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vendredi 2 octobre 2015

N° 251 : It's a Stomper! (ABC, hip-house anthems, Landlord...)


Set non disponible
 
1/ DOUBLE YOU "We All Need Love" (Extended Mix) : le groupe Double You fut le fleuron du producteur italien Robyx alias Roberto Zanetti. Le premier single Please Don't Go (1992), judicieuse reprise sur le groupe KC and The Sunshine Band, avait déjà largement alimenté le tiroir-caisse du tout jeune label Panic Records.
Tout aussi fadée, We All Need Love est une reprise d'un obscur titre du canadien Domenic Troiano (1979).

Autant l'eurodance nous avait globalement affligé de nombre de prosaïques reprises de tubes des années 80, autant Robyx a su se montrer brillant et aventurier dans sa démarche. Chapeau bas, Mister Zanetti !

2/ LANDLORD feat. Dex Danclair "I Like It" (Blow Out Dub)  : ce gimmick "house" archi-connu maintes fois utilisé est la création du producteur canadien Nick Fiorucci alias Landlord. C'est un "one shot" de 1989.

3/ JAM JAM "Everybody (Watcha Gonna Do)" (Extended Version) : une production Lee Marrow plutôt hip-house et souvent jouée dans mes Top Dance megamixes.

4/ TWENTY 4 SEVEN feat. Captain Hollywood "I Can't Stand It" (Club Remix) : l'aimable version originale ne peut souffrir de la comparaison avec cet envoûtant mix de Bruce Forest qui incorpore quelques samples de Kraftwerk (The Robots) et des O'Jays (Backstabbers).

5/ MONIE LOVE "Grandpa's Party" (The Love II Love Remix) : déjà chroniqué dans le set n°41.

6/ ARIZONA feat. Zeitia "Slide On The Rhythm" : déjà chroniqué dans le set n° 33.

7/ FLEETWOOD MAC "Family Man" (Extended Vocal Remix) : fabuleux remix d'Arthur Baker ! L'original figure sur l'album Tango In The Night sorti en 1987 et qui représentait ce que le groupe californien nous avait offert de mieux depuis Rumours, opus que, je le rappelle, chaque mélomane se doit de posséder afin de ne pas paraître du quatorzième bénédicité.

Petite séquence contemporaine avec deux missiles d'une urgence absolue.

8/ MY DIGITAL ENEMY "You're The One" (Original Mix) : encore un duo anglais qui fait mouche ! Après leur revisite du classique On A Ragga Tip de SL2, voici un piano-house au riff acéré.

9/ CHRIS LAKE & ANNA LUNOE "Stomper" (Extended Mix) : le sample de Landlord visiblement inusable refait parler de lui ! Cette production tonitruante signée sur Ultra Music est l'oeuvre du producteur londonien Chris Lake (fondateur du label Rising Music) et de la chanteuse-DJ-productrice australienne Anna Lunoe.

10/ D MOB "We Call It Acieed" (The Matey Mix) : un hymne acid-house signé Dancin' Danny D qui avait sévit au Royaume-Uni en 1989. Plus classieuses furent ses collaborations avec Cathy Dennis notamment pour That's The Way Of The World et Touch Me (All Night Long).

11/ ABC "One Better World" (Club Mix) / Garage Mix) : lumineuses versions "gospel garage" signées Blaze et jouées dans le Skydance à l'époque.

12/ ABC "When Smokey Sings" (The Miami Mix) : ABC fut symbolique d'une new-wave joyeuse et très dansante, à l'image du hit The Look Of Love. Il rend ici hommage à Smokey Robinson (leader des Miracles), je suppose ? Le titre atteignit la première place du Billboard Dance en 1987. Le remix est signé Phil Harding, membre de la fameuse écurie PWL Productions.

13/ THE BEATMASTERS feat. Merlin "Who's In The House" (The Hip House Anthem) : déjà chroniqué dans le set n° 76.
Le prochain set sera publié le 16 octobre.

vendredi 13 février 2015

N° 236 : These Beatz R Hot! (Malcolm McLaren, Hi-Gloss, Jessie Ware, J Paul Getto...)


Set non disponible

1/ ABC "The Look Of Love" (Raul Disconet Dance Edit) : créée à NY en 1977, l'agence de remixes Disconet proposait un double-pack mensuel à ses abonnés et Dieu sait que dans les années 70-80, peu de disques pouvait s'enorgueillir d'un véritable break ou d'une intro afin de réaliser des enchaînements digne de ce nom.
Cet edit n'est pas un modèle en la matière (une loop Traktor sur une mesure me permet un mix inespéré), mais il a le mérite de dérouler les pistes du hit de ABC d'une manière assez surprenante. Il existe également un US Remix plutôt déjanté, mais très peu musical... hélas.

2/ MALCOLM McLAREN "Double Dutch" : et pour surprendre encore plus l'auditeur, je vous ai déniché cette pépite de Malcolm McLaren (ex-manager des Sex Pistols) que j'avais découverte à la télé lorsque j'étais étudiant à Londres en 1982. Elle rappelle le tube afro-antillais Bisso Na Bisso produit par Passi en 2004.
Double Dutch fait référence à un sport de saut à la corde (avec ce claquement significatif de la corde que l'on entend dans l'intro). Pourquoi "dutch" ? car ce sont des enfants d'immigrés néerlandais qui auraient inventé cette pratique sportive à NY.
Le single Double Dutch Bus de Frankie Smith évoque également ce loisir qui, au fil du temps, a donné naissance à de véritables compétitions sportives internationales.

3/ J PAUL GETTO "No Doubt About It" (Doug Willis Partytime Edit) : d'origine sicilienne, J Paul Getto est un spécialiste du bidouillage de samples disco. Il fait partie du collectif de DJ's X-Mix Productions qui comprend également Todd Terry, DJ Sneak et Armand Van Helden.
Le remix de Doug Willis (Joey Negro) assez similaire à la version originale.

4/ HI-GLOSS "It's Up To You" : tout le monde a en tête le mélancolique  You'll Never Know qui, s'il avait été adapté en français à l'époque par une Larusso ou une Jane Manson aurait sans doute fait un énorme carton.
It's Up To You est beaucoup moins connu et peut-être totalement méconnu du grand public, mais c'est une redoutable bombe disco excellemment produite par François Kevorkian.

5/ PEACHES & HERB "Funtime" : obscur titre funk qui fut pourtant un hit majeur au Patch Club en 1980. C'est Linda Greene qui endosse sur cet album le rôle de la chanteuse en remplacement de l'historique Francine "Peaches" Hurd Barker présente dès le premier album sorti en 1967.

6/ MISTURA feat. Kadija Kamara "Better Things To Come" (Joey Negro Club Mix) : un nouveau pseudo de l'inévitable et précieux Joey Negro! ne manquez pas non plus Sweet Magic avec Taana Gardner et Smile (Shur-I-Kan Mix)

7/ THE SUNBURST BAND feat. Donna Gardier & Diane Charlemagne "The Secret Life of Us" (Director's Cut Signature Mix) : j'avoue que j'ai un faible pour ce titre que me rappelle les grandes heures du disco des années 70. Et que dire du swing impeccable de Diane Charlemagne (ex-Urban Cookie Collective).

8/ SANDY RIVERA feat. Sabrynaah "Come On" (Sandy's Matinee Mix) : les Kings Of Tomorrow ont disparu de la scène et Sandy Rivera, désormais accaparé par ses activités de DJ, est lui aussi tombé dans une house minimaliste qui détonne avec la splendeur de ses productions passées... mais il est vrai que le garage n'intéresse pas grand monde. Dommage car le dernier album de K.O.T. sorti en 2005 était plutôt fadé.

9/ JESSIE WARE "Running" (Disclosure Dub) : la chanteuse britannique révélée par son album Devotion sorti en  2013 est en concert à Paris demain. Ce titre remixé par Disclosure figure dans le tracklisting et autant dire qu'il se situe à mille verstes de la version originale tant au niveau du tempo que des accords. Le tube de l'album reste pour moi Imagine It Was Us, totalement dans l'esprit West Coast de Lisa Shaw ou Blue Six.

10/ Mr GONZO "Touch & Touch" (Original) : c'est toujours un plaisir de pouvoir jouer des productions house française comme ce très efficace UK garage commis par le parisien Mr Gonzo. Autre single à découvrir sur son Soundcloud : Missing Love.

11/ DUKE DUMONT "Won't Look Back" (Extended Mix) : après le remix de Star Slinger, voici la très eurodance version originale avec sa basse deep-house. Si vous ne craquez pas pour ce single après tout ça, je ne peux plus rien pour vous !

12/ CORONA "The Rhythm Of The Night (Blonde Version) : un remix mi deep-mi happy house découvert par hasard un samedi soir sur FG lors d'un set d'un DJ belge (Cutmaster, dis-moi ce que tu en penses, toi le fan de la première heure ?). Il est l'oeuvre du duo bristolien Blonde.

Prochain set le vendredi 27 février 2015.

vendredi 10 décembre 2010

N° 90 : London vs. Chicago (Steve Hurley & Joey Negro definitive masterpieces, Hustlers Convention, Watanabe...)

Set non disponible

Je viens de recevoir un ouvrage qui s'annonce passionnant : "The record players-DJ Revolutionaries".
Sur plus de 450 pages, il compile des interviews de DJ's historiques réalisées sur les 15 dernières années et recèle à coup sûr une mine d'informations précieuses recueillies auprès de stars, de l'avant-gardiste Nicky Siano au christique Tiesto en passant par mes maîtres à mixer que sont David Morales, Louie Vega, Tom Moulton ou David Mancuso.

Pour les plus anglophones d'entre vous, ce serait un beau cadeau de Noël. Le livre n'est sorti qu'au Royaume-Uni et ne sera disponible en France et aux USA qu'en avril 2011 !

Je vous en dirai plus sur les anecdotes croustillantes qui ne manqueront pas de jaillir au fil des lignes et sur les secrets de mixage des uns et des autres.

Incité par quelques-uns d'entre vous, je vous annonce également que j'ai succombé à l'idée de réaliser un set trance, risquant par la même occasion de devenir un hérétique aux yeux des puristes.
J'ai pris un certain plaisir à mixer cette sélection anglo-germanique sur mon Traktor en mutipliant les enchaînements interminables grâce aux fameuses loops programmables et aux effets delay calculés automatiquement.

Je pense délivrer ce set la semaine prochaine avant le Monster Vintage Mix (117 minutes) dédié essentiellement au Skyrock des années dorées (1988-1992) et à Maxximum et qui sera diffusé en guise de cadeau de Noël, espérant faire atteindre le Walhalla aux mêmes puristes.


De Skyrock il s'agit déjà en ce début de set avec quelques classiques de mon Top Dance Megamix.

Deux chefs d'œuvre de Steve Hurley avec BLACK BOX "I don't know anybody else" et DSK "What would we do".

Plutôt axée sur l'italo-dance pure et dure, Airplay n'avait pas commercialisé pour la France ce mix de BLACK BOX et je m'étais délecté à le jouer en exclu dans la Max Party.
De même, le divin Hurley's House Mix de "What would we do" de DSK avait été ignoré par Barclay qui n'avait proposé que son Extended Mix.

EX-GIRLFRIEND "You (You're the one for me)" est aussi une exclu Top Dance, un titre méconnu de la discographie de Joey Negro que j'ai pu jouer... à ma guise.
Je remercie encore le directeur des programmes de Skyrock de m'avoir laissé carte blanche sur la programmation et de m'avoir ainsi permis de redonner ses lettres de noblesse à la house alors que l'émission partait un peu à vau-l'eau, RLP ayant lâché les rênes de ce nouveau concept au format bien trop commercial.

KYM SIMS "A little bit more" est un maxi essentiel dans lequel les mixes de Steve Hurley le disputent en qualité avec ceux de Joey Negro dont je vous propose ici le Rhythm Supply Mix.
Kym Sims est produite par Steve Hurley et son album tubesque "Too blind to see it" sorti en 1992 contient des mélodies taillées sur mesure pour sa voix.

Lorsque l'on est producteur, soit l'on part en quête de la voix qui collera exactement à la mélodie et au style envisagé, soit l'on s'adapte à une tessiture et une originalité et l'on bâtit autour. Les deux stratégies se valent et débouchent généralement sur le résultat escompté.

M.C. RED "Why don't you love me" (Underflute) est l'un des mixes du maxi qui ouvrait le set de Laurent Garnier dans la Max Party. Une fulgurance de ce DJ plutôt habitué à des sonorités techno.
Ce disque italien très rare est l'un des happy few que je peux réécouter à l'envie même 20 ans après. Ça ne s'explique pas, ça se déguste.

ODORU "Watanabe" est une tuerie incluse dans le set culte de Maurice Joshua sur Skyrock.
Comment ce maxi de happy house made in Chicago et sorti sur Vibe Records a t-il pu échapper à mes griffes acérées en 1992 ?

Merci à Dimitri pour m'avoir fait découvrir "Got to give it up" de JAMERSON, ce maxi du rebelle et complexe Mad Mike Banks sorti sur le label Happy Records.
Mad Mike, sorte de porte-parole de la Black Power, est le fondateur du très politique label de Detroit Underground Resistance.
Il fut capable de signer des productions plutôt mélodiques comme ce "Got to give it up" et de véritables brûlots lancés contre le pouvoir des Blancs comme le "Message to the majors" ou le "Riot E.P.".

A la toute fin des années 80, lorsque la house franchit la barrière des radios, nombre d'artistes variété-pop saisissent la balle au bond et font remixer leurs chansons par les talentueux producteurs du moment.
Côté anglais, Samantha Fox, Kylie Minogue, Bananarama ont recours aux finauds producteurs Stock-Aitken-Waterman.
Pour "One better world", le groupe de new-wave ABC ("The look of love") choisit l'option New-Jersey Garage avec Blaze. Le résultat est tonitruant et marquera l'histoire du Skydance.

THE BRAND NEW HEAVIES "Dream come true" est un all-time classic, une revisite disco d'un titre acid-jazz que seul Joey Negro pouvait réaliser, offrant même un break aux sonorités brésiliennes.

Inextinguiblement, la disco-house prend son essor durant cette décennie 90, portée par des groupes comme CHUBBY CHUNKS et surtout HUSTLERS CONVENTION (alias Full Intention), braconniers des trésors enfouis, dont on retrouve ici "Uptown". Les samples sont piqués pour le riff de guitare sur l'intro de "Turn the music up" de PLAYERS ASSOCIATION et pour les voix sur l'excellent titre de JAY W. McGEE, "When we party (Uptown, downtown)".
Le remix incorporera des samples de "Ladies night" de KOOL & THE GANG et de "Straight ahead" de NICK STRAKER BAND.

"Saturday night, sunday morning" de T-EMPO remixé par Matthew Roberts (membre de Bottom Dollar) est un élégant titre de garage anglais dont la version originale revient à Thelma Houston.
Il fallait oser transfigurer cette barcarolle calibrée pour la ménagère passant l'aspirateur.

PAULINE HENRY "Love hangover". La reprise de Joey Negro est interprétée par l'ex-chanteuse des CHIMES. Bien que de bonne facture, elle ne parvient toutefois pas à se hisser au niveau de la sulfureuse version originale de Diana Ross, mais le philosophe-musicologue André Manoukian aurait dit que "lorsqu'on s'attaque à un monument, on risque de s'y casser les dents".

En 2008, Joey Negro tentera à nouveau l'ascension de cet Everest avec Diane Charlemagne (ex-chanteuse de Urban Cookie Collective) mais le titre n'arrivera jamais à atteindre le sommet.


Et ce set s'achève avec la voix éthérée de Sophie Ellis Bextor sur le tube du géant italien SPILLER (c'est le fil rouge du clip) : "Groovejet".
Pour ceux qui ne le savaient pas encore, les samples sont empruntés à "Love is you" de CAROL WILLIAMS, un classic "Philly".