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vendredi 19 septembre 2014

N° 220 : 100% Pure House (Sonny Fodera, Changing Planes, Kraak & Smaak...)


Set non disponible

Encore un set qui mélange vieilles gloires et nouveaux talents, mais c'est ce qui visiblement fait ma marque de fabrique selon vos commentaires :-)

1/ CRYSTAL WATERS "100% Pure Love" : même s'il elle apparaît encore épisodiquement dans des featurings (Destination Unknown-ou Calabria, au choix-en 2007), c'est bien au début des années 90 qu'elle caressa des orgues Hammond de la renommée avec cette voix rauque et nonchalante qui la caractérise, notamment sur le tube Gypsy Woman qu'un odieux cover du label Flarenasch priva des places d'honneurs du Top Dance.
100% Pure Love est extrait de son 2e album Storyteller paru en 1994.
Je pense que ce Club Mix assez bordélique dans sa construction est l'oeuvre des producteurs originaux, les Basement Boys.

2/ DEEE-LITE "Groove Is In The Heart" : le producteur américain Gigamesh nous a proposé quelques remixes de bonne tenue comme l'éternel hymne baba cool Dreams de Fleetwood Mac, Cooler Than Me de Mike Posner ou les très récents Pump up the Kicks de Foster The People et Sun de 2 Doors Cinema Club.
C'est l'un des meilleurs ambassadeurs de cette nouvelle vague indie dance qui fait fureur actuellement avec les remixes de Lilly Wood & The Prick et Mr Probz (par Robin Schultz) ou bien Clean Bandit et Likke Li (par The Magician).
Et concernant le hit de Deee-Lite, le lifting est particulièrement réussi grâce notamment à la petite touche "Space Disco" (un style apparu en Italie à la fin des années 70 et dont les représentants actuels se nomment Todd Terje, Lindström ou Prins Thomas).

3/ SONNY FODERA feat. Ari lourdes "Everything You Want" : le très prolifique pape de la deep-house australienne a démarré sa carrière il y a 3 ans dans un style "jackin' house" en collaborant notamment avec Cajmere et c'est en producteur matois qu'il a choisi de s'orienter vers la deep. En récompense de cette décision judicieuse (trop speed, la jackin' house me lasse très vite), je le programmerai régulièrement dans les prochaines semaines.

4/ FCL "Let's Go Seven" : une deep-house cette fois-ci en provenance de Belgique (une fois n'est pas coutume hélas). Les loops de Traktor permettent de faire durer le plaisir sur l'accapella de l'intro.
Leur nouveau single It's You est sorti récemment sur Defected Records avec notamment un excellent remix de Mousse T (bientôt programmé).

5/ DISCLOSURE feat. Sinead Harnett "Boiling" (Medlar Remix) : ce duo anglais composé des deux frères Lawrence annonce peut-être un renouveau du garage bien que leurs titres les plus populaires (Latch, You and Me) n'aient rien à voir avec ce style. Tel un éternel optimiste, je crois encore à l’avènement de ce style. Quand je fais écouter des morceaux à des amis ou des relations, ils me disent souvent "Putain, c'est vachement bien. J'entends jamais ce genre de truc !"... et pour cause, les radios font de la rétention, trop soucieuses de perdre des auditeurs (car les patrons de radios ne sont que des financiers, pas des directeurs artistiques) et avec la disparition de notre maître Frankie Knuckles dont les remixes signés Director's Cut avait laissé entrevoir de grands espoirs, je crois que la messe est dite (L'émission Le Supplément sur Canal+ avait quand même diffusé un hommage à l'artiste cet été).
Pour en revenir à Disclosure, il est tout à fait urgent de se procurer la "Special Edition" de Settle, qui reste l'un des meilleurs albums de musique club de l'année, 11.99€ pour 37 titres et remixes dont certains ont déjà conquis les sybarites de la house music.

6/ JANET JACKSON "That's The Way Love Goes" : pour l'enchaînement, les accords de Disclosure m'ont immédiatement orienté vers ce fameux remix garage de CJ Macintosh qui porta à l'empyrée le titre original en 1993.

7/ NYDC "Up In This House" : alliance de New York et de Washington DC, Danny Tenaglia et Deep Dish sont pressentis pour avoir réalisé ce titre et il est vrai que le son me laisse croire que Tenaglia était au mix. Totalement dans l'harmonie, le mix sur le gimmick de synthé de Janet Jackson était trop tentant.

8/ ROBIN S "Show Me Love" : il fallait bien que je le mixe un jour même si ce titre est "burn" dans ma tête à force de rabâchage. Quand j'avais reçu le double pack à Skyrock, cette version m'avait laissé assez indifférent.

9/ PETER BROWN feat. Ann Bailey "Let Me Go" (Changing Planes Remix) : du Robin S à la sauce 2013 avec un zeste de progressive house.

10/ KLAUE & TATZE  "Inside Me" (Changing Planes Remix) : un "double power" pour Changing Planes qui semble être à nouveau duo de remixeurs anglais. On flirte à nouveau avec les ambiances à la Kings Of Tomorrow.

11/ KRAAK & SMAAK "Mountain Top" : une réappropriation tout à fait merveilleuse de l'accapella de Walking On Sunshine de Rockers Revenge. Le trio hollandais composé des DJ's Mark Kneppers, Oscar De Jong et Wim Plug nous livre une house édénique au pays des riffs de Good Life de Inner City. Ce single a été signé sur la division deep-house (Spinnin' Deep) du prestigieux label Spinnin' Records pourtant très axé sur la trance et une électro souvent brutale... comme quoi cette house sexy, aux tempos assagis, retrouve ses atours pour séduire la plèbe abrutie par l'électro.
Et sachez que 126 BPM est une limite au-delà de laquelle le groove disparaît inéluctablement (sauf renfort de percussions).

12/ MARATHON "Movin'" (Lee's Vocal Dub) : et c'est donc fort logiquement que ce set s'achève dans cette couleur vintage avec un remix injustement méconnu de Joey Negro datant de 1990. La version originale est totalement indie-rock.

La semaine prochaine, retour furtif de la Trance après de longs mois d'absence.

samedi 12 juillet 2014

N° 218 : Flavour of the Old School (Mary Jane Girls, Ce Ce Peniston, Nomad, D Train...)


Set non disponible

Dernier set avant les sacro-saintes vacances que je souhaite excellentes à celles et ceux qui pourront en prendre.
Je publierai un ou deux Top Dance Megamixes inédits d'ici fin septembre.

Ce set au doux parfum du passé démarre avec les MARY JANE GIRLS et "In My House". C'est un peu comme si les Supremes avaient survécu aux années 80 et s'étaient reconverties dans une funk-house cadencée par les boites à rythmes.
Produit par feu Rick James, ce clin d'oeil à la Motown est d'autant plus évident que ce single était sorti en 1985 sur le label Gordy (Berry Gordy étant le fondateur du célèbre label de Detroit).
Les Mary Jane Girls sont toutefois bien plus connues pour leur hit "All Night Long" (1983).

"Stop & Go" de DAVID GRANT aurait certainement échappé à mon attention si je ne l'avais pas vu à l'émission Top Of The Pops lorsque j'étais étudiant à l'Université de Londres en 1983. C'est une copie relativement bonne du style du grand Michael Jackson qui triomphait à l'époque avec l'album Thriller.
L'acmé de sa carrière fut toutefois sa remarquable ballade "Could it be i'm falling in love" en duo avec Jaki Graham.

Récupéré sur Soulseek, ce Shield Your Eyes SFO to ORD Edit de "You're The One For Me" de D-TRAIN reste une énigme, mais se révèle toujours plus facile à mixer que l'original assez instable.
Il est disponible sur Soundcloud.

MATT BIANCO "Wam-Bam Boogie". J"avais découvert cet artiste dans un style "vintage jazz" (un genre musical très couru au début des années 80 au Royaume-Uni) avec notamment le single "Whose Side Are You on?" (et la chanteuse Basia) et l'album éponyme est d'ailleurs un must have pour toute discothèque qui se respecte.

Cette version Soul de "(I wanna give you) Devotion" de NOMAD a souvent été programmée dans mes Top Dance Megamixes.
Non créditée (volonté ou non de l'interprète ?), c'est Sharon Dee Clarke ("Something Special") qui est au lead vocal.

Petite revue d'effectifs de la Dream Team de ID Productions avec "Dunno what it is"  des BEATMASTERS (E Smoove's Groovy Mix), "Keep On Walkin'" de CE CE PENISTON (Silky Soul 12inch) et "Boy You Knock Me Out" de TATYANA ALI (Maurice's Xclusive Club Mix).
Concernant ce dernier titre, empruntant l'intro magique au piano Rhodes de "Summer Madness" de Kool & The Gang, la version originale produite par Will Smith est une éminence du style R'n'B.

N'oublions pas ROBIN S et "Luv 4 Luv" dans un Old School Mix de circonstance (par Stonebridge) et WHITNEY HOUSTON "Queen Of The Night" dans une majestueuse version garage livrée par CJ Mackintosh.

Le set prend un tournant plus contemporain sur la fin avec deux missiles house très récents : CHAD TYSON "Heard It Like This" (2014 - Original Mix) et LISA SHAW "Heartbeat" (2013 - Migs Deep Salted Dub).

vendredi 25 janvier 2013

N° 177 : Spirit of Ancient Skyrock (Robin S, 2 Brothers On The 4tfh Floor, italo-house classics...)


Set non disponible

Je sais que cela va être un immense plaisir pour beaucoup de retrouver à nouveau quelques titres mythiques de l'Ancien Skyrock.

Mon ami DJ FA (djfa94.blogspot.fr/), spécialiste de l'editing de bandes (ce que faisait par exemple Nagradance sur Skyrock), s'il ne connait déjà ce mix de "Let Go" de SHARON BRYANT, sera ravi de le découvrir et de le déguster. Les edits réalisés dans les règles de l'art sont distillés avec parcimonie.
Sharon Bryant fut la chanteuse lead d'un groupe disco nommé Atlantic Starr et dont "(Let's) Rock'n'roll", hymne totalement débridé du Palace de 1979, reste l'un de mes all time classics.

Le meilleur de PAULA ABDUL avec "Opposites Attract", un titre sans failles aux accents "Princiers" produit par Oliver Leiber.
Oliver est le fils de Jerry Leiber qui avec Mike Stoller, composa de nombreux hits dans les années 50 dont Hound Dog et Jailhouse Rock pour Presley, Stand By Me pour Ben E. King et même un titre adapté en français sous le nom de L'homme à la moto par Edith Piaf en 1956.
Forever Your Girl, est l'album de Paula Abdul qu'il faut absolument posséder dans sa discothèque. Il comprend d'autres pépites comme Straight up, (It's just) The Way You Love Me, Knocked Out et éventuellement Cold Hearted... et les remixes sont tous excellents.

"(Hey you) The Rock Steady Crew" de THE ROCK STEADY CREW ne correspond pas spécialement à une référence Skyrock, mais il me tardait de pouvoir inclure ce titre énergique et emblématique de la breakdance des années 80. Le public français le découvrit en 1982 lors d'une grande tournée d'artistes représentatifs du mouvement dont Afrikaa Bambataa. et l'émission télé H.I.P. H.O.P. (1984) en sera la consécration. On sait hélas comment ce style s'est progressivement délité en France dans un rap militant, souvent machiste et agressif, à mille lieux de l'esprit originel.

Mr OIZO "Hun" : une vraie tuerie breakdance hélas trop courte, extrait de l'album Lambs Anger (2008) sur lequel figure aussi la reprise de It takes two de Rob Base et DJ E-Z Rock et d'autres petits exercices de sampling et d'editing.

THIRST "The enemy within" : c'est un one-shot conçu par l'un des remixeurs du DMC, Philip Kelsey, à qui l'on doit également Let me hear you say yeah sous le pseudo PKA. Le sample de voix est pioché dans l'accapella de Mainline de The Jason Load Experience, reprise garage de l'original disco de Black Ivory.

SECCHI feat. Orlando Johnson "Keep on jammin" : l'un des titres-phares du Top Dance Megamix en 1991. Aussi classieux que son autre tube I say yeah.
Stefano Secchi semble désormais retiré du métier.

49ERS "Touch me" (Sexual Version) et OFF-SHORE "I can't take the power" (Riva Mix) : nous sommes au cœur de la regrettée italo-house à la Black Box. Comme l'écrit Didier Lestrade dans son livre Chroniques du dance floor, c'est un style frivole, "idéal pour danser avec sa porte de Frigidaire quand on se réveille le matin...", mais Dieu que c'était bon !
Pour info, Off-Shore n'est pas plus italien que moi je suis panaméen, ce sont des allemands pure souche ! Le titre n'a rien d'autre à dire que I can't take the power! en boucle pendant 6'30", mais on lui pardonnera ce léger manque de créativité.
Quant aux 49ers de Bortolotti, ils samplent Rock-A-Lott de Aretha Franklin et Touch Me de Alisha Warren, une habituée des podiums du sampling !

SONIA "Listen to your heart" et MEL AND KIM "Respectable" : je sais que cela va paraître sans doute très neu-neu et ringard pour les plus jeunes d'entre vous, mais que voulez-vous, c'est mon côté pop fleur bleue !
On aimerait savoir ce que devient Sonia. Pour Samantha Fox et Sabrina, on sait qu'elle font la tournée des popotes dans le cadre des grands raouts revival des années 80, mais Sonia, qu'est-elle devenue ? gérante d'un centre de bronzage rapide ou vendeuse à domicile en produits ménagers Stanhome... nul ne le sait.

LEE MARROW "Do you want me" : ah voilà l'un des tubes sérieux du Skyrock Top Dance en 1992 ! une parfaite imitation de Rhythm is a dancer de SNAP! Le son de basse est d'ailleurs strictement identique. Quel talent ces italiens, toujours imités, jamais égalés ! Total respect à Lee Marrow alias Francesco Bontempi (la vanne est facile mais vous ne m'entraînerez pas sur ce terrain...).

2 BROTHERS ON THE 4th FLOOR "I can't help myself" : tellement connu qu'il n'y a rien à dire de plus...ah si ! le refrain est entièrement pompé sur le titre de Dynasty I don't wanna be a freak !!! En tout cas, ce fut l'un des hits majeurs de la fin 1990 grâce notamment à un mastering au son rond et puissant.

DEDE "Take a step back" : ce fut un flop total lors de sa sortie en France, mais qu'importe, c'est un excellent titre pop-garage avec un rap à la Salt 'n' Pepa.
Avec son titre Get to you sorti en 1997, je pense que DeDe est précurseur du style qui imposa Britney Spears 2 ans plus tard. Il faut dire que l'on retrouve la patte du même compositeur, Max Martin.
Lukasz Gottwald et Max Martin sont à mon sens les plus grands songwriters du monde dans le domaine de la musique pop.

La fin de l'année 1994 annonçait déjà le déclin de la diva ROBIN S malgré cet excellent "Back it up". Un règne éphémère sur les dancefloors....

J'ai dû jouer une seule fois dans le Top Dance Megamix ce maxi assez peu connu de DEEE-LITE, extrait de leur 2e album,"Runaway". Les versions des Masters At Work valent aussi le détour bien qu'un peu moins efficaces.

mardi 22 novembre 2011

N° 130 : My clubbing philosophy (Lovebirds, Madonna, Jomanda, Lenny Williams...)

Set non disponible

Voici une programmation qui reflète ma philosophie du clubbing :
  • ne pas s'enfermer dans un style
  • switcher rapidement entre les différentes tendances
  • matcher les époques
  • prioriser les mixes vocaux
  • insuffler une ambiance positive
Ce set ne pourrait donc être joué nulle part sauf là où l'ouverture d'esprit de chacun rendrait le clubbing... oecuménique !

1/ DAFT PUNK "Musique" : Et dire que nous étions sans doute dans la même rave party, le Dance Europe Weekender, organisé les 24, 25 et 26 septembre 1993 sur le chantier de l'hôtel Novotel, tout près de Disneyland. C'est à cette occasion que le duo masqué rencontra les managers du label écossais SOMA et qu'il signa son premier opus, passé inaperçu.

En 1996, Skyrock martèlera le single "Da Funk", maxi sur lequel figure ce qui représente pour moi le premier grand titre de leur carrière : "Musique", symbole d'une "french touch" qui tient sa légitimité d'une astuce technique : la filtration de samples disco-funk répétitifs.

Un mauvais journaliste dirait que "la filtration des samples fut une vraie innovation"... comme s'il existait de "fausses innovations" et là se pose le débat sur l'utilisation de plus en plus répandue et inappropriée de cet adjectif qui ridiculise celui qui l'emploie en espérant renforcer son propos.
Il n'y a pas de "vraie question", "de vraie avancée" ou de "vrai débat"... mais il peut éventuellement y avoir un "vrai problème" dans la mesure ou le "faux problème" fait partie de notre vocabulaire.

Quoi qu'il en soit, avec "Musique", nous avons là un exemple parfait de ce que représente l'art de jouer pendant 5 minutes avec un sample anodin sans jamais lasser l'auditeur : on appelle ça le talent, je crois.

2/ LOVEBIRDS Feat. Stee Downes "Give me a dubfuck" : la face A "Want You In My Soul" est un titre soulful taillé sur mesure pour la douce voix de Stee Downes, artiste que j'avais déjà repéré sur la ballade "Obviously".
C'est l'un des "must-have" de l'année 2011, mais cette face B deep-house d'une progression calibrée au palmer a également été plébiscitée par de nombreux DJ's. Le sample vient de "Give Me A Sign" de ... Lovebirds Feat. Holly Backler (un titre finalement sorti en décembre 2014 !!!).

3/ BIZARRE INC "Took my love" : on replonge dans les grandes heures de la Max Party avec ce remix kafkaïen de Mark Kinchen, le genre de titre qui vous emmène direct à la potence si vous avez le malheur de le jouer au Macumba de St-Julien-en-Genevois.

4/ CRYSTAL WATERS "100% pure love" : même si l'inconscient populaire n'a retenu que "Gypsy Woman", Crystal Waters a enchaîné quelques mini-tubes par la suite et ce "100% pure love" à l'arrangement festif et débridé est un grand moment de clubbing.

5/ MADONNA "Deeper and Deeper" : extrait du brillant album "Erotica" qui représenta la dernière flamboyance dance de la "croqueuse d'hommes" désormais en quête de la jeunesse éternelle, un soleil qui ne veut pas se coucher.
Je pense que Shep Pettibone, son mentor, signait là sa dernière collaboration avant de gentiment se faire raccompagner au vestiaire. Et pourtant ça n'est pas faute d'avoir sué comme un galérien sur les remixes du titre.
S'ensuivra le très fade album "Bed time Stories" dont je n'ai retenu que le slow "Take a bow".

6/ CARLEEN ANDERSON "True spirit" : dans la lignée des grands dubs deep-house signés K-Klass. La version club également mixée par ces anglais est empreinte d'une grande religiosité.

7/ ROBIN S "Back it up" : Robin Stone est une artiste à la réussite très éloignée des schémas classiques. C'est un remix très underground de son titre "Show me love" qui la propulsait en tête du Top Dance en 1992 sous le nouveau pseudo de Robin S. Je diffuserai bientôt le mix original de "Show me love" sorti chez Carrère l'année précédente.
Le suédois Stonebridge signe là un énième tube (toujours chez Happy Music qui rafla le pactole au passage) en usant jusqu'à la corde le fameux plan de gimmick d'orgue réalisé sur un synthé Korg M1.

8/ JOMANDA "Got a love for you" : j'ai matraqué ce titre sur Skyrock durant tout l'automne 1991. C'est le chef d'œuvre commercial de Steve Hurley et je pense que ce mix fait désormais partie du patrimoine de la house music de Chicago.
J'avais découvert ce trio américain dans le Skyrock Skydance en 1988 avec "Make my body rock".

9/ DEFINITION OF SOUND "Moira Jane's cafe" : rareté signée E-Smoove de l'écurie ID Productions. Je l'ai joué au printemps 1992 sur l'antenne de Skyrock, époque maudite où East Side Beat accaparait la première place du Top Dance.
D'aucuns me disent "pourquoi tant d'acharnement sur ce titre somme toute acceptable ?"
Mettez-vous à la place de l'animateur qui doit ménager un faux suspense pendant trois mois, écoutez attentivement la loop qui phase et le 2e couplet chanté en dessous de la tonalité. Et puis, toucher à un épique monument pop en le transformant en dance bon marché...Trop, c'est trop !

10/ NORMAN JEAN BELL "I'm the baddest bitch" : un style né de la relation ancillaire entre le jazz et la house et un titre qui figure sur l'incontournable compilation "Jazz in the house".

11/ HENDERSON & WHITFIELD "Dancin' to the beat" : un one-shot impeccable de 1981 qui fit aussi les grandes heures du Patch Club.

12/ LENNY WILLIAMS "Choosing you" : Du disco authentique (et non pas ces compilations de supermarchés qui ne connaissent que Boney M, Kool & the Gang et Ottawan), un titre roboratif de 1977 qui passe ici dans les samplers de Deadly Sins.
Leurs bootlegs de re-edit (Giant Cuts) sont rarement décevants.
Celui-ci est extrait du volume 2 qui contient également "Let's go all the way (down)" de Brenda & The Tabulations (l'intro à été samplée par Dave Morales pour son remix de "I'll be waiting" de Clive Griffin).

vendredi 11 juin 2010

N° 71 : The after hours session (Fabio Bacchini, Lovetronic, Frankie Knuckles classic mixes...)

Set non disponible

Ibiza, 5h du matin. Une plage éclairée par les seuls flambeaux. L'astre du jour dardera d'ici peu.
Après une nuit d'interminables sets électro, les danseurs les plus frénétiques, les béotiens enivrés ont fini par céder. Le lieu est à nouveau investi par les sybarites de la soul music.
Les basses du sound-system sont toujours aussi pénétrantes, mais la chaleur des sonorités rassurent le tympan fatigué. C'est l'after hours.

1/ H.GARDEN feat. JOI "Gentle rain" (Acid Rain Mix) : Cela faisait longtemps que je n'avais pas mixé un 45t !
Le fait est que cette sublime version chill de "Gentle rain" n'est disponible que sur ce support.
Vous connaissez sans doute la version qui figure sur la compilation Café del Mar 25th Anniversary. Ce nouveau mix est écrit et produit par Joe Claussell et disponible sur son label tribal-house, Sacred Rhythm Music.
Une offrande pour démarrer ce set.

2/ WILL DOWNING "The world is a ghetto" : Knuckles et Morales se sont employés pour délivrer ce downtempo d'une urgence absolue.
L'original de WAR (1972) avait été magnifié par la voix et la guitare jazz de George Benson.
Will Downing, artiste originaire du quartier de Brooklyn (N.Y.C.), a offert sa voix de baryton au jazz et au R'nB.
"The world is a ghetto" figure sur l'album "A Dream Fulfilled"qui le révéla au grand public.
Eclipsé par de graves problèmes de santé, il fait son come-back en 2009 avec l'album"Classique".

3/ ARTHUR BAKER & THE BACKBEAT DISCIPLES "Let there be love" : avez-vous reconnu l'interprète ? Je vous laisse quelques secondes encore pour réfléchir. Faites preuve... d'imagination.
L'armada de Def Mix Productions (David Morales à l'arrangement et aux percussions, Eric Kupper aux claviers et John Poppo au mixage) est mobilisée pour ce pur titre garage joué plusieurs fois dans le Skyrock Top Dance.

4/ ROBIN S "Back it up" : après le succès surprenant de "Show me love", sorti un an avant dans une version plus commerciale mais dans une certaine indifférence, Robin S a bénéficié de la vague porteuse pour enchaîner des titres de haute volée.
Le follow-up évident "Love 4 love", le très gospellisant "I want to thank you" (reprise d'Alicia Myers) et enfin ce "Back it up" qui a clos la carrière de la diva.

5/ MELANIE WILLIAMS "Everyday thang" : du pur Knuckles, titre garage de facture très classique aux basses chatoyantes.
Ce titre figure sur une compilation au tracklisting intéressant : "Brazen: The Original Soundtrack". On y retrouve notamment Gee Morris, Joi Cardwell, Alexander Hope, Urban Soul et Charvoni.

6/ DAPHNE "Change" : drôle d'histoire pour ce maxi commercialisé avec des erreurs de pochettes. A Londres, j'ai dû en acheter deux exemplaires dans deux magasins différents pour obtenir enfin le mix indiqué sur la pochette : le Fathers Of Sound Classic Vocal Mix.
Fathers Of Sound sont des remixers qui avaient plus ou moins ratés les versions destinées au marché italien de "Do me boy", titre de SHANNA que Pascal Henninot et moi-même avions composé et qui avait atteint la 5e place du Skyrock Top Dance en 1993.
Quant à la Daphné en question, il s'agit de Daphné Rubin-Vega, chanteuse à la voix de velours et compagne de Peter Daou.

7/ CHRISTINA LORR "Dark as the night" : grand titre garage du label canadien Hi-Bias, fondé entre autres par Nick Fiorucci et dont le tube reste "Get into the music" de DJ's Rule (1991).

8/ WILLIE GRAFF & TUCILLO "Give you up" : un morceau construit sur l'intro de "Give you up" de MYSTIC MERLIN, un groupe dont je vous reparlerai bientôt.

9/ INSTANT EXPOSURE "I need a little more" : grand classique du label new-yorkais Emotive Records, il était quasi-incontournable en soirée en 1992.

10/ FABIO BACCHINI "Freakin jazz" : très brillante relecture du classique jazzy de Patrice Rushen, "Number one".
Patrice Rushen est surtout connue pour les hits "Haven't you heard", "Look up" et, bien entendu, "Forget me nots", le maxi le plus cinglant de l'époque funky.
Les cuivres de son titre "Never gonna give you up" ont été récemment samplés sur le fantastique "Two takes it" de Mr Oizo.

11/ DISCO & Co "Cold coke" : voici ce qu'on appelle couramment du "cosmic disco", un disco très synthétique et relativement peu festif.
Ce titre français de 1979 est ici re-edité par Daniele Baldelli & Marco Dionigi, deux obscurs producteurs (ou DJ's) italiens.

vendredi 18 décembre 2009

Christmas Set : The Many Sides of David Morales

Set non disponible



Voici mon cadeau de fin d'année à tous ceux qui me réclamaient un set dédié à mon icône, David Morales.

Je crois que j'ai pu rassembler tout ce que le Boss a pu faire de bon dans sa longue carrière, même si je n'ai pas le privilège d'avoir accès à la fameuse Def Mix Library qu'évoque Sami Dee dans son interview sur DJ Pod.

Cet article est d'ailleurs fort instructif à lire et cela me rassure de constater que je ne prêche pas la bonne parole dans le désert, d'autres DJ's plus médiatiques comme Sami Dee partageant la même opinion sur la scène club actuelle.

Ce set, que j'ai appelé "les multiples facettes de David Morales", est un vaste voyage dans les différents univers que ce producteur de génie a su façonner depuis plus de 20 ans.
Des allers-retours incessants entre ambiances commerciales et underground entrecoupés d'interludes jazzy, des mixes ou titres assez peu connus du grand public, il fallait éviter le piège du set banal, attendu, qui déroule les plus grands tubes de Morales, l'exercice ayant sans doute été répété maintes et maintes fois par d'autres avant moi.

J'espère qu'à l'issue de ces 80 minutes, vous réaliserez à quel point David Morales a incarné le producteur parfait, à son aise dans toutes les ambiances, une race de DJ qui s'éteint petit à petit pour laisser place à des producteurs sans génie, sans culture, incapables de se métamorphoser en diable ou en fée sur un même titre, proposant un type d'arrangement standardisé.

Sans David Morales, je serai devenu un pauvre commercial avec son attaché-case et son costume-cravate, une sorte de Jean-Claude Convenant anonyme, sans histoire.

Je n'oublierai jamais l'honneur qu'il m'a fait en juillet 1993, un jour de canicule au forum des Halles, en mixant dans mon émission sur Skyrock et en acceptant une interview.
Réécouter l'interview

Voici donc ce set hélas empreint de nostalgie car David a mis en jachère son activité de remixer plus celle plus lucrative de DJ. Il laisse un grand vide et j'ose espérer qu'un jour, lassé des nuits blanches, il revienne en studio pour le plaisir de tous les amateurs de soulful house.

PLAYLIST :

LUTHER VANDROSS & JANET JACKSON "The best things in life are free" (Def Mix)
SATOSHI TOMIIE feat. Arnold Jarvis "And i loved you" (Classic Club Mix)
SATOSHI TOMIIE feat. Arnold Jarvis "And i loved you" (And I Dreamed You)
ROBIN S "I want to thank you" (Bad Yard Club Mix)
MARIAH CAREY "Dreamlover" (Eclipse Dub)
MARIAH CAREY "Dreamlover" (Def Club Mix)
ACE OF BASE "Living in danger" (D-House Mix)
JOE ROBERTS "Back in my life" (Def Version)
UTAH SAINTS "What can you do for me" (Drill Mix)
UTAH SAINTS "What can you do for me" (Hard Mix)
BROOKLYN FRIENDS "Philadelphia" (Original Demo)
MICHAEL & JANET JACKSON "Scream" (Classic Club Mix)
SWEET MERCY feat. Joe Roberts "Happy days" (Morales Dub Mix)
SANDY B "Feel like singin'" (Erotica Mix)
ROBERT OWENS "I'll be your friend" (Original Def Mix)
DENI HINES "I like the way" (Classic Club Mix)
PHOTEK "Mine to give" (David Morales World Mix)

vendredi 4 septembre 2009

N° 34 : Happy hour (all time funky classics, Clubland, Kym Sims, Robin S...)



A l'heure où vous lirez ces lignes, ma carrière aura peut-être pris un tournant décisif, rechute dans l'abîme de l'inexistence ou envolée vers le chemin de la reconnaissance.

Quelle que soit l'issue de ce vendredi crucial, j'ai voulu que cette heure de set soit placée sous le signe de la gaité. "Happy, happy hour!" faisait chanter DEODATO, le producteur de KOOL & THE GANG, dans l'un de ses meilleurs titres en 1982.

1/ Entrée en matière avec l'un des tournants musicaux de ma vie. Un double A-side maxi de SISTER SLEDGE : "We are Family"/"He's the greatest dancer".
Il fallait vraiment être gonflé pour oser ce pari commercial qui défierait toute logique marketing de nos jours. Mais Nile Rodgers et Bernard Edwards, les producteurs du groupe CHIC, ne sont pas à ça près. Ayant renfloués sérieusement les caisses de la major Atlantic et de son label Cotillion avec "Le Freak", tous les plaisirs leur étaient octroyés, notamment de produire qui bon leur semblait. Des "Timbaland" ou des "Neptunes" avant l'heure, en quelque sorte.

Alors que les "cadors" de la soul leur étaient offerts, le duo surprend son monde en jetant son dévolu sur un "girls band" plutôt anecdotique au palmarès aussi fourni qu'une boulangerie parisienne sous l'Occupation.
Le premier 45t extrait de la marmite où mijote la potion magique sera ce "He's the greatest dancer" (N° 1 du R'nB chart US en 1978). "Halston, Gucci, Fiorucci..." réclame Kathy Sledge dans des textes "bling-bling" avant l'heure. Rodgers et Edwards se lâchent totalement, trop même puisque certaines phrases résonnent aux confins de la provocation. "My creme de la creme, please take me home" laisse entendre que les 4 girls seraient des filles faciles alors qu'elles sont un modèle de ferveur religieuse. Pas de quoi rassurer. Et pourtant l'art de la persuasion de nos deux larrons l'emportera, posant un menhir à l'édifice de la disco.

2/ CUTTY "Naughty times" : 1982. les boîtes à rythme commencent leur travail de sape du swing. Il y a ceux qui l'utilisent abusivement et maladroitement comme un nouveau joujou et ceux qui l'intègrent efficacement dans un arrangement qui conserve ses vertus groovy. Tel est le cas de cet obscur groupe dont le magnifique "Naughty Times" reste un monument absolu de cette funky music qui se dresse sur les ruines encore fumantes du disco. Le mythique label COOLTEMPO ne pouvait rêver meilleure signature pour entamer une carrière jonchée des tubes d'ADEVA, JULIET ROBERTS ou MONIE LOVE.

3/ MIDNIGHT STAR "Midas touch" : le titre résume parfaitement la puissance de ce titre extrait de l'excellent album "Headlines" paru en 1986 sur un autre label incontournable, SOLAR, acronyme subtil de Sound of Los Angeles Records et qui signera des artistes comme THE WHISPERS, SHALAMAR, DYNASTY, LAKESIDE, KLYMAXX ou BABYFACE.

4/ LEON HAYWOOD "I'm out to catch" : un clone extraordinaire du seul véritable tube de l'artiste, "Dont push it, don't force it" sorti 3 ans plus tôt. Un riff de guitar imparable et la voix de cette impassible amazone en chasse d'un homme pour la nuit (littéralement "Je sors pour choper").

5/ MARIAH CAREY "Emotions" : la plantureuse diva, dans un énième caprice, pourrait bien avoir réclamé les meilleurs producteurs à ses pieds. C & C Music Factory, signés également chez Sony, faisaient bien l'affaire pour ce single.

6/ LULU "Independence" : celle qui interpréta la B.O. de "L"Homme au Pistolet d'Or", un James Bond de 1974, revient près de 20 ans plus tard avec quelques rides gommées par le remix des Brothers in Rhythm.

7/ CHAKA KHAN "Love you all my lifetime" : j'avais beaucoup aimé le travail de Dave Shaw sur le single de Karyn White, "The way you love me" mais cet opus garage de Chaka Khan atteint des sommets que l'on croyait réservés au seul Frankie Knuckles.

8/ CLUBLAND feat. Zemya Hamilton "Come rain come shine" : je crois que je possède l'essentiel de la discographie de ce groupe suédois remixé ici par Eric Kupper. On retrouve un certain Vito Ingrosso à la compo. De là à penser qu'il y a comme un air de famille avec Sebastian, il n'y a que quelques Krisprolls à engloutir.

9/ KYM SIMS "Too blind to see it" : En 1992, de passage à New-York, je tombe sur cet album produit par l'une de mes idoles du moment, Steve "silk" Hurley. Le valeureux a enfin trouvé en Kym Sims la voix qui pourra mettre en valeur ses propres compositions. Le CD recèle bien des trésors qui seront progressivement sortis en maxi et remixés dans un esprit totalement "happy house" par la team d'ID PRODUCTIONS (Steve Hurley, E-Smoove, Maurice Joshua) :
  • Take my advice
  • A little bit more
  • Too blind to see it
Le Top Dance megamix résonne encore de ces grands moments.

10/ CLUBLAND feat. Zemya Hamilton "Hold on (tighter to love)" : un tube confirmé dans les discothèques françaises, comme un bref intermède avant la déferlante EuroDance.

11/ ROBIN S "Show me love" : amusante anecdote mais peu avantageuse pour ma réputation à propos de ce single. Lorsque je reçoit le double-pack promo, un jour de 1992, mon oreille fortement sous influence garage ne retient que ce AKA Mix que je propose de diffuser immédiatement en nouveauté à RLP dans le Skyrock Top Dance. Ce dernier acquiesce sans problème, nous sommes sur la même longueur d'onde.
Et d'apprendre quelques jours après que c'est finalement un mix dominé par un gimmick d'orgue (celui du synthé Korg M1) qui fait fureur auprès des DJ's français !!! Un son qui influencera un nombre considérable de productions pendant plusieurs années.
Je ne me suis jamais senti aussi étranger à mon pays que ce jour là et me demande encore quelle malédiction m'a fait naître ici alors que je n'ai rien presque rien retenu de sa culture musicale. Finalement, mon grand malheur est d'être né dans le seul pays où je n'avais aucune chance d'imposer mon style musical.

Pour en revenir à cette version de "Show me love", je me suis régalé à la mixer avec Clubland pendant près d'1'30'', un des records de durée dans tous mes sets.

12/ JULIET ROBERTS "Caught in the middle" : après le remix de Morales, voici la 2ème version de ce titre présenté dans mes sets. Une troisième suivra en 2010. Ce mix puissant et gras, hyper compressé, est signé du quatuor anglais K-Klass. Ne pas rater leur version de "2 can play that game" de Bobby Brown, "Lover" de Joe Roberts (voir set N°8) et "True Spirit" de Carleen Anderson.

13/ JANET JACKSON "Because of love" : réunissez deux dieux du mix, (Morales et Knuckles) et cela devient un événement à la mesure d'un "Borsalino" avec Belmondo et Delon au générique. Et ce Frankie & David Trick Mix porte bien son nom, réellement malicieux, un mât de cocagne qu'on prendrait plaisir à grimper pour s'emparer d'un filet garni de bonheur.

14/ Et c'est sans doute dans l'allégresse que je me suis permis de toucher à l'œuvre du Boss, de ré-éditer ce "Ecstasy" de JODY WATLEY sorti discrètement en face B de sa reprise de "When a man loves a woman" en 1994.

Espérons qu'après cette heure de bonheur que j'ai voulu partager avec vous, je ne vous serve pas la soupe à la grimace la semaine prochaine. Dieu seul le sait au moment où j'écris ces lignes.

dimanche 22 mars 2009

N° 11 : Those built-to-last house tracks (David Morales, Frankie Knuckles, Steve Silk Hurley, E-Smoove)

Set non disponible





1/ DE LA SOUL "A rollerskating jam named Saturdays" : alors que l'original sample gaiement le "Evil Vibrations" des Mighty Ryeders (et peut être bien le mot "Saturday" de "Saturday in the park" de Chicago) , Morales ose un instrumental deep-house très minimaliste. A l'instar de son "6 a.m. Mix" qui inclut les vocaux, l'ensemble des remixes de ce titre valent le détour. Heureux De La Soul, toujours bien servis.

2/ MICA PARIS "I never felt like this before" : le vétéran Frankie Knuckles inonde le mix de ces basses tout en rondeur qui ont été la marque de fabrique du Warehouse Club de Chicago. A son apogée, à la fin des années 70, les clubbers y affluaient de la ville entière, dansant jusqu'à 10 heures du matin. Le son était si puissant - et le lieu si exigu - que tous ceux qui n'avaient pas eu la chance de pouvoir y pénétrer profitaient quand même du set de Mr Frankie à l'extérieur du bâtiment, le son transpirant largement à travers les murs !

3/ KYM SIMS "A little bit more" : d'aucuns se demandaient certainement comment un D.J. qui a tant vanté les mérites de Steve Silk Hurley sur l'antenne de Skyrock lui réservait si peu d'espace dans ses mixes. Injustice réparée ! et il sera à l'honneur dans ce set.

4/ AURRA "A little love" : la preuve immédiate avec cet astucieux remix tiré de la compilation Synergy sortie par le label Salsoul en 1992 et dotée d'un casting stellaire (Todd Terry, Masters at Work, Danny Tenaglia...).
Tabasko!, autre compilation-hommage à ce label, sortira l'année suivante avec de nouveaux titres remixés, entre autres, par Frankie Knuckles ou Tommy Musto.

5/ COOKIE CREW "Brother like sister" : un titre souvent programmé dans mes Top Dance megamixes même s'il a connu un succès d'estime en France. Révélées par "Rok da House" mais surtout le single "Females", gros tube du Skydance de RLP, ce titre produit par les danois de Cutfather & Soulshock sera hélas le chant du cygne pour les deux "english sista".

6/ FRANKIE KNUCKLES feat. Roberta Gilliam "Workout" : En 1991, Frankie Knuckles sort "Beyond the Mix", son premier album en tant qu'artiste à part entière. Constellé de tubes en puissance ("The Whistle Song", "Rainfalls"...), les remixes seront à la hauteur de la réputation du personnage. Alors que son compère Morales échouera plus ou moins dans cet exercice avec son album "The Program", Knuckles franchit brillamment l'obstacle.

7/ STABBBS "Joy + Happiness" : Une pure production garage signée Stonebridge dont j'ai transformé le dub en mash-up avec l'acapella de "Touch me" de ALISHA WARREN.

8/ ROBIN S "I want to thank you" : la reprise d'un titre de Alicia Mayers (1981) écrit par Kevin McCord, compositeur à qui l'on doit des tubes comme "Get down saturday night" (O. Cheatham) , "You can do it" ( Al Hudson) et le fabuleux "Mr Groove" (One Way).

9/ CHANTAY SAVAGE "If you believe" : une production exemplaire de Steve "silk" Hurley mais passée complètement inaperçue. Rares sont les articles sur Chantay Savage qui mentionnent ce titre très énergique aux sonorités ragga et africaines plutôt originales. Autre production totalement occultée : "i got a hold on you" (le mémorable Silky Scat Dub) . Heureusement, votre serviteur est là pour exhumer de temps en temps quelques trésors cachés.

10/ Retour d'Eric "E-Smoove" Miller dans mes sets avec ce remix classieux de "I'll wait" par TAYLOR DAYNE. Taylor Dayne, les tubes "Tell it to my heart" et "Prove your love" (1988), ces titres genre "Papillon de Lumière" que j'avais donc évacués très vite de ma mémoire. Heureusement, elle réalise en 1993 un come-back plutôt intéressant avec notamment la collaboration de Shep Pettibone. Autre tube extrait de l'album, "Can't get enough of your love", la reprise de Barry White, avec des mixes house ciselés par C & & Music Factory.

11/ MICHAEL JACKSON "Jam" : un mix de Steve "silk" Hurley que je peux être fier d'avoir joué dans la Max Party sur Skyrock alors qu'il n'était pas encore disponible en France. Malgré l'avalanche de mixes proposés, seul celui de Hurley me paraît réellement digne d'intérêt ; c'est le Steve Hurley à son apogée, hyper créatif et nerveux dans la construction du mix, une "happy house" De Luxe.

12/ DAJAE "Is it all over my face" : Un remix dans lequel E-Smoove joue littéralement avec les samples de voix (léger clin d'oeil au titre de LOOSE JOINTS) et multiplie les breaks ! Un titre totalement déconstruit qui peut être mixé à de multiples endroits, détonnant ainsi avec l'habituelle facture classique de ses remixes.

13/ Lorsqu'on a espéré un disque pendant longtemps, on a tendance à le jouer à outrance. Je n'évite pas ce piège en proposant à nouveau ASIA BLUE "Connect" dans la version jouée par Lil' Louis lors de sa venue à Skyrock. Le mix entre les deux titres est tellement fusionnel que je prolonge le plaisir à la limite du mash-up. Que je mette la main sur l'acapella de Dajae et je vous promets un bootleg d'anthologie !

14/ DEEP AURAL PENETRATION "All i want to do" : malgré moi, je risque la remontrance de I Tunes ! Un titre assez deep qui utilise un sample de DSK ("What would we do?").

15/ ALISON LIMERICK "Where love lives" : le symbole d'une house music construite pour durer. S'il ne fallait conserver qu'une œuvre pour exprimer ce qu'est le "garage", ce "Where love lives" serait l'Élu grâce aux remixes exceptionnels réalisés par Morales et Knuckles. Encore un titre que j'ai joué et rejoué sur l'antenne de Skyrock bien avant sa sortie en France et qui n'a pas du tout fonctionné en club. La France, bonnet d'âne de l'Europe en matière de clubbing. Même au fin fond de la Crète, ce titre a dû étre plébiscité... mais vous connaissez cette fameuse exception française.

16/ Un final qui n'oublie pas le rôle important joué par les italiens dans le mouvement "garage".
ATELIER "Got to live together" sample l'acapella de "Why can't we see" du groupe BLIND TRUTH (une production A. Baker/V. Simonelli), un groupe qui se montrera d'ailleurs assez virulent envers ceux qui utilisèrent cet acapella "punchy" qui attirait forcément les convoitises. J'ai donc échappé au bâton lorsque j'en ai utilisé un petit bout pour mon remix de "I don't talk about L.O.V.E." d'Abyale - le titre n'a certainement pas dû franchir l'Atlantique !

samedi 7 mars 2009

N° 8 : In the heart of deep house (Mark Kinchen, Masters At Work, Eric Kupper, David Morales)

Set non disponible






Le modèle du tout-gratuit est, lui aussi, battu en brèche par la crise.
Déficit d'annonceurs ou bail non renouvelé....mon hébergeur d'origine, Mypodcast.com, ne fonctionne plus depuis deux jours laissant ses clients dans le désarroi le plus total...sans aucune explication.

Afin de ne pas vous laisser en plan, j'ai tout de suite rapatrié mes sets sur un nouveau site français, http://www.djpod.fr.
L'offre me parait raisonnable (20 Go de stockage pour 8.99 €/mois, statistiques incluses) et l'ancien D.J. qui a conçu ce site semble très réactif.
Je fais partie de ses nouveaux clients et espère lui donner un coup de pouce en cette période difficile. Je serai bien entendu intraitable sur la qualité du service mais nous ferons le point d'ici quelques semaines.

Retour ce sur ce nouveau set très orienté deep-house.

1/ BLACK BOX "Everybody Everybody" (Rockapella) : une bonne surprise ramenée en 1990 dans mes bagages en provenance de Miami. Martha Wash assure les vocaux mais, curieusement, n'est pas créditée.

2/ RAZE "Break 4 love" : en 1980, la mode était au roller dans les discothèques et quelques maestros faisaient le show dont le D.J . de la boîte que je fréquentais, le "Patch Club".
Situé sur les quais de la Marne à La Varenne Saint-Hilaire (Val de Marne), ce club mythique fut l'un des tout premiers à jouer des titres funk totalement inconnus en France et le premier club parisien à disposer d'un écran vidéo. J'ai eu l'honneur d'en être aussi le D.J. de 1982 à 1986.
RAZE est le pseudo de Vaughan Mason, producteur américain qui rendit hommage à cet exercice périlleux à travers le titre "Bounce, Rock, Skate, Roll". Il revient en 1988 avec ce titre qui a lustré les trompettes de la renommée, "Break for love".

3/ JOE ROBERTS "Lover" (K-Klass Klub Mix) : Joe Roberts est un artiste comblé. Morales s'est surpassé pour lui sur "Back in my life" et "Happy days", les anglais de K-Klass donnent aussi le meilleur sur ce titre oscillant entre garage et techno. Symbolisant leur marque de fabrique, ce mix hyper-compressé assène ses coups avec un clap et un bassdrum omniprésents.

4/ CLUBLAND "Love strain" : les suédois sont ici remixés par l'un des claviers de l'équipe Def Mix Productions, Eric Kupper.

5/ ROBIN S "Love for love" : Dans la monarchie suédoise, Stonebridge fut élu roi du remix avant d'être supplanté par la "Swedish House Mafia" (Axwell, Steve Angello, Sebastian Ingrosso et Eric Prydz) mais restera l'homme qui révéla Robin S. alias Robin Stone.

6/ Le duo Peter Daou-Danny Tenaglia régale avec ce mix très très deep de "When you love someone" par DAPHNE. Cette artiste préfigurait l'arrivée d'une nouvelle scène jazz-house avec notamment BLUE SIX, SAMANTHA JAMES, AYA, et ANDY CALDWELL.

7/ SAINT-ETIENNE "Only love can break your heart" : sans mésestimer les récents concepts latino-house de Louie Vega, je pense que c'est au début des années 90 que le duo des Masters at Work atteignit sa plénitude. Il ne reste plus rien de l'original dans cette version deep-house totalement envoûtante.

8/ BIZARRE INC "Took my love" : MK alias Marc Kinchen est un producteur californien à la carrière brève mais parsemée de remixes situés du côté obscur de la planète underground comme celui-ci. Première secousse en 1992 avec le remix de "Can U feel it" de Chez Damier et tremblement de terre en 1994 avec le Dub of the Doom Mix de "Push the feeling on" des Nightcrawlers, un groupe écossais qui n'en espérait pas tant !

9/ THE NEVILLE BROTHERS "Fly like an eagle" : remix très inspiré des Masters at Work pour ce titre dont l'original plutôt psychédélique est l'oeuvre de Steve Miller Band (1976).

10/ "New dance beat" : extrait de l'album de LIL' LOUIS sur lequel je me suis montré dithyrambique dans ma bio le concernant.

11/ SAINT ETIENNE "Nothing can stop us" : à mon goût, l'un des 10 meilleurs mixes deep-house des Masters at Work. Les poteaux n'étaient pas carrés pour ce St-Etienne là qui score donc deux fois !

12/ PET SHOP BOYS "Can you forgive her?" : vous avez remarqué ce subtil va-et-vient entre MK et les Masters at Work ? Même technique de remix que pour les Nightcrawlers avec ces bribes de phrases qui viennent inlassablement ponctuer le rythme.

13/ Et l'histoire voulut que les MASTERS AT WORK et MK finissent par se retrouver sur "I can't get no sleep" (avec la chanteuse INDIA).

14/ CE CE PENISTON "Finally" : un dub deep-house de Morales clôturé par un solo signé...Eric Kupper.