Le boogie est un style musical né aux Etats-Unis dans les années 30.
A l'aube de la vague disco il est devenu un mot passe-partout pour désigner le fait de danser sur de la pop music (et par extension sur du disco).
Le film "Boogie Nights" est un hommage rendu à cette époque qui fut en quelque sorte un revival de l'esprit des "Années folles".
Ce mot figure dans de nombreux titres de tubes parmi lesquels :
- "Boogie child" : BEE GEES
- "Boogie nights" : HEATWAVE
- "Boogie oogie oogie" : A TASTE OF HONEY
- "Get up and boogie" : SILVER CONVENTION
- "Yes Sir, i can boogie" : BACCARA (un summum du kitsch !!!)
- "Blame it on the boogie" : THE JACKSONS
- "I'm your boogie man" : KC & THE SUNSHINE BAND
- "Boogie Woogie dancin' shoes" : CLAUDJA BARRY
- "Boogie wonderland" : EARTH WIND & FIRE
Au Patch Club, grâce à une étiquette apposée sur chaque vinyle, on identifiait le style de danse d'un morceau disco par le mot "jerk", plus familier des français, mais cela signifiait la même chose, une danse individuelle.
Quel rapport entre le boogie et ce mix ? aucun si ce n'est le morceau d'ouverture (fortement pitché et stretché), "Disco Juice" par CLOUD ONE, véritable titre de boogie policé aux confins de la musique d'ascenseur. Ce clip trouvé sur YouTube en est une illustration parfaite !
"Disco juice" est signé par Patrick Adams, génial producteur-compositeur à qui l'on doit notamment "Weekend" de PHREEK, "In the bush" de MUSIQUE et l'arrangement disco de "Ain't no mountain high enough" de INNER LIFE, trois titres majeurs de la musique club.
Fort heureusement, HOTT 22 habille ce "Disco Juice" d'une solide rythmique et d'une mélodie bien plus intéressante avec "Just friends".
J'ai failli employer le verbe "revisiter". Heureusement, l'hilarant livre (j'ai failli dire "bouquin" ce qui serait particulièrement dégradant pour l'auteur !) de Frédéric Pommier "Mots en toc et les formules antiques" m'a vite remis dans le droit chemin.
En effet, ce journaliste de France Inter n'hésite pas à habiller pour l'automne ses confrères en dénonçant ces expressions bonnes à foutre à la poubelle et qui contaminent la profession.
Heureusement que je ne suis pas journaliste, sinon je me sentirais déjà honteux à la relecture de mon papier précédent dans lequel je qualifiais un mix de Marc Kinchen de kafkaïen. "Encore une de ces expressions boursouflées qui sont employées à tort et à travers pour faire bien" aurait surement dit Pommier.
A la toute fin du livre, juste avant de rédiger mon papier, j'apprends que la "revisite" n'a rien de très poétique et s'avère purement technique. C'est une nouvelle visite d'un lieu. Imaginons que je cherche un appartement et que, dans l'indécision, je procède à la revisite de l'un de ceux que l'on m'aurait présentés... pour confirmer ma décision de le choisir ou non.
La "revisite d'une chanson" ou d'un artiste... une formule antique, donc.
En tout cas, je dois désormais me séparer de quelques expressions qui étaient pourtant bien pratiques, afin de tenir un certain rang.
Fin de cette parenthèse linguistique et retour immédiat dans les "années 10" avec SOULMAGIC et "We love this music", titre totalement "boogie" et fédérateur sous le sermon exalté de la diva Sabrynaah Pope.
Et qui aurait imaginé BEYONCÉ figurer dans mes playlists ? il faut admettre que le remix de "Deja vu" par Freemasons vaut son pesant de Benenuts !
Cutmaster et moi avons en stock un titre du même acabit, mais nous n'avons pas encore trouvé la chanteuse, l'artiste pressentie ayant fait faux-bond car "charrette deborded" (quand je vous dis que les chanteuses anglaises ne connaissent pas le chômage !).
MAMBANA "No reason", JUNIOR JACK "E samba", BLAZE "Breathe"... autant de latin/soulful house.
"E Samba" est un sample assez futé (j'ai failli dire "improbable", adjectif à brûler de suite selon Mr Pommier !) qui nous vient du titre "Essa nega sem sandalia"de Joao & His Bossa Kings, inconnu au bataillon.
STUDIO APARTMENT "Love is the answer" : une soulful house qui nous vient du Japon (du "Pays du Soleil Levant" pour ceux qui préfèrent choisir une expression en toc !)
Reel People au remix, Joi Cardwell aux vocaux.... "A Becon-les-Bruyères ça va faire un malheur, ça !".
Vous ne comprenez rien à cette expression ? c'est normal, c'est une private joke qui me concerne au premier chef.
Je m'explique : à l'époque des N°1 Dance, j'avais commandé quelques jingles à Alain Dorval (la voix de Skyrock) et, lors du dérushage de la session d'enregistrement, j'avais eu le plaisir d'entendre ce commentaire cynique de l'intéressé sur l'une de mes idées de jingle qui était "Les N°1 Dance : DJ Bertrand au micro, Jack La Censure in the mix !".
Dernier quart d'heure entièrement consacré à Joey Negro.
ROISIN MURPHY "Let me know" : un Destination Boogie Mix qui rappelle que le boogie s'appliquait aussi à la funky uptempo comme par exemple"Just In Time" de Raw Silk dont ce mix exhale quelques relents.
Roisin Murphy est, par ailleurs, l'ex-chanteuse de Moloko. A se procurer d'urgence l'excellente et rare version de son titre "Never Enough" réalisé en collaboration avec Boris Dlugosch : le Sir Piers & Ed Funk Club Remix.
DOUG WILLIS feat. Zeke Manyika "Dougswana" (Joey Negro Afro Fusion Dub) et SESSOMATTO "Movin' on" (Joey Negro Solo Ride)... Deux nouvelles versions de titres déjà joués dans mes sets.