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mardi 17 mars 2020

N° 301 : With a Dose of Hip-Hop


Set non disponible
 
1/ PET SHOP BOYS "How Can You Expect To Be Taken Seriously" (Extended) : un début de set un peu mélancolique avec un mix signé en 1991 par Brothers in Rhythm. Rassurez-vous, la gaieté va finir par pointer le bout de son nez.

2/ ROCKNROLLA SOUND SYSTEM "Crumbs Off The Table" :  un re-edit d'un titre de 1974 de Laura Lee, l'une des pionnières d'un style que l'on qualifiait de "women soul music".

3/ LIZZO "Good As Hell" (Ultimix) : du Bruno Mars au féminin avec une obésité décomplexée. Du niveau de son récent hit "Juice".

4/ MORLACK "Take It To The Zulu Part 2" (Original Mix) : un babélisme de samples et l'on se demande ce que vient faire Al Jarreau dans la bataille, mais le résultat est assez plaisant grâce à un son d'une lourdeur remarquable.

5/ THE S.O.U.L. S.Y.S.T.E.M. "It's Gonna Be a Lovely Day" (Movin' The Crowd Mix) : un clip racoleur qui passerait pour ringard voire sexiste dans notre époque désormais sous le joug du politiquement correct. Une revisite hip-hop du tube de Bill Whithers qui nous fait regretter la disparition trop précoce du duo Clivillés & Cole. Le titre fait partie de la B.O. du film"The Bodyguard" et la bimbo du clip est une ex-membre du groupe Seduction, produit également par les  new-yorkais.

6/ MADONNA "La Isla Bonita" (Extended) : j’admets que l'on passe du coq à l'âne dans le style mais l'intro de Madonna se mariait trop parfaitement à l'ad lib gospel dont l'auteure n'a pas été identifiée.

7/ ASHFORD & SIMPSON "Solid" (Select Mix Remix) : en 1984, le couple le plus sexy de la soul américaine propose un hymne à la fidélité en amour, une relation solide comme un roc.

8/ CHAKA KHAN "Move Me" (Late Night Tuff Guy Rework) : un titre méconnu qui fut remis au gout du jour par Soul II Soul.

9/ TAMMY PAYNE "Take Me Now" (Dub Me Now Mix) : un acid-jazz du label Talkin' Loud.

10/ DUSTY DONUTS "Funky Thang" (Marc Hype & Naughty NMX Underground Edit) : merci à ces remixeurs berlinois (qui feraient bien de nettoyer leur beignets) d'avoir relifté le titre "My Thang" d'un certain James Brown.

11/ STOCK AITKEN WATERMAN "Roadblocks" : un hit jazz hip-hop prélude à une carrière dans la pop-house à succès.

12/ SOUL II SOUL "Back To Life" (Bruce Forest DMC Mix) : un grand bordel sonore commis par l'ancien DJ du Better Days de NYC.

13/ INNER CITY "Till We Meet Again" (Reese in Rio Mix) : "que l'on se retrouve encore", c'est ce que l'on peut espérer si l'on ressort tous vivants de cette épidémie qui changera à coup sûr l'ordre du monde et nous fera réfléchir sur le formidable fléau que, par son comportement et ses excès, l'être humain incarne.

vendredi 20 mars 2015

N° 239 : House Music - The Apotheosis (Clivillés & Cole masterpieces, D'Mob, The Beatmasters, S-Express...)


Set non disponible

Je ne sais combien ma culture doit à l'émission Skydance, mais l'écouter tous les samedis soir m'avait remis le pied à l'étrier alors que, comme beaucoup de jeunes actifs accaparés par leur boulot, j'avais complètement décroché de l'actualité musicale. Et fort de cette passion pour cette house music à son apogée, je me retrouvai un jour producteur puis animateur sur Skyrock.

1/ SAMANTHA FOX "Love House" (The Black Pyramid Mix - 1988) : un pur bijou passé par les mains expertes de Kevin Saunderson et qui nous proposait une Samantha Fox moins "variétoche" que dans son tube Touch Me. La compo est signée par les frères Bolland, à qui l'on doit Rock Me Amadeus de Falco et In The Army Now de Status Quo.

2/ KYM MAZELLE  "Useless" (After Hours Dub - 1988) : le duo Clivillés & Cole entre en action, tout auréolé du succès de son remix de Pink Cadillac de Natalie Cole.

3/ THE CREW "Free Your Body (Get Dumb)" (Clivilles And Cole Master Mix - 1990) : déjà chroniqué dans le set n° 14.

4/ GRACE JONES "Love On Top Of Love (Killer Kiss)" (The Cole & Clivilles Garage House Mix - 1989) : je crois que l'on tutoie le sublime avec ce mix à la progression hypnotique.

5/ PENTHOUSE 4 "Bust This House Down" (The Turnaround Mix - 1988) : une production Les Adams (créateur du L.A. Mix) sortie sur le fameux label anglais Syncopate.

6/ D'MOB feat. Cathy Dennis "C'mon & Get My Love" (Dance Hall Mix - 1989) : quelques singles en solo dont notamment We Call It Acieed, mais on doit surtout à ce producteur anglais la découverte d'une chanteuse blanche au timbre angélique, Cathy Dennis.
Le single gospelisant One Day (1994) sera son dernier tube.

7/ INNER CITY "Big Fun" (12inch Remix - 1988) : un son qui a fait le tour de la Terre et qu'on retrouve en preset d'usine dans plusieurs synthés en plug-in dont le Predator de Rob Papen, mon favori.

8/ HITHOUSE "Move Your Feet To The Rhythm Of The Beat" (Party Mix - 1989) : le talent, c'est savoir copier les autres et c'est ce qu'a réalisé le producteur hollandais Peter Slaghuis. Paix à son âme.

9/ THE BEATMASTERS feat. Betty Boo "Hey DJ I Can't Dance (To That Music You're Playing)" (12'' Mix - 1989) :  un groupe anglais historique du mouvement british house (Rock Da HouseWho's In The House) qui  propose ici une hip-house flamboyante avec Betty Boo (Doin' The Do !) aux vocaux.

10/ S-EXPRESS "Nothing To Lose"(1990) : autre groupe anglais fondateur (Superfly Guy, Theme From S-Express) avec un titre un peu passé inaperçu.

11/ L.A MIX "Love Together" (1990 Mix) : autre production de Les Adams aux accents gospel.

12/ SEDUCTION "(You're My One And Only) True Love" (New York House Mix 1 - 1989) : voici le mix de Clivillés & Cole sans la voix de Martha Wash (qui avait poursuivi le label pour non crédit sur les pochettes), mais avec des samples de l'accapella de Let No Man Put Asunder de First Choice.

13/ THE HACKER "Shockwave" (2012) vs. 101 "Rock To The Beat" (1988) : l'intrus est ici (normal, c'est un hacker !). Le Belge Michel Amato rend hommage au son du Anasthasia de T99 mais également au hit de ses compatriotes 101.
Rock To The Beat fut à l'époque censuré sur NRJ car il scandait le mot "acid", synonyme de drogue (une version de merde retouchée avec des mots de substitution - Fantasy au lieu de Ecstasy et New Beat au lieu de Acieed - avait alors été enregistrée en toute hâte).
Quand on voit aujourd'hui le degré de vulgarité qu'atteignent les mornings et émissions de talk des radios (et le C'Cauet justement sur NRJ), l'escalade dans le sensationnel et la provocation orchestrée pour faire de l'audience à tout prix, tout cela parait dérisoire et il était finalement assez lamentable qu'une radio commerciale s'érige en "Mère la Morale" quand elle a besoin de tapiner pour garder ses auditeurs.

vendredi 8 novembre 2013

N° 204 : Doctor House (First Choice, Inner City, Clivillés & Cole, Mr Lee...)


Set non disponible

1) FIRST CHOICE "Doctor Love" (Decareydited Clivillés & Cole's Remix) (1993) : à l'occasion du 20e anniversaire de Salsoul Records, les plus grands hits du label furent proposés au remix aux cadors de l'époque (Morales, Hurley, Tenaglia...). Clivillés & Cole offrirent une ribambelle de versions de Doctor Love (1977). J'ai utilisé le mix principal en y intégrant le break au "church organ" de la David's Jam. On s'éloigne des paillettes disco pour se rapprocher de l'ambiance des messes gospel chères aux américains.

Doctor Love est avec Let No Man Put Asunder le titre de First Choice le plus samplé de l'histoire de la house music.

2) TAYLOR DAYNE "I'll wait" (E-Smoove Vocal Mix) (1993) : ce disque a déjà été chroniqué dans mon set N° 11.

3) SENSIBLE HOUSE "Give A Little More" (Sub-Urban Mix) (1993) : encore un extrait de la 1ère compilation du label de Tommy Musto sortie en cette année millésimée que fut 1993.

4) HAUSICK "Fight For Your Mind" (Original Mix) (2012) : de la pure vintage house sobre et efficace comme je l'aime. Une découverte Traxsource.

5) INNER CITY "Good Life" (Matt Smallwood Remix) (2012) : l'année 2012 fut le prétexte à une vaste campagne d'exhumation de ce tube historique de Inner City. Le traitement électro global n'apporte vraiment aucun "plus" à l'original (comme quoi, l'électro reste une mode basée sur l’esbroufe puisque qu'elle peine à transcender des titres réalisés 20 ans auparavant). Cependant, cette version qui conserve la solide base originale tire son épingle du jeu.

6) PETRA & CO "just let go" (1989) : dans les traces de Technotronic, PhilWilde, futur producteur de 2 Unlimited, démontrait tout son potentiel.

7) 2 IN A ROOM "Take me away" (Vol.1 Remix) (1989) : je n'ai pas très bien compris cette appellation bâclée pour ce remix culte de Little Louie Vega au sample ravageur (qui constitua d'ailleurs la base du tube français de Bond 55 Rave On Me, deux ans plus tard).

8) THE BRAT PACK "So Many Ways" (Do It Properly Part II) (Worldwide Dj Anthem) (1988) : les premiers pas du duo Clivillés & Cole dans la cour des grands.

9) C & C MUSIC FACTORY "Just a touch of love" (The Standard House Mix) (1991) : un maxi aux versions mythiques qui hélas ne put égaler le succès de Gonna Make You Sweat, bien que sorti en France chez CBS/Sony. Ce titre rend hommage au classique de Slave sorti en 1979 et à A Little Bit Of Jazz de Nick Straker Band.

10) Mr LEE "Pump That Body" (Ultimix) (1990) : la hip-house, un style hélas disparu (La France n'en aura retenu que les comiques de Benny B et les Bassline Boys). Extrait du volume 34 de la série de remixes américains destinés aux DJ's professionnels. Le label existe toujours.

11) HOUSE 2 HOUSE "I Wanna See You Dance" (Bleeding Speaker Mix) (1991) : entendu dans le set de Maurice Joshua pour la Max Party en 1992. On y retrouve l'inévitable sample de Doctor Love de First Choice ainsi que le hit Now That We Found Love de Third World.

12) CAJMERE "Brighter days" (Todd's TNT Dub) (1992) : Ce vieux filou de Todd Terry recycle un riff déjà utilisé pour un remix de Bizarre Inc. (I'm Gonna Get You)... un riff qui sera encore repris par Cool Jack (Jus' Come) en 1996.

vendredi 27 septembre 2013

N° 198 : head above water (Worship, Jermaine Jackson, Mantronix...)


Set non disponible

Accaparé depuis le début de l'été par la préparation d'un gros concours administratif nécessitant une somme conséquentes de connaissances, j'ai eu toute les difficultés à vous concocter des sets. Comme pour tout concours, les postulants sont nombreux et les places sont chères et particulièrement pour cette session où, compte tenu de l'ampleur de la crise, le record absolu de candidats a été atteint. J'avais déjà connu ces challenges lors des concours des grandes écoles (HEC, Essec...) en 1980.

Désormais salarié à plein temps, je vais faire mon possible pour vous proposer des sets régulièrement, mais le rythme hebdomadaire ne pourra peut-être pas être tenu.

Ils seront toujours écoutables sur DJPod, mais les playlistes et commentaires seront désormais regroupés sur mon blog, l'interface DJPod étant hélas devenue totalement contraignante pour pouvoir s'exprimer.

1/ INNER CITY "Till we meet again" (Reese in London Mix) : un downtempo mélancolique dans la lignée du légendaire "Watcha gonna do with my lovin'". Aux vocaux, on peut entendre Byron Stingily.
Ce single a été proposé à l'époque en plusieurs packs. Le Reese in Detroit Mix est assez similaire mais avec une loop sale et saturée. le Reese in Rio Mix est totalement instrumental et met en valeur un solo de trompette bouchée.

2/ JANET JACKSON "Nasty" (Cool Summer Mix part 2) : nettement plus musical que la version originale, ce remix contient des samples de What have you done for me lately, un autre tube du fantastique album Control sorti en 1986 et produit par Jimmy Jam & Terry Lewis.

3/ PETER KITSCH "ABC pour Casser" : sans doute l'un des titres funky français les plus intelligemment construits : un abécédaire qui fait figure de plan pour raconter une rupture sentimentale, il fallait y penser.
La fille qui ponctue chaque fin de phrase par une onomatopée dans un style très "Gainsbarre-Bardot" est une certaine Olivia, à l'époque hôtesse d'accueil chez Sony (alors situé Avenue de Wagram) et qu'on ne pouvait pas ne pas remarquer en arrivant dans le hall !

4/ KOFFEE BROWN "After Party" (Extended Remix) : un "one shot" très classieux de ce duo américain formé par Fonz et Vee. Le single atteindra en 2001 la place n° 10 du Billboard R&B Charts. Vous aviez déjà entendu l'accapella dans un autre set, sur un titre de Moulton Studios, Where da party at?.

5/ C & C MUSIC FACTORY "Do you wanna get funky" (Vocal Dub Mix) : un dub légèrement plus jazzy que l'original. Un titre qui  nous rappelle hélas que ce duo manque cruellement à la musique club quand tant d'autres groupes encombrent le marché avec des titres dénués de toute finesse.

6/ DE LA SOUL "Ring Ring Ring" (Mike Gray's DMC Mix) : un titre archi-rabâché dans le Top Dance en 1991 et plus gros succès du groupe De la Soul. Leur dernier album sorti en 2012 est passé assez inaperçu malgré la qualité des compos. On préfère nous infliger le summum de l'égocentrisme imbécile, Kanye West.

7/ MANTRONIX "Got to have your love" (Club Mix) : les auditeurs de Maxximum connaissent bien cet excellent titre de hip-house. On est très loin de l'électro dépouillée des débuts (Fresh is the world - 1985).

8/ LOOSE ENDS "Love's got me" : je persiste dans la loop "Funky Drummer" de James Brown (utilisée dans 142 653 productions à l'époque) avec la version originale de Love's got me bientôt surpassée par le remix magistral signé David Morales. C'est fou comme le talent de l'arrangeur (ligne de basse à la Jamiroquai, nappes de violons languissantes et cuivres scintillants) fait immédiatement la différence à l'oreille.
Je pense que ce titre reste un immense hommage à Marvin Gaye, mais c'est peut-être le style d'interprétation du chanteur Carl McIntosh qui me fait dire cela.

9) NIGHTCRAWLERS "Push the feeling on" (Extended Mix) : je suis persuadé que peu de gens connaissent cette version originale submergée d'entrée par l'audacieux remix de Marc Kinchen, qui transformait quelques bribes de phrases stretchées en un gimmick imparable.

10/ WORSHIP "Alpha Centauri" (Original Mix) : merci à Ariel Wizman pour m'avoir fait découvrir ce titre délicieusement "Eighties" sur Canal + un midi. Il est extrait du E.P. Close Encounter réalisé par le producteur suisse Worship, sous influence italo-disco style Giorgio Moroder (écoutez également le titre éponyme).
Si les Daft Punk avaient sorti ce single, on aurait crié au génie, mais dans le cas présent, seuls quelques milliers de "branchés" doivent connaître .C'est cela la clé du succès, le marketing, rien que le marketing.

11/ DEN HARROW "Bad boy" (Remix) : on reste d'ailleurs dans l'italo-disco avec ce remix rageur de  Bad Boy de Den Harrow, l'un des chefs d'œuvre du genre. Un son énorme digne des années 80.

12/ JERMAINE JACKSON "Tell me i'm not dreamin'" : Michael Jackson était venu réaliser un featuring sur l'album du frangin Jermaine. On retrouve sur le même album le tube Sweetest, sweetest. Quelques temps plus tard, Jermaine Jackson ira faire le con avec Pia Zadora sur l'hyper-putasserie When the rain begins to fall.
Si vous êtes fans de Jermaine, jetez vous sur l'album Let's Get Serious" sorti en 1980 et qui est une tuerie.

13/ Final avec un bootleg signé de DEADLY SINS, des habitués de mes sets, avec cette fois-ci "Can't Stop" du cosmic disco qui est un re-edit du titre Stop du groupe B.W.H. sorti en toute discrétion en 1983. Il faut admettre que le refrain est particulièrement naze et que les Deadly Sins ont agi avec lucidité en privilégiant l'envolée de piano digne d'une production de Nile Rodgers et Bernard Edwards. 

vendredi 19 février 2010

N° 56 : Happy House is back! (Cleveland City must have remixes,Yoshitoshi Recordings, Erick Morillo, Crystal Waters...)

Set non disponible



Ne vous fiez pas à cette intro élégiaque. Ça n'est qu'un leurre, courte cérémonie gospel avant le tsunami happy house.

1/ SOUNDS OF BLACKNESS "The pressure pt. 1 (Classic 12" Mix With Vocal Intro) : c'est sans hésitation aucune que RLP et moi avions choisi de présenter cet import en nouveauté dans le Skyrock Top Dance.
On avais jamais vu Frankie Knuckles aussi inspiré, à la fois dans l'énergie et la vibe, sans doute effleuré par la grâce de quelques séraphins.

2/ MAD MIKE "Give it to me" : 1992, Detroit est en déshérence musicale après le départ du label Motown pour les palmiers de la Californie.
Le modeste label Happy Records tentera de faire la promotions d'artistes house locaux comme Yolanda, Davina ou ce fou furieux de Mad Mike.
Chaque vynil qui sort dans les bacs est un petit chef d'œuvre :
  • JAMERSON "Got to give up"
  • BRIDGETT GRACE "Love to the limit" (déjà programmé)
  • UNIT 2 "Sunshine"
  • YOLANDA REYNOLDS "Children of the world"
  • DAVINA "Don't you want it" (LE tube du label)
  • HAPPY TRAX : volumes 1 à 4
Cuivres de synthé Ensoniq, Church organ, divas locales toutes sirènes hurlantes, claps graisseux et mixage hypercompressé, voilà la marque de fabrique du label.

3/ INNER CITY "Good life" : en 1988, nimbé de sa légitimité "happy house", Steve "silk" Hurley délivre un "must have" sur ce follow-up déjà tubesque de "Big Fun".

4/ SHARON DEE CLARKE "Something special" : ce Beat the Street Mix, ultra rare, fut capturé par miracle chez quelque disquaire du Nord de la France.
Empruntant le gimmick de "Body Music" des STRIKERS, sa ligne de basse galopante et l'alacrité de la mélodie nous entraînent dans le tourbillon enchanteur de la happy house.

5/ YASMIN "Sacrifice" : joué abondamment dans mes Skyrock Top Dance Megamixes, ce titre utilise le même sample avec en bonus de mini-transitions piquées au "Strings of Life" du groupe éponyme (mettre la main sur la reprise trance de Plank 15 sortie en 2001, au passage !)

6/ EVE GALLAGHER "You can have it all" : la version la plus underground avait été présentée dans mon Rebirth Megamix, voici une balearic version réalisée par les "dudes"du label Cleveland City Records et qui n'est pas sans rappeler un hit espagnol de Raul Orellana, "The Real wild house" (1989).

7/ CRYSTAL WATERS "In de ghetto" : le ragga et la house sont frères de lait. Une association coruscante et irrésistible, soutenue par une rythmique tribale.
David Morales s'essaye au genre et fait florès une fois de plus. Dans le même genre, son "Congo" sera l'apothéose.

8/ REEL 2 REAL "Go on move" : The Mad Stuntman, en état de grâce, envoie une bordée de mots dans un flow que ne renierait pas Joey Starr. Ce remix au punch extraordinaire sorti en 1994 envoie aux oubliettes de l'Histoire la version atone de l'album.

9/ CRYSTAL WATERS "What i need" : Erick Morillo, véritable démiurge de la happy house new-yorkaise, avance sans rature, livrant encore un mix grandiose sur le maxi du 2ème single de Crystal Waters, extrait de l'album "Storyteller".

10/ XS "Phantasy tribe" : XS alias Jean-Philippe Aviance est une énigme. Ce DJ de Washington D.C. a bien une page sur Facebook mais pas d'amis.
Il a fait partie du pool de producteurs du label Yoshitoshi Recordings basé dans ce bastion de l'underground house. Pour ce morceau, il utilise une grande partie de l'accapella de "Chic Mystique" de CHIC.

11/ ALCATRAZ "Giv me luv" : 1996, en villégiature à Londres, traquant les vynils tubesques chez HMV, le magasin incontournable d'Oxford Street, je suis intrigué par certains titres que le DJ maison s'amuse à passer en boucle.
Il y aura le phénoménal "Spaceman" de BABYLON ZOO et ce "Give Me luv" d'ALCATRAZ qui n'est encore disponible que mixé sur la compilation "Yoshitoshi Recordings - In house we trust vol. 1". Il faudra de longue semaines d'attentes avant de le repérer en maxi dans les bacs. Magistral coup marketing du label avec un artifice ancestral : "orchestrez la pénurie pour attiser la faim".

12/ AMOS "Let love shine" : le gang de remixers du label Cleveland City (Rhyme Time Prod. et autres) est souvent à l'honneur dans mes sets. Ce remix de "Let love shine" symbolise tout ce qui me plait dans cette happy house anglaise. Des envolées de piano-violons enrobées de sons technoïsants.

13/ Au crépuscule de ce set, entre chien et loup, les brûlots underground sans pedigree sortent du bois et hurlent. "Stomp!" de F.U. fait partie de la horde. A mille lieux des barcarolles de Venise, ce titre puise dans le creuset du classique enragé de KRAZE, "The Party".

vendredi 20 novembre 2009

N° 45 : Skydance, the Sound of New York (John Jellybean Benitez, Ten City, Shep Pettibone...)

Set non disponible


Avant toute chose, je signale que je n'emploierai plus les mots "classe", "mythique" et "culte" pour désigner un mix, rappelé à l'ordre par le dernier bouquin de l'excellent Jean-Loup Chiflet : "99 mots et expressions à foutre à la poubelle".

En effet, "être classe" ne veut rien dire, le mot faisant référence à la lutte des classes. On oppose maladroitement "être classe" à "être plouc". Quitte à paraître désuet, je devrais donc parler de "chic", comme les bourgeoises de la Rue du Four. D'ailleurs, "le freak, c'est chic" annonce la chanson.

"Mythique" ? comment peut-on décrire un disque ainsi alors qu'une chose ou un personnage "mythique" est légendaire et irréel. Si je parle d'un titre "mythique", c'est un non-sens puisque je l'ai bien eu en main pour le mixer et qu'un certain nombre d'autres personnes dans le monde en possèdent aussi un exemplaire tout à fait "palpable" (comme l'émotion l'est dans la bouche des journalistes paresseux !)

Et "culte" ? au pilori ! C'est pourtant un mot qui venait automatiquement à l'esprit pour qualifier un personnage ou un film. Parle t-on du culte et de ses deniers ou du culte, raccourci de la culture ?
Alors celui qui continuera à l'employer pourra dire "parlez à mon culte, ma tête est malade !" (ou du moins incapable de trouver le mot juste).

Heureusement que de grands linguistes comme J.L. Chiflet ou Bernard Pivot sont nos gardes-fous pour éviter le piège de la dérive langagière.
Vous avez provisoirement appauvri mon vocabulaire en l'amputant de 3 mots passe-partout bien pratiques mais je ne vais pas tarder à leur trouver des substituts !

Revenons-en à ce Skydance, émission mythique....enfin... excellente à laquelle la fin de ce set est consacrée.
Un fameux jingle de SKYROCK annonçait "This is Skydance, the sound of New York". Malheureusement, à mon arrivée à l'antenne au début 1991, la cartouche avait disparu, sans quoi je l'aurait utilisée à foison. Trop classe le jingle....euh..... très chic !!!!
Vous voyez comme l'entrechoquement des langages est déstabilisant.

1/ MICHAEL JACKSON "Rock with you" : le meilleur hommage que je pouvait rendre au défunt Michael Jackson : un remix d'un titre d'une époque bénie (et non pas "bénite" puisqu'il ne s'agit pas d'un objet ou d'une matière comme l'eau) réalisé par l'ami Frankie Knuckles.

Longtemps ce mix a été l'exclusivité de la radio NRJ.
Samy Dee, ancien assistant ingénieur du son de David Morales, était résident de l'émission-culte "Better Days". Il me l'avait fait écouter lors d'une visite dans les studios de Skyrock mais m'avait laissé entendre qu'il ne serait jamais commercialisé.
Heureusement, le remix le fut, mais discrètement en face B du maxi de "You are not alone" plusieurs mois plus tard, c'est déjà mieux que rien. Il aurait été dommage que personne ne profite de cette merveille.

2/ TOTAL CONTRAST "Takes a little time" : un Bandito Remix qui contraste avec la mollesse du mix original.
Il fut N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play en 1985. C'est aussi l'un des gros hits du Patch Club, discothèque ni mythique ni légendaire puisque j'y ai officié en tant que D.J. entre 1983 et 1986, un club donc.............. ????
Eh oui ! les qualificatifs tardent à venir à l'esprit, trop habitué que l'on est à des automatismes de langage finalement bannissables.
Certains lecteurs commencent à se demander si c'est un cours de français ou une description de la playliste !!!

3/ BREAK MACHINE "Street dance" : 1983, en pleine vague "smurf", Morali et Belolo (producteurs de Village People et de Ritchie Family) relèvent la gageure de monter un groupe de toutes pièces et de réaliser le tube parfait ; entendu dans les clubs du monde entier.

4/ WHITNEY HOUSTON "Love will save the day" : Gageons que ce mix signé par le latino John "Jellybean" Benitez a été joué par RLP dans le Skydance, mais je n'en ai pas la certitude.
Jellybean, alors DJ à l'Experiment Four, club new-yorkais, fut le mentor de François Kevorkian.
En 1981, il devint le DJ du Funhouse, débarquant un certain Jonathan Fearing, jugé trop classique mais qui est loin d'être un manche au niveau remix (Newcleus, Evelyn "Champagne" King, Carol Douglas...).
Juché en haut de la tête d'un clown de 3m de haut qui dominait la piste, Jellybean jouait un cocktail détonant de hip-hop, d'électro, de new-wave et de disco.

Un soir de 1983 et selon la légende, une jeune chanteuse intrépide du surnom de Madonna arrive à se glisser jusqu'à sa cabine et jouer sa démo, profitant d'un moment d'inattention du DJ résident.
Remportant les suffrages du public (était-ce le morceau "Borderline" ?), son premier album sera finalement produit en partie par le beau latino ("Holiday", "Lucky Star", "Everybody").
On lui prête évidemment une liaison avec la "croqueuse d'hommes".

5/ SLAM SLAM "Something ain't right" : une production de l'anglais Dancin' Danny D, aussi à l'aise dans l'acid-house (D-Mob) que dans le registre plus commercial, utilisant alors fréquemment voix de gamine angélique de Cathy Dennis.
Il fait appel ici à l'ex-chanteuse de l'excellent groupe Style Council (Shout to the top" et "Walls come tumbling down"), Dee C. Lee,une très belle... Noire - eh oui, je viens d'apprendre des mots de Jean-Loup Chiflet que l'on ne dit pas "black", le terme étant d'ailleurs peu apprécié par la communauté qui y voit un nouveau signe de discrimination - nous appellent-ils d'ailleurs les "whites" ???

6/ LES RYTHMES DIGITALES "Music makes you lose control" : après avoir samplé (ou reproduit ?) le slap de basse de l'intro de "Can't fake the feeling" de GERALDINE HUNT pour le tube "Jacques your body", Jacques Lu Cont récidive avec "Music makes you loose control" qui utilise l' accapella situé en intro de "Body Work" de HOT STREAK (une production Jellybean bientôt mixée par votre serviteur !).
Je glisse l'accapella de "Let it roll" de Doug Lazy, la partie filtrée étant propice au remplissage.

7/ JELLYBEAN "Jingo" : une reprise électro du tube de CANDIDO signée Jellybean et multi-diffusée dans le Skyrock Skydance, la fin du set lui étant exclusivement dédiée.
La paternité du titre revient cependant au percussionniste nigérian BABATUNDE OLATUNJI avec un titre datant de 1959 : "Jin-Go-Lo-Ba".

8/ DOUG LAZY "H.O.U.S.E." : un des artistes représentant du courant hip-house (un set sera consacré à ce style en 2011) remixé de façon très underground par David Morales. Ce fut le dernier hit d'une carrière ultra courte.

9/ THOMSON TWINS "In the name of love" : utilisant le riff de basse de "Right Back to you" de TEN CITY, Shep Pettibone trouve l'ouverture house pour un mix d'anthologie du pourtant très new-wave titre du groupe anglais THOMSON TWINS. Ecoutez l'original.

10/ TEN CITY "Right back to you" : sombrant dans la facilité, le DJ ne peut s'empêcher de superposer les deux lignes de basses parfaitement identiques. Cette version réalisée par Steve Silk hurley est un classique du Skyrock Skydance.

11/ PHIL COLLINS "Hang in long enuff" : à la fin des années 80, tous les artistes pop se doivent de réaliser une version house afin de prendre position dans les clubs. Même Phil Collins se compromet dans un mix parfait réalisé par un Shep Pettibone encore "bankable" pour cet extrait de son album cult.......urellement....intéressant (Jean-Loup, je t'ai vu froncer les sourcils !), "...But seriously".

12/ Dr ROBERT & KYM MAZELLE "Wait!" : un duo inattendu entre l'ex-chanteur romantique des Blow Monkeys et la tigresse house remixé de manière étonnamment commerciale par l'un des pionniers de la house de Detroit, Juan Atkins. Avec Derrick May et Kevin Saunderson, Atkins forma le triumvirat d'une techno embryonnaire fortement influencée par des artistes européens "cold wave" comme Kraftwerk, Depeche Mode ou Gary Numan.

13/ INNER CITY "Big fun" : une fin de set qui se drape de classicisme avec ce titre au sample venu d'ailleurs et repris des milliers de fois dans les années qui suivirent. On en peut pas dire que la sonorité de cet accord servant de gimmick soit difficile à réaliser, mais sa magie innée fit qu'il fut samplé plutôt que tenté d'être reproduit avec un autre synthé par tous les suiveurs.