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lundi 27 avril 2015

N° 242 : I Heard It Thru The Mix


Set non disponible
 
Playlist : 

SERIOUS INTENTION "Serious"
BEARD IN DUST "Grapevine" (Lipelis Love the Stabs Remix)
NOMAD "I Wanna Give You (Devotion)" (Trouble's Club Mix)
C & C MUSIC FACTORY "Gonna Make You Sweat" (S. Anderson & Dakeyne DMC Mix)
BLACK BOX "Strike It Up" (DJ Lelewel Mix)
MADONNA "Express Yourself (Parts 1 & 2)" (Ultimix)
INFORMATION SOCIETY "What's On Your Mind" (What's On Your Dub Mix)
ALISHA "Bounce Back" (Vocal Remix)
LANDLORD feat. Dex Danclair "I Like It" (Club Mix)
EDX "Cool You Off" (Original Mix)
NORA EN PURE "You Make Me Float" (Dinka Remix)
TOBTOK "Beware" (Original Mix)

vendredi 9 décembre 2011

N° 132 : The Soopa Freaky Partay (Grandmaster Flash, Paula Abdul, Prince, En Vogue...)

Set non disponible

Un titre façon "urban english" pour désigner un set très orienté hip-hop.

Soopa : tout le monde aura compris qu'il s'agit de "super".
Freaky : se dit d'une personne barrée mais cool, un peu excentrique. Il y a un autre sens que je ne peux décemment pas dévoiler sur ce blog.
Partay : à la différence de la "party", il s'agit d'une soirée dansante organisée entre adolescents, une "boom" comme on disait dans les années 70.

1/ ALISHA "Stargazing" : sous la houlette de Shep Pettibone, Alisha délivre un titre d'une efficacité absolue ponctué d'edits que ne renierait pas Nagradance.
Cette bombe de 1985 est produite par Mark Berry qui avait notamment sévit sur le "Sexomatic" des Bar-Kays et "Fresh" de Kool & The Gang.

2/ PAULA ABDUL "Straight up" : dans la même veine, ce classique du Skyrock Skydance remixé par deux producteurs méconnus.
Paula Abdul est aussi connue pour ses talents de chorégraphe (Pointer Sisters, Janet Jackson...).
On lui doit 4 autres tubes club :
  • (It's just) The way that you love me
  • Opposites attract
  • Cold hearted
  • Vibeology (et le mix d'anthologie de Steve Silk Huley)
3/ EN VOGUE "My lovin'" : un mix également truffé d'edits. DJ Fa, expert en la matière et habitué de ce blog, doit sûrement connaître !

4/ FUN FACTORY "I wanna be with you" : le titre le plus commercial de ce set. Certains diront qu'il gâche l'ambiance, mais il est tout de même signé Mousse T qui n'est pas un perdreau de l'année.

5/ YASMIN "I wanna dance" : sorti chez BMG, j'ai poussé ce titre dans mes Top Dance Megamixes, mais étrangement il n'a jamais fonctionné. Allez comprendre comment on peut snober un tel chef d'œuvre passé dans l'athanor de CJ Mackintosh.
CJ utilise à merveille le sample de sax (en l’occurrence Maceo Parker) extrait de "Soul Power '74" de James Brown & The Party People.

6/ GRANDMASTER FLASH "The message" : je crois que si le rap avait su garder cette dimension majestueusement sentencieuse, il aurait gagné en estime chez les mélomanes. La qualité de l'arrangement le dispute à la portée des mots.
Interdit de diffusion radio, le titre décrit la misère du HLM dans lequel vit l'interprète, Melle Mel.
Comme quoi, on peut dénoncer la société dans laquelle on vit sans devoir recourir aux grosses ficelles que sont l'insulte et la menace.

7/ WHISTLE "(Nothing serious) Just buggin'" : c'est en quelque sorte l'antithèse du hip-hop, une facette je-m’en-foutiste qui a peu à peu décliné au profit d'un rap militant ou bling-bling.
Les textes sont d'une grande légèreté.
"We don’t mean robbin’, stealin’ or muggin’
In fact we’ll take it seriously, we’re only buggin’"...
"we’re gonna party-arty and have a ball".

Ce qui donne approximativement :
"Nous ne voulons pas dépouiller, voler ou agresser,
En fait, on vous le dit sérieusement, on ne fait que délirer"...
"On va faire la fête et prendre notre pied".

8/ NONA GAYE & PRINCE "Love sign" : désolé pour les puristes qui auraient souhaité que je l'appelle The Artist (Formerly Known As Prince). Ce titre en duo avec la fille de Marvin Gaye est inclus sur une compilation-album (1-800 New Funk) concoctée par le label princier et qui a pour but de faire un round-up de ses artistes.
A la gravure du vinyle, le technicien a dû oublier d'enclencher le dispositif anti-sifflantes, ce qu'on appelle dans notre jargon le déesseur.

9/ KEITH SWEAT "Keep it comin'" et 10/ JADE "Don't walk away" : du new-jack swing datant de l'année 1992. Encore un style très efficace (Teddy Riley, Babyface, Janet Jackson, Bobby Brown, Guy, Karyn White...) qui s'est délité dans le temps au profit d'un R'n'B qui a longtemps été casse-pieds avant de trouver ses marques.

11/ DIMPLES D & LADY SPICE et 12 / NU SHOOZ - "I can't wait" : la reprise puis l'original de ce titre culte au gimmick tout droit sorti d'un Fairlight.
Dimples D est surtout connu pour "Sucker DJ" (1990) et son sample tiré du générique de la vieille sitcom américaine "I Dream Of Jeannie".
La version de Nu Schooz est le Dutch Mix qui est l'œuvre de Peter Slaghuis (Hithouse, Disco Mix Club remixes), disparu accidentellement en 1991 en pleine ascension vers la gloire. Sûr que la house music a perdu l'un de ses artistes les plus talentueux.

13/ ALEX WILSON "Show me" : La version originale dans un style purement salsa figure sur son album "Inglaterra". Dans le même registre, on y retrouve aussi une reprise de "Ain't nobody" de Chaka Khan.
Ce remix de l'italien LTJ Experience puise ses sonorités dans le creuset de la funky music du début des années 80.

vendredi 30 septembre 2011

N° 122 : 80's Downtown Festival (John Jellybean Benitez, Debarge, Alisha, Joe Bataan...)

Set non disponible

A une époque où 90% de la production ne vaut pas un pichet de cidre, quel bonheur de replonger dans la fastueuse décennie 80 !
Certes, les disques que je vais vous présenter n'ont pas été réalisé avec le budget du pêcheur du coin, mais ils possèdent l'âme et la positivité qui en ont fait des tubes éternels.
Ils sortent parfois du ghetto, frappés du sceau de l'authenticité, mais on les a aussi plébiscités dans les soirées chic car ce qui est bon l'est pour tout le monde.

1/ VISAGE "Fade to grey" (De Carey's re-edit) : sorti à la toute fin de l'année 80, je m'imagine entendre ce titre dans un club londonien du quartier de Soho ou dans quelque rallye (soirées privées exclusivement réservées aux gens de bonne famille) du 16ème arrondissement de Paris.
D'ailleurs, à l'époque étudiant à l'European Business School et en tant que roturier banlieusard, je n'avais pas accès à ces soirées mondaines organisées pour faciliter les rencontres et mariages entre personnes du même milieu. Nul doute que j'y aurais entendu cet hymne de la vague néo-romantique.

Ceci est la version album (peu connue) à laquelle j'ai ajouté l'intro du single.
Le programmeur Richard Burgess s'en donne à cœur joie avec le "joujou" qu'il vient sans doute de se procurer, le Fairlight CMI (sorti l'année d'avant), synthétiseur historique de la new-wave et de la musique électronique en général.
Le travail sur les toms est monstrueux. Je n'ai jamais entendu un tel arrangement rythmique depuis. La voix française ajoute au caractère énigmatique travaillé par le créateur du groupe, Steve Strange.
Il existe un remix 2005 qui respecte globalement l'ambiance de l'original.

2/ ALISHA "Baby talk" : à l'époque, on se disait qu'Alisha allait être une sérieuse rivale pour Madonna. Même voix, même qualité de mélodies et d'arrangements. Hélas, sa carrière fera long feu alors que l'on attendait une salve de tubes. Dommage...

3/ ROCKERS REVENGE "Sunshine, partytime" : tout le monde connait le remix, mais qui soupçonne l'existence de cette version originale, missile rageur tout droit sorti du Bronx ?
C'est Arthur Baker et Jellybean qui en sont les maîtres-artilleurs.
Arthur Baker est l'un des producteurs-clés de l'électro (la vraie), réalisant en 1982 avec Afrika Bambaataa le révolutionnaire "Planet Rock", un titre réalisé en une nuit !

4/ GOODY GOODY "Goody Goody mixer" : c'est peut-être le medley le plus génial de l'histoire de la musique club !
J'ai mis 30 ans à retrouver ce morceau entendu en 1980 dans "Destination planète 7" sur Radio 7 et c'est grâce au P2P que le miracle a eu lieu. Comme quoi il ne faut pas diaboliser un outil qui peut parfois rendre des services. Il faut juste que chacun joue le jeu et télécharge des titres avec le budget qu'il peut, sur les sites légaux.

Le medley est construit sur la ligne de basse de "Is it in" de JIMMY "BO" HORNE et ne souffre d'aucune imperfection rythmique, un miracle pour l'époque ! On imagine le travail titanesque qu'ont dû représenter la recherche de titres dans la même tonalité, le mixage au tempo et l'édition de la bande... pour une durée totale de plus de 15 minutes.

Playlist partielle :
Jimmy "Bo" Horne "Is it in"
KC & The Sunshine Band "That's The Way (I Like It)"
KC & The Sunshine Band "Get Down Tonight"
Rose Royce "It Makes You Feel Like Dancin'"
Johnny Harris "Odyssey"
Unknown Artist
Kool & The Gang "Hollywood Swinging"
War "Galaxy"
The Winners "Get Ready For The Future"
Unknown Artist
T-Connection "Saturday Night"
James Brown "Get Up Offa That Thing"
KC & The Sunshine Band "(Shake, Shake, Shake) Shake Your Booty"
KC & The Sunshine Band "I'm Your Boogie Man"

5/ JOE BATAAN "Rap-O clap-O" : Joe Bataan fonda Salsoul Records avec les frères Cayre.
Il repris notamment le classique"The bottle" de Gil Scott-Heron sous le titre "La botella".
Sorti en 1979, son titre "Rap-O clap-O" est en quelque sorte un ancêtre du hip-hop. Il connut un certain succès en France.

6/ PHIL FEARON "Everybody's laughing" : je crois que c'est un titre parfait pour l'émission télé "Top of the Pops". C'est d'ailleurs en la regardant lors de mon séjour à Londres en 1983 que j'avais découvert le hit majeur de Phil Fearon, "Dancing tight", policé mais efficace.

7/ DENROY MORGAN "I'll do anything for you" : un tube festif du Patch Club. C'est ce titre qui a lancé la carrière de cette grande figure de la musique reggae. Sans doute, comme beaucoup d'autres, a t-il fait "la concession commerciale" et déployé un certain talent pour pondre un titre populaire imparable, même s'il ne reflète pas sa culture profonde.
D'ailleurs, dans un autre registre, les plus grands slows n'ont-il pas souvent été écrits par des hard-rockers ?

8/ THE ROLLING STONES "Sympathy for the devil" : je piaffais d'impatience de le caser celui-là !
Traktor m'a permis de le faire en loopant l'intro aux congas et en trouvant une brèche dans l'ad-lib pour l’enchaînement avec le titre suivant.
Les Rolling Stones n'ont pas eu l'inventivité des Beatles, mais il faut bien reconnaître qu'ils ont commis quelques titres R'n'B qui passent allègrement le cap des décennies sans perdre leur éclat.
Avec ses chœurs hypnotiques, "Sympathy for the devil" (1968) est de ceux-là.
Les paroles sont éminemment politiques, évoquant certaines atrocités de l'Histoire, frôlant parfois cette provocation qui est le fond de commerce de certains de nos rappeurs français actuels ("Just as every cop is a criminal and all the sinners saints").

9/ JELLYBEAN feat. Elisa Fiorillo "Who found who" : retour de Jellybean pour un "Madonna-like" que j'ai exhumé de l'"armoire aux oublis" ! Le clip ringard au possible ne reflète pas le statut de ce grand producteur new-yorkais.
Il symbolise les prémisses d'une house très commerciale dont Stock, Aitken & Waterman seront les omnipotents représentants à la fin de la décennie 80 (Kylie Minogue, Sonia, Rick Astley...).

10/ OLLIE & JERRY "Breakin'... There's no stopping us" : retour dans les bas-fonds new-yorkais, époque break dance.
Ollie Brown et Jerry Knight forment ce duo qui composa le titre pour les besoins d'un film ("Breakin'" - 1984) sur cette nouvelle dance.
Jerry Knight est surtout connu pour ses deux tubes : "Overnight Sensation" et "Perfect Fit".

11/ DEBARGE "Rhythm of the night" : final dans l'allégresse latine avec ce tube mondial sorti sur le label Gordy en 1985. Un des derniers gros titres joués au Patch Club avant sa disparition.
Pour info, le pressage français propose une version plus courte que l'originale, gagnant en efficacité.

lundi 1 juin 2009

N° 22 : Patch Club All-Stars (Stephanie Mills, Sharon Redd, Serge Ponsar, Steve Arrington...)


Set non disponible





L'heure est venue de rendre hommage à ce club, terreau de ma culture musicale.

Le Patch Club était situé sur les bords de Marne, à La Varenne Saint-Hilaire dans le Val de Marne.
Il est né avec la disco et a disparu avant l'émergence de la house music, en 1986.

Entreprise familiale tenue d'un main de fer, l'entrée au club se faisait généralement par cooptation et le filtrage était impitoyable. La tenue devait être soignée et le port de baskets était proscrit.

C'est sans nul doute la première discothèque française à avoir joué exclusivement des titres funk américains en import. Le fournisseur était le magasin Champs-Disques situé sur les Champs-Elysées.
Eddy, le patron, était un personnage haut en couleur, très marqué par le mode de vie américain et campé sur des convictions profondes en matière de musique. La légende veut que, devant l'insistance d'un vendeur à lui faire acheter le Rockcollection de Laurent Voulzy, il ait accepté pour casser immédiatement le vynil devant ses yeux médusés !!!

Le Patch Club refusa toujours de figurer dans les fichiers des promos clubs des maisons de disques, préférant cette totale liberté qui permet une audace absolue en matière de programmation. Il est clair que lorsque des titres disco-funk passaient dans le Hit des Clubs RTL de Bernard Schu, il y a belle lurette qu'on ne les jouait plus au Patch Club.

Le lieu exigu (environ 300 personnes maximum) permettait de trier sur le volet ces clients venant de toute la région parisienne pour entendre ce que personne ne jouait ailleurs.

Sanctuaire de l'authentique musique black, la clientèle y était pourtant exclusivement blanche. Je n'ai jamais connu que 2 blacks, clients familiers du boss, qui "faisaient le show" avec talent sur la piste tous les samedis. Ça n'est pas que cette communauté était exclue mais plutôt que le Patch était situé dans l'une des banlieues les plus chic de la région parisienne. Néanmoins, nos blacks français n'étaient, à l'évidence, pas concernés par cette vague disco-funk. D'origine africaine ou antillaise, ils n'avaient que faire d'une musique qu'ils n'avaient pas inventée, à laquelle ils ne pouvaient s'identifier.

Le Patch fut aussi le premier club à disposer d'un large écran vidéo, diffusant clips, documentaires et extraits de films durant la soirée. Combien de clips disco fabuleux étaient projetés en live durant les sets (je repense notamment au titre Let's (Rock'n Roll) du groupe Atlantic Starr).

Afin de surprendre la clientèle en permanence, la déco était remaniée tous les 15 jours.
Ultime singularité, A 5h du matin, un petit déjeuner était offert au bar pour les derniers fêtards.

Après avoir intégré modestement le staff en tant que DJ le dimanche soir, j'ai été choisi pour en devenir le DJ-résident de 1985 à 1986.
Malheureusement pour moi, le DJ précédent et ses goûts de chiottes (Jackie Quartz, Jeanne Mas...) avait fait fuir la clientèle historique, ne me laissant qu'un club exsangue, ringardisé, qui, mis en sommeil progressivement par ses créateurs pour des activités plus juteuses, connut donc une lente agonie, cette agonie pitoyable lorsqu'on a vécu les fastes et la gloire.

Voici un petit florilège des titres-phares sur lesquels le public a vibré ainsi que quelques oeuvres plus tardives.

1/ STEPHANIE MILLS "You can't run from my love" : 1979 fut l'année du grand démarrage avec "Whatcha gonna do with my lovin'" (repris 10 ans plus tard par Inner City) puis vint ce tube imparable, les deux titres étant l'oeuvre le duo James Mtume-Reggie Lucas.

2/ SHARON REDD "Can you handle it" : hommage à cette chanteuse disparue trop tôt avec la version originale. Il me paraît cependant assez indispensable de s'offrir une séance d'extase sur le dub de François K qui porte aux nues l'instrumental jazzy et cette furieuse guitare wah-wah qui s'imagine par moments entre les mains de George Benson. Si l'on devait symboliser la quintessence des arrangements du label Prelude, il pourrait bien être l'Elu. Ce fut l'un des hymnes de mes soirées Palace.

3/ CENTRAL LINE "Walking on sunshine" : cette version originale me parait supérieure à celle de Larry Levan qui, sans doute peu inspiré le jour du mix, enleva carrément les reverbs sur les pistes essentielles dont celles des voix !

4/ SERGE PONSAR "Out in the night" : une excellente production signée par le vétéran John Luongo que j'évoquerai dans un prochain article. Après ce "one shot" funky, Ponsar bifurqua vers le zouk. Il mourut prématurément au début des années 90.

5/ VESTA WILLIAMS "Once bitten twice shy" : une découverte du Skydance ! ancienne choriste, notamment de Chaka Khan, Vesta sort son premier album solo en 1986. Once bitten twice shy est un titre d'une puissance et d'une clarté extraordinaires ; il est mixé par Steve Hodge qui a travaillé sur des singles de Janet Jackson (Let's wait awhile, Control) ou Alexander O' Neal (Criticize).

6/ JOHNNY GILL "Rub you the right way" : en congé de son groupe, New Edition, il signe ici l'un des plus gros hits de sa carrière solo (1990), un titre martelé par RLP dans le Skydance. Son ancien collègue, Bobby Brown, qui avait quitté le groupe dès 1986, montra la voie avec ses tubes Don't be cruel, Every little step, On our own et My prerogative.

7/ JAMES BROWN "Static" : le décalage d'1/8ème de temps avec un mix en switch de deux titres identiques fut une révélation pour moi lorsque je l'entendis réalisé dans un Skydance megamix sur le Static de James Brown. Je rejoue avec délectation cette partition étrange pour ce set. C'est le rappeur E-Crof et ses scratches démoniaques qui ont la part belle dans ce mix d'anthologie, le Godfather of Soul étant réduit à un simple accessoire.

8/ et 9/ PRINCE "Get Off" (Urge Mix et Flutstramental) : deux mixes géniaux, fruits d'un Steve Silk Hurley touché par la grâce ; le premier, très swing et totalement jazz avec ses accords de piano contrariés ; le deuxième, plus house et binaire qui met en valeur la flûte traversière. Étrangement, ce Urge Mix est, en fait, son Houstyle Mix, mais Steve Hurley n'est pas crédité sur la pochette !! une grosse bavure ???

10/ CLIVE GRIFFIN "I'll be waiting" : une production Morales de 1991 avec des accords de piano qui rappellent le titre Human de Human League. Le petit gimmick de voix est aussi utilisé dans le Unfinished Sympathy de Massive Attack. Portée par un arrangement symphonique, cette voix très proche de celle de Rick Astley est calibrée pour le marché anglais.

11/ STEVE ARRINGTON "Feel so real" : Steve Arrington est un ancien membre du groupe funk, SLAVE. Progressivement investi dans une mission christique, il prit le virage gospel vers 1986. Ce morceau fut l'un des hymnes du Patch Club, le genre de titre festif "à la All night long" que l'on joue sans crainte à l'heure de pointe. C'est le follow-up d'un autre titre de la même veine, Dancing in the key of life (1985).

12/ DAYTON "The sound of music" : un titre curieusement ignoré par le Patch Club. Au début des années 80, face aux innombrables sorties de titres tous aussi fabuleux les uns que les autres et malgré les visites régulières au magasin Champs-Disques, il a pu arriver que le DJ laisse filer un ou deux joyaux. Les sans-fautes n'existent pas. DAYTON fut, comme ZAPP, SLAVE, LAKESIDE, DAZZ BAND et OHIO PLAYERS, l'un des nombreux groupes funk originaires de l'Ohio. Dayton est d'ailleurs le nom d'une ville de cet Etat.
Extrait de son 4ème album, Feel the music, le single The sound of music (et son intro vocodée) résonne comme le seul véritable hit du groupe.

13/ STEPHANIE MILLS "The medicine song" : énorme, énorme ! coup de chapeau à Mark Berry pour avoir réalisé un arrangement aussi impressionnant. Des toms qui martèlent, une ligne de synthé-basse carrément électro, les murs de l'ancien Patch Club en tremblent encore.

14/ BAR-KAYS "Sexomatic" : un titre qui marque la conversion définitive du funk aux boîtes à rythme. C'est encore cet incroyable Mark Berry que l'on retrouve à la production. J'avoue que le tournant métronomique et froid pris par le funk a marqué le début de mon désintérêt pour cette musique. Je me revois encore en 1986, errant dans les magasins de disques à la recherche de titres possédant encore un peu de groove. Cette année-là marqua donc la mort définitive de la musique club dans sa forme originelle, c'est à dire jouée par de vrais musiciens (batteur, bassiste, guitariste et éventuellemement section de cuivres). Mais, aux ordres de l'évolutionnisme darwinien, l'oreille finit par capituler et s'adapter. Et la house finit par déferler.

15/ ALISHA "Baby talk" : le tube retentissant Into the groove de Madonna (1985) enfanta de nombreux clônes dont ce Baby Talk produit par l'inévitable Mark Berry (il faudra que je lui réserve un article !) et remixé par Shep Pettibone. Je crois que la copie vaut largement "l'original", la mélodie pop et son refrain imparable diffusant leurs phéromones de séduction.

16/ BABYFACE "It's no crime" : cet "incontournable" de l'émission Skydance est l'oeuvre d'un des producteurs RnB les plus talentueux. Après avoir travaillé avec des artistes tels que Karyn White, Pebbles, Sheena Easton ou Bobby Brown, sa carrière solo débute véritablement en 1989 avec ce titre. Dès lors, les collaborations prestigieuses s'enchaîneront : Madonna (Take a bow), Whitney Houston (I'm Your Baby Tonight), Boyz II Men (I'll Make Love to You, End of the road), Toni Braxton (Breathe again) et Eric Clapton (Change the world).

vendredi 23 janvier 2009

N°2 : Tribute to SkyDance (RLP, 90's house tracks)

Set non disponible







Ce 2ème set est en grande partie consacré à l’émission SkyDance animée par RLP à la fin des années 80 sur Skyrock.

Bien que j’ai un différend sérieux à régler avec le personnage, une dispute qui date de l’époque où il dirigeait le label More Vynil au sein d’Universal, j’en fais ici abstraction pour rendre hommage à cette émission qui est à l’origine de ma carrière radiophonique sur Skyrock, une belle aventure de 7 années.

1988
. Alors que je crois la musique funk définitivement avilie par les boîtes à rythme surgit le mouvement «house». Je suis averti de l’existence de l’émission de RLP par un ami qui, lui, n’a pas décroché du «clubbing». Il me vante la qualité de la programmation et des mixes...ce qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.
Je deviens alors un véritable «accro» au point de décliner toute invitation le samedi soir afin de profiter pleinement du show et du fantastique traitement de son qui l’accompagne.
Il semblerait d’ailleurs que la machine responsable de cette compression «mythique» soit le BSS DPR402.

Début 1991, fort de quelques succès en tant que remixeur (concours DMC, Abyale, MC Solaar), je décide de postuler chez Skyrock pour proposer ma collaboration comme producteur-mixeur à cette émission.
Le destin voulut que Jean Isnard, directeur d’antenne de l’époque, me donne ma chance et me propose carrément de la réaliser et de reprendre le flambeau des megamixes ! une aubaine qui n’arrive qu’une fois dans une vie.

C’est pourquoi, dès ce 2ème numéro, je souhaitais partager quelques titres emblématiques de l’émission avec vous.

1/ L.A. MIX «Love together» : Le remix 1990 d’une production de Les Adams alias L.A. Mix qui a malheureusement disparu du circuit après avoir livré des chefs d’œuvre comme «We shouldn’t hold hands in the dark» ou «Mysteries of Love».

2/ la symbiose entre un DJ (Clivillés) et un musicien (Cole), cela donne un duo talentueux qui faisait ici une entrée fracassante parmi le Gotha du remix sur le «Pink Cadillac» de NATALIE COLE.

3/ On retrouve les deux compères sur «Give you all my love» de STACEY Q, une chanteuse, clone de Madonna, dont le seul hit majeur fut le déplorable «Two of hearts». «Give you all my love» aurait sans doute sombré dans l’oubli sans l’intervention des C & C qui décapent le titre du sol au plafond avec ce dub house ravageur : ligne de basse et rythmique monstrueuses et samples vocaux à profusion.

4/ THE FUNKY WORM «Hustle to the music» : ce disque emblématique du Skydance me fut volé lors d’une soirée périlleuse en plein cœur de la zone industrielle de Chennevières sur Marne où les bandes des barres HLM du coin s’étaient invitées, semant la terreur dans la salle. Il est signé Mark Brydon qui produira plus tard «Love come down» de Eve Gallagher et «Who’s gonna love you?» de JagDeep Singh, deux cool tempos indispensables.

5/ THE SOURCE «Rock the House» : le groupe auteur du célèbre «You got the love» est ici remixé par l’un de mes chouchous, Steve Silk Hurley.

6/ TONY TERRY «Young love» : un titre à l’accapella maintes fois utilisé «i’m just rockin’ to the rhythm of the groovy beat in attempt to raise your body heat». Ce mix comporte de nombreux edits qui le rendent hypnotique par instants ; il est l’œuvre d’Omar Santana, à juste titre surnommé «The Editing King», dans la lignée des Chep Nunez et autres Nagradance que les auditeurs de Skyrock ont connu.

7/ TONY TERRY «Forget the girl» : un remix de Steve Peck, un ingénieur du son-remixeur au palmarès plutôt pop (Madonna, Duran Duran, Thomson Twins, Level 42, George Michael…).
Le titre s'inspire quelque peu et sample "Woman" de BARRABAS (à 49" du début), un classique du Loft de David Mancuso.

8/ BARDEUX «I love to bass» : Ce duo maintes fois remanié atteignit la place N°3 du Hot Dance Music/ Club Play Chart en 1989 avec ce single dont je vous présenterai le fabuleux remix de David Morales dans quelques temps.

9/ Mr LEE «Get Busy» : Le DJ rappeur de Chicago est un pionnier de la hip-house, ce style qui fit la jonction entre hip-hop et house afin de permettre aux morceaux de s’intégrer dans les sets des DJ’s au métronome du 120 BPM.

10/ SIMON HARRIS «I’ve got your pleasure control». Simon Harris a fait le bonheur des DJ’s avec sa collection «Beats, Breaks & Scratches». Ce titre de 1988, récurrent dans les playlistes de RLP, marque les débuts de la chanteuse LONNIE GORDON qui explosera l’année suivante avec «Happening all over again» puis «Gonna catch you».

11/ PETRA & CO «Just let go» : une production belge signée Phil Wilde, l’homme qui allait bientôt former ce duo mémorable avec Jean-Paul De Coster et commettre les tubes du groupe 2 UNLIMITED.

12/ SOUL REBELLION «Simple rhythm» : une production Arthur Baker, omniprésent au début des années 90. A noter dans l'intro, un sample de Let's go to the disco par UNDISPUTED TRUTH.

13/ SEDUCTION «Two to make it right» : Un nouveau mix signé Clivillés & Cole, l’un des nombreux disques achetés lors d’un séjour assez mémorable à Miami en 1990. Je résidais alors sur une île privée qui abritait 3 énormes résidences (Michel Sardou y avait un appartement) et une marina. Luxe ultime, chaque jour, un voiturier était chargé d’aller chercher ou de garer mon véhicule, une Buick qui m’avait fait découvrir les joies de la conduite automatique.
Miami, sa plage protégée par les filets anti-requins, ses hôtels «rococo», le port de plaisance qui côtoie le «downtown» mal famé, les carrefours avec 4 stops (le premier qui s’engage est le plus audacieux), le petit quartier français et l’inoubliable traversée de nuit des rues chaudes où l’on sait que le danger guette à chaque instant.

14/ ALISHA «Bounce back» : un titre découvert sur Maxximum. Le sample d’Inner City hante toujours les arrangements comme sur des milliers d’autres titres de l’époque. Vu l’avez entendu 532 fois depuis le début de ce set !!!

15/ WEE PAPA GIRL RAPPERS «Get in the groove» : Ce duo féminin anglais est remixé façon hip-house par Mr Lee dont je vous parlais avant. RLP s’était emparé d’un autre titre cette fois totalement hip-hop, la reprise d’un tube de George Michael, «Faith».

16/ CLIO & KAY «Street groove» : De la Dance très efficace en provenance d'Italie et produite par Roberto Ferrante qui, bien avant Double You, avait déjà sorti un cover du «We all need love» de TROIANO.

17/ «Spread love» : Une reprise d’un titre anecdotique de FATBACK BAND par les producteurs danois CUT’N MOVE. A noter un sample de cuivres largement pillé à l’époque, l’intro de «You can't hide» par TEDDY PENDERGRASS.