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vendredi 3 juillet 2015

N° 247 : Mixing in the Summer Sun (Bee Gees, Lil' Louis, Rio Edits...)


Set non disponible
 
1/ BEE GEES "You Should Be Dancing" : quelle métamorphose que celle de ce trio australien qui, sans la vague salvatrice du disco, serait sans doute relégué de nos jours au statut de "vieux groupe pop à papa" comme le sont Procol Harum, Beach Boys et autres Moody Blues.

Il faut bien le reconnaître, Holiday, Words, I Started A Joke, Massachusets... résonnent dans nos vieilles têtes comme autant de balades guimauve surannées, les interprétations un peu guindées et maniérées de Robin et Maurice Gibb en rajoutant une couche.

En 1976, alors qu'il sombre dans l'anonymat, le groupe est remis à flot par son manager Robert Stigwood, qui choisit de le confier à l'habile producteur Arif Mardin (Diana Ross, Culture Club, Chaka Khan, Scritti Politti, David Bowie, Phil Collins...).
Optant pour une toute nouvelle orientation disco, le résultat est détonant.
Extrait de l'album Main Course, le single Jive Talkin' se hisse à la première place du Billboard en 1975, imité l'année suivante par le fabuleux You Should Be Dancing, extrait de l'album-référence Children Of The World.
Enregistré au studio Criteria de Miami, ce single euro-disco au son parfait est porté par une redoutable ligne de basse conçue par Larry Graham (Sly & The Family Stone), considéré comme l'inventeur de la technique du slap.

Producteur du film Saturday Night Fever (1977), Stigwood commandera en urgence à ses poulains quelques titres pour la bande-originale. Gorgée de tubes exemplaires, elle se vendra à plus de 30 millions d'exemplaires, le monde entier succombant aux voix de falsettos survoltées des frères Gibbs.

2/ RIO EDITS 7 "Amazon Love Child" : A Brazilian Love Affair de George Duke est un titre totalement frustrant. Démarrant dans un esprit festif , il bifurque à mi-parcours vers une ambiance jazz-rock qui laisse perplexe le danseur, obligeant généralement le DJ à interrompre l'expérience.
Grâce au montage de notre énigmatique ami Rio Edits, le morceau retrouve tout son potentiel de "floorfiller".

3/ URH feat. Virág "Mellow" (Original) : une brazilian house en provenance de Hongrie.

4/ INAYA DAY & RALF GUM "Lose My Worries" (Ralf Gum Main Mix) : follow-up du single Complicated, ce titre fut l'une des meilleures productions soulful house de l'année 2010.

5/ MARY GRIFFIN "Without You" (Jazz N-Groove Vocal Mix ) : déjà chroniqué dans le set n° 101

6/ LIL' LOUIS "Fable" (Director's Cut Signature Mix) : j'ai une pensée pour le pauvre Lil' Louis qui a perdu un tympan à cause d'un abruti. Il a choisi de continuer à mixer et produire, surmontant le découragement qui l'avait submergé.
Une pensée aussi pour Frankie Knuckles, auteur du remix de ce classique de 2009.

7/ DIRECTOR's CUT feat. B. Slade "Get Over U" (Mr. Director's Feels Good Dub) : j'imagine que l'équipe avait pris un grand plaisir à mixer ce titre et à délivrer en conséquence un grand nombre de versions fabuleuses, le sample de Mainline de Black Ivory étant une invitation à la fête et les impros du chanteur gospel B. Slade tout à fait propices à la folie créatrice.

8/ DJ MES & SONNY FODERA "Wanna Do" (DJ Dan & DJ Mes We Did it Again Mix) : une jackin' house qui joue avec la ligne de basse et le break cultes de Do What You Wanna Do de T-Connection, l'un des disques les plus samplés de l'histoire de la house music.

9/ CLUB 69 "Always Unique" (Peter's Disko Trip) : une version underground qui utilise les riffs de violon chers à Todd Terry. Une pensée aussi pour le créateur du concept, Peter Rauhofer, disparu en 2013.

10/ JUNIOR JACK "Stupidisco" (John Julius Knight Mix) : le sample utilisé ici est extrait de Dare Me des Pointer Sisters.

vendredi 14 mai 2010

N° 68 : Under Electro influence (Taio Cruz, Lil' Louis, Filterfunk, A Guy Called Gerald...)

Set non disponible

A force d'entendre de l'électro au bureau à longueur de journée, il fallait bien que ça arrive ! Sous influence, je me suis pris au jeu d'un set assez fougueux.

Certes, la majeure partie des productions actuelles restent mélodiquement simplistes (on pourrait plutôt parler de variété électro avec quelques fleurons de la "bogossitude" entourés d'un parterre de filles émoustillées par le pseudo charisme du chanteur) mais quelques-unes sortent du lot.
J'ai rassemblé ici un certain nombre de titres d'appellation électro (au sens large) sortis dans les 20 dernières années.

A son émergence en 1982, rien n'était gagné pour ce style avant-gardiste, les puristes lui reprochant à juste titre son manque de soul et d'harmonies.
Mais en mai 1984, le magazine anglais THE FACE proclamait : "Electro, the beat that won't be beaten", la partie était gagnée.
Le hip-hop, la house puis l'eurodance s'en emparèrent alors que la techno en fut l'héritière légitime.

1/ DEEP JOSH "never stop the music" (DJ Meme soulful intro) : cette mini intro scandée serait idéale pour lancer l'un de mes sets live. Les versions du brésilien DJ Meme sont d'ailleurs d'une urgence absolue.

2/ YOLANDA REYNOLDS "Children of the world" : Un maxi roboratif du label "happy house" de Detroit, Happy Records.
Un piano-house fédérateur et une production signée Underground Resistance.
Cuivres Ensoniq, Church Organ, clap doté d'une puissante gated reverb (c'est à dire une reverb fortement dosée sur le son avec un release large, mais dont on étouffe rapidement la résonance comme "on ferme la porte" par la biais d'un gate).... et bien sûr une diva locale.
Le tube du label reste le "Don't you want it" de DAVINA, que je ne manquerai pas d'inclure dans un prochain set, cette production étant essentielle pour le devoir de mémoire.

3/ SWEET MERCY feat. Joe Roberts "Happy days" : l'un de mes maxis préférés. Voici la 3e et dernière version extraite du double pack que je présente en espérant que vous aurez tous acquis cette pièce, l'une des productions les plus pêchues de David Morales.
Dans ce dub, les sonorités électro qu'il affectionne sont bien présentes, prémisses d'une dérive complète de Morales dans ce style lors de ses sets, alors qu'il a si souvent démontré sa sensibilité soul. Dommage.

4/ DEEE-LITE "Runaway" : seul moment de répit de ce set, j'ai choisi ce Kenlou Dub car les deux gimmicks se mêlaient parfaitement dans l'enchaînement.
Je ne pense pas que les travaux de Masters at Work sur ce maxi soient réellement connus du grand public mais ceux qui écoutaient le Top Dance Megamix ont pu les découvrir.

5/ LNR "Work it to the bone" : ce Clubhouse Mix fut entendu dans le Skyrock Skydance.
Le beat variable rend l'enchaînement assez périlleux et le calage de la rythmique est plus qu'approximatif dans l'arrangement.

Comme ce fut le cas pour beaucoup d'autres mixes de l'époque, il a dû être réalisé sur un Atari 520 ST, ordinateur qui gérait assez mal la synchro des pistes en Midi dès lors que beaucoup d'entre elles démarraient sur le 1er temps de la mesure. L'horloge cadençait assez faiblement ce qui décalait inévitablement certaines pistes de manière aléatoire.
Nous-mêmes avons réalisé les titres de Cherry Moon et Pussy sur cet ordinateur avec quelques difficultés. De nombreux passages étaient nécessaires avant de réaliser le sans-faute et nous n'avions pas d'éditeur de son pour faire du montage.
Le mix était réalisé en une prise, effets et niveaux de potards gérés en live ! Epoque épique.

6/ LIL LOUIS "French kiss" : la version orgasmique et non censurée du poète de Chicago. Tout le monde connaît, mais tout comme le tube de LNR, ce titre est représentatif de l'électro black de la fin des années 80 et devait logiquement figurer dans ce set.
Dommage qu'il ait été ridiculisé par Lagaf' (et que RLP ait été impliqué dans le projet sous le couvert du pseudo Roberto Levy).
C'est comme si Pete Tong remixait Chantal Goya, on resterait interdits, ébaubis, choqués. :-)))

7/ A GUY CALLED GERALD "Voodoo Ray" : je vous ai déjà raconté la triste histoire de ce "guy" appelé Gerald.
Danny Tenaglia en propose ici une version assez speedée que j'ai amputée d'une partie peu judicieuse pour ne garder que le meilleur.

8/ LADY COP "To be real" : j'avais découvert ce Killer Mix dans les K7 de démo vendues avec le magazine anglais MIXMAG auquel j'étais abonné.
C'est Cocto qui l'avait signé en France pour le nouveau label Do it Music géré par Groucho ou Chico (l'un des 2 ex-animateurs de RFM), je ne sais plus.
Il m'a fallu un certain temps pour reconnaître la mélodie de Cheryl Lynn qui en interprétait la version originale. Cette appellation de Killer Mix semble être une pure invention du label parisien, le maxi anglais indiquant sobrement 12" Club Vox.
Personne n'a su déterminer qui est l'auteur de cette production électro qui utilise parfaitement le portamento dans le gimmick de synthé.

9/ FILTERFUNK "SOS" (Delano & Crockett Remix) : tout mon respect pour ce morceau sur lequel le producteur a eu le talent de faire chanter à la perfection un imitateur de Sting. C'est un pure "one shot", à croire que les royalties lui ont suffi pour se retirer provisoirement (ou définitivement) de la scène.
10/ TAIO CRUZ "Break your heart" : un titre qui pourrait bien être le tube de l'été 2010, une sorte de Haddaway bis avec une mélodie imparable.
Je viens de recevoir les versions clubs. Elle n'ont pas su garder la magie du Radio Mix qui, hélas, n'est pas proposé en version maxi.
Je n'ai retenu que cette version remixée par le duo anglais Project Bassline, les autres remixes ne respectant pas les accords de l'arrangement original (pourtant les plus judicieux par rapport à l'harmonie) quand ils ne se rendent pas coupable d'une véritable boucherie !
C'est le gros problème des DJs-producteurs : de graves lacunes en matière de solfège et de compréhension des règles d'harmonie.
Résultat : un bourrinage qui tente d'impressionner son monde avec des artifices sonores et des effets-gadgets.

11/ SUPERMODE "Tell me why" : le potentat de la swedish house mafia au cœur d'une monarchie millénaire ! Quelle intelligence dans cette production Axwell-Ingrosso qui réalise le double exploit, d'une part de mettre en valeur une voix à la tessiture identique à celle de Jimmy Sommerville et, d'autre part, de mixer les deux mélodies des tubes de Bronski Beat : "Why?" et "Smalltown boy".

12/ GUSTO "Disco's revenge" : un lifting 2008 tonitruant livré avec pas moins d'une quinzaine de mixes dont celui-çi signé Freemasons. En bonus, une nouvelle mélodie chantée par la fabuleuse Amanda Wilson qui avait explosé sur "Watchin'" des mêmes Freemasons. C'est sans doute l'une des plus grandes voix blanches du moment.

13/ BLACK MAGIC "Freedom (Make it funky)" : réalisé par Bottom Dollar, c'est un remix dédié au marché anglais qui figure sur le maxi commercialisé par Positiva.
A milles verstes de l'ambiance jazzy de l'original, techno et garage parviennent à pactiser dans cet hymne soleilleux qui a sans doute hypnotisé le dancefloor du Ministry of Sound en 1996.

vendredi 23 octobre 2009

N° 41 : Smooth beginning...brutal ending (Masters at Work famous dubs, Mousse T, CJ Mackintosh, rave anthems)

Set non disponible


D'aucuns vont crier au scandale. D'autres salueront la progression du set.
"Mais pourquoi n'est-il pas resté deep durant tout le mix !".

Eh bien, je dirais qu'en conditions "live" la règle est de varier les styles afin que l'on n'assiste pas à quelques endormissements. Une heure de pur garage et la piste se viderait irrémédiablement.

Plus de 30 ans de dee-jaying, l'analyse des sets des meilleurs DJ's mondiaux... oui ! embarquer les danseurs dans des univers toujours différents est le maître-mot pour garder leur attention. Même un Louie Vega, pourtant très soft, durcit parfois le mouvement dans ses sets.
Le dancefloor a besoin de cette progression de l'intensité des morceaux puisque le rythme cardiaque s'accélère peu à peu.

Larry Levan, David Mancuso et Frankie Knuckles n'hésitaient pas à brusquement bifurquer, un "coup de volant" qui faisait tanguer la piste et surprenait le public.
"Eclectique ou rien", leur devise est aussi mienne.

Démarrage par un petit hommage aux dubs des Masters at Work. Chacun de leurs maxis en comprenait au moins un. Souvent plus joués que leurs mixes vocaux, ces dubs avaient le pouvoir de rester captivants jusqu'au bout.
On peut donc parler de "génies du dub" alors que le dub fut longtemps un simple exercice torché à la va-vite, sans grand intérêt musical et destiné à remplir les faces B des maxis.
Quelques maîtres comme François K, Shep Pettibone ou David Morales ont brillé dans cet exercice oh combien difficile.

1/ LIL' LOUIS & THE WORLD "Saved my life" (Masters At Work Dub) : quelques bribes de phrases, un Rhodes envoûtant et le tour est joué.

2/ MASTERS AT WORK feat. India "I can't get no sleep" : titre-révélation pour INDIA, la compagne de Louie Vega. Ce titre figure encore en bonne place dans les sets des meilleurs DJ's internationaux.

3/ Mr FINGERS "What about this love?" (Masters At Work Dub) : l'original était un monument de la deep-house, les Masters conservent l'atmosphère, usant avec bonheur de ce piano électrique aux accords graves et contrariés à souhait. Bien plus que l'orgue, le piano électrique n'est-il pas l'instrument symbolique de la soulful house ?

J'incorpore l'acapella de "The player" de FIRST CHOICE, l'envie de mash-up me démangeant.

4/ LONNIE GORDON "Bad Mood" (Masters At Work Dub) : un très mauvais maxi double pack de Lonnie Gordon ("Gonna catch you", "Happening all over again") qui n'est sauvé du naufrage que par ce seul dub des Masters !

5/ LIBERTY CITY "Some lovin'" : Danny Tenaglia se surpasse dans cette sublime version deep d'un titre de MURK à l'origine plutôt casse-pieds.
Je vous propose ici la version vocale mais le must du maxi reste son "Deep State Mix" qui finira bien par venir dans mes sets.
Appréciez la qualité de la production (le "gros son" signé Danny) et le soin apporté dans les effets stéréo.

6/ INCOGNITO "Givin' it up" (Roger's Deep Dub) : amateurs de dubs, vous êtes vraiment comblés ! Extrait d'un excellent double pack sorti sur Talkin' Loud, Roger S livre pas moins de 7 versions dont ce mix récurrent dans les sets de Louie Vega. Je l'enrichis de l'acapella de "The love" par KARIZMA. Les ponctuations vocales ("bah-bah-bah !") sont piquées sur l'éternel acapella des PEECH BOYS, "Don't make me wait".

7/ JODECI "You got it" : découvert sur le triple pack du Ministry of Sound sessions 3 consacré à Clivillés & Cole (encore un indispensable !), ce remix garage de CJ Mackintosh relève nettement le niveau d'un original hip-hop peu enthousiasmant.
La house possède ce don de transformer une piquette de supermarché en Margaux Grand Cru Classé 1855.

8/ D'JAIMIN & DJAYBEE "Fever" : Sorti sur un sous-label de Scorpio en France, ce titre est remixé par le trio allemand : Mousse T- Boris Dlugosch-Michael Lange (Dj résident du Front Club de Hambourg, il a contribué à la popularisation de la house music en Allemagne).
Je pense à coup sûr que le sample du gimmick est extrait de l'intro de Let Your Feelings Show de Earth, Wind & Fire.

9/ ANN NESBY "Hold on" : Ann Nesby est la lead singer de Sounds of Blackness. Entamant une carrière solo en 1996, son album "I'm here for you" contient deux titres essentiels : "Can i get a witness" et "Hold on", tous deux remixés notamment par Mousse T.

10/ MONIE LOVE "Grandpa's party" : voilà un excellent souvenir du Skyrock Skydance ! Un "hip-house style" pourtant remixé par des maîtres du cool tempo : Nellee Hopper et Jazzy B , les fondateurs de Soul II Soul.
Monie Love, rappeuse britannique au flow imparable, avait déjà attiré mon attention avec "I can do this" programmé aussi par RLP et qui samplait l'intro de "And the beat goes on" des WHISPERS.
Je l'avais programmé régulièrement dans le Top Dance Megamix avec "Down to earth" et surtout "It's a shame" (reprise des DETROIT SPINNERS) et je vous l'ai déjà présentée en début d'année avec le fameux "Born to B.R.E.ED." dans un mix classieux de Steve "Silk" Hurley.

11/ HITHOUSE "Jack to the sound of the underground" : le pauvre Peter Slaguish, producteur hollandais auteur de ce "classique" virevoltant et bourré de samples, ne profita pas longtemps de sa gloire naissante. Il périt dans un accident de voiture en 1991, trois ans après la sortie de son seul véritable tube dont voici le Melt Down Mix, version au son prodigieux pour l'époque.

12/ TOGETHER "Hardcore uproar" : un des hymnes de l'Haçienda de Manchester et de feue la radio MAXXIMUM à Paris en 1990.
Le titre du morceau est celui de la rave party au cours de laquelle Jonathan Donaghy et Suddi Raval, les deux producteurs, firent connaissance. Malheureusement, Jonathan Donaghy décéda dans un accident de moto à Ibiza un mois après la sortie du single alors que celui-ci avait atteint la 12ème place des charts anglais, promettant une belle carrière à TOGETHER.

13/ MALCOLM McLAREN "Magic's back" : l'ancien producteur des SEX PISTOLS vend son âme au diable en s'acoquinant avec Stock & Waterman, deux des plus grands producteurs de pop-dance anglais au palmarès édifiant : des N° 1 dans le pop chart avec Dead or Alive ("You spin me round"), Mel & Kim ("Respectable"), Rick Astley ("Never gonna give you up"), Kylie Minogue ("I should be so lucky", "Hand on your heart") et Sonia ("You'll never stop me from loving you").
Ce titre parfait et totalement rave, programmé aussi dans mon Top Dance Megamix, est le thème du téléfilm "The Ghosts of Oxford Street" réalisé par McLaren en 1991 et qui relate la saga de la célèbre rue commerçante londonienne.
Au chant, une voix bientôt célèbre...Alison Limerick.

vendredi 12 juin 2009

N° 21 : Paradisiacal Garage (Peter Rauhofer, Deep Dish, Def Mix productions, Basement Boys)

Set non disponible






1/ FRANKIE KNUCKLES presents SATOSHI TOMIIE "Tears" : c'est à ses débuts que la musique garage s'est montrée la plus aérienne. Dès 1989, la féerie déferle sur l'univers acide de la house : That's the way of the world de D-MOB, What about this love de Mr Fingers, bien sûr, mais aussi And i loved you et ce fabuleux Tears, deux titres se positionnant comme la rampe de lancement de la carrière du clavier Satoshi Tomiie. Le label français Barclay détenait ces pépites entres ses mains (via le label FFRR) mais hélas aucun chercheur d'or ne répondit à l'appel.

2/ DEEP DISH feat. Tracey Thorn "The Future of the future (Stay gold)" : ce titre, à l'origine instrumental, était troussé par un duo américain d'origine iranienne, Deep Dish (Ali "Dubfire" Shirazinia et Sharam Tayebi). En 1995, leur album-compilation Penetrate Deeper révèle cette deep-house subtile qui vient se poser comme un pétale dans l'univers du clubbing. Cela fait déjà 2 ans que, depuis leur fief de Washington, ils distillent des instrumentaux glamour qui allient rythmiques percutantes et ambiances vaporeuses.
1996 est l'année de la "consécration" en France puisque Max de Fun Radio joue ce Stay Gold dans son émission du soir ! Skyrock fait la sourde oreille.
Le succès restant modeste comme pour la plupart des instrumentaux, le titre ressort deux ans plus tard enjolivé par la voix de Tracey Thorn du groupe EVERYTHING BUT THE GIRL et donne l'impulsion nécessaire au lancement d'un album très ambitieux et éclectique, Junk Science. Le titre intègrera le Top 10 des charts anglais en septembre 1998.

3/ THOSE GUYS "Tonite" : un titre-fleuve de 11'15" présenté en nouveauté dans le Skyrock Top Dance en 1991 !! Derrière ces "guys" se cachent les Basement Boys. Ils samplent ici la fin de l'accapella de Mr Right par ELEANOR MILLS pour ce pur titre de New-Jersey garage. Le Shelter et le Zanzibar s'emparèrent immédiatement de ce titre. Quelques mois plus tard, ils réalisaient le tube parfait : Gypsy woman.

4/ MICHELLE AYERS "Respect" : signé en France chez Happy Music, le titre fut un flop monumental puisque les DJ's n'avaient rien capté de ce genre musical. Je pense que nous l'avons cependant présenté en nouveauté dans le Skyrock Top Dance. J'en fait ici un super mash-up avec l'accapella de Same man par TILL WEST et de At night par SHAKEDOWN.

5/ JOE ROBERTS "Back in my life" : aurait-on affaire là à un classique panthéonisé de Morales ? Bien sûr que oui. Un grand oui, même ! Un vynil qui ne risque pas de finir dans l'armoire tellement l'alchimie est parfaite. Jamais un chanteur pop n'a bénéficié d'autant de soin et d'attentions dans la confection de ses remixes. Sans doute que cette voix est une source d'inspiration forte pour le remixeur qui a la charge d'en tirer la substantifique moelle.

6/ WATERGATE "Lonely winter" : voilà justement un titre emblématique du début de la carrière des Deep Dish. Je le mixe avec la voix de Kim Cooper tirée du So sexy de JAMIE LEWIS & DJ PIPPI.

7/ ROSIE GAINES "Closer than close" : l'un des rares titres garage (avec See the day de Ann Consuelo) signé pour la France par le label Scorpio, qui réalisait là un de ses meilleurs coups. Un titre à la mélodie nerveuse, ternaire à souhait et au final scatté. Au total, plus de 8 millions d'exemplaires vendus à travers le monde.

8/ SIMA "Give you myself" : découvert dans une version tordue dans l'un des sets réalisés par Eric Candy pour la Max Party en 1993. Ce Club Mix me paraît bien plus sexy pour les oreilles. Encore une production garage italienne bien léchée. Le label Airplay l'avait signé pour la France sans que le titre reçoive un accueil triomphal... mais vous deviez vous en douter !! Sima était également la voix du tube Sexitivity de M.C.J. sorti sur le même label en 1991 et que j'avais largement joué dans mes Skyrock Top Dance megamixes.

9/ 49ers "The Message" : un titre multi-remixé, notamment par les Masters at Work. Ce Gradualswingroundub Mix est flamboyant, complexe, encore une production garage italienne tout à fait remarquable. Chapeau bas, Mr Bortolotti !

10/ LOOP TRICK feat. Maria "Beat Freak" : sans doute d'origine japonaise, ce fut l'un des titres préférés de Dimitri dans ses NRJ megamixes - le pays ne lui était pas inconnu. Il atterrit, on ne sait comment, entre les mains expertes de Blaze mais je vous présente ici la version originale très easy listening. Mr Pompougnac aurait adoré programmer ça à l'Hotel Costes.

11/ LIL' LOUIS "Saved my life" : Manu Katché dirait "C'est du lourd !". Ce Vintage Mix fut très agaçant à enchaîner à cause de la manie des Masters at Work à varier le tempo à chaque mesure à l'époque.

12/ CLUB 69 "Let me be your underwear" : très joué dans la Skyrock Max Party. Un groupe au pseudo limite ringard mais un titre efficace destiné au public que l'on devine. C'est Peter Rauhofer, le producteur de Danube Dance, qui est derrière ce concept. Kim Cooper assure les vocaux avec le sex-appeal habituel. Le titre a relativement bien fonctionné dans les clubs français sans pour autant déchaîner les passions.

13/ Final évident avec le tube de ce producteur autrichien, DANUBE DANCE feat. Kim Cooper "Unique" : Max et moi s'étions emparés de ce titre pour notre émission et il fut réellement plébiscité par les DJ's français auquels, pour une fois, on peut adresser un satisfecit. Un véritable hymne "disco revival" avec une basse sourde au groove hypnotique.

samedi 7 mars 2009

N° 8 : In the heart of deep house (Mark Kinchen, Masters At Work, Eric Kupper, David Morales)

Set non disponible






Le modèle du tout-gratuit est, lui aussi, battu en brèche par la crise.
Déficit d'annonceurs ou bail non renouvelé....mon hébergeur d'origine, Mypodcast.com, ne fonctionne plus depuis deux jours laissant ses clients dans le désarroi le plus total...sans aucune explication.

Afin de ne pas vous laisser en plan, j'ai tout de suite rapatrié mes sets sur un nouveau site français, http://www.djpod.fr.
L'offre me parait raisonnable (20 Go de stockage pour 8.99 €/mois, statistiques incluses) et l'ancien D.J. qui a conçu ce site semble très réactif.
Je fais partie de ses nouveaux clients et espère lui donner un coup de pouce en cette période difficile. Je serai bien entendu intraitable sur la qualité du service mais nous ferons le point d'ici quelques semaines.

Retour ce sur ce nouveau set très orienté deep-house.

1/ BLACK BOX "Everybody Everybody" (Rockapella) : une bonne surprise ramenée en 1990 dans mes bagages en provenance de Miami. Martha Wash assure les vocaux mais, curieusement, n'est pas créditée.

2/ RAZE "Break 4 love" : en 1980, la mode était au roller dans les discothèques et quelques maestros faisaient le show dont le D.J . de la boîte que je fréquentais, le "Patch Club".
Situé sur les quais de la Marne à La Varenne Saint-Hilaire (Val de Marne), ce club mythique fut l'un des tout premiers à jouer des titres funk totalement inconnus en France et le premier club parisien à disposer d'un écran vidéo. J'ai eu l'honneur d'en être aussi le D.J. de 1982 à 1986.
RAZE est le pseudo de Vaughan Mason, producteur américain qui rendit hommage à cet exercice périlleux à travers le titre "Bounce, Rock, Skate, Roll". Il revient en 1988 avec ce titre qui a lustré les trompettes de la renommée, "Break for love".

3/ JOE ROBERTS "Lover" (K-Klass Klub Mix) : Joe Roberts est un artiste comblé. Morales s'est surpassé pour lui sur "Back in my life" et "Happy days", les anglais de K-Klass donnent aussi le meilleur sur ce titre oscillant entre garage et techno. Symbolisant leur marque de fabrique, ce mix hyper-compressé assène ses coups avec un clap et un bassdrum omniprésents.

4/ CLUBLAND "Love strain" : les suédois sont ici remixés par l'un des claviers de l'équipe Def Mix Productions, Eric Kupper.

5/ ROBIN S "Love for love" : Dans la monarchie suédoise, Stonebridge fut élu roi du remix avant d'être supplanté par la "Swedish House Mafia" (Axwell, Steve Angello, Sebastian Ingrosso et Eric Prydz) mais restera l'homme qui révéla Robin S. alias Robin Stone.

6/ Le duo Peter Daou-Danny Tenaglia régale avec ce mix très très deep de "When you love someone" par DAPHNE. Cette artiste préfigurait l'arrivée d'une nouvelle scène jazz-house avec notamment BLUE SIX, SAMANTHA JAMES, AYA, et ANDY CALDWELL.

7/ SAINT-ETIENNE "Only love can break your heart" : sans mésestimer les récents concepts latino-house de Louie Vega, je pense que c'est au début des années 90 que le duo des Masters at Work atteignit sa plénitude. Il ne reste plus rien de l'original dans cette version deep-house totalement envoûtante.

8/ BIZARRE INC "Took my love" : MK alias Marc Kinchen est un producteur californien à la carrière brève mais parsemée de remixes situés du côté obscur de la planète underground comme celui-ci. Première secousse en 1992 avec le remix de "Can U feel it" de Chez Damier et tremblement de terre en 1994 avec le Dub of the Doom Mix de "Push the feeling on" des Nightcrawlers, un groupe écossais qui n'en espérait pas tant !

9/ THE NEVILLE BROTHERS "Fly like an eagle" : remix très inspiré des Masters at Work pour ce titre dont l'original plutôt psychédélique est l'oeuvre de Steve Miller Band (1976).

10/ "New dance beat" : extrait de l'album de LIL' LOUIS sur lequel je me suis montré dithyrambique dans ma bio le concernant.

11/ SAINT ETIENNE "Nothing can stop us" : à mon goût, l'un des 10 meilleurs mixes deep-house des Masters at Work. Les poteaux n'étaient pas carrés pour ce St-Etienne là qui score donc deux fois !

12/ PET SHOP BOYS "Can you forgive her?" : vous avez remarqué ce subtil va-et-vient entre MK et les Masters at Work ? Même technique de remix que pour les Nightcrawlers avec ces bribes de phrases qui viennent inlassablement ponctuer le rythme.

13/ Et l'histoire voulut que les MASTERS AT WORK et MK finissent par se retrouver sur "I can't get no sleep" (avec la chanteuse INDIA).

14/ CE CE PENISTON "Finally" : un dub deep-house de Morales clôturé par un solo signé...Eric Kupper.

vendredi 13 février 2009

N°5 : Deep roots of soulful house (Dj Pierre, Masters at Work, Joey Negro, UK Garage)

Set non disponible

1/ En pleine déconfiture, Donna Summer est reprise en main par Stock, Aitken & Waterman en 1989. S'ensuit une série de tubes pop comme "This Time I Know It's For Real", " I Don't Wanna Get Hurt" et "Love's About To Change My Heart" dont je vous présente ici la version très "gospel" réalisée par Clivillés & Cole.

2/ Lavette est une artiste éphémère dont on aura retenu ce seul single produit par D.J. Pierre, "Your love". D.J. Pierre (à ne pas confondre avec l'italien DJ Pierre Feroldi) est l'un des pionniers de l'acid-house de Chicago connu pour ses dubs hypnotiques.

3/ D.J. Pierre utilise la même loop de conga (piquée sur Block Party de ANTHONY WHITE) pour son remix du "Club lonely" de Lil' Louis. J'imagine bien la table de mixage restée branchée, "potards" en place avec les mêmes samples pour trousser ce mix. D'autres grands noms ont aussi eu recours à cette pratique face à l'urgence des commandes et je juge cela assez légitime.
Cependant, le grand maître du recyclage permanent reste Todd Terry. Les exemples de copier-coller intégral de loops et de samples sur plusieurs productions sont nombreux.

4/ "The Message" des 49ers, production italienne signée du grand manitou de Brescia, Gianfranco Bortolotti, a bénéficié d'innombrables remixes tous meilleurs les uns que les autres dont un pack généreux des Masters at Work dans lequel figure ce "Choice Mix" très underground.

5/ AXXIS "All i'm askin'" : Cette co-production Kenny "Dope" Gonzalez-Roger S. met en avant un sample du "Make my day" de GRACE UNDER PRESSURE.

6/ JOINT VENTURE "Love and happiness" : une autre production hyper minimaliste de D.J. Pierre qui fait la transition avec la partie UK Garage de ce set. Une utilisation massive de l'accapella de "Together Forever" d'Exodus.

7/ T-EMPO "Saturday night, Sunday morning" : Paré d'arrangements où brillent cuivres et violons, mixé avec une clarté étonnante, ce chef d'oeuvre du U.K. Garage est une reprise d'un titre de Thelma Houston sorti en 1979. L'original est gentillet et suranné et l'on ne peut que saluer le courage de T-Empo dans son entreprise de dépoussiérage. Combien de producteurs n'auraient même pas prété attention à ce titre.

8/ HIDDEN TALENT "Bee Gee" : cet énigmatique groupe anglais est un "one shot". Ponctué de gémissements féminins, le remix de Lenny Fontana peut être qualifié d'orgasmique.

9/ KIM ENGLISH est une chanteuse gospel originaire de Chicago. Son premier tube est "Nitelife" en 1994. Le maxi de "Learn 2 luv", sorti en 1997 sur Nervous Records, doit figurer dans toute discothèque. Le remix de Mood II Swing est très influencé par le style des Masters at Work avec ses rythmiques ternaires novatrices et l'utilisation d'une véritable basse. J'ai terminé le morceau en mash-up avec l'accapella de "Chains of Fool" par RISSE.

10/ 2ème remix d'anthologie du duo Mood II Swing : "Mighty power of love" par LEEE JOHN, ex-chanteur du groupe Imagination. Mood II Swing justifie son pseudo avec une rythmique totalement ensorcelée par la charleston.

11/ HIDDEN AGENDA "Story of my life" : ce très furtif groupe américain est remixé par Club 69 alias Peter Rauhofer, producteur autrichien révélé par son concept Danube Dance.

12/ On achève ce set avec un mini-hommage à Dave Lee alias Joey Negro. L'Angleterre doit beaucoup à ce producteur instigateur du style disco-house. "Look to the future" de FORTRAN 5 est, à la base, un morceau acid-jazz. Joey Negro le métamorphose en un dub disco doté d'une ligne de basse très travaillée.

13/ La compilation "Red, Hot + Dance" avait mobilisé des artistes "club" pour la lutte contre le SIDA, les bénéfices des ventes étant reversés à la recherche. Joey Negro offrit ses remixes du "Gypsy Woman" de CRYSTAL WATERS. J'ai inclus dans ce dub quelques samples de son titre "Love Fantasy"et de son remix de "Unity" du groupe UMOJA.

14/ Le titre qui a révélé JOEY NEGRO au grand public, "Do what you feel". Une pochette très suggestive où une femme lascive, prostrée tient une boule de pétanque dans chaque main !

vendredi 30 janvier 2009

N°3 : From Underground to Paradise (Shawn Christopher, Kathy Sledge, Donna Allen)

Set non disponible






Ce 3ème set propose une remontée progressive des bas-fonds de l’ «underground house» vers le «paradis des harmonies» où foisonnent somptueuses mélodies et voix de divas.


Lorsque j’écoute les nombreux sets qui jalonnent la Toile, je constate souvent qu’ils sont totalement dénués de parties vocales et d’arrangements flamboyants. Parfaitement calibrés pour des soirées d’initiés, des soirées où le dub, la rythmique ou le gimmick priment sur l’émotion de la voix, ils deviennent vite ennuyeux pour des gens comme moi.

De là à dire pis que pendre sur ce genre de sets, il n’y a qu’un pas de danse que je franchis. Combien de fois ai-je entendu dans la bouche de DJ’s : «je vais pas m’emmerder avec les voix, je joue que les dubs» ou, pire encore, «les voix, ça gêne le mix».
N’y a t-il pas une certaine facilité à ne jouer que des titres qui peuvent s’enfiler comme des perles sans risque ? En matière de house, je considère qu’un set doit être une fête, une communion avec le public et non un prétexte à se faire plaisir en mixant une litanie d’instrumentaux.

Cela étant, admettons que, si les remixeurs fabriquent systématiquement des dubs, c’est qu’il y a une clientèle pour ça.

Alors, sans doute que mes sets sont autant faits pour être écoutés que pour être dansés. Mes maîtres sont les «Frankie Knuckles» , les «Louie Vega» et tous ceux qui ont l’audace de mélanger les styles, de casser le tempo et surtout de glisser des accapellas bien sentis sur les instrumentaux.


1/ J’ai choisi de démarrer du tréfonds de l’underground par le Clichy’s Mix du «Felix Yo !» de ALËEM, production française du label Pro-Zak Trax.

2/ Très vite, le bone-apella de «Work it to the bone» de LNR. vient s’imbriquer pour un court «mash-up».

3/ David Morales rend une copie parfaite avec le remix de «Let’s get busy» des suédois de CLUBLAND dont les titres reviendront très souvent dans mes futurs sets.

4/ SANDEE «Notice me» : Une des toutes premières productions de Clivillés & Cole, encore très underground.

5/ COLDCUT feat. LISA STANSFIELD «People hold on» : excellent remix signé Eric Kupper, membre historique de la team DEF MIX, l’homme des claviers, celui qui donne la touche jazz-garage aux mixes de Morales ou de Knuckles.

6/ Le Final D-Mix de «That’s the way of the world» de D MOB est l’un des titres-cultes de l’œuvre pléthorique de David Morales, un mix qui a provoqué en moi cet amour maîtrisé pour ce genre musical malheureusement (ou heureusement ? ) zappé par la France. Ça n’est pas faute d’avoir vanté ses vertus au micro de SKYROCK. Le «garage» compte beaucoup de sous-productions ennuyeuses mais lorsqu’un chef d’œuvre surgit, il est là pour l’éternité.

7/ LIL' LOUIS «Birds and trees» : ce bootleg acheté au magasin VIBE STATION de le Rue du Faubourg St-Antoine (Paris) est une énigme. C’est la face B d’un maxi contenant 2 mixes originaux de «Club Lonely». La pépite serait donc cette face B à la loop sale et au riff de piano jazz qui semble provenir d’une vieille production house.

8/ Pour CODE 718 et «Equinox», j’avoue que j’ai copié. Copié une idée entendue dans un set de Paul Armstrong pour la Max Party. Copier, c’est bien mais améliorer l'idée est plus louable. C’est sans doute l’un des mash-ups qui m’a demandé le plus de travail entre stretching, pitching et effets sur l’accapella de «Tears» mais je pense que le résultat est au bout.

9/ Je me permets la fantaisie de rehausser d’un demi-ton le cri langoureux de Robert Owens pour faire la transition avec JAMIROQUAI «Emergency on planet earth». Les Masters at Work m’avaient un peu déçu sur leurs remixes mais Danny Tenaglia sauve la mise avec de nombreux mixes garage classieux dont ce «Fingertips dub».

10/ KATHY SLEDGE «Heart» : immersion dans le «Paradis des Harmonies» avec une version dub légendaire de Roger S. Légendaire, certes, mais difficile à mixer, le tempo se permettant quelques libertés dues, sans doute, à un gros charcutage en editing.

11/ SHAWN CHRISTOPHER «Don’t lose the magic» : le break est interminable, laisse 10 000 fois le temps de mixer mais je ne pouvait pas vous priver du solo de piano électrique de fin dont je présume que la paternité revient à Eric Kupper, Morales n’étant pas un clavier mais un spécialiste des rythmiques.

12/ Une «Double priority» comme j’aurais dit à l’antenne de Skyrock avec «Make my love» remixé par le suédois Stonebridge. Décidément, cette école suédoise ne finit pas de nous étonner avec aujourd’hui Axwell, Sebastian Ingrosso, Steve Angello et Eric Prydz. Comme je l’ai souvent écrit, ce sont les pays européens où le système scolaire donne la plus grande part aux activités culturelles qui nous sortent les meilleurs producteurs (Allemagne, Suède, Islande, Norvège…).

13/ DONNA ALLEN «He is the joy» : A l’heure où les productions gospel-garage de qualité font figure d’événement (on les compte sur les doigts d’une main chaque année), ce mix des URBAN BLUES PROJECT est l’un des 10 chefs-d’œuvre de la décennie 90. De ce que j’ai entendu récemment, seul le «He is» de COPYRIGHT et le «Never Again» de KATHY BROWN le disputent en puissance avec ce titre.
La base musicale de "He is the joy" reprend en grande partie le "Whistle Bump" d'EUMIR DEODATO (comme beaucoup d'autres mixes garage).

14/ DONELL RUSH «Symphony» Début d’un triptyque spécial E-SMOOVE, fidèle lieutenant de Steve Silk Hurley. Lui aussi peut se targuer d’une œuvre pléthorique et qualitative en matière de remixes. Je possède d’ailleurs pratiquement tous les mixes de ses débuts. Toujours présent en complément des mixes de Steve Silk Hurley, il lui est parfois arrivé de dépasser le maître. Ce sautillant mix de «Symphony» en est la preuve et son collègue Maurice Joshua ne s’est pas privé de le jouer en boucle pendant 10 minutes dans son set pour la Max Party.

15/ THE BEATMASTERS «Dunno what it is» : remix nerveux, efficace, toujours facile à mixer, totalement dans l’esprit d'Eric «E-smoove» Miller et c’est pour ça qu’il est l’un de mes remixers préferés.

16/ MICHAEL JACKSON «Remember the time» : avant de sombrer, Michael Jackson aura eu la chance de voir les titres de son album «Dangerous» remixés par des pointures (Tommy Musto, Steve Hurley, C & C Music Factory, Frankie Knuckles) même s’il a échappé aux Masters at Work et à Morales. E-Smoove se montre ici totalement flamboyant et son remix est, de très loin, le meilleur du maxi.

samedi 10 janvier 2009

Biographie de Lil' Louis


Lil' Louis, c'était bien sûr "French Kiss", son premier hit mondial, un titre dans un premier temps magnifié par RLP dans le SkyDance (le Re-layed Back Up Your Conversion Mix avec, en toile de fond, cet ébat amoureux qui mène doucement à l'orgasme final) avant d'être sacrifié par ce même RLP pour produire l'odieux titre de l'animateur de télé Lagaf', Bo le Lavabo.



Lil' Louis (contraction de Little Louis) alias Louis Sims, est un enfant de la house de Chicago très précocement devenu DJ.
L'histoire raconte qu'il fit ses premières armes malgré lui dès l'âge de 12 ans lors d'une soirée de pacification des gangs de Chicago organisée à l'initiative de sa mère, très impliquée dans le "social". Le DJ initialement prévu ayant été victime d'une crise d'épilepsie en plein set, la mère du petit Louis ordonna qu'il le remplace au pied levé. Quel baptême du feu inquiétant pour cet enfant qui s'en tira plutôt bien face à un parterre de gangsters loin d'être acquis à sa cause, ces "Vice Lords" ou autres "Latin Kings" qu'on retrouve dans la saga de jeux vidéo GTA.
Dès l'âge de 14 ans, Lil' mixe en clubs et en fait son gagne-pain ; en 1980, il crée son propre club, The Future.

En cette fin d'année 1992, après un premier album très prometteur, "From the Mind of Lil' Louis" sorti 3 ans plus tôt, il vient saluer cette France qui, comme bien d'autres pays européens, a ovationné son nouveau single "Club Lonely".
Je me suis procuré dès sa sortie l'album "Journey With The Lonely" qui est une véritable merveille soul-jazz. La grande maturité de la production et des arrangements démontre que Lil' Louis n'est pas seulement un DJ mais aussi un bon musicien (batterie et basse) ce qu'il tient sans doute de son père, membre du fameux groupe jazz-funk Rotary Connection (auteur du monumental "I Am The Blackgold Of The Sun") et qui a joué avec B.B. King.
"Club Lonely" bien sûr mais aussi "Saved My Life", "New Dance Beat", "Do U Love Me", "You're My Reason" ou "Dancing In My Sleep"....6 titres somptueux qui justifient l'achat de cette oeuvre qui ne peut se résumer à un simple album de house music tant les morceaux sont fabriqués avec le soin qu'apporterait un producteur chevronné.
Malheureusement le succès ne sera pas au R.V. et Lil' Louis se retirera de la production pendant 4 longues années.

Le jour de sa venue dans les studios de Skyrock, je m'attends à voir un DJ avec l'uniforme de circonstance. Il n'en est rien. C'est un homme élégamment et sobrement vêtu d'un costume noir "style banquier" et de grandes chaussures pointues qui pénètre dans la station. Les photos très soignées qui figurent sur le livret de son album auraient dû me mettre la puce à l'oreille. Lil' n'est pas un DJ ordinaire, stéréotypé comme tant d'autres.