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dimanche 23 février 2014

N° 210 : filtering the 80's (Paul Young, Talk Talk, Funk re-edits...)


Set non disponible

J'ai passé l'oral d'admission de mon concours le 12 février dernier et l'on ne peut pas dire que les choses se soient bien déroulées.
Présenté comme une épreuve qui se rapproche d'un entretien d'embauche, l'exercice s'est révélé un véritable piège dans lequel le jury n'avait qu'un seul objectif : déstabiliser le candidat.

J'ai donc été particulièrement "saqué" avec des questions secondaires ou vachardes et, tout au long des 15 minutes réglementaires d'entretien, le jury n'a à aucun moment cherché à comprendre mes motivations, à déceler mes compétences, mes aptitudes et mes qualités personnelles pour occuper les postes concernés.
J'émets donc les plus grandes réserves sur mes chances d'admission, d'autant plus que le gouvernement menace encore d'effectuer des coupes claires dans les budgets publics pour lesquels je suis concerné au premier chef dans cette orientation professionnelle, ce qui implique que figurer sur la liste d'aptitude (qui regroupe les lauréats du concours en quelque sorte) ne signifiera peut-être pas une embauche dans les mois qui suivent.

J'avais déjà subi un sort similaire en 2010 lorsque, en CDD au sein de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, des coupes budgétaires drastiques et les prémices de la réforme du Grand Paris m'avaient privé d'une éventuelle titularisation.
C'est la précarisation et l'insécurité qui dictent leur loi aux salariés de ce pays embourbé dans une crise sans fin. Quant aux créateurs d'entreprise et jeunes diplômés, bon nombre d'entre eux sont déjà partis tenter leur chance ailleurs.

Je suis donc de retour timidement au mix avec un seul set pour ce mois de février.

Tout démarre avec le tube disco du batteur jazz américain IDRIS MUHAMMAD "For Your Love" (1980) et sa mémorable ouverture symphonique.

Pour son edit, Ashley Beedle s'est interessé à l'intro et aux breaks instrumentaux du titre très "Abba" (et très gnan-gnan) de ANDREA TRUE CONNECTION "Party Line".

Toujours dans le registre du re-edit, BEARD IN DUST timestretche aux limites de l'acceptable l'accapella de "Ain't No Mountain High Enough" de Marvin Gaye et Tammi Terrell et parvient a masquer la mollesse de l'interprétation, sacrifiée par les algorithmes du sampler, sur une solide base funk pour "Highest Mountain".

Aidés par la technologie toujours plus performante des logiciels de montage audio, les re-edits s'enchainent avec cette fois-ci un titre du 3e album de SOS Band, "High Hopes", tiré de l'un des volumes de la collection GET DOWN EDITS.

LOVEBIRDS n'est pas en reste et nous livre son arrangement autour du sample de "Can't along without you" de Vance and Suzanne, un titre assez obscur du répertoire funky des années 80.

S'ensuivent la reprise du classique disco "Stomp" de Brothers Johnson en version funk par QUINCY JONES et "Stone Love" de KOOL & THE GANG, l'un des ultimes tubes du groupe sorti en 1986.

Pour son remix de "Circle Of One" de OLETA ADAMS, la remixeuse Yvonne Turner emprunte la rythmique de "Land Of Hunger" des Earons.

Passage rapide par la House music avec "Forget The Girl" (Midtown Mix) de TONY TERRY avant un final totalement new-wave qui démarre avec l'extraordinaire remix US de "Such A Shame" de TALK TALK qui nous permet de redécouvrir les pistes de l'original. Le son est puissant et clair, œuvre du remixer Steve Thompson (Whitney Houston, Aretha Franklin, Madonna, Leon Haywood...).

"Fade to Grey" de VISAGE en version Ultimixx et "I'm Gonna Tear Your Playhouse Down" de PAUL YOUNG auront clos le bal.

vendredi 30 septembre 2011

N° 122 : 80's Downtown Festival (John Jellybean Benitez, Debarge, Alisha, Joe Bataan...)

Set non disponible

A une époque où 90% de la production ne vaut pas un pichet de cidre, quel bonheur de replonger dans la fastueuse décennie 80 !
Certes, les disques que je vais vous présenter n'ont pas été réalisé avec le budget du pêcheur du coin, mais ils possèdent l'âme et la positivité qui en ont fait des tubes éternels.
Ils sortent parfois du ghetto, frappés du sceau de l'authenticité, mais on les a aussi plébiscités dans les soirées chic car ce qui est bon l'est pour tout le monde.

1/ VISAGE "Fade to grey" (De Carey's re-edit) : sorti à la toute fin de l'année 80, je m'imagine entendre ce titre dans un club londonien du quartier de Soho ou dans quelque rallye (soirées privées exclusivement réservées aux gens de bonne famille) du 16ème arrondissement de Paris.
D'ailleurs, à l'époque étudiant à l'European Business School et en tant que roturier banlieusard, je n'avais pas accès à ces soirées mondaines organisées pour faciliter les rencontres et mariages entre personnes du même milieu. Nul doute que j'y aurais entendu cet hymne de la vague néo-romantique.

Ceci est la version album (peu connue) à laquelle j'ai ajouté l'intro du single.
Le programmeur Richard Burgess s'en donne à cœur joie avec le "joujou" qu'il vient sans doute de se procurer, le Fairlight CMI (sorti l'année d'avant), synthétiseur historique de la new-wave et de la musique électronique en général.
Le travail sur les toms est monstrueux. Je n'ai jamais entendu un tel arrangement rythmique depuis. La voix française ajoute au caractère énigmatique travaillé par le créateur du groupe, Steve Strange.
Il existe un remix 2005 qui respecte globalement l'ambiance de l'original.

2/ ALISHA "Baby talk" : à l'époque, on se disait qu'Alisha allait être une sérieuse rivale pour Madonna. Même voix, même qualité de mélodies et d'arrangements. Hélas, sa carrière fera long feu alors que l'on attendait une salve de tubes. Dommage...

3/ ROCKERS REVENGE "Sunshine, partytime" : tout le monde connait le remix, mais qui soupçonne l'existence de cette version originale, missile rageur tout droit sorti du Bronx ?
C'est Arthur Baker et Jellybean qui en sont les maîtres-artilleurs.
Arthur Baker est l'un des producteurs-clés de l'électro (la vraie), réalisant en 1982 avec Afrika Bambaataa le révolutionnaire "Planet Rock", un titre réalisé en une nuit !

4/ GOODY GOODY "Goody Goody mixer" : c'est peut-être le medley le plus génial de l'histoire de la musique club !
J'ai mis 30 ans à retrouver ce morceau entendu en 1980 dans "Destination planète 7" sur Radio 7 et c'est grâce au P2P que le miracle a eu lieu. Comme quoi il ne faut pas diaboliser un outil qui peut parfois rendre des services. Il faut juste que chacun joue le jeu et télécharge des titres avec le budget qu'il peut, sur les sites légaux.

Le medley est construit sur la ligne de basse de "Is it in" de JIMMY "BO" HORNE et ne souffre d'aucune imperfection rythmique, un miracle pour l'époque ! On imagine le travail titanesque qu'ont dû représenter la recherche de titres dans la même tonalité, le mixage au tempo et l'édition de la bande... pour une durée totale de plus de 15 minutes.

Playlist partielle :
Jimmy "Bo" Horne "Is it in"
KC & The Sunshine Band "That's The Way (I Like It)"
KC & The Sunshine Band "Get Down Tonight"
Rose Royce "It Makes You Feel Like Dancin'"
Johnny Harris "Odyssey"
Unknown Artist
Kool & The Gang "Hollywood Swinging"
War "Galaxy"
The Winners "Get Ready For The Future"
Unknown Artist
T-Connection "Saturday Night"
James Brown "Get Up Offa That Thing"
KC & The Sunshine Band "(Shake, Shake, Shake) Shake Your Booty"
KC & The Sunshine Band "I'm Your Boogie Man"

5/ JOE BATAAN "Rap-O clap-O" : Joe Bataan fonda Salsoul Records avec les frères Cayre.
Il repris notamment le classique"The bottle" de Gil Scott-Heron sous le titre "La botella".
Sorti en 1979, son titre "Rap-O clap-O" est en quelque sorte un ancêtre du hip-hop. Il connut un certain succès en France.

6/ PHIL FEARON "Everybody's laughing" : je crois que c'est un titre parfait pour l'émission télé "Top of the Pops". C'est d'ailleurs en la regardant lors de mon séjour à Londres en 1983 que j'avais découvert le hit majeur de Phil Fearon, "Dancing tight", policé mais efficace.

7/ DENROY MORGAN "I'll do anything for you" : un tube festif du Patch Club. C'est ce titre qui a lancé la carrière de cette grande figure de la musique reggae. Sans doute, comme beaucoup d'autres, a t-il fait "la concession commerciale" et déployé un certain talent pour pondre un titre populaire imparable, même s'il ne reflète pas sa culture profonde.
D'ailleurs, dans un autre registre, les plus grands slows n'ont-il pas souvent été écrits par des hard-rockers ?

8/ THE ROLLING STONES "Sympathy for the devil" : je piaffais d'impatience de le caser celui-là !
Traktor m'a permis de le faire en loopant l'intro aux congas et en trouvant une brèche dans l'ad-lib pour l’enchaînement avec le titre suivant.
Les Rolling Stones n'ont pas eu l'inventivité des Beatles, mais il faut bien reconnaître qu'ils ont commis quelques titres R'n'B qui passent allègrement le cap des décennies sans perdre leur éclat.
Avec ses chœurs hypnotiques, "Sympathy for the devil" (1968) est de ceux-là.
Les paroles sont éminemment politiques, évoquant certaines atrocités de l'Histoire, frôlant parfois cette provocation qui est le fond de commerce de certains de nos rappeurs français actuels ("Just as every cop is a criminal and all the sinners saints").

9/ JELLYBEAN feat. Elisa Fiorillo "Who found who" : retour de Jellybean pour un "Madonna-like" que j'ai exhumé de l'"armoire aux oublis" ! Le clip ringard au possible ne reflète pas le statut de ce grand producteur new-yorkais.
Il symbolise les prémisses d'une house très commerciale dont Stock, Aitken & Waterman seront les omnipotents représentants à la fin de la décennie 80 (Kylie Minogue, Sonia, Rick Astley...).

10/ OLLIE & JERRY "Breakin'... There's no stopping us" : retour dans les bas-fonds new-yorkais, époque break dance.
Ollie Brown et Jerry Knight forment ce duo qui composa le titre pour les besoins d'un film ("Breakin'" - 1984) sur cette nouvelle dance.
Jerry Knight est surtout connu pour ses deux tubes : "Overnight Sensation" et "Perfect Fit".

11/ DEBARGE "Rhythm of the night" : final dans l'allégresse latine avec ce tube mondial sorti sur le label Gordy en 1985. Un des derniers gros titres joués au Patch Club avant sa disparition.
Pour info, le pressage français propose une version plus courte que l'originale, gagnant en efficacité.