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vendredi 4 février 2011

N° 96 : Disco damnation (Todd Edwards, rare bootlegs, Joey Negro...)

Set non disponible

Un set truffé de bootlegs et qui donne une place confortable au disco.

1/ KATHY BROWN "Happy people" : un mix réalisé par le duo de producteurs allemands Christian Pfeuffer et Ralf Benker (alias Ralf Gum).
Ralf Gum est le fondateur du label de soulful house GoGo Music.
Remixeur très demandé, il est l'auteur de deux tubes plutôt sophistiqués :
  • Kissing Strangers (2008)
  • Complicated (2010)
2/ JUNIOR VASQUEZ presents VERNESSA MITCHELL "Reap for what you sow" : aussi étrange que cela puisse paraître, ce disque a été classé parmi les 20 premiers du Hit des Clubs Skyrock !!
C'était le fruit du talent d'un de mes anciens amis alors responsable de la promo club au sein du label Atoll.
Et Dieu sait que ce titre à l'interprétation poignante était à des verstes des tubes eurobeat habituels joués dans les discothèques françaises.

3/ E-SMOOVE "Deja vu" : une des rares productions solo de l'arrangeur de Steve "Silk" Hurley.

4/ DA MOB "Fun" (Todd Edwards Cut-Up Mix) et 5/ ST-GERMAIN "Alabama Blues" (Todd Edwards Vocal Mix) : outre le prénom, Todd Terry et Todd Edwards possèdent cette relation gémellaire dans l'art du tripotage de samples.
Plus que Terry, Edwards abuse de ces fragments sonores habilement placés dans un arrangement ternaire à souhait pour un résultat dont le groove est imparable.

6/ SMOKIN BEATS "Dr. love" : la face A faisait partie de la playlist de mon Rebirth Megamix, voici le dub de cette revisite house du tube de FIRST CHOICE sorti en avril 1977 et mixé à l'époque par le génie Tom Moulton.

7/ BLACK BOX "Not anyone" : nous sommes désormais loin du piano-house des débuts avec un arrangement aux accords d'un grand classicisme voire d'une grande banalité, mais qui a sa place dans un set garage.
L'interprète n'est autre que Charvoni, l'une des voix les plus puissantes de la house music rendue célèbre par la reprise tonitruante de "Always there" en 1989.

8/ JOEY NEGRO "What happened to the music" : extrait de l'album de Joey Negro sorti en 1993 sur Virgin, le son est absolument catastrophique et l'anglais s'est bien rattrapé depuis.
Aux vocaux, on retrouve un groupe dont le tube "Disco Inferno" figurait sur la B.O.F. du film "Saturday Night Fever" : The Trammps.

Final dans l'univers des bootlegs raflés sur Decks.de.

9/ BLACKSOUL presents MUSICAL GLOBE "Back to the 70's" : un edit fou en provenance de Lettonie et basé sur le remix de "Can you handle it" de SHARON REDD (qui avait été réalisé à l'époque par François Kevorkian).
On retrouve en face B de ce maxi d'une urgence absolue le "Freakin' jazz" de Fabio Bacchini déjà joué dans un set précédent.

10/ PHENOMENAL HANDICAP BAND "Carry on Carrie" : encore un alias de Joey Negro qui revisite "Dance with you" de Carrie Lucas en mettant en avant la partie samplée par Armand Van Helden pour son hit mondial "You don't know me".

11/ MARK & STEVENS "Discoptry" : après le bidouillage d'un titre improbable de Deniece Williams ("Free") présenté récemment sur ce blog, voici un travail sur "Disco nights" de GQ.

12/ ANORAK EDITS VOL. 2 "Penthouse disco" : re-edit d'un titre de The Love Symphony Orchestra : "Let Me Be Your Fantasy"

vendredi 5 novembre 2010

N° 85 : Real wild house (28th Street Crew, Clubland, Davina...)

Set non disponible

1/ RHYTHM REPUBLIC vs. MARSHALL JEFFERSON "Move your body" : à l'écoute de ce relifting, ce fut une énorme claque, l'original ayant pris un sacré coup de vieux.

A l'origine, cet hymne fut signé sur Trax Records, un label tenu par le peu recommandable Larry Sherman. Selon les dires de Jesse Saunders (celui qui est donné comme le créateur du premier disque house) dans son livre "House music...The real story", Sherman était un homme d'affaires peu scrupuleux voire malhonnête. Il avait l'habitude de presser des vinyles à la qualité sonore exécrable en utilisant comme matériau de base de vieux disques qu'il recyclait dans son atelier. Inévitablement, même neuf, le disque présentait des craquements et des sillons déformés !
Possédez-vous un disques Trax Records d'une qualité acceptable ? Personnellement non (notamment le disque de Marshall Jefferson à la bande passante digne d'un mp3 encodé en 96kbps et aux multiples craquements).
Et pourtant, ce Larry Sherman joua un rôle notoire dans la popularisation de la house music.

2/ SOUND FACTORY "Come take control" : une house d'origine suédoise produite notamment par Vito Ingrosso, le père de Sebastian Ingrosso, membre de la Swedish House Mafia.

3/ 28th STREET CREW "I need a rhythm" : un vinyl que l'on m'a volé en 1989 dans une soirée cauchemardesque à Chennevières-sur-Marne lorsqu'une bande de racailles était venue semer la terreur.

Acheté quelques mois avant à Miami, cette production qui s'inspire largement de "Respect" d'ADEVA et de "Make my body rock" de JOMANDA était réalisée par Clivillés & Cole sur Vendetta Records, label à l'existence trop courte auquel on doit "This is acid" de MAURICE, "Love together" de L.A. MIX, "Breakdown", "Groove me"et "Two to make it right" de SEDUCTION.

4/ THE BEATMASTERS feat. The Cookie Crew "Rok da house" : Dechavanne en avait fait un générique d'émission, autant dire que tout le monde connait et qu'il n'est pas nécessaire de s'attarder.

5/ FUTURE FUNK "Wildberry tracks" : les violons étaient trop beaux pour être natifs de cette merveilleuse production disco-house datant de 2005.
En effet, il s'agit d'un astucieux montage d'un extrait de "Don't make me wait too long" de BARRY WHITE.

6/ RAW "Play my game" : ce groupe fantomatique n'a sorti que deux titres, mais ils sont exceptionnels.
"Play my game" est un classic house tonitruant resté à l'état de test pressing (on se demande bien pourquoi).
"Intoxicated" révèle la puissance de la chanteuse Amanda Wilson que l'on peut entendre aussi sur "Love on my mind" de FREEMASONS.

7/ PARIS AVENUE "Feel it (it's so good)" : une reprise réussie du "It's so good" de Creative Force sortie sur Sub-Urban en 1993.
J'aurais aimé que des français furent à l'origine de cette production, mais malgré l'indice du pseudo, il s'agit en fait de producteurs belges, ces voisins qui nous surpassent littéralement en matière de techno et de house.
La France n'est pas un terreau de la house music et y réussir à percer tient du miracle ou d'un carnet d'adresses bien fourni dans les "milieux autorisés" (comme disait Coluche).
Nous-mêmes avons tenté en vain de 1991 à 1997 d'atteindre la reconnaissance malgré de multiples productions (vous en entendrez deux assez rares la semaine prochaine dans un set très énervé).

8/ EVE GALLAGHER "Love comes down" : la protégée de Boy George s'était fait connaître avec la version soul et downtempo de David Morales.
Signée sur Panic Records en France, c'est avec le grandiose "You can have it all" qu'elle avait réalisé une incursion remarquée dans le Skyrock Top Dance.
Sur la lancée, ce remix hardbag de "Love come down" était commercialisé sans hélas connaître le même succès.

9/ CLUBLAND "Let's get busy" (Sami Dee's Revival Red Zone Remix) : au milieu des années 90, j'avais rencontré Sami Dee dans les locaux de Skyrock. Il m'avait narré son aventure incroyable comme assistant ingé-son aux côtés de David Morales.
Je possède 5 K7 de sessions de mixes garage qu'il m'avait remis. Il est de la race des grands mixers radiophoniques.
J'ai été ravi de découvrir qu'il avait brillamment relifté ce premier tube de CLUBLAND, à l'époque remixé par son mentor.
Il est également en podcast sur DJpod.

10/ DAVINA "Don't you want it" : qui ne s'est pas jeté sur ce maxi absolument magique sorti sur Happy Records, le label de Detroit, et incontournable dans toutes les soirées house parisiennes ?

En cette année 1992, Detroit "la sinistrée"ne brille plus depuis longtemps.
20 ans plus tôt, le label Motown l'a lâchement abandonné pour les cieux plus cléments de Los Angeles.
En 1986, Derrick May, Juan Atkins et Kevin Saunderson y inventent la techno, une chance inouïe pour redonner vie à la "Motor City", mais assimilée à une "musique de Blancs", le public potentiel, celui d'Afrikaa Bambaataa, ne s'y reconnaitra pas.
C'est dans la vieille Europe que les 3 mages trouveront écho à leur sonorités avant-gardistes.

En 1990, Mad Mike Banks crée le label Underground Resistance dont Happy Records est une division qui cache le désespoir de ses artistes derrière la façade d'une house enjouée.

Déclin de l'industrie automobile, taux de chômage record...entre 1967 (l'année des fameuses émeutes raciales de juillet) et 1987, la population de la ville aura chuté de 30% !
L'"exode blanc" n'y a laissé qu'une population à 80% d'origine noire souvent ghettoïsée. Rongée par la désindustrialisation, certains iront même jusqu'à parler d'une ville-fantôme.

11/ SMOKIN BEATS "Dreams" : un duo anglais adepte du UK Garage et dont l'original assez peu convaincant est magnifié ici sous les arrangements des Kings of Tomorrow.
Vous aviez découvert dans mon premier set sa réinterprétation filtrée de "Dr Love" de FIRST CHOICE.
SMOKIN BEATS a d'ailleurs sorti d'innombrables maxis à base de samples funky et disco souvent estampillés "Lessons in disco". Avec ses samples de THE EMOTIONS et CHERYL LYNN, le volume 4 semble le plus populaire.
On perd leur trace en 2007.

vendredi 16 janvier 2009

N°1 : The Rebirth Megamix

Set non disponible







Tel Hibernatus extrait des glaces, imaginez-moi en une sorte de DJ congelé, un DJ qui aurait subi un arrêt-buffet en 1997 et qu’on aurait immédiatement placé au caisson.
Quelle drôle de coïncidence de réaliser qu’Hibernatus a été découvert en 1991, l’année où, justement, je prenais mes galons de DJ radiophonique sur Skyrock.

Par le plus grand des hasards, cette semaine de dégel en France est celle que j’avais programmée de longue date pour ouvrir le couvercle et revenir aux platines.

Finalement, le mix c’est comme la guitare, on peut arrêter pendant 10 ans et reprendre comme si de rien n'était car les connexions neuronales ont fait un save-to-disk.

J’ai donc appelé ce premier set le «Rebirth Megamix». Alors qu’il ne devait être qu’un simple «one shot» pour une webradio, il devient le premier épisode d’une saga de 52 sets inédits. Je remercie au passage MIKA, taulier du forum http://sky90.forumpro.fr pour m'avoir redonné l'envie de mixer alors que j'avais fait table rase du passé.

Chaque vendredi, je vous proposerai ma vision de la musique «club», une programmation qui donnera une très, très, très large place aux divas et autres remixeurs de génie, ceux qui sont la clé de voûte de ma culture.

1/ Un set qui démarre en mash-up avec l’accapella de «The Pressure» par SOUNDS OF BLACKNESS mixé avec le tube de FREEMASONS, «Love on your mind».
Voilà un bel exemple de ce que j’appelle le talent. A la base, un titre anecdotique de JACKIE MOORE datant de 1979, «This Time Baby». Le sample est judicieux mais la bonne idée qui donne tout son charisme au titre est le rajout d’une partie vocale masculine, mélodie d’ailleurs pompée sur le «When the heartache is over » de TINA TURNER.
Peu importe le grain pourvu qu’on ait l’ivresse.

2/ THE ORIGINAL «I love u baby» : un titre sympathique produit à la base par Eddy Beatboxking, le producteur de Rozlyne Clarke et d’Indra (quelle surprise de voir qu’il est désormais chef d’orchestre !), remixé par Dancing Divaz à grands coups de riffs de violons.

3/ ROD STEWART «Da ya think i’m sexy?» : Rod Stewart fait partie de ces essayistes disco rusés qui ont réussi un retour gagnant à la fin des années 70. En pompant le gimmick vocal de «País Tropical» de JORGE BEN et en le transformant en refrain, il réalise le tube imparable. Il est remixé ici par le vétéran Ralphie Rosario.

4/ HUSTLERS CONVENTION «Hustlers dance» : avant de devenir FULL INTENTION, ces producteurs anglais discoïsants s’étaient fait la main sur de petites productions expérimentales à base de samples légendaires, ici le «Dance, Dance, Dance» de CHIC et la base musicale de «Tonight i’m alright» de NARADA MICHAEL WALDEN.

5/ EARTH PEOPLE et «Dance» est une autre bidouille du sample de CHIC réalisé par Pal Joey.

6/ RUPAUL «House of love» : du haut de ses talons compensés, le travesti RUPAUL peut se vanter d’avoir bénéficié de remixes troussés par des pointures (Eric Kupper, Murk) dont le duo anglais T-EMPO emblématique du style «handbag house».

7/ BARRY MANILOW «Copacabana» : ce kitchissime tube de 1978 pourrait être la bande-son idéale de «La Croisière s’amuse» mais l’excursion dans laquelle nous embarque Pete Lorimer transfigure totalement le titre. Je profite d’une escale pour glisser quelques samples du «The Player» de FIRST CHOICE dans le break !

8/ DEE «Feeling hm-pa-paa-paaa» : une artiste remixée par Boris Dlugosh, à l’époque étoile montante de la «funky touch». Sa carrière en «one shot» fut conclue par le bien nommé single «Hello and Goodbye» deux ans plus tard.

9/ THE BOSS «Congo» : comment imaginer que je revienne aux platines sans inclure un titre de mon maître à mixer, David Morales. C’est lui qui m’a donné l’envie de devenir producteur et je l’ai reçu dans mon émission en juillet 1993. «Congo» est une pièce essentielle de l’œuvre du Boss, sorte de titre-défouloir où David donne l’impression de se lâcher complètement. «Congo» est construit à partir d’une rythmique batucada (sans doute celle du «Give it up» des GOOD MEN) pimentée par plusieurs samples vocaux : «House Of Love (In My House)» de SMOOTH TOUCH , le cri de LOLEATTA HOLLOWAY piqué sur «Crash goes love» et le «Baaah !» de GEORGE KRANZ (Din daa daa). A noter un solo d’orgue à faire pâlir de jalousie Charly Oleg !

10/ Dans la même veine, le très dark «Been a long time» de THE FOG est transformé en hymne festif par des producteurs italiens qui, quelques années plus tard, nous gratifieront du jouissif «Laguna» de DJ SPILLER.

11/ 2 IN A ROOM «El trago (the drink)» : ces vieux briscards s’étaient fait connaître à la fin des années 80 avec «Do what you want» et «Take me away» puis avec «Wiggle it».

12/ EVE GALLAGHER «You can have it all» : Le label français AIRPLAY m’avait totalement surpris à l’époque en signant cette production anglaise qui se démarquait totalement des «italieneries» qui étaient sa marque de fabrique. Le remix de RAMP est sobre et efficace, encore présentable aujourd'hui dans un set électro.

13/ SMOKIN BEATS «Dr Love» : énième mais brillante utilisation du sample des FIRST CHOICE décidément bien déplumées par les producteurs.

14/ GLORIA GAYNOR «Mighty high» : retour en force de la diva préférée du vestiaire des héros de la Coupe du Monde 98 avec un remix signé Bruno Guerrini dont j’avais particulièrement apprécié le travail dans les «KM 1972» mixes de CAPPELLA.