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vendredi 3 décembre 2010

N° 89 : awesome 80's! (legendary beatboxes, George Duke, Delegation, Scritti Politti...)

Set non disponible

La musique noire aura effectué dans les années 80 ses mutations les plus spectaculaires.


Elle entama cette giboyeuse décennie sur des bases nouvelles après la publication le 12 juillet 1979 de l’acte de décès du disco, style usé jusqu’à la corde à force d’être galvaudé donc décrédibilisé.

Quelques semaines avant cette date symbolique de l’histoire de la musique club, Steve Dahl, DJ d’une radio rock de Chicago, avait été licencié après que ses employeurs avaient opté pour un format 100% disco.
Rapidement embauché par une radio concurrente pour animer le « morning », Steve Dahl multiplia les coups d’éclats anti-disco, dépassant l’indécence en brisant en direct un exemplaire de « The Hustle » le jour de la mort de son créateur Van McCoy.
Engagé dans une véritable croisade, il décida de « marquer le coup » de manière spectaculaire en relayant abondamment un gigantesque autodafé de disques « disco » organisé au Comiskey Park, temple du base-ball, par le fils du propriétaire de l’équipe locale, les « White Sox », alors « à la ramasse » en championnat et en panne de public.
L’événement nommé « Disco Demolition Derby » proposait à tout spectateur muni d’un vinyle disco à détruire de payer sa place à un prix dérisoire.

Dépassant toutes les prévisions de fréquentation, le match occasionna des débordements graves (feux d’artifices en tribunes, envahissement du terrain et destruction des installations), la foule sous l’emprise de l’alcool et galvanisée par le challenge se comportant telle une meute enragée.
Quant aux disques, s’ils n’avaient pas auparavant été lancés des tribunes comme des frisbees sur les joueurs de l’équipe adverse, ils finirent en miettes dans une gigantesque boîte que Steve Dahl se fit un plaisir de faire exploser au milieu du terrain à la fin du premier match.
Seule l’intervention de la police put mettre fin à l’émeute.

C’est dire l’exaspération qui caractérisa l’Amérique reaganienne pour laquelle le disco, musique gay et pervertie, devait être exterminée pour redonner à la nation la virilité dont le base-ball et le rock étaient en quelque sorte deux des symboles.

Dès la toute fin de l’année 79, les grandes formations ou artistes funk/jazz-funk des années 70 comme Kool & The Gang ou The Whispers reprennent rapidement possession du terrain laissé vacant et, se rendant plus accessibles au grand public, participeront à la naissance de ce que l’on appellera la « funky music », bientôt rejoints par d’innombrables nouveaux groupes (The Strikers, Dynasty, Skyy, The Reddings, Midnight Star…) ainsi que d'opportunistes et talentueux producteurs italiens (Change, Firefly, Advance, B, B & Q Band, Jimmy Ross…).
La multiplication des tubes est perçue comme une aubaine par les radios libres qui fleurissent en France en 1981 après la libération des ondes par Mitterrand.
Mais dès 1980, Radio 7, radio d’état, avait ouvert la voie avec l’émission culte « Destination Planète 7 ».
C’est donc sans restriction que nos jeunes radios FM comme NRJ programment des disques « import », offrant ainsi à la funky music la plus belle tribune qu’elle ait pu imaginer.
Et les clubs de voir déferler à nouveau une clientèle assoiffée de ces mélodies imparables, de riffs de guitare wah-wah et de lignes de basse échevelées.

Mais quelque chose à changé. Un élément nouveau est venu se mêler à la fête : la boîte à rythmes.
Dans un premier temps, l’oreille du DJ reste perplexe devant cette cadence métronomique qui détonne avec le swing du disco et du funk des années 70.
Utilisé à outrance sur certains disques, les puristes comme moi seront tentés de passer à autre chose.
Effectivement, à trop recourir aux synthés et à ces beatboxes, la funky music y perdra son âme et disparaîtra peu à peu au profit de l’électro (Afrika Bambaataa, Shannon et tous les artistes de break dance) et de la house music, styles qui, sous la férule de la technologie, sauront adapter leurs arrangements pour réinventer le groove dans un style hypnotique et punchy, à grands coups de bassdrums, de claps et de lourdes caisses claires.
Rangé des voitures après la mort du Patch et l'arrêt de mon activité de DJ à l'été 1985, c'est grâce au Skydance de RLP que je retrouverai goût à cette musique club en 1988.

Les beatboxes emblématiques des années 80 se nomment LINN drum et Oberheim DMX.
Vous entendrez les sonorités chaleureuses et puissantes de ces machines dans quasiment tous les titres de cette playliste.

D’excellentes démos sont audibles par ces liens dans des vidéos où les programmeurs vous feront découvrir de célèbres patterns tels ceux de « Beat the street » de Sharon Redd, « 1999 » de Prince, « The finest » de SOS Band ou « Walking on sunshine » de Rockers Revenge.
  • Linn Drum :
  • Oberheim DMX :
  • sans oublier la SIMMONS Clap Trap :


1980 : DEODATO "Night cruiser"
Eumir Deodato, producteur et claviériste spécialiste du jazz-funk commercial, n’est autre que le producteur qui a sorti Kool & The Gang de l’anonymat avec « Ladies night » l’année précédente. Suivront trois autres albums culte :
  • « Celebrate »
  • « Something special »
  • « As one »
Les spécialistes du jeu Grand Theft Auto dont je fais partie se souviendront de son titre « Super Strut » entendu dans Vice City sur Radio Espantoso et samplé par les Masters at Work pour le remix de « Erotica » de Madonna.
Les puristes de l'easy-listening se souviendront eux de « Latin flute » dont les éblouissants solos de Rhodes et de guitare électrique n'ont pas échappé à l'inspiration de Steely Dan pour « Do it again ».

1981 : DONALD BYRD AND 125TH STREET, N.Y.C. "Love has come around"
Doté d'orchestrations flamboyantes, c'est l’un des grands classiques du Palace. Imaginez ce titre joué à fond dans l'immense théâtre, subjuguant la foule en faisant sourdre la magie.

Donald Byrd est un trompettiste jazz dont la carrière à démarré en 1958 ! A son actif, des classiques comme « Black Byrd » ou « Think Twice »
Sur cet album intitulé « Love Byrd » et produit par le démiurge Isaac Hayes, figure également le merveilleux slow « I feel like lovin’ you today », incontournable de ma programmation au Patch Club.

1982 : GAYLE ADAMS "love fever" (Shep Pettibones's Mastermix)
Encore un extrait des fameuses compilations Kiss FM et encore un remix d’anthologie.

1983 : GEORGE DUKE "Reach out"
Un claviériste jazz reconverti avec succès dans le disco (« I want you for myself », « A brazilian love affair ») puis le funky avec ce « Reach out » et aussi « Shine on ».

1984 : SCRITTI POLITTI "Absolute" (Version et 12inch mix)
Un imparable tube de synth-pop anglaise produit par Green Gartside et sa bande.
Scritti Politti est l’une des oriflammes du puissant synthétiseur-échantillonneur Fairlight qu’utilisera aussi Jean-Michel Jarre.
Green a realisé un merveilleux remix de « Love of a lifetime » de Chaka Khan (déjà diffusé dans mes podcasts).

1985 : ARETHA FRANKLIN "Who's zoomin' who" (Dance Mix)
Découvert sur la piste du Palace un dimanche soir, ce maxi pêchu et dédié à la toute puissance des boîtes à rythmes est produit par Narada Michael Walden.

1985 : 6TH BOROUGH PROJECT "Stratus quo"
Le bootleg date du printemps 2010 mais reprend un sample de « Status Quo » de Donald Bank (1985).

1985 : NICOLE "Don't you want my love"
Un funk survolté et irrésistible.
La lionne Nicole McCloud fera à nouveau parler d’elle avec « Rock the house » et le remix de Steve Silk Hurley en 1989.

1986 : DELEGATION "Put a little love on me"
Un remix non identifié du fameux groupe de Birmingham. L’original figure sur l’album panthéonisé « Eau de vie » sorti en 1979 et gorgé de tubes (« Darlin’ », « You and i », « Stand up » et « Heartache #9 »).
Suivront d’autres tubes mineurs comme « In the night » et « It’s your turn ».

1986 : JANET JACKSON "The pleasure principle"
Les balbutiements de la house commerciale se font entendre et le règne de la beatbox ne fait que commencer.
Un festival de samples et de breaks signé Shep Pettibone, of course !

1987 : ALEXANDER O'NEAL "Criticize" (Remix)
Entrée de plain-pied dans une house mainstream.
Une production Jimmy Jam & Terry Lewis.

1987 : HERB ALPERT "Keep your eye on me"
Une trompette qui a fait trembler les châteaux JBL du Palace et encore une fois Jam & Lewis à la baguette.
Jazzman réputé, Herb Alpert a commis le très lounge et hypnotique « Rotation » et « Rise » qui atteint la 1ère place du Billboard en 1979.

1988 : JOHNNY KEMP "Just got paid"
Un swing beat aux limites de la house puisque produit par Teddy Riley. Bien entendu, ce fut un incontournable du Skyrock Skydance.

1989 : BABYFACE "It's no crime"
Excellent crooner, Babyface sera surtout impliqué dans la composition et la production d’autres artistes dans le style « mainstream » cher à la West Coast.
Avec son acolyte L.A. Reid, on le retrouve sur « Rock Steady » des WHISPERS (le dernier bon titre du groupe), « Don’t be cruel » de BOBBY BROWN.
Il produira des ballades pour des divas comme Whitney Houston (« I’m your baby tonight », « Queen of the night »), Toni Braxton (« Breathe again »), et Mariah Carey ( « When you believe » en duo avec W. Houston) ainsi que pour les BOYS II MEN (« I’ll make love to you »). Inévitablement, Madonna a fait appel à ses services sur l’excellent « Take a bow ».

vendredi 23 janvier 2009

N°2 : Tribute to SkyDance (RLP, 90's house tracks)

Set non disponible







Ce 2ème set est en grande partie consacré à l’émission SkyDance animée par RLP à la fin des années 80 sur Skyrock.

Bien que j’ai un différend sérieux à régler avec le personnage, une dispute qui date de l’époque où il dirigeait le label More Vynil au sein d’Universal, j’en fais ici abstraction pour rendre hommage à cette émission qui est à l’origine de ma carrière radiophonique sur Skyrock, une belle aventure de 7 années.

1988
. Alors que je crois la musique funk définitivement avilie par les boîtes à rythme surgit le mouvement «house». Je suis averti de l’existence de l’émission de RLP par un ami qui, lui, n’a pas décroché du «clubbing». Il me vante la qualité de la programmation et des mixes...ce qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.
Je deviens alors un véritable «accro» au point de décliner toute invitation le samedi soir afin de profiter pleinement du show et du fantastique traitement de son qui l’accompagne.
Il semblerait d’ailleurs que la machine responsable de cette compression «mythique» soit le BSS DPR402.

Début 1991, fort de quelques succès en tant que remixeur (concours DMC, Abyale, MC Solaar), je décide de postuler chez Skyrock pour proposer ma collaboration comme producteur-mixeur à cette émission.
Le destin voulut que Jean Isnard, directeur d’antenne de l’époque, me donne ma chance et me propose carrément de la réaliser et de reprendre le flambeau des megamixes ! une aubaine qui n’arrive qu’une fois dans une vie.

C’est pourquoi, dès ce 2ème numéro, je souhaitais partager quelques titres emblématiques de l’émission avec vous.

1/ L.A. MIX «Love together» : Le remix 1990 d’une production de Les Adams alias L.A. Mix qui a malheureusement disparu du circuit après avoir livré des chefs d’œuvre comme «We shouldn’t hold hands in the dark» ou «Mysteries of Love».

2/ la symbiose entre un DJ (Clivillés) et un musicien (Cole), cela donne un duo talentueux qui faisait ici une entrée fracassante parmi le Gotha du remix sur le «Pink Cadillac» de NATALIE COLE.

3/ On retrouve les deux compères sur «Give you all my love» de STACEY Q, une chanteuse, clone de Madonna, dont le seul hit majeur fut le déplorable «Two of hearts». «Give you all my love» aurait sans doute sombré dans l’oubli sans l’intervention des C & C qui décapent le titre du sol au plafond avec ce dub house ravageur : ligne de basse et rythmique monstrueuses et samples vocaux à profusion.

4/ THE FUNKY WORM «Hustle to the music» : ce disque emblématique du Skydance me fut volé lors d’une soirée périlleuse en plein cœur de la zone industrielle de Chennevières sur Marne où les bandes des barres HLM du coin s’étaient invitées, semant la terreur dans la salle. Il est signé Mark Brydon qui produira plus tard «Love come down» de Eve Gallagher et «Who’s gonna love you?» de JagDeep Singh, deux cool tempos indispensables.

5/ THE SOURCE «Rock the House» : le groupe auteur du célèbre «You got the love» est ici remixé par l’un de mes chouchous, Steve Silk Hurley.

6/ TONY TERRY «Young love» : un titre à l’accapella maintes fois utilisé «i’m just rockin’ to the rhythm of the groovy beat in attempt to raise your body heat». Ce mix comporte de nombreux edits qui le rendent hypnotique par instants ; il est l’œuvre d’Omar Santana, à juste titre surnommé «The Editing King», dans la lignée des Chep Nunez et autres Nagradance que les auditeurs de Skyrock ont connu.

7/ TONY TERRY «Forget the girl» : un remix de Steve Peck, un ingénieur du son-remixeur au palmarès plutôt pop (Madonna, Duran Duran, Thomson Twins, Level 42, George Michael…).
Le titre s'inspire quelque peu et sample "Woman" de BARRABAS (à 49" du début), un classique du Loft de David Mancuso.

8/ BARDEUX «I love to bass» : Ce duo maintes fois remanié atteignit la place N°3 du Hot Dance Music/ Club Play Chart en 1989 avec ce single dont je vous présenterai le fabuleux remix de David Morales dans quelques temps.

9/ Mr LEE «Get Busy» : Le DJ rappeur de Chicago est un pionnier de la hip-house, ce style qui fit la jonction entre hip-hop et house afin de permettre aux morceaux de s’intégrer dans les sets des DJ’s au métronome du 120 BPM.

10/ SIMON HARRIS «I’ve got your pleasure control». Simon Harris a fait le bonheur des DJ’s avec sa collection «Beats, Breaks & Scratches». Ce titre de 1988, récurrent dans les playlistes de RLP, marque les débuts de la chanteuse LONNIE GORDON qui explosera l’année suivante avec «Happening all over again» puis «Gonna catch you».

11/ PETRA & CO «Just let go» : une production belge signée Phil Wilde, l’homme qui allait bientôt former ce duo mémorable avec Jean-Paul De Coster et commettre les tubes du groupe 2 UNLIMITED.

12/ SOUL REBELLION «Simple rhythm» : une production Arthur Baker, omniprésent au début des années 90. A noter dans l'intro, un sample de Let's go to the disco par UNDISPUTED TRUTH.

13/ SEDUCTION «Two to make it right» : Un nouveau mix signé Clivillés & Cole, l’un des nombreux disques achetés lors d’un séjour assez mémorable à Miami en 1990. Je résidais alors sur une île privée qui abritait 3 énormes résidences (Michel Sardou y avait un appartement) et une marina. Luxe ultime, chaque jour, un voiturier était chargé d’aller chercher ou de garer mon véhicule, une Buick qui m’avait fait découvrir les joies de la conduite automatique.
Miami, sa plage protégée par les filets anti-requins, ses hôtels «rococo», le port de plaisance qui côtoie le «downtown» mal famé, les carrefours avec 4 stops (le premier qui s’engage est le plus audacieux), le petit quartier français et l’inoubliable traversée de nuit des rues chaudes où l’on sait que le danger guette à chaque instant.

14/ ALISHA «Bounce back» : un titre découvert sur Maxximum. Le sample d’Inner City hante toujours les arrangements comme sur des milliers d’autres titres de l’époque. Vu l’avez entendu 532 fois depuis le début de ce set !!!

15/ WEE PAPA GIRL RAPPERS «Get in the groove» : Ce duo féminin anglais est remixé façon hip-house par Mr Lee dont je vous parlais avant. RLP s’était emparé d’un autre titre cette fois totalement hip-hop, la reprise d’un tube de George Michael, «Faith».

16/ CLIO & KAY «Street groove» : De la Dance très efficace en provenance d'Italie et produite par Roberto Ferrante qui, bien avant Double You, avait déjà sorti un cover du «We all need love» de TROIANO.

17/ «Spread love» : Une reprise d’un titre anecdotique de FATBACK BAND par les producteurs danois CUT’N MOVE. A noter un sample de cuivres largement pillé à l’époque, l’intro de «You can't hide» par TEDDY PENDERGRASS.