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mercredi 8 avril 2020

N° 302 : De Carey's "Confined in Mix"


Set non disponible
 
Un set nerveux bordé par deux productions "maison" dont une inédite, sans doute l'une des 3 meilleurs que nous ayons réalisées. Mais voilà, le flamboyant SUN AFRICA "Zulu Vibes", qui ouvre le programme, fut donnée en promotion à Wanabee en 1997 mais ne trouva étrangement aucun preneur en France. Mais peut-être avions nous oublié que ce pays n'attendait à l'époque des producteurs locaux que les putasseries d'usage, la "french touch" si vénérée par la suite n'étant encore qu'à l'état embryonnaire.
Alors ce titre finit dans un tiroir et nous passâmes au projet suivant qui marquait notre retour aux vraies voix et aux artistes : un projet gospel soutenu par l'éditeur Charlie Idounda et qui fut anéanti par un épisode quasi-tragique qui scella la fin brutale de notre team en 1998.
Ainsi, à peine avions nous inauguré notre nouveau studio de Saint-Maur que déjà l'ombre du déclin et de la disparition se présentait à nous. Comme si le départ de notre athanor historique de Montgeron (qui avait vu naître Cherry Moon, Jordy et Pussy) était une sorte de chant du cygne insidieux.
Nos moyens et nos conditions de travail étaient au summum mais pourtant plus rien de marquant ne sortirait en single, même pas le 3e single de Pussy.

Comme nous vivons un épisode dramatique que l'inconscience de certains risque de prolonger au delà du supportable, j'ai voulu que ce set soit festif et vous donne la patate pour vivre cette épreuve inédite. En effet, l'ennemi en présence n'est pas un nazi ou un terroriste mais un tueur invisible qui terrasse celui a qui il s'attaquera et qui montrera le moindre signe de faiblesse.

Le Pete Lorimer Vocal House Excursion du tube "Copacabana (At the Copa)" de BARRY MANILOW s'invite alors. Cette chanson mélodramatique narre l'histoire d'une showgirl (Lola) et de son petit ami barman (Tony) qui décèdera tragiquement et plongera la belle dans une détresse absolue.
Hit "latin disco" imparable (repris par Line Renaud en 1978), il fut le premier disque d'or de l'artiste. Il me semble que cette version de 2005 est rechantée avec un résultat moindre (comme dans bien des cas hélas). 

ASLE "Why People Dance (Golden Sun)" est une production danoise de 2005 propulsée par le remix de Haji & Emmanuel. Le remix plus électro présenté ici est celui de Andrea Martini, un autre producteur local.

CZR feat. Darry Pandy "Bad Enough (Undagrounddiscofunk Mix) : l'original samplait allègrement le "Spring Affair" de Donna Summer. Ce mix lorgne plutôt du côté de la "french touch" avec un côté répétitif qui semble désormais un peu daté.

Retour de Seamus Haji avec un coruscant mix de BELEZAMUSICA "U Got Me Spinning", un boogie-disco qui convoque les vocalistes Michelle Weeks (le hit "Don't Give Up"), Carol Sylvan (Danny Tenaglia ‎- "Look Ahead") et Darryl D'Bonneau (avec Barbara Tucker - "Stop Playing With My Mind").

Virage vers l'eurodance et la happy house !

2 BROTHERS ON THE 4th FLOOR "Never Alone" : un excellent titre du duo néerlandais qui ne connut pas les honneurs d'une sortie française en 1993. Il faut dire que la période était encombrée par des reprises en tous genres dont peu sont restées dans les mémoires.

GINA G "Ooh Ahh Just a Little Bit" (Motiv8 Extended Vocal Mix), une bonne putasserie happy house qui concoura pour le Royaume-Uni avec ce mix pour l'Eurovision en 1996. Malgré sa robe métallique dessinée par Paco Rabanne, Gina G ne remporta pas le concours mais le titre fut propulsé au sommet des charts US et britanniques.

ALEX PARTY "Wrap Me Up" (Light Piano) : dernier gros tube européen pour le quatuor italien en 1995.

JON OF THE PLEASED WIMMIN "Passion" (Tin Tin Out Mix) : déjà chroniqué dans le set n°15.

NUSH "U Girls" (Alex Party Heavy Sex Dub) : la handbag house au zénith.

CAPPELLA "Move It Up" (Km 1972 Mix) :  je viens de m'apercevoir que je n'avais joué qu'un seul titre de Capella en 12 années de sets ! en tout cas, ce mix grandiose qui ne relâche jamais la pression est signé Tiziano Pagani.

BLACK BOX "Bright On Time" (1994 Remix) : un remix d'une efficacité redoutable qui  à la bonne idée de reprendre la voix originale de Loleatta Holloway. Il est signé notamment par l'un des deux Benassi Bros.

CHERRY MOON "Everybody Get Down" (Get Down Club Mix) : c'est avec un sentiment de regret mâtiné de colère que je repense à cette artiste qui, sous l'influence de son mari, a fait capoter très vite la belle aventure démarrée avec "Take It Easy". Nous avions signé chez Sony Allemagne, une sorte de consécration pour nous producteurs débutants, mais la belle texane, persuadée que nous l'escroquions, préféra la jouer "à l'américaine", engageant l'un des ténors du barreau pour nous mettre à terre après 7 années de procédures.

lundi 27 avril 2015

N° 242 : I Heard It Thru The Mix


Set non disponible
 
Playlist : 

SERIOUS INTENTION "Serious"
BEARD IN DUST "Grapevine" (Lipelis Love the Stabs Remix)
NOMAD "I Wanna Give You (Devotion)" (Trouble's Club Mix)
C & C MUSIC FACTORY "Gonna Make You Sweat" (S. Anderson & Dakeyne DMC Mix)
BLACK BOX "Strike It Up" (DJ Lelewel Mix)
MADONNA "Express Yourself (Parts 1 & 2)" (Ultimix)
INFORMATION SOCIETY "What's On Your Mind" (What's On Your Dub Mix)
ALISHA "Bounce Back" (Vocal Remix)
LANDLORD feat. Dex Danclair "I Like It" (Club Mix)
EDX "Cool You Off" (Original Mix)
NORA EN PURE "You Make Me Float" (Dinka Remix)
TOBTOK "Beware" (Original Mix)

vendredi 6 février 2015

N° 235 : Dance While The Records Spin (Black Box, Kings Of Soul, Duke Dumont...)


Set non disponible

1/ BLACK BOX "Ride On Time" (Original Deep Mix) : RLP avait largement contribué à la popularité de ce titre sur Skyrock grâce à une collaboration étroite avec le label Airplay. Il avait notamment réalisé le Black Box Megamix et le megaremix de I Don't Know Anybody Else.

Heureusement que je me suis très vite procuré ce maxi original car à peine commercialisé, ce tube était victime d'un procès intenté par Loleatta Holloway, samplée pour l'occasion, et les copies retirées de la vente.
Une version rechantée totalement ratée était alors sortie du chapeau pour éviter le naufrage commercial, mais le mal était fait.

Étrangement, en 1994, les voix originales réapparaissent à la faveur de la sortie de deux remixes tonitruants ! Sans doute que l'arrangement juridique trouvé avec la chanteuse en 1989 avait permis de "clearer" tous les soucis de droits d'auteurs pour pouvoir reprendre le business comme au bon vieux temps.

2/ DUKE DUMONT "Won't Look Back" (Star Slinger Remix) : merci à Duke Dumont pour ce remarquable hommage à Loleatta ! et quelle voix rageuse que celle de Yolanda Quartey, largement à la hauteur de ce que pourrait également nous proposer une Jocelyn Brown des grands soirs.
Le remix est signé du DJ hip-hop originaire de Manchester Star Slinger. Je vous proposerai la version originale très bientôt.

3/ PAGGI & COSTANZI feat. Roland Clark "A House Thing" (Micky More & Andy Tee Deep Mix) : oui la house italienne existe encore, elle qui trôna au firmament au début des 90's et c'est notamment des DJ's comme Micky More (écouter le remix de Better de Angela Johnson) qui la maintiennent à la surface.

4/ OFFICE GOSSIP "Say It" : un jeune producteur deep-house que j'avais largement promu sur ce blog et qui a hélas un peu disparu des radars, pour le plus grand malheur de nos oreilles.

5/ LE FUNNK feat. Valerie M "Life Is The Way" (Original Mix) : Le Funnk, un look de tueur à gages genre Hitman ou Jason Statham, qui nous livre un dub UK Garage de bonne facture.

6/ JUDY CHEEKS "Just As Long As You're Good To Me" (Love To Infinity's Classic Paradise Club Mix) : déjà chroniqué dans le set n° 23.

7/ PET SHOP BOYS "Before" (Classic Paradise Mix) : déjà chroniqué dans le set n° 65.

8/ BLAZE feat. Barbara Tucker "Most Precious Love" (Dennis Ferrer’s Future 3000 Mix) : d'inspiration gospel, les vétérans Kevin Hedge, Chris Herbert et Josh Milan furent les principaux pourvoyeurs de titres pour le DJ Tony Humphries au Zanzibar Club de Newark (banlieue de New York) dans les années 80.
Je découvris ce trio lors de l'écoute de l'extraordinaire remix de People Hold On de Lisa Stansfield qu'avait programmé RLP dans le Skydance en 1989. S'ensuivirent d'autres remixes mythiques comme Celebrate The World de Womack & Womack ou One Better World de ABC.

9/ KINGS OF SOUL "If You Take My Love" (Booker T Vocal Mix) : le refrain reprend un vieux titre disco-funk de Harvey Mason, Till You Take My Love, mais la mélodie du couplet reste inédite.
La voix est très proche de celle de Merry Clayton, interprète originale dont personne n'a oublié la performance sur le Gimme Shelter des Rolling Stones (1969).

10/ MICHAEL JACKSON "Rock With You" (Mystery & Matt Early Remix) : un bon remix même s'il n'atteint pas la majesté de l'original, notamment à cause du choix peu heureux des sons des solos de synthé dans les transitions. Seul le remix de Frankie Knuckles (1995) avait su, à mon sens, conserver la magie intacte.

11/ REELSOUL feat. Stephanie Cooke "A Thousand Ways" (Reelsoul Vocal Mix) : Reelsoul alias William Rodriquez III est l'un des représentants d'une soulful house aux arrangements sophistiqués, réservée aux puristes du genre et que l'on retrouve notamment dans son remix de Send Me de Distant People.

vendredi 16 janvier 2015

N° 233 : creaking old house (Casanova's Revenge, TC 1991, 49ers, Santos...)


Set non disponible

1/ TC 1991 "Berry" (Classic Remix) : de la garage-house italienne typique du début des années 90. Déclinant un projet par an, ce collectif nous offrira Funky Guitar en 1992, un titre largement diffusé à l'époque dans la Skyrock Max Party puis, moins connu, Harmony en 1993.
Dans ce "Berry", si vous tendez bien l'oreille, vous constaterez que le midi est totalement à la ramasse sur le refrain car le nombre de pistes qui démarrent simultanément n'est plus correctement géré par l'horloge interne de l'ordinateur (sans doute un Atari 1040 à l'époque) et ça cafouille sérieusement dans les loops... un problème que j'ai bien connu aussi et qui obligeait à démarrer des échantillons quelques millisecondes avant ou après le premier temps de la mesure (là où le plus d'événements se produisent simultanément).

2/ BLACK BOX "Everybody, Everybody" (Love Unlimited Mix) : je me souviens encore avoir acheté en 1990 ce disque dans un magasin d'une marina de Miami proche d'un quartier sordide dans lequel j'avais eu l'inconscience de circuler tranquillement en voiture. Le maxi contient le merveilleux "percapella".

3/ 49ERS feat. MC Magic Max "Don't You Love Me" (90's Mix) : un groupe de l'écurie Bortolotti, symbolique de l’acmé de l'italo-house, de cette suprématie insolente sur le monde de la dance music au début des 90's. Truffé de hits (Die Walküre, Touch Me, Don't You Love Me, How Longer), l'album éponyme 49ers sorti en 1990 est un must-have qui aura l'honneur d'une sortie US sur le label 4th & Broadway.
Hélas, les grandes voix de divas qui ont été sollicitées pour cet album n'ont pas été créditées.

4/ NOMAD "Something Special" (Touchdown Wah Mix) : un remix assez rare signé Simon Dunmore (le fondateur du label Defected) et découvert dans un NRJ Megamix de Dimitri en 1990. Dans l'intro, on entend l'accapella de Inch By Inch des Strikers (dans sa version Dimitri's Garage Groove Mix).
Ne pas manquer non plus le fantastique Beat The Street Mix (présenté dans mon set N° 56) avec son sample du Body Music des mêmes Strikers.

5/ MC B feat. Daisy Dee "This Beat Is Technotronic" : un succès planétaire comme celui de Pump Up The Jam engendre fatalement des produits dérivés qui surfent sur cette notoriété.

6/ et 7/ TOM SALTA "The New Generation" (House Club Mix) / MAGORIA "Mutoid Waste" : qui s'est inspiré de l'autre ? la concordance des jeux d'accords est-elle purement fortuite ? Dieu seul le sait.
Après ce one shot de 1990, Tom Salta s'est orienté vers la musique de jeux vidéo comme Ghost Recon, Prince Of  Persia ou Halo.
Magoria est une production de Stonebridge, vétéran de la scène house suédoise et créateur du label de remixes Swemix dans les années 80. Son promoteur clubs aime à rappeler que "Before Sweden had a House Mafia, it had a Godfather" et il est vrai que son aura a quelque peu été éclipsée par l'émergence de cette armada de jeunes loups comme Axwell, Steve Angello ou Avicii.

8/ SANTOS "Work The Box" : un pseudo du producteur de Chicago, Adonis. Son single No Way Back s'écoula à plus de 120 000 copies en 1986.

9/ DUKE DUMONT feat. A*M*E "Need U (100%)" (Blase Boys Club Dub) : un intrus s'est glissé dans cette sélection purement vintage ! c'est ce titre de 2013 au doux parfum de house détroitienne signé par l'un des producteurs anglais les plus inspirés du moment.

10/ CASANOVA'S REVENGE "Let's Work" (Club Mix 1) : ce titre de 1989 est construit sur le grand classique Work It To The Bone de LNR. Le Club Mix 2 est quasi-similaire dans l'intention et le regretté Chep Nunez nous avait aussi gratifié d'une version aux edits nerveux dont il avait le secret.

10/ BONESBREAKS "Can You Feel This" : extrait de la série de breaks conçus par Frankie Bones, ce morceau reprend les gimmicks chers à Todd Terry (Can You Party, A Day In The Life...)

11/ STEVE "SILK" HURLEY "Jack Your Body" (Simon Harris Monty Remix) : excellent edit réalisé par l'auteur de nombreux albums de samples et beats (la série Beats, Breaks & Scratches) que j'ai largement utilisés au début des années 90 tant pour mes productions que pour les jingles radio.

12/ 2 IN A ROOM "Wiggle It" (Club Mix) : une production George Morel, surtout connu pour ses Morel's Grooves commercialisés sur Strictly Rhythm. Paru en 1990, Wiggle It reste sans doute son plus gros succès commercial.

vendredi 28 octobre 2011

N° 126 : Return of the Reloop (Jimmy Ross, Madonna, New Order, Black Box...)

Set non disponible

C'est avec soulagement que j'ai pu enfin récupérer ma surface de contrôle Reloop Digital Jockey après plus de 2 mois d'immobilisation en réparation.

La société en charge du SAV m'a toutefois appris que les boutons, curseurs et interrupteurs de la machine n'étaient pas garantis 1 an mais 3 mois et que le magasin qui me l'avait vendue aurait dû me prévenir.

Par un geste commercial exceptionnel, on m'a fait cadeau des frais de remise en état en me mettant bien en garde que la prochaine panne serait fatale.

Ainsi, ces appareils coûteux (près de 400 euros) ne seraient pas capables de subir les manipulations classiques et répétées d'un DJ qui fait normalement son travail.
A quoi bon fabriquer un matériel qui n'a pas été préalablement éprouvé aux tests d'usure comme on testerait une portière de voiture ou un interrupteur d'appareil électro-ménager ?

Le DJ est-il un bourrin par nature qui se révélerait incapable de prendre soin de son matériel ?

Je conseille donc à tous les manipulateurs de mp3 d'éviter d'acquérir la marque Reloop puisque ses appareils sont si fiables qu'elle n'est même pas en mesure de les garantir plus de 3 mois !

Passé le stade de la colère (la frustration ayant été si longue) et pour fêter le retour de la Reloop, je vous ai concocté un set empreint de nostalgie positive, empli de titres qui feront briller les yeux des quadragénaires, ceux-là même qui auront vibré dans les clubs sur ces titres panthéonisés.

Tout commence au début des années 80 avec les mastodontes de l'époque : Shalamar, Billy Ocean, Jimmy Ross.
Passage obligé par les prémices de l'électro avec Man Parrish ou New Order.
Puis vient la confirmation que Madonna n'est jamais été aussi brillante que lorsqu'elle fait vraiment de la dance et non cette variété guimauve dont "True Blue" représenta la consternante démonstration.
Final 100% Skyrock Top Dance, époque "early 90's" avec PKA, 2 For Joy ou Black Box.

Bon orgasme auditif !

mardi 5 avril 2011

N° 105 : House came turn around (Farley Jackmaster Funk, Magoria, Andy Compton, Saffron...)

Set non disponible

Comme promis de longue date, je vais vous raconter l'histoire de ce tube historique de la house music : "Love can't turn around" de FARLEY "JACKMASTER" FUNK & JESSIE SAUNDERS.
Je m'appuis ici sur la biographie de Jesse Saunders parue sous le titre "House music : the real story". Cette version des faits est corroborée par d'autres artistes majeurs de la scène house et l'on peut donc lui accorder un certain crédit.
Jesse Saunders est présenté comme l'inventeur de la house music avec le single On & on", un titre hélas sans grand intérêt.

Nous sommes en 1986. La rivalité entre deux radio DJ's, Steve Hurley et Farley Keith, plane sur Chicago. Les deux protagonistes se disputent la paternité du surnom "Jackmaster".
Steve Hurley décrète que son nouveau nom est Steve "Jackmaster" Silk alors que Farley Keith surenchérit en se proclamant Farley "Jackmaster" Funk. Une querelle dérisoire qui est symbolique de l'ambiance nauséabonde dans laquelle baigne une house music encore embryonnaire.

Peu de temps après le déclenchement des hostilités, Farley fait écouter à son ami Jesse Saunders une K7 de piges d'émissions radios locales qui contient un titre réalisé par Hurley, une sorte de remix house d'un titre anecdotique de Isaac Hayes, "I can't turn around", qui figure en fin de face B de l'album "Chocolate Chip" sorti en 1975.
Farley est déterminé à surpasser son rival en sortant sa propre version de l'idée en ne gardant que la ligne de basse et en créant une nouvelle mélodie.
Saunders ayant connu par le passé quelques embrouilles avec Hurley, il décide de suivre Farley et de collaborer au projet.
Le chanteur choisi est un certain Daryl Pandy, artiste local encore inconnu mais à la palette vocale très étendue.
Le titre, renommé "I can't turn around", est signé en avril 1986 sur le label DJ International dirigé par le peu recommandable Rocky Jones. La ligne de basse étant le seul élément emprunté à l'œuvre d'Isaac Hayes, les risques de procès sont évalués comme minimes.

L'explosion des ventes ne se fait pas attendre, le buzz se répandant rapidement à travers la communauté de DJ's locaux.
Rocky Jones signe d'ailleurs sans rechigner un chèque de 10 000 dollars à chacun des deux producteurs, juste un mois après la sortie du single.

Quelques mois plus tard, Jesse Saunders est en tournée à Londres et réalise un set dans un Virgin Megastore.
C'est avec stupeur qu'il découvre sur un écran géant la vidéo de son titre interprété par Darryl Pandy, un hit déjà plébiscité par l'émission "Top of the Pops" et signé sur London Records par Rocky Jones à son insu !
C'est une magouille ourdie par Rocky Jones, Farley et le Dj star de la radio BBC One, Pete Tong (dont on espère qu'il fut un complice involontaire).
Jesse Saunders n'est même plus crédité sur la pochette.
"Love can't turn around" sera le premier single house à entrer dans les charts anglais et atteindra la 10e place en octobre 1986.

Quant à Steve Silk Hurley, il tiendra sa revanche en janvier 1987, avec le monstrueux "Jack your body".

Le démarrage de ce set est un clin d'œil à cette histoire tout à fait représentative de tous les coups bas qui jalonnent le difficile métier de producteur.


"Devotion" de TEN CITY sorti en 1987 est l'un des accapellas les plus samplés de l'histoire. Sa première renaissance en 1991 est l'œuvre de Nomad avec "(I wanna give you) Devotion", gros hit du Skyrock Top Dance qui a même à l'époque bénéficié d'une superbe version d'un certain Joey Negro alors totalement inconnu.

J'ai découvert "Mutoid waste" de MAGORIA sur la radio Maxximum en 1991.
Cette production "Inner City-like" (comme tant d'autres) très inspirée de "Good Life" est signée par les suédois Stonebridge et JJ, eux aussi alors totalement inconnus.

C-ROCK "Rawsen" : ce qui m'a plu dans cette production allemande répétitive est le son très puissant et évolutif du gimmick du synthé, un grain qui n'est pas sans me rappeler ce fantastique joujou que fut le Pro One de Sequential Circuits (qui a servi notamment à réaliser notre remix trance de "Take it easy" de CHERRY MOON).

"Just let go" de PETRA & CO est un autre "Inner City-like" qui reprend cet accord de clavier entendu sur "Big Fun" et qui, très étrangement, a subjugué bien des producteurs alors qu'il y avait tant d'autres sons à créer facilement grâce à la puissance et la simplicité d'utilisation de samplers comme le S1000 de chez Akaï.

BLACK BOX "I don't know anybody else" : après la version tonitruante de Steve Silk, voici un remix plutôt garage signé DJ Lelewel.

SAFFRON "Circles" : cet immortel dub de Frankie Knuckles me rappelle les grandes heures de la Max Party et ses sets de DJ's internationaux.

ANDY COMPTON feat. Diviniti "In time" : retour au 21e siècle avec un titre lounge/downtempo composé par l'un des membres du groupe anglais THE RURALS et remixé par les australiens de Soulful House Experience (SHE).

LIPS feat. Bongi Mvuyana "Time is now" : cette merveille nous vient tout droit d'Afrique du Sud, pays hautement improbable en matière de soulful. La house se mondialise aussi.

D-MALICE feat. Rebecca Knight "Poison" : ce "direct-to-mp3" est un remix somptueux signé Scott Wozniak.
Vous comprenez pourquoi il est désormais crucial de s'équiper d'outils comme Virtual DJ ou Traktor puisque le vinyle est à nouveau menacé de disparition.

vendredi 4 février 2011

N° 96 : Disco damnation (Todd Edwards, rare bootlegs, Joey Negro...)

Set non disponible

Un set truffé de bootlegs et qui donne une place confortable au disco.

1/ KATHY BROWN "Happy people" : un mix réalisé par le duo de producteurs allemands Christian Pfeuffer et Ralf Benker (alias Ralf Gum).
Ralf Gum est le fondateur du label de soulful house GoGo Music.
Remixeur très demandé, il est l'auteur de deux tubes plutôt sophistiqués :
  • Kissing Strangers (2008)
  • Complicated (2010)
2/ JUNIOR VASQUEZ presents VERNESSA MITCHELL "Reap for what you sow" : aussi étrange que cela puisse paraître, ce disque a été classé parmi les 20 premiers du Hit des Clubs Skyrock !!
C'était le fruit du talent d'un de mes anciens amis alors responsable de la promo club au sein du label Atoll.
Et Dieu sait que ce titre à l'interprétation poignante était à des verstes des tubes eurobeat habituels joués dans les discothèques françaises.

3/ E-SMOOVE "Deja vu" : une des rares productions solo de l'arrangeur de Steve "Silk" Hurley.

4/ DA MOB "Fun" (Todd Edwards Cut-Up Mix) et 5/ ST-GERMAIN "Alabama Blues" (Todd Edwards Vocal Mix) : outre le prénom, Todd Terry et Todd Edwards possèdent cette relation gémellaire dans l'art du tripotage de samples.
Plus que Terry, Edwards abuse de ces fragments sonores habilement placés dans un arrangement ternaire à souhait pour un résultat dont le groove est imparable.

6/ SMOKIN BEATS "Dr. love" : la face A faisait partie de la playlist de mon Rebirth Megamix, voici le dub de cette revisite house du tube de FIRST CHOICE sorti en avril 1977 et mixé à l'époque par le génie Tom Moulton.

7/ BLACK BOX "Not anyone" : nous sommes désormais loin du piano-house des débuts avec un arrangement aux accords d'un grand classicisme voire d'une grande banalité, mais qui a sa place dans un set garage.
L'interprète n'est autre que Charvoni, l'une des voix les plus puissantes de la house music rendue célèbre par la reprise tonitruante de "Always there" en 1989.

8/ JOEY NEGRO "What happened to the music" : extrait de l'album de Joey Negro sorti en 1993 sur Virgin, le son est absolument catastrophique et l'anglais s'est bien rattrapé depuis.
Aux vocaux, on retrouve un groupe dont le tube "Disco Inferno" figurait sur la B.O.F. du film "Saturday Night Fever" : The Trammps.

Final dans l'univers des bootlegs raflés sur Decks.de.

9/ BLACKSOUL presents MUSICAL GLOBE "Back to the 70's" : un edit fou en provenance de Lettonie et basé sur le remix de "Can you handle it" de SHARON REDD (qui avait été réalisé à l'époque par François Kevorkian).
On retrouve en face B de ce maxi d'une urgence absolue le "Freakin' jazz" de Fabio Bacchini déjà joué dans un set précédent.

10/ PHENOMENAL HANDICAP BAND "Carry on Carrie" : encore un alias de Joey Negro qui revisite "Dance with you" de Carrie Lucas en mettant en avant la partie samplée par Armand Van Helden pour son hit mondial "You don't know me".

11/ MARK & STEVENS "Discoptry" : après le bidouillage d'un titre improbable de Deniece Williams ("Free") présenté récemment sur ce blog, voici un travail sur "Disco nights" de GQ.

12/ ANORAK EDITS VOL. 2 "Penthouse disco" : re-edit d'un titre de The Love Symphony Orchestra : "Let Me Be Your Fantasy"

vendredi 7 janvier 2011

N° 92 : Italian Riviera (italian disco-funk classics, David Todd and Shep Pettibone's famous remixes)

Set non disponible

Que retenir de l'année dancefloor 2010 ?

Une tendance encourageante au retour de solides mélodies comme celles de "Break your heart" de Taio Cruz, "DJ got us fallin' in love again" de Usher, "Only girl (in the world)" de Rihanna ou encore "California Gurls" de Katy Perry.
Arrivé in extremis, "Barbra Streisand" de Duck Sauce, reste LE tube 100% house de l'année et le clip nous montre toute la désinvolture d'Armand Van Helden et sa bande, totalement à l'opposé des vidéos baignant dans l'univers frime des artistes dance et de leurs "biatches" en maillot de bain.

Au rayon des horreurs, à noter "Telephone" de Lady Gaga & Beyoncé, "Stereo love" de Edward Maya (une pensée pour ceux qui subissent les accordéonistes dans le métro chaque jour) et surtout "The time" de Black Eyed Peas qui touche le fond avec un arrangement d'une débilité confondante et une Fergie "bleue" sur tout son refrain.

Désormais raccordé à la télé par ADSL, j'ai découvert un autre univers de médiocrité avec des chaînes musicales estampillées "club" qui déversent les même "daubasses" à longueur de journée.
Avec ses adolescentes américaines qui s'exhibent à moitié nues sur fond d'électro de supermarché, l'émission "Sexy DJ" diffusée sur MCM atteint le paroxysme de la vulgarité décérébrante.
Comment voulez-vous que les médias et des animateurs comme Nagui ne crachent pas sur ce qui est assimilé à une culture de boutonneux infantiles.

"Clubbing TV" se présente comme la première chaîne dédiée aux dancefloors. Un rapide visionnage m'a fait réaliser qu'il s'agissait en fait d'un énième torrent à tubes estampillés électro.
On aurait pu espérer des idées judicieuses comme la captation de live sets de DJ's ou de show-cases, des reportages, des portraits d'artistes, des sagas sur l'histoire de la musique club. Rien de tout cela. On fait dans le "cheap" à moindre coût.

On pourrait multiplier les chaînes musicales que l'on ne ferait pas avancer d'un pouce la culture dans ce pays puisqu'elles proposent toutes à peu près la même recette.
Lorsque le matraquage devient à ce point mono-culturel, il n'y a rien à espérer sur l'éducation musicale des futures générations, des futurs DJ's et des futurs producteurs.

La France cherche à s'inspirer du modèle allemand sur le plan économique, elle pourrait également réfléchir sur les fondements de la richesse insolente de la scène musicale germanique.

Vivement que des programmateurs de bon goût prennent en main les choses et présentent la culture club sous un aspect plus original et légèrement intellectualisé, lui conférant la crédibilité et le respect dont bénéficient le rap et le rock qui, eux, ont su se fabriquer un univers, une histoire avec leurs icônes de référence.
Si certains responsables de chaînes musicales lisent ce blog, qu'ils me contactent car ce ne sont pas les idées qui manquent.


Passé ce coup de gueule salvateur, parlons de ce set totalement conçu pour redémarrer l'année en douceur, passées les traditionnelles agapes.
Je l'ai intitulé "Italian Riviera" car fortement connoté italian disco-funk.

1/ DRIZA BONE "Real love" : j'ai déjà tout dit sur ce duo de producteurs anglais à la carrière éclair. Ce titre de 1991 ne fut pas signé en France, mais trop sophistiqué, il n'aurait eu aucune chance de percer.

2/ WILLIAM DeVAUGHN "Be thankful for what you've got" : du lourd, du très lourd, un remix rare de David Todd qui surpasse la version originale. Un classique immortel du Patch Club.
MASSIVE ATTACK réalisera une version décevante en 1991.

3/ AURRA "You and me tonight" : C'est le dernier tube de ces ex-membres du groupe SLAVE.
Ce Midnight Mix réalisé par Timmy Regisford est un autre grand classique du Patch, l'un des derniers avant sa fermeture à l'été 1986. Ce club n'aura pas eu la chance de vivre les premières heures de la house music.

4/ DONNA ALLEN "Joy and pain" : j'ai découvert cette reprise de MAZE dans une série funk du Skyrock Skydance, me semble t-il.
C'est encore David Todd qui commet ce Dance Mix.

En 1975, alors DJ à l'Adams Apple de Manhattan, Todd ne cessait de relancer le musicien Van McCoy afin de l'inviter à découvrir une nouvelle dance de salon, le "hustle".
Accaparé par l'enregistrement de son album, Van McCoy envoya l'un de ses sbires, Charles Kipps Jr.
Subjugué par ce qu'il avait vu sur la piste, Kipps rentra précipitamment au studio et convainquit Van McCoy de réaliser un titre dans la même mouvance. Profitant de la dernière heure de studio qu'il avait réservé, Van McCoy réalisa à la hâte avec son orchestre ce qui restera l'un des tubes fondateurs du disco, "The Hustle", titre qui atteignit la 1ère place du Top 40.
Comme quoi, ce sont souvent les projets les plus spontanés qui font florès. Je peux en témoigner.

5/ CHANGE "You are my melody" : le groupe de Jacques Petrus a régné sur le funk italien durant 5 années à travers 5 grands albums auxquels ont collaboré ponctuellement Luther Vandross, Jocelyn Brown ou Johnny Kemp.

6/ RAW SILK "Do it to the music" : un groupe de studio constitué notamment par Bert Reid, membre de Unlimited Touch, autre fer de lance du label Prelude Records.
La courte partie accapella du titre fut samplée à de nombreuses reprises.

Leur autre tube est l'explosif "Just in Time" remixé par l'inévitable David Todd.

7/ GAME "Gotta take your love" et 8/ DISCO DEVIANCE "Do it" : un one-shot italien bénéficiant d'un break mémorable qui est la pierre angulaire du bootleg qui le suit dans ce set.

9/ NIA PEEPLES "Trouble" : les tubes du Skydance s'invitent souvent dans mes sets ces derniers temps.
Remixé par Shep Pettibone, ce titre ravira les amateurs de house syncopée dans laquelle boîte à rythme et synthé-basse forment une solide armature.

10/ BLACK BOX "Ride on time" : je pense que l'on peut attribuer à RLP le succès de ce groupe en France. Il fut le premier à diffuser et matraquer cette version originale. Il réalisera d'ailleurs certains remixes du groupe et un medley pour le label Airplay (qui doit beaucoup à son partenariat privilégié avec la radio Skyrock).

Rapidement, le sample empli de rage de Loleatta Holloway piqué sur "Love Sensation" fut interdit et le disque ressortit dans une version rechantée bien moins convaincante.

11/ BLACK BOX "Strike it up" : les roulements de tambours sont empruntées à la version disco de "Reach out (I'll be there)" des Four Tops réalisée par Gloria Gaynor en 1974.
Quant à la voix, il s'agit de celle de Martha Wash et, détail extraordinaire, elle n'est même pas créditée !
La version de DJ Lelewel (que j'ai pas encore incluse dans l'un de mes sets) est l'un de mes classiques du Top Dance Megamix.

12/ LONNIE GORDON "Gonna catch you" : le Pub Mix est plus commercial avec son riff d'orgue et de cuivres inspirés par le couplet de "Reach out, i'll be there" des Four Tops (encore eux). Je préfère toutefois ce Philly Mix aux sonorités garage.

13/ LAST RHYTHM "Last rhythm" : une sorte de balearic-house made in Italy. Cette version vocale de 1992 est un remix de l'original instrumental sorti deux plus tôt.
Le single "Open your mind" est dans la même veine.

14/ THOMPSON TWINS "Come inside" : final assez violent avec un remix rave de ce titre du groupe de new-wave anglais à qui l'on doit les excellents "Love on your side", "Hold me now" ou l'arabisant "The gap".

vendredi 10 décembre 2010

N° 90 : London vs. Chicago (Steve Hurley & Joey Negro definitive masterpieces, Hustlers Convention, Watanabe...)

Set non disponible

Je viens de recevoir un ouvrage qui s'annonce passionnant : "The record players-DJ Revolutionaries".
Sur plus de 450 pages, il compile des interviews de DJ's historiques réalisées sur les 15 dernières années et recèle à coup sûr une mine d'informations précieuses recueillies auprès de stars, de l'avant-gardiste Nicky Siano au christique Tiesto en passant par mes maîtres à mixer que sont David Morales, Louie Vega, Tom Moulton ou David Mancuso.

Pour les plus anglophones d'entre vous, ce serait un beau cadeau de Noël. Le livre n'est sorti qu'au Royaume-Uni et ne sera disponible en France et aux USA qu'en avril 2011 !

Je vous en dirai plus sur les anecdotes croustillantes qui ne manqueront pas de jaillir au fil des lignes et sur les secrets de mixage des uns et des autres.

Incité par quelques-uns d'entre vous, je vous annonce également que j'ai succombé à l'idée de réaliser un set trance, risquant par la même occasion de devenir un hérétique aux yeux des puristes.
J'ai pris un certain plaisir à mixer cette sélection anglo-germanique sur mon Traktor en mutipliant les enchaînements interminables grâce aux fameuses loops programmables et aux effets delay calculés automatiquement.

Je pense délivrer ce set la semaine prochaine avant le Monster Vintage Mix (117 minutes) dédié essentiellement au Skyrock des années dorées (1988-1992) et à Maxximum et qui sera diffusé en guise de cadeau de Noël, espérant faire atteindre le Walhalla aux mêmes puristes.


De Skyrock il s'agit déjà en ce début de set avec quelques classiques de mon Top Dance Megamix.

Deux chefs d'œuvre de Steve Hurley avec BLACK BOX "I don't know anybody else" et DSK "What would we do".

Plutôt axée sur l'italo-dance pure et dure, Airplay n'avait pas commercialisé pour la France ce mix de BLACK BOX et je m'étais délecté à le jouer en exclu dans la Max Party.
De même, le divin Hurley's House Mix de "What would we do" de DSK avait été ignoré par Barclay qui n'avait proposé que son Extended Mix.

EX-GIRLFRIEND "You (You're the one for me)" est aussi une exclu Top Dance, un titre méconnu de la discographie de Joey Negro que j'ai pu jouer... à ma guise.
Je remercie encore le directeur des programmes de Skyrock de m'avoir laissé carte blanche sur la programmation et de m'avoir ainsi permis de redonner ses lettres de noblesse à la house alors que l'émission partait un peu à vau-l'eau, RLP ayant lâché les rênes de ce nouveau concept au format bien trop commercial.

KYM SIMS "A little bit more" est un maxi essentiel dans lequel les mixes de Steve Hurley le disputent en qualité avec ceux de Joey Negro dont je vous propose ici le Rhythm Supply Mix.
Kym Sims est produite par Steve Hurley et son album tubesque "Too blind to see it" sorti en 1992 contient des mélodies taillées sur mesure pour sa voix.

Lorsque l'on est producteur, soit l'on part en quête de la voix qui collera exactement à la mélodie et au style envisagé, soit l'on s'adapte à une tessiture et une originalité et l'on bâtit autour. Les deux stratégies se valent et débouchent généralement sur le résultat escompté.

M.C. RED "Why don't you love me" (Underflute) est l'un des mixes du maxi qui ouvrait le set de Laurent Garnier dans la Max Party. Une fulgurance de ce DJ plutôt habitué à des sonorités techno.
Ce disque italien très rare est l'un des happy few que je peux réécouter à l'envie même 20 ans après. Ça ne s'explique pas, ça se déguste.

ODORU "Watanabe" est une tuerie incluse dans le set culte de Maurice Joshua sur Skyrock.
Comment ce maxi de happy house made in Chicago et sorti sur Vibe Records a t-il pu échapper à mes griffes acérées en 1992 ?

Merci à Dimitri pour m'avoir fait découvrir "Got to give it up" de JAMERSON, ce maxi du rebelle et complexe Mad Mike Banks sorti sur le label Happy Records.
Mad Mike, sorte de porte-parole de la Black Power, est le fondateur du très politique label de Detroit Underground Resistance.
Il fut capable de signer des productions plutôt mélodiques comme ce "Got to give it up" et de véritables brûlots lancés contre le pouvoir des Blancs comme le "Message to the majors" ou le "Riot E.P.".

A la toute fin des années 80, lorsque la house franchit la barrière des radios, nombre d'artistes variété-pop saisissent la balle au bond et font remixer leurs chansons par les talentueux producteurs du moment.
Côté anglais, Samantha Fox, Kylie Minogue, Bananarama ont recours aux finauds producteurs Stock-Aitken-Waterman.
Pour "One better world", le groupe de new-wave ABC ("The look of love") choisit l'option New-Jersey Garage avec Blaze. Le résultat est tonitruant et marquera l'histoire du Skydance.

THE BRAND NEW HEAVIES "Dream come true" est un all-time classic, une revisite disco d'un titre acid-jazz que seul Joey Negro pouvait réaliser, offrant même un break aux sonorités brésiliennes.

Inextinguiblement, la disco-house prend son essor durant cette décennie 90, portée par des groupes comme CHUBBY CHUNKS et surtout HUSTLERS CONVENTION (alias Full Intention), braconniers des trésors enfouis, dont on retrouve ici "Uptown". Les samples sont piqués pour le riff de guitare sur l'intro de "Turn the music up" de PLAYERS ASSOCIATION et pour les voix sur l'excellent titre de JAY W. McGEE, "When we party (Uptown, downtown)".
Le remix incorporera des samples de "Ladies night" de KOOL & THE GANG et de "Straight ahead" de NICK STRAKER BAND.

"Saturday night, sunday morning" de T-EMPO remixé par Matthew Roberts (membre de Bottom Dollar) est un élégant titre de garage anglais dont la version originale revient à Thelma Houston.
Il fallait oser transfigurer cette barcarolle calibrée pour la ménagère passant l'aspirateur.

PAULINE HENRY "Love hangover". La reprise de Joey Negro est interprétée par l'ex-chanteuse des CHIMES. Bien que de bonne facture, elle ne parvient toutefois pas à se hisser au niveau de la sulfureuse version originale de Diana Ross, mais le philosophe-musicologue André Manoukian aurait dit que "lorsqu'on s'attaque à un monument, on risque de s'y casser les dents".

En 2008, Joey Negro tentera à nouveau l'ascension de cet Everest avec Diane Charlemagne (ex-chanteuse de Urban Cookie Collective) mais le titre n'arrivera jamais à atteindre le sommet.


Et ce set s'achève avec la voix éthérée de Sophie Ellis Bextor sur le tube du géant italien SPILLER (c'est le fil rouge du clip) : "Groovejet".
Pour ceux qui ne le savaient pas encore, les samples sont empruntés à "Love is you" de CAROL WILLIAMS, un classic "Philly".

vendredi 16 avril 2010

N° 64 : From funky soul to hardcore house (Skyrock Dance Classics, Narada Michael Walden, Depeche Mode,Tyree...)

Set non disponible

1/ REVELATION "Feel it" : obscure production du début de l'ère funky, elle fut révélée dans l'émission "Destination Planète 7" (animateurs : Smith & Wesson et Fool Astral) sur l'antenne de Radio 7, première radio du service public destinée aux jeunes.
Un arrangement "philly" ciselé porte une mélodie mémorable et un break parfaitement amené.

2/ SHARON REDD "Never give you up" : Dimitri From Paris avait remixé ce vieux "Prelude Records" de la défunte interprète de "Can you handle it?", mais ma préférence va à l'original.

3/ NARADA MICHAEL WALDEN "I want you" : deux albums d'anthologie ("The Dance Of Life" et "Victory" dont est extrait ce titre), une voix de falsetto... un producteur-musicien-interprète de haute volée.
Il produira notamment les "cultissimes" (j'ose un petit barbarisme - ça faisait longtemps - que Jean-Loup Chifflet et consors me pardonnent, ça me démangeait) albums de :
  • Stacy Lattisaw : "Let me be your angel" (1980)
  • Sister Sledge : "All american girls" (1981)
  • Whitney Houston : "Whitney Houston" (1985)
  • Lionel Richie : "Dancing on the ceiling" (1986)
4/ THE GALLERY Vol. II "Tee's Happy" : un re-edit en "bootleg" du fameux dub de NORTHEND réalisé par Tee Scott en 1981.
La face A ("Happy days") est souvent créditée à Michelle Wallace, l'interprète du titre.
Le géant Arthur Baker signe déjà la composition et la production du titre.
A noter un clap électronique au son inoubliable qui marquera le début du règne de la funky music.

Glissement vers les glorieuses années de Skyrock.

5/ 49ers "Die Walküre" : stupeur chez les puriste ! le DJ dérive vers la house italienne sans crier gare. Véritable pandémonium, cette production Bortolotti débridée au bassdrum énorme fit un tabac dans les clubs français durant la courte période de la mode New Beat (1988).
Parmi les innombrables samples, le riff de guitare de Chaz Jankel sur "Glad to know you".

6/ NOMAD "(I wanna give you) devotion" : grand classique du Skyrock Top Dance Megamix, ce remix DMC signé Mike Gray était l'alternative rêvée au multi-rabâché original qui fit également fureur en club.
Mais au fait, qui saura dire d'où provient le sample de saxophone ? Ce que l'on sait, c'est que le mini-refrain est inspiré de l'accapella de "Devotion" de Ten City.
Je suppose que le producteur a essayé plusieurs accapellas sur son instrumental et à jugé ce dernier le plus adéquat.

7/ PAULA ABDUL "Vibeology" : autre classique du Skyrock Top Dance, c'est hélas l'un des remixes les moins connus de Steve Silk Hurley. Mis à part l'arrangement totalement destructuré, c'est le sax trituré dans tous les sens qui apporte la folie au remix.

8/ MADONNA "Vogue" : signé Shep Pettibone, RLP adorait ce remix très classe (à l'instar de la danse à laquelle il fait allusion).
J'estime que ce titre marqua l'apogée de la carrière de Madonna en club et que l'inexorable déclin se produisit dès lors qu'elle se passa des services de celui qui l'avait propulsé au sommet.
Ce n'est pas le pathétique "Confessions on a dancefloor" (2005) dont on retiendra juste le single "Get together" qui redora le blason de la "croqueuse d'hommes" désormais subclaquante.
Son dernier amant, une espèce de godelureau, s'improvise désormais D.J., déshonorant la profession.

9/ BLACK BOX "Strike it up" : j'ai adoré jouer ce maxi dans le Top Dance Megamix. Voici l'original mais le mix de DJ Lelewel est encore plus magique. Un maxi où chaque plage est merveilleuse, un "must have" dans votre discothèque.
Appréciez l'utilisation judicieuse du roll de batterie de "Reach out, I'll be there" de GLORIA GAYNOR dans les transitions.
Pour l'anecdote, son album comportait une face A enchaînée sans blanc spécialement pour les DJ's ce qui représentait une première pour l'époque (1975), une idée fantastique qui avait germé dans l'esprit du producteur Tom Moulton. Trois tubes à la suite (dont le fameux "Never can say goodbye"), le DJ avait le temps d'aller boire un coup.

10, 11 & 12/ FPI PROJECT presents Rich In Paradise "Going back to my roots" ;
ATMOSPHERE "Atm'Oz-Fear" (Original Mix Double Beat) ;
KLF "3 a.m. eternal" (Guns Of Mu Mu) : 3 titres symboliques de l'époque Maxximum.
Les fêlés de KLF ont été les chouchous de cette radio du Forum des Halles. Révélés par "What time is love?", leur ultime single, "Last train to trancentral" sera l'une des plus grosses ventes de l'année 1991. Production au son énorme, elle sera classée dans le Top Dance tout comme ce "3 a.m. eternal".
Pour FPI PROJECT, ne manquez pas de prêter une oreille attentive à l'original de Lamont Dozier qui est un sommet de la soul music (eh oui, le tube d'ODYSSEY n'était qu'une reprise, brillante certes, mais reprise quand même).
Quant à ATMOSHERE, on se doute bien à l'écoute que ce vent froid vient de Belgique.

13/ DEPECHE MODE "Strange love" : l'atmosphère devient glaciale - j'ai failli nommer ce set "It's gettin' colder" - et ce maxi de Depeche Mode de 1987 reste redoutable malgré le poids des ans.

14/ E-MELLO "Situation" : reprise de YAZOO (groupe fondé par Vince Clarke, ex-membre de DEPECHE MODE), ce titre de 1982 est, à l'origine, une simple face B du tube mondial "Don't go".
La version d'E-MELLO sera un succès mémorable du début de l'année 1991 dans les clubs français et je le jouerai à maintes reprises. Ce rappeur anglais fera également le bonheur de BASS BUMPERS sur le hit "The music got me".

15/ Final hardcore avec la house de Chicago de TYREE. "Hardcore Hip house" est un classique du Skydance et reprend quelques bribes du "Promised land" de JOE SMOOTH.
Ceci est la version des anglais de Double Trouble.

vendredi 28 août 2009

N° 33 : European Housing Authority (Brothers in Rhythm and Steve Anderson's classics, Greed, italian house, Cleveland City Records...)

Set non disponible




L'Europe et particulièrement le Royaume-Uni sont à l'honneur dans ce set.
Les "british", culturellement férus de la black music de Detroit (ce qu'ils appelèrent la Northern Soul dès les années 60), n'eurent ainsi aucune difficulté à emboîter le pas aux américains dans les productions garage et house de qualité au début des années 90.

1/ SABRINA JOHNSTON "Peace" : un titre qui introduit le duo de producteurs BROTHERS IN RHYTHM alias Steve Anderson (pianiste et membre du pool du Disco Mix Club) et Dave Seaman, éditeur du magazine MIXMAG (mon bréviaire durant toutes mes années de production et de radio). En 1990, après un galop d'essai avec "Peace and Harmony" (qui samplait "Love will save the day" de Whitney Houston), le coup de maître est incontestablement "Such a good feeling" réalisé avec l'accapella d'"Always there" de CHARVONI. Le titre se classe d'ailleurs très bien dans les clubs français et bénéficie de remixes de Bibi Fricotin et Dimitri From Paris.

2/ PAUL McCARTNEY "Deliverance" : 28 juin 1991, église anglicane de Liverpool. Macca dévoile au public son œuvre symphonique classique, le Liverpool Oratorio. Démolie par la critique anglaise, elle sera jouée dans le monde entier, fêtant sa 100ème en septembre 1996. C'est le fruit du talent d'un des maîtres de la musique moderne, un touche-à-tout génial capable, comme beaucoup de ses compatriotes, d'évoluer dans des registres très différents. Novembre 1991, c'est le retour aux compositions pop avec l'album "Off the ground", cette fois bien reçu par la critique. Il contient ce "Hope of Deliverance" dont le mix club sera confié à Steve Anderson qui le transformera en un dub flamboyant, à des années-lumières de l'original.

3/ ARIZONA feat. Zeitia "Slide on the rhythm" : 1993, année du lancement de Delabel, un sous-division "club" de Virgin France. L'une des premières sorties est cette adaptation d'un vieux classique de Mahogany, "Ride on the rhythm" sorti en 1982. Elle est produite par GREED alias Mike Gray et Jon Pearn, un duo aux multiples pseudos (Full Intention, Hustlers Convention, Sex-o-Sonique...). Greed fait également partie du pool de remixers DMC.

4/ COLA BOY "7 ways to love" : extrait du DMC de Juillet 1991 avec, côté DJ, Mike Gray au remix et, côté claviers, Jon Pearn aujourd'hui plus connu en solo sous le pseudo de Bodyrox (le tube électro "Yeah,yeah"), le duo ayant décidé de faire un break. Sous le pseudo de Cola Boy se cachait un certain Andrew Naughtie qui avait crée le buzz en laissant croire que son bootleg avait été financé par un adolescent de Honk-Kong qui avait vendu sa collection de bouteilles de Coca. Signé sur Arista, le titre avait été produit par St-Etienne et ré-interprété par une nouvelle chanteuse.

5/ TINMAN "Eighteen strings" : adaptation très réussie du titre de Nirvana, "Smells like teen spirit" dont le riff de guitare sert de gimmick principal. C'est encore une production du DMC avec Dakeyne à la baguette. Dans la Max Party, nous avions beaucoup joué l'un de ses meilleurs remixes, "I got you (i feel good)" de James Brown. Une occasion aussi d'entendre le fameux preset "organ" du synthé historique de la house music, le Casio CZ 101 (écoutez quelques presets).

6/ Le Casio CZ 101 est dans la place ! C'est la pierre angulaire de ce remix de "Bright on Time" de BLACK BOX réalisé en 1994 par TWO MEN, le duo italien dans lequel se trouve la future star de l'électro, Benny Benassi.

"Bright on Time" est un titre né de l'imagination du DJ italien Daniele Davoli et de l'ingénieur du son Mirko Limoni. En 1987, Davoli avait déjà fait parler de lui avec un tube à base de multiples samples, "Numero Uno". En cette année 89, c'est Limoni qui l'incite à mettre en musique ce cri de Loleatta Holloway que Davoli balance sur les disques qu'il mixe dans son club.
Et l'Angleterre de succomber la première au charme de ce morceau de piano-house. C'est donc à tort que l'on attribue à l'Italie la genèse de ce style puisque ce furent les autres DJ's italiens qui, devant le succès rencontré outre-manche par "Bright on Time", prirent le train en marche pour réaliser des titres du même acabit.

Pour BLACK BOX, l'histoire démarre comme un conte de fée avec 2.5 millions de copies vendues à travers l'Europe. Mais lorsque Holloway s'aperçoit que le groupe fait appel au mannequin Katrine pour chanter le titre en playback dans l'émission anglaise "Top of the Pops", son sang ne fait qu'un tour. La fierté écornée et après avoir tenu à prouver "en live" qu'elle était la véritable chanteuse, un arrangement est trouvé et Holloway récupèrera une partie des royalties engendrées par la vente des 800 000 copies au Royaume-Uni ; la diva chantera même le titre sur scène lors d'une rave-party !

7/ REEL 2 REAL "I like to move it" : un disque que je suis fier d'avoir joué parmi les premiers en France, ayant réussi à obtenir un test pressing de haute qualité. Je le jouai en exclu dans une soirée privée du label Airplay organisée au bar "La Plage", non loin de la Porte Dorée, dans le 12ème arrondissement de Paris. Mais ce fut le label Happy Music qui remporta le gros lot en signant le groupe pour la France.

8/ ALEX PARTY "Alex Party 2 (Nu-Nu-Now)" : retour en force du Casio CZ 101. C'est la patte caractéristique des productions des italiens d'Alex Party. Et d'où vient le sample ? "Don't make me wait" des PEECH BOYS.

9/ DIRECT 2 DISC "Morning" : retour au Royaume-Uni avec l'un des tubes du feu label Cleveland City Records. De la happy house avec un bassdrum tout simplement énorme pour accompagner cette habile trituration du tube de Crystal Waters.

10/ RHYME TIME PROD. "Swing man" : double priority pour le label Cleveland City. Ce "Swing man" est la face B de "Go back", premier single de ce groupe sorti en 1993. Je vous avait également présenté "You and me" dans un de mes sets du début d'année. Rhyme Time Prod. est également l'auteur d'excellents remixes comme "I wish" de GABRIELLE et "You can have it all" de EVE GALLAGHER.

11/ GABRIELLE "Because of you" : voici justement la chanteuse à l'œil bandé dans une version piano-house signée par les anglais de Development Corporation qui ont déjà remixé ses deux premiers tubes, "Dreams" et "Going Nowhere". Sa voix nasillarde, sa référence artistique évidente à Tracy Chapman, cet œil déformé à la naissance et qu'elle cache désormais, tous ces éléments qui lui confèrent un look original ont sans doute contribué à susciter l'intérêt des médias.

12/ SUNSCREEM "Pressure us" : Terry Farley, le créateur de "Boy's Own", un fanzine consacré au football, à la mode et à la musique, est l'un des membres du duo Farley et Heller qui se travestit ici sous le pseudo de Fire Island pour un remix très "chicago house". Sunscreem est un groupe pop anglais formé en 1991 et qui intégra la scène house avec notamment ce semi-tube, "Pressure us", bien que leur hit majeur soit "Perfect Motion".

13/ PHUNK PHORCE "Mind games" : Matthew Roberts de BOTTOM DOLLAR a participé à sa production de ce titre découvert sur le set d'Erick Morillo réalisé pour le Ministry of Sound Session 9; il emprunte un sample de "Mind Games" de QUEST (1985).

Retour aux States pour un final très, très underground.

14/ DANNY TENAGLIA "Roots (The sound of the drum)" : extrait de l'album "Tourism", un titre qui fleure bon le tribalisme.

15/ SIZE QUEEN "Walk!" : Peter Rauhofer (Danube Dance, Club 69) s'essaye avec panache à l'underground avec ce titre calibré pour la communauté gay. Il sera signé sur le fameux label Tribal America dont l'un des tauliers n'est autre que Danny Tenaglia.

samedi 7 mars 2009

N° 8 : In the heart of deep house (Mark Kinchen, Masters At Work, Eric Kupper, David Morales)

Set non disponible






Le modèle du tout-gratuit est, lui aussi, battu en brèche par la crise.
Déficit d'annonceurs ou bail non renouvelé....mon hébergeur d'origine, Mypodcast.com, ne fonctionne plus depuis deux jours laissant ses clients dans le désarroi le plus total...sans aucune explication.

Afin de ne pas vous laisser en plan, j'ai tout de suite rapatrié mes sets sur un nouveau site français, http://www.djpod.fr.
L'offre me parait raisonnable (20 Go de stockage pour 8.99 €/mois, statistiques incluses) et l'ancien D.J. qui a conçu ce site semble très réactif.
Je fais partie de ses nouveaux clients et espère lui donner un coup de pouce en cette période difficile. Je serai bien entendu intraitable sur la qualité du service mais nous ferons le point d'ici quelques semaines.

Retour ce sur ce nouveau set très orienté deep-house.

1/ BLACK BOX "Everybody Everybody" (Rockapella) : une bonne surprise ramenée en 1990 dans mes bagages en provenance de Miami. Martha Wash assure les vocaux mais, curieusement, n'est pas créditée.

2/ RAZE "Break 4 love" : en 1980, la mode était au roller dans les discothèques et quelques maestros faisaient le show dont le D.J . de la boîte que je fréquentais, le "Patch Club".
Situé sur les quais de la Marne à La Varenne Saint-Hilaire (Val de Marne), ce club mythique fut l'un des tout premiers à jouer des titres funk totalement inconnus en France et le premier club parisien à disposer d'un écran vidéo. J'ai eu l'honneur d'en être aussi le D.J. de 1982 à 1986.
RAZE est le pseudo de Vaughan Mason, producteur américain qui rendit hommage à cet exercice périlleux à travers le titre "Bounce, Rock, Skate, Roll". Il revient en 1988 avec ce titre qui a lustré les trompettes de la renommée, "Break for love".

3/ JOE ROBERTS "Lover" (K-Klass Klub Mix) : Joe Roberts est un artiste comblé. Morales s'est surpassé pour lui sur "Back in my life" et "Happy days", les anglais de K-Klass donnent aussi le meilleur sur ce titre oscillant entre garage et techno. Symbolisant leur marque de fabrique, ce mix hyper-compressé assène ses coups avec un clap et un bassdrum omniprésents.

4/ CLUBLAND "Love strain" : les suédois sont ici remixés par l'un des claviers de l'équipe Def Mix Productions, Eric Kupper.

5/ ROBIN S "Love for love" : Dans la monarchie suédoise, Stonebridge fut élu roi du remix avant d'être supplanté par la "Swedish House Mafia" (Axwell, Steve Angello, Sebastian Ingrosso et Eric Prydz) mais restera l'homme qui révéla Robin S. alias Robin Stone.

6/ Le duo Peter Daou-Danny Tenaglia régale avec ce mix très très deep de "When you love someone" par DAPHNE. Cette artiste préfigurait l'arrivée d'une nouvelle scène jazz-house avec notamment BLUE SIX, SAMANTHA JAMES, AYA, et ANDY CALDWELL.

7/ SAINT-ETIENNE "Only love can break your heart" : sans mésestimer les récents concepts latino-house de Louie Vega, je pense que c'est au début des années 90 que le duo des Masters at Work atteignit sa plénitude. Il ne reste plus rien de l'original dans cette version deep-house totalement envoûtante.

8/ BIZARRE INC "Took my love" : MK alias Marc Kinchen est un producteur californien à la carrière brève mais parsemée de remixes situés du côté obscur de la planète underground comme celui-ci. Première secousse en 1992 avec le remix de "Can U feel it" de Chez Damier et tremblement de terre en 1994 avec le Dub of the Doom Mix de "Push the feeling on" des Nightcrawlers, un groupe écossais qui n'en espérait pas tant !

9/ THE NEVILLE BROTHERS "Fly like an eagle" : remix très inspiré des Masters at Work pour ce titre dont l'original plutôt psychédélique est l'oeuvre de Steve Miller Band (1976).

10/ "New dance beat" : extrait de l'album de LIL' LOUIS sur lequel je me suis montré dithyrambique dans ma bio le concernant.

11/ SAINT ETIENNE "Nothing can stop us" : à mon goût, l'un des 10 meilleurs mixes deep-house des Masters at Work. Les poteaux n'étaient pas carrés pour ce St-Etienne là qui score donc deux fois !

12/ PET SHOP BOYS "Can you forgive her?" : vous avez remarqué ce subtil va-et-vient entre MK et les Masters at Work ? Même technique de remix que pour les Nightcrawlers avec ces bribes de phrases qui viennent inlassablement ponctuer le rythme.

13/ Et l'histoire voulut que les MASTERS AT WORK et MK finissent par se retrouver sur "I can't get no sleep" (avec la chanteuse INDIA).

14/ CE CE PENISTON "Finally" : un dub deep-house de Morales clôturé par un solo signé...Eric Kupper.

vendredi 20 février 2009

N° 6 : Happy house, a positive vibration (Stonebridge, Lelewel, Joey Negro and disco revival)

Set non disponible



Oui, certains fans du groupe Siouxsie and The Banshees vont atterrir ici par erreur, j'en suis conscient.

La happy house dont je fais mention ici n'est pas un titre new-wave mais un courant de la house music dont j'ai largement fait la promo dans mes megamixes sur Skyrock.

Se différenciant des sons acides des débuts, utilisant des loops qui swinguent, samplant largement de vieux riffs disco, la happy house est un style festif, généralement celui que l'on entend au pic de l'ambiance dans les bonnes discothèques.
Fédératrice cette house ! même le clubber occasionnel et ingénu s'y retrouve car les accords et les gimmicks joyeux que délivrent ses tubes apportent une forme de bonheur immédiat. D'ailleurs, le symbole de la house n'est il pas un smiley jaune ? Moi-même, j'avais intitulé mon catalogue d'édition "Happy Trax".

Je n'ai jamais été un grand fan des sets purement "deep-house" et rares sont les Dj's qui possèdent cet art de métamorphoser les gens en "happy people with happy faces" (pour reprendre l'expression culte de la chorégraphe survoltée Mia Frye). Je leur rend hommage à travers ce set qui, je l'espère, transmettra des vibrations positives en ces temps d'incertitudes.

L'expression apparait pour la première fois sur un mix de "Get Real" de Paul Rutherford (ex-moustachu de Frankie Goes to Hollywood) mais le symbole de cette happy house est bien sûr Steve "silk" Hurley. Il reprend à juste titre l'expression en 1991 sur le "Makin' happy" de Crystal Waters. Dans la même veine, on retrouve Joey Negro et son disco-revival totalement jouissif, Full Intention, Boris Dlugosch et bien d'autres notamment du côté de l'Italie (DJ Lelewel, Alex Party...).

C'est surtout à Ibiza que cette musique résonne les mois d'été, le Pacha et le Space (en matinée) étant les lieux à fréquenter pour s'en délecter.

1/ HOUSE OF VIRGINISM "I'll be there" : Produit par le suédois Stonebridge, voilà un premier bon exemple de cette house généreuse en accords et en vocaux.

2/ RHYME TIME PROD. "You and me" : Un des nombreux titres estampillés "happy house" du défunt label anglais Cleveland City, Chubby Chunks et sa série "Testament" étant de véritables perles du genre.

3/ X-STATIC "I'm standing" : une happy house italienne produite par l'un des membres des groupes Alex Party et Livin' Joy, une référence donc.

4/ Une tendresse particulière pour ce titre qui m'a bien fait bouger en club : "Blow your whistle" de DJ DUKE. Un gimmick d'orgue imparable et un sifflet entêtant, une sorte de "debout là-dedans" à réveiller une caserne entière. Le sample de sifflet doit d'ailleurs provenir de l'intro de "Get on the funk train" de MUNICH MACHINE. Quant à la phrase "Blow Your Whistle", elle est tirée de l'intro de "We Want to Parrty, Parrty, Parrty" de LYN COLLINS.

5/ Le clavier de David Morales, Satoshi Tomiie, s'essaye avec bonheur sous le pseudo de SHELLSHOCK dans une trituration du sample du "K-Jee" de MFSB ("Love is the message", "Let's clean up the ghetto"), un groupe légendaire du Philadelphia Sound des années 70. Si le son est énorme, c'est aussi car on retrouve à la gravure du pressage un certain Herb Powers Jr. dont je vous reparlerai plus tard.

6/ Le label new-yorkais King Streets Sounds a été fondé par Hisa Ishioka, un immigrant japonais qui avait fréquenté assidûment le Paradise Garage situé... sur King Street. Il a signé les productions de grandes pointures telles Morales, Masters at Work, Roger Sanchez, Lil' Louis ou Danny Tenaglia, excusez du peu ! PUMP FRICTION et "That sound" est le fleuron du catalogue, un disco-revival totalement inspiré des tubes de Dan Hartman. Le titre fut classé N°1 au Billboard Hot Dance Music/Club Play en 1997.

7/ Mon titre préféré de ce set : LES CLAUDETTES "Alexandrie, Alexandra". On pourrait craindre de subir une faute de goût avec un summum de la ringardise mais, comme Joey Negro est aux fourneaux, le résultat est prodigieux et festif à souhait. Je pense qu'il a réutilisé les pistes originales, ne voyant pas comment il aurait pu sortir les Claudettes de leur retraite... à moins de s'être appelé Bernard Frédéric !!!

8/ THE REESE PROJECT "Direct me" : Joey Negro toujours à la baguette pour une métamorphose totale du titre de "Master Reese" alias Kevin Saunderson, fondateur du groupe Inner City.

9/ "Love Fantasy" : Cet extrait du mini-EP sorti par JOEY NEGRO en 1992 sera inclus sur l'album signé par Virgin l'année suivante, marquant ainsi la reconnaissance défintive de ce producteur talentueux.

10/ BLACK BOX "A positive vibration" : Black Box, sous la houlette de DJ Lelewel, signe içi une sorte de medley qui inclus le gimmick de guitare de "Love Hangover" de Diana Ross. J'y ai glissé quelques samples vocaux de la version réalisée par Pauline Henry (chanteuse du groupe "The Chimes").

11/ CERRONE "Love in C Minor" : remix très classe de David Morales qui respecte totalement les sonorités disco originales. Au passage, petit mash-up avec le classique de Jomanda "Make my body rock".

12/ Petit glissement vers la tribal-house puisque la rythmique de Morales m'y invite.
"Brinca" est avec "Take me up" et "You used to hold me" l'un des seuls hits que RALPHI ROSARIO produisit sous son propre nom alors qu'il fut à l'origine d'une multitude d'excellents remixes pour d'autres artistes.

13/ Final symbolique avec MARSHALL JEFFERSON et "Move your body", un titre datant de 1986. La copie que j'ai achetée d'occasion a dû séjourner dans l'eau pendant 3 mois m'obligeant quelque peu à éditer le morceau afin de le rendre audible.