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vendredi 27 février 2015

N° 237 : Come And Take A Trip (Jill Scott, LoveHappy, Director's Cut, Ejeca...)


Set non disponible

1/ JANET JACKSON "Together Again" (Tony Humphries 12" Edit Mix) : sans nul doute son single le plus "garage". Ce long edit signé Tony Humphries est la meilleure version, clôturant le mix en apothéose avec une impro à l'orgue Hammond digne des plus grandes célébrations des églises baptistes américaines.
Le très esthétique clip et son décor de savane africaine est pour beaucoup dans le succès du titre.

2/ LOVEHAPPY "Message Of Love" (CJ's Original Club Mix) : c'est CJ Mackintosh qui remporte la palme du meilleur mix de ce one-shot gospel, Loveland, K-Klass et le duo Clivillés & Cole ne récoltant que les accessits, peu inspirés qu'ils furent sur le coup.
Ce double pack fut promu en France par MCA sans succès.

3/ SHAWN CHRISTOPHER "Make My Love" (Freestyle Mix) : la boucle est bouclée pour les mixes de Shawn Christopher que je juge dignes d'intérêt. Le label Happy Music a défendu comme il pouvait ce titre auprès des clubs français, mais visiblement, mis à part la tornade Robin S, peu de DJ's ont voulu supporter ce style garage/deep-house à l'époque, en 1994.
Aujourd'hui, la deep revient en force dans les programmations avec de lourds jeux de synthé-basse, mais la tendance commence à être pervertie par une flopée de productions ennuyeuses.

4/ JILL SCOTT "Whatever" (Scott Wozniak Mix) : l'un des meilleurs titres de la star de la Nu Soul (encore méconnue en France) sublimé ici par le new-yorkais Scott Wozniak. Le stretch n'enlève rien au fabuleux swing naturel de la chanteuse. Son concert au Bataclan en novembre 2007 restera un grand moment d'anthologie.

5/ MK feat. Alana "Always" (The Golden Boy Remix) : notre trip s'engage maintenant sur le chemin de la vintage piano-house avec ce remix de l'anglais Golden Boy qui dépoussière la version originale de 1992.

6/ CALIPPO "Don't Know How "(Original Mix) : une solide deep-house "made in Switzerland" extraite du EP éponyme sorti en septembre 2014.

7/ DON'T LOOK NOW feat. Tom Tyler "Feels Like" (Fort Arkansas Remix) : une autre bombe du label Enormous Tunes plusieurs fois encensé sur ce blog. La signature sur Armada de ce single n'est donc pas une surprise et le son massif apporté par le remix de Fort Arkansas ne fait que renforcer le potentiel du titre déjà bien servi par la version de Calippo.

8/ ARIANA GRANDE "Baby I" (Director's Cut Mix) : je n'aurais jamais pensé retrouver la gamine dans un de mes sets, de surcroît avec un titre qui m'a totalement échappé car plutôt anecdotique... mais Director's Cut a, comme souvent, apporté la magic touch house qui transfigure le morceau.

9/ ARTFUL & RIDNEY feat. Terri Walker "Missing You" (Eric Kupper's Director's Cut Tribute To FK Mix) : j'imagine avec quelle émotion Eric Kupper, tout juste orphelin de son partenaire, a réalisé ce remix mélancolique qui porte le nom du défunt Pape de la House.

10/ EJECA "See Through You" : ce producteur originaire d'Irlande Du Nord nous délivre un remix deep minimaliste résolument tourné vers cette décennie 90 qui est finalement devenue une base d'inspiration pour la house d'aujourd'hui.

11/ DINKA "Windmills" (Original Mix) : la suissesse Dinka puise dans l'acapella de Who's Zoomin' Who de Aretha Franklin pour ce titre progressive house.

La semaine prochaine, un set 100% soul-funk qui va envoyer le bois !

vendredi 23 janvier 2015

N° 234 : True Spirit Of House (Zürich house music, Chris Malinchak, K-Klass huge remixes...)


Set non disponible

1/ et 2 / : JERRY CARR "This Must Be Heaven" vs. CHRIS MALINCHAK "Stranger" : si les Daft Punk ou Bruno Mars avaient sorti ce "Stranger", on aurait crié au génie, mais voilà ça n'est que Chris Malinchak et personne ne connait.

Le marketing possède ce pouvoir extraordinaire de susciter la bienveillance du consommateur pour ce qu'on lui présente comme la dernière merveille et de fédérer les médias à ses côtés car c'est unis dans une même stratégie que les acteurs du système (maisons de disque, radios, télés et presse écrite) peuvent récolter le maximum de profits.

Stranger n'est certes pas un hit. Il a figuré modestement dans les classements du seul marché anglais.
C'est avec son single So Good To Me, une ballade soul assez mollassonne qui sample la voix de Marvin Gaye, que Chris Malinchak a fait florès en y obtenant la seconde place en 2014, juste derrière l'inévitable Lucky.

Plus punchy, Stranger reprend les bases d'un titre funk assez confidentiel (This Must Be Heaven de Jerry Carr)... qui fut bien évidemment un hit en 1981 dans le club dans lequel j'ai débuté ma carrière de DJ et dont la marque de fabrique était de passer des disques qu'on entendait nulle part ailleurs.

Ce mix entre les deux titres m'a donc paru évident, surtout pour que les (quelques) fans de Stranger en connaissent la source.
Côté vocaux, on retrouve Mikky Ekko, inoubliable co-interprète de Stay de Rihanna.

3/ M-DOC "Are U Wid It" (Hurley's House Mix) : j'ai joué une fois ce titre en 1991 lors de mes Top Dance megamixes. Steve "Silk" Hurley reprend ici un sample de I Wanna Be Your Lover, tube mésestimé de Prince et summum d'un funk lascif et distingué.

4/ WATANABE "Odoru" (Unreleased Version) : ce titre fait partie de l'excellente B.O. du film Eden, une comédie dramatique qui évoque les rêves et désillusions d'un DJ de la french touch (Sven Love) bercé par les sonorités garage.

5/ BODY 2 BODY "Let's Get Intimate" (Silky Soul Mix) : Steve Hurley s'entoure ici de deux pointures, Donell Rush et Chantay Savage. Entendu également dans mes Top Dance megamixes.

6/ SHAWN CHRISTOPHER "Don't Lose The Magic" (David Morales Club Mix) : j'avoue que je suis tombé par hasard sur ce mix de Morales qui ne figurait sur aucun maxi lors de sa sortie en 1992. Il a été étrangement exhumé sur un maxi de 2008 commercialisé par le label Bargrooves.

7/ NORA EN PURE "Lost In Time" (Original Mix) : de la deep-house éthérée en provenance d'un paradis musical : la Suisse et plus précisément Zürich, camp de base de la DJ Nora (alias Daniela Niederer), membre du collectif Helvetic Nerds (EDX, Passenger 10, Dinka, Calippo, Sons Of Maria...).
Dans cet univers proche des productions de Blue 6, dégustez sans modération d'autres nectars comme You Make Me Float ou Come With Me.

8/ LIKA MORGAN "Gone Tomorrow" (Me & My Toothbrush Remix) : cette chanteuse originaire de Los Angeles revisite le tube de Ace Of Base en ajoutant une touche funky tout à fait orgastique sous la houlette de Me & My Toothbrush, énigmatique duo de producteurs zurichois signé sur le label Enormous Tunes.

9/ CARLEEN ANDERSON "True Spirit" (K-Klassic Mix) : Carleen Anderson fut tout d'abord l'interprète du hit Apparently Nothin' des Young Disciples (qui fut programmé sur Skyrock !) avant de se lancer dans une carrière solo et de commettre un somptueux premier album en 1993 dont est extrait ce titre.
K-Klass propose ici une version empreinte de gospel tout en conservant le côté obscur voire technoïsant de leurs arrangements.

10/ LUTHER VANDROSS & JANET JACKSON "The Best Things In Life Are Free" (K-Klass Remix) : totalement garage, voici autre remix culte du duo anglais. Ce single ne figure sur aucun album et a bénéficié de nombreux remixes dont ceux de Morales et de CJ Mackintosh.

11/ LOVEBIRDS "Chasing Things" (Original Mix) : final très underground avec l'allemand Sebastian Doering. Connu sous le pseudo de Lovebirds, il dévoile son univers deep-house mâtiné de samples disco et funk en 2007 avec l'EP Modern Stalking, immédiatement salué par le public spécialisé. Pas une année ne passe sans qu'il nous délivre des œuvres adamantines comme In The Shadows (2008), Want You In My Soul (2011), This Time (2012) ou plus récemment Give Me A Sign (2014).

Prochain set le vendredi 6 février 2015.

vendredi 1 novembre 2013

N° 203 : Oldies but Goodies (Hurley's classic mixes, Bad Yard Club, Zinno...)


Set non disponible

1) ZINNO "What's Your Name" (Long Version) (1985) : on ne peut pas dire que les belges aient submergé le marché de productions dance dans les années 80, même si Technotronic fit mouche aux USA en toute fin de décennie avec Pump Up The Jam et Get Up. Mis à part quelques coups d'éclat sympathiques comme les hits de Muriel Dacq, des Bassline Boys et la crispante tendance New Beat, pas grand chose à signaler. A retenir toutefois cette excellente production du duo Zinno, tel un clin d’œil aux films de James Bond.

Retour en force de Steve"Silk" Hurley dans mes sets !

2) RICKSTER "Night Moves" (Night House Mix) (1988) : un "one hit wonder" certifié de la house music qui connut son petit succès en France.

3) MELLOW MAN ACE "Welcome To My Groove" (Hurley's Deep House Mix) (1990) : le sample de K-Jee de MFSB utilisé pour la 219e fois, mais ça fonctionne à tous les coups !

4) SUZIE AND THE CUBANS "Feel It" (Construction Medley) (1987) : dans le cabinet de curiosités de la house music, voici une face B d'un titre sans grand intérêt qui se présente sous la forme d'un vaste assemblage de samples (dont celui de Zinno). Il semble que ce disque soit originaire du Canada.

5) WESTBAM "Monkey Say, Monkey Do" (Bolero Mix) (1988) : premier tube d'un des pionniers de la techno allemande dont j'avais joué le fabuleux Mayday Anthem sur Skyrock en 1993.

6) DSK "What Would We Do" (Hurley's House Mix) (1991) : je le classe dans le Top 10 des productions du génie de Chicago. Le choix des accords de piano est particulièrement audacieux, à l'aune de ceux proposés sur le remix de Get Off de Prince.

7) SHAWN CHRISTOPHER "Make My Love" (Stone's Essential Mix) (1994) : le suédois Stonebridge (l'un des créateurs du label de remixes Swemix en 1986) rend une copie garage toujours impeccable.

8) PAUL McCARTNEY "Deliverance" (Steve Anderson Remix) (1992) : flamboyant mix garage qui n'a retenu qu'une phrase et une vocalise du titre original de Macca. Il faut dire que le riff de piano tient bien la route à lui tout seul.

9) COPYRIGHT feat. Imaani "Story Of My Life" (Main Mix) (2011) : une tribal house soignée dont Copyright est l'un des meilleurs artisans. Aussi qualitatif, l'original de Hidden Agenda était sorti en 1993 sur Tribal America.

10) DAVID MORALES & THE BAD YARD CLUB "In Da Ghetto" (Ghetto Mix) (1996) : Morales, en véritable sorcier du rythme, excelle aussi dans ce style tribal ungerground. Aux vocaux, une certaine Crystal Waters. In Da Ghetto est un extrait du premier album du "Boss", que j'avais présenté et fait gagner sur Skyrock en juillet 93.

vendredi 10 février 2012

N° 137 : Garage/Trance - The Passage (Shawn Christopher, Lovebirds, Canadian progressive house...)

Set non disponible

Comment passer du garage à la progressive ? impossible, les chapelles étant trop éloignées.
Pourtant des artistes comme Morales ou Joey Negro savent nous proposer les deux, mais les DJ-remixers multi-casquettes ne sont pas légion.
Le public se déplace généralement pour entendre un certain type de son. S'il ne connait pas à l'avance le style que le DJ va jouer, il ne prendra pas le risque de payer son entrée.

En revanche, les musiciens sur scène se font souvent un devoir de revisiter leurs titres même s'il faut concéder de "dérouler" quelques vieux succès.

Imaginez cette cloison hermétique dans l'univers du cinéma. Aucun réalisateur ne serait capable de se renouveler ou de surprendre, prisonnier des attentes des spectateurs.Mais d'aucuns osent tout comme ce pari fou de réaliser un film muet... et la surprise est parfois au bout.

Voici donc à nouveau l'un de ces sets improbables que personne ne voudra ou ne pourra jouer.

Il prend son envol dans un esprit happy house avec "I want you" de Juliet Roberts (1994) signé du producteur anglais D-Mob, à l'époque directeur artistique et remixer attitré du label Chrysalis/Cool Tempo.

Kerri Chandler n'est pas souvent à l'honneur dans mes sets, même s'il est l'un des plus prolifiques.
Sa version deep-garage de "Make my love" de Shawn Christopher le dispute en qualité à la version originale de Stonebridge.
Merci aux loops de Traktor pour me permettre de proposer un enchaînement interminable.
J'en userai et abuserai au cours de ce set, comme d'habitude.

"Joy & happiness" par Stabbbs est un concept de ce même Stonebridge, toujours excellent dans le garage testostéroné (Ann Consuelo, Tanya Louise, Shauna Davis, House of Virginism, 3rd Nation...).
A moins qu'un chef d'oeuvre ait récemment échappé à mes oreilles (ce que vous ne manquerez pas de me signaler), il ne semble qu'il est désormais un peu en retrait.

Autre figure du garage anglais, CJ Mackintosh propose à nouveau ses rythmiques chaloupées et ses accords magiques sur le "Falling" de Dina Caroll, diva écossaise connue pour sa reprise de "It's too late" de Carole King et surtout "Ain't no man".
Curieusement, cette pépite n'est qu'une "face B" du single "Falling".

Le passage entre soulful garage et trance existe : c'est la deep-house.
Elle inquiète les thuriféraires de la mélodie et ravit ceux que les voix dérangent.

L'allemand Lovebirds est l'un des artistes majeurs de ce style à la fois groovy et répétitif, ici par exemple avec "My man".

Je vous parlais de Morales en introduction, voici l'une de ses réalisations les plus osées : "Throb" de Janet Jackson. Un remix à la démesure de l'artiste. C'est sans doute la frustration de ne pas avoir pu s'exprimer sur l'un des titres de son frère qui a poussé "le Boss" à se surpasser dans cette expérimentation à base de gémissements et de saxophones dissonants, le tout porté par un bassdrum de mammouth.
Un Legendary Mix dont l’appellation n'est pas usurpée.

Les loops de Traktor sont encore de la partie sur le mix avec "Who's n°1" de Dig The New Breed. C'est l'un des grands titres de la mythique (il parait que le terme peut finalement être employé pour désigner une chose rare et exceptionnelle !) compilation "The Sound Of Cleveland City" (1994).
J'imagine ce morceau d'une progression fabuleuse sublimer les foules au Ministry Of Sound.

Passage éclair par la Belgique avec "Magic orchestra" de Frank de Wulf.

Puis surgit la première merveille ! le remix de "Tiny Dancer" de Marco Demark par le canadien Deadmau5, l'un de mes artistes favoris.
L'original est une teenage pop song bien léchée (une reprise sur Elton John d'ailleurs). Deadmau5 réalise l'exploit de nous transporter dans un univers étrange et hypnotique où la voix de Marco Demark rivalise de somptuosité avec celle de Sting ! LA marque des très grands.

Deuxième merveille : "Underlying feeling" de Sylvia Tosun remixé par Adam K & Soha, des canadiens tout comme Deadmau5. Dans la même veine, "Need to feel loved" de Reflekt et "Twilight", autre titre de ce duo originaire de Toronto.

Troisième merveille : "Angel on my shoulder" de Kaskade remixé par le suisse EDX.
Je suppose que tous ces artistes utilisent de redoutables synthés virtuels tels le Predator de Rob Papen et en tirent ces sonorités puissantes totalement dévouées à la progressive et la trance.

Final avec l'un des derniers remixes tubesques du jeune prodige suédois Avicii pour ce qui ressemble étrangement à l'ambiance religieuse de "No Woman no cry" de Bob Marley sur ce "Drowning" de Armin Van Buuren.

vendredi 25 septembre 2009

N° 37 : A journey into sound (Joey Negro, Steve Silk Hurley, Daft Punk, Jupiter Ace...)

Set non disponible



1/ GRACE UNDER PRESSURE "Make my day" : j'avais programmé la version underground des belges de Casino en début d'année, voici la superbe version de Roger S.
C'est un one-shot produit par Bruce Forest, remixer récurrent du Disco Mix Club. Sa version originale n'a rien de transcendante mais, fort heureusement, Roger S est venu apporter la "magic touch" gospel.

2/ UMOJA "Unity" : lors des tests, l'enchaînement avec Grace Under Pressure était si harmonieux que j'ai reprogrammé cette version dans ce set (c'est rare que je doublonne les versions). Encore un titre flamboyant de cette cruciale année 1992 où la soulful house prit véritablement son envol. Mash-up avec l'accapella de "Seduction" par ASTON MARTINEZ.

3/ M. DOC "Whatever U need" : 1992, c'est aussi l'année où l'usine de production de Steve Hurley tourne à plein régime. Ce titre est une sorte de "happy hip-house" que j'avais présentée, à l'époque, dans le Skyrock Top Dance. Il est regrettable que house et rap aient décidé de faire scission, la hip-house étant, à mes yeux, un bon compromis qui rassemblait les deux chapelles.

4/ DONNELL RUSH "Symphony" : 1992 délivre sans faiblir les diamants et mon compte en banque maigrit à vue d'œil, subissant ma vague d'achats compulsifs, ne pouvant que me résoudre à rafler toutes les merveilles que les magasins Champs-Disques et Discoparnasse me font découvrir.
Après la version explosive de E-Smoove déjà programmée en début d'année, la version de Hurley s'avère plus posée et classique mais néanmoins remarquable. Sans doute la plus belle réussite de l'équipe de ID Productions au niveau des arrangements mais le titre du morceau était, en quelque sorte, le postulat.

5/ SHAWN CHRISTOPHER "Another sleepless night" : Ce titre de 1990 est le premier tube de Shawn Christopher. Produit par Mike "Hitman" Wilson, il représentera la 2ème meilleure vente de singles dance cette année-là aux States. David Morales livre un bon package de mixes, mélangeant habilement underground et garage, comme à l'habitude.

6/ GEYSTER "Bye Bye Superman" : le grand bond en avant vers l'année 2003. Au hasard de mes pérégrinations sur les webradios, je découvris par hasard ce titre dans sa superbe version acoustique au piano. Me procurant le maxi-CD, je fus plutôt déçu par les remixes français, beaucoup trop durs au niveau des arrangements. Alors que le CD allait connaître le terrible "châtiment de l'armoire", endroit sombre et poussiéreux où l'acheteur déçu (et un peu en colère) abandonne définitivement son acquisition comme on jette aux oubliettes un brigand, je prêtai, pour le principe, une oreille à la version originale et tomba immédiatement sous le charme. Une pop revigorante, un arrangement où guitare wah-wah et piano éléctrique se répondent à la perfection, des vocaux mielleux, tout pour plaire. Même si le titre a été un hit en Europe, je n'ai jamais entendu cette version en radio (ni vu à la télé) et je crains que ce succès ne soit que le fait de ces horribles versions électro, véritables entreprises de démolition de l'harmonie, composante fondamentale de ce qu'on appelle communément la musique.

Il y a quelque chose de prémonitoire dans ce titre-hommage au super-héros puisque Christopher Reeve, celui qui l'incarna au cinéma, nous quitta l'année suivante.

7/ DAFT PUNK "Around the world" : qu'ajouter de plus sur ce titre unanimement salué comme un chef-d'œuvre. Ah si ! Les Masters at Work se sont ramassés en beauté sur leur remixes, sans doute dans un "off day" comme on dit dans le jargon sportif.

8/ SWEET COFFEE "Keep on running" : eh bien, vous voyez que j'arrive à trouver quelques titres potables dans la production actuelle ! Sweet Coffee est l'un de mes groupes préférés, l'un des navires amiraux de la lounge music. Des titres comme "Don't need you", "Holdin' On (Den Hetrix & Raffa Mix)", "No ordinary love" (la reprise de SADE) sont autant de pépites extraites de l'album "Memory Lane" sorti par le trio belge en 2004.
Ce "Keep on runnin'" est extrait de leur 2ème album et le remix signé Sterac Electronics rehausse nettement le niveau de la version originale.

9/ DANNY TENAGLIA "Bottom heavy" : Renaud, tu vas être content, j'ai encore glissé une production de Danny, le côté obscur ! Un titre extrait de son excellent album "Hard & Soul" sorti en 1995 sur Tribal America. En fond, la TB-303 de Roland ronronne comme une chatte.

10/ et 11/ "Movin' on". Deux productions que 13 années séparent mais qui utilisent le même sample, celui de la voix de Carolyn Harding pris sur le titre éponyme sorti en 1987. Sous le pseudo de SESSOMATTO, on retrouve Joey Negro avec une version très vocale et retravaillée avec la chanteuse originale en 2006 ; sous celui de ROACH MOTEL (L'hôtel du Cafard), une version moins expansive, moins discoïsante, mais plutôt "happy house" du duo Farley & Heller en 1993.

12/ JUPITER ACE "1000 years" : utilisant un sample de "And that's no lie" par HEAVEN 17 (1984), le premier single de cet irlandais du Nord est d'un génie absolu au regard de la richesse de l'arrangement et du choix plus que judicieux des accords de substitution. Des synthés à foison, un son énorme, J.M. Jarre n'a qu'à bien se tenir !

13/ TONY DI BART "The real thing" : à l'époque, j'avais essayé de convaincre mes amis du label Airplay de signer ce titre mais ils avaient fait la fine bouche. Mal leur en prit. Il connut son petit succès dans le classement du Skyrock Top Dance en 1993. A la réécoute, je pense qu'il ferait ferait encore bonne figure de nos jours dans un set électro un peu inspiré.

14/ SIMMONS & CHRISTOPHER "Weekend" : Le duo hollandais réalise un excellent retravail de l'accapella de CLASS ACTION, lui-même cover de l'original de PHREEK (1977).

vendredi 30 janvier 2009

N°3 : From Underground to Paradise (Shawn Christopher, Kathy Sledge, Donna Allen)

Set non disponible






Ce 3ème set propose une remontée progressive des bas-fonds de l’ «underground house» vers le «paradis des harmonies» où foisonnent somptueuses mélodies et voix de divas.


Lorsque j’écoute les nombreux sets qui jalonnent la Toile, je constate souvent qu’ils sont totalement dénués de parties vocales et d’arrangements flamboyants. Parfaitement calibrés pour des soirées d’initiés, des soirées où le dub, la rythmique ou le gimmick priment sur l’émotion de la voix, ils deviennent vite ennuyeux pour des gens comme moi.

De là à dire pis que pendre sur ce genre de sets, il n’y a qu’un pas de danse que je franchis. Combien de fois ai-je entendu dans la bouche de DJ’s : «je vais pas m’emmerder avec les voix, je joue que les dubs» ou, pire encore, «les voix, ça gêne le mix».
N’y a t-il pas une certaine facilité à ne jouer que des titres qui peuvent s’enfiler comme des perles sans risque ? En matière de house, je considère qu’un set doit être une fête, une communion avec le public et non un prétexte à se faire plaisir en mixant une litanie d’instrumentaux.

Cela étant, admettons que, si les remixeurs fabriquent systématiquement des dubs, c’est qu’il y a une clientèle pour ça.

Alors, sans doute que mes sets sont autant faits pour être écoutés que pour être dansés. Mes maîtres sont les «Frankie Knuckles» , les «Louie Vega» et tous ceux qui ont l’audace de mélanger les styles, de casser le tempo et surtout de glisser des accapellas bien sentis sur les instrumentaux.


1/ J’ai choisi de démarrer du tréfonds de l’underground par le Clichy’s Mix du «Felix Yo !» de ALËEM, production française du label Pro-Zak Trax.

2/ Très vite, le bone-apella de «Work it to the bone» de LNR. vient s’imbriquer pour un court «mash-up».

3/ David Morales rend une copie parfaite avec le remix de «Let’s get busy» des suédois de CLUBLAND dont les titres reviendront très souvent dans mes futurs sets.

4/ SANDEE «Notice me» : Une des toutes premières productions de Clivillés & Cole, encore très underground.

5/ COLDCUT feat. LISA STANSFIELD «People hold on» : excellent remix signé Eric Kupper, membre historique de la team DEF MIX, l’homme des claviers, celui qui donne la touche jazz-garage aux mixes de Morales ou de Knuckles.

6/ Le Final D-Mix de «That’s the way of the world» de D MOB est l’un des titres-cultes de l’œuvre pléthorique de David Morales, un mix qui a provoqué en moi cet amour maîtrisé pour ce genre musical malheureusement (ou heureusement ? ) zappé par la France. Ça n’est pas faute d’avoir vanté ses vertus au micro de SKYROCK. Le «garage» compte beaucoup de sous-productions ennuyeuses mais lorsqu’un chef d’œuvre surgit, il est là pour l’éternité.

7/ LIL' LOUIS «Birds and trees» : ce bootleg acheté au magasin VIBE STATION de le Rue du Faubourg St-Antoine (Paris) est une énigme. C’est la face B d’un maxi contenant 2 mixes originaux de «Club Lonely». La pépite serait donc cette face B à la loop sale et au riff de piano jazz qui semble provenir d’une vieille production house.

8/ Pour CODE 718 et «Equinox», j’avoue que j’ai copié. Copié une idée entendue dans un set de Paul Armstrong pour la Max Party. Copier, c’est bien mais améliorer l'idée est plus louable. C’est sans doute l’un des mash-ups qui m’a demandé le plus de travail entre stretching, pitching et effets sur l’accapella de «Tears» mais je pense que le résultat est au bout.

9/ Je me permets la fantaisie de rehausser d’un demi-ton le cri langoureux de Robert Owens pour faire la transition avec JAMIROQUAI «Emergency on planet earth». Les Masters at Work m’avaient un peu déçu sur leurs remixes mais Danny Tenaglia sauve la mise avec de nombreux mixes garage classieux dont ce «Fingertips dub».

10/ KATHY SLEDGE «Heart» : immersion dans le «Paradis des Harmonies» avec une version dub légendaire de Roger S. Légendaire, certes, mais difficile à mixer, le tempo se permettant quelques libertés dues, sans doute, à un gros charcutage en editing.

11/ SHAWN CHRISTOPHER «Don’t lose the magic» : le break est interminable, laisse 10 000 fois le temps de mixer mais je ne pouvait pas vous priver du solo de piano électrique de fin dont je présume que la paternité revient à Eric Kupper, Morales n’étant pas un clavier mais un spécialiste des rythmiques.

12/ Une «Double priority» comme j’aurais dit à l’antenne de Skyrock avec «Make my love» remixé par le suédois Stonebridge. Décidément, cette école suédoise ne finit pas de nous étonner avec aujourd’hui Axwell, Sebastian Ingrosso, Steve Angello et Eric Prydz. Comme je l’ai souvent écrit, ce sont les pays européens où le système scolaire donne la plus grande part aux activités culturelles qui nous sortent les meilleurs producteurs (Allemagne, Suède, Islande, Norvège…).

13/ DONNA ALLEN «He is the joy» : A l’heure où les productions gospel-garage de qualité font figure d’événement (on les compte sur les doigts d’une main chaque année), ce mix des URBAN BLUES PROJECT est l’un des 10 chefs-d’œuvre de la décennie 90. De ce que j’ai entendu récemment, seul le «He is» de COPYRIGHT et le «Never Again» de KATHY BROWN le disputent en puissance avec ce titre.
La base musicale de "He is the joy" reprend en grande partie le "Whistle Bump" d'EUMIR DEODATO (comme beaucoup d'autres mixes garage).

14/ DONELL RUSH «Symphony» Début d’un triptyque spécial E-SMOOVE, fidèle lieutenant de Steve Silk Hurley. Lui aussi peut se targuer d’une œuvre pléthorique et qualitative en matière de remixes. Je possède d’ailleurs pratiquement tous les mixes de ses débuts. Toujours présent en complément des mixes de Steve Silk Hurley, il lui est parfois arrivé de dépasser le maître. Ce sautillant mix de «Symphony» en est la preuve et son collègue Maurice Joshua ne s’est pas privé de le jouer en boucle pendant 10 minutes dans son set pour la Max Party.

15/ THE BEATMASTERS «Dunno what it is» : remix nerveux, efficace, toujours facile à mixer, totalement dans l’esprit d'Eric «E-smoove» Miller et c’est pour ça qu’il est l’un de mes remixers préferés.

16/ MICHAEL JACKSON «Remember the time» : avant de sombrer, Michael Jackson aura eu la chance de voir les titres de son album «Dangerous» remixés par des pointures (Tommy Musto, Steve Hurley, C & C Music Factory, Frankie Knuckles) même s’il a échappé aux Masters at Work et à Morales. E-Smoove se montre ici totalement flamboyant et son remix est, de très loin, le meilleur du maxi.