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vendredi 21 septembre 2012

N° 162 : Overnight sensation (D-Train, Debarge, Closer Than Close...)


Set non disponible

Je viens de finaliser le remix de mon premier single réalisé avec Nickita Starck.
Espérons que cette version plus électro fera mouche.
Vous pouvez en découvrir deux versions sur mon Soundcloud.

Dans la continuité du set de la semaine dernière, ce N° 162 s'attarde dans les années 80 avant d'entamer finalement une incursion dans la house du début des 90's.

1/ VANCE & SUZZANNE "I can't live without you" (1980) : l'original puis le bootleg signé de l'anglais The Revenge.
Un titre sorti sur un petit label U.S. à l'époque et qui m'avait échappé.
Il a été samplé par Brother Of Soul sur "Eyes Of Love".

2/ AURRA "A little love" (1982/1992) : encore un mix parfait de Steve "silk" Hurley réalisé à l'occasion du 20 anniversaire du label new-yorkais Salsoul.

3/ LOLEATTA HOLLOWAY "Love sensation" (1983) : justement voici un fleuron archi-pillé du label des frères Cayre. A peine écouté le premier couplet et déjà 20 tubes du début des années 90 vous viennent à l'esprit !

4/ DEBARGE "Rhythm of the night" (1985) : la famille DeBarge est l'une des grandes réussites du label Motown dans les années 80. "Rhythm of the night" représente le titre festif parfait dans la lignée du "All night long" de Lionel Richie ou du "The rhythm's gonna get you" de Miami Sound Machine.
La première moitié de cette décennie fut marquée par un grand élan d'optimisme. "Rhythm of the night" est l'un des ultimes hits d'une black music radieuse avant qu'une acid-house et une techno cyniques et désenchantées finissent par s'imposer.

Après le succès de ce single, le chanteur El DeBarge quittera le groupe pour une carrière solo ponctuée de hits comme "Who's Johnny?" et les ballades imparables "Love always" et "Someone".
Jusqu'en 1994, cinq albums au compteur, certifiés disques d'or ou de platines sur le marché U.S., mais chez nous en Europe, une lente descente vers l'oubli comme pratiquement toutes ces stars ricaines des années 80. Des affaires de drogue finiront par conduire El Debarge en prison.

Je vois que l'on tente de ressusciter Earth, Wind & Fire avec des éléments de substitution. Pas sûr que la mayonnaise prenne chez les aficionados de la 1ère heure.

5/ D-TRAIN "Keep on" (1982) : énorme production passée entre les doigts experts de François Kevorkian.
Ce duo basé à Brooklyn offrit au label Prelude Records d'autres tubes historiques comme :
  •  "You're the one for me" (1981)
  • "Music" (1983)
et dans une moindre mesure :
  • "Walk on by", une reprise de Burt Bacharach (1982)
  • "Keep giving me love" (1983)
Après la dissolution du groupe en 1985, le chanteur James "D. Train" Williams entreprit une carrière solo que seul le marché local sut apprécier, l'Europe étant déjà passée à autre chose.

6/ WAS (NOT WAS) "Tell me that i'm dreaming" (1981) : après la Souped-Up Version, un autre mix de ce brûlot dirigé contre l'administration Reagan de l'époque. Dans notre banlieue cossue du Val de Marne, nous dansions sur ce titre sans se soucier (ou se douter) de l'aspect éminemment politique du titre.
Dans les années 70 en France, on avait sans doute aussi dansé sur "Papa was a rolling stone", "Law of the land" des Temptations, "Smiling faces sometimes" des Undisputed Truth ou "War" de Edwyn Starr sans prêter garde au message.

7/ ON THE ONE "Who's really bad" (1987) : ça tombe bien, 2012 est l'année du 25e anniversaire de la sortie de l'album "Bad" de Michael Jackson. Ce titre house assez rare a pioché aussi sans doute dans les dialogues de la version longue du clip. J'ai même rajouté un "Come on, let's go!" qu'utilisait RLP.

8/ CORINA "Temptation" (1991) : un titre un peu bordélique qui emprunte un plan d'orgue Hammond au "Gypsy Woman" de Crystal Waters, un tube improbable de la même année.
Les pistes finissent par se superposer pour un résultat peu harmonieux.

9/ CLOSER THAN CLOSE "You got a hold on me" (1992) : du bon Joey Negro justement dans la veine de son remix de "Gypsy woman". L'original est très acid jazz.

10/ CHANELLE "One man" (1989) : avec "Respect" d'Adeva, l'un des premiers hits du style New Jersey garage mixé ici par Knuckles & Morales.

11/ MICHAEL JACKSON "Remember the time" (1992) : symbole d'une année 1992 flamboyante (peut-être la plus riche de la décennie) avec ce somptueux remix uptempo réalisé par un E-Smoove à son apogée.

vendredi 30 septembre 2011

N° 122 : 80's Downtown Festival (John Jellybean Benitez, Debarge, Alisha, Joe Bataan...)

Set non disponible

A une époque où 90% de la production ne vaut pas un pichet de cidre, quel bonheur de replonger dans la fastueuse décennie 80 !
Certes, les disques que je vais vous présenter n'ont pas été réalisé avec le budget du pêcheur du coin, mais ils possèdent l'âme et la positivité qui en ont fait des tubes éternels.
Ils sortent parfois du ghetto, frappés du sceau de l'authenticité, mais on les a aussi plébiscités dans les soirées chic car ce qui est bon l'est pour tout le monde.

1/ VISAGE "Fade to grey" (De Carey's re-edit) : sorti à la toute fin de l'année 80, je m'imagine entendre ce titre dans un club londonien du quartier de Soho ou dans quelque rallye (soirées privées exclusivement réservées aux gens de bonne famille) du 16ème arrondissement de Paris.
D'ailleurs, à l'époque étudiant à l'European Business School et en tant que roturier banlieusard, je n'avais pas accès à ces soirées mondaines organisées pour faciliter les rencontres et mariages entre personnes du même milieu. Nul doute que j'y aurais entendu cet hymne de la vague néo-romantique.

Ceci est la version album (peu connue) à laquelle j'ai ajouté l'intro du single.
Le programmeur Richard Burgess s'en donne à cœur joie avec le "joujou" qu'il vient sans doute de se procurer, le Fairlight CMI (sorti l'année d'avant), synthétiseur historique de la new-wave et de la musique électronique en général.
Le travail sur les toms est monstrueux. Je n'ai jamais entendu un tel arrangement rythmique depuis. La voix française ajoute au caractère énigmatique travaillé par le créateur du groupe, Steve Strange.
Il existe un remix 2005 qui respecte globalement l'ambiance de l'original.

2/ ALISHA "Baby talk" : à l'époque, on se disait qu'Alisha allait être une sérieuse rivale pour Madonna. Même voix, même qualité de mélodies et d'arrangements. Hélas, sa carrière fera long feu alors que l'on attendait une salve de tubes. Dommage...

3/ ROCKERS REVENGE "Sunshine, partytime" : tout le monde connait le remix, mais qui soupçonne l'existence de cette version originale, missile rageur tout droit sorti du Bronx ?
C'est Arthur Baker et Jellybean qui en sont les maîtres-artilleurs.
Arthur Baker est l'un des producteurs-clés de l'électro (la vraie), réalisant en 1982 avec Afrika Bambaataa le révolutionnaire "Planet Rock", un titre réalisé en une nuit !

4/ GOODY GOODY "Goody Goody mixer" : c'est peut-être le medley le plus génial de l'histoire de la musique club !
J'ai mis 30 ans à retrouver ce morceau entendu en 1980 dans "Destination planète 7" sur Radio 7 et c'est grâce au P2P que le miracle a eu lieu. Comme quoi il ne faut pas diaboliser un outil qui peut parfois rendre des services. Il faut juste que chacun joue le jeu et télécharge des titres avec le budget qu'il peut, sur les sites légaux.

Le medley est construit sur la ligne de basse de "Is it in" de JIMMY "BO" HORNE et ne souffre d'aucune imperfection rythmique, un miracle pour l'époque ! On imagine le travail titanesque qu'ont dû représenter la recherche de titres dans la même tonalité, le mixage au tempo et l'édition de la bande... pour une durée totale de plus de 15 minutes.

Playlist partielle :
Jimmy "Bo" Horne "Is it in"
KC & The Sunshine Band "That's The Way (I Like It)"
KC & The Sunshine Band "Get Down Tonight"
Rose Royce "It Makes You Feel Like Dancin'"
Johnny Harris "Odyssey"
Unknown Artist
Kool & The Gang "Hollywood Swinging"
War "Galaxy"
The Winners "Get Ready For The Future"
Unknown Artist
T-Connection "Saturday Night"
James Brown "Get Up Offa That Thing"
KC & The Sunshine Band "(Shake, Shake, Shake) Shake Your Booty"
KC & The Sunshine Band "I'm Your Boogie Man"

5/ JOE BATAAN "Rap-O clap-O" : Joe Bataan fonda Salsoul Records avec les frères Cayre.
Il repris notamment le classique"The bottle" de Gil Scott-Heron sous le titre "La botella".
Sorti en 1979, son titre "Rap-O clap-O" est en quelque sorte un ancêtre du hip-hop. Il connut un certain succès en France.

6/ PHIL FEARON "Everybody's laughing" : je crois que c'est un titre parfait pour l'émission télé "Top of the Pops". C'est d'ailleurs en la regardant lors de mon séjour à Londres en 1983 que j'avais découvert le hit majeur de Phil Fearon, "Dancing tight", policé mais efficace.

7/ DENROY MORGAN "I'll do anything for you" : un tube festif du Patch Club. C'est ce titre qui a lancé la carrière de cette grande figure de la musique reggae. Sans doute, comme beaucoup d'autres, a t-il fait "la concession commerciale" et déployé un certain talent pour pondre un titre populaire imparable, même s'il ne reflète pas sa culture profonde.
D'ailleurs, dans un autre registre, les plus grands slows n'ont-il pas souvent été écrits par des hard-rockers ?

8/ THE ROLLING STONES "Sympathy for the devil" : je piaffais d'impatience de le caser celui-là !
Traktor m'a permis de le faire en loopant l'intro aux congas et en trouvant une brèche dans l'ad-lib pour l’enchaînement avec le titre suivant.
Les Rolling Stones n'ont pas eu l'inventivité des Beatles, mais il faut bien reconnaître qu'ils ont commis quelques titres R'n'B qui passent allègrement le cap des décennies sans perdre leur éclat.
Avec ses chœurs hypnotiques, "Sympathy for the devil" (1968) est de ceux-là.
Les paroles sont éminemment politiques, évoquant certaines atrocités de l'Histoire, frôlant parfois cette provocation qui est le fond de commerce de certains de nos rappeurs français actuels ("Just as every cop is a criminal and all the sinners saints").

9/ JELLYBEAN feat. Elisa Fiorillo "Who found who" : retour de Jellybean pour un "Madonna-like" que j'ai exhumé de l'"armoire aux oublis" ! Le clip ringard au possible ne reflète pas le statut de ce grand producteur new-yorkais.
Il symbolise les prémisses d'une house très commerciale dont Stock, Aitken & Waterman seront les omnipotents représentants à la fin de la décennie 80 (Kylie Minogue, Sonia, Rick Astley...).

10/ OLLIE & JERRY "Breakin'... There's no stopping us" : retour dans les bas-fonds new-yorkais, époque break dance.
Ollie Brown et Jerry Knight forment ce duo qui composa le titre pour les besoins d'un film ("Breakin'" - 1984) sur cette nouvelle dance.
Jerry Knight est surtout connu pour ses deux tubes : "Overnight Sensation" et "Perfect Fit".

11/ DEBARGE "Rhythm of the night" : final dans l'allégresse latine avec ce tube mondial sorti sur le label Gordy en 1985. Un des derniers gros titres joués au Patch Club avant sa disparition.
Pour info, le pressage français propose une version plus courte que l'originale, gagnant en efficacité.