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vendredi 22 novembre 2013

N° 206 : Hard Dubs (Roger S., Todd Terry, Masters At Work...)


Set non disponible

Un set en partie consacré à ces faces B qui recelaient bien souvent des dubs hypnotiques, ces dubs qui ne gardent que quelques samples de voix. Certains DJ's hermétiques aux vocaux ne conçoivent d'ailleurs pas de mixer autre chose au risque de devenir lassants... car le public a aussi besoin de refrains, d'instants d'émotion.
Dans un set, il faut savoir faire la part des choses, alterner l'obscur et le flamboyant, c'est pourquoi ce 206e opus est cerné par de magnifiques envolées vocales.

1) SOUNDS OF BLACKNESS "I Believe" (Classic Gospel) (1994) : vous vouliez les craquements d'origine, voue êtes servis. Ce sont des craquements dus à un défaut de pressage et non à la saleté du vinyle. Je ne suis pas maniaque comme Lil' Louis au point d'essuyer mes disques précautionneusement sur le côté du pantalon de mon costume à rayures, mais je tente tout de même d'éviter de mettre les doigts sales sur les sillons, règle élémentaire.
Et le mix dans tout cela ? c'est du Morales empreint de solennité et d’allégresse contrairement au Deliverance Dub beaucoup plus sombre.

2) RUPAUL "Back To My Roots" (Murk's Curl Activator Mix II) (1993) : un pressage ignoble qui détonne en comparaison avec la brillance des aigus du disque précédent. Tout dépend de la qualité du pétrole qui sert de support et du réglage du dé-esseur en gravure pour éviter les sifflantes. Visiblement ici, le technicien a forcé sur le manche de la bécane.
Je ne suis pas sûr que l'on entende une seule fois la voix de Rupaul dans ce mix sorti des bas-fonds du Downtown de Miami.

3) AXXIS "All I'm Askin'" (Roger S. Mix) (1994) : un classique de Kenny Dope Gonzales (la moitié des Masters At Work) déjà chroniqué dans mon set N° 5.

4) YAZZ " Have Mercy (Roger's Hard Dub) (1994) : ce dub au groove imparable est la face D du double pack de l'époque, comme quoi la valeur de dépend pas la position dans le tracklisting.

5) MELI'SA "Still In Love With You" (Hard Love Dub) (1992) : fruit de la collaboration régulière entre Todd Terry et les Masters At Work, c'est le piano électrique Rhodes joué dans les basses qui offre la magie au gimmick de ce dub. La version originale est l'un des meilleurs crus du duo.

6) MARTHA WASH "Runaround" (Master Dub) (1993) : un son sale et saturé, des jeux de samples maîtrisés, un mix très "live", c'est la patte Todd Terry. Le mix original de Martha Wash n'a que peu d'intérêt en comparaison avec le magnifique Carry On, autre extrait de l'album Martha Wash sorti l'année précédente. L'ancienne leader du groupe Two Tons O' Fun et The Weather Girls a sorti un album au début de l'année 2013 sur le label qu'elle a créé. Je n'en ai pas entendu parler et pour cause, à l'écoute du single It's My Time, je crains que l'on soit plus proche de l'univers mielleux de Susan Boyle que de la dance music !

7) H2O "Satisfied (Take me higher)" (1995) : un dub signé par le producteur suédois Mandrax qui était sorti sur A Traxx, sous-label underground de la maison de disque française Atoll Music. Je préfère toutefois le single Nobody's Business dans lequel la chanteuse Billie peut mieux mettre en valeur sa voix.

8) BUM BUM CLUB "Play This House" (Hard House Mix) (1995) : la promo club de Scorpio avait prévenu les DJs avec un sticker sur l'étiquette : il fallait jouer ce mix... au cas où certains auraient loupé l'évidence sonore avec ce pied de mammouth ! C'est en tous les cas un bel exemple de cette hard house qui sévissait à la fin des années 90 et que j'avais beaucoup jouée il y a quelques années dans mes sets.

9) K-KLASS "Let Me  Show You" (Klub Mix) (1993) : les débuts de ce duo de remixers gallois qui livrera quelques joyaux pour Carleen Anderson (True Spirit), Joe Roberts (Lovers), Juliet Roberts (Caught In The Middle) ou Bobby Brown (Two Can Play That Game).

10) LUTHER VANDROSS "Shine" (Freemasons Club Mix) (2006) : une soul au summum qui utilise un sample de My Forbidden Lover de Chic.

11) BORIS DLUGOSCH "Keep Pushin'" (DJ Disciples Vox Mix) (1996) : déjà chroniqué dans le set N° 57.

jeudi 30 juin 2011

N° 117 : naked in San Francisco (Aya, Afterlife, Soulstice...)

Set non disponible

Ce dernier set avant la trêve estivale est consacré en partie aux productions éthérées des labels Om Records et Naked Music, basés à San Francisco.
Ils sont pour beaucoup dans la survie de ce style musical réservé hélas à une élite.

Démarrage avec un extrait de l'indispensable album de AYA, "Strange Flower" sorti en 2004 sur Naked Music.
Cet "Afterhours" reprend de manière acoustique le premier tube de BLUE SIX, "Sweet love".

Avec le jeu des boucles, Traktor permet d'embrayer sur "Let it go" de AFTERLIFE avec la voix suave de Cathy Battistessa (qui est sur ma short list pour les éventuelles productions soulful).
Je vous invite à découvrir son interprétation tout en sensualité sur "All about love" de KNEE DEEP, l'un des titres house majeurs de l'année 2010.

Tube orphelin du duo SOLU MUSIC aujourd'hui dissous, "Fade" est déjà panthéonisé chez les thuriféraires de la deep-house. La voix de Kimblee est toute proche de celle de Lisa Stansfield (vue en concert à Paris à la Locomotive le 23 octobre 1990).
Kimblee, pourquoi avoir quitté la scène aussitôt ce single achevé ?

INCOGNITO "Nights over Egypt" : un titre qui fut souvent dans les starting blocks de mes sets sans pouvoir s'élancer. C'est chose faite. On doit la version originale aux Jones Girls (1981).

C'est l'un des grands souvenirs de l'été 1999, époque où j'entamais ma reconversion pour devenir webmaster. Cet été parisien passé à étudier à l'IESA tout près de l'Opéra fut pour moi l'un des plus radieux de ces dernières années.
Et que dire de l'impeccable cantine du personnel du Louvre dont les étudiants de l'école pouvaient profiter à moindre coût !

SOULSTICE "Lovely" : un extrait de l'album "Illusion" sorti en 2001 sur OM Records et qui renferme d'autres perles lounge comme "Fall into you".
Les producteurs ne sont autres que Gabriel René (a.k.a. Aquanote) et Andy Caldwell.

Qui aurait imaginé que la technoïsée Belgique aurait enfanté d'un groupe aussi classieux que SWEET COFFEE. "Love having you around" est extrait de l'album "Perfect Storm" sorti en 2005. Le groupe totalise 4 albums et une flopée de titres ensorceleurs :
  • "Keep on running"
  • "What's up with that"
  • "Never better"
  • "Holdin' on"
  • "Don't need you"
A découvrir d'urgence.

CRYSTAL CLEAR "Live your life" : production disco-house furtive signée Tony Humphries à la toute fin du 20e siècle.

Du très très lourd avec l'artiste qui ressuscite Michael Jackson : JD 73 alias Dan Goldman, producteur anglais originaire de Leeds !
"Fantasy" fait un clin d'œil appuyé au couplet de "Don't stop til' you get enough" et aux arrangements de "Thriller" tout en gardant une certaine autonomie créative.
Joey Negro n'a pas manqué de signer l'album sur son label Z Records.

CLUB Z "I wanna be someone" : le duo new-yorlais Peter Daou/Victor Daou avaient sans doute utilisé l'accapella de "Deeper" de Susan Clarke pour concocter ce morceau.

Pascal Henninot et moi-même avions aussi créé un titre happy-house sur la base de ce sample. Proposé en 1992 à Eric Morand (directeur artistique de F Communications) alors en recherche de titres underground, ce dernier nous avait envoyé paître avec l'argument que notre morceau "ne le dérangeait pas assez".
Il a donc fini au placard, comme bien d'autres de nos titres underground. Nous aurions été anglais que nous l'aurions signé sans difficulté. C'est le malheur de naître et de travailler dans le mauvais pays. Et la situation ne semble guère avoir changé vu la difficulté à entrer en contact avec des chanteuses anglophones.

MELISSA MORGAN "Still in love" : le plus méconnu des must-have des Masters at Work ! Le Hard Love Dub déjà programmé est tout aussi merveilleux.

BROOKLYN FRIENDS "Philadelphia" : petite production jazzy sortie de manière assez confidentielle par David Morales en 1995.

LUISITO QUINTERO "Music for gong gong" / BLACK BLOOD "Aie a mwana" : la reprise par Luisito Quintero, percussionniste jazz signé sur le label de Louie Vega et l'original, énorme tube dans les discothèques françaises (puisque la production venait de la voisine Belgique).
"Aie a mwana" fut même joué au Loft par David Mancuso au même titre que d'autres productions africaines comme "Soul Makossa" de Manu Dibango, "Music for Gong Gong" d'Osibisa ou "Jin-go-lo-ba" de Drums of Passion.


vendredi 15 janvier 2010

N° 52 : 4 decades of dance music (Dan Hartman, Jazzy D, Meli'sa Morgan, Miguel Migs...)

Set non disponible



4 décennies de dance music ou comment parvenir à mixer les époques sans dérouter l'auditoire.

1/ DAN HARTMAN "Vertigo/Relight my fire" (1978): ce multi-talentueux artiste (auteur, guitariste, clavier, producteur et chanteur ténor du calibre d'un Michael Jackson ou d'un Prince) m'avait conquis tout comme des millions d'autres avec son premier single "Instant Replay" en 1978. Il se classe d'ailleurs N°1 du Dance Charts U.S.
Il réédite la performance avec ce légendaire "Relight my fire" l'année suivante.

Ce morceau-fleuve est remarquable par son intro, "Vertigo", qui fait monter la sauce et que beaucoup d'entre vous découvrirons pour la première fois, les compilateurs disco s'étant chargé de charcuter le titre en le démarrant violemment sur l'enchaînement avec "Relight my fire".
Il met en valeur l'extraordinaire performance de Loleatta Holloway.

A noter le très bon remix de Victor Rosado, sorti en édition bootleg sur le label West End à la fin 2009.

Dan Hartman se retira de la scène après ce titre qui, bien que succès club confirmé, ne traduisit pas cet engouement dans les ventes.

Il réapparut pour un 3ème N°1 club en 1984 avec "We are the young". Titre assez banal, il n'est pas resté dans ma mémoire.
En revanche, "I can dream about you", bande-son du film "Streets of Fire" fut une remarquable pop-song, la même année.

Avant de mourir du SIDA en 1994, Dan Hartman livrera le single-testament "Keep the fire burnin'", toujours accompagné de sa copine Loleatta.

2/ GARY'S GANG "Makin' music" (1983) : un titre copie conforme du single "Keep on dancing" sorti en 1979 et que tout le monde connait forcément.
A noter également l'excellent "Knock me out" sorti en 1982 (titre emblématique de mes sorties en boîte pendant mes études en Allemagne, à Francfort) et "Let's Love dance Tonight" dont l'intro au piano électrique servit de base à "Can't Get Enough" de Soulsearchers.

3/ HOT STREAK "Body work" (1983) : gros tube du Patch Club, c'est un "one shot" co-produit et mixé par le fameux Jellybean Benitez, DJ new-yorkais historique que je vous ai déjà présenté.

4/ T-CONNECTION "At Midnight" (1978) : derrière cet astucieux re-edit de Paul Raymond, se cache la patte de Bob Sinclar. A coup sûr, les maxis du label "Paul Raymond" sont des outils précieux pour tout DJ "old school".

5/ JAZZY D "Get on up" (1983) : mélange de hip-hop et de funk, c'est encore un "one-shot" désormais panthéonisé et toujours vénéré par les puristes.

6/ CANDIDO "1000 finger man" (1970) : extrait de "Dancin' and prancin'", l'album référence de Candido sorti en 1979, ce titre envoûtant à servi de base rythmique à "The Horn Song" produit par DJ Pierre en 1998.

7/ NYDC "Up in this house" (1995) : de l'authentique deep-house co-produite par Deep Dish et Danny Tenaglia et sortie sur Tribal America.

8/ MIGUEL MIGS "Giving it all" (2008) : un extrait de l'indispensable album "Those things"de Miguel Migs qui contient quelques diamants ultra-deep et sensual comme "So far" et "Mesmerized".

9/ MOREL'S GROOVES PT. 6 "Unnecessary changes" (1994) : excellent titre de la très inégale série des Morel's Grooves, la voix envoûtante est celle de Tafuri, déjà remarquée dans l'excellente reprise de Phyllis Hyman, "You know how to love me", produite par Steve Anderson en 1991.

10/ M & M "So deep, so good" (1994) : M & M, des initiales qui cachent les noms de George Morel et Erick Morillo du label Strictly Rhythm.
Le titre fut signé en France par Happy Music, l'un des rares labels a avoir eu l'audace de tenter de populariser la house new-yorkaise ici quand d'autres se contentaient des "italieneries" de circonstance.

11/ MELI'SA "Still in love with you" (1992) : le remix vocal des Masters at Work est une pure merveille, mais ce dub agressif qu'ils réalisent en complément prouve que le duo a su atteindre les sommets du talent.
Bien trop discret depuis le début du siècle, on attend en vain le retour gagnant du duo, mais seul Louie Vega semble avoir changé de cap de manière convaincante dans des productions latino de haute volée (Sara Devine, Anane, Elements of Life, Mr V...).

12/ INDIA "To be in love" (1999) : un remix plutôt pêchu du classique des Masters at Work sorti en 1997 et dont j'ai l'honneur de posséder le white label. India était encore l'épouse de Louie Vega...avant qu'Anane ne la chasse.