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vendredi 11 octobre 2013

N° 200 : Pure underground (Victor Simonelli, Tommy Musto, MK, Creative Force...)


Set non disponible

Et nous voici arrivés au numéro 2OO ! Je vous avoue que je ne pensais pas aller jusque là lorsqu'en 2008, j'ai repris le chemin du mix sur le web. Pur hasard des choses, cet épisode coïncide avec un set très underground... comme un symbole de tous les titres mythiques que j'ai pu jouer.

1) GLOBAL COMMUNICATION "The Groove" : un titre qui figure sur le volume 5 de la compilation "Jazz in the House", une série que je suivais assidûment à la fin des années 90. Au sein du duo Global Communication, on retrouve Tom Middleton, désormais plutôt orienté vers une house très hypnotique.
Dans la même veine, je vous avais joué il y a quelques temps leur autre tube, The Way, un titre qui samplait The Sweetest Pain de Dexter Wansel.

2) BELLAVOID "Moments" : déniché sur Traxsource au printemps dernier. Traxsource est un site de vente digital très orienté "house" et qui possède les défauts de ses qualités : un choix immense où les pépites côtoient les plus grosses daubes, chaque label pouvant y déposer son catalogue sans aucune sélection... d'où de pénibles heures d'écoute pour emporter quelques bons titres au final ! Les disquaires de mes années Skyrock avaient le mérite d'effectuer un tri sévère, rentabilité et gestion de l'espace obligent... et gain de temps pour le client.

3) MK "Burning" (Round Table Knights Remix) : mon ami Mika, fan de l'artiste, sera heureux d'entendre ce remix récent qui respecte l'aspect ténébreux de l'original sorti en 1992. Les Round Table Knights sont des producteurs originaires de Suisse, un petit pays qu'il ne faut toutefois pas négliger en matière de house de qualité (le label Purple Music).

4) TOMMYBOY "Can You Feel It" (Metodi Hristov Remix) : également obtenu sur Traxsource, ce titre totalement vintage reprend la ligne de basse de My Love Is For Real de Strike et le riff de piano de Good Life de Inner City.

5) HOUSE 2 HOUSE "I Need Your Love" (Love Mix) : un classique du label Strictly Rhythm datant de 1991, une époque où le sampling battant son plein au grand bonheur des puristes.

6) LYNN LOCKAMIE "change the beat" : une rareté du petit label new-yorkais One Records sortie en 1993. Un son tout à fait typique des productions house qui ont fleuri en cette année millésimée.

7) MATT WOOD "What am i gonna do with you" (Rushmore's Dub) : on ne reconnait plus du tout ce qui est à la base une reprise de Barry White, mais quel dub envoûtant ! Ne manquez pas non plus la version vocale (Attack That Track).

8) CREATIVE FORCE "It's so good" (Full Length Club Mix) : une production Tommy Musto et Victor Simonelli dans une version marathon qui dure à l'origine plus de 10 minutes. Brillamment repris par les belges de Paris Avenue (Feel It) dans une version dont je ne possède hélas pas le nom, mais que j'ai jouée dans mon set N°85.

9) TOTAL ECLIPSE "Come Together" (T.V.S.M. Club Mix) : le tandem Musto-Simonelli encore à l'honneur sur ce titre qui figure sur la compilation du label, Sub-Urban Vol.1, sortie en 1993 en CD, un must de la culture New-Jersey garage.

10) 95 NORTH feat. Sabrynaah Pope "Hold On" (Louie's Maw Club Mix) : du gospel avec la voix de Sabrynaah Pope décédée il y a quelques années et que l'on peut également entendre sur le Come on de Sandy Rivera.

11) CESARIA EVORA "Sangue de Beirona" (Francois K Dub) : autre voix disparue, celle de la chanteuse capverdienne avec ce titre qui fut magnifié pour les pistes de dance par François K. Ce dub très underground n'a rien à voir avec le Vocal Mix, mélange de garage et de World Music.

12) OUTRAGE "That Piano Track" : sorti sur le label anglais Junior Boy's Own en 1992, c'est l'un des premiers titres de l'histoire de la progressive house. Du même producteur (l'italien Fabio Paras), dégustez le tube "pumping house" Tall 'n' Handsome (que j'ai déjà présenté ici).

samedi 18 avril 2009

N° 15 : Don't forget your handbag (dutch house, UK happy house, Klubbheads, Atlantic Ocean, Happy Clappers, Tin Tin Out)

Set non disponible




Nouveau set dédié à cette handbag house européenne avec un focus sur la scène hollandaise.

1/ JON OF THE PLEASED WIMMIN "Passion" : une reprise d'un titre des FLIRTS sorti en 1982, une "italienerie" complètement ringarde. Les Tin Tin Out ajoutent de la nitroglycérine au carburant de ce titre bien mollasson. Ce duo de producteurs-remixers est composé de Lyndsey Edwards et Darren Stokes, directeur artistique du label Pulse 8, très au fait de cette handbag house puisqu'il a signé le groupe Urban Cookie Collective (The key, the secret - High on happy vibe, ...).

2/ KLUBBHEADS "Klubbhopping" : ça n'est plus du handbag mais carrément du hardbag avec ce rap et ce gimmick rageurs. On ne compte plus les hits de ces hollandais volants qui démarrèrent en wheeling avec The Ultimate Seduction (1992). Ce Klubbhopping fut suivi de près par un Discohopping dans la même veine. Récemment, le duo s'est illustré sous le pseudo de HI TACK pour une revisite de Say, Say, Say (waiting for you) interprété à l'origine par Paul McCartney et Michael Jackson. Le mix ici présenté est signé Lisa Marie Experience et surpasse largement l'original, bien trop minimaliste pour susciter mon intérêt.

3/ OUTRAGE "Tall 'n' handsome" : le remix de Dex & Jonesey (encore un duo anglais très furtif !) n'aurait rien à envier aux productions électro du moment.

4/ CELVIN ROTANE "I believe" : un titre sorti en Angleterre en 1995 par le groupe Happy Clappers avec un sample rapidement interdit qui était extrait de l'accapella de I Believe par The K London Production Club (pour la petite histoire, DJ DADO fera rechanter le texte en 1997 pour son tube Coming back).
Heureusement présent à Londres la semaine de sa sortie, j'ai eu le temps de me procurer un exemplaire de ce désormais rarissime bootleg. Le groupe dût ressortir le titre avec une voix de substitution mais, comme ce fut le cas avec Bright on Time de Black Box, l'énergie de l'original n'était plus là.
C'est alors qu'intervient Celvin Rotane, un D.J. allemand qui avait réalisé une maquette utilisant ce même sample en 1993 (année de sortie du titre de The K London Production Club). Sur la lancée du titre des Happy Clappers, il fait remixer son morceau dans une version techno-house par Ramon Zenker, membre du groupe Hardfloor, et parvient à le signer chez Edel. Son "I believe" obtiendra un succès européen, entreprise dans laquelle Happy Clappers aura plutôt moins bien réussi.

Morale de l'histoire : ça n'est pas toujours le précurseur qui récolte le bénéfice de son idée. Il faudra d'ailleurs que je vous parle de l'affaire "Love can't turn around", à l'occasion. Elle mérite qu'on s'y attarde car tout ne fut pas rose au royaume de la house de Chicago.

5/ STRIKE "U sure do" : retour de ce groupe anglais dans une version totalement handbag avec un gimmick à faire valser les sacs à main.

6/ ATLANTIC OCEAN "Mimosa" : la face B du maxi de Waterfall présentait cet intéressant exercice de style dans lequel j'ai glissé des samples d'un groupe de funk dont je n'arrive plus à trouver le nom (c'était un "Best Of" emprunté à ma discothèque municipale et qui a disparu de leur catalogue depuis). J'ai fait des requêtes sur plusieurs sites mais personne n'a pu trouver leur origine. Ces samples sont aussi utilisés dans l'intro de Playing with knives de Bizarre Inc.

7/ EARTH WIND & FIRE "September" : l'original de 1978 était déjà exceptionnel, ce remix de Phats & Small nous transporte au 7ème ciel ! Ce duo anglais est surtout connu pour son tube Turn Around qui reprenait un sample de Reach up de Toney Lee.

8/ CHUBBY CHUNKS "Testament one" : le premier tube du mythique label Cleveland City que je transforme en mash-up avec l'accapella de Rise de SOUL PROVIDERS. Le sample qui sert de base au morceau est le Music de ONE WAY (1979), morceau d'ailleurs assez essentiel dans toute discothèque qui se respecte.

9/ THE ULTIMATE SEDUCTION "The ultimate seduction" : derrière cette bombe techno se cache le groupe hollandais KLUBBHEADS déjà évoqué plus haut. Le sample provient de The Realm par C'hantal dixit mon ami Moratto sur l'excellent site samples.fr.

10/ SUBLIMINAL CUTS "Drumtrack melody" : assez éloigné du style habituel du label Tribal America, ce magnifique morceau de trance utilise un sample assez rare : Loving you like crazy de CORINA, une production assez médiocre du label new-yorkais Cutting Records même si Todd Terry a tenté un remix, peu inspiré sur le coup.

11/ ATLANTIC OCEAN "Waterfall" : l'original du seul tube de ce groupe hollandais. Un orgue virevoltant et hypnotique qui nous emmène dans une sorte de farandole techno-trance franchement originale.

12/ BIZARRE INC "Playing with knives" : grâce à des breaks de piano euphoriques qui s'intercalent de manière inopinée dans un arrangement lourd et agressif, ce titre "rave" réalise l'un des premiers crossovers radio de l'histoire de la techno.

13/ FULL HOUSE "Into tomorrow" : un cover impeccable de "Playing with knives" qui n'a conservé que sa partie "happy". Il est porté par Jeanie Tracy, une diva du calibre d'une Martha Wash avec qui elle a d'ailleurs souvent collaboré. En 2000, ce fameux gimmick fut repris par BIG BASS vs. MICHELLE NARINE avec What you do.

14/ SLEAZESISTERS "Let's whip it up" : excellente production du label Pulse 8 Records remixée par Red Jerry, fondateur du label Hooj Choons. On lui doit la découverte de tubes comme Don't you want me de Felix, High de Hyper Go go, Son of a gun de JX. Vers le milieu des années 90, lorsque le style handbag commença à décliner, le label réussit une reconversion dans un registre plus trance avec la signature de Beachball de Nalin & Kane, Schöneberg de Marmion et surtout Café del Mar de Energy 52 (Three'N One Remix). Fermé en 2003, le label renaît de ses cendres en 2007, mais en toute confidentialité.

15/ MOZAIC "Sing it (the hallelujah song)" : comme j'ai commencé ce set, je termine avec un mix signé par Tin Tin out et Tall Paul Newman (the Goodfellos) pour un remake handbag du tube de Dr Alban, Sing hallelujah.

jeudi 19 mars 2009

N° 10 : Leave your handbag at the cloakroom (Mr Roy, Klatsch, Nush, Alex Party, Strike...)

Set non disponible




La "handbag" house est une tendance très happy et vocale de la house music. Née en Angleterre, elle atteint son apogée au milieu des années 90 sous l'impulsion de DJ's et producteurs tels Tony de Vit, Nush, Strike, Goodfellos, Red Jerry, Dancing Divaz, Tall Paul ou Tin Tin Out.
Se drapant de sons techno, elle peut revêtir le costume de "hardbag" et tourner à une cadence infernale d'environ 130-135 BPM.

On suppose que son nom s'inspire des scènes de travestis dansant sans relâche sur la piste autour de leurs sacs à main mais je crois que les petites minettes y étaient pour beaucoup également.

Un club anglais aujourd'hui disparu aurait également choisi cet accessoire féminin en guise de décoration géante au milieu de la piste.

La handbag symbolise la glorification de ces titres qu'on appelle "anthems" dans des clubs anglais populaires comme le Ministry of Sound. Le Ministry, populaire ? n'allons pas si vite en besogne ! lors de ma première tentative pour pénétrer dans la fameuse enceinte, j'ai été éconduit avec un flegme "so british", recevant de la main du physionimiste ce gentil petit carton.



Pas assez d'extravagance, un karma qui laissait à désirer, un trépignement hystérique devant l'entrée...? le fait est qu'il a fallu regagner mon hôtel en taxi sauvage.
Retentant ma chance dès le lendemain, je me présentais accompagné d'une ou deux anglaises branchées dans la file d'attente, mais surtout munies du précieux accessoire ! Le tour était joué. Il était temps de s'imprégner de cette handbag si alléchante.

1/ DONNA GILES "And i'm telling you" et 2/ KLATSCH! "God save the Queer" : Deux titres qui reprennent la ligne de basse d'un titre HI-NRG de Bobby O, "She has the way". Donna Giles est une hurleuse magnifique sur le Jackie 60 Experience Mix de "Gimme Luv"de David Morales. Reste à savoir si c'est bien Klatsch!, ce groupe hollandais aux multiples pseudos (Chocolate Puma, René & Gaston, The Good Men...), qui détient la paternité du fabuleux riff de piano.
Je propose ici un mash-up qui inclut l'accapella de" Mr Right" de Eleanor Mills.

3/ OUTRAGE "Tall 'n' handsome" : Un remix signé par NUSH, un duo anglais emblématique de la handbag. Là aussi, "Mr Right" est utilisé pour la phrase "Got to be free" qu'on entendra aussi sur le tube de Deborah Wilson "Free". Vous commencez à saisir toute l'énergie positive qui caractérise cette house ?

4/ Le premier tube de Joey Negro sous le pseudo de RAVEN MAIZE reprend le riff de piano Rhodes et le long accapella qui démarre le dub de la face B du "Together Forever" d'Exodus (1982). C'est d'ailleurs l'un des premiers accapellas a avoir figuré sur un maxi-single. Le titre est remixé par le duo anglais Future Shock mais Discogs crédite par erreur un autre producteur allemand qui porte le même nom. Comme quoi, même la Bible n'est pas fiable à 100% !

5/ NUSH "U girls" : un missile handbag remixé par le trio de producteurs italiens Alex Party. Leur intitulé de mix (Alex Party Heavy Sex Dub) le dispute en matière de gaudriole avec celui de Grant Nelson (Grant Nelson Hard Sex Dub).

6/ CAROL BAILEY "Feel it" : Autre chef d'oeuvre de Alex Party, véritables chantres d'une house mastoc et redoutablement efficace.

7/ GABRIELLE "We don't talk" : c'est l'énigme de ce set puisque personne n'est crédité sur le white label que je possède. Discogs en perd aussi son latin. Je mise sur un mix signé de Rhyme Time Productions du label Cleveland City.

8/ STRIKE "The morning after" : Avec Mr Roy et Lovestation, Strike sont les tauliers du label Fresh. Autant l'original est putassier et donc pénible, autant ce remix très aérien met en valeur la voix de Victoria Newton, chanteuse australienne issue de la scène jazz. Désormais, vous pouvez la booker pour une soirée mais son répertoire ne contient aucun titre du groupe qui l'a révélée. La "reconnaissance du ventre" est une vertu peu usitée dans le cruel monde du show-biz.

9/ GRACE UNDER PRESSURE "Make my day" : l'original de Roger S était merveilleux mais ce remix très handbag des belges de Casino (alias Natural Born Grooves) est idéal pour se trémousser autour d'une pile de sacs à main.

10/ LIVIN' JOY "Dreamer" : En 1994, les deux frères Visnadi abandonnent provisoirement Alex Party pour réaliser ce tube mémorable. Comme d'habitude, le succès entraînant son lot d'emmerdements, la chanteuse d'origine, Janice Robinson, ne donna pas suite et tout finit par capoter après "Don't stop movin'", un deuxième single plus laborieux réalisé avec une chanteuse de substitution. Décidément, il est bien difficile de nouer des collaborations durables dans le monde de la house music ce qui explique sans doute le peu d'intérêt qu'elle suscite auprès du grand public et des médias officiels.

11/ Retour au coeur du label Fresh avec "U sure do", Le tube définitif de STRIKE qui sample le "Serious" de DONNA ALLEN.

12/ Mr ROY est un trio londonien qui reviendra souvent dans mes sets. "Something about you" utilise un sample de piano tiré du "i need you" de NIKITA WARREN (1991). Comme les Masters at Work avaient également puisé leur inspiration dans ce titre ("Only love can break your heart" par SAINT ETIENNE), je mixe tout cela dans un mash-up qui... coule de source.
Pour l'anecdote, en 2006, SOUL CENTRAL remanie légèrement ce riff visiblement culte pour son "Need you know" dont le remix de Deep Josh peut plastronner dans la multitude de reprises qui caractérisent la house actuelle.

13/ SLO MOSHUN "Bells of N.Y." : un véritable hymne handbag house avec une trituration complètement folle d'un riff de sax. Le gimmick synthé est tout aussi redoutable. L'originalité du break hip-hop qui ralentit le tempo inspirera Greed pour "Pump up the volume" la même année.

14/ IDEAL "Hot", le titre phare du label Cleveland City. Signé en France par Scorpio, il figurera parmi les titres les plus joués dans les clubs. C'est une production de Jon Dasilva, DJ du fameux club mancunéen, l'Haçienda, qui sample là un obscur titre house de 1984 : MIDWAY "Set it out". Au risque de me répéter, en matière de house music, le talent c'est savoir s'approprier une idée en lui donnant la splendeur qu'elle n'avait pas à l'origine. Je n'ose pas employer le mot "génie"... certains crieraient au scandale.