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vendredi 16 octobre 2009

N° 40 : Patch Club Classics (Bobby Thurston, Maxine Singleton, War, T-Connection...)

Set non disponible



Coïncidence, l'un des employés du Patch, aujourd'hui exilé en Alsace, vient de m'écrire, ayant trouvé mon blog lors d'une recherche sur ce club légendaire dans Google.
Curieusement, il ne m'avait pas identifié alors que nous nous connaissions très bien et allions ensemble le dimanche soir dans ces fameuses soirées du Palace qui ont forgé une grande partie de ma culture musicale.
Au passage, merci encore à ce DJ blond et inconnu qui mixait comme un dieu des titres insignes, du haut du balcon gauche de la scène. Sans lui, je crois que mes fins de semaines auraient été moins flamboyantes.

1/ WAR "Galaxy" (Original 12") : pour démarrer ce set, une version disco assez rare de "Galaxy", titre mythique et populaire de 1978. Et pourtant, son ambiance plutôt jazz l'aurait plutôt destiné à un public de connaisseurs. Mais la clientèle du Patch Club, habillée sur son 31, les oreilles éduquées par les "messagers du groove" qu'étaient les propriétaires, se jetait sur la piste dès les premières notes de l'intro.

Imaginez un tel disque produit en 2009 ; il n'aurait même pas les honneurs des charts, restant l'apanage de DJ's audacieux et éclectiques sévissant dans quelques bars musicaux très pointus.

2/ BOBBY THURSTON "You've got what it takes" : le switch parfait entre disco et funky music. Un album éponyme à la gravure et au mixage exemplaires. Maintes fois joué au Patch Club, il faut aussi un hymne du Palace. Le solo de guitare de l'ad lib est un des plus grands moments de la musique club. Il est signé Rodney Brown, mixeur du titre et producteur d'autres perles comme :
  • Can you handle it (Sharon Redd)
  • Love fever (Gayle Adams)
  • Check out the groove (Bobby Thurston)
Le jour où un producteur s'avise de sortir un single de ce calibre, qu'on me prévienne immédiatement.

3/ D TRAIN "You're the one for me" : un "Mastermix" de Shep Pettibone, producteur déjà longuement évoqué dans ce blog.

4/ MAXINE SINGLETON "You can't run from love" : deux tubes et puis s'en va. Ce maxi purement funky de 1982 est emblématique du son "Patch Club". Il est produit par Curtis Hudson, un producteur dont je vous reparlerai bientôt avec "Body Work" de HOT STREAK, autre titre historique.

5/ T-CONNECTION "Girl watching" : la particularité du Patch Club était d'acheter les albums des artistes plutôt que les maxis et de décortiquer chaque titre pour fabriquer les tubes "maison". Jamais sorti en single et figurant sur l'album "Pure & Natural" de 1982, "Girl watching" est de ceux-là avec ce swing imparable qui caractérise les productions de T-Connection ("Do what you wanna do", "At midnight").

De nos jours, les versions des albums (quand ceux-ci existent) sont produites en format court, l'armada de remixes des tubes potentiels qu'ils renferment précédant généralement leur sortie.

6/ ANTIGUA MANAGUE "Do that funky groove" : on ne quitte pas tout à fait les années 80 avec ce "double A-Side maxi" de 1995 produit par Don Carlos ("Love and devotion"). Le sample est pris sur "Check out the groove" de Bobby Thurston qui figure dans le même album que "You've got what it takes".

7/ JOEY NEGRO "What a life" : L'anglais est décidement inévitable dans mes sets. Voici sa relecture d'un vieux tube français signé des GIBSONS BROTHERS. Leur plus gros succès, "Cuba" (1980) obtint 14 disques d'or et fut N°1 dans 16 pays, se classant à une honorable 9ème place dans le Billboard américain. On notera également "Que sera mi vida" (5 millions d'exemplaires vendus) et "Better do it salsa" mais on oubliera leur travail sur "T'as le look Coco" de Laroche Valmont !

8/ NUYORICAN SOUL "Runaway" : un remix de Mousse T d'un titre figurant sur l'indispensable album des Masters at Work, "Nuyorican Soul" (1997), constellé d'hommages à tous ceux qui ont bâti leur culture (Roy Ayers, Tito Puente, Vincent Montana Jr., George Benson, Rotary Connection...). "Runaway", chanté ici par India est une reprise sur THE SALSOUL ORCHESTRA dont la chanteuse était Loleatta Holloway.

9/ BETTY FORD PROJECT "Wanna touch me" : une production des Rhythm Masters qui emprunte la ligne de basse de "Running away" de Roy Ayers, hit de 1978 dont Seamus Haji a d'ailleurs réalisé une excellente version pour BELEZAMUSICA en 2004.

10/ MOUSSE T vs HOT 'N' JUICY "Horny" : Boris Dlugosch rend la pareille à son pote Mousse T pour ce remix classe et jazzy de l'un des tubes planétaires de l'année 1997.

11/ THE NIGHTCRAWLERS "Push the feeling on" : le mix original avait conquis le monde, la version de MK pare l'arrangement d'un refrain choral qui hausse le niveau. Peu satisfait par l'arrangement original, je réédite légèrement le titre à ma sauce, la partie aux accords "garage"arrivant beaucoup plus tôt.

12/ DEE "Feeling hm-pa-paa-paaa" : le duo B. Dlugosch-Mousse T nous livre un dub underground "à la Masters at Work" avec des accords de piano Rhodes entêtants et une charleston, véritable salisson qui ordonne la mesure.

vendredi 16 janvier 2009

N°1 : The Rebirth Megamix

Set non disponible







Tel Hibernatus extrait des glaces, imaginez-moi en une sorte de DJ congelé, un DJ qui aurait subi un arrêt-buffet en 1997 et qu’on aurait immédiatement placé au caisson.
Quelle drôle de coïncidence de réaliser qu’Hibernatus a été découvert en 1991, l’année où, justement, je prenais mes galons de DJ radiophonique sur Skyrock.

Par le plus grand des hasards, cette semaine de dégel en France est celle que j’avais programmée de longue date pour ouvrir le couvercle et revenir aux platines.

Finalement, le mix c’est comme la guitare, on peut arrêter pendant 10 ans et reprendre comme si de rien n'était car les connexions neuronales ont fait un save-to-disk.

J’ai donc appelé ce premier set le «Rebirth Megamix». Alors qu’il ne devait être qu’un simple «one shot» pour une webradio, il devient le premier épisode d’une saga de 52 sets inédits. Je remercie au passage MIKA, taulier du forum http://sky90.forumpro.fr pour m'avoir redonné l'envie de mixer alors que j'avais fait table rase du passé.

Chaque vendredi, je vous proposerai ma vision de la musique «club», une programmation qui donnera une très, très, très large place aux divas et autres remixeurs de génie, ceux qui sont la clé de voûte de ma culture.

1/ Un set qui démarre en mash-up avec l’accapella de «The Pressure» par SOUNDS OF BLACKNESS mixé avec le tube de FREEMASONS, «Love on your mind».
Voilà un bel exemple de ce que j’appelle le talent. A la base, un titre anecdotique de JACKIE MOORE datant de 1979, «This Time Baby». Le sample est judicieux mais la bonne idée qui donne tout son charisme au titre est le rajout d’une partie vocale masculine, mélodie d’ailleurs pompée sur le «When the heartache is over » de TINA TURNER.
Peu importe le grain pourvu qu’on ait l’ivresse.

2/ THE ORIGINAL «I love u baby» : un titre sympathique produit à la base par Eddy Beatboxking, le producteur de Rozlyne Clarke et d’Indra (quelle surprise de voir qu’il est désormais chef d’orchestre !), remixé par Dancing Divaz à grands coups de riffs de violons.

3/ ROD STEWART «Da ya think i’m sexy?» : Rod Stewart fait partie de ces essayistes disco rusés qui ont réussi un retour gagnant à la fin des années 70. En pompant le gimmick vocal de «País Tropical» de JORGE BEN et en le transformant en refrain, il réalise le tube imparable. Il est remixé ici par le vétéran Ralphie Rosario.

4/ HUSTLERS CONVENTION «Hustlers dance» : avant de devenir FULL INTENTION, ces producteurs anglais discoïsants s’étaient fait la main sur de petites productions expérimentales à base de samples légendaires, ici le «Dance, Dance, Dance» de CHIC et la base musicale de «Tonight i’m alright» de NARADA MICHAEL WALDEN.

5/ EARTH PEOPLE et «Dance» est une autre bidouille du sample de CHIC réalisé par Pal Joey.

6/ RUPAUL «House of love» : du haut de ses talons compensés, le travesti RUPAUL peut se vanter d’avoir bénéficié de remixes troussés par des pointures (Eric Kupper, Murk) dont le duo anglais T-EMPO emblématique du style «handbag house».

7/ BARRY MANILOW «Copacabana» : ce kitchissime tube de 1978 pourrait être la bande-son idéale de «La Croisière s’amuse» mais l’excursion dans laquelle nous embarque Pete Lorimer transfigure totalement le titre. Je profite d’une escale pour glisser quelques samples du «The Player» de FIRST CHOICE dans le break !

8/ DEE «Feeling hm-pa-paa-paaa» : une artiste remixée par Boris Dlugosh, à l’époque étoile montante de la «funky touch». Sa carrière en «one shot» fut conclue par le bien nommé single «Hello and Goodbye» deux ans plus tard.

9/ THE BOSS «Congo» : comment imaginer que je revienne aux platines sans inclure un titre de mon maître à mixer, David Morales. C’est lui qui m’a donné l’envie de devenir producteur et je l’ai reçu dans mon émission en juillet 1993. «Congo» est une pièce essentielle de l’œuvre du Boss, sorte de titre-défouloir où David donne l’impression de se lâcher complètement. «Congo» est construit à partir d’une rythmique batucada (sans doute celle du «Give it up» des GOOD MEN) pimentée par plusieurs samples vocaux : «House Of Love (In My House)» de SMOOTH TOUCH , le cri de LOLEATTA HOLLOWAY piqué sur «Crash goes love» et le «Baaah !» de GEORGE KRANZ (Din daa daa). A noter un solo d’orgue à faire pâlir de jalousie Charly Oleg !

10/ Dans la même veine, le très dark «Been a long time» de THE FOG est transformé en hymne festif par des producteurs italiens qui, quelques années plus tard, nous gratifieront du jouissif «Laguna» de DJ SPILLER.

11/ 2 IN A ROOM «El trago (the drink)» : ces vieux briscards s’étaient fait connaître à la fin des années 80 avec «Do what you want» et «Take me away» puis avec «Wiggle it».

12/ EVE GALLAGHER «You can have it all» : Le label français AIRPLAY m’avait totalement surpris à l’époque en signant cette production anglaise qui se démarquait totalement des «italieneries» qui étaient sa marque de fabrique. Le remix de RAMP est sobre et efficace, encore présentable aujourd'hui dans un set électro.

13/ SMOKIN BEATS «Dr Love» : énième mais brillante utilisation du sample des FIRST CHOICE décidément bien déplumées par les producteurs.

14/ GLORIA GAYNOR «Mighty high» : retour en force de la diva préférée du vestiaire des héros de la Coupe du Monde 98 avec un remix signé Bruno Guerrini dont j’avais particulièrement apprécié le travail dans les «KM 1972» mixes de CAPPELLA.