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vendredi 9 mars 2012

N° 141 : Sunrise on Bay Bridge (Lovetronic, Lisa Shaw, Andy Caldwell...)

Set non disponible

Juin 2011, 5h52. Oakland (Californie).

Pas de Yellow Cab à l'horizon. Jaden a dû se résoudre à prendre l'un de ces "bandits taxis" qui rôdent à la sortie des boîtes de nuit.
Jamais facile de se fier à ces individus avenants mais interlopes. Leurs véhicules maquillés sont souvent dépourvus d'assurance et il faut prier pour que la course se passe sans encombres d'autant plus que la destination est située de l'autre côté de la baie : la célèbre Lombard Street à San Francisco, dernier bastion américain d'une house sexy et élégante.

Avec ses faux airs d'Edward Norton dans "American History X", le chauffeur inspire la méfiance voire l'inquiétude.
"Quel style de musique voulez-vous écouter ?" demande t-il à Jaden d'une voix assurée alors qu'il s'engage sur Grand Avenue. Comme s'il était naturel qu'un clubber ait encore besoin de musique alors qu'il vient d'en écouter pendant 5 heures d'affilée.
Fixée sur la droite du tableau de bord, une grande boîte de CD's soigneusement rangés dans des pochettes plastiques laisse entrevoir un choix impressionnant.
"Euh...peu importe...ce que vous voulez...pas trop bruyant si possible", répond Jaden en allumant son portable.
Le puissant sound machine résonne encore dans sa tête mais le sommeil viendra sûrement à bout de ces satanés acouphènes.

L'intro de "You are love" de LOVETRONIC, un groupe localse fait entendre et rassure sur le bon goût du chauffeur, à moins que ce soit un heureux hasard pour qui vient de vivre l'une des plus belles soirées soulful de l'année au Era Art Bar. Le physique d'un "métalleux" mais qui sait, l'oreille d'un mélomane ?

Très vite, le CD enchaîne sur le mythique "Back to love" de MORTEN TRUST remixé par Richard Earnshaw. "Après tout, ce taxi offre un visage plutôt sympa", se dit Jaden en tentant de se rassurer.

Une voiture de police surgit au carrefour de Market Street. Sans hésiter, notre "Edward Norton" bifurque sèchement dans Isabella Street. La chasse aux clandestins est sans pitié et un policier aguerri connait parfaitement les caractéristiques d'un Yellow Cab officiel, notamment le macaron apposé sur le pare-brise et la vignette qui indique qu'il est autorisé à travailler à l'aéroport international.
Le CD propose désormais un subtil enchaînement entre la loop de Morten Trust et la version acoustique d'un vieux classique gospel, "I get lifted" de BARBARA TUCKER.

Ce détour forcé de près d'1 km ramène l'équipage au Memorial Park sur Peratta Street. La soulful house de San Francisco s'exprime à nouveau à travers la voix de LISA SHAW sur "All night high" et ce mix semi-électro de Miguel Migs dans lequel une "square basse" sans tonalité mène la danse.
Jaden se surprend à fermer les yeux tout en entamant sa décantation. Même mélangé au Diet Coke, le Bourbon "casse" bien plus que le Pure Malt.

Au feu rouge de Wood Street, un "clodo" vient cogner à la vitre en beuglant, brisant la sérénité qui venait doucement de s'installer sur la banquette arrière.
Vert ! La délivrance s'accompagne des premières notes de cuivres de "Get another plan" de ABSTRACT TRUTH. La voix de Monique Bingham rappelle à Jaden le temps où la radio parisienne FG proposait des matinées très très deep. Il avait toujours pensé que ce morceau parlait d'avions et de voyages. C'est le défaut des français qui écoutent et comprennent à moitié les paroles des chansons anglo-saxonnes. "Le fric, c'est chic" avait-il aussi cru comprendre dans un tube de son enfance.

Alors qu'ils atteignent enfin Bay Bridge, le soleil se dessine sur un ciel rouge qui borde les collines au loin. La traversée de cet ouvrage monumental de 7 km de long semble d'une rapidité étonnante, bercé par l'atmosphère enchanteresse de"I knew you when" de LATE NIGHT ALUMNI.
Passé Treasure Island, à droite au cœur de la baie, Alcatraz dévoile son imposante carcasse.

San Francisco. L'embarcadère. Le charme du voyage se prolonge avec "Feelin' love" de SOULARIS et "All i need" de ANDY CALDWELL, artiste majeur des labels OM Records et Naked Music Recordings, solides gardiens du temple deep-house californien.

"Dreams of you" de KEVIN YOST ? Cela faisait 10 ans que Jaden n'avait pas réécouté ce titre à la magie intacte.
Le chauffeur vient de rater la sortie sur Essex Street. "Connait-il vraiment l'itinéraire ou bien profite t-il de mes absences pour rallonger la course de 2 km, sans compter les innombrables feux rouges ?", se demande Jaden.
La plainte gospel de "Free My soul" de THE VISIONARY vient apaiser sa colère naissante.

Filbert Street, Greenwich Street... les fameux lacets de Lombard Street sont en vue. C'est dans ce décor idyllique que vit Jaden. Cette portion de la rue est surnommée "la route la plus sinueuse des Etats-Unis". Elle est à l'image de la vie de Jaden. Jamais assez rectiligne et sûre pour envisager de grands projets.
"Déposez-moi en bas de la descente. Ca ira". La rue est en sens unique. Daren remontera deux virages à pied, histoire de se dégourdir les jambes et de prendre le frais.

Le chauffeur repart, change de CD. "Tribal house vol. 4" est inscrit au gros feutre sur le recto. Le premier track est "All the same family" de AFRICAN DREAM.

vendredi 6 mai 2011

N° 109 : Free to freak out (danish and swiss house, Belezamusica, Bah Samba...)

Set non disponible

Cet set commence par un vieux classique, mais bifurque rapidement vers des productions house/soulful plutôt récentes puisque l'âme de cette musique subsiste encore.

1/ BARBARA TUCKER "Beautiful people" : cette vétéran est toujours très présente sur la scène internationale. On l'a entendue encore récemment sur "R.E.S.P.E.C.T" de RLP et la chaîne Clubbing TV nous sert quotidiennement son titre "Feelin' like a superstar" qui date de l'été 2010.

Elle reste pour moi l'interprète de classiques comme "Everybody dance (The Horn Song)", "I get lifted", "Stop playin' with my mind", "Deep inside" (avec HARDRIVE) ou "Most precious love" (avec BLAZE), la plupart déjà joués dans mes sets par le passé.

Cette version de "Beautiful people" réalisée par les Masters at Work est intitulée The Underground Network Mix en référence aux soirées du même nom initiées par Barbara Tucker, Don Welsh et Louie Vega en 1992 et destinées à promouvoir les interprètes, producteurs et DJ's lors de showcases organisés à New York.
Ces soirées existent encore aujourd'hui et se déroulent au Park Central Hotel Ballroom.

2/ DJN Project "Take you away" : voici la version originale de Louie Vega. C'est sans doute l'un des plus longs enchaînements depuis que je réalise des sets !
Comme un air de Steely Dan dans l'ambiance et l'interprétation jazzy, mais le chanteur est ici Rick "Galactik" Wilkinson.
DJN est produit par Ruben "Swift" Vidal, qui a collaboré avec des artistes gospel comme Arnold Jarvis et Kenny Bobien.

3/ REEL PEOPLE "Amazing" : je continue à dérouler ma présentation de ce groupe injustement méconnu. Il réalise la fusion parfaite du funk West Coast (style Dynasty ou Shalamar) des années 80 et de la house des années 2000.
"Amazing" est extrait de "Seven ways to wonder", second opus du groupe sorti en 2008. Il est remixé par Tarantulaz alias Sir Piers, que j'avais découvert sur l'extraordinaire remix de "Never enough" de Boris Dlugosch (avec aux vocaux Roisin Murphy, ex-chanteuse de Moloko).

4/ BELEZAMUSICA "Running away" : une relecture brillante du fameux tube de Roy Ayers datant de 1977.

5/ DOMU presents Pete Simpson "Look a little further" : Si vous aimez l'acid-jazz version Brand New Heavies ou Incognito, procurez-vous la version album. Ici, il s'agit d'un remix soulful des MuthaFunkaz, des disciples de Joey Starr sans doute.

6/ BAH SAMBA "Live in the summer" : je suis le parcours de ce collectif anglais depuis 1998, date de sortie de la compilation "Jazz in the house vol. 6" (Slip'n'Slide) sur laquelle figure "So tired of waiting". Ne manquez pas non plus leurs versions lounge de "Bohemian" du japonais Muro.

Ce "Live in the summer" (encore un direct-to-mp3 ?) totalement envoûtant est signé Andy Ward. Il est encensé sur Traxsource par des pointures du genre comme Louie Vega, DJ Spen, Richard Earnshaw ou Ashley Beedle !

Je vous avais récemment joué leur remix d'un titre de Fatback Band ("Feel the fire"), vous les ré-entendrez prochainement car ces anglais de Brighton possèdent un sacré talent.

7/ PETALPUSHER "Rely on me" : l'un des pseudos de Miguel Migs, pilier du label Naked Music Recordings.

8/ LUKE "Heaven's on fire" : Luke était un groupe danois aujourd'hui sans doute dissous. Le titre original est une belle ballade downtempo. Le remix garage est réalisé par le duo de producteurs également danois, Spanish Fly.
"Baby stay fair" est une autre merveille à découvrir, un titre pop/lounge style Zero 7 qui vaut le détour.

9/ DISTANT PEOPLE feat. Annie Vocals "Let it rain" : entrée douce dans un univers house plus underground avec un montage de deux mixes assez similaires, le second étant plus proche des sonorités Inner City de la fin des années 80.
Distant People est un producteur originaire de Suisse, pays en ébullition musicale actuellement (Remady, EDX, Mike Candys, Jamie Lewis et le label Purple Music...).

10/ JUSTIN MICHAEL & PHONIC FUNK feat. Maiya "Take me to the sky" : une early house revival totalement hypnotique et jouissive !
Sur son site Facebook, le prodige californien cite des sources d'inspiration plus qu'hétéroclites (Nadia Ali, Jamiroquai, The Beatles...Nirvana).
Il est ici associé au producteur hollandais Phonic Funk dont je vous avais fait découvrir le fabuleux "Feel the soul" il y a quelques mois.

11/ LILL BO TWEAK "Da fonky beat" : pour clôturer ce set, une house déchaînée à base de riffs de chords et de gimmicks funk/disco.

vendredi 1 octobre 2010

N° 80 : Gospelize the funk! (Rare disco-funk medley, Raydio, K.O.T., Barbara Tucker...)

Set non disponible

1/ RAY PARKER JR & RAYDIO "For those who like to groove" : j'ai découvert le groupe Raydio à la discothèque de prêt de Maisons-Alfort à la fin des années 70.
L'album éponyme contient 4 titres absolument fabuleux :
  • Is this a love thing
  • Honey i'm rich
  • Jack & Jill
  • Get down
Jusqu'à son apparition récente sur Itunes, il n'était pas commercialisé sauf sur une rare édition CD japonaise et, en 20 ans de recherche, je ne l'avais jamais trouvé !

Le second album "Rock on" sorti en 1978 frôle l'atonie . Il faut attendre le chef d'œuvre "Two places at the same time" (1980) pour retrouver la verve des débuts.
L'album a été largement joué au Patch Club tant au niveau des jerks (eh oui ! tel était le style indiqué sur les informations rajoutée sur les pochettes par Eddy, le patron/DJ de l'époque) que des slows.
La dénomination "funk" a été utilisée dès lors que son fils à pris les commandes de la piste au début des années 80.

Je pense que le mot "jerk" désignait une danse que l'on pratiquait seul à la différence du disco et du rock qui se pratiquaient en duo et qui avaient été les chevilles ouvrières de la programmation de ce club dans les années 70.

Sur cet album figure "For those who like to groove", un instrumental empli d'alacrité et qui trouvera son clone parfait dans l'album suivant (le titre "Still in the groove").

2/ RAINCOAT BRIGADIER "Sportswear for the flasher" (1980): un des premiers medleys "techniques"de l'histoire de la musique club...et une pièce rarissime !

Jusqu'alors, il existait des collections de maxis souvent enchaînés de manière approximative et dont chaque face durait une vingtaine de minutes (la série des "Disco Cross" italiens, les "Hot Plates" canadiens et , bien sûr, les "Disconet" new-yorkais).
Chaque titre était joué plus ou moins en intégralité et le DJ n'avait qu'à laisser tourner, le temps d'aller boire un verre. Les Disconet, maxis promotionnels, incluaient des fiches de notation à retourner pour indiquer aux labels si le "buzz" prenait pour chaque titre qui y figurait.

Avec des maxis comme celui de Raincoat Brigadier, apparaît une race de medleys mixés à la sueur des fronts des DJ's, édités à la bande et dont les titres s'entremêlent à la vitesse de l'éclair.
En 20 minutes, ce ne sont plus 4 ou 5 titres qui sont proposés mais pas loin d'une trentaine !
Voici le tracklisting de ce "Sportswear for the flasher" :


  • Raydio : For Those Who Like To Groove
  • The Gap Band : Burn Rubber
  • Frankie Smith : Double Dutch Bus
  • Instant Funk : Everybody
  • Capricorn : Pow Pow
  • Frankie Smith : Double Dutch Bus
  • Kleeer : De Kleeer Thing
  • Leon Haywood : Don't Push It Don't Force It
  • Kool & The Gang : Ladies Night
  • Lipps, Inc. : How Long
  • Vaughan Mason : Jammin Big Guitar
  • Gino Soccio : Try It Out
  • Shalamar : Make That Move
  • Perucho Conde : La Cotorra Criolla
  • Pino D'Angio : Ma Quale Idea
  • Thelma Houston : If You Feel It
  • Geraldine Hunt : Can't Fake The Feeling
  • Sister Sledge : All American Girls
  • Kim Carnes : Bette Davis Eyes
  • Rod Stewart : Da Ya Think I'm Sexy
  • Ian Dury : Wake Up And Make Love With Me
  • Voyage : Kechak Fantasy
  • Kano : It's A War
  • La Flavour : Mandolay
  • Tomas Ledin : Looking For A Good Time
  • Voyage : Kechak Fantasy
  • Raydio : Still In The Groove
  • The Strikers : Body Music
  • Kool & The Gang : Celebration
  • Sister Sledge : If You Really Want Me
3/ SISTER SLEDGE "If you really want me" : avant que Chic n'apporte sa touche magique sur l'album "We are family" (1979), Sister Sledge était un groupe assez insignifiant, connu en Europe des seuls amateurs de Northern Soul, des fans de soul originaires du nord de l'Angleterre et particulièrement férus du "Motown sound".

Après un album de transition sans tube notoire, le groupe retrouve les charts sous la houlette du coruscant producteur Narada Michael Walden avec un album panthéonisé : "All american girls".
4 tubes cinglants dont ce "If you really want me" matraqué le dimanche soir au Palace.

4/ ATLANTIC STARR "(Let's) Rock'n'roll" : je ne peux pas dire que c'est un tube "légendaire" du Patch Club puisque j'ai dansé dessus, la vidéo étant diffusée sur un écran géant. C'est donc qu'il a existé. Je pense qu'Eddy avait dû enregistrer cette prestation dans une émission diffusée aux States car il ne semble pas exister de clip officiel.
Et dire que le "Greatest hits" du groupe n'a pas retenu ce titre flamboyant !

5/ NARADA MICHAEL WALDEN "Tonight i'm alright" : outre ses talents de producteur, Narada Michael Walden nous a gratifié de deux bons albums zonant entre funky et jazz-funk.
"Tonight i'm alright" contient ce riff de piano fédérateur et sa ligne de basse mémorable. Quant à la mélodie, on dit que c'est une "tuerie", non ?

6/ SEXY KOOL vs SUPERFUNK "Les brigades du Tigre" : parenthèse "french touch" pour faire la transition avec les années 90.
Sexy Kool alias Olivier Gautier s'offre les services d'un des groupes en vue de l'époque, SUPERFUNK (remember "Lucky star").
Après cette courte euphorie, la scène house française est vite retombée dans l'anonymat. Bien que j'écoute des centaines de nouveautés chaque mois, rien de décapant ne vient titiller mes oreilles dans ce pays. Un constat à l'instar d'une variété française en perdition depuis le début des années 2000.

7/ LOVEBEADS fet. Courtney Grey "This is the only way" : Mousse T. sample ici une partie de l'intro de "Turn your love around" de George Benson.

Entrée progressive dans le monde fabuleux du gospel.

8/ MARK & STEVENS "I like to be me" : à l'écoute de ce bootleg, j'avais cru reconnaître Michael Jackson, époque Jackson Five.
Il s'agit en fait d'un sample très accéleré de "Free" de DENIECE WILLIAMS alors débutante.
Il est superbement mis en valeur par ces deux remixers portugais.

9/ JONNY MONTANA feat. Stephanie Cooke "I owe you" : l'une des productions du nouveau label SOUL HEAVEN. Dans le même esprit, "Relish your soul" de Neil Pierce.

10/ BARBARA TUCKER "I get lifted" : un titre 100% gospel produit par Louie Vega et multi-remixé, ici avec un zeste de house "à la Roger S".

11/ K.O.T. 'Let it go" : je vous avais présenté le remix 98, très connoté "deep house", voici la version originale qui figure sur "The Beginning", l'excellente compilation du duo sortie sur le label Distance.

12/ FIRE ISLAND feat. Love Nelson "There but for the grace of God" : un final empreint de religiosité avec ce remix du titre de MACHINE, à l'origine très énervé et un peu pouet-pouet.
Son gimmick avait d'ailleurs été repris pour un remix réalisé par Roger Sanchez, me semble t-il.

Ici, c'est la surprenante et inclassable voix d'un certain Love Nelson (je suppose qu'il s'agit d'un homme) qui apporte la douceur et le raffinement à ce Roach Motel Mix (un nom sans doute inspiré d'une chambre d'hôtel sordide et infestée de cafards qu'ont dû fréquenter les deux producteurs).

Et dire que, dans les années 90, ce titre passait dans les matinées FG de Jean-Jérôme, les temps ont hélas bien changé.

vendredi 2 avril 2010

N° 62 : The Floorfiller Mix (Joey Negro, Bootsy Collins, Barbara Tucker...)

Set non disponible


Ce set achevé, je me suis dit que, si je l'avais joué in extenso dans quelque club pointu, vider la piste aurait été impossible. D'où cette appellation un peu prétentieuse. A vous de juger.

Quoi qu'il en soit, après cette semaine noire et inquiétante, il était temps de renouer avec la joie et l'espoir, et ce mix tombait à point nommé.

1/ LOVE TRIBE "Stand up" : cette version signée Roger Sanchez est étrangement saturée. Elle reprend le gimmick de "There but for the grace of God" de MACHINE (à 2'59" du début), un titre qui avait été repris avec délicatesse par FIRE ISLAND en 1993.
J'essaierai de vous présenter ce remix très deep dans un futur proche.

2/ MICHAEL GRAY feat. Shelly Poole "Borderline" : cette voix glamoureuse et minaudante piqua ma curiosité au point de savoir si le physique suivait. Le clip aguicheur ne pouvait être qu'un leurre.
En effet, Shelly Poole, physique de femme mûre, ex-membre du groupe Alisha's Attic, n'a rien d'une "biatch" et déroule une belle carrière en tant que compositeur pour des artistes comme Massive Attack, Janet Jackson ou Sophie Ellis Bextor.
En 2008, elle a formé un groupe de style country, Red Sky July.
Je la félicite pour avoir "joué le jeu" en ayant interprété à la perfection ce "Borderline" avec cette "voix de téléphone rose".

Ah, au fait, le sample du morceau est totalement improbable. Stretché à mort, il est emprunté à un slow mielleux et très dispensable : "Ready for your love" de CHAPTER 8. Avec l'intelligence et "l'oreille" qui caractérisent les grands remixers, Michael Gray a exactement samplé le seul passage magique du titre.

3/ JOEY NEGRO "Can't get high without U" (1997) : Toutes les infos sur ce morceau sont à lire sur ce billet. Ce single disco-house proposé en double pack signe le grand retour à la production de Dave Lee après la sortie de son album solo "Universe of love" quatre ans auparavant. Cet album lui avait permis de réaliser un vieux rêve en réunissant les Trammps ("Universe of Love", "What happened to the music") ou Gwen Guthrie ("What a life").

4/ Z FACTOR "Somebody" : avançant masqué, Joey Negro reprend l'un de ses vieux pseudos et surprend son monde avec ce titre très underground.
La face A, "We'll Keep Climbing", quasi-instrumentale et dotée d'un gimmick très électro fera l'unanimité, mais ce mix hurlé en face B, avec les vieux sons historiques de la house, complète à merveille ce qui restera l'un des meilleurs titres de 2008, un "must-have" comme disent les british.

5/ BARBARA TUCKER feat. Darryl D'Bonneau "Stop playing with my mind" : l'une des dernières flamboyances de la house filtrée, au crépuscule des 90's. Pour l'occasion, les anglais de Full Intention braconnent un petit bout de l'excellent "Black Ivory" de MAINLINE (1979).

6/ BLAZE "Most precious love" : je ne sais pas si ce riff de piano est une pure création, mais une chose est sûre, son viatique est imparable et térébrant. Comme un air de "Disco's Revenge", non ?

7/ LES CLAUDETTES "Alexandrie Alexandra" : Infusant son talent à tout ce qu'il touche, Joey Negro reprend l'arrangement de l'adamantin "I'm a man" de MACHO pour ce dub du tube de Claude François. Le double pack mérite l'acquisition.

8/ MADEMOISELLE "Do you love me?" : dommage que ces deux frenchies n'aient pas donné suite à ce flamboyant "stardust-like" au riff de guitare et aux arrangements parfaitement ciselés.

9/ THE FACE "Needin' U" : toutes les infos sur ce titre sont dans ce billet.

10/ JULIET ROBERTS "Bad girls" : en 1998, elle est la première (oublions la tentative mollassonne de Xaviera Gold) à reprendre avec brio ce monument de la disco.
Jay Kay (Jamiroquai) et Anastacia le reprendront en live lors d'une céremonie des Brit Awards, "The Adidas man" en solo lors de son concert à Verone (2002).

11/ BOOTSY COLLINS feat. MC Lyte "I'm leavin' U" : DJ TONKA est l'un des plus festifs DJ's allemands. Une happy house sans failles qui dynamite l'original groovy tout aussi excellent.
Le sample du gimmick me semble être piqué sur "Something about you" de Mr ROY.

12/ JAMIROQUAI "Love foolosophy" : ce ludion hybride capable de passer de l'acid-jazz le plus engagé à la dance la plus frivole, ce véritable satrape aux multiples frasques semble revenir à ses premières amours dixit les rumeurs de la Toile.
Finies donc les envolées discoïsantes ? La fin d'année nous en dira d'avantage.

vendredi 26 juin 2009

N° 24 : Mixing the decades (Full Intention, Inner Life, Jazzy Dee, MFSB, Morales mixes, Freemasons...)

Set non disponible




Un set qui parcourt 3 décennies de musique club au travers de titres originaux ou samplés et de nouveautés.

1/ ULTRA NATE "Free" : l'original a été ultra-rabâché, il n'était pas question de le présenter dans ce set. Je me suis intéressé au mix des anglais de FULL INTENTION, spécialistes du mélange des décennies avec leur premier concept, HUSTLERS CONVENTION. Ultra Naté, chanteuse originaire de Baltimore (USA), connut quelques succès mineurs (Rejoicing, Deeper Love, Joy). En 1995, la base instrumentale du Fire Island Mix de son single How long inspira largement ses créateurs, Farley & Heller, pour réaliser leur fameux Ultra Flava. Puis vint cet énorme cross-over radio de l'année 1997, fruit de l'expertise des Mood II Swing. En France, c'est Happy Music qui rafla la mise. Les follow-ups de ce single retentissant furent plutôt décevants (Found a cure, Pressure et dans une moindre mesure New kind of Medicine) et ULTRA NATE disparut...doucement.

2/ FREEMASONS "Watchin'" : La voix exceptionnelle d'Amanda Wilson et la mélodie irréprochable font de ce titre un "must" incontournable ! C'est le follow-up réussi de Love on your mind. A noter en 2008 sa reprise intéressante du Disco's Revenge de GUSTO, lui même inspiré du Groovin' you de HARVEY MASON (1979).
J'en fait un mash-up avec l'accapella du Jingo de CANDIDO (1979).

3/ CAPRICCIO "Everybody get up" : reprise du classique funky de JAZZY DEE (Get on up-1983), le mix de Jazz-n-Groove est construit sur la base instrumentale de K-Jee de MFSB (1975), une fois de plus !!! Je ne sais pas s'il y a eu gimmick plus samplé que celui-ci.

4/ MARY J BLIGE "Be without you" : remarquable mutation house d'un titre R'n'B par le duo londonien Bobby Blanco et Mike Moto. Petit mash-up avec l'accapella de Bad Habit de ONEPHATDEEVA

5/, 6/ et 7/ "Ain't no mountain high enough" : 3 variations autour du titre composé par Ashford & Simpson. Avec "You are somebody", FULL INTENTION reprend le riff de violons de l'original et fait rechanter le refrain du I am Somebody de GLENN JONES (1983).

INNER LIFE "Ain't no mountain high enough" (The Garage Version) : c'est la version mythique sortie en 1981. Le break au clavecin et le lent retour de toutes les pistes vers l'apothéose finale resteront gravés à jamais dans les souvenirs de mes soirées Palace. Le DJ éteignait alors l'ensemble des spots, plongeant la piste dans une pénombre totalement envoûtante, chacun redécouvrant son espace grâce à une puissante lumière noire. Pour l'anecdote, j'avais acheté un premier vynil (pourtant estampillé Salsoul) de ce titre à Champs-Disques et, comble de l'horreur, ce fameux break avait été supprimé !!!
J'étais retourné furieux au magasin la semaine suivante afin de réclamer la version mixée par Larry Levan et entendue au Palace. Le vendeur n'a jamais compris l'intérêt que je portait à ce détail de break (alors qu'il représentait le point culminant du mix) et m'a fait l'échange en râlant. Il faut dire que ce vendeur américain était particulièrement antipathique et qu'il n'avait rien à faire derrière un comptoir. C'est vraiment parce que Champs-Disques était incontournable que le patron pouvait se permettre de garder un employé capable d'envoyer promener des clients fidèles et plutôt généreux dans leurs achats.

JOCELYN BROWN "Ain't no mountain high enough" : cette reprise par la "lead singer" originale du groupe INNER LIFE est produite par David Morales (1998).

8/ SEX-O-SONIQUE "I thought it was you" : le sample provient du titre de HERBIE HANCOCK (1978) et l'on retrouve encore ces satanés FULL INTENTION derrière ce "one shot".

9/ DADDY'S FAVOURITE "I feel good things for you" : le remix d'Alan Braxe utilise notamment un bout de sample (les cuivres + "i'm the one !") de I'll do anything for you de DENROY MORGAN (1981), un classique du Patch Club, mais le sample vocal principal ne semble pas avoir été identifié pour l"instant par les spécialistes house sur la Toile.
Concernant la loop, elle provient du break de "Wikka Wrap" de THE EVASIONS.

10/ BARBARA TUCKER "Everybody dance (The horn song)" : cette version plutôt classe a été réalisée par Club Asylum, deux obscurs anglais qui ont sorti en 2001 un remix assez contestable du Street Life des CRUSADERS sous le pseudo de STREET A.

11/ PHOTEK "Mine to give" : 2000, année du dernier grand remix de David Morales ?? on a l'impression que les pistes utilisées pour sa version de Discotheque de U2 sont restées en place sur la table de mixage depuis 1997. L'ambiance est absolument magique, comme d'habitude. Vite Dave, revient à tes premières amours !

12/ U2 "Discothèque" : un Def Mix assez testamentaire du Boss... de quoi alimenter la Fontaine des Regrets. La voix de Bono est portée par des nappes et des accords majestueux et le final à la flute nous embarque définitivement. Une basse qui sort du mix, un subtil mélange de hard house et de early garage "à la Whistle Song"... du grand art. Et merci à Bono pour son ouverture d'esprit.