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vendredi 2 octobre 2015

N° 251 : It's a Stomper! (ABC, hip-house anthems, Landlord...)


Set non disponible
 
1/ DOUBLE YOU "We All Need Love" (Extended Mix) : le groupe Double You fut le fleuron du producteur italien Robyx alias Roberto Zanetti. Le premier single Please Don't Go (1992), judicieuse reprise sur le groupe KC and The Sunshine Band, avait déjà largement alimenté le tiroir-caisse du tout jeune label Panic Records.
Tout aussi fadée, We All Need Love est une reprise d'un obscur titre du canadien Domenic Troiano (1979).

Autant l'eurodance nous avait globalement affligé de nombre de prosaïques reprises de tubes des années 80, autant Robyx a su se montrer brillant et aventurier dans sa démarche. Chapeau bas, Mister Zanetti !

2/ LANDLORD feat. Dex Danclair "I Like It" (Blow Out Dub)  : ce gimmick "house" archi-connu maintes fois utilisé est la création du producteur canadien Nick Fiorucci alias Landlord. C'est un "one shot" de 1989.

3/ JAM JAM "Everybody (Watcha Gonna Do)" (Extended Version) : une production Lee Marrow plutôt hip-house et souvent jouée dans mes Top Dance megamixes.

4/ TWENTY 4 SEVEN feat. Captain Hollywood "I Can't Stand It" (Club Remix) : l'aimable version originale ne peut souffrir de la comparaison avec cet envoûtant mix de Bruce Forest qui incorpore quelques samples de Kraftwerk (The Robots) et des O'Jays (Backstabbers).

5/ MONIE LOVE "Grandpa's Party" (The Love II Love Remix) : déjà chroniqué dans le set n°41.

6/ ARIZONA feat. Zeitia "Slide On The Rhythm" : déjà chroniqué dans le set n° 33.

7/ FLEETWOOD MAC "Family Man" (Extended Vocal Remix) : fabuleux remix d'Arthur Baker ! L'original figure sur l'album Tango In The Night sorti en 1987 et qui représentait ce que le groupe californien nous avait offert de mieux depuis Rumours, opus que, je le rappelle, chaque mélomane se doit de posséder afin de ne pas paraître du quatorzième bénédicité.

Petite séquence contemporaine avec deux missiles d'une urgence absolue.

8/ MY DIGITAL ENEMY "You're The One" (Original Mix) : encore un duo anglais qui fait mouche ! Après leur revisite du classique On A Ragga Tip de SL2, voici un piano-house au riff acéré.

9/ CHRIS LAKE & ANNA LUNOE "Stomper" (Extended Mix) : le sample de Landlord visiblement inusable refait parler de lui ! Cette production tonitruante signée sur Ultra Music est l'oeuvre du producteur londonien Chris Lake (fondateur du label Rising Music) et de la chanteuse-DJ-productrice australienne Anna Lunoe.

10/ D MOB "We Call It Acieed" (The Matey Mix) : un hymne acid-house signé Dancin' Danny D qui avait sévit au Royaume-Uni en 1989. Plus classieuses furent ses collaborations avec Cathy Dennis notamment pour That's The Way Of The World et Touch Me (All Night Long).

11/ ABC "One Better World" (Club Mix) / Garage Mix) : lumineuses versions "gospel garage" signées Blaze et jouées dans le Skydance à l'époque.

12/ ABC "When Smokey Sings" (The Miami Mix) : ABC fut symbolique d'une new-wave joyeuse et très dansante, à l'image du hit The Look Of Love. Il rend ici hommage à Smokey Robinson (leader des Miracles), je suppose ? Le titre atteignit la première place du Billboard Dance en 1987. Le remix est signé Phil Harding, membre de la fameuse écurie PWL Productions.

13/ THE BEATMASTERS feat. Merlin "Who's In The House" (The Hip House Anthem) : déjà chroniqué dans le set n° 76.
Le prochain set sera publié le 16 octobre.

vendredi 20 mars 2015

N° 239 : House Music - The Apotheosis (Clivillés & Cole masterpieces, D'Mob, The Beatmasters, S-Express...)


Set non disponible

Je ne sais combien ma culture doit à l'émission Skydance, mais l'écouter tous les samedis soir m'avait remis le pied à l'étrier alors que, comme beaucoup de jeunes actifs accaparés par leur boulot, j'avais complètement décroché de l'actualité musicale. Et fort de cette passion pour cette house music à son apogée, je me retrouvai un jour producteur puis animateur sur Skyrock.

1/ SAMANTHA FOX "Love House" (The Black Pyramid Mix - 1988) : un pur bijou passé par les mains expertes de Kevin Saunderson et qui nous proposait une Samantha Fox moins "variétoche" que dans son tube Touch Me. La compo est signée par les frères Bolland, à qui l'on doit Rock Me Amadeus de Falco et In The Army Now de Status Quo.

2/ KYM MAZELLE  "Useless" (After Hours Dub - 1988) : le duo Clivillés & Cole entre en action, tout auréolé du succès de son remix de Pink Cadillac de Natalie Cole.

3/ THE CREW "Free Your Body (Get Dumb)" (Clivilles And Cole Master Mix - 1990) : déjà chroniqué dans le set n° 14.

4/ GRACE JONES "Love On Top Of Love (Killer Kiss)" (The Cole & Clivilles Garage House Mix - 1989) : je crois que l'on tutoie le sublime avec ce mix à la progression hypnotique.

5/ PENTHOUSE 4 "Bust This House Down" (The Turnaround Mix - 1988) : une production Les Adams (créateur du L.A. Mix) sortie sur le fameux label anglais Syncopate.

6/ D'MOB feat. Cathy Dennis "C'mon & Get My Love" (Dance Hall Mix - 1989) : quelques singles en solo dont notamment We Call It Acieed, mais on doit surtout à ce producteur anglais la découverte d'une chanteuse blanche au timbre angélique, Cathy Dennis.
Le single gospelisant One Day (1994) sera son dernier tube.

7/ INNER CITY "Big Fun" (12inch Remix - 1988) : un son qui a fait le tour de la Terre et qu'on retrouve en preset d'usine dans plusieurs synthés en plug-in dont le Predator de Rob Papen, mon favori.

8/ HITHOUSE "Move Your Feet To The Rhythm Of The Beat" (Party Mix - 1989) : le talent, c'est savoir copier les autres et c'est ce qu'a réalisé le producteur hollandais Peter Slaghuis. Paix à son âme.

9/ THE BEATMASTERS feat. Betty Boo "Hey DJ I Can't Dance (To That Music You're Playing)" (12'' Mix - 1989) :  un groupe anglais historique du mouvement british house (Rock Da House, Who's In The House) qui  propose ici une hip-house flamboyante avec Betty Boo (Doin' The Do !) aux vocaux.

10/ S-EXPRESS "Nothing To Lose"(1990) : autre groupe anglais fondateur (Superfly Guy, Theme From S-Express) avec un titre un peu passé inaperçu.

11/ L.A MIX "Love Together" (1990 Mix) : autre production de Les Adams aux accents gospel.

12/ SEDUCTION "(You're My One And Only) True Love" (New York House Mix 1 - 1989) : voici le mix de Clivillés & Cole sans la voix de Martha Wash (qui avait poursuivi le label pour non crédit sur les pochettes), mais avec des samples de l'accapella de Let No Man Put Asunder de First Choice.

13/ THE HACKER "Shockwave" (2012) vs. 101 "Rock To The Beat" (1988) : l'intrus est ici (normal, c'est un hacker !). Le Belge Michel Amato rend hommage au son du Anasthasia de T99 mais également au hit de ses compatriotes 101.
Rock To The Beat fut à l'époque censuré sur NRJ car il scandait le mot "acid", synonyme de drogue (une version de merde retouchée avec des mots de substitution - Fantasy au lieu de Ecstasy et New Beat au lieu de Acieed - avait alors été enregistrée en toute hâte).
Quand on voit aujourd'hui le degré de vulgarité qu'atteignent les mornings et émissions de talk des radios (et le C'Cauet justement sur NRJ), l'escalade dans le sensationnel et la provocation orchestrée pour faire de l'audience à tout prix, tout cela parait dérisoire et il était finalement assez lamentable qu'une radio commerciale s'érige en "Mère la Morale" quand elle a besoin de tapiner pour garder ses auditeurs.

samedi 12 juillet 2014

N° 218 : Flavour of the Old School (Mary Jane Girls, Ce Ce Peniston, Nomad, D Train...)


Set non disponible

Dernier set avant les sacro-saintes vacances que je souhaite excellentes à celles et ceux qui pourront en prendre.
Je publierai un ou deux Top Dance Megamixes inédits d'ici fin septembre.

Ce set au doux parfum du passé démarre avec les MARY JANE GIRLS et "In My House". C'est un peu comme si les Supremes avaient survécu aux années 80 et s'étaient reconverties dans une funk-house cadencée par les boites à rythmes.
Produit par feu Rick James, ce clin d'oeil à la Motown est d'autant plus évident que ce single était sorti en 1985 sur le label Gordy (Berry Gordy étant le fondateur du célèbre label de Detroit).
Les Mary Jane Girls sont toutefois bien plus connues pour leur hit "All Night Long" (1983).

"Stop & Go" de DAVID GRANT aurait certainement échappé à mon attention si je ne l'avais pas vu à l'émission Top Of The Pops lorsque j'étais étudiant à l'Université de Londres en 1983. C'est une copie relativement bonne du style du grand Michael Jackson qui triomphait à l'époque avec l'album Thriller.
L'acmé de sa carrière fut toutefois sa remarquable ballade "Could it be i'm falling in love" en duo avec Jaki Graham.

Récupéré sur Soulseek, ce Shield Your Eyes SFO to ORD Edit de "You're The One For Me" de D-TRAIN reste une énigme, mais se révèle toujours plus facile à mixer que l'original assez instable.
Il est disponible sur Soundcloud.

MATT BIANCO "Wam-Bam Boogie". J"avais découvert cet artiste dans un style "vintage jazz" (un genre musical très couru au début des années 80 au Royaume-Uni) avec notamment le single "Whose Side Are You on?" (et la chanteuse Basia) et l'album éponyme est d'ailleurs un must have pour toute discothèque qui se respecte.

Cette version Soul de "(I wanna give you) Devotion" de NOMAD a souvent été programmée dans mes Top Dance Megamixes.
Non créditée (volonté ou non de l'interprète ?), c'est Sharon Dee Clarke ("Something Special") qui est au lead vocal.

Petite revue d'effectifs de la Dream Team de ID Productions avec "Dunno what it is"  des BEATMASTERS (E Smoove's Groovy Mix), "Keep On Walkin'" de CE CE PENISTON (Silky Soul 12inch) et "Boy You Knock Me Out" de TATYANA ALI (Maurice's Xclusive Club Mix).
Concernant ce dernier titre, empruntant l'intro magique au piano Rhodes de "Summer Madness" de Kool & The Gang, la version originale produite par Will Smith est une éminence du style R'n'B.

N'oublions pas ROBIN S et "Luv 4 Luv" dans un Old School Mix de circonstance (par Stonebridge) et WHITNEY HOUSTON "Queen Of The Night" dans une majestueuse version garage livrée par CJ Mackintosh.

Le set prend un tournant plus contemporain sur la fin avec deux missiles house très récents : CHAD TYSON "Heard It Like This" (2014 - Original Mix) et LISA SHAW "Heartbeat" (2013 - Migs Deep Salted Dub).

vendredi 5 novembre 2010

N° 85 : Real wild house (28th Street Crew, Clubland, Davina...)

Set non disponible

1/ RHYTHM REPUBLIC vs. MARSHALL JEFFERSON "Move your body" : à l'écoute de ce relifting, ce fut une énorme claque, l'original ayant pris un sacré coup de vieux.

A l'origine, cet hymne fut signé sur Trax Records, un label tenu par le peu recommandable Larry Sherman. Selon les dires de Jesse Saunders (celui qui est donné comme le créateur du premier disque house) dans son livre "House music...The real story", Sherman était un homme d'affaires peu scrupuleux voire malhonnête. Il avait l'habitude de presser des vinyles à la qualité sonore exécrable en utilisant comme matériau de base de vieux disques qu'il recyclait dans son atelier. Inévitablement, même neuf, le disque présentait des craquements et des sillons déformés !
Possédez-vous un disques Trax Records d'une qualité acceptable ? Personnellement non (notamment le disque de Marshall Jefferson à la bande passante digne d'un mp3 encodé en 96kbps et aux multiples craquements).
Et pourtant, ce Larry Sherman joua un rôle notoire dans la popularisation de la house music.

2/ SOUND FACTORY "Come take control" : une house d'origine suédoise produite notamment par Vito Ingrosso, le père de Sebastian Ingrosso, membre de la Swedish House Mafia.

3/ 28th STREET CREW "I need a rhythm" : un vinyl que l'on m'a volé en 1989 dans une soirée cauchemardesque à Chennevières-sur-Marne lorsqu'une bande de racailles était venue semer la terreur.

Acheté quelques mois avant à Miami, cette production qui s'inspire largement de "Respect" d'ADEVA et de "Make my body rock" de JOMANDA était réalisée par Clivillés & Cole sur Vendetta Records, label à l'existence trop courte auquel on doit "This is acid" de MAURICE, "Love together" de L.A. MIX, "Breakdown", "Groove me"et "Two to make it right" de SEDUCTION.

4/ THE BEATMASTERS feat. The Cookie Crew "Rok da house" : Dechavanne en avait fait un générique d'émission, autant dire que tout le monde connait et qu'il n'est pas nécessaire de s'attarder.

5/ FUTURE FUNK "Wildberry tracks" : les violons étaient trop beaux pour être natifs de cette merveilleuse production disco-house datant de 2005.
En effet, il s'agit d'un astucieux montage d'un extrait de "Don't make me wait too long" de BARRY WHITE.

6/ RAW "Play my game" : ce groupe fantomatique n'a sorti que deux titres, mais ils sont exceptionnels.
"Play my game" est un classic house tonitruant resté à l'état de test pressing (on se demande bien pourquoi).
"Intoxicated" révèle la puissance de la chanteuse Amanda Wilson que l'on peut entendre aussi sur "Love on my mind" de FREEMASONS.

7/ PARIS AVENUE "Feel it (it's so good)" : une reprise réussie du "It's so good" de Creative Force sortie sur Sub-Urban en 1993.
J'aurais aimé que des français furent à l'origine de cette production, mais malgré l'indice du pseudo, il s'agit en fait de producteurs belges, ces voisins qui nous surpassent littéralement en matière de techno et de house.
La France n'est pas un terreau de la house music et y réussir à percer tient du miracle ou d'un carnet d'adresses bien fourni dans les "milieux autorisés" (comme disait Coluche).
Nous-mêmes avons tenté en vain de 1991 à 1997 d'atteindre la reconnaissance malgré de multiples productions (vous en entendrez deux assez rares la semaine prochaine dans un set très énervé).

8/ EVE GALLAGHER "Love comes down" : la protégée de Boy George s'était fait connaître avec la version soul et downtempo de David Morales.
Signée sur Panic Records en France, c'est avec le grandiose "You can have it all" qu'elle avait réalisé une incursion remarquée dans le Skyrock Top Dance.
Sur la lancée, ce remix hardbag de "Love come down" était commercialisé sans hélas connaître le même succès.

9/ CLUBLAND "Let's get busy" (Sami Dee's Revival Red Zone Remix) : au milieu des années 90, j'avais rencontré Sami Dee dans les locaux de Skyrock. Il m'avait narré son aventure incroyable comme assistant ingé-son aux côtés de David Morales.
Je possède 5 K7 de sessions de mixes garage qu'il m'avait remis. Il est de la race des grands mixers radiophoniques.
J'ai été ravi de découvrir qu'il avait brillamment relifté ce premier tube de CLUBLAND, à l'époque remixé par son mentor.
Il est également en podcast sur DJpod.

10/ DAVINA "Don't you want it" : qui ne s'est pas jeté sur ce maxi absolument magique sorti sur Happy Records, le label de Detroit, et incontournable dans toutes les soirées house parisiennes ?

En cette année 1992, Detroit "la sinistrée"ne brille plus depuis longtemps.
20 ans plus tôt, le label Motown l'a lâchement abandonné pour les cieux plus cléments de Los Angeles.
En 1986, Derrick May, Juan Atkins et Kevin Saunderson y inventent la techno, une chance inouïe pour redonner vie à la "Motor City", mais assimilée à une "musique de Blancs", le public potentiel, celui d'Afrikaa Bambaataa, ne s'y reconnaitra pas.
C'est dans la vieille Europe que les 3 mages trouveront écho à leur sonorités avant-gardistes.

En 1990, Mad Mike Banks crée le label Underground Resistance dont Happy Records est une division qui cache le désespoir de ses artistes derrière la façade d'une house enjouée.

Déclin de l'industrie automobile, taux de chômage record...entre 1967 (l'année des fameuses émeutes raciales de juillet) et 1987, la population de la ville aura chuté de 30% !
L'"exode blanc" n'y a laissé qu'une population à 80% d'origine noire souvent ghettoïsée. Rongée par la désindustrialisation, certains iront même jusqu'à parler d'une ville-fantôme.

11/ SMOKIN BEATS "Dreams" : un duo anglais adepte du UK Garage et dont l'original assez peu convaincant est magnifié ici sous les arrangements des Kings of Tomorrow.
Vous aviez découvert dans mon premier set sa réinterprétation filtrée de "Dr Love" de FIRST CHOICE.
SMOKIN BEATS a d'ailleurs sorti d'innombrables maxis à base de samples funky et disco souvent estampillés "Lessons in disco". Avec ses samples de THE EMOTIONS et CHERYL LYNN, le volume 4 semble le plus populaire.
On perd leur trace en 2007.

vendredi 3 septembre 2010

N° 76 : The Swift megamix (Jermaine Stewart, Stacy Lattisaw, hip-house gems...)

Set non disponible

Avec 14 nouveaux sets, cette période de trêve estivale fut pour moi très studieuse.
Une page professionnelle vient d'être tournée, mais le retour à la composition n'est plus très loin.
Finalement, 10 années d'abstinence créative en matière musicale, cela peut avoir du bon. L'envie a repris possession de mon esprit. Rangé des voitures, je viens de rouvrir la porte du garage.

Ce set porte justement le nom de celle que j'ai acquise début juin, "swift" signifiant "vif, rapide comme l'éclair", comme ce set totalement débridé qui traverse les époques au galop. Une idée qui m'est venue un matin devant mon bol de Special K aux fruits rouges.

1/ GERALDINE HUNT "Can't fake the feeling" : Discogs m'apprend que Geraldine Hunt est la maman de Freddie James, chanteur pré-pubère des années 70 dont le tube fut "Get up and boogie".
Immédiatement, ce nom fait ressurgir un souvenir assez pénible de ma carrière de producteur.

En 1993, la maison de disque Atoll nous avait demandé de contacter ce garçon qui souhaitait faire un come-back dans la musique.
Nous avions eu affaire à un type nevrosé et paranoïaque, totalement déconnecté de la réalité.
Sa voix était devenue plutôt catastrophique, au summum du ridicule et nous n'avions rien tiré de bon de la semaine de travail avec lui.
Je crois même qu'il nous avait plus ou moins menacé avec une arme lorsque nous l'avions raccompagné chez lui à son domicile parisien après avoir décidé d'arrêter les essais.
D'ailleurs, même s'il se vantait d'être sûr de signer chez Logic Records, plus personne n'a entendu parler de ce Freddie James, l'un de ces innombrables enfants-artistes que le monde du show-biz a fini par casser.

Notre aventure dans la production musicale a souvent été ponctuée de rencontres décevantes, improductives voire douteuses et je me garderai de citer les noms de ces gens parfois célèbres et admirés. Seuls les musiciens que nous avons côtoyés resteront dans notre mémoire comme des êtres de la Lumière.

Si, fort de solides compositions, je m'avisais de revenir à la production un jour, je serais intraitable sur la conception que j'ai de ce métier et des valeurs qui doivent le caractériser. Sans doute que très peu de gens constitueraient mon entourage professionnel.

2/ TAMIKO JONES "Can't live without your love" : un titre découvert dans Grand Theft Auto IV en écoutant K109 The Studio, l'excellente radio conçue par Karl Lagerfeld. Mais j'aurais tout autant pu découvrir ce titre si j'avais fréquenté les soirées du Loft de David Mancuso dans les années 70.
Du disco langoureux et sensuel comme je l'aime, arrangé par le grand Randy Muller (SKYY, BRASS CONSTRUCTION, CAMERON...).

3/ HOTBATH RE-EDITS "You wanna do" : dans l'Antiquité, les Romains se complaisaient à se relaxer aux thermes à longueur de journée. Prendre un bon bain chaud doit sans doute être source d'inspiration pour les bootleggers d'aujourd'hui.
Le travail réalisé ici sur le "Music" d'AL HUDSON est remarquable, essentiellement par l'ajout d'une synthé-basse et d'accords funky assez redoutables.

4/ RICCIO EP feat. Kelvin Sholar "Thrills" : un autre bootleg tout aussi fabuleux qui revisite la partie instrumentale de "60 thrills a minute" de MYSTIC MERLIN en boostant la rythmique et en y incorporant un long solo de piano électrique réalié par Kelvin Sholar.
Ce jeune pianiste noir est considéré comme l'une des étoiles montantes de la scène jazz.

5/ MYSTIC MERLIN "Sixty thrills a minute" : grand classique du Patch Club, voici l'original pour comparer.
On connait ce groupe également pour leur hit "Just can't give you up'" dont l'intro accapella fut samplée dans de nombreux titres dont récemment "Give you up" de WILLIE GRAFF & TUCILLO déjà présenté sur ce blog.

La particularité du groupe à ses débuts était d'inclure de la magie dans ses shows.
Cet extrait de leur second album au son très soigné rassemble des pointures comme Paulinho Da Costa aux percussions, Gene Page (le producteur du Love Unlimited Orchestra et compositeur de la B.O. de Blacula) aux arrangements de violons ou Cherry Lynn ("To be real", "Shake it up tonight") aux choeurs.

A noter en face B, "Goddess of the boogie", à l'avenant de ce titre.

6/ STACY LATTISAW "Don't you want to feel it (for yourself)" : après un premier album quelconque, la toute jeune Stacy Lattisaw sort à l'âge de 14 ans "Let me be an angel", véritable monument de la disco-funk produit notamment par le sorcier Narada Michael Walden (Sister Sledge, Whitney Houston, Aretha Franklin...).
Le tube imparable est "Jump to the beat", mais d'autres titres comme "Dynamite" ou ce "Don't you want to feel it (for yourself)" valent tout autant le détour.
Cet album fut joué largement au Patch Club puisque nous avions l'habitude d'acheter et de jouer les albums, qu'il existe ou non une version maxi des titres intéressants.

En 1983, on ne retiendra de son album "Sixteen" que le hit "Million dollar babe" puis Stacy disparut de la scène pour se consacrer à sa petite famille.

7/ GARY'S GANG "Knock me out" : un des grands souvenirs de ma vie d'étudiant à Francfort en 1982. Avec mon co-locataire, nous nous rendions le samedi soir au Dorian Gray, une gigantesque discothèque située sous l'aéroport, pour déguster une musique disco-funk dont ce titre était l'un des fleurons.
Cette "usine" pouvant accueillir 2500 personnes comportait 3 salles dont une nommée "Studio 54" en hommage à son illustre référence new-yorkaise.
Torsten Fenslau, le producteur de Culture Beat en fut l'un des DJ's et peut-être que j'ai dansé sur sa programmation sans savoir que 10 ans plus tard, j'allait porter aux nues sa musique sur l'antenne de Skyrock et lui dédicacer mon émission le jour de sa mort accidentelle.

Quant à Gary's Gang, il déferle dès 1978 sur les clubs du monde entier avec "Keep on dancin'". S'ensuivirent des tubes comme "Let's lovedance tonight" (l'instru a servi de base à "Can't get enough" de SOULSEARCHER), "Knock me out" et "Makin' music" (déjà présenté).

Particularité du groupe, les arrangements de tous ces titres présentent une certaine similarité dans les sonorités et la construction.

8/ JERMAINE STEWART "We don't have to take our clothes off" : certains ne connaissent ce titre que par DIGITAL DJ et "Clothes off". Or il date de 1985.
Son interprète, feu Jermaine Stewart, fut choriste au sein du groupe SHALAMAR.
Ce morceau a fait partie de la playlist "golds" de Skyrock au début des années 90 ! C'est dire s'il a marqué les esprits en France.
Son producteur n'est autre que Narada Michael Walden cité plus haut.

9/ WIRED "To the beat of the drum" : cette bombe électro-house a été produite en 1986 par le très "garage-style" Tommy Musto !
Le follow-up "New York, New York" n'a qu'un intérêt négligeable.

10/ INFORMATION SOCIETY "What's on your mind (Pure energy)" : un groupe américain post new-wave originaire de Minneapolis. La voix de Kurt Harland me fait penser à celle du chanteur du groupe Thomson Twins.
Leur autre tube, "Walking away", fut samplé par les italiens de Synthesis en 1990.

Final 100% Skyrock Skydance !

11/ KISS AMC "The raw side" : un titre plus connu sous le nom de "A bit of..." et entendu un jour dans le Skydance de RLP. Une hip-house très énervée qui sample "New year's day" de U2.

12/ THE BEATMASTERS "Who's in the house" : un autre grand classique du Skydance. De la pure hip-house, style très en vogue à la fin des années 80.
Ce titre fait suite à une polémique qui concernait le premier véritable titre hip-house de l'Histoire, Tyree Cooper ("Turn up the bass") et The Beatmasters ("Rock da house") s'en disputant la paternité.
" Who's in the house" est une réponse cinglante des Beatmasters, qui citent d'ailleurs Tyree ("Watch Out, Tyree—we come faster!").

13/ BREAK BEATS 6 "Hardcore House III" : fait rarissime, fatigué de chercher l'ouverture, j'ai eu recours à ce disque de loops pour sortir du titre des Beatmasters, dépourvu de break.

14/ TONY SCOTT "That's how i'm living" : dernier "incontournable" du Skydance, ce chef d'œuvre hip-house est signé du rappeur hollandais Tony Scott.
Je vous avais déjà fait découvrir son autre tube, "The Chief". L'album éponyme mérite de figurer dans votre discothèque.

vendredi 30 janvier 2009

N°3 : From Underground to Paradise (Shawn Christopher, Kathy Sledge, Donna Allen)

Set non disponible






Ce 3ème set propose une remontée progressive des bas-fonds de l’ «underground house» vers le «paradis des harmonies» où foisonnent somptueuses mélodies et voix de divas.


Lorsque j’écoute les nombreux sets qui jalonnent la Toile, je constate souvent qu’ils sont totalement dénués de parties vocales et d’arrangements flamboyants. Parfaitement calibrés pour des soirées d’initiés, des soirées où le dub, la rythmique ou le gimmick priment sur l’émotion de la voix, ils deviennent vite ennuyeux pour des gens comme moi.

De là à dire pis que pendre sur ce genre de sets, il n’y a qu’un pas de danse que je franchis. Combien de fois ai-je entendu dans la bouche de DJ’s : «je vais pas m’emmerder avec les voix, je joue que les dubs» ou, pire encore, «les voix, ça gêne le mix».
N’y a t-il pas une certaine facilité à ne jouer que des titres qui peuvent s’enfiler comme des perles sans risque ? En matière de house, je considère qu’un set doit être une fête, une communion avec le public et non un prétexte à se faire plaisir en mixant une litanie d’instrumentaux.

Cela étant, admettons que, si les remixeurs fabriquent systématiquement des dubs, c’est qu’il y a une clientèle pour ça.

Alors, sans doute que mes sets sont autant faits pour être écoutés que pour être dansés. Mes maîtres sont les «Frankie Knuckles» , les «Louie Vega» et tous ceux qui ont l’audace de mélanger les styles, de casser le tempo et surtout de glisser des accapellas bien sentis sur les instrumentaux.


1/ J’ai choisi de démarrer du tréfonds de l’underground par le Clichy’s Mix du «Felix Yo !» de ALËEM, production française du label Pro-Zak Trax.

2/ Très vite, le bone-apella de «Work it to the bone» de LNR. vient s’imbriquer pour un court «mash-up».

3/ David Morales rend une copie parfaite avec le remix de «Let’s get busy» des suédois de CLUBLAND dont les titres reviendront très souvent dans mes futurs sets.

4/ SANDEE «Notice me» : Une des toutes premières productions de Clivillés & Cole, encore très underground.

5/ COLDCUT feat. LISA STANSFIELD «People hold on» : excellent remix signé Eric Kupper, membre historique de la team DEF MIX, l’homme des claviers, celui qui donne la touche jazz-garage aux mixes de Morales ou de Knuckles.

6/ Le Final D-Mix de «That’s the way of the world» de D MOB est l’un des titres-cultes de l’œuvre pléthorique de David Morales, un mix qui a provoqué en moi cet amour maîtrisé pour ce genre musical malheureusement (ou heureusement ? ) zappé par la France. Ça n’est pas faute d’avoir vanté ses vertus au micro de SKYROCK. Le «garage» compte beaucoup de sous-productions ennuyeuses mais lorsqu’un chef d’œuvre surgit, il est là pour l’éternité.

7/ LIL' LOUIS «Birds and trees» : ce bootleg acheté au magasin VIBE STATION de le Rue du Faubourg St-Antoine (Paris) est une énigme. C’est la face B d’un maxi contenant 2 mixes originaux de «Club Lonely». La pépite serait donc cette face B à la loop sale et au riff de piano jazz qui semble provenir d’une vieille production house.

8/ Pour CODE 718 et «Equinox», j’avoue que j’ai copié. Copié une idée entendue dans un set de Paul Armstrong pour la Max Party. Copier, c’est bien mais améliorer l'idée est plus louable. C’est sans doute l’un des mash-ups qui m’a demandé le plus de travail entre stretching, pitching et effets sur l’accapella de «Tears» mais je pense que le résultat est au bout.

9/ Je me permets la fantaisie de rehausser d’un demi-ton le cri langoureux de Robert Owens pour faire la transition avec JAMIROQUAI «Emergency on planet earth». Les Masters at Work m’avaient un peu déçu sur leurs remixes mais Danny Tenaglia sauve la mise avec de nombreux mixes garage classieux dont ce «Fingertips dub».

10/ KATHY SLEDGE «Heart» : immersion dans le «Paradis des Harmonies» avec une version dub légendaire de Roger S. Légendaire, certes, mais difficile à mixer, le tempo se permettant quelques libertés dues, sans doute, à un gros charcutage en editing.

11/ SHAWN CHRISTOPHER «Don’t lose the magic» : le break est interminable, laisse 10 000 fois le temps de mixer mais je ne pouvait pas vous priver du solo de piano électrique de fin dont je présume que la paternité revient à Eric Kupper, Morales n’étant pas un clavier mais un spécialiste des rythmiques.

12/ Une «Double priority» comme j’aurais dit à l’antenne de Skyrock avec «Make my love» remixé par le suédois Stonebridge. Décidément, cette école suédoise ne finit pas de nous étonner avec aujourd’hui Axwell, Sebastian Ingrosso, Steve Angello et Eric Prydz. Comme je l’ai souvent écrit, ce sont les pays européens où le système scolaire donne la plus grande part aux activités culturelles qui nous sortent les meilleurs producteurs (Allemagne, Suède, Islande, Norvège…).

13/ DONNA ALLEN «He is the joy» : A l’heure où les productions gospel-garage de qualité font figure d’événement (on les compte sur les doigts d’une main chaque année), ce mix des URBAN BLUES PROJECT est l’un des 10 chefs-d’œuvre de la décennie 90. De ce que j’ai entendu récemment, seul le «He is» de COPYRIGHT et le «Never Again» de KATHY BROWN le disputent en puissance avec ce titre.
La base musicale de "He is the joy" reprend en grande partie le "Whistle Bump" d'EUMIR DEODATO (comme beaucoup d'autres mixes garage).

14/ DONELL RUSH «Symphony» Début d’un triptyque spécial E-SMOOVE, fidèle lieutenant de Steve Silk Hurley. Lui aussi peut se targuer d’une œuvre pléthorique et qualitative en matière de remixes. Je possède d’ailleurs pratiquement tous les mixes de ses débuts. Toujours présent en complément des mixes de Steve Silk Hurley, il lui est parfois arrivé de dépasser le maître. Ce sautillant mix de «Symphony» en est la preuve et son collègue Maurice Joshua ne s’est pas privé de le jouer en boucle pendant 10 minutes dans son set pour la Max Party.

15/ THE BEATMASTERS «Dunno what it is» : remix nerveux, efficace, toujours facile à mixer, totalement dans l’esprit d'Eric «E-smoove» Miller et c’est pour ça qu’il est l’un de mes remixers préferés.

16/ MICHAEL JACKSON «Remember the time» : avant de sombrer, Michael Jackson aura eu la chance de voir les titres de son album «Dangerous» remixés par des pointures (Tommy Musto, Steve Hurley, C & C Music Factory, Frankie Knuckles) même s’il a échappé aux Masters at Work et à Morales. E-Smoove se montre ici totalement flamboyant et son remix est, de très loin, le meilleur du maxi.