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mercredi 13 janvier 2021

N° 309 : Diving In The 80's



Longtemps les années 80 me parurent un peu datées et surannées. Et puis la lente descente vers le néant artistique que nous vivons aujourd'hui me contraignit à revoir mon jugement et revint alors le doux souvenir d'une décennie d'une richesse mélodique absolue, qui magnifia le synthétiseur dans des productions hyper léchées au son monstrueux.
Qu'elles furent pop, funky ou new-wave, elles possédaient l'élégance et la créativité qui manquent aujourd'hui à ces blackeries, ces latineries qui plaquent toutes les mêmes plans de 4 accords sur des mélodies simplistes, qui n'ont souvent pour seul but que de profiter des quotas français sans se fatiguer les neurones.
Depuis une vingtaine d'années, on assiste à un véritable hold-up de la médiocrité sur ces quotas, sur les médias mainstream et le public adhère hélas sans réserve, comme si sa faculté de discerner le bon grain de l'ivraie avait totalement disparu.

Avec qui puis-je parler musique aujourd'hui dans mon entourage ? quelques personnes, pas plus. Des connaisseurs, des musiciens. Heureusement, les réseaux sociaux permettent d'élargir le cercle.

GEORGE BENSON "Lady Love Me (One More Time)" (Dr Packer Rework) : désormais acteur incontournable de l'edit, le Docteur est plus que jamais au chevet des grands classiques, reliftant ici le très classieux titre de Benson composé et produit en collaboration avec les requins de studio TOTO en 1983.

THE BLOW MONKEYS "Digging Your Scene" (Long Version) : une pop-dance maniérée qui fit fureur au Royaume-Uni durant cette décennie, tout comme ABC, Culture Club ou Duran Duran. Leur autre tube fut "It Doesn't Have To Be This Way".

TOTO "Stop Loving You" : j’eus la chance de les voir sur scène le 4 février 1987 au Zénith de Paris. Set impeccable, sono au top et le fabuleux batteur Jeff Porcaro était encore de ce monde.

SCRITTI POLITTI "Boom! There She Was" (Album/Dub Mix)/ SCRITTI POLITTI "Perfect Way" (Way Perfect Mix) : mes dandys anglais préférés ! les maîtres du Fairlight". Tous les bons claviéristes vénèrent ce groupe qui, sous la houlette de son leader Green, délivra des titres d'une grande perfection. L'album "Cupid & Psyche 85" est un must-have.

JAKI GRAHAM "Set Me Free" (Special Extended Remix) : déjà chroniqué dans le set n° 297.

THE WEEKND "Can't Feel My Face" (Ultimix) : petite digression dans l'ambiance 80's mais le titre sonne très Jackson. The Weeknd est d'ailleurs un digne successeur, doté d'un groove et d'une voix d'une précision redoutable.

GIANT STEPS "Another Lover" (12" Extended Mix)
: est-ce une réponse au "Anotherloverholenyohead" de PRINCE ? Les producteurs anglais de The Quick ("Zulu"/Rythm Of The Jungle") réalisèrent en 1988 ce titre aux allures quelque peu princières d'ailleurs. C'est par hasard que je suis tombé sut cette pépite en visionnant un documentaire sur les radios FM américaines de cette époque. Le disque n'a pas fait un pli en France bien que pressé en 45t, comme bon nombre de singles qui ne bénéficient pas d'une promo, noyés dans l'embouteillage des innombrables sorties. Il méritait mieux mais le monde du show-biz est impitoyable.

RENE & ANGELA "I'll Be Good" (Select Mix Remix) : bref retour aux sonorités black avec ce genre de titre dépouillé (un bon 8 pistes des familles), au son massif qui claque dans les enceintes.

PET SHOP BOYS "Love Comes Quickly" (Dance Mix/Dub Mix) : voici la 2ème version du maxi, moins groovy que celle de Shep Pettibone (déja mixée dans des sets précédents), plus synth-pop mais toujours envoûtante.

LIVING IN A BOX "Living in a Box" (Dance Mix) : une formation britannique originaire de Sheffield. Le single entra dans le Top 40 U.S. en 1987. Bobby Womack réalisa une très curieuse et très énervée reprise la même année. A écouter par curiosité.

M "Pop Muzik" (Ultimix) : nous sommes là plutôt à la fin des années 70 pour ce qui est l'exemple même du "one hit wonder". C'est l'un des premiers tubes new-wave de l'histoire.
Je me rappelle que le pressage du maxi était conçu de manière étrange. Il y avait deux sillons parallèles et l'on ne savait pas sur quel mix on allait tomber. Info confirmée sur Wikipédia.

BEATS INTERNATIONAL "Change Your Mind" (Giant Club Mix) : Danny Tenaglia apporte la majestuosité qui manquait à une version originale un peu trop guillerette.

DEPECHE MODE "Enjoy The Silence" (Hands And Feet Mix) : Brit Award du meilleur single britannique en 1990. Il est extrait de"Violator", un opus largement produit par François Kevorkian et que je classe aisément dans les 100 albums mythiques de l'Histoire (je prépare mon classement en ce moment).

mardi 17 mars 2020

N° 301 : With a Dose of Hip-Hop


Set non disponible
 
1/ PET SHOP BOYS "How Can You Expect To Be Taken Seriously" (Extended) : un début de set un peu mélancolique avec un mix signé en 1991 par Brothers in Rhythm. Rassurez-vous, la gaieté va finir par pointer le bout de son nez.

2/ ROCKNROLLA SOUND SYSTEM "Crumbs Off The Table" :  un re-edit d'un titre de 1974 de Laura Lee, l'une des pionnières d'un style que l'on qualifiait de "women soul music".

3/ LIZZO "Good As Hell" (Ultimix) : du Bruno Mars au féminin avec une obésité décomplexée. Du niveau de son récent hit "Juice".

4/ MORLACK "Take It To The Zulu Part 2" (Original Mix) : un babélisme de samples et l'on se demande ce que vient faire Al Jarreau dans la bataille, mais le résultat est assez plaisant grâce à un son d'une lourdeur remarquable.

5/ THE S.O.U.L. S.Y.S.T.E.M. "It's Gonna Be a Lovely Day" (Movin' The Crowd Mix) : un clip racoleur qui passerait pour ringard voire sexiste dans notre époque désormais sous le joug du politiquement correct. Une revisite hip-hop du tube de Bill Whithers qui nous fait regretter la disparition trop précoce du duo Clivillés & Cole. Le titre fait partie de la B.O. du film"The Bodyguard" et la bimbo du clip est une ex-membre du groupe Seduction, produit également par les  new-yorkais.

6/ MADONNA "La Isla Bonita" (Extended) : j’admets que l'on passe du coq à l'âne dans le style mais l'intro de Madonna se mariait trop parfaitement à l'ad lib gospel dont l'auteure n'a pas été identifiée.

7/ ASHFORD & SIMPSON "Solid" (Select Mix Remix) : en 1984, le couple le plus sexy de la soul américaine propose un hymne à la fidélité en amour, une relation solide comme un roc.

8/ CHAKA KHAN "Move Me" (Late Night Tuff Guy Rework) : un titre méconnu qui fut remis au gout du jour par Soul II Soul.

9/ TAMMY PAYNE "Take Me Now" (Dub Me Now Mix) : un acid-jazz du label Talkin' Loud.

10/ DUSTY DONUTS "Funky Thang" (Marc Hype & Naughty NMX Underground Edit) : merci à ces remixeurs berlinois (qui feraient bien de nettoyer leur beignets) d'avoir relifté le titre "My Thang" d'un certain James Brown.

11/ STOCK AITKEN WATERMAN "Roadblocks" : un hit jazz hip-hop prélude à une carrière dans la pop-house à succès.

12/ SOUL II SOUL "Back To Life" (Bruce Forest DMC Mix) : un grand bordel sonore commis par l'ancien DJ du Better Days de NYC.

13/ INNER CITY "Till We Meet Again" (Reese in Rio Mix) : "que l'on se retrouve encore", c'est ce que l'on peut espérer si l'on ressort tous vivants de cette épidémie qui changera à coup sûr l'ordre du monde et nous fera réfléchir sur le formidable fléau que, par son comportement et ses excès, l'être humain incarne.

vendredi 1 mai 2015

N° 243 : The Labour of Love Mix


Set non disponible
 
Playlist : 

PRINCE "I Wanna Be Your Lover"
GINO SOCCIO "Try It Out"
CHANGE "Paradise"
DANNII MINOGUE "Baby Love" (Silky 70's Mix)
LISA FISCHER "Save Me" (Morales Extended Mix)
SHIRLEY JONES & JEAN CARN "Whatever It Takes" (Joey Negro Club Mix)
MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE "Raw Cuts # 5"
MANUEL TUR feat. Holly Backler "Most Of This Moment" (Original Mix)
SERIOUS INTENTION "You Don't Know"
DANIEL STEINBERG "Let Me Down" (Tube & Berger Remix)
PET SHOP BOYS "Being Boring" (Julian Mendelsohn Extended Mix)

vendredi 6 février 2015

N° 235 : Dance While The Records Spin (Black Box, Kings Of Soul, Duke Dumont...)


Set non disponible

1/ BLACK BOX "Ride On Time" (Original Deep Mix) : RLP avait largement contribué à la popularité de ce titre sur Skyrock grâce à une collaboration étroite avec le label Airplay. Il avait notamment réalisé le Black Box Megamix et le megaremix de I Don't Know Anybody Else.

Heureusement que je me suis très vite procuré ce maxi original car à peine commercialisé, ce tube était victime d'un procès intenté par Loleatta Holloway, samplée pour l'occasion, et les copies retirées de la vente.
Une version rechantée totalement ratée était alors sortie du chapeau pour éviter le naufrage commercial, mais le mal était fait.

Étrangement, en 1994, les voix originales réapparaissent à la faveur de la sortie de deux remixes tonitruants ! Sans doute que l'arrangement juridique trouvé avec la chanteuse en 1989 avait permis de "clearer" tous les soucis de droits d'auteurs pour pouvoir reprendre le business comme au bon vieux temps.

2/ DUKE DUMONT "Won't Look Back" (Star Slinger Remix) : merci à Duke Dumont pour ce remarquable hommage à Loleatta ! et quelle voix rageuse que celle de Yolanda Quartey, largement à la hauteur de ce que pourrait également nous proposer une Jocelyn Brown des grands soirs.
Le remix est signé du DJ hip-hop originaire de Manchester Star Slinger. Je vous proposerai la version originale très bientôt.

3/ PAGGI & COSTANZI feat. Roland Clark "A House Thing" (Micky More & Andy Tee Deep Mix) : oui la house italienne existe encore, elle qui trôna au firmament au début des 90's et c'est notamment des DJ's comme Micky More (écouter le remix de Better de Angela Johnson) qui la maintiennent à la surface.

4/ OFFICE GOSSIP "Say It" : un jeune producteur deep-house que j'avais largement promu sur ce blog et qui a hélas un peu disparu des radars, pour le plus grand malheur de nos oreilles.

5/ LE FUNNK feat. Valerie M "Life Is The Way" (Original Mix) : Le Funnk, un look de tueur à gages genre Hitman ou Jason Statham, qui nous livre un dub UK Garage de bonne facture.

6/ JUDY CHEEKS "Just As Long As You're Good To Me" (Love To Infinity's Classic Paradise Club Mix) : déjà chroniqué dans le set n° 23.

7/ PET SHOP BOYS "Before" (Classic Paradise Mix) : déjà chroniqué dans le set n° 65.

8/ BLAZE feat. Barbara Tucker "Most Precious Love" (Dennis Ferrer’s Future 3000 Mix) : d'inspiration gospel, les vétérans Kevin Hedge, Chris Herbert et Josh Milan furent les principaux pourvoyeurs de titres pour le DJ Tony Humphries au Zanzibar Club de Newark (banlieue de New York) dans les années 80.
Je découvris ce trio lors de l'écoute de l'extraordinaire remix de People Hold On de Lisa Stansfield qu'avait programmé RLP dans le Skydance en 1989. S'ensuivirent d'autres remixes mythiques comme Celebrate The World de Womack & Womack ou One Better World de ABC.

9/ KINGS OF SOUL "If You Take My Love" (Booker T Vocal Mix) : le refrain reprend un vieux titre disco-funk de Harvey Mason, Till You Take My Love, mais la mélodie du couplet reste inédite.
La voix est très proche de celle de Merry Clayton, interprète originale dont personne n'a oublié la performance sur le Gimme Shelter des Rolling Stones (1969).

10/ MICHAEL JACKSON "Rock With You" (Mystery & Matt Early Remix) : un bon remix même s'il n'atteint pas la majesté de l'original, notamment à cause du choix peu heureux des sons des solos de synthé dans les transitions. Seul le remix de Frankie Knuckles (1995) avait su, à mon sens, conserver la magie intacte.

11/ REELSOUL feat. Stephanie Cooke "A Thousand Ways" (Reelsoul Vocal Mix) : Reelsoul alias William Rodriquez III est l'un des représentants d'une soulful house aux arrangements sophistiqués, réservée aux puristes du genre et que l'on retrouve notamment dans son remix de Send Me de Distant People.

vendredi 21 novembre 2014

N° 229 : The Clever Combination (Technotronic, Seduction, Eric Prydz, Alex Metric & Oliver...)


Set non disponible

Je viens de voir le dernier clip de Guetta. Çà y est, avec ses cheveux longs et sa barbe, il se prend pour Jésus-Christ ! Je pense que s'il fonde une église aux Etats-Unis, il saura fédérer de nombreux fidèles et réaliser ses mixes sur l'autel en levant les bras au ciel tel un prédicateur hippie des temps modernes.

De mon côté je vous propose modestement un subtil mélange à base de nouveautés et de vieux trucs house des années 80 et tout démarre d'une manière on ne peut plus kitsch ou ringarde (au choix).

1/ et 2/ Non, ce n'est pas l'intro de Quand Tu M'Aimes de Herbert Léonard !!! C'est "Valerie" de STEVE WINWOOD, un titre qui a servi de base au hit mondial "Call On Me" de ERIC PRYDZ.

Call On Me possède cette particularité qu'il a été le premier tube mainstream à utiliser la technique du "side-chain" à savoir réaliser un effet de pompage sur une piste en injectant un pattern de bassdrum dans un compresseur/limiteur. Réglé sur chaque temps de la mesure, il coupe en rythme le son de la piste dans laquelle il est injecté. Il faut bien entendu régler l'enveloppe et l'attaque pour obtenir le résultat souhaité et si tout cela vous semble totalement abscons, jetez un oeil à cette vidéo.
Cet effet un peu fatigant pour les oreilles a colonisé un très grand nombre de productions électro jusqu'à récemment et cette mode, sans doute abhorrée par les mélomanes accomplis, commence à s'estomper depuis quelques mois. Elle disparaîtra sans doute à court terme, à moins que, comme l'effet de filtrage né de la "french touch", elle finisse par s'établir définitivement comme un standard de production.

3/ JOHN NEWMAN "Love Me Again" : la version single me semble un peu ratée, notamment à cause d'un break instrumental totalement inintéressant qui fait tomber à plat la dynamique du titre. J'ai réussi à le squeezer dans ce Ultimix réalisé par Stacy Mier.

4/ PET SHOP BOYS "Suburbia" (Extended) : l'un des top 10 du duo de dandys britanniques. Il figure sur l'album Please sorti en 1986 et sur lequel on retrouve également West End Girls et  Love Come Quickly, des classiques de mon époque Patch Club. Un nouvel et 13e album serait en cours de préparation.
5/ SEDUCTION "(You're My One And Only) True Love" (New York House Mix/ Joey Negro Re-Edit) : ce groupe entièrement féminin fut créé par le duo Clivillès & Cole. Plusieurs titres de l'album Nothing Matters Without Love (1989) dont ceci est un extrait furent l'occasion de remixes absolument prodigieux dont ceux de Two To Make It Right, déjà joué il y a quelques années dans l'un de mes premiers sets.
La version jouée ici est le New York House Mix 2 (retravaillé par Joey Negro) et sur laquelle on peut entendre la voix de Martha Wash. Non créditée sur la pochette à l'époque, la diva poursuivra Sony en justice et obtiendra le versement de royautés.

6/ OUT OF THE ORDINARY "Play It Again" (The Los Ninos Mix) : voilà une vraie rareté de 1989 que j'ai découverte grâce aux archives du magazine anglais Soul Underground compilées dans l'ouvrage Catch The Beat sorti dans la collection DJ History.
Ce bric-à-brac à base de samples de gimmicks house est l'une des premières réalisations de Torsten Fenslau, producteur du groupe Culture Beat décédé accidentellement en 1993. C'était également le DJ du Dorian Gray, club immense que je fréquentais en 1982-83 lorsque j'étais étudiant à Francfort.

7/ YAZZ  & THE PLASTIC POPULATION "The Only Way Is Up" : après s'être fait connaître en featuring sur Doctorin' The House de Coldcut, le mannequin londonien se lance en 1988 dans une carrière solo avec ce premier single. Le follow-up Stand Up for Your Love Rights connaîtra un succès similaire.

8/ TECHNOTRONIC "Pump Up The Jam" (Ultimix) : c'est la chanteuse zaïroise Ya Kid K qui interprète ce tube hip-house. Une fois de plus, c'est un mannequin qui mime le chant sur le clip et qui est crédité sur la pochette. La pauvre Ya Kid K retrouvera son honneur sur les deux singles suivants suite à la controverse que cette affaire avait suscitée.

9/ ALEX METRIC & OLIVER "Hope" (Original Mix) : un breakbeat au texte minimalistes ("Hope, cos' i've learned to cope") qui sample l'intro du remix par Roger S de Love Is The Icon de Barry White (que j'avais présenté avec RLP en nouveauté dans le Skyrock Top Dance en 1991). L'alliance de Londres (Alex Metric) et de Los Angeles (le duo Oliver) pour un résultat décapant.

10/ Restons dans ce breakbeat  follement syncopé avec "Urban Sex" de LIFELIKE & TOMMY BRAVO. Même si les bruits de klaxons viennent un peu gâcher la fête, ce titre qui sample l'accapella de Inner Life (I Like It Like That) reste totalement...jouissif.

11/ AGEBEAT & KOVARY "Talk To Me" (Original Mix) : une production nu-disco aux relents new-wave réalisée par deux DJ hongrois. L'interprétation et les sonorités 80's me rappellent étrangement Pet Shop Boys.

12/ ANDRONICUS "Make You Whole" (Original 12" Mix) : un titre "balearic beat"entendu dans un set de DJ (DJ Deep ?) dans la Max Party en 1992-93.

13/ KASKADE "Angel On My Shoulder" (EDX ReDub) : Ryan Raddon est l'un des artistes-phare de la scène club californienne. Toujours dans les bons coups pour ses remixes, il fait appel ici au suisse EDX pour une version progressive totalement hypnotique.

dimanche 25 mai 2014

N° 216 : Eclectic 80's (Duran Duran, Firefly, Rick Astley, Pet Shop Boys...)


Set non disponible

Éclectiques comme aucune décade auparavant, les 80's auront tout connu : la fin du disco, victime de ses dérives et des imposteurs qui l’ont fait déconsidérer, l’avènement de la funky music puis sa désintégration dans les boîtes à rythmes, la consécration du hip-hop, du freestyle, de la house, de la new wave et de l’italo-disco avec leurs armées de synthétiseurs, des sons tropicaux de Kid Creole et de ses Coconuts, des nouveaux romantiques aux coiffures impossibles, de solides groupes tels que Depeche Mode, Simple Minds, Tears For Fears, U2, Duran Duran, Pet Shop Boys dont certains existent encore…l’explosion des radios libres, les tubes de Gold, Elegance, Bandolero, la chute du Mur de Berlin…Les années 80 auront été les dernières à maintenir le rêve enchanté avant la grande désillusion.

Il y avait encore de grands mélodistes, de grands arrangeurs, des moyens financiers à la hauteur des projets… des boutiques de vinyles et CD fleurissaient à tous les coins de rue : les chaînes Nuggets, Madison, Virgin Megastore, les parisiennes Champs Disques, Lido Musique, Discoparnasse, le Mini Club de Nuit (dont l’un des vendeurs me semblait être Phil Barney)…un disque aimé était un disque aussitôt acheté.

Puis les nouveaux médias (internet, consoles de jeux, ordinateurs, téléphones portables, Ipod) apparurent, dispersant l’offre de loisirs.
Le format mp3 ouvrit la boîte de Pandore en faisant de l’échange de fichiers et de la multiplication des copies un jeu d’enfant.

Alors que le cinéma fascine encore, que les chaînes de télé payantes spécialisées dans le sport ou les séries trouvent aisément un marché, la musique est devenue un objet sans valeur. On l’entend dans les magasins, on l’écoute dans la rue sur le haut-parleur minable d’un téléphone portable…qu’il manque la moitié du titre ou que le son soit dégueulasse, peu importe, c’est un simple bruit de fond qui accompagne notre journée.
Auriez-vous l’idée d’aller voir un film en ayant loupé le premier ¼ h, avec une image granuleuse en 4/3 et un son mono ? bien sur que non car vous êtes exigeants sur ce que vous payez 12 euros.
Mais ce mp3 qui vous a coûté zéro, qui n’a pas d’emballage, ni de pochette, dont vous ignorez qui a composé le titre, arrangé le mix, dont vous ignorez parfois l’interprète, c’est juste un fichier de plus pour agrémenter votre bibliothèque. Je ne connais que peu de gens qui m’avouent acheter des disques dans des magasins ou sur internet.

Quand un artiste a touché 5000 euros de royalties sur ce qui a été annoncé comme un « tube », il peut s’estimer heureux… il y a de quoi se décourager de faire ce métier.
Alors, seuls les DJ’s y trouvent leur compte, composant des titres à tire-larigot. Dès le premier demi-succès, ils profitent de l’aubaine pour rentabiliser les frais dans des tournées ou des sets en soirées souvent grassement rémunérés.
D’ailleurs le public qui a payé sa place n’attend rien d’autre de ce DJ qu’une démonstration technique et un étalage d’effets et de sons. On vient « voir » un DJ comme on vient voir un vrai groupe sur scène… il y a bien longtemps que le but n’est plus de faire danser les gens.
Malheureusement, les DJ’s ne sont pas des compositeurs ou des mélodistes hors-pair (sinon nous croulerions sous les tubes), ce sont dans le meilleur des cas de bons bidouilleurs ou des sound designers et les plus connus d’entre eux font généralement appel à des « nègres » pour composer et arranger leurs titres.


Dans cette médiocrité culturelle (qui touche aussi le cinéma), je traîne chaque semaine quelques heures sur Itunes, Beatport ou Traxsource à la recherche de nouvelles sensations.
Mais pour 100 titres écoutés, 1 ou 2 finiront dans ma besace, souvent avec une grande indulgence pour des mélodies tout juste acceptables… mais il faut bien renouveler ma base de données, éviter de réécouter toujours les mêmes titres entendus 500 fois, éviter de se voir ressasser par les radios toujours les mêmes rengaines…alors on fait l’effort.
Les grands mélodistes de la chanson française se font rares. Calogero vient d’offrir le magnifique «Le Soldat» à Florent Pagny, Goldman se cache et livre ses titres au compte-goutte depuis 12 ans (un nouvel album est toutefois prévu cette année), mais Obispo ne me semble plus très inspiré et Voulzy prend son temps…comme d’habitude.
Les grands arrangeurs dance (Stock, Aitken & Waterman, Shep Pettibone, Steve « silk » Hurley) sont à la retraite…Frankie Knuckles nous a quittés récemment.

On me dit que mes sets ravivent les vieux souvenirs, plongent un peu dans la nostalgie, mais vous sortent de la morosité le temps d’une écoute. Il paraîtrait qu'en mélangeant les styles et les époques, ils soient moins ennuyeux que bien d'autres. Tant mieux si mon travail apporte sa pierre à l’édifice.
J’aurais tant aimé vous faire découvrir chaque semaine de nouveaux talents, mais l’exercice se révèle impossible. Alors pardonnez-moi de faire sans cesse référence au passé comme un vieil aigri.

PLAYLIST :

FIREFLY "You Can Lead Me" - 1982
TRAMAINE “Fall Down (Spirit of Love)" - 1985
FUNHOUSE “Dancin’ Easy” (House Mix) - 1988
RICK ASTLEY “She Wants To Dance With Me” (Bordering On A Collie Mix) - 1988
DONNA SUMMER “This Time I Know It's For Real” (Pete Hammond 12'' Mix) - 1989
NARADA MICHAEL WALDEN “Divine Emotions” (Shep Pettibone Remix) - 1988
WHITNEY HOUSTON “I Wanna Dance With Somebody (Who Loves Me)” (12" Remix) - 1987
MY MINE “Hypnotic Tango” (Hypnotic Mix) - 1983
MY MINE “Hypnotic Tango” (Extended Mix) - 1983
DEPECHE MODE “Strange Love” (Razormaid Classic Mix) - 1987
PET SHOP BOYS & LIZA MINELLI “Losing My Mind” (Ultimix Dub) - 1989
DURAN DURAN “All She Wants Is” (US Master Dub) - 1988
DURAN DURAN “All She Wants Is“ (Ultimix) - 1988
2 IN A ROOM “Do what you want“ (12inch Remix) - 1989

vendredi 30 avril 2010

N° 66 : Hot 'n' Cold Grooves (The Quick, Pet Shop Boys, Depeche Mode, Instant Funk, Frankie Knuckles fierce mixes...)

Set non disponible

Je viens d'entendre la pire saloperie que l'électro ait engendré : "Telephone" de Lady Gaga. Mélodie d'une platitude affligeante, clip racoleur et ridicule...et pour couronner le tout, Beyoncé se compromettant dans ce duo effrayant alors qu'elle avait encore quelque crédit dans la communauté black.
Heureusement que Grace Jones a eu la délicatesse de snobber la Gaga. Ça rassure.

Et voici maintenant un set qui souffle le chaud et le froid, indéfinissable comme souvent. J'ai trop été habitué à changer de style tous les 1/4 h avec ma clientèle banlieusarde et mes soirées privées au public bigarré.
Je ne suis pas de cette catégorie de DJ capable de mixer pendant 3 heures de l'électro ou de la deep-house sans s'inquiéter de la réaction de la piste. Quand elle se vidait brusquement sur une nouveauté, il fallait couper net le titre et relancer la machine en concédant un tube.

Mes maîtres à mixer (David Mancuso, Larry Levan, le "DJ blond du Palace"...) furent de grands explorateurs de la planète Dance et mes années Skyrock ont finalement accentué cette diversité.
Espérons que ce set ne sera à aucun moment ennuyeux voire ennuyant (c.a.d. qui cause des ennuis).

1/ THE QUICK "Zulu" : un groupe emblématique des grandes heures du Patch Club.
Il est difficile de qualifier le style de ce maxi : pop tribale ?
Il est mixé par le vétéran John Luongo pour lequel il faut que je me dépêche de brosser une biographie.

2/ Nouveau bootleg déniché chez Decks Records : SUPER VALUE "Special Edits 05". Version retravaillée du titre précédent, elle assure la transition avec cet inmixable "Zulu" grâce à un adlib à la rythmique très dépouillée.

3/ THE QUICK "The rhythm of the jungle" : fabuleux follow-up de leur premier single, il fit également des ravages au Patch Club. L'ambiance y est beaucoup plus festive et les percussions s'en donnent à cœur joie dans un break d'anthologie (hélas largement amputé dans ce set). A posséder impérativement dans sa discothèque.

4/ INSTANT FUNK "i got my mind made up" (1978): ce mix de Larry Levan traduit bien l'époque de l'insouciance disco, la quintessence du label Salsoul. Mélange de "La croisiére s'amuse" et de pure funk.

5/ AFRIKA BAMBAATAA feat. UB40 "Reckless" : un duo improbable quand on connaît le fossé culturel entre les deux. D'un côté, Afrika Bambaataa, précurseur de la vraie électro, celle qu'a enfanté Kraftwerk, et de l'autre UB 40, un groupe de reggae-pop consensuel.
Effectivement, Afrika Bambaataa avait largement puisé dans le "Trans Europe Express" de KRAFTWERK l'essence de son premier tube "Planet Rock".
Ce remix très électro-house, le Full Fon Remix, a été joué dans les premiers mois du Skydance, en 1988. Il est remixé par Rob Gordon, co-fondateur du label anglais underground, Warp Records (LFO, Nightmares on wax...).

6/ et 7 /DEPECHE MODE "The policy of truth" (Capitol Mix) et
DEPECHE MODE "Enjoy the silence" (Hands And Feet Mix) : un "double power" dédié à François Kevorkian pour deux remixes sublimes dégottés chez un disquaire proche de la marina du centre-ville de Miami en 1990.

8/ PET SHOP BOYS "Love comes quickly" : voici l'un des chefs d'œuvre méconnus de Shep Pettibone. Un mix langoureux, parfaitement orchestré, exploitant les boîtes à rythmes de l'époque au maximum et doté d'un break mémorable car interminable et bourré de bonnes idées.
Jamais les Pet Shop Boys n'ont bénéficié d'une telle maestria pour un remix club, mais la chanson et sa mélodie aux voix aériennes s'y prêtaient peut-être.

9/ ELECTRIBE 101 "Talking with myself" : une divergence nette et louable de Frankie Knuckles par rapport au classicisme habituel de ses arrangements. Le son synthétique du gimmick, la voix de Billie Ray Martin instillent cette ambiance froide et étrange à ce titre mélancolique.
A noter l'excellent remix "chill" (Canny 12" Vocal) sorti en 1998.

10/ WILL DOWNING "There's no leaving without you" : dans ce dub, on retrouve un Frankie Knuckles plus attendu mais qui délivre un arrangement qui flirte légèrement avec la cold-wave.

11/ DE LA SOUL "A rollerskating jam named Saturdays" : les mixes de Morales étant parfaits, une petite resucée ne pouvait que faire du bien avec ce 6 a.m Mix d'une grande sobriété.
Surement pas le genre de disque à lancer dans la "big room" du Macumba de St-Julien en Genevois, même à 5 h du matin.

12/ CHIC "Your Love" (International Club Mix) : encore un mix très orchestral de Frankie Knuckles pour le chant du cygne du groupe CHIC qu'on ne reverra plus.

13/ DEGREES OF MOTION "Do you want it right now" : la version originale de ce grand classique garage au mix hyper compressé.

vendredi 23 avril 2010

N° 65 : 3 decades of dance music (Sylvester, Paul Simpson, Soul Central...)

Set non disponible

1/ THE JAMES TAYLOR QUARTET "Love the life" (1991) : très majestueux remix de Morales sur ce titre dont l'original est plutôt orienté acid-jazz.
Entendu bien sûr en exclu dans le Skyrock Top Dance !
Vous retrouverez de plus amples infos sur ce groupe et ce titre sur le très documenté blog de Manutek.

2/ SYLVESTER "I need you" (2006): excellent travail de Dimitri from Paris sur ce titre du défunt Sylvester, "falsetto du disco" datant de 1980. Je crois reconnaître les chœurs de Martha Wash.

3/ L.A.X. "All my love" (1980): véritable hymne des deux clubs qui ont forgé ma culture club : Le Palace de Paris et mon Patch Club de banlieue. C'est François K qui assure la production.

4/ SPARQUE "Let's go dancin'" (1981): j'avais découvert ce titre assez obscur dans le mémorable set de Lil' Louis sur l'antenne de Skyrock en 1992.
Les Masters at Work lui donnent le punch qui manquait à l'époque.
Une grande ressemblance du riff de piano avec celui de "You're too late" de FANTASY.

5/ FANTASY "You're too late" (1980) : preuve à l'appui ! Ce titre étant sorti un an avant celui de SPARQUE, le copieur est démasqué. Encore un titre découvert sur la première radio "culte" de l'histoire de la bande FM (1 an avant les radios libres !) : Radio 7.
Je crois que le jour où est morte Radio 7, j'ai eu autant de peine que pour la disparition de MAXXIMUM (à cette différence près que cette mort allait être largement compensée par les années folles et débridées du début des radios libres alors que la disparition de MAXXIMUM annonçait la fin des haricots).

6 et 7/ : FIRST CHOICE "Let no man put asunder" (Frankie Knuckles Mix) FIRST CHOICE "Let no man put asunder" (Masters At Work Classic Dub)
Un "double power" pour ce titre ultra samplé !
1983-1993, 10 longues années séparent ces deux mixes. "Let no man put asunder" fait partie de la longue liste de tubes qui ont marqué l'histoire du label new-yorkais Salsoul Records, qui avait débauché une grande partie de l'effectif de MFSB, groupe-phare du label Philadelphia International au début des années 70.

8/ ECLIPSE "Makes me love you" (1999) : le mix est entièrement basé sur l'intro de "Thinking of you" de SISTER SLEDGE. On reconnaîtra l'empreinte de Nile Rodgers (CHIC) dans le riff de guitare.

9/ PAUL SIMPSON presents SESSIONS TAKE 2 "The cure" (1997) : le genre de disque qui a dû faire fureur au Ministry of Sound au milieu des années 90. J'en ai entendu pas mal du même acabit dans la "big room". Cette trituration d'un petite passage de "Found a cure" de ASHFORD & SIMPSON est signé Zack Toms.

10/ LUTHER VANDROSS "Shine" (2006) : ce remix des Freemasons sample à son tour et très habilement une production CHIC : "My forbidden lover", titre qui figure sur l'album "Risqué" (1979).
Avec le même sample, DARRYL PANDY sortira le fabuleux "Sunshine and Hapiness" en 1999 (le remix du duo italien Nerio's Dubwork).

11/ PET SHOP BOYS "Before" (1996) : une pochette que la décence m'interdit de décrire. Didier Sinclair, alors D.A. chez Barclay, était tombé en pâmoison lorsque je lui avait montrée et avait immédiatement appelé EMI pour en recevoir un exemplaire.
Le remix est signé Love to Infinity, les 3 frères Lee, experts dans les productions "piano-house" mainstream.

12/ SOUL CENTRAL "Need you now" (2005) : final avec une production survitaminée basée sur le riff de piano de "I need you" de NIKITA WARREN (1991), sample déjà utilisé par Mr Roy ("Something about you"), un titre remixé également par NUSH.
A l'écoute, vous constaterez que, mis à part l'intro, le single original ne vaut pas grand chose.

samedi 7 mars 2009

N° 8 : In the heart of deep house (Mark Kinchen, Masters At Work, Eric Kupper, David Morales)

Set non disponible






Le modèle du tout-gratuit est, lui aussi, battu en brèche par la crise.
Déficit d'annonceurs ou bail non renouvelé....mon hébergeur d'origine, Mypodcast.com, ne fonctionne plus depuis deux jours laissant ses clients dans le désarroi le plus total...sans aucune explication.

Afin de ne pas vous laisser en plan, j'ai tout de suite rapatrié mes sets sur un nouveau site français, http://www.djpod.fr.
L'offre me parait raisonnable (20 Go de stockage pour 8.99 €/mois, statistiques incluses) et l'ancien D.J. qui a conçu ce site semble très réactif.
Je fais partie de ses nouveaux clients et espère lui donner un coup de pouce en cette période difficile. Je serai bien entendu intraitable sur la qualité du service mais nous ferons le point d'ici quelques semaines.

Retour ce sur ce nouveau set très orienté deep-house.

1/ BLACK BOX "Everybody Everybody" (Rockapella) : une bonne surprise ramenée en 1990 dans mes bagages en provenance de Miami. Martha Wash assure les vocaux mais, curieusement, n'est pas créditée.

2/ RAZE "Break 4 love" : en 1980, la mode était au roller dans les discothèques et quelques maestros faisaient le show dont le D.J . de la boîte que je fréquentais, le "Patch Club".
Situé sur les quais de la Marne à La Varenne Saint-Hilaire (Val de Marne), ce club mythique fut l'un des tout premiers à jouer des titres funk totalement inconnus en France et le premier club parisien à disposer d'un écran vidéo. J'ai eu l'honneur d'en être aussi le D.J. de 1982 à 1986.
RAZE est le pseudo de Vaughan Mason, producteur américain qui rendit hommage à cet exercice périlleux à travers le titre "Bounce, Rock, Skate, Roll". Il revient en 1988 avec ce titre qui a lustré les trompettes de la renommée, "Break for love".

3/ JOE ROBERTS "Lover" (K-Klass Klub Mix) : Joe Roberts est un artiste comblé. Morales s'est surpassé pour lui sur "Back in my life" et "Happy days", les anglais de K-Klass donnent aussi le meilleur sur ce titre oscillant entre garage et techno. Symbolisant leur marque de fabrique, ce mix hyper-compressé assène ses coups avec un clap et un bassdrum omniprésents.

4/ CLUBLAND "Love strain" : les suédois sont ici remixés par l'un des claviers de l'équipe Def Mix Productions, Eric Kupper.

5/ ROBIN S "Love for love" : Dans la monarchie suédoise, Stonebridge fut élu roi du remix avant d'être supplanté par la "Swedish House Mafia" (Axwell, Steve Angello, Sebastian Ingrosso et Eric Prydz) mais restera l'homme qui révéla Robin S. alias Robin Stone.

6/ Le duo Peter Daou-Danny Tenaglia régale avec ce mix très très deep de "When you love someone" par DAPHNE. Cette artiste préfigurait l'arrivée d'une nouvelle scène jazz-house avec notamment BLUE SIX, SAMANTHA JAMES, AYA, et ANDY CALDWELL.

7/ SAINT-ETIENNE "Only love can break your heart" : sans mésestimer les récents concepts latino-house de Louie Vega, je pense que c'est au début des années 90 que le duo des Masters at Work atteignit sa plénitude. Il ne reste plus rien de l'original dans cette version deep-house totalement envoûtante.

8/ BIZARRE INC "Took my love" : MK alias Marc Kinchen est un producteur californien à la carrière brève mais parsemée de remixes situés du côté obscur de la planète underground comme celui-ci. Première secousse en 1992 avec le remix de "Can U feel it" de Chez Damier et tremblement de terre en 1994 avec le Dub of the Doom Mix de "Push the feeling on" des Nightcrawlers, un groupe écossais qui n'en espérait pas tant !

9/ THE NEVILLE BROTHERS "Fly like an eagle" : remix très inspiré des Masters at Work pour ce titre dont l'original plutôt psychédélique est l'oeuvre de Steve Miller Band (1976).

10/ "New dance beat" : extrait de l'album de LIL' LOUIS sur lequel je me suis montré dithyrambique dans ma bio le concernant.

11/ SAINT ETIENNE "Nothing can stop us" : à mon goût, l'un des 10 meilleurs mixes deep-house des Masters at Work. Les poteaux n'étaient pas carrés pour ce St-Etienne là qui score donc deux fois !

12/ PET SHOP BOYS "Can you forgive her?" : vous avez remarqué ce subtil va-et-vient entre MK et les Masters at Work ? Même technique de remix que pour les Nightcrawlers avec ces bribes de phrases qui viennent inlassablement ponctuer le rythme.

13/ Et l'histoire voulut que les MASTERS AT WORK et MK finissent par se retrouver sur "I can't get no sleep" (avec la chanteuse INDIA).

14/ CE CE PENISTON "Finally" : un dub deep-house de Morales clôturé par un solo signé...Eric Kupper.

mercredi 4 février 2009

Biographie de Shep Pettibone


Shep Pettibone
est l'un des acteurs fondamentaux de l'histoire du "clubbing".

Producteur, remixeur, compositeur, D.J. et désormais business man, son œuvre est pléthorique et sa patte reconnaissable entre mille.
Il a régné pendant plus de 10 ans sur les dancefloors.

Une flopée de stars est passée entre ses mains. L'une d'elles lui doit beaucoup : Madonna.


Les "Kiss FM Mastermixes"

1981. Shep Pettibone mixe dans un bar gay black de Time Square, le Better Days.
Il est aussi le DJ-star de la radio new-yorkaise Kiss FM 98.7. Remixant de manière totalement novatrice les tubes du moment (les Mastermixes), il devient la coqueluche des auditeurs.
C'est ainsi que je le découvre l'année suivante lorsque le label Prélude a la bonne idée de sortir une compilation des "mastermixes" consacrés à ses artistes. Ses "bidouillages" astucieux sont réalisés grâce à 3 platines Technics SL 1200 (décalage d'une mesure ou phasing de deux titres identiques), des effets d'echo et des "edits-mitraillette" à grands coups de rasoir sur la bande.

Rapidement il réalise les club mixes (vocal et dub) des artistes les plus prestigieux du label Salsoul Records : SKYY, INNER LIFE, FIRST CHOICE, LOLEATTA HOLLOWAY.


Remixeur de Pop Stars

Délaissant le son disco, il entame dès 1985 une collaboration avec les PET SHOP BOYS, permettant leur ascension dans les clubs avec le single "West End Girls", le summum étant, selon moi, atteint sur leur titre "Love Comes Quickly" l'année suivante.
D'autres artistes pop tels que NEW ORDER, THOMSON TWINS, CYNDI LAUPER et LEVEL 42 ne vont pas tarder à s'offrir ses services.


Pettibone et Madonna

Mais c'est l'opportuniste MADONNA qui va s'approprier le génie de Pettibone en faisant de lui son producteur attitré et prendre ainsi un virage décisif pour sa carrière. Elle lui confie les remixes de titres qui seront autant de hits : "True Blue", "Into the groove", "Express Yourself" et "Like a prayer".
A son apogée, Pettibone co-signe et réalise le tube mythique "Vogue" (1990) puis co-produit l'album "Erotica" (1992).
Mais, toujours soucieuse de s'entourer des meilleurs, Madonna lorgne déjà sur d'autres producteurs plus en vue : Dallas Austin, Babyface et William Orbit.


La lente reconversion

Pettibone gardera une attache avec la black music grâce aux nombreux remixes réalisés pour Janet Jackson : "The pleasure principle" (1986) "Escapade" et "Rhythm Nation"(1989), "Love will never do (without you)" (1990).

Mais, le déclin s'amorçant doucement, Shep disparaît de la scène pour se reconvertir dans l'immobilier et le business.
Après avoir touché le pactole avec Madonna, il est aujourd'hui propriétaire d'un complexe Club + Hôtel dans le New Jersey.


Le Style Pettibone

  1. Une puissante musicalité : Par atavisme (une mère chanteuse d'opéra) ou par goût pour la musique classique (grand amateur de Mozart), Shep fabrique des mixes d'une redoutable efficacité tout en conservant leur âme et leurs harmonies.

  2. Une reconstruction totale des morceaux : Là où Pettibone passe, l'arrangement original trépasse : piochant dans chaque piste, il crée des intros et des breaks à rallonge au grand bonheur des Dj's (même si les "edits" rendent le tempo souvent instable !).

  3. Une lourde caisse claire : Le Snare Drum de la mythique boîte à rythme ROLAND TR 909 est mixé largement "devant" et accompagné d'une puissante "gated reverb". Les nombreux rolls de batterie de ses arrangements ont souvent inspirés les producteurs des années 90.