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samedi 12 juillet 2014

N° 218 : Flavour of the Old School (Mary Jane Girls, Ce Ce Peniston, Nomad, D Train...)


Set non disponible

Dernier set avant les sacro-saintes vacances que je souhaite excellentes à celles et ceux qui pourront en prendre.
Je publierai un ou deux Top Dance Megamixes inédits d'ici fin septembre.

Ce set au doux parfum du passé démarre avec les MARY JANE GIRLS et "In My House". C'est un peu comme si les Supremes avaient survécu aux années 80 et s'étaient reconverties dans une funk-house cadencée par les boites à rythmes.
Produit par feu Rick James, ce clin d'oeil à la Motown est d'autant plus évident que ce single était sorti en 1985 sur le label Gordy (Berry Gordy étant le fondateur du célèbre label de Detroit).
Les Mary Jane Girls sont toutefois bien plus connues pour leur hit "All Night Long" (1983).

"Stop & Go" de DAVID GRANT aurait certainement échappé à mon attention si je ne l'avais pas vu à l'émission Top Of The Pops lorsque j'étais étudiant à l'Université de Londres en 1983. C'est une copie relativement bonne du style du grand Michael Jackson qui triomphait à l'époque avec l'album Thriller.
L'acmé de sa carrière fut toutefois sa remarquable ballade "Could it be i'm falling in love" en duo avec Jaki Graham.

Récupéré sur Soulseek, ce Shield Your Eyes SFO to ORD Edit de "You're The One For Me" de D-TRAIN reste une énigme, mais se révèle toujours plus facile à mixer que l'original assez instable.
Il est disponible sur Soundcloud.

MATT BIANCO "Wam-Bam Boogie". J"avais découvert cet artiste dans un style "vintage jazz" (un genre musical très couru au début des années 80 au Royaume-Uni) avec notamment le single "Whose Side Are You on?" (et la chanteuse Basia) et l'album éponyme est d'ailleurs un must have pour toute discothèque qui se respecte.

Cette version Soul de "(I wanna give you) Devotion" de NOMAD a souvent été programmée dans mes Top Dance Megamixes.
Non créditée (volonté ou non de l'interprète ?), c'est Sharon Dee Clarke ("Something Special") qui est au lead vocal.

Petite revue d'effectifs de la Dream Team de ID Productions avec "Dunno what it is"  des BEATMASTERS (E Smoove's Groovy Mix), "Keep On Walkin'" de CE CE PENISTON (Silky Soul 12inch) et "Boy You Knock Me Out" de TATYANA ALI (Maurice's Xclusive Club Mix).
Concernant ce dernier titre, empruntant l'intro magique au piano Rhodes de "Summer Madness" de Kool & The Gang, la version originale produite par Will Smith est une éminence du style R'n'B.

N'oublions pas ROBIN S et "Luv 4 Luv" dans un Old School Mix de circonstance (par Stonebridge) et WHITNEY HOUSTON "Queen Of The Night" dans une majestueuse version garage livrée par CJ Mackintosh.

Le set prend un tournant plus contemporain sur la fin avec deux missiles house très récents : CHAD TYSON "Heard It Like This" (2014 - Original Mix) et LISA SHAW "Heartbeat" (2013 - Migs Deep Salted Dub).

vendredi 24 décembre 2010

N° 91 : Ultimate House Anthems (Hurley's classics, Xpansions, Underground Resistance...)

Set non disponible

Ainsi s'achève une décennie qui n'aura pas été frappée du sceau de la splendeur.

Abstraction faite de tous les drames qui l'ont marquée, son bilan musical n'est guère reluisant.

Sur le déclin car méprisée par les médias, la musique club et notamment la house music, sa cheville ouvrière, se sont vues regroupées sous l'appellation générique de "musiques électroniques" afin de tenir dans un seul rayon dans les grands magasins culturels, véritable fourre-tout qui déroute encore un peu plus les consommateurs.
Dieu sait pourtant que les sous-genres se sont multipliés et qu'il aurait été du devoir des disquaires de bien différencier les divers courants.

Concernant l'esprit originel de la house, c'est le Fort Chabrol d'une poignée de producteurs.
Heureusement, quelques "grands" portent encore l'étendard et leurs disciples émergent peu à peu.

En effet, ce sont les DJ's, souvent starisés, qui ont totalement éclipsé les artistes (accessoirement DJ's) dotés d'une réelle sensibilité musicale en inondant le marché de titres aux mélodies souvent simplistes et aux arrangements d'une pauvreté indicible.
Le but avoué par beaucoup est aujourd'hui de réaliser un tube et de profiter de cette notoriété pour tourner en club, vivant sur ce maigre acquis.

Les DJ's américains historiques comme Frankie Knuckles ou David Morales ont d'abord été des résidents reconnus dans leur fiefs avant de se voir proposer des tournées à travers le monde. C'est au mérite qu'ils ont acquis ce privilège.

D'autre part, alors que nous croulions sous les tubes dans les années 1988-1998, on traque aujourd'hui désespérément le titre qui vous embarquera à la première écoute.
Ce sont des dizaines d'heures d'écoute sur Traxsource, Decks ou bien sur les sites de podcasts que je dois réaliser chaque semaine pour découvrir quelques joyaux.

Ainsi, depuis le début de ce siècle, j'ai dû diversifier mes goûts, me tournant vers la variété française, la lounge, la pop-folk, la nu soul et le nu jazz afin de palier les insuffisances de cette musique fondatrice de ma culture.

Bien plus qu'une inspiration valétudinaire, je pense que l'interdiction des samples ou les épuisantes formalités juridiques afin d'obtenir l'autorisation de les utiliser ont grandement affecté le côté magique et spontané de la house music alors que ces mêmes samples furent à l'origine de son avènement.
Dernière preuve en date, l'ultime tube house de la décennie, le totalement fédérateur "Barbra Streisand" de DUCK SAUCE, est basé sur un sample de Boney M ("Gotta go home").


La house de qualité (souvent appelée "soulful house") existe pourtant bien, tout comme la progressive house, nouvelle appellation de la dance music, mais tels des orpailleurs, il faudra creuser pour dénicher ces pépites car les médias ne vous les livreront pas sur un plateau, le rock, le R'n'B et le rap français de bas étage ainsi que les "nanars" des années 80 encombrant les ondes et les chaînes de télé depuis bien longtemps.

Je crois que la house fut et restera une musique de marginaux, de doux rêveurs et d'alchimistes sans réel message et que c'est cela qui dérange. Les bidouilleurs de Detroit n'ont jamais convaincu l'Amérique.
Un mouvement culturel qui n'est dépositaire d'aucune cause, d'aucun combat, n'a pas voix au chapitre en France, pays des Droits de l'Homme qui se vante constamment d'avoir fait sa Révolution.

Nous prenons donc acte de ce choix arbitraire et retournons dans nos athanors respectifs pour échanger et transmettre nos émotions entre membres de la coterie.

Après tout, la marginalité est peut-être le gardien de l'authenticité.
Le disco est mort de sa démocratisation à outrance. Alors vivons heureux, vivons dans l'ombre.


Voici un set qui donne la part du roi à la house de Chicago, le mouvement musical qui donna l'impulsion avant que la techno existe.

1/ CE CE PENISTON "We got a love thang" (Silky House Thang) : assurément dans le Top 5 des remixes de Steve "Silk" Hurley !
Découverte alors qu'elle assurait des chœurs pour l'artiste Overweight Pooch ("I like it") et signée illico sur A&M Records, la Miss Black Arizona a pu s'offrir les services des maestros house comme Masters At Work et David Morales.
"We got a love thang" atteignit le 1ère place du US Dance Chart en février 1992.
On retrouve dans les chœurs Kim Sims, artiste produite par Steve Hurley.

2/ WAS (NOT WAS) feat. Kim Basinger "Shake your head" : tube emblématique de la Skyrock Max Party, le titre ne brilla pourtant pas en club malgré son refrain "happy" et l'excellent remix d'un Steve Silk Hurley décidément peu à l'honneur dans ce pays.
A noter en face B du maxi, un fantastique mix de "Listen like thieves" (reprise de INXS) par Danny Tenaglia.

3/ JAMIE PRINCIPLE "You're all i've waited for" : c'est en 1985 que Jamie Principle alias Byron Walton participe à la naissance de la house music avec le très "Bowie-style" "Your love", un titre supporté par son ami Frankie Knuckles, DJ du club Warehouse de Chicago, qui le mixait en superposant le fameux discours de Martin Luther King, "I have a dream".
En 1990, THE SOURCE reprendra d'ailleurs le gimmick de synthé pour un bootleg de "You got the love" de CANDI STATON.

"Baby wants to ride" fut un autre succès dans le registre acid-house.

Au début des années 90, sa collaboration avec Steve Hurley sera fructifiée par "Hot Body" (déjà présenté) et ce "You're all i waited for".

4/ JAMIE LORING "Love or infatuation" : dans le cadre de leur collaboration, Hurley et Principle produiront cette artiste dont ce single fut le seul titre remarquable, remixé ici par E-Smoove.

5/ MONIE LOVE "Born 2 B.R.E.E.D." : J'avais découvert Monie Love dans le Skydance avec "I can do this" (1988) puis le monumental "Grandpa's Party" (1989).
Son tube mainstream reste "It's a shame" (reprise des Detroit Spinners) en 1990, largement joué sur Skyrock.
"Born 2 B.R.E.E.D." est produit par Prince et excelle dans toutes ses versions, notamment le Born To Funk 12" Mix.

6/ HAPPY MONDAYS "Stinkin thinkin" : entendu dans le set de Maurice Joshua sur Skyrock !
Originaire de Manchester, le groupe Happy Mondays délivra une pop déjantée qui cristallisait des influences aussi diverses que la house ou le rock psychédélique des années 60.
Ce remix est réalisé par Farley & Heller à qui l'on doit le mémorable "Ultra Flava".

7/ THE S.O.U.L. S.Y.S.T.EM. "It's gonna be a lovely day" : cette reprise du tube de BILL WITHERS "Lovely day" (1977) est malmené de manière frénétique dans ce remix cultissime de Clivillés & Cole.
Tous les ingrédients d'une house rageuse sont réunis pour le bonheur des pieds et des oreilles dans ce Palladium House Mix I. Le double pack est de toute façon d'une urgence absolue.
La chanteuse est Michelle Visage, ex-membre du trio SEDUCTION qu'avait produit Clivillés et Cole à la fin des années 80.
On peut également l'entendre dans un style plus soft dans "Crash" de TKA (déjà présenté sur ce blog).

8/ LISA LISA & CULT JAM "Let the beat hit 'em" : en 1991, alors réalisateur de l'émission Top Dance, j'avais proposé à RLP de présenter ce maxi en nouveauté import.
Je lui proposais d'ailleurs chaque semaine une sélection de maxis que je me procurais au magasin Champs-Disques à Paris.
Il avait opté pour la version hip-hop (Brand New Super Pumped Up C&C Vocal Club Mix) qui le dispute en qualité à ces remixes house dont le gimmick vocal suit les pas du "Gypsy Woman" de Crystal Waters.
C'est l'un des nombreux disques imports que Skyrock a été la première radio nationale à présenter en access prime-time, contribuant largement à la popularisation de la house en France.
Merci à Tonton Pierre (Bellanger) pour la précieuse liberté qu'il a accordée à ses animateurs du week-end.

9/ SUZANNE VEGA "Blood makes noise" : un maxi plutôt rare et une version house "supervisée" par Clivillés & Cole. Je suppose que, débordés, ils ont laissé le soin à l'un de leurs ingénieurs du son d'honorer la commande du label A&M car une artiste du calibre de Suzanne Vega, ça ne se refuse pas.
Un son brut et sec, des arrangements simples et efficaces, des samples de cuivres piqués sur "Strike it up" de BLACKBOX ... de la pure house underground.

10/ UNDERGROUND RESISTANCE "Living for the night" : Mad Mike Banks et sa bande délivre un brûlot rave underground avec DAVINA ("Don't you want it") aux vocaux.

11/ XPANSIONS "Move your body" : escale chez les Grands-Bretons avec l'un des hymnes des rave parties.
Il fut brièvement classé dans le Skyrock Top Dance sans pourtant convaincre les clubbers.
Le sample de voix répété en boucle ensorcelle pourtant le corps et l'esprit.
Ce Club Mix est le chef d'œuvre du producteur Richie Malone dont c'est le seul tube notoire.

12/ THE BREAK BOYS "My house is your house" : j'avais découvert le new-yorkais Frankie Bones en 1989 par ses séries de grooves techno, les "Bonesbreaks".
Au début de la décennie 90, le Royaume-Uni et ses raves parties lui firent les yeux doux et sa popularité grandit en conséquence.

Le sample est extrait du House-A-Pella de "My house" de NELSON "FFWD" CRUZ sorti en 1989 sur Minimal Records, le label d'Arthur Baker.
C'est un production de Tommy Musto qui fut un disciple de la techno avant d'être pacifié par la grâce du New Jersey garage.

13/ CAMEO "Money" : l'un des plus anciens groupes de funk se fait furiusement technoïser par le pionnier de Detroit, Kevin Saunderson.
Ce Reese Revamp Mix porte bien son nom puisque le verbe "revamp" signifie "remodeler" ou "réamenager", ce dont l'original avait grandement besoin !
La loop provient de "N.T." de KOOL & THE GANG mais le sample de voix enragé reste inconnu, sans doute pompé sur quelque disque de heavy metal. On l'entendra à nouveau sur "Disco Flash Mix" de THE DISCO FREAKS.
Quand à l'effet delay placé sur le gimmick de synthé, il impose une syncope hallucinogène. Le gimmick fut entièrement repris sur "Velocity funk" de E-Dancer (autre pseudo de Saunderson) en 1997.

14/ UNITY "Unity" : un disque merveilleux et énigmatique, mené à un train d'enfer et qui marche sur les traces du gimmick d'orgue de "Gypsy Woman".

vendredi 19 novembre 2010

N° 87 : In a Joshua style (Ce Ce Peniston mash-up, Smooth Touch, House of Gypsies, UK Garage must-have...)

Set non disponible

Le set de Maurice Joshua réalisé en 1992 dans la Max Party fait l'objet d'un véritable culte dans la communauté house française.
Je suppose même que le master mix dépourvu des jingles et du traitement de son et que j'avais offert sur mon podcast dédié à ma période Skyrock circule désormais aux Etats-Unis.

Autant on s'était franchement ennuyé sur certains sets d'autres DJ's, autant celui-ci faisait l'unanimité.
Il faut dire que la programmation était irréprochable, virevoltante et sans temps mort.

C'est donc un hommage à cette fraîcheur insufflée ce jour-là par le génie de Chicago que j'ai voulu retranscrire à travers ce set justement nommé "In a Joshua style".
Programmation nerveuse, tubes totalement underground et surtout démarrage par un habile mash-up qu'avait sorti Joshua de sa besace.

Une harmonie et un groove à l’unisson entre le dub de "Crazy love" de Ce Ce Peniston et "Keep it comin'" de C & C Music Factory, l'un des premiers grands mash-ups que j'ai entendu dans un set de DJ.

Aujourd'hui, ce type d'exercice est devenu monnaie courante et des logiciels comme Traktor permettent de programmer et mixer 4 platines simultanément dans le tempo et donc de réaliser des mash-ups fabuleux en soirée, timestretching et effets à foison étant disponibles pour sublimer le résultat.

1/ CE CE PENISTON "Crazy Love" (Kenlou House Dub) mixed with the accapella of "Keep it comin'" by C & C MUSIC FACTORY : je pense que Maurice Joshua avait fait réaliser un test pressing de cette idée. Mais n'étant pas présent dans le studio, il se peut qu'il ait été réalisé en live.
Cela me paraît improbable car l'acappella de C & C Music Factory n'étant pas au tempo, il aurait fallu un miracle pour garder le groove au 10e de seconde près sur cette rythmique ternaire, surtout avec le pitch énorme imposé à la platine.

J'ai tenté de l'optimiser en calant les voix au plus juste, l'original n'étant pas parfait.

2/ JAMIE PRINCIPLE "Hot body" : la version de Steve "Silk" Hurley déjà présentée utilisait la base musicale de "Bad girls" de DONNA SUMMER. Cette version de Maurice Joshua - d'ailleurs jouée dans son set - est plus underground tout en gardant l'esprit happy qui le caractérise.

3/ BIZARRE INC "Love in motion" : ils étaient passés par la Max Party pour un excellent set.
Proposé en double pack, ceci est leur dernier bon maxi. Même s'il contient des versions de MK, les meilleurs mixes dont cet Underground Dub très "hurleyien" (je tente un néologisme car pour qu'un mot entre dans le langage commun, il faut bien que quelqu'un se jette à l'eau) sont signés Davide Ruberto (qui a collaboré avec Ricky Montanari, lui aussi invité dans la Max Party).

4/ CRYSTAL WATERS "Makin' happy" : j'ai martelé ce titre dans mes Skyrock Top Dance Megamixes et surtout cet Hurley's Insane Mix moins commercial que l'original.
Ce follow-up est à mon avis supérieur à "Gypsy woman (She's homeless)".

En 1994, Crystal Waters sortira deux autres singles de bonne tenue, "What i need" et "100% pure love" et s'offrira en 1996 un featuring sur les remixes de "In de ghetto" de DAVID MORALES & THE BAD YARD CLUB.
On redécouvrira avec surprise sa voix nonchalante sur "Destination unknown" d'ALEX GAUDINO en 2003.

5/ LEE MARROW "I want your love" : au début des années 90, l'italien Lee Marrow a.k.a. Francesco Bontempi est un habitué des places d'honneur du classement du Top Dance.
Il a commis "To go crazy" (1990) et surtout le remix 92 de "Don't you want me", abondamment joué dans la Max Party.
"I want your love", récurrent dans mes megamixes de l'époque, est doté d'une belle mélodie remarquablement interprétée par Charme (connue aussi sous le nom d'Ann Lee) et utilise avec bonheur la loop du mix de Steve Hurley de "Hold on" de CLUBLAND.

Lee Marrow a activement participé au succès de la chanteuse Corona en réalisant des remixes sur tous ses titres.
La brésilienne aux jambes interminables reprendra d'ailleurs l'une de ses compositions, "Try me out" en 1995.

6/ SMOOTH TOUCH "House of love" : C'est un sample hargneux de Althea McQueen qui sert de base au titre.
L'original plutôt banal était interprété de manière très soft par Cynthia Seijo.
En revanche, le mix de la face B avec sa rythmique batucada était totalement envoûtant.

Ce nouveau mix du duo Morillo/Phearce ajoute encore à la couleur hard-house et assoit définitivement ce titre au rang de "all time classic".

7/HOUSE OF GYPSIES "Samba" : félicitations à celui qui indiquera d'où provient le sample vocal. Je suppose qu'il s'agit d'un obscure titre brésilien des années 60-70 récupéré chez un disquaire d'occasions. C'est la méthode que beaucoup de producteurs utilisent pour réaliser des productions avec des samples dits "improbables".
Par exemple, "Bouge de là" de Mc Solaar avait été réalisé grâce à un vieux disque de funk de Cymande acheté par le producteur Jimmy Jay aux puces de St-Ouen.

"Samba" est en tous cas un autre "all time classic" et Maurice Joshua l'avait également joué.

8/ D.M.S. "Let me tell you somethin" : un mix rare de Todd Terry qui utilise le sample de Rhodes de "Ten Percent" de DOUBLE EXPOSURE.

9/ MAW feat. Xaviera Gold "Gonna get back to you" : entendu aussi dans quelque set de la Max Party, c'est l'une des premières apparitions de Mood II Swing au remix.

10/ 24HOUR EXPERIENCE "Scatter" : le premier maxi de la série de dubs UK garage proposés au milieu des années 90 par Grant Nelson. Des vinyles absolument indispensables pour les DJ's "old school".
Discrètement on perçoit la loop de "The Pleasure Principle" de Janet Jackson et le "whiipp!" de "Walking on sunshine" de Rocker's Revenge.

11/ KATHY SLEDGE "Another star" : extraordinaire dub de Roger S où les percussions prennent progressivement le pouvoir. De la house underground de premier choix comme on en fait hélas plus. La mélodie de Stevie Wonder est complètement massacrée mais le résultat est jaculatoire.

12/ DUB MONSTERS "Deep innit" : cet intermède festif n'était que passager avant le retour du UK garage et ses obscures productions comme ce EP "Dub Monsters" dégoté chez Vibe Station, le vinyl shop du quartier Bastille, en 1997.

13/ PEARL NECKLACE "On a mission" : extrait de l'urgent E.P. "The Sound Blast 8 Tracker" sorti en 1997 et gorgé de pépites UK Garage comme "Wurly bird" de Richard Purser ou "Large" de The Essence, déjà joué dans un set précédent.

14/ REEL 2 REAL "Conway" : le dernier maxi de Reel 2 Real que j'ai acheté. Bien que le soufflé soit retombé, il reste un titre de bonne facture livré en double pack avec notamment ce remix ragga-deep de Keith Litman, qui s'était surpassé sur ses versions de "Raise your hands".

vendredi 27 novembre 2009

N° 46 : Magical Houzy Tour (B. de Carey unreleased mix, Joey Negro, Mr V, Solu Music...)

Set non disponible


Je démarre par un clin d'œil à l'un des groupes qui m'a sorti de la niaiserie des goûts musicaux de mon adolescence, The Beatles.
L'album "Sergent Pepper" que m'avais fait découvrir mon frère vers l'âge de 14 ans fut la prise de conscience que j'avais loupé une époque exceptionnelle

Et, un Noël de 1998, ma mère eu la bonne idée de m'offrir un livre que je parcours à nouveau en ce moment avec un plaisir intact, Révolution, The Beatles.
Un ouvrage remarquablement documenté, bourré d'anecdotes et surtout qui apporte des informations tout à fait passionnantes sur la genèse de chaque titre et la manière dont il fut composé, arrangé et enregistré.

Au delà de l'univers pop-rock, c'est LE bréviaire indiscutable pour tout amateur de musique. Il donne les clés de la compréhension de la suprématie de ce groupe fantasque des années 60 dont l'œuvre reste d'une modernité inaltérée, 40 ans après sa séparation.

"Magical Mystery Tour", un album et un film assez délirants réalisés par les Fab Four et qui m'offrent une passerelle idéale pour qualifier ce set bigarré qui traverse des contrées afro, latino, disco avec, en bonus, le titre "mystère", une des productions du duo B. de Carey-P. Henninot de 1998 restée inédite.
A moins que ne vous trouviez ce "Zulu vibes" de SUN AFRICA totalement ringard, je me demande encore pourquoi nous n'avons pas réussi en 1998 à le signer, la face A étant d'ailleurs bien plus commerciale et festive ("festif", encore un mot dont l'usage doit être limité dixit J.L. Chiflet !)

1/ SOLU MUSIC "Fade" : il est entré sans difficulté dans mon Top 10 des meilleurs titres house de la décennie. Toutes les versions, balearic, électro ou house (comme la version de Grant Nelson présentée ici), sont magiques.
Et que dire de la délicieuse nonchalance de la voix de Kimblee (quelques ressemblances avec le timbre de Lisa Stansfield), chanteuse résidente des "Body & Soul Parties", après-midi dansantes plutôt cosy organisées par François K à New York. C'est donc fort logiquement que ce disque fut signé sur le label de "Monsieur K", Wave Music.

Dommage que Kimblee ait disparu de la circulation, sa voix hantant encore mes tympans.

2/ CE CE PENISTON "Finally" : extrait d'un quatruple pack du label Am:Pm hélas disparu mais qui fit parler la poudre d'entrée avec "Give me luv" d'ALCATRAZ en 1995.
Même si ce label signa des titres tout à fait dispensables comme "King of my castle" de Wamdue Project, on lui doit d'avoir sauvé la fin des années 90 de la médiocrité avec des tubes comme :
  • "Saturday" de EAST 57th STREET
  • "Witness" d'ANN NESBY
  • "Horny" de MOUSSE T
  • "Rise" de SOUL PROVIDERS
  • "Jus' Come" de COOL JACK
  • "U" de LONI CLARK
et bien sûr le remix de "Finally" par Eric Kupper présenté ici.

3/ SOLAPHONICS "Total love" : ce Paul Rincon mix se la joue façon TEN CITY ("Whatever makes you happy") me poussant à inclure l'accapella original pour réaliser un mash-up d'une évidence biblique.
SOLAPHONICS est l'un des pseudo de Jean-Claude Ades, DJ-producteur italien que certains connaissent peut-être pour son single "Some day" ou pour le single "I begin to wonder" de DANNII MINOGUE, tube dont il est le compositeur.

4/ BENZ "Urban City Girl" : une somptueuse production garage tout aussi méconnue que son remixeur, Mark Pichiotti.

5/ AXWELL feat. Evelyn Thomas "High energy" : AXWELL s'approprie cet hymne "hi-energy" des années 80 avec un lifting exceptionnel qui déringardise le titre grâce à une ligne de basse hyper funky.
Axwell, un remixeur suédois qui a tout d'un grand !

6/ GUSTO "Let's all chant" : autre hymne disco de la fin des années 70 remixé par le finaud Johnny Vicious, toujours aussi inspiré pour triturer le patrimoine avec bonheur. Ce new-yorkais à qui l'on donna les clés de l'armoire des trésors du label Salsoul (Loleatta Holloway et First Choice) fut catalogué dans la sous-catégorie "punk-disco" compte tenu de ses bases plutôt métal-rock.
La liste de ses remixes sur Discogs est plutôt impressionnante.

Pour en revenir à ce "Let's all chant", l'original fut créé par MICHAEL ZAGER BAND en 1978.
L'onomatopée fédératrice "ooh ooh !" fut inventée par THE BLACKBYRDS sur le titre "Party land" et, l'idée fonctionnant à merveille, elle fut reprise, outre Michael Zager Band par pléthore d'autres artistes dont :
7/ Mr. V "Put your drink down" : le chauffeur de salle de Louie Vega nous propose un latino-rap qui atteint son paroxysme lors de l'impro ragga du break. Une galette indispensable pour sortir la piste d'une éventuelle torpeur.

8/ TOUCHDOWN "Ritmo Suave" : une face B en espagnol (paroles de Joe Bataan) que je jouait beaucoup à l'époque du Patch Club. La face A ("Ease your mind") est en anglais mais semble beaucoup moins... festive (je sais Jean-Loup, le mot est à bannir, mais je n'ai pas trouvé de substitut qui parle au lecteur).
C'est une production Arthur Baker.

9/ SUN AFRICA "Zulu vibes" (Late Night Mix) : une production inédite qui me procure un double pincement au cœur.

C'est la dernière contribution réelle de mon associé, Pascal Henninot. Il est l'auteur d'une partie de la rythmique et des accords.

Ce titre, qui reflétait enfin notre culture et nos influences, loin des Cherry Moon et autres Pussy, pouvait marquer notre entrée dans la cour des producteurs respectés comme le furent Bob Sinclar et Daft Punk.
Hélas, la personne en charge de la promo, à qui nous avions fait toute confiance, n'a pas su trouver la conviction pour vendre le produit auprès des labels.
Mais peut-être que ce disque était aux antipodes de ce qu'attendaient les directeurs artistiques de l'époque. Pourtant la face A, bien plus commerciale avec son break techno "à la Junior Vasquez" avait tout pour séduire.

Une page douloureuse qui se referme, une forme d'exutoire à travers la programmation de ce titre maudit.

10/ JOEY NEGRO "Universe of love" : un disco-revival assez prodigieux du maître en la matière. Les violons sont samplés sur "Moon Maiden" de Loving You Madly Orchestra, un titre sans grande intérêt.

11/ MIRWAIS "Disco science" :
Mirwais Ahmadzaï est le producteur de "Music" de MADONNA (s'est-il fait croquer aussi ?). Quelle étrange mutation depuis l'époque où il officiait aux côtés de Daniel Darc (que je surnommerait plutôt "Daniel Dark", tellement ses musiques sont une invitation au suicide) au sein du groupe Taxi Girl ("Cherchez le garçon").
Le single "Disco science" paru en 1999 ne pouvait pas échapper aux doigts agiles de Joey Negro qui se montre tout à son aise dans un mix disco survolté qui n'a plus rien à voir avec l'original électro et ennuyeux.

12/ CHIC "Everybody dance" : final avec ce remix du DMC (mars 1993) signé EVOLUTION, la paternité du titre revenant au groupe CHIC.

Avec "Dance, dance dance", ce titre est l'un des gros tubes dancefloor annonciateur du fulgurant "Le Freak" qui conquerra la France l'année suivante, en 1978.

CERRONE avait été le premier à oser "mixer le bassdrum devant", CHIC complétèrent le concept en introduisant la sub-bass. Jusqu'alors, toutes les fréquences en dessous de 60 hz étaient éliminées au mastering mais, avec l'avènement du maxi aux larges sillons, les expérimentations les plus folles devenaient possibles et ce titre vrombissant provoqua une hystérie immédiate.

Attention, ralentissement du tempo la semaine prochaine. Il était temps de calmer le jeu après une série de sets aux rythmes infernaux.

samedi 7 mars 2009

N° 8 : In the heart of deep house (Mark Kinchen, Masters At Work, Eric Kupper, David Morales)

Set non disponible






Le modèle du tout-gratuit est, lui aussi, battu en brèche par la crise.
Déficit d'annonceurs ou bail non renouvelé....mon hébergeur d'origine, Mypodcast.com, ne fonctionne plus depuis deux jours laissant ses clients dans le désarroi le plus total...sans aucune explication.

Afin de ne pas vous laisser en plan, j'ai tout de suite rapatrié mes sets sur un nouveau site français, http://www.djpod.fr.
L'offre me parait raisonnable (20 Go de stockage pour 8.99 €/mois, statistiques incluses) et l'ancien D.J. qui a conçu ce site semble très réactif.
Je fais partie de ses nouveaux clients et espère lui donner un coup de pouce en cette période difficile. Je serai bien entendu intraitable sur la qualité du service mais nous ferons le point d'ici quelques semaines.

Retour ce sur ce nouveau set très orienté deep-house.

1/ BLACK BOX "Everybody Everybody" (Rockapella) : une bonne surprise ramenée en 1990 dans mes bagages en provenance de Miami. Martha Wash assure les vocaux mais, curieusement, n'est pas créditée.

2/ RAZE "Break 4 love" : en 1980, la mode était au roller dans les discothèques et quelques maestros faisaient le show dont le D.J . de la boîte que je fréquentais, le "Patch Club".
Situé sur les quais de la Marne à La Varenne Saint-Hilaire (Val de Marne), ce club mythique fut l'un des tout premiers à jouer des titres funk totalement inconnus en France et le premier club parisien à disposer d'un écran vidéo. J'ai eu l'honneur d'en être aussi le D.J. de 1982 à 1986.
RAZE est le pseudo de Vaughan Mason, producteur américain qui rendit hommage à cet exercice périlleux à travers le titre "Bounce, Rock, Skate, Roll". Il revient en 1988 avec ce titre qui a lustré les trompettes de la renommée, "Break for love".

3/ JOE ROBERTS "Lover" (K-Klass Klub Mix) : Joe Roberts est un artiste comblé. Morales s'est surpassé pour lui sur "Back in my life" et "Happy days", les anglais de K-Klass donnent aussi le meilleur sur ce titre oscillant entre garage et techno. Symbolisant leur marque de fabrique, ce mix hyper-compressé assène ses coups avec un clap et un bassdrum omniprésents.

4/ CLUBLAND "Love strain" : les suédois sont ici remixés par l'un des claviers de l'équipe Def Mix Productions, Eric Kupper.

5/ ROBIN S "Love for love" : Dans la monarchie suédoise, Stonebridge fut élu roi du remix avant d'être supplanté par la "Swedish House Mafia" (Axwell, Steve Angello, Sebastian Ingrosso et Eric Prydz) mais restera l'homme qui révéla Robin S. alias Robin Stone.

6/ Le duo Peter Daou-Danny Tenaglia régale avec ce mix très très deep de "When you love someone" par DAPHNE. Cette artiste préfigurait l'arrivée d'une nouvelle scène jazz-house avec notamment BLUE SIX, SAMANTHA JAMES, AYA, et ANDY CALDWELL.

7/ SAINT-ETIENNE "Only love can break your heart" : sans mésestimer les récents concepts latino-house de Louie Vega, je pense que c'est au début des années 90 que le duo des Masters at Work atteignit sa plénitude. Il ne reste plus rien de l'original dans cette version deep-house totalement envoûtante.

8/ BIZARRE INC "Took my love" : MK alias Marc Kinchen est un producteur californien à la carrière brève mais parsemée de remixes situés du côté obscur de la planète underground comme celui-ci. Première secousse en 1992 avec le remix de "Can U feel it" de Chez Damier et tremblement de terre en 1994 avec le Dub of the Doom Mix de "Push the feeling on" des Nightcrawlers, un groupe écossais qui n'en espérait pas tant !

9/ THE NEVILLE BROTHERS "Fly like an eagle" : remix très inspiré des Masters at Work pour ce titre dont l'original plutôt psychédélique est l'oeuvre de Steve Miller Band (1976).

10/ "New dance beat" : extrait de l'album de LIL' LOUIS sur lequel je me suis montré dithyrambique dans ma bio le concernant.

11/ SAINT ETIENNE "Nothing can stop us" : à mon goût, l'un des 10 meilleurs mixes deep-house des Masters at Work. Les poteaux n'étaient pas carrés pour ce St-Etienne là qui score donc deux fois !

12/ PET SHOP BOYS "Can you forgive her?" : vous avez remarqué ce subtil va-et-vient entre MK et les Masters at Work ? Même technique de remix que pour les Nightcrawlers avec ces bribes de phrases qui viennent inlassablement ponctuer le rythme.

13/ Et l'histoire voulut que les MASTERS AT WORK et MK finissent par se retrouver sur "I can't get no sleep" (avec la chanteuse INDIA).

14/ CE CE PENISTON "Finally" : un dub deep-house de Morales clôturé par un solo signé...Eric Kupper.