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vendredi 22 janvier 2010

N° 53 : B. de Carey's finest selection (Kings of Tomorrow, Richard Earnshaw, Demon Ritchie...)

Set non disponible



Avant toute chose, je remercie celui ou celle qui a permis de dépasser le chiffre symbolique des 500 visiteurs uniques par mois sur ce blog.
Vu la spécificité des musiques dont je parle ici, c'est un chiffre encourageant.

Certes, si je parlais des derniers ragots sur les people ou des dernières news en matière de hi-tech, la fréquentation serait sans doute bien supérieure.
Mais, à l'image de la marginalité musicale dans laquelle j'ai toujours évolué (au point de ne jamais pouvoir parler de mes goûts avec quiconque dans la vraie vie) sans pour autant sombrer dans la déréliction, ce blog a l'audience qu'il mérite à savoir celle d'un cénacle de passionnés de soulful vibes authentiques et non pas de cette vague R'n'B-électro frelatée et souvent synonyme d'inanités.
La house music est comme la vodka. Fabriquée dans les règles de l'art, elle est délassante, bricolée dans des laboratoires clandestins et véreux, elle donne la gueule de bois.

1/ THE BUCKETHEADS "The bomb!" : on ne va pas développer sur ce chef d'œuvre du sampling intelligent. Les Masters at Work sont, sans discussion possible, des démiurges d'une house music construite pour passer l'épreuve du temps.

2/ BROOKLYN DISCO "Dancin'" (Main Mix) : en revanche, voici une pure exclusivité concoctée dans ma thébaïde seine-et-marnaise en automne 1998.
La séparation définitive avec mon associé a été actée et chacun a repris son matériel respectif.
Démuni d'enceintes de contrôle, de samplers et d'effets, je dois réinvestir un peu pour retrouver une certaine puissance de feu.
Ce maxi est le premier à sortir de la forge. Vite envoyé à différents labels européens, il ne recevra aucun avis favorable et mourra à l'état d'"unrelased project".

10 ans après, à la réécoute et vu ce que j'entends actuellement, je ne crois pas que ce soit une production minable, sans intérêt, mais vous jugerez par vous-même.

3/ D MOB "One day" : l'un des meilleurs remixes des anglais de Loveland. Le son du piano et le bassdrum sont d'une qualité hors du commun.
Le titre fut signé en France chez Going Global Series (sous-label de Barclay), mais je ne crois pas qu'il ait intéressé grand monde parmi les DJ's, ce qui est logique puisqu'il s'agit de "garage", un style rejeté massivement par les discothèques et les radios.

4/ SERGIO FLORES "Hold on (That Piano Track) : ce remarquable titre garage est remixé par l'autrichien Samir Maslo. C'est l'une des bonnes surprises soulful de 2007.

5/ DEEP AURAL PENETRATION "Thoughts of a summer love" : l'année dernière, je vous avait présenté "All i want to do" issu du même double pack. Voici un autre titre deep-house qui utilise cette fois l'accapella de "People hold on". C'est un one shot réalisé par d'obscurs producteurs américains mais le son hyper compressé du mix en impose.

6/ JULIUS PAPP "Justified music" : ce vétéran DJ canadien émigré en Californie est très prolifique mais son œuvre reste confidentielle. Il fut désigné (et non "nominé", ce qui est un affreux barbarisme) aux House Music Awards 1994 (les Césars de la house music en quelque sorte) comme le producteur le plus innovant.

7/ DEMON RITCHIE "To find a friend" : une production garage française du label Serial Records découverte sur la radio FG de la bonne époque, celle qui réservait une petite fenêtre aux esprits raffinés comme on en rencontre souvent parmi la communauté gay.
Tels les Grandes Compagnies au Moyen-Age, les barbares d'aujourd'hui ont tout rasé mais il nous reste le souvenir de ces matinées lounge concoctées par Jean-Jerôme à l'antenne de la radio de la Rue de Rivoli.

8/ EYEREEL ALLSTARS "Slowdown" : Richard Earnshaw peux agiter sans soucis l'oriflamme de la saveur inégalée de cette vocal deep-house.
Pourquoi est-il l'un des vaisseaux amiraux du son "garage" d'aujourd'hui ? la réponse coule de source, c'est un vrai musicien, multi-instrumentiste de surcroît.
D'ailleurs, Earnshaw régale souvent le public en jouant live ses instruments (piano, saxo ou guitare) durant ses sets.
Vous sentez la différence de classe avec le DJ sans base musicale qui n'excelle que dans l'esbroufe sonore à grands coups de gimmicks simplistes aux sons tarabiscotés ?

On m'opposera que les pionniers de la house n'étaient pas non plus musiciens mais, à la réécoute des premiers titres de 1985-1988, tout cela me paraît un peu limité.
La house music n'est réellement devenue "mainstream" qu'au moment où des musiciens de formation ou des génies de l'arrangement sont venus y apporter leur patte (Shep Pettibone, Paul Simpson, Steve Hurley, Morales & Knuckles, Eric Kupper, François K, Stock, Aitken & Waterman...).

9/ KINGS OF TOMORROW "Let it go" : plus fort que l'original et totalement hypnotique, ce 1998 remix fait référence du côté deep du garage. Aux vocaux, Dawn Tallman (déjà entendue ici sur "Steal away")

10/ KINGS OF TOMORROW 'Finally" : le remix de Nuyorican Soul (a.k.a. Masters at Work) est extrait du double CD édition limitée de "It's in the lifestyle", sorti en france sur le label Distance en 2001.
"Finally" est le seul titre de K.O.T. qui soit devenu un classique joué encore sur toutes les bonnes webradios.
Adoubé par Louie et Kenny "Dope", le guitariste jazz qui exécute le solo sur le coda est Michael Ciro, déjà remarqué sur des remixes d'une urgence totale comme :
  • "I love the night life", la reprise d'Alicia Bridges par les mêmes Nuyorican Soul;
  • "Wonderful person", la reprise de Curtis Mayfield par Black Masses;
  • "Latin lover" de Stephanie Mills;
  • "Bliss" de Mutiny;
  • "Nights over Egypt" la reprise des Jones Girls par Incognito;
  • "Never forget" de Hardrive 2000
Remarquable carte de visite !

11/ KIM ENGLISH "Learn 2 luv" : ce remix de John Chiafone, du duo Mood II Swing, rivalise sans forcer avec l'original grandiose qui symbolise la quintessence de leur œuvre.
Le maxi sorti sur Nervous Records en 1997 vaut son pesant d'or avec notamment un Atmospheric Mix signé François K.