Affichage des articles dont le libellé est Lindstrom and Christabelle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lindstrom and Christabelle. Afficher tous les articles

vendredi 10 septembre 2010

N° 77 : A quiet reprise (acid-jazz classics, Mr Fingers, Prince...)

Set non disponible

Je viens de comprendre pourquoi les français sont majoritairement de piètres mélomanes et pourquoi les musiques de qualité ont tant de mal à émerger dans notre pays.

J'ai observé le comportement du public dans les jeux télévisés lors de la diffusion d'extraits de chansons.
Il tape dans les mains sur chaque temps !
Analysez un public anglo-saxon dans les mêmes conditions, il tape sur le 2ème et le 4e temps, exactement au même moment que la caisse claire ou le clap sur un morceau.
Il a compris le rythme et le swing car il a une oreille musicale forgée par des décennies de musiques d'inspiration noire.

Alors élevons le niveau dans ce set qui zone entre acid-jazz et hip-hop.

1/ Mr FINGERS "What about love" : ma première émotion deep-house. Ce mix de 1989 conserve sa magie inaltérée avec cette coda majestueuse au piano Rhodes.
Dans la même lignée, "Closer" sorti en 1992.

2/ THE BRAND NEW HEAVIES "Stay this way" : The Brand New Heavies est un groupe d'acid-jazz londonien formé en 1985.
Outre ce titre, l'album éponyme original de 1990 contient l'intéressant "Dreams come true". Seul problème, la chanteuse Jay Ella Ruth, trop "standard", ne fait pas décoller les mélodies. Pas assez "mainstream", l'album ne réalise pas le cross-over radio .
C'est l'arrivée en 1992 de N'Dea Davenport, chanteuse à la voix d'une pureté et d'une puissance térébrantes, qui sortira le groupe de l'anonymat en réinterprétant les titres-phares.
Pour "Stay this way", David Morales livrera un pack de remixes somptueux, tantôt soul tantôt deep-house avec des sonorités tout droit sorties d'un synthé Roland JX-8P (c'est à dire polyphonique 8 voies), l'un des synthés analogiques les plus importants de l'histoire de la musique électronique.
Joey Negro se chargera de discoïser "Dreams come true" à la perfection.

Enfin, cette réédition flamboyante de 1992 intègrera le tube "Never stop" magnifié par le même Morales et qui assoira définitivement la notoriété du groupe outre-atlantique.

N'Dea Davenport quittera le navire après la sortie du second album en 1994. Siedah Garett prendra la relève sans toutefois atteindre le charisme de son prédecesseur qui, de son côté, sombre dans l'anonymat en tentant une carrière solo.
Davenport reviendra en 2006 pour l'album "Get used to it", mais rien de transcendant n'est parvenu à mes oreilles.

3/ INCOGNITO "Crazy for you" : emmené par Jean Paul "Bluey" Maunick, ce groupe s'inscrit également dans la mouvance acid-jazz londonienne.
Bien que la formation existe depuis 1981, c'est Gilles Peterson qui permettra à Incognito de caresser les trompettes de la renommée en le signant sur son label Talkin' Loud en 1990.
Leur fait d'arme restera la reprise de "Always there" de Ronnie Laws que le remix de Morales et l'interprétation de Jocelyn Brown doteront des ailes de la grâce.
S'ensuivront des reprises réussie comme "Don't you worry 'bout a thing" (Stevie Wonder) ou "Night over Egypt" (The Jones Girls).

"Crazy for you" est une composition originale remixée par l'inévitable David Morales, décidément très inspiré par l'acid-jazz.

4/ MASSIVO "Take my hand" : aucune info sur cette production downtempo de facture très classique.

Première salve de mixes récurrents de mes Top Dance Megamixes.

5/ LONDONBEAT "I've been thinking about you" : un remix utilisant la célèbre loop "Funky drummer". Il fut classé assez longtemps dans le Top Dance, en tout cas il l'était déjà à mon arrivée à l'antenne en février 1991.
Le mix est construit de manière assez désordonnée et mes "ciseaux d'Anastasie" ont dû éliminer les parties ennuyeuses.

6/ KRIS KROSS "Jump" : classé également dans les clubs, l'original hip-hop n'avait pas sa place dans mes sets et ce remix accéléré de Steve Anderson fut le bienvenu.
Le sample de synthé est emprunté à la chaleureuse nappe de l'intro du premier maxi de JESTOFUNK, "I'm gonna love you".

7/ PRINCE "Get off" : Steve Silk Hurley avait réalisé les remixes les plus audacieux de sa carrière sur ce titre, Ben Liebrand offre ici une alternative intéressante, l'original au style assez massif restant difficilement mixable.

8/ DE LA SOUL "Eye know" : deux samples principaux sont utilisés pour ce mix :
Les dernières secondes de "Sitting on the dock of the bay" d'OTIS REDDING (le sifflement), le refrain et le petit gimmick de "Peg" de STEELY DAN, l'un de mes groupes préférés. Un assemblage hétéroclite mais terriblement efficace.

9/ GRANDMASTER FLASH & MELLE MEL "White lines" : le sample principal et la mélodie sont tirés de "Cavern" de LIQUID LIQUID, un groupe appartenant au même label (Sugarhill Gang Records).
D'après Wikipedia, Grandmaster Flash n'a pas participé à ce disque et seul Melle Mel aurait dû être crédité.
Hommage à la cocaïne, la mention "Don't do it", aurait été rajoutée pour d'évidentes raisons commerciales.
Cela étant, le titre ne fit pas de ravages aux USA, s'offrant une honorable 7ème place dans les charts britanniques.

10/ LINDSTROM & CHRISTABELLE "Baby can't stop" : clin d'œil à "Shake your body" des JACKSONS et "Wanna be starting something" de Michael, ce titre est l'œuvre du duo de producteurs norvégiens Hans-Peter Lindstrøm et Prins Thomas, spécialistes de ce qu'on appelle le Cosmic Disco, un style qui mélange influences tribales, funk, jazz et brésiliennes sur un tempo assez lent.
Ce terme fait référence au club italien, le "Cosmic" où il fut en quelque sorte "réinventé" il y quelques années, la paternité en revenant aux DJ's new-yorkais David Mancuso et Larry Levan dans les années 70.

11/ SHARON BROWN "I specialize in love" : un remix du grand DJ new-yorkais Tee Scott (Better Days, Zanzibar, Continental Baths), auteur d'autres perles comme "Mama used to say" de JUNIOR, "Happy days" de NORTHEND ou "Time" de STONE.