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vendredi 7 mai 2010

N° 67 : The quintessence of souful house (Blue 6, Knee Deep, Motor City Drum Ensemble...)

Set non disponible

Récemment, lors de mes vacances, j'ai eu l'occasion de regarder le jeu de Nagui "Tout le monde veut prendre sa place". Alors que l'émission me paraissait plaisante, l'animateur a encore trouvé le moyen de m'agacer lorsque, présentant un extrait de "Free" de ULTRA NATE, et personne ne trouvant la réponse (vous pensez bien que ça aurait été miraculeux vu le public de "mimiles"), ce kroumir a osé brocarder la diva avec des réflexions du style "Elle chante pas, elle beugle !" ou "Ultra Nate ? elle-même ne sait pas qu'elle s'appelle comme ça !".
Si Nagui n'était pas doté d'un certain sens de l'humour, je dirais que c'est un parfait abruti... et intellectuellement malhonnête par dessus le marché. S'attaquer à cette artiste et ce titre parfaitement interprété, n'est pas digne d'un animateur "populo" qui redore son blason par le biais de son émission intello, Taratata.
Il en a fait passer des gémissantes et des braillards, mais comme il s'agit de rock ou de rap, c'est forcément génial et merveilleux.
A t-il déjà eu l'idée de présenter en live la performance d'une Barbara Tucker ou d'une Jocelyn Brown ? non. Ça ne lui traverserait même pas l'esprit vu qu'il ne soupçonne même pas leur existence.

C'est toute cette camarilla qui entoure les grands médias que je dénonce ici. Ces gens qui imposent l'idée que tous ces artistes à messages, pseudo-intellectuels ou rebelles, sont les seuls valables.
La musique n'a donc pas le droit d'être simplement insouciante ? faut-il qu'on lui confère un rôle politique et social pour qu'elle ait droit de cité ?
Tout cela est navrant et ennuyant.

Alors, ce set se dresse comme un pied de nez dérisoire à cette intelligentsia qui a pris le contrôle des esprits. Il rassemble la quintessence de la soulful house, celle que vous n'entendrez jamais ailleurs que dans quelques clubs épars et surement pas dans Taratata.

1/ BLUE 6 "Sweeter love" : cette production de Jay Denes sortie en 1998 sur Wave, le label de François K, symbolisa les prémisses de la naissance d'une house ultra sophistiquée. Tout n'était donc pas perdu. Quelques bastions protégés par des redoutes aux soldats impavides résistaient aux Uhlans de la médiocrité.
En 2010, ces îlots paradisiaques subsistent alors que la vague déferlante aurait pu les engloutir. Sans doute la conséquence d'un volonté divine à moins que les américains aient eu l'intelligence de laisser une lucarne pour que ces maîtres des harmonies puissent encore s'exprimer.
SOLU MUSIC, LISA SHAW, AQUANOTE, BLUE 6, MIGUEL MIGS, ANDY CALDWELL, AYA, RICHARD EARNSHAW, KNEE DEEP, DANNY KRIVIT, BRIAN TAPPERT, SAMANTHA JAMES, LOUIE VEGA, DJ MEME, JOE CLAUSSELL, FRANCOIS K et autres... merci d'exister encore.

2/ MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE "raw cuts #4" : une grande trouvaille dénichée chez Decks Records. Les deux faces du maxi sont fabuleuses (je vous présenterai la face A,"#3" le 21 mai).
Derrière ce pseudo se cache un jeune allemand de 25 ans, Danilo Plessow. Natif de Stuttgart, Danilo est très tôt influencé par le jazz et dès l'âge de 11 ans il maîtrise la MAO. "Motor City Drum Ensemble" fait référence aux usines Mercedes-Porsche emblématiques de la ville et fait un clin d'oeil discret à la vieille Detroit où tant de bonnes choses ont éclos.
Fort des ces productions reconnues dans le petit monde de la deep-house, il est devenu un remixer très courtisé.

Un maxi qui a " la patate" et que pourrez tenter de jouer dans votre club préféré ; vous ne ferez peut-être pas un four, qui sait ?

3/ MILLENIUM "Work that body" : une vraie rareté signée par le DJ et producteur anglais Joey Musaphia en 1996. Auteur de plus d'une centaines de remixes plus ou moins connus, c'est surtout un DJ de renommée européenne.

4/ CAROLYN HARDING "Superstar" : un remix de Lenny Fontana tout à fait dans la tendance des productions Naked Music.
Carolyn Harding a récemment fait sensation en tant que "featuring" des deux titres de Sessomatto, "And i'm telling you" et "Movin' on" (elle en était l'interprète originale en 1987) , qui sont des "must have" absolus.

5/ YO YO HONEY "Groove on" : ce classique downtempo est uplifté par M&S alias Ricky Morrison & Fran Sidoli, un duo anglais dont les remixes furent commercialisés par de nombreux labels underground américains dont Cutting Records, Nervous Records, Big Beat et Strictly Rhythm.
Parmi leurs grands remixes, citons "Don't give up" de MICHELLE WEEKS et "Free" d'ULTRA NATE (celle qui, selon le fatigant Nagui, ne sait elle-même pas comment elle s'appelle !).

En face B de ce maxi, un remix progressif de DJ Pierre tout aussi recommandable.

6/ URBAN BLUES PROJECT "Testify" : l'époque où Mousse T faisait encore des mixes totalement funky et soulful. J'ai été effrayé à l'écoute de ses dernières productions. A croire que la compromission dans l'électro est de nos jours une affaire de survie artistique voire pécuniaire.

7/ JULIET ROBERTS "So good" : un titre remixé par Booker T, DJ représentatif de la mouvance UK garage. Bien que d'influences reggae et R'n'B, c'est lors de ses excursions à New-York qu'il fut envouté par les sonorités underground de Todd Terry ou des Masters at Work.

8/ KATHY BROWN "Never again" : j'avais démarré l'un de mes précédents sets par le Reprise Mix de Copyright, voici leur Extended Mix. Autant dire que des titres "garage" de ce calibre ne courent pas les rues. On en dénombre une dizaine par année. C'est donc armés de la plus grande patience que, de leur gabions, les chasseurs de soulful house arrivent à les capturer.

9/ KNEE DEEP "All about love" : mon gros coup de cœur 2010 ! c'est avec une suavité assez exceptionnelle que Lovebirds a.k.a. Sebastian Döring (l'un des deux membres de KNEE DEEP) délivre ce dub enchanteur.
Je n'ai pas pu résister à l'expérimentation d'un mash-up avec l'accapella de "murder on the dancefloor" de la sublime Sophie Ellis Bextor.
La version originale, tout aussi angélique (grâce à la voix de Cathy Batistessa), vous sera présentée dans un futur set, mais, à mon avis, vous aurez tous acquis ce maxi d'ici là.

10/ LEAH McCRAE "All this love that i'm giving" : parmi la multitude de remixes de Richard Earnshaw, celui-ci est l'un de mes préférés. La fille de Gwen McRae reprend l'un de ses tubes avec une interprétation rageuse et convaincante. Les accords de piano Rhodes et la rythmique swinguent à la perfection.
L'un des grands titres de l'année 2004.

11/ DEEPSWING "in the music" : c'est avec la nonchalance de la voix de Robert Wilson (ex-bassiste de GAP BAND) et le sax fatigué qui l'accompagne que se termine ce set empli de vibes.