m'était arrivé avec mon Emulator E4-K mais je n'avais pas eu l'intention d'en faire un gimmick, bien au contraire !
Loverbirds met à profit cette défaillance technique lorsque de la montée de la tonalité de l'accord pour intriguer l'oreille et finalement délivrer un titre assez dissonant mais terriblement efficace.

13/ DUB MONSTERS "Sweet thang" : un titre représentatif d'un UK garage pas trop énervé et qui lorgne donc du côté de son cousin d'outre-atlantique.
Hélas, tout comme sa musique, ce duo de producteurs est plutôt resté dans l'ombre.

La semaine prochaine, nous resterons dans cette ambiance "early house" avec d'autres titres légendaires.

vendredi 17 juillet 2009

N° 27 : Houzology (Def Mix Productions, Danny Tenaglia, Masters at Work, K.O.T.)

Set non disponible



Mon néologisme de la semaine, la "Houzology", ce qui pourrait caractériser l'attitude house dans son ensemble, sous toutes ses facettes. Voici donc un petit florilège.

1/ WAS (NOT WAS) "Listen like thieves" : "ah que je l'aime ! ah-que-je-l'aime-ce mor-ceau !" dirait Julien Lepers dans un élan d'histrionisme.
En 1992, les curieux - ceux qui écoutent les faces B des vynils - auront apprécié cette formidable reprise du tube de INXS remixé par Danny Tenaglia. La face A n'est autre que "Shake your head", largement diffusé dans la Skyrock Max Party.

2/ KEITH NUNNALLY "Seasons of love" : l'un de mes Top 10 des remixes de Steve Silk Hurley ! un titre qui respire la joie de vivre... absolument pas démodé près de 20 ans après sa sortie. Keith Nunally est le chanteur du premier tube de Hurley, "Music is the key" (1985).

3/ RUPAUL "Back to my roots" : Ce Jheri Curl Mix rend hommage à cette coupe de cheveux afro et bouclée qui faisait fureur chez les Blacks au début des années 80, Michael Jackson ou son frère Jermaine (photo) en ayant été de parfaits exemples. J'ai hâte que certains d'entre eux reviennent à ce look plutôt seyant. Je commence à en voir de manière épisodique dans le métro (la mort de Jackson va-t-elle relancer le style ??). Messieurs, je crois que la mode des crânes rasés a fait son temps.

4/ DAVID MORALES & THE BAD YARD CLUB "Gimme luv" : Ce Jackie 60 Experience Mix est un clin d'oeil à la soirée hebdomadaire nommée "Jackie 60" qui se tenait tous les mardis dans le quartier new-yorkais de Meatpacking District, l'ancien quartier des abattoirs de Manhattan (le long de l'Hudson River). J'ai d'ailleurs mangé en 1992 dans l'un des restaurants du quartier lors de mon 2ème séjour à New-York avec l'un des producteurs de JORDY, le financier du projet, un homme tout à fait respectable qui n'avait rien à voir avec le peu scrupuleux père de l'enfant prodige.

Ces soirées réservées aux gays exigeaient des tenues très codifiées, excentriques au possible, comme le montre ce petit document. Travestis et look fétichistes étaient les bienvenus alors que les vêtements portés par les hétéros de base étaient proscrits (costumes, cravates, polos de rugby et autres accoutrements jugés d'un conformisme total).

5/ LISA STANSFIELD "What did i do to you ?" : mix assez rare de David Morales, ce Anti Poll Tax Dub fait référence à un impôt voté en 1990 sous l'ère Thatcher (Poll Tax), un impôt locatif touchant toutes les personnes indépendamment de leurs revenus réels. La middle-class, particulièrement concernée, s'insurge et des émeutes auront lieu dans plusieurs quartiers de Londres dont Brixton. Elles seront en partie à l'origine de la chute du gouvernement conservateur en novembre 1990.
Pour en revenir au mix, j'y ai inclus l'accapella de "Your first time" by JASON JINX.

6/ ALISON LIMERICK "Where love lives" : un titre servi par de nombreuses et exceptionnelles versions dont ce Sound Factory Mix réalisé par Knuckles et Morales. Maintes fois diffusé dans le Skyrock Top Dance Megamix, je n'ai pas réussi à le propulser dans le haut du classement et le titre n'a jamais intéressé aucune radio musicale nationale. La France, pauvre pays, bonnet d'âne de l'Europe en matière de soulful house !

7/ DENI HINES "I like the way" : somptueuse production de Morales datant de 1997, un "all-time classic", assurément. Admirez la métamorphose du titre original, très convenu et calibré "mainstream". Encore une fois, les accords de substitution proposés par Morales sont judicieux voire géniaux. J'y ai inclus l'accapella de "I like it like that" par INNER LIFE.

8/ K.O.T. "I want you for myself" : les Kings Of Tomorrow (K.O.T.) le disputent en égotisme avec les Masters At Work dans le choix du pseudo mais, fort heureusement, le talent est au rendez-vous. Ce duo new-yorkais (a l'époque composé de Sandy Riviera et J. "Sinister" Sealee), prolifique mais peu reconnu dans son propre pays, a toujours offert des productions de pur garage portées par de puissantes voix gospel comme ici celle de Julie McKnight (qu'on retrouve aussi sur "Finally" et sur le "Diamond Life" de Louie Vega sorti en 2002). Le titre reprend partiellement le très classe (et "garage-style" avant l'heure) "I want you for myself" de GEORGE DUKE (1979).

9/ SANDY B "Make the world go round" : une version garage de Stonebridge, l'original plutôt "progressive house"ayant été un hymne historique d'Ibiza en 1996.

10/ UPTOWN EXPRESS feat. Richie Jones & Pepper Mashay "Not much heaven" : un "one shot" du label AZULI datant de 1997. Le morceau figure sur la mythique compilation "Ministry of Sound sessions 8" concoctée par Todd Terry et qu'il faut impérativement se procurer en quintuple pack non-mixé.

11/ SOLE FUSION "We can make it" : l'époque bénie où les Masters at Work nous bombardaient chaque semaine de remixes généralement fabuleux. Au magasin Champs-Disques, toute mon attention devait être retenue pour ne rien rater des pièces de la si féconde paire de remixeurs. Peu ont échappé à mes griffes avides d'underground house et je les ai largement programmé dans mes Skyrock Top Dance Megamixes.

12/ NENEH CHERRY "Buddy X" : "double priority" pour les Masters avec un autre chef-d'oeuvre, dark et undergound. Dommage que Louie Vega ait définitivement abandonné ce style au profit de la seule musique latino.

dimanche 22 mars 2009

N° 11 : Those built-to-last house tracks (David Morales, Frankie Knuckles, Steve Silk Hurley, E-Smoove)

Set non disponible





1/ DE LA SOUL "A rollerskating jam named Saturdays" : alors que l'original sample gaiement le "Evil Vibrations" des Mighty Ryeders (et peut être bien le mot "Saturday" de "Saturday in the park" de Chicago) , Morales ose un instrumental deep-house très minimaliste. A l'instar de son "6 a.m. Mix" qui inclut les vocaux, l'ensemble des remixes de ce titre valent le détour. Heureux De La Soul, toujours bien servis.

2/ MICA PARIS "I never felt like this before" : le vétéran Frankie Knuckles inonde le mix de ces basses tout en rondeur qui ont été la marque de fabrique du Warehouse Club de Chicago. A son apogée, à la fin des années 70, les clubbers y affluaient de la ville entière, dansant jusqu'à 10 heures du matin. Le son était si puissant - et le lieu si exigu - que tous ceux qui n'avaient pas eu la chance de pouvoir y pénétrer profitaient quand même du set de Mr Frankie à l'extérieur du bâtiment, le son transpirant largement à travers les murs !

3/ KYM SIMS "A little bit more" : d'aucuns se demandaient certainement comment un D.J. qui a tant vanté les mérites de Steve Silk Hurley sur l'antenne de Skyrock lui réservait si peu d'espace dans ses mixes. Injustice réparée ! et il sera à l'honneur dans ce set.

4/ AURRA "A little love" : la preuve immédiate avec cet astucieux remix tiré de la compilation Synergy sortie par le label Salsoul en 1992 et dotée d'un casting stellaire (Todd Terry, Masters at Work, Danny Tenaglia...).
Tabasko!, autre compilation-hommage à ce label, sortira l'année suivante avec de nouveaux titres remixés, entre autres, par Frankie Knuckles ou Tommy Musto.

5/ COOKIE CREW "Brother like sister" : un titre souvent programmé dans mes Top Dance megamixes même s'il a connu un succès d'estime en France. Révélées par "Rok da House" mais surtout le single "Females", gros tube du Skydance de RLP, ce titre produit par les danois de Cutfather & Soulshock sera hélas le chant du cygne pour les deux "english sista".

6/ FRANKIE KNUCKLES feat. Roberta Gilliam "Workout" : En 1991, Frankie Knuckles sort "Beyond the Mix", son premier album en tant qu'artiste à part entière. Constellé de tubes en puissance ("The Whistle Song", "Rainfalls"...), les remixes seront à la hauteur de la réputation du personnage. Alors que son compère Morales échouera plus ou moins dans cet exercice avec son album "The Program", Knuckles franchit brillamment l'obstacle.

7/ STABBBS "Joy + Happiness" : Une pure production garage signée Stonebridge dont j'ai transformé le dub en mash-up avec l'acapella de "Touch me" de ALISHA WARREN.

8/ ROBIN S "I want to thank you" : la reprise d'un titre de Alicia Mayers (1981) écrit par Kevin McCord, compositeur à qui l'on doit des tubes comme "Get down saturday night" (O. Cheatham) , "You can do it" ( Al Hudson) et le fabuleux "Mr Groove" (One Way).

9/ CHANTAY SAVAGE "If you believe" : une production exemplaire de Steve "silk" Hurley mais passée complètement inaperçue. Rares sont les articles sur Chantay Savage qui mentionnent ce titre très énergique aux sonorités ragga et africaines plutôt originales. Autre production totalement occultée : "i got a hold on you" (le mémorable Silky Scat Dub) . Heureusement, votre serviteur est là pour exhumer de temps en temps quelques trésors cachés.

10/ Retour d'Eric "E-Smoove" Miller dans mes sets avec ce remix classieux de "I'll wait" par TAYLOR DAYNE. Taylor Dayne, les tubes "Tell it to my heart" et "Prove your love" (1988), ces titres genre "Papillon de Lumière" que j'avais donc évacués très vite de ma mémoire. Heureusement, elle réalise en 1993 un come-back plutôt intéressant avec notamment la collaboration de Shep Pettibone. Autre tube extrait de l'album, "Can't get enough of your love", la reprise de Barry White, avec des mixes house ciselés par C & & Music Factory.

11/ MICHAEL JACKSON "Jam" : un mix de Steve "silk" Hurley que je peux être fier d'avoir joué dans la Max Party sur Skyrock alors qu'il n'était pas encore disponible en France. Malgré l'avalanche de mixes proposés, seul celui de Hurley me paraît réellement digne d'intérêt ; c'est le Steve Hurley à son apogée, hyper créatif et nerveux dans la construction du mix, une "happy house" De Luxe.

12/ DAJAE "Is it all over my face" : Un remix dans lequel E-Smoove joue littéralement avec les samples de voix (léger clin d'oeil au titre de LOOSE JOINTS) et multiplie les breaks ! Un titre totalement déconstruit qui peut être mixé à de multiples endroits, détonnant ainsi avec l'habituelle facture classique de ses remixes.

13/ Lorsqu'on a espéré un disque pendant longtemps, on a tendance à le jouer à outrance. Je n'évite pas ce piège en proposant à nouveau ASIA BLUE "Connect" dans la version jouée par Lil' Louis lors de sa venue à Skyrock. Le mix entre les deux titres est tellement fusionnel que je prolonge le plaisir à la limite du mash-up. Que je mette la main sur l'acapella de Dajae et je vous promets un bootleg d'anthologie !

14/ DEEP AURAL PENETRATION "All i want to do" : malgré moi, je risque la remontrance de I Tunes ! Un titre assez deep qui utilise un sample de DSK ("What would we do?").

15/ ALISON LIMERICK "Where love lives" : le symbole d'une house music construite pour durer. S'il ne fallait conserver qu'une œuvre pour exprimer ce qu'est le "garage", ce "Where love lives" serait l'Élu grâce aux remixes exceptionnels réalisés par Morales et Knuckles. Encore un titre que j'ai joué et rejoué sur l'antenne de Skyrock bien avant sa sortie en France et qui n'a pas du tout fonctionné en club. La France, bonnet d'âne de l'Europe en matière de clubbing. Même au fin fond de la Crète, ce titre a dû étre plébiscité... mais vous connaissez cette fameuse exception française.

16/ Un final qui n'oublie pas le rôle important joué par les italiens dans le mouvement "garage".
ATELIER "Got to live together" sample l'acapella de "Why can't we see" du groupe BLIND TRUTH (une production A. Baker/V. Simonelli), un groupe qui se montrera d'ailleurs assez virulent envers ceux qui utilisèrent cet acapella "punchy" qui attirait forcément les convoitises. J'ai donc échappé au bâton lorsque j'en ai utilisé un petit bout pour mon remix de "I don't talk about L.O.V.E." d'Abyale - le titre n'a certainement pas dû franchir l'Atlantique !