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mardi 17 mars 2020

N° 301 : With a Dose of Hip-Hop


Set non disponible
 
1/ PET SHOP BOYS "How Can You Expect To Be Taken Seriously" (Extended) : un début de set un peu mélancolique avec un mix signé en 1991 par Brothers in Rhythm. Rassurez-vous, la gaieté va finir par pointer le bout de son nez.

2/ ROCKNROLLA SOUND SYSTEM "Crumbs Off The Table" :  un re-edit d'un titre de 1974 de Laura Lee, l'une des pionnières d'un style que l'on qualifiait de "women soul music".

3/ LIZZO "Good As Hell" (Ultimix) : du Bruno Mars au féminin avec une obésité décomplexée. Du niveau de son récent hit "Juice".

4/ MORLACK "Take It To The Zulu Part 2" (Original Mix) : un babélisme de samples et l'on se demande ce que vient faire Al Jarreau dans la bataille, mais le résultat est assez plaisant grâce à un son d'une lourdeur remarquable.

5/ THE S.O.U.L. S.Y.S.T.E.M. "It's Gonna Be a Lovely Day" (Movin' The Crowd Mix) : un clip racoleur qui passerait pour ringard voire sexiste dans notre époque désormais sous le joug du politiquement correct. Une revisite hip-hop du tube de Bill Whithers qui nous fait regretter la disparition trop précoce du duo Clivillés & Cole. Le titre fait partie de la B.O. du film"The Bodyguard" et la bimbo du clip est une ex-membre du groupe Seduction, produit également par les  new-yorkais.

6/ MADONNA "La Isla Bonita" (Extended) : j’admets que l'on passe du coq à l'âne dans le style mais l'intro de Madonna se mariait trop parfaitement à l'ad lib gospel dont l'auteure n'a pas été identifiée.

7/ ASHFORD & SIMPSON "Solid" (Select Mix Remix) : en 1984, le couple le plus sexy de la soul américaine propose un hymne à la fidélité en amour, une relation solide comme un roc.

8/ CHAKA KHAN "Move Me" (Late Night Tuff Guy Rework) : un titre méconnu qui fut remis au gout du jour par Soul II Soul.

9/ TAMMY PAYNE "Take Me Now" (Dub Me Now Mix) : un acid-jazz du label Talkin' Loud.

10/ DUSTY DONUTS "Funky Thang" (Marc Hype & Naughty NMX Underground Edit) : merci à ces remixeurs berlinois (qui feraient bien de nettoyer leur beignets) d'avoir relifté le titre "My Thang" d'un certain James Brown.

11/ STOCK AITKEN WATERMAN "Roadblocks" : un hit jazz hip-hop prélude à une carrière dans la pop-house à succès.

12/ SOUL II SOUL "Back To Life" (Bruce Forest DMC Mix) : un grand bordel sonore commis par l'ancien DJ du Better Days de NYC.

13/ INNER CITY "Till We Meet Again" (Reese in Rio Mix) : "que l'on se retrouve encore", c'est ce que l'on peut espérer si l'on ressort tous vivants de cette épidémie qui changera à coup sûr l'ordre du monde et nous fera réfléchir sur le formidable fléau que, par son comportement et ses excès, l'être humain incarne.

vendredi 24 décembre 2010

N° 91 : Ultimate House Anthems (Hurley's classics, Xpansions, Underground Resistance...)

Set non disponible

Ainsi s'achève une décennie qui n'aura pas été frappée du sceau de la splendeur.

Abstraction faite de tous les drames qui l'ont marquée, son bilan musical n'est guère reluisant.

Sur le déclin car méprisée par les médias, la musique club et notamment la house music, sa cheville ouvrière, se sont vues regroupées sous l'appellation générique de "musiques électroniques" afin de tenir dans un seul rayon dans les grands magasins culturels, véritable fourre-tout qui déroute encore un peu plus les consommateurs.
Dieu sait pourtant que les sous-genres se sont multipliés et qu'il aurait été du devoir des disquaires de bien différencier les divers courants.

Concernant l'esprit originel de la house, c'est le Fort Chabrol d'une poignée de producteurs.
Heureusement, quelques "grands" portent encore l'étendard et leurs disciples émergent peu à peu.

En effet, ce sont les DJ's, souvent starisés, qui ont totalement éclipsé les artistes (accessoirement DJ's) dotés d'une réelle sensibilité musicale en inondant le marché de titres aux mélodies souvent simplistes et aux arrangements d'une pauvreté indicible.
Le but avoué par beaucoup est aujourd'hui de réaliser un tube et de profiter de cette notoriété pour tourner en club, vivant sur ce maigre acquis.

Les DJ's américains historiques comme Frankie Knuckles ou David Morales ont d'abord été des résidents reconnus dans leur fiefs avant de se voir proposer des tournées à travers le monde. C'est au mérite qu'ils ont acquis ce privilège.

D'autre part, alors que nous croulions sous les tubes dans les années 1988-1998, on traque aujourd'hui désespérément le titre qui vous embarquera à la première écoute.
Ce sont des dizaines d'heures d'écoute sur Traxsource, Decks ou bien sur les sites de podcasts que je dois réaliser chaque semaine pour découvrir quelques joyaux.

Ainsi, depuis le début de ce siècle, j'ai dû diversifier mes goûts, me tournant vers la variété française, la lounge, la pop-folk, la nu soul et le nu jazz afin de palier les insuffisances de cette musique fondatrice de ma culture.

Bien plus qu'une inspiration valétudinaire, je pense que l'interdiction des samples ou les épuisantes formalités juridiques afin d'obtenir l'autorisation de les utiliser ont grandement affecté le côté magique et spontané de la house music alors que ces mêmes samples furent à l'origine de son avènement.
Dernière preuve en date, l'ultime tube house de la décennie, le totalement fédérateur "Barbra Streisand" de DUCK SAUCE, est basé sur un sample de Boney M ("Gotta go home").


La house de qualité (souvent appelée "soulful house") existe pourtant bien, tout comme la progressive house, nouvelle appellation de la dance music, mais tels des orpailleurs, il faudra creuser pour dénicher ces pépites car les médias ne vous les livreront pas sur un plateau, le rock, le R'n'B et le rap français de bas étage ainsi que les "nanars" des années 80 encombrant les ondes et les chaînes de télé depuis bien longtemps.

Je crois que la house fut et restera une musique de marginaux, de doux rêveurs et d'alchimistes sans réel message et que c'est cela qui dérange. Les bidouilleurs de Detroit n'ont jamais convaincu l'Amérique.
Un mouvement culturel qui n'est dépositaire d'aucune cause, d'aucun combat, n'a pas voix au chapitre en France, pays des Droits de l'Homme qui se vante constamment d'avoir fait sa Révolution.

Nous prenons donc acte de ce choix arbitraire et retournons dans nos athanors respectifs pour échanger et transmettre nos émotions entre membres de la coterie.

Après tout, la marginalité est peut-être le gardien de l'authenticité.
Le disco est mort de sa démocratisation à outrance. Alors vivons heureux, vivons dans l'ombre.


Voici un set qui donne la part du roi à la house de Chicago, le mouvement musical qui donna l'impulsion avant que la techno existe.

1/ CE CE PENISTON "We got a love thang" (Silky House Thang) : assurément dans le Top 5 des remixes de Steve "Silk" Hurley !
Découverte alors qu'elle assurait des chœurs pour l'artiste Overweight Pooch ("I like it") et signée illico sur A&M Records, la Miss Black Arizona a pu s'offrir les services des maestros house comme Masters At Work et David Morales.
"We got a love thang" atteignit le 1ère place du US Dance Chart en février 1992.
On retrouve dans les chœurs Kim Sims, artiste produite par Steve Hurley.

2/ WAS (NOT WAS) feat. Kim Basinger "Shake your head" : tube emblématique de la Skyrock Max Party, le titre ne brilla pourtant pas en club malgré son refrain "happy" et l'excellent remix d'un Steve Silk Hurley décidément peu à l'honneur dans ce pays.
A noter en face B du maxi, un fantastique mix de "Listen like thieves" (reprise de INXS) par Danny Tenaglia.

3/ JAMIE PRINCIPLE "You're all i've waited for" : c'est en 1985 que Jamie Principle alias Byron Walton participe à la naissance de la house music avec le très "Bowie-style" "Your love", un titre supporté par son ami Frankie Knuckles, DJ du club Warehouse de Chicago, qui le mixait en superposant le fameux discours de Martin Luther King, "I have a dream".
En 1990, THE SOURCE reprendra d'ailleurs le gimmick de synthé pour un bootleg de "You got the love" de CANDI STATON.

"Baby wants to ride" fut un autre succès dans le registre acid-house.

Au début des années 90, sa collaboration avec Steve Hurley sera fructifiée par "Hot Body" (déjà présenté) et ce "You're all i waited for".

4/ JAMIE LORING "Love or infatuation" : dans le cadre de leur collaboration, Hurley et Principle produiront cette artiste dont ce single fut le seul titre remarquable, remixé ici par E-Smoove.

5/ MONIE LOVE "Born 2 B.R.E.E.D." : J'avais découvert Monie Love dans le Skydance avec "I can do this" (1988) puis le monumental "Grandpa's Party" (1989).
Son tube mainstream reste "It's a shame" (reprise des Detroit Spinners) en 1990, largement joué sur Skyrock.
"Born 2 B.R.E.E.D." est produit par Prince et excelle dans toutes ses versions, notamment le Born To Funk 12" Mix.

6/ HAPPY MONDAYS "Stinkin thinkin" : entendu dans le set de Maurice Joshua sur Skyrock !
Originaire de Manchester, le groupe Happy Mondays délivra une pop déjantée qui cristallisait des influences aussi diverses que la house ou le rock psychédélique des années 60.
Ce remix est réalisé par Farley & Heller à qui l'on doit le mémorable "Ultra Flava".

7/ THE S.O.U.L. S.Y.S.T.EM. "It's gonna be a lovely day" : cette reprise du tube de BILL WITHERS "Lovely day" (1977) est malmené de manière frénétique dans ce remix cultissime de Clivillés & Cole.
Tous les ingrédients d'une house rageuse sont réunis pour le bonheur des pieds et des oreilles dans ce Palladium House Mix I. Le double pack est de toute façon d'une urgence absolue.
La chanteuse est Michelle Visage, ex-membre du trio SEDUCTION qu'avait produit Clivillés et Cole à la fin des années 80.
On peut également l'entendre dans un style plus soft dans "Crash" de TKA (déjà présenté sur ce blog).

8/ LISA LISA & CULT JAM "Let the beat hit 'em" : en 1991, alors réalisateur de l'émission Top Dance, j'avais proposé à RLP de présenter ce maxi en nouveauté import.
Je lui proposais d'ailleurs chaque semaine une sélection de maxis que je me procurais au magasin Champs-Disques à Paris.
Il avait opté pour la version hip-hop (Brand New Super Pumped Up C&C Vocal Club Mix) qui le dispute en qualité à ces remixes house dont le gimmick vocal suit les pas du "Gypsy Woman" de Crystal Waters.
C'est l'un des nombreux disques imports que Skyrock a été la première radio nationale à présenter en access prime-time, contribuant largement à la popularisation de la house en France.
Merci à Tonton Pierre (Bellanger) pour la précieuse liberté qu'il a accordée à ses animateurs du week-end.

9/ SUZANNE VEGA "Blood makes noise" : un maxi plutôt rare et une version house "supervisée" par Clivillés & Cole. Je suppose que, débordés, ils ont laissé le soin à l'un de leurs ingénieurs du son d'honorer la commande du label A&M car une artiste du calibre de Suzanne Vega, ça ne se refuse pas.
Un son brut et sec, des arrangements simples et efficaces, des samples de cuivres piqués sur "Strike it up" de BLACKBOX ... de la pure house underground.

10/ UNDERGROUND RESISTANCE "Living for the night" : Mad Mike Banks et sa bande délivre un brûlot rave underground avec DAVINA ("Don't you want it") aux vocaux.

11/ XPANSIONS "Move your body" : escale chez les Grands-Bretons avec l'un des hymnes des rave parties.
Il fut brièvement classé dans le Skyrock Top Dance sans pourtant convaincre les clubbers.
Le sample de voix répété en boucle ensorcelle pourtant le corps et l'esprit.
Ce Club Mix est le chef d'œuvre du producteur Richie Malone dont c'est le seul tube notoire.

12/ THE BREAK BOYS "My house is your house" : j'avais découvert le new-yorkais Frankie Bones en 1989 par ses séries de grooves techno, les "Bonesbreaks".
Au début de la décennie 90, le Royaume-Uni et ses raves parties lui firent les yeux doux et sa popularité grandit en conséquence.

Le sample est extrait du House-A-Pella de "My house" de NELSON "FFWD" CRUZ sorti en 1989 sur Minimal Records, le label d'Arthur Baker.
C'est un production de Tommy Musto qui fut un disciple de la techno avant d'être pacifié par la grâce du New Jersey garage.

13/ CAMEO "Money" : l'un des plus anciens groupes de funk se fait furiusement technoïser par le pionnier de Detroit, Kevin Saunderson.
Ce Reese Revamp Mix porte bien son nom puisque le verbe "revamp" signifie "remodeler" ou "réamenager", ce dont l'original avait grandement besoin !
La loop provient de "N.T." de KOOL & THE GANG mais le sample de voix enragé reste inconnu, sans doute pompé sur quelque disque de heavy metal. On l'entendra à nouveau sur "Disco Flash Mix" de THE DISCO FREAKS.
Quand à l'effet delay placé sur le gimmick de synthé, il impose une syncope hallucinogène. Le gimmick fut entièrement repris sur "Velocity funk" de E-Dancer (autre pseudo de Saunderson) en 1997.

14/ UNITY "Unity" : un disque merveilleux et énigmatique, mené à un train d'enfer et qui marche sur les traces du gimmick d'orgue de "Gypsy Woman".

vendredi 10 juillet 2009

N° 26 : From light into shade (Stonebridge, Top Dance Megamix classics, Todd Terry, Clivillés & Cole)


Set non disponible

1/ FONDA RAE "Tuch me" et 2/ CATHY DENNIS "Touch me (all night long)" : Patrick Adams est un producteur-arrangeur-compositeur qui compte parmi les plus raffinés de la vague disco.
A la fin des années 70, il est à l'origine des tubes du groupe MUSIQUE (In the bush et Keep on jumping) et de PHREEK (Weekend), son chef d'oeuvre restant certainement la fabuleuse reprise par INNER LIFE du titre de MARVIN GAYE, "Ain't no mountain high enough". En 1984, il signe ce titre de FONDA RAE à l'intro gospelisante puis subit l'éclipse après l'excellent "Thinking of you" de SKIPWORTH & TURNER (1985).

Après des débuts tonitruants sous les auspices du producteur D MOB avec "C'mon and get my love" (N°1 du Dance chart US en 1989), "That's the way of the world" (l'épique remix de Morales) et, dans une moindre mesure, "Just another dream", Cathy Dennis s'attaque avec brio au monument de Fonda Rae en 1991. Un titre que j'ai joué sous de nombreuses versions dans mon Top Dance Megamix et qui connut une carrière assez brillante en club.
A noter une facette tout aussi glorieuse de la chanteuse : son palmarès en tant que compositeur de 3 tubes pop planétaires :
  • "Can't get you out of my head" de KYLIE MINOGUE
  • "Toxic" de BRITNEY SPEARS
  • "I kissed a girl" de KATY PERRY
de quoi imposer le respect !

3/ CLUBLAND "Hold on (tighter to love)" : encore un habitué du Top Dance Megamix. La version de Steve Silk Hurley fut plébiscitée par les DJ's français mais ce mix à l'atmosphère grave signé E-Smoove est tout aussi intéressant.

4/ BODY 2 BODY "Let's get intimate" : une production méconnue de Steve Hurley que j'ai joué plusieurs fois dans la Max Party et mes megamixes de l'époque. Ce BODY 2 BODY est, en fait, un "one shot" où le duo Chantay Savage-Donnell Rush donne le meilleur pour ce grand moment de happy house. Avec son vibrato magique, le preset "organ" du Casio CZ-101 que l'on entend ici (l'un des seuls presets valables de ce synthé) a marqué l'histoire de la house du début des années 90.

5/ JANET JACKSON "Together again" : un mix de Tony Humphries qui se termine par un solo d'orgue HAMMOND éternellement jouissif !!!
Un heureux hasard a voulu que je trouve le mash-up harmoniquement parfait en y ajoutant l'accapella de "To be in love" de INDIA.

6/ GEE MORRIS "It's in your smile" : une belle production signée des suédois STONEBRIDGE et Nick Nice. Autant la carrière solo de Gee Morris se résume à ce single, autant elle aura marqué les esprits en tant que lead vocal du groupe INNOCENCE et ses tubes plutôt aériens : "Let's push it", "Remember the day", "Natural thing" et "Silent voice".

7/ ANN CONSUELO "Do it for love" : le label SCORPIO, pourtant peu porté sur la soulful house au profit de la techno belge et des "italieneries" qui pullulaient à l'époque, avait surpris en sortant le single d'ANN CONSUELO, "See the day", produit par STONEBRIDGE. "Do it for love" est un "follow-up" un peu moins commercial mais néanmoins brillant. Il ne fut pas signé en France.

8/ PAMELA FERNANDEZ "Kickin' in the beat" : ce fut l'un des titres que Laurent Garnier apporta en signature au label créé par la FNAC et dirigé par Eric Morand, Fnac Music Dance Division. Il fondèrent ensemble le label F Communications en 1994 avec le succès que l'on sait. Remixé par Todd Terry, ce "Kickin' in the beat" est de la pure house new-yorkaise sortie initialement sur l'incontournable label Cutting Records (Hashim, Nitro Deluxe, Two in a Room, Masters at Work...).

Une entrée dans le royaume de l'underground, un lent passage de la lumière à l'obscurité.

9/ DARRYL JAMES/DAVE ANTHONY PROJECT "It's getting bigger" : en 1992, Todd Terry fonde son label, Freeze Records. Ce titre très sombre est extrait de l'album "Project 1" de Darryl James et Dave Anthony et fait suite à la sortie de leur tube "You make me happy", l'année précédente.

10/ TODD TERRY-THE UNRELEASED PROJECT "When you hold me" : on ne compte plus les "unrelased mixes" de Todd Terry ; sur ce point on se ressemble un peu !! (il faudra que je songe à sortir un album en bootleg). Vous devinez d'où vient l'inspiration principale de ce titre et je crois entendre également un sample de D-Train (You're the one for me).

11/ CLIVILLES & COLE "Pride (a deeper love)" : un single en forme d'apothéose pour le ce duo au destin bientôt funeste. L'original est une reprise du groupe U2 mais Clivillès & Cole ont l'intelligence de remanier le titre avec une nouvelle mélodie et de nouveaux textes et de l'inclure sur le maxi et c'est ce le mix-fleuve de 12'18" qui "emportera le morceau" ! Petit bémol, la chanteuse Deborah Cooper n'est pas mentionnée sur la pochette (une sale manie chez ce duo de producteurs un peu égotistes).

12/ THE S.O.U.L. SYSTEM "It's gonna be a lovely day" : un alias de Clivillés & Cole qui leur permit de se glisser sur la B.O.F. du film "The Bodyguard" (W. Houston, K. Costner). L'original, très funky, est une excellente reprise du titre de BILL WITHERS sorti en 1977 (et remixé par Ben Liebrand en 1988). Il atteignit la place N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play. A noter la performance vocale de Michelle Visage (ex-chanteuse des groupes SEDUCTION et TKA).

13/ EL BARRIO "In charge" : profitant de l'aubaine, les covers se multiplient. Ce titre crédite toujours David Cole mais son producteur, Eddie Arroyo, s'invite à la fête. La ligne de basse est légèrement remaniée et un gimmick de sax créé sur le sample.

14/ SHANNA "Do me boy" : lorsque des producteurs vous narrent les anecdotes insensées qui marquent la genèse de leurs tubes, vous avez souvent peine à y croire. Et pourtant, l'histoire de la musique est truffée de ces petites histoires où le hasard joue le Grand Ordinateur.
Cette production que nous avions signée sur le nouveau label dance de BMG, NN'B, et qui atteignit le top 5 du Skyrock Top Dance n'aurait jamais dû connaître un tel succès (signé dans plusieurs pays européens avec notamment des remixes italiens).

A l'origine, mon collègue Pascal Henninot avait eu l'idée de remixer le titre de Vanessa Paradis, "Gotta Have It". La technique de mixage "à l'ancienne" utilisée par Lenny Kravitz permettait d'isoler la voix en ne samplant que l'un des canaux stéréo (comme sur les premiers disques des Beatles). Nous avions donc sorti une version happy house de ce titre qui fut vite interdite par Kravitz himself. Cela ne m'empêcha pas un petit pied de nez en diffusant le bootleg sur Skyrock.

C'est alors que nous fûmes approché par un obscur producteur, Ralphy Abitbol (dit Ralphy Corbyn) qui nous proposa de faire rechanter le titre par l'une de ses pouliches, une certaine Shanna Wilkerson. L'arrangement instrumental réalisé sur Vanessa Paradis faisant très bien l'affaire, une session fut réservée dans un petit studio d'enregistrement de La Plaine-St-Denis. Il suffisait alors de placer la voix de Shanna sur la bande... et de dompter son caractère légèrement impétueux.

Pour un producteur qui effectue une reprise, la règle de base est de réaliser une composition originale en face B afin de récolter la moitié des droits de pressage des ventes de disques générées par la face A, supposée être un tube. C'est pourquoi nous avions construit en toute hâte un instrumental assez convenu, très influencé par les productions C & C Music Factory et sur lequel nous avions troussé une mélodie.

Une fois l'enregistrement des voix de "Gotta Have it" achevé, la cerise sur le gâteau était donc de laisser la chanteuse improviser un texte sur notre mélodie instrumentale. Je ne sais par quelle sorte de magie, mais le résultat de cette expérience fut au-delà de nos espérances bien que restant une modeste face B intitulée "Do me boy".

500 copies furent envoyées dans les clubs français. Un mix très deep underground "façon MURK" fut également réalisé pour l'occasion : le Deeper Than U Can Mix. J'en suis encore aujourd'hui assez fier malgré le poids des années.

Entre temps, l'actualité musicale nous avait réservé une bien mauvaise surprise. Le label Dance Pool venait de sortir une reprise de la même chanson par Paris Red. Une autre équipe avait ainsi "flairé le bon coup" et notre idée était quasiment tuée dans l'oeuf.

Logiquement, ayant déjà reçu une version, les DJ's ne s'intéressèrent pas à la notre mais les plus curieux eurent l'idée d'écouter la face B, de la jouer et de créer le buzz.


C'est ainsi que le label NN'B dirigé par Nanou Lamblin proposa de signer et de sortir ce "Do me boy" en tant que titre unique sur un maxi.
Miracle, l'engouement fut tel que ce modeste titre garage underground finit dans les 5 premiers du Skyrock Top Dance !

Je pense que nous avons été la première équipe française, bien avant les Bob Sinclar et autres artistes de la "french touch", à avoir connu le succès avec un style musical inédit en France et totalement inspiré de la culture américaine. Signé en Allemagne et en Italie, le titre fut l'objet de remixes assez médiocres de Fathers Of Sound sur le label D-Vision.

15/ ALEX PARTY "Read my lips" : final avec un grand classique house du label Cleveland City.