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vendredi 17 octobre 2014

N° 224 : A Latin Touch (Gypsymen, Tito Puente, Deep Djoe, Hardrive 2000...)


Set non disponible

Nous sommes fin 1977. Quelques mois auparavant, THELMA HOUSTON a connu un énorme succès (N°1 du Billboard Hot 100 en avril 77) avec Don't Leave Me This Way, une reprise de Harold Melvin & The Blue Notes.
Pour l'album suivant, on se dit que rien n'est plus sûr que de reprendre une recette qui a bien fonctionné. Hélas, le temps s'est écoulé, des centaines d'autres tubes ont sévi sur les pistes et le public est passé à autre chose.
Pourtant, avec sa fausse piste de l'intro-ballade et sa coda débridée aux tonalités latines, "I'm Here Again" avait tout pour plaire. Thelma Houston, elle aussi, fut victime de la "malédiction du follow-up duplicata".

Heureusement en 1999, POWERHOUSE (alias Lenny Fontana) à la bonne idée de déterrer ce riff de piano entêtant et de lui adjoindre une nouvelle mélodie chantée par Duane Harden (remember You Don't Know Me de Armand Van Helden). "What You Need", single au son plutôt pourrave, atteint la 1ère place du Billboard Hot Dance Music et la 13ème place du UK Dance Charts cette année-là.

"Babarabatiri" des GYPSYMEN : si l'on nous proposait des titres "soleil" de cet acabit chaque été, peut-être que mon opinion sur ce genre de musique évoluerait.
The Gypsymen (a.k.a. Todd Terry) utilise un sample d'un vieux classique latino de 1961 signé Benny More & Perez Prado. L'arrangement tribal de Copyright est d'un swing imparable.

On reste dans cette ambiance cubaine frénétique avec TITO PUENTE et "Para Los Rumberos" remixé avec authenticité par les "Nuyoricans" Louie Vega et Kenny Dope Gonzalez. Entendu dans mes émissions sur Skyrock le samedi soir mais jamais sorti en France.

"Street Player" par CHICAGO (et sa version "Re-Edit") est devenu un grand classique notamment depuis son sampling par The Bucketheads. J'ai eu la chance de l'entendre dans les années 90 au Bataclan dans une soirée Masters At Work avec, me semble t-il, Dimitri From Paris en warm-up.
L'original, assez peu captivant, est de Rufus & Chaka Khan, mais la revisite par Chicago (album Chicago 13 - 1979) avec ses breaks de percussions et de cuivres spectaculaires, est un monument du jazz-funk.

Virage totalement inattendu (comme je les aime) avec un must have de la disco : GARY'S GANG "Keep On Dancin'". J'ai un peu ré-édité la version pour les besoins du set. Ce fut un hit majeur en France en 1978. Excellemment produit, il s'inscrit dans la lignée d'autres hits du groupe comme Knock Me Out, Makin' Music ou Let's Lovedance Tonight.

FISH GO DEEP feat. Tracey K "The Cure And The Cause" (Balearic Soul Remix) : déjà chroniqué dans le set n° 31.

DEEP DJOE feat. Veronica Larenne "Sing 4 U Everyday" (Summer Mix) : le remixeur était fâché avec le calage des voix et des guitares. Impossible à mixer correctement sans passer par un éditeur de son. Il fallait trancher dans l'intro entre guitares à la bourre ou voix qui prennent le train. C'est une production 100% portugaise, Veronica Larrenne étant une chanteuse de soul reconnue dans son pays.

HARDRIVE 2000 "Never Forget (When You Touch Me)" : en novembre 2009, j'avais démarré un set par le Keyapella de ce titre, voici le Dance Ritual Mix. Dommage que Louie Vega ne soit plus aussi prolifique que par le passé dans ce genre de productions.

Final avec un titre garage qui met en valeur la voix parfaite d'Amanda Wilson"Underneath My Skin" de NICK BRIDGES. La version originale ne vaut pas grand chose mais ce Kinny's Soul Revival Mix" est un must have absolu, tout comme la version chill out du même remixeur (a.k.a. Craig Hardy).

La semaine prochaine, pas de flash-back mais un set totalement consacré à des productions house récentes.

vendredi 31 juillet 2009

N° 29 : Samples Kingdom (NY Garage, Masters At Work, Inner Life, First Choice)

Set non disponible



Une sélection dont les morceaux house sont tous construits à base de samples puisés dans les années 70-80, glorieuses années auxquelles je rend hommage en début de set.

1/ CHERYL LYNN "Shake it up tonight" : 1981. Cela fait 2 ans que la disco a été brûlée par l'Amérique puritaine et les intégristes du rock et pourtant, quelques-uns s'acharnent encore à tenter de la faire renaître de ses cendres. Mike & Brenda Sutton sont de ceux-là. Ce duo de compositeurs est notamment l'auteur du tube des ORIGINALS, "Down to love town". Pour THELMA HOUSTON, Mike Sutton a composé "I'm here again" (dont le riff de piano du break servira de base à POWERHOUSE pour "What you need") et surtout produit son mémorable "Don't leave me this way. Le duo entamera une brève carrière solo, signant deux classiques :
  • "We'll make it" (1981)
  • "Don't let go of me" (1982)

"Shake it up tonight" (N° 5 du Dance Charts US en 1981) est un titre remarquable, véritable hymne à la joie. Il pourrait symboliser le switch entre la disco et ce que l'on appela la "funky music" dans les années 80. Produit par Ray Parker Jr., on retrouve sa patte caractéristique dans le break.

2/ STONE "Time" : une intro métronomique qui bat le rappel sur la piste. Quel DJ n'a pas été tenté d'annoncer l'arrivée imminente de ce titre en glissant ce tic-tac sur les disques précédents. Le mix est l'œuvre de Tee Scott
, un DJ new-yorkais injustement méconnu qui entama sa carrière fin 1972 au club "Better Days".

Il est l'auteur de nombreux mixes historiques comme :
  • FIRST CHOICE "Love thang"
  • NORTHEND "Happy days"
  • AL McCALL "Hard Times"
  • BROOKLYN EXPRESS "Sixty Nine"
  • HI VOLTAGE "Somewhere beyond"
  • JUNIOR "Mama used to say"
  • ATLANTIS "Keep on movin' and groovin'"
  • CHOCOLATE MILK "Who's getting it now"
3/ ROSE ROYCE "R.R. Express" : l'original, "Nytro Express" par NYTRO a été produit par le même Norman Whitfield deux ans auparavant. Whitfield est l'homme-clé du label Motown, l'homme de la subversion douce. Compositeur du titre "I heard it through the grapevine", la version sentencieuse et grave qu'il réalisera pour MARVIN GAYE fâchera les très policés patrons du label de Detroit qui accepteront finalement de le faire figurer en bouche-trou sur l'album de GAYE, "In the Groove" (1968). Sans l'obstination d'un DJ d'une radio de Chicago à jouer le titre alors que ça n'est pas un single, ce chef d'œuvre aurait fini aux oubliettes alors qu'il fut le 45 tours le plus vendu de l'histoire de la Motown ! D'un grand activisme, Whitfield sortira
en pleine guerre du Vietnam l'hymne pacifiste, "War" d'EDWIN STARR (1970). En 1972, il signera le mythique "Papa was a rolling stone" pour les TEMPTATIONS. D'ailleurs, leur single "Law of the land" sorti en 1973 et produit évidemment par Whitfield, est présumé être le premier morceau disco de l'histoire de la musique. Quittant la Motown la même année, il fondera ROSE ROYCE et constellera les charts de hits comme "Is it love you're after" "Wishing on a star" et "Car wash".
Whitfield est décédé en septembre 2008 dans l'indifférence générale, les médias ne réservant leurs unes qu'à ceux que la mort fauche dans la plénitude.

4/ INNER LIFE "I like it like that" : un mix de Pettibone et la voix de Jocelyn Brown.

Entrée dans le royaume des samples.

5/ JAZZ-N-GROOVE "Keep givin' me love" : extrait de la compilation Sub-Urban vol. 1, le sample principal provient du titre éponyme de D TRAIN. Tout comme "Do ya", mixé dans un de mes sets du début d'année, ce morceau marque les débuts du duo Jazz-n-Groove. Le "Can U feel it" provient de "Something special" de PEECH BOYS.

6/ SWING 52 "You keep holding back (love me)" : de la pure deep-house de NYC avec un sample tiré de "Love Itch" de Rochelle Fleming (ex-lead singer du groupe FIRST CHOICE).

7/ NY'S FINEST VICTOR SIMONELLI "Do you feel me" : du "New-Jersey garage" de facture classique avec des accords de piano qui s'inspirent du "Moment of my life" d'INNER LIFE.

8/ COVER GIRLS "Wishing on a star" : l'un des grands tubes de la Skyrock Max Party. Le label SONY avait hélas oublié de sortir quelques versions essentielles de ce dub fou réalisé par les Masters at Work et Todd Terry. Le son de "Club Lonely" de LIL' LOUIS est aisément reconnaissable tout comme le synthé de "Give you" de DJAIMIN.
Sans doute la quintessence de cette happy house aujourd'hui disparue au profit d'une électro sombre et simpliste, une tendance musicale qui n'est peut-être que le reflet du sentiment général de malaise et de désenchantement
.

9/ HOUSE OF GYPSIES "Samba" : pour ce Megadome Mix assez dark, Todd Terry fait appel au sample de "Beat the street" de SHARON REDD. Le sample de voix reste inconnu.

10/ THE UNDERWORLD "The afterworld" : l'intro de "Let's go crazy" de PRINCE habille cette production latin-underground du label Strictly Rhythm signée DJ Pierre.

11/ TITO PUENTE "Para Los Rumberos" : on ouvre le rideau pour laisser entrer la lumière
et l'on ne quittera plus les Masters at Work pour cette fin de set. Voici une très intéressante version d'un morceau de Tito Puente avec India aux vocaux, bien sûr. C'est la B.O. de "The Mambo Kings" (1991), une comédie dramatique qui se situe dans le Cuba des années 50, un film passé inaperçu malgré la présence d'Antonio Banderas.

12/ et 13/ RIVER OCEAN "Love & hapiness" : un mix entre la version instrumentale à base de percussions et la magique
"Dream Sequence" qui figurent sur le double pack, "The Tribal E.P.". La phrase "Love and hapiness" est inspirée du titre éponyme d'Al Green qui fut repris par FIRST CHOICE.

14/ MADONNA "Erotica" : les habitués du jeu vidéo Grand Theft Auto Vice City connaissent ce sample de piano électrique depuis 2002. C'est l'intro de "Super Strut" de DEODATO.

15/ MARTHA WASH "Carry on" : un dernier mix absolument démentiel des Masters qui piquent ici deux petits fragments du "Beijo" d'EARTH, WIND & FIRE.