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vendredi 14 janvier 2011

N° 94 : Experience always wins the day (Rick James, The Temptations, Skyy, The Jacksons...)

Set non disponible

C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.

La plupart de ces pots reviennent de la cave et certains ont subi les ravages de deux dégâts des eaux.
Les vinyles ont été restaurés au mieux mais il subsiste des stigmates audibles.

1/ THE EVASIONS "Wikka wrap" : l'alcool à 90° qui a pénétré les sillons l'a sauvé, le rendant à nouveau audible. Je possédais une version numérique sur une compilation Airplay mais, trop métallique, elle avait perdue la chaleur de l'analogique.
Le maxi pressé par le label Sam Records n'est pas un modèle de clarté car utilisant une matière première de qualité douteuse (procédé low-cost déjà utilisé par le label Trax Records), mais la rondeur du son de la basse sauve la mise.

C'est un disque de rap assez méconnu du grand public. Je l'avais découvert dans l'émission "Destination Planète 7" avec Smith & Wesson sur Radio 7.
Avec Sugarhill Gang et Grandmaster Flash, il symbolise les premiers pas d'un rap qui ne se prend pas la tête.
One shot, "Wikka wrap" est une pomperie délibérée de "Good Times" de CHIC et de "Funkin' for Jamaïca" de TOM BROWNE.

Il fut signé en France en 1981 sur le très éclectique label Milan Records et je pense qu'il a dû connaître un certain succès en club.

La loop de son break fut utilisée par Alan Braxe pour réaliser son remix de "I feel good things for you" de DADDY'S FAVOURITE.

2/ RICK JAMES "Give it to me baby" (Decareydited Version) : en 1977, Rick James & The Stone City Band, groupe signé par les rusés frères Gordy sur Motown Records, invente un nouveau son, le funk rock.
Prince lui doit son lancement, assurant les premières parties des tournées à travers les Etats-Unis.
"Give it to me baby" est l'un des nombreux hits qui ont jalonné la carrière solo de Rick James.
J'ai reproduit exactement l'enchaînement que réalisait le DJ du Palace le dimanche soir en 1981 :
lancement au doigt de la version instrumentale qui figure en face B du maxi "Hard to get".

3/ THE TEMPTATIONS feat. Rick James "Standing on the top" : le son est identique car produit par Rick James qui est également la guest star de ce très bon titre de 1982.
Du pur funk avec une basse d'une rondeur délicieuse et un clap redoutable.
En final, petit clin d'œil au tube "Papa was a rolling stone".

4/ SKYY "Here's to you" : composé de 8 membres, le groupe SKYY plaça 14 singles dans le US R'n'B chart entre 1979 et 1984.
Signée sur Salsoul et attifée de combinaisons spatiales très kitsch, la formation de Randy Muller (ex-membre de Brass Construction) décolla véritablement avec le single "Call me" (1981) qui figure sur l'indispensable album "Skyy line".
Extrait de l'album "Skyyport" (1980), "Here's to you" en est pratiquement le seul hit, l'un des classiques de "Destination Planète 7" ... et du Patch Club, évidemment.

5/ CHAKA KHAN "I feel for you" : un titre écrit par Prince et réalisé par le grand producteur américano-turque Arif Mardin .
C'est lui qui ressuscita les Bee Gees en les propulsant dans le tourbillon disco en 1975 avec l'album "Main course" qui contient "Jive talkin'".
L'année suivante et forts de ce retour en grâce, les Bee Gees sortiront le phénoménal album "Chidren of the world"qui contient le tube "You should be dancing".

Décédé en 2006, Arif Mardin aura produit des artistes prestigieux comme George Benson, Barbra Streisand, Diana Ross, Phil Collins, Aretha Franklin ou Culture Club.

6/ RAW SILK "Just in time" : c'est 3e et ultime single de ce groupe ; le titre est produit par David Todd et dont je vous parlais il y 15 jours.

7/ THE JACKSONS "Shake your body (down to the ground)" : en 1978, tout comme pour "Fantasy" d'EARTH WIND & FIRE, je me rappelle encore de l'engouement général après la sortie de ce titre. Nous vivions la plénitude du mouvement disco.

A l'époque encore sous-influence hard-rock (j'étais membre d'un modeste groupe de trois lycéens dont j'étais le guitariste rythmique), c'est l'un des titres qui m'a fait basculer définitivement dans la musique noire.
Avec son break d'anthologie, cette version européenne me semble supérieure au maxi original.

8/ BOHANNON feat. Dr. Perri Johnson "Let's start II dance again" : empli de percussions et de bruitages synthétiques, c'est un titre-culte, avant-gardiste, totalement ensorcelant.
Tout comme "Aah freak out, le freak, c'est Chic" (que nous étions nombreux à transformer en "Africa, le fric c'est chic"), le refrain simplissime et entêtant "Come on and do it, come on and do it" était compréhensible par le public français d'où le succès immédiat.

A une époque où peu de gens étaient anglophones, plus le refrain était simple à comprendre et à chanter, plus une chanson internationale avait une chance de devenir populaire.
A l'ère du bilinguisme généralisé, disposant des paroles immédiatement sur le web, chacun peut aujourd'hui s'emparer d'un titre juste grâce à la force de sa mélodie ou de son gimmick.

9/ CAROL JIANI "Hit 'n' run lover" : du disco que je qualifierais de "sérieux". On ne peut pas dire que la mélodie soit festive et l'on tutoie même l'esprit new-wave, surtout dans l'adlib.
Mais la puissance de l'arrangement eut raison des éventuelles réticences et ce fut un succès incontestable en France.
Mon vinyle est lui aussi rescapé des divers dégâts des eaux.

10/RALPHI ROSARIO feat. Xavier Gold "You used to hold me" : comme souvent, mon set change d'univers, glissant dans la froideur d'une house encore balbutiante avec l'un de ses classiques, notamment samplé dans '"U got 2 know" par CAPPELLA, monument de l'eurodance (qui reprenait aussi un gimmick de "happy house" de SIOUXSIE & THE BANSHEES).

11/ AKABU "Searchin'" : ce set atterrit de manière totalement inattendue dans l'année 2010 avec ce remix deep-house réalisé par l'un de mes groupes préférés, Motor City Drum Ensemble.

vendredi 20 février 2009

N° 6 : Happy house, a positive vibration (Stonebridge, Lelewel, Joey Negro and disco revival)

Set non disponible



Oui, certains fans du groupe Siouxsie and The Banshees vont atterrir ici par erreur, j'en suis conscient.

La happy house dont je fais mention ici n'est pas un titre new-wave mais un courant de la house music dont j'ai largement fait la promo dans mes megamixes sur Skyrock.

Se différenciant des sons acides des débuts, utilisant des loops qui swinguent, samplant largement de vieux riffs disco, la happy house est un style festif, généralement celui que l'on entend au pic de l'ambiance dans les bonnes discothèques.
Fédératrice cette house ! même le clubber occasionnel et ingénu s'y retrouve car les accords et les gimmicks joyeux que délivrent ses tubes apportent une forme de bonheur immédiat. D'ailleurs, le symbole de la house n'est il pas un smiley jaune ? Moi-même, j'avais intitulé mon catalogue d'édition "Happy Trax".

Je n'ai jamais été un grand fan des sets purement "deep-house" et rares sont les Dj's qui possèdent cet art de métamorphoser les gens en "happy people with happy faces" (pour reprendre l'expression culte de la chorégraphe survoltée Mia Frye). Je leur rend hommage à travers ce set qui, je l'espère, transmettra des vibrations positives en ces temps d'incertitudes.

L'expression apparait pour la première fois sur un mix de "Get Real" de Paul Rutherford (ex-moustachu de Frankie Goes to Hollywood) mais le symbole de cette happy house est bien sûr Steve "silk" Hurley. Il reprend à juste titre l'expression en 1991 sur le "Makin' happy" de Crystal Waters. Dans la même veine, on retrouve Joey Negro et son disco-revival totalement jouissif, Full Intention, Boris Dlugosch et bien d'autres notamment du côté de l'Italie (DJ Lelewel, Alex Party...).

C'est surtout à Ibiza que cette musique résonne les mois d'été, le Pacha et le Space (en matinée) étant les lieux à fréquenter pour s'en délecter.

1/ HOUSE OF VIRGINISM "I'll be there" : Produit par le suédois Stonebridge, voilà un premier bon exemple de cette house généreuse en accords et en vocaux.

2/ RHYME TIME PROD. "You and me" : Un des nombreux titres estampillés "happy house" du défunt label anglais Cleveland City, Chubby Chunks et sa série "Testament" étant de véritables perles du genre.

3/ X-STATIC "I'm standing" : une happy house italienne produite par l'un des membres des groupes Alex Party et Livin' Joy, une référence donc.

4/ Une tendresse particulière pour ce titre qui m'a bien fait bouger en club : "Blow your whistle" de DJ DUKE. Un gimmick d'orgue imparable et un sifflet entêtant, une sorte de "debout là-dedans" à réveiller une caserne entière. Le sample de sifflet doit d'ailleurs provenir de l'intro de "Get on the funk train" de MUNICH MACHINE. Quant à la phrase "Blow Your Whistle", elle est tirée de l'intro de "We Want to Parrty, Parrty, Parrty" de LYN COLLINS.

5/ Le clavier de David Morales, Satoshi Tomiie, s'essaye avec bonheur sous le pseudo de SHELLSHOCK dans une trituration du sample du "K-Jee" de MFSB ("Love is the message", "Let's clean up the ghetto"), un groupe légendaire du Philadelphia Sound des années 70. Si le son est énorme, c'est aussi car on retrouve à la gravure du pressage un certain Herb Powers Jr. dont je vous reparlerai plus tard.

6/ Le label new-yorkais King Streets Sounds a été fondé par Hisa Ishioka, un immigrant japonais qui avait fréquenté assidûment le Paradise Garage situé... sur King Street. Il a signé les productions de grandes pointures telles Morales, Masters at Work, Roger Sanchez, Lil' Louis ou Danny Tenaglia, excusez du peu ! PUMP FRICTION et "That sound" est le fleuron du catalogue, un disco-revival totalement inspiré des tubes de Dan Hartman. Le titre fut classé N°1 au Billboard Hot Dance Music/Club Play en 1997.

7/ Mon titre préféré de ce set : LES CLAUDETTES "Alexandrie, Alexandra". On pourrait craindre de subir une faute de goût avec un summum de la ringardise mais, comme Joey Negro est aux fourneaux, le résultat est prodigieux et festif à souhait. Je pense qu'il a réutilisé les pistes originales, ne voyant pas comment il aurait pu sortir les Claudettes de leur retraite... à moins de s'être appelé Bernard Frédéric !!!

8/ THE REESE PROJECT "Direct me" : Joey Negro toujours à la baguette pour une métamorphose totale du titre de "Master Reese" alias Kevin Saunderson, fondateur du groupe Inner City.

9/ "Love Fantasy" : Cet extrait du mini-EP sorti par JOEY NEGRO en 1992 sera inclus sur l'album signé par Virgin l'année suivante, marquant ainsi la reconnaissance défintive de ce producteur talentueux.

10/ BLACK BOX "A positive vibration" : Black Box, sous la houlette de DJ Lelewel, signe içi une sorte de medley qui inclus le gimmick de guitare de "Love Hangover" de Diana Ross. J'y ai glissé quelques samples vocaux de la version réalisée par Pauline Henry (chanteuse du groupe "The Chimes").

11/ CERRONE "Love in C Minor" : remix très classe de David Morales qui respecte totalement les sonorités disco originales. Au passage, petit mash-up avec le classique de Jomanda "Make my body rock".

12/ Petit glissement vers la tribal-house puisque la rythmique de Morales m'y invite.
"Brinca" est avec "Take me up" et "You used to hold me" l'un des seuls hits que RALPHI ROSARIO produisit sous son propre nom alors qu'il fut à l'origine d'une multitude d'excellents remixes pour d'autres artistes.

13/ Final symbolique avec MARSHALL JEFFERSON et "Move your body", un titre datant de 1986. La copie que j'ai achetée d'occasion a dû séjourner dans l'eau pendant 3 mois m'obligeant quelque peu à éditer le morceau afin de le rendre audible.

vendredi 16 janvier 2009

N°1 : The Rebirth Megamix

Set non disponible







Tel Hibernatus extrait des glaces, imaginez-moi en une sorte de DJ congelé, un DJ qui aurait subi un arrêt-buffet en 1997 et qu’on aurait immédiatement placé au caisson.
Quelle drôle de coïncidence de réaliser qu’Hibernatus a été découvert en 1991, l’année où, justement, je prenais mes galons de DJ radiophonique sur Skyrock.

Par le plus grand des hasards, cette semaine de dégel en France est celle que j’avais programmée de longue date pour ouvrir le couvercle et revenir aux platines.

Finalement, le mix c’est comme la guitare, on peut arrêter pendant 10 ans et reprendre comme si de rien n'était car les connexions neuronales ont fait un save-to-disk.

J’ai donc appelé ce premier set le «Rebirth Megamix». Alors qu’il ne devait être qu’un simple «one shot» pour une webradio, il devient le premier épisode d’une saga de 52 sets inédits. Je remercie au passage MIKA, taulier du forum http://sky90.forumpro.fr pour m'avoir redonné l'envie de mixer alors que j'avais fait table rase du passé.

Chaque vendredi, je vous proposerai ma vision de la musique «club», une programmation qui donnera une très, très, très large place aux divas et autres remixeurs de génie, ceux qui sont la clé de voûte de ma culture.

1/ Un set qui démarre en mash-up avec l’accapella de «The Pressure» par SOUNDS OF BLACKNESS mixé avec le tube de FREEMASONS, «Love on your mind».
Voilà un bel exemple de ce que j’appelle le talent. A la base, un titre anecdotique de JACKIE MOORE datant de 1979, «This Time Baby». Le sample est judicieux mais la bonne idée qui donne tout son charisme au titre est le rajout d’une partie vocale masculine, mélodie d’ailleurs pompée sur le «When the heartache is over » de TINA TURNER.
Peu importe le grain pourvu qu’on ait l’ivresse.

2/ THE ORIGINAL «I love u baby» : un titre sympathique produit à la base par Eddy Beatboxking, le producteur de Rozlyne Clarke et d’Indra (quelle surprise de voir qu’il est désormais chef d’orchestre !), remixé par Dancing Divaz à grands coups de riffs de violons.

3/ ROD STEWART «Da ya think i’m sexy?» : Rod Stewart fait partie de ces essayistes disco rusés qui ont réussi un retour gagnant à la fin des années 70. En pompant le gimmick vocal de «País Tropical» de JORGE BEN et en le transformant en refrain, il réalise le tube imparable. Il est remixé ici par le vétéran Ralphie Rosario.

4/ HUSTLERS CONVENTION «Hustlers dance» : avant de devenir FULL INTENTION, ces producteurs anglais discoïsants s’étaient fait la main sur de petites productions expérimentales à base de samples légendaires, ici le «Dance, Dance, Dance» de CHIC et la base musicale de «Tonight i’m alright» de NARADA MICHAEL WALDEN.

5/ EARTH PEOPLE et «Dance» est une autre bidouille du sample de CHIC réalisé par Pal Joey.

6/ RUPAUL «House of love» : du haut de ses talons compensés, le travesti RUPAUL peut se vanter d’avoir bénéficié de remixes troussés par des pointures (Eric Kupper, Murk) dont le duo anglais T-EMPO emblématique du style «handbag house».

7/ BARRY MANILOW «Copacabana» : ce kitchissime tube de 1978 pourrait être la bande-son idéale de «La Croisière s’amuse» mais l’excursion dans laquelle nous embarque Pete Lorimer transfigure totalement le titre. Je profite d’une escale pour glisser quelques samples du «The Player» de FIRST CHOICE dans le break !

8/ DEE «Feeling hm-pa-paa-paaa» : une artiste remixée par Boris Dlugosh, à l’époque étoile montante de la «funky touch». Sa carrière en «one shot» fut conclue par le bien nommé single «Hello and Goodbye» deux ans plus tard.

9/ THE BOSS «Congo» : comment imaginer que je revienne aux platines sans inclure un titre de mon maître à mixer, David Morales. C’est lui qui m’a donné l’envie de devenir producteur et je l’ai reçu dans mon émission en juillet 1993. «Congo» est une pièce essentielle de l’œuvre du Boss, sorte de titre-défouloir où David donne l’impression de se lâcher complètement. «Congo» est construit à partir d’une rythmique batucada (sans doute celle du «Give it up» des GOOD MEN) pimentée par plusieurs samples vocaux : «House Of Love (In My House)» de SMOOTH TOUCH , le cri de LOLEATTA HOLLOWAY piqué sur «Crash goes love» et le «Baaah !» de GEORGE KRANZ (Din daa daa). A noter un solo d’orgue à faire pâlir de jalousie Charly Oleg !

10/ Dans la même veine, le très dark «Been a long time» de THE FOG est transformé en hymne festif par des producteurs italiens qui, quelques années plus tard, nous gratifieront du jouissif «Laguna» de DJ SPILLER.

11/ 2 IN A ROOM «El trago (the drink)» : ces vieux briscards s’étaient fait connaître à la fin des années 80 avec «Do what you want» et «Take me away» puis avec «Wiggle it».

12/ EVE GALLAGHER «You can have it all» : Le label français AIRPLAY m’avait totalement surpris à l’époque en signant cette production anglaise qui se démarquait totalement des «italieneries» qui étaient sa marque de fabrique. Le remix de RAMP est sobre et efficace, encore présentable aujourd'hui dans un set électro.

13/ SMOKIN BEATS «Dr Love» : énième mais brillante utilisation du sample des FIRST CHOICE décidément bien déplumées par les producteurs.

14/ GLORIA GAYNOR «Mighty high» : retour en force de la diva préférée du vestiaire des héros de la Coupe du Monde 98 avec un remix signé Bruno Guerrini dont j’avais particulièrement apprécié le travail dans les «KM 1972» mixes de CAPPELLA.