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lundi 20 février 2017

N° 277 : The Boogie's Gonna Get Ya!


Set non disponible
 
Avant de détailler ce set, je voudrais avoir une pensée pour Al Jarreau qui nous a quitté le 12 février dernier.
En 2010, j'avais déjà été informé de ses problèmes de santé par l'un de mes collègues de travail qui devait assister à l'un de ses concerts français, annulé en conséquence.
C'était un grand jazzman, expert dans l'art du scat, dont on aura notamment retenu la fantastique réinterprétation du Blue Rondo A la Turk de Dave Brubeck.
Il aura aussi marqué les esprits dans les clubs avec son album This Time et le tube Love Is Real (1980) qui aura illuminé les nuits du Palace puis avec l'excellent Boogie Down (1983).

Cette info passée inaperçue m'aura incité à rechercher la liste des artistes funk/soul disparus l'an passé et, comme pour le rock, 2016 aura été particulièrement cruelle :
    • Prince
    • Billy Paul ("Mr & Mrs Jones") 
    • George Michael
    • Natalie Cole
    • Nicholas Caldwell (co-fondateur des Whispers)
    • Maurice White (leader d'Earth, Wind & Fire)
    • Denise Matthews (alias Vanity, une égérie de Prince)
    • Leon Haywood ("Don't Push It, Don't Force It")
    • Kashif ("I Just Got To Have You (Lover Turn Me On)", "Stone Love"...)
    • Rod Temperton (le compositeur notamment de "Thriller","Off The Wall", "Give Me The Night"...) 
    • Colonel Abrams ("Trapped")
    • Alphonse Mouzon (co-fondateur de Weather Report et auteur du hit "I'm Glad That You're Here")
Pour se remettre de cette funeste entame de billet, voici un set plutôt joyeux, résolument funk mais saupoudré de quelques notes tropicales. Puisse t-il vous donner du baume au cœur en ces temps d'incertitude.

1/ FRANCE JOLI "Gonna Get Over You" (Shep Pettibone's Kiss FM's Mastermix) : en 1982 sortait un double pack de remixes de titres du label Prelude mijotés par Shep Pettibone pour la radio new-yorkaise Kiss FM. Autant dire que ce vinyle (édité depuis en CD) est absolument indispensable à la collection de tous les thuriféraires de l'edit et du remix vintage. La collection comporte deux volumes dont le 2e hélas partiellement mixé.

2/ CASUAL CONNECTION "Push It In The Groove" : après un épique remix de Billy Jean (déjà joué dans le set n° 271), le DJ australien s'intéresse ici à Push, un vieux classique du groupe One Way (Al Hudson) sans doute connu des seuls aficionados du funk.

3/ THE QUICK "Rhythm Of The Jungle" : Ce duo anglais nous avait offert la même année le classique Zulu. Il s'illustrera également sous le pseudo Giant Steps avec le tube pop (The World Don't Need) Another Lover (1988).

4/ KID CREOLE & THE COCONUTS "Annie, I'm Not Your Daddy" (1982) : un hit style calypso qui fit les grandes heures du Patch Club ! l'un de ces maxis à la bonne humeur contagieuse et masterisé en "mode patate" qui remplissait la piste à tous les coups.
Derrière ce nom exotique se cache le producteur américain August Darnell.
Après avoir revisité le swing des années 30 avec son groupe Dr. Buzzard's Original Savannah Band, il remet à l'honneur les sonorités latines des années 50 sous le pseudo de Kid Creole (en référence au film King Creole avec Elvis Presley). Pour étoffer le concept, Darnell est accompagné sur scène par trois choristes à la plastique irréprochable, The Coconuts, dont le look n'est pas sans rappeler celui des Andrew Sisters.

Bourré de titres aux mélodies aguichantes et aux textes malins, l'album Tropical Gangsters marquera l'apothéose de ce groupe bariolé, kitsch et désinvolte.
Troisième single extrait, Annie, I'm Not Your Daddy loupera de peu la première place du hit-parade anglais, barré par le monumental Do You Really Want To Hurt Me de Culture Club.

5/ ALIEN DISCO SUGAR "Can't Lose" : c'est le gimmick de trompette bricolé par ce DJ grec qui m'a donné l'idée de l'enchainement. Il s'agit d'un one shot du groupe Khemistry (I Can't Lose With The Stuff I Use), produit toutefois par Rodney Brown (compositeur de Can You Handle It de Sharon Redd, You Got What It Takes de Bobby Thurston ou Love Fever de Gayle Adams).

6/ FRANK DANA "Sexy Lady" : et la Palme de la pochette la plus ringarde revient à... Frank Dana, genre "vieux beau dans sa piscine hollywoodienne". Heureusement que le micro n'est pas amplifié, sinon je ne donnais pas cher du chanteur et de la naïade qui sert de décor.



C'est une production italienne plutôt bien ficelée, une véritable rareté qui eut l'honneur d'une signature sur le prestigieux label Salsoul Records, mais qui curieusement semble n'avoir connu qu'une sortie française. Le fait est que je possède ce disque sans doute entendu à l'époque sur la toute jeune bande FM.

7/ Dr. PACKER "Caught In A Trap" (Dr. Packer's VIP Mix) : je reste élogieux pour le travail de cet australien, invité récurrent de mes sets avec ici un re-edit de Lost In Music de Sister Sledge.

8/ NARADA MICHAEL WALDEN "I Shoulda Loved Ya" (Dj ''S'' Bootleg Extended Dance Re-Mix) :  ce bootlegger est l'un des meilleurs artisans du marché. Je l'ai découvert sur un remix de "Get It Right" de Aretha Franklin et de "Stomp" des Brothers Johnson. Il délivre ici une excellente version d'un extrait de l'album-phare de Narada Michael Walden (The Dance Of Life-1979) qui contient le hit monumental Tonight I'm Alright.

9/ Dr. PACKER "Disco Lovin'" :

Merci pour avoir retravaillé ce hit inmixable de Teena Marie (I Need Your Lovin') !

C'est en parcourant sa discographie que j'ai appris que cette belle californienne, auteur-compositeur-interprète-multi-instrumentiste était décédée en 2010 à l'âge de 54 ans. Décidément, je crains que mes chroniques ressemblent de plus en plus à des rubriques nécrologiques. On gardera le souvenir de cette voix puissante et cristalline, une des rares grandes stars blanches du R'n'B.


10/ ROD "Just Keep On Walking" (Decareydited Mix) : je me suis amusé a mélanger les mixes vocaux et instrumentaux et l'ad lib réserve un petite surprise du genre "on a laissé le micro ouvert alors que le playback est fini". Le titre est chroniqué dans mon set n° 50.

11/ D TRAIN "You're The One For Me" (12inch) : le premier hit du duo américain.

12/ TOM BROWNE "Fungi Mama/Bebopafunkadiscolypso" (1981) : un final festif avec cette jam party aux accents africains emmenée par le trompettiste Tom Browne, célèbre pour Funkin' For Jamaïca. J'avais découvert ce titre dans l'émission culte Destination Planète 7 animée par le trio barré Smith et Wesson-Fool Astral sur la radio d'Etat Radio 7 ! Une époque de liberté qui m'aura permis d'enrichir largement ma culture musicale quand les radios d'aujourd'hui délivrent la même bande-son avec des animateurs interchangeables.

dimanche 25 mai 2014

N° 216 : Eclectic 80's (Duran Duran, Firefly, Rick Astley, Pet Shop Boys...)


Set non disponible

Éclectiques comme aucune décade auparavant, les 80's auront tout connu : la fin du disco, victime de ses dérives et des imposteurs qui l’ont fait déconsidérer, l’avènement de la funky music puis sa désintégration dans les boîtes à rythmes, la consécration du hip-hop, du freestyle, de la house, de la new wave et de l’italo-disco avec leurs armées de synthétiseurs, des sons tropicaux de Kid Creole et de ses Coconuts, des nouveaux romantiques aux coiffures impossibles, de solides groupes tels que Depeche Mode, Simple Minds, Tears For Fears, U2, Duran Duran, Pet Shop Boys dont certains existent encore…l’explosion des radios libres, les tubes de Gold, Elegance, Bandolero, la chute du Mur de Berlin…Les années 80 auront été les dernières à maintenir le rêve enchanté avant la grande désillusion.

Il y avait encore de grands mélodistes, de grands arrangeurs, des moyens financiers à la hauteur des projets… des boutiques de vinyles et CD fleurissaient à tous les coins de rue : les chaînes Nuggets, Madison, Virgin Megastore, les parisiennes Champs Disques, Lido Musique, Discoparnasse, le Mini Club de Nuit (dont l’un des vendeurs me semblait être Phil Barney)…un disque aimé était un disque aussitôt acheté.

Puis les nouveaux médias (internet, consoles de jeux, ordinateurs, téléphones portables, Ipod) apparurent, dispersant l’offre de loisirs.
Le format mp3 ouvrit la boîte de Pandore en faisant de l’échange de fichiers et de la multiplication des copies un jeu d’enfant.

Alors que le cinéma fascine encore, que les chaînes de télé payantes spécialisées dans le sport ou les séries trouvent aisément un marché, la musique est devenue un objet sans valeur. On l’entend dans les magasins, on l’écoute dans la rue sur le haut-parleur minable d’un téléphone portable…qu’il manque la moitié du titre ou que le son soit dégueulasse, peu importe, c’est un simple bruit de fond qui accompagne notre journée.
Auriez-vous l’idée d’aller voir un film en ayant loupé le premier ¼ h, avec une image granuleuse en 4/3 et un son mono ? bien sur que non car vous êtes exigeants sur ce que vous payez 12 euros.
Mais ce mp3 qui vous a coûté zéro, qui n’a pas d’emballage, ni de pochette, dont vous ignorez qui a composé le titre, arrangé le mix, dont vous ignorez parfois l’interprète, c’est juste un fichier de plus pour agrémenter votre bibliothèque. Je ne connais que peu de gens qui m’avouent acheter des disques dans des magasins ou sur internet.

Quand un artiste a touché 5000 euros de royalties sur ce qui a été annoncé comme un « tube », il peut s’estimer heureux… il y a de quoi se décourager de faire ce métier.
Alors, seuls les DJ’s y trouvent leur compte, composant des titres à tire-larigot. Dès le premier demi-succès, ils profitent de l’aubaine pour rentabiliser les frais dans des tournées ou des sets en soirées souvent grassement rémunérés.
D’ailleurs le public qui a payé sa place n’attend rien d’autre de ce DJ qu’une démonstration technique et un étalage d’effets et de sons. On vient « voir » un DJ comme on vient voir un vrai groupe sur scène… il y a bien longtemps que le but n’est plus de faire danser les gens.
Malheureusement, les DJ’s ne sont pas des compositeurs ou des mélodistes hors-pair (sinon nous croulerions sous les tubes), ce sont dans le meilleur des cas de bons bidouilleurs ou des sound designers et les plus connus d’entre eux font généralement appel à des « nègres » pour composer et arranger leurs titres.


Dans cette médiocrité culturelle (qui touche aussi le cinéma), je traîne chaque semaine quelques heures sur Itunes, Beatport ou Traxsource à la recherche de nouvelles sensations.
Mais pour 100 titres écoutés, 1 ou 2 finiront dans ma besace, souvent avec une grande indulgence pour des mélodies tout juste acceptables… mais il faut bien renouveler ma base de données, éviter de réécouter toujours les mêmes titres entendus 500 fois, éviter de se voir ressasser par les radios toujours les mêmes rengaines…alors on fait l’effort.
Les grands mélodistes de la chanson française se font rares. Calogero vient d’offrir le magnifique «Le Soldat» à Florent Pagny, Goldman se cache et livre ses titres au compte-goutte depuis 12 ans (un nouvel album est toutefois prévu cette année), mais Obispo ne me semble plus très inspiré et Voulzy prend son temps…comme d’habitude.
Les grands arrangeurs dance (Stock, Aitken & Waterman, Shep Pettibone, Steve « silk » Hurley) sont à la retraite…Frankie Knuckles nous a quittés récemment.

On me dit que mes sets ravivent les vieux souvenirs, plongent un peu dans la nostalgie, mais vous sortent de la morosité le temps d’une écoute. Il paraîtrait qu'en mélangeant les styles et les époques, ils soient moins ennuyeux que bien d'autres. Tant mieux si mon travail apporte sa pierre à l’édifice.
J’aurais tant aimé vous faire découvrir chaque semaine de nouveaux talents, mais l’exercice se révèle impossible. Alors pardonnez-moi de faire sans cesse référence au passé comme un vieil aigri.

PLAYLIST :

FIREFLY "You Can Lead Me" - 1982
TRAMAINE “Fall Down (Spirit of Love)" - 1985
FUNHOUSE “Dancin’ Easy” (House Mix) - 1988
RICK ASTLEY “She Wants To Dance With Me” (Bordering On A Collie Mix) - 1988
DONNA SUMMER “This Time I Know It's For Real” (Pete Hammond 12'' Mix) - 1989
NARADA MICHAEL WALDEN “Divine Emotions” (Shep Pettibone Remix) - 1988
WHITNEY HOUSTON “I Wanna Dance With Somebody (Who Loves Me)” (12" Remix) - 1987
MY MINE “Hypnotic Tango” (Hypnotic Mix) - 1983
MY MINE “Hypnotic Tango” (Extended Mix) - 1983
DEPECHE MODE “Strange Love” (Razormaid Classic Mix) - 1987
PET SHOP BOYS & LIZA MINELLI “Losing My Mind” (Ultimix Dub) - 1989
DURAN DURAN “All She Wants Is” (US Master Dub) - 1988
DURAN DURAN “All She Wants Is“ (Ultimix) - 1988
2 IN A ROOM “Do what you want“ (12inch Remix) - 1989

vendredi 1 octobre 2010

N° 80 : Gospelize the funk! (Rare disco-funk medley, Raydio, K.O.T., Barbara Tucker...)

Set non disponible

1/ RAY PARKER JR & RAYDIO "For those who like to groove" : j'ai découvert le groupe Raydio à la discothèque de prêt de Maisons-Alfort à la fin des années 70.
L'album éponyme contient 4 titres absolument fabuleux :
  • Is this a love thing
  • Honey i'm rich
  • Jack & Jill
  • Get down
Jusqu'à son apparition récente sur Itunes, il n'était pas commercialisé sauf sur une rare édition CD japonaise et, en 20 ans de recherche, je ne l'avais jamais trouvé !

Le second album "Rock on" sorti en 1978 frôle l'atonie . Il faut attendre le chef d'œuvre "Two places at the same time" (1980) pour retrouver la verve des débuts.
L'album a été largement joué au Patch Club tant au niveau des jerks (eh oui ! tel était le style indiqué sur les informations rajoutée sur les pochettes par Eddy, le patron/DJ de l'époque) que des slows.
La dénomination "funk" a été utilisée dès lors que son fils à pris les commandes de la piste au début des années 80.

Je pense que le mot "jerk" désignait une danse que l'on pratiquait seul à la différence du disco et du rock qui se pratiquaient en duo et qui avaient été les chevilles ouvrières de la programmation de ce club dans les années 70.

Sur cet album figure "For those who like to groove", un instrumental empli d'alacrité et qui trouvera son clone parfait dans l'album suivant (le titre "Still in the groove").

2/ RAINCOAT BRIGADIER "Sportswear for the flasher" (1980): un des premiers medleys "techniques"de l'histoire de la musique club...et une pièce rarissime !

Jusqu'alors, il existait des collections de maxis souvent enchaînés de manière approximative et dont chaque face durait une vingtaine de minutes (la série des "Disco Cross" italiens, les "Hot Plates" canadiens et , bien sûr, les "Disconet" new-yorkais).
Chaque titre était joué plus ou moins en intégralité et le DJ n'avait qu'à laisser tourner, le temps d'aller boire un verre. Les Disconet, maxis promotionnels, incluaient des fiches de notation à retourner pour indiquer aux labels si le "buzz" prenait pour chaque titre qui y figurait.

Avec des maxis comme celui de Raincoat Brigadier, apparaît une race de medleys mixés à la sueur des fronts des DJ's, édités à la bande et dont les titres s'entremêlent à la vitesse de l'éclair.
En 20 minutes, ce ne sont plus 4 ou 5 titres qui sont proposés mais pas loin d'une trentaine !
Voici le tracklisting de ce "Sportswear for the flasher" :


  • Raydio : For Those Who Like To Groove
  • The Gap Band : Burn Rubber
  • Frankie Smith : Double Dutch Bus
  • Instant Funk : Everybody
  • Capricorn : Pow Pow
  • Frankie Smith : Double Dutch Bus
  • Kleeer : De Kleeer Thing
  • Leon Haywood : Don't Push It Don't Force It
  • Kool & The Gang : Ladies Night
  • Lipps, Inc. : How Long
  • Vaughan Mason : Jammin Big Guitar
  • Gino Soccio : Try It Out
  • Shalamar : Make That Move
  • Perucho Conde : La Cotorra Criolla
  • Pino D'Angio : Ma Quale Idea
  • Thelma Houston : If You Feel It
  • Geraldine Hunt : Can't Fake The Feeling
  • Sister Sledge : All American Girls
  • Kim Carnes : Bette Davis Eyes
  • Rod Stewart : Da Ya Think I'm Sexy
  • Ian Dury : Wake Up And Make Love With Me
  • Voyage : Kechak Fantasy
  • Kano : It's A War
  • La Flavour : Mandolay
  • Tomas Ledin : Looking For A Good Time
  • Voyage : Kechak Fantasy
  • Raydio : Still In The Groove
  • The Strikers : Body Music
  • Kool & The Gang : Celebration
  • Sister Sledge : If You Really Want Me
3/ SISTER SLEDGE "If you really want me" : avant que Chic n'apporte sa touche magique sur l'album "We are family" (1979), Sister Sledge était un groupe assez insignifiant, connu en Europe des seuls amateurs de Northern Soul, des fans de soul originaires du nord de l'Angleterre et particulièrement férus du "Motown sound".

Après un album de transition sans tube notoire, le groupe retrouve les charts sous la houlette du coruscant producteur Narada Michael Walden avec un album panthéonisé : "All american girls".
4 tubes cinglants dont ce "If you really want me" matraqué le dimanche soir au Palace.

4/ ATLANTIC STARR "(Let's) Rock'n'roll" : je ne peux pas dire que c'est un tube "légendaire" du Patch Club puisque j'ai dansé dessus, la vidéo étant diffusée sur un écran géant. C'est donc qu'il a existé. Je pense qu'Eddy avait dû enregistrer cette prestation dans une émission diffusée aux States car il ne semble pas exister de clip officiel.
Et dire que le "Greatest hits" du groupe n'a pas retenu ce titre flamboyant !

5/ NARADA MICHAEL WALDEN "Tonight i'm alright" : outre ses talents de producteur, Narada Michael Walden nous a gratifié de deux bons albums zonant entre funky et jazz-funk.
"Tonight i'm alright" contient ce riff de piano fédérateur et sa ligne de basse mémorable. Quant à la mélodie, on dit que c'est une "tuerie", non ?

6/ SEXY KOOL vs SUPERFUNK "Les brigades du Tigre" : parenthèse "french touch" pour faire la transition avec les années 90.
Sexy Kool alias Olivier Gautier s'offre les services d'un des groupes en vue de l'époque, SUPERFUNK (remember "Lucky star").
Après cette courte euphorie, la scène house française est vite retombée dans l'anonymat. Bien que j'écoute des centaines de nouveautés chaque mois, rien de décapant ne vient titiller mes oreilles dans ce pays. Un constat à l'instar d'une variété française en perdition depuis le début des années 2000.

7/ LOVEBEADS fet. Courtney Grey "This is the only way" : Mousse T. sample ici une partie de l'intro de "Turn your love around" de George Benson.

Entrée progressive dans le monde fabuleux du gospel.

8/ MARK & STEVENS "I like to be me" : à l'écoute de ce bootleg, j'avais cru reconnaître Michael Jackson, époque Jackson Five.
Il s'agit en fait d'un sample très accéleré de "Free" de DENIECE WILLIAMS alors débutante.
Il est superbement mis en valeur par ces deux remixers portugais.

9/ JONNY MONTANA feat. Stephanie Cooke "I owe you" : l'une des productions du nouveau label SOUL HEAVEN. Dans le même esprit, "Relish your soul" de Neil Pierce.

10/ BARBARA TUCKER "I get lifted" : un titre 100% gospel produit par Louie Vega et multi-remixé, ici avec un zeste de house "à la Roger S".

11/ K.O.T. 'Let it go" : je vous avais présenté le remix 98, très connoté "deep house", voici la version originale qui figure sur "The Beginning", l'excellente compilation du duo sortie sur le label Distance.

12/ FIRE ISLAND feat. Love Nelson "There but for the grace of God" : un final empreint de religiosité avec ce remix du titre de MACHINE, à l'origine très énervé et un peu pouet-pouet.
Son gimmick avait d'ailleurs été repris pour un remix réalisé par Roger Sanchez, me semble t-il.

Ici, c'est la surprenante et inclassable voix d'un certain Love Nelson (je suppose qu'il s'agit d'un homme) qui apporte la douceur et le raffinement à ce Roach Motel Mix (un nom sans doute inspiré d'une chambre d'hôtel sordide et infestée de cafards qu'ont dû fréquenter les deux producteurs).

Et dire que, dans les années 90, ce titre passait dans les matinées FG de Jean-Jérôme, les temps ont hélas bien changé.

vendredi 16 avril 2010

N° 64 : From funky soul to hardcore house (Skyrock Dance Classics, Narada Michael Walden, Depeche Mode,Tyree...)

Set non disponible

1/ REVELATION "Feel it" : obscure production du début de l'ère funky, elle fut révélée dans l'émission "Destination Planète 7" (animateurs : Smith & Wesson et Fool Astral) sur l'antenne de Radio 7, première radio du service public destinée aux jeunes.
Un arrangement "philly" ciselé porte une mélodie mémorable et un break parfaitement amené.

2/ SHARON REDD "Never give you up" : Dimitri From Paris avait remixé ce vieux "Prelude Records" de la défunte interprète de "Can you handle it?", mais ma préférence va à l'original.

3/ NARADA MICHAEL WALDEN "I want you" : deux albums d'anthologie ("The Dance Of Life" et "Victory" dont est extrait ce titre), une voix de falsetto... un producteur-musicien-interprète de haute volée.
Il produira notamment les "cultissimes" (j'ose un petit barbarisme - ça faisait longtemps - que Jean-Loup Chifflet et consors me pardonnent, ça me démangeait) albums de :
  • Stacy Lattisaw : "Let me be your angel" (1980)
  • Sister Sledge : "All american girls" (1981)
  • Whitney Houston : "Whitney Houston" (1985)
  • Lionel Richie : "Dancing on the ceiling" (1986)
4/ THE GALLERY Vol. II "Tee's Happy" : un re-edit en "bootleg" du fameux dub de NORTHEND réalisé par Tee Scott en 1981.
La face A ("Happy days") est souvent créditée à Michelle Wallace, l'interprète du titre.
Le géant Arthur Baker signe déjà la composition et la production du titre.
A noter un clap électronique au son inoubliable qui marquera le début du règne de la funky music.

Glissement vers les glorieuses années de Skyrock.

5/ 49ers "Die Walküre" : stupeur chez les puriste ! le DJ dérive vers la house italienne sans crier gare. Véritable pandémonium, cette production Bortolotti débridée au bassdrum énorme fit un tabac dans les clubs français durant la courte période de la mode New Beat (1988).
Parmi les innombrables samples, le riff de guitare de Chaz Jankel sur "Glad to know you".

6/ NOMAD "(I wanna give you) devotion" : grand classique du Skyrock Top Dance Megamix, ce remix DMC signé Mike Gray était l'alternative rêvée au multi-rabâché original qui fit également fureur en club.
Mais au fait, qui saura dire d'où provient le sample de saxophone ? Ce que l'on sait, c'est que le mini-refrain est inspiré de l'accapella de "Devotion" de Ten City.
Je suppose que le producteur a essayé plusieurs accapellas sur son instrumental et à jugé ce dernier le plus adéquat.

7/ PAULA ABDUL "Vibeology" : autre classique du Skyrock Top Dance, c'est hélas l'un des remixes les moins connus de Steve Silk Hurley. Mis à part l'arrangement totalement destructuré, c'est le sax trituré dans tous les sens qui apporte la folie au remix.

8/ MADONNA "Vogue" : signé Shep Pettibone, RLP adorait ce remix très classe (à l'instar de la danse à laquelle il fait allusion).
J'estime que ce titre marqua l'apogée de la carrière de Madonna en club et que l'inexorable déclin se produisit dès lors qu'elle se passa des services de celui qui l'avait propulsé au sommet.
Ce n'est pas le pathétique "Confessions on a dancefloor" (2005) dont on retiendra juste le single "Get together" qui redora le blason de la "croqueuse d'hommes" désormais subclaquante.
Son dernier amant, une espèce de godelureau, s'improvise désormais D.J., déshonorant la profession.

9/ BLACK BOX "Strike it up" : j'ai adoré jouer ce maxi dans le Top Dance Megamix. Voici l'original mais le mix de DJ Lelewel est encore plus magique. Un maxi où chaque plage est merveilleuse, un "must have" dans votre discothèque.
Appréciez l'utilisation judicieuse du roll de batterie de "Reach out, I'll be there" de GLORIA GAYNOR dans les transitions.
Pour l'anecdote, son album comportait une face A enchaînée sans blanc spécialement pour les DJ's ce qui représentait une première pour l'époque (1975), une idée fantastique qui avait germé dans l'esprit du producteur Tom Moulton. Trois tubes à la suite (dont le fameux "Never can say goodbye"), le DJ avait le temps d'aller boire un coup.

10, 11 & 12/ FPI PROJECT presents Rich In Paradise "Going back to my roots" ;
ATMOSPHERE "Atm'Oz-Fear" (Original Mix Double Beat) ;
KLF "3 a.m. eternal" (Guns Of Mu Mu) : 3 titres symboliques de l'époque Maxximum.
Les fêlés de KLF ont été les chouchous de cette radio du Forum des Halles. Révélés par "What time is love?", leur ultime single, "Last train to trancentral" sera l'une des plus grosses ventes de l'année 1991. Production au son énorme, elle sera classée dans le Top Dance tout comme ce "3 a.m. eternal".
Pour FPI PROJECT, ne manquez pas de prêter une oreille attentive à l'original de Lamont Dozier qui est un sommet de la soul music (eh oui, le tube d'ODYSSEY n'était qu'une reprise, brillante certes, mais reprise quand même).
Quant à ATMOSHERE, on se doute bien à l'écoute que ce vent froid vient de Belgique.

13/ DEPECHE MODE "Strange love" : l'atmosphère devient glaciale - j'ai failli nommer ce set "It's gettin' colder" - et ce maxi de Depeche Mode de 1987 reste redoutable malgré le poids des ans.

14/ E-MELLO "Situation" : reprise de YAZOO (groupe fondé par Vince Clarke, ex-membre de DEPECHE MODE), ce titre de 1982 est, à l'origine, une simple face B du tube mondial "Don't go".
La version d'E-MELLO sera un succès mémorable du début de l'année 1991 dans les clubs français et je le jouerai à maintes reprises. Ce rappeur anglais fera également le bonheur de BASS BUMPERS sur le hit "The music got me".

15/ Final hardcore avec la house de Chicago de TYREE. "Hardcore Hip house" est un classique du Skydance et reprend quelques bribes du "Promised land" de JOE SMOOTH.
Ceci est la version des anglais de Double Trouble.

vendredi 26 mars 2010

N° 61 : The Black Day Megamix (Adeva, Narada Michael Walden, Toney Lee...)

Set non disponible


1/ ADEVA "It should've been me" : un set qui démarre aussi comme un coup de théâtre.
Alors que l'on s'attend à un titre sirupeux, le brusque arrêt de la chanteuse ADEVA en plein couplet interpelle l'oreille. Une intro d'une grande originalité qui m'avait poussé à présenter ce mix de Frankie Knuckles en nouveauté dans le Skyrock Top Dance en 1991.

2/ MIMMO MIX "My way" : trop parfaite pour être honnête, cette obscure italienerie signée Bortolotti a dû sampler la base piano d'un titre garage, et la mémoire me revenant, il s'agit effectivement du "Reachin'" de Phase II. Quelques modifications dans les paroles et le tour est joué.
Cela étant, ce plagiat tient largement la route en comparaison avec l'original, assez mal mixé.

3/ PAUL SIMPSON feat. Candi Staton "Musical freedom" : au royaume du bootleg figure ce remix assez rare du fameux "Musical freedom" de Paul Simpson featuring ADEVA. Une fois de plus, c'est l'accapella de Candi Staton qui est pillé, enfantant d'une version plutôt fadée où les harmonies se conjuguent parfaitement.
A noter le solo de xylophone de Terry Burrus, musicien new-yorkais qui accompagna les plus grands : Michael Jackson, Mariah Carey, Frankie Knuckles (sur son remix de "Rock with you") ou David Morales (par exemple sur "Hyper Ballad" de BJORK)

4/ ANTHONY AND THE CAMP "What i like" : un gros hit du PATCH CLUB datant de 1985 et déjà une production signée Jellybean.

5/ DARCY ALONSO "Waited so long" : Cet "Extended mix" ne possède pas la folie des versions acid-house mais les percussions foisonnent et le rythme totalement syncopé est carrément méphistophélique.

6/ Chanteuse d'une beauté fulgurante, PEBBLES livre ce "Mercedes Boy", un titre térébrant produit par le fabuleux Louil Silas Jr. hélas décédé en 2001.
A son actif, des remixes d'anthologie comme :
  • "My girly" de READY FOR THE WORLD
  • "Take your time" de PEEBLES
  • "Roses are red" de MAC BAND
7/ TONEY LEE "Love so deep" : Le vulgum pecus a retenu "Reach up" (massacré par Phats & Small en 1999) , mais les phalanstères du funk connaissent tout autant ce "Love so deep" qui sonne comme un follow-up assez réussi. Baissé de rideau juste après, en 1983.

8/ UNIQUE "What i got is what you need" : plus la peine de présenter ce "must have" du label Prelude Records. Masterisé avec un équilibre parfait des fréquences par le sorcier Herb Powers Jr., le son claque dans les trompettes des châteaux JBL du Palace, laissant le danseur abasourdi mais extasié.
Plus personne n'est capable d'écrire des titres funky aussi happy et puissants de nos jours, la black music s'étant livrée à une horde de mamamouchis arrogants, frimeurs et macho.

9/ CROWN HEIGHTS AFFAIR "You gave me love" : Après "Dreaming a dream" et "Dancin" (sorte de revisite du célèbre "Shaft" d'ISAAC HAYES), "You gave me love" (1980) symbolise l'acmé de la carrière de ce groupe américain. Son refrain en simples onomatopées est entêtant et festif au possible.

10/ DYNASTY "I don't wanna be a freak" : petit bootleg déniché chez Decks. Dr Butcher, le remixer, n'a retenu que les bonnes pages de ce titre plutôt putassier.
Heureusement, ce groupe signé sur le fameux label SOLAR allait nous réserver un fantastique album funky en 1981 : "The second adventure". Il recèle des tubes comme "Here i am" et "Love in the fast lane", des titres qui s'inscrivent dans la lignée des meilleures productions des WHISPERS, autres colocataires du label de Los Angeles.

11/ LOLEATTA HOLLOWAY "Love Sensation" : le titre le plus samplé de l'histoire de la house music. En 2006, il fut encore utilisé par Kurd Maverick & Eddie Thoneick. Comme ce fut le cas pour Black Box en 1990, les producteurs durent faire rechanter (mal) le titre pour éviter tout procès. Loleatta ne lâche rien !

12/ CHIC "Chic mystique" : cette version album très "pépère" se laisse écouter, mais qu'il est loin le temps où CHIC se posait en groupe subversif de la musique club.

Un final totalement "Skydance" !

13/ NARADA "Divine Emotions" : énorme retour de NARADA MICHAEL WALDEN, auteur de deux albums jazz-funk bourrés de titres magiques qui firent référence :
  • "The dance of life" (1979)
  • "Victory" (1980)
En 1988, c'est Shep Pettibone qui fait renaître le Phénix de ses cendres à travers ce titre irrésistible.

14/ ON THE ONE "Who's really bad?" : ce vynil très rare sample avec folie le "Bad" de Michael Jackson.

15/ SAMANTHA FOX "Love house" : qui eut imaginé Samantha Fox programmée dans l'un de mes sets ??? C'était sans compter sur la contribution de Kevin Reese Saunderson (Inner City) qui livre ici un mix confus, bordélique à souhait (un calvaire pour situer où se trouve la première mesure de l'intro !) qui fraye avec les démons.