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vendredi 27 janvier 2023

N° 319 : De Carey's Main Room


La Main Room, c'est la salle du peuple, là où l'on veut s'éclater sur des trucs qu'on connait déjà. Les puristes se réfugieront dans les salles spécialisées. C'est un peu comme au cinéma, il y a la grande salle pour les blockbusters et les salles annexes pour les films d'art et d'essai ou indés.

1/ RANDOM SOUL "Will You Be The One" (Extended Mix) : le démarrage n'est toutefois pas très "mainstream" mais plutôt Nu Disco. Le duo australien Yogi & Husky, déjà joué plusieurs fois dans mes sets, continue de nos enchanter avec ses mélodies et ses voix éthérées. Il s'associe ici au producteur hollandais Dutchican Soul et à Nada Leigh Nasser, chanteuse qui avait participé a X Factor Australia 2014 et qui avait déjà été invitée sur le single "Blur The Lines" en 2020.

2/ TIESTO feat. Charli XCX "Hot In It" (Ultimix) : mais très vite l'ambiance électro-dance revient avec l'excellent Tiesto qui multiplie les chefs d'oeuvre. A l'instar de la Suède et de l'Allemagne, les Pays-Bas sont résolument une grande terre de production musicale. Sans doute que l'éducation y est pour quelque chose. Nos artistes français sauf quelques exceptions, n'ont pas capté ce petit "je ne sais quoi" qui fait qu'un titre sonne international. Nos DJ's internationaux, qui ont tout compris, se sont exilés depuis longtemps.

3/ CHARLI XCX "Break The Rules" (Ultimix) : de la "punk-trash-pop" produite notamment par les hitmakers norvégiens Cashmere Cat et Stargate.

4/ ALESSO feat. Katy Perry "When I'm Gone" (Amice Remix) : suis-je actuellement sous influence de la pop nordique... ou bien sont-ils finalement les meilleurs dans le genre ? Le suédois Alesso nous offre ce petit bijou mais on va pas se mentir, pas moins de 7 auteurs sont crédités sur l’œuvre. C'est un constat fréquent dans la pop music et je me demande quel est le rôle réel de chacun. Est-il nécessaire d'être si nombreux pour composer ce genre de hit relativement basique ? ou s'agit-il de petits arrangements entre amis qui se règlent sur la feuille de déclaration. J'avoue que je ne suis jamais tombé et ne tomberai jamais dans ce genre de "lotissement "d'une œuvre.
Quant au remix, il semble être une sorte de bootleg créé par DJ russe Amice,

5/ BECKY HILL & GALANTIS "Run" (Extended) : je me demande si Becky Hill n'est pas en train de supplanter Amanda Wilson dans le rôle de la super diva britannique ? et devinez quoi, le titre est produit par les suédois de Galantis. Beckie Hill apparait également sur les super hits "Lose Control" de Meduza et Wish You Well" de Sigala.

6/ ARMAND VAN HELDEN feat. Karen Harding "Wings" (Club Mix) : sorti en instrumental une première fois, le mix se voit adjoindre les services de Karen Harding, artiste que j'avais déjà jouée dans le mix 287 sur "Love For Days" de Purple Disco Machine. La mélodie créée sur le tube de P.H.D. est absolument catchy, aux antipodes de la mélodie original, ce qui en fait sa force. Plus une mélodie est libre et s'affranchit du canevas suggéré par les accords, plus elle s'impose.

7/ CALVIN HARRIS "Stay With Me" (Amice Remix) : pas aussi puissant que le tube "Can't Stop The Feeling" de Justin Timberlake mais pas très loin. J'adore l'accent très académique de Halsey, ça sent la grande école, pas le ghetto. 

 8/ NERVO feat. Kylie Minogue "The Other Boys" (Extended Mix) : ces deux sœurs jumelles australiennes sont co-autrices de "When Love Takes Over" de GUETTA. En 2015, elle collaborent avec Nile Rodgers (ex-Chic), Kylie Minogue et Jake Shears (de Scissor Sisters) pour ce titre "The Other Boys".

9/ STRIKE " U Sure Do" (Just Do It Mix) : emblématique de la handbag house des années 90.

10/ HAJI & EMANUEL "Take Me Away" (Haji & Emanuel Vox) : déjà chroniqué dans le set N° 72.

11/ GUSTO "Disco's Revenge" (Freemasons Club Mix) : déjà chroniqué dans le set n° 68.

12/ FRIEND WITHIN "Bring It Down" (Extended Mix) : ce DJ anglais semble avoir troqué la moustache "Brigades du Tigre" qui l'a fait connaitre contre un look barbu plus typique de l'époque actuelle.

13/ SIMON HARDY "Samba":  ... et son célèbre sample "Negra Sin Sandalia" de Jadim Castro, musique du film "Orpheus Negro" ! Junior Jack l'avait déjà emprunté en 2003 ("E-Samba") mais la version de Hardy est plus soulful.

14/ DJ TONKA "Old Skool" (Club Mix) : un vieux classique de la disco-house allemande de 1996.

vendredi 6 juin 2014

N° 217 : Real Disco Gems (France Joli, Melba Moore, La Velle, Gonzalez...)


Set non disponible


Mené à un train d'enfer, voici un set qui prend le pari de vous faire découvrir l'authentique disco des années 70 en faisant fi des sempiternels tracklistings (Boney M, Ottawan, Ritchie Family, Sylvester, Village People, Patrick Hernandez....) de ces compilations au rabais vendues dans les grandes surfaces et concoctées par des chefs de produit sans doute assez ignorants de ce style pourtant riche en joyaux inestimables.
Mais, plus grave encore, peut-être que ces mêmes compilateurs estiment que le client ne mérite pas autre chose au nom de la sacro-sainte loi des 20/80 (20% des titres représentent 80% de ce que les consommateurs veulent entendre et acheter), comme si nous étions de parfaits abrutis incapables d'apprécier ce que nous ne connaissons pas toujours.

Démarrage par un exercice de style souvent utilisé par Moroder avec Donna Summer : l'intro-ballade.
Un artifice parfait pour se placer de manière imparable en sortie de la série de slows. Les titres "Enough is Enough" (avec Barbra Streisand) ou "On the radio" en sont des exemples célèbres.
Il s'agit ici de "Come to me", premier hit de la chanteuse canadienne FRANCE JOLI, dont on n'a souvent retenu que le fabuleux "Gonna get over you".
L'arrangement ultra nerveux (133 bpm) ne laisse aucun répit et les transitions aux congas font mouche. Une voix masculine surgit soudain dans un break. Peut-elle s'agit il de Patrick Swayze, allez savoir ! non, plus sérieusement, je pencherais pour la voix du producteur, Tony Green (puisque aucun artiste n'est crédité). Georgio Moroder, Michael Cretu (Sandra) ou Frank Farian (Boney M) ne chantaient-ils pas aussi sur leurs productions !

"I'm a man" de MACHO est un reprise épique de l'original du Spencer Davis Group. Par ses riffs de cuivres, elle présente bien des similitudes avec le titre "Give me some lovin" de Kongas,  un groupe produit par Cerrone. Mais qui a copié l'autre ?
Les défenseurs de Cerrone affirment que son titre est sorti bien avant alors que les partisans de Mauro Malavasi (le producteur italien de Macho) argueront qu'il a bien trop de talent pour se compromettre dans le plagiat. Alors reste l'hypothèse d'un ingénieur du son qui aurait quitté la team Cerrone en emportant des bandes (les sons de cuivres sont presque identiques dans les deux titres). Dieu seul connait la réponse...

Autre exemple de disco tonitruant avec "Playgirl" de la chanteuse LA VELLE. J'espère que mon copain Fred qui détient les éditions de ce titre pourra récupérer quelques sous si d'aucuns d'entre vous craquent sur ce titre et vont se le procurer sur les plateformes légales.
La Velle est le cas typique de la super chanteuse de jazz à qui l'on propose de réaliser un "coup" disco en ciselant une mélodie sur mesure. Ecoutez ce final qui monte en tonalité à chaque mouvement, poussant la voix dans ses derniers retranchements. Et que dire de ces étranges breaks médiévaux à la flûte traversière. "Playgirl" fait partie des plus grands productions disco françaises des années 70 hélas très injustement méconnues... la faute aux compilateurs de pacotille à la culture 20/80 bien sûr ;-))

Vers la fin de son règne, la chanteuse CORONA (je crains qu'elle ne l'ait finalement jamais été puisque des soupçons sur la véritable interprète ont toujours plané) avait réussi avec "I don't wanna be a star" un sublime hit disco grâce à la maestria de l'incontournable Lee Marrow et son astucieuse utilisation de la rythmique de "Contact" de EDWIN STARR (que l'on retrouve juste derrière, histoire d'être sûr qu'il s'agit bien d'un sample). Les violons virevoltants sont dignes des productions de ces années bénies. Je vais encore tomber dans la nostalgie, mais quel dommage que les italiens ne soient plus capables de nous proposer cette dance music insouciante et gorgée de soleil.
A noter tout de même que le couplet de ce "I don't wanna be a star" est entièrement pompé sur "Can't fake the feeling" de Geraldine Hunt. Incorrigibles italiens !

C'est sans doute dans l'optimisme béat qui régnait à l'époque que les paroles de "Pick me up, i'll dance" ont été écrites. "Si tu viens me chercher au bord de la piste, j'irai danser" clame MELBA MOORE dans le refrain.

Auteur de tubes comme "Funky sensation" ou "All this love i'm giving", GWEN McCRAE nous livre ici "Keep the fire burning", un titre plus connoté funky et qui m'amène à trouver un enchaînement avec "Ultrafunkula" de ARMAND VAN HELDEN, le pendant obscur du tube planétaire "The Funk Phenomena". En musique, on ne peut que rarement rééditer les coups avec une idée quasi-similaire.

Cette digression se prolonge avec un remix de "Get on the floor" de MICHAEL JACKSON réalisé par Christian Diodati, remixeur au physique d'éphèbe qui a collaboré avec Mary J Blige, Angie Stone ou Alicia Keys. Ce remix a été commercialisé à l'occasion du 25e anniversaire de la sortie du mythique album "Off The Wall" (1979).
A mon sens, jamais Michael Jackson n'a pu artistiquement faire mieux que ce 5e album solo, opus bourré de hits authentiquement black réalisé cette fois sous la férule du producteur Quincy Jones, même si Thriller est le disque de tous les records.
D'ailleurs on nous ressort régulièrement des inédits que j'avoue ne jamais entendre dans les médias. Il est vrai que la source est quasi-inépuisable puisque Jackson se voyait proposer pour chaque album une centaine de titres pour une quinzaine retenus au final. Remixés à la sauce actuelle, je ne sais pas si l'on sert véritablement la mémoire de l'artiste alors qu'un Quincy Jones rappelé aux manettes (à 81 ans, il vient de produire le nouvel album de la jeune chanteuse pop-jazz canadienne Nikki Yanofsky) aurait sans doute su retrouver la verve et l'éclat des arrangements d'antan. 

Et l'on reste dans la famille avec "Walk Right Now", un tube parmi d'autres ("Can you feel it", "Lovely one", "Heartbreak Hotel") extrait de l'indispensable album des JACKSONS "Triumph" sorti en 1980.

Final dans la joie et l'allégresse de l'année 77 (et pourquoi pas cette année 77 ? après tout j'étais encore jeune, insouciant et d'un optimisme...béat !!!) avec tout d'abord "Haven't stopped dancing yet" de GONZALEZ  et ses percussions à profusion puis une curiosité sortie de mon cabinet (de curiosités) : AMADEO et "Moving like a superstar".
Amadeo est un célèbre chorégraphe basé à Paris qui, lui aussi, s'en était allé de son titre disco à l'époque où tout le monde s'engouffrait dans la brèche (ce fut d’ailleurs l'une des causes de la "mise à mort" du disco en 1979  tout comme les reprises à tire-larigot le furent pour l'eurodance en 1997). Pour un coup d'essai, ça n'est pas un coup de maître absolu puisque l'histoire ne l'a pas retenu, mais ce titre sympathique en vaut bien d'autres.

vendredi 21 août 2009

N° 32 : A groovy kind of house (E-Smoove's anthems, Clubland, Groove Armada, Tommy Musto...)

Set non disponible



1992 fut une année faste pour la musique, une année magique où la house music prit véritablement une nouvelle dimension, plus groovy, plus happy, plus mature, se parant de nouveaux atours. Evénement ! La radio Skyrock lui offrait à nouveau une vitrine deux soirs par semaine dans la Max Party.
Je ne sais pas si j'ai acheté plus de vynils que cette année-là, tant les productions étaient excellentes, fusant de tous les coins du monde.
Hélas, cette belle euphorie n'allait durer que 4 ou 5 ans, l'année 97 marquant le déclin inexorable de ce style, banni qu'il fut par les médias. Aujourd'hui perverti, délayé dans des sons new-wave agressifs, l'esprit black, spirituel et positif des débuts est désormais bien loin et cette électro blanche, métronomique, d'une froideur absolue, est le mètre-étalon.
Pour être sûr de ne pas vivre dans une bulle passéiste, j'ai récemment fait l'effort considérable d'écouter plus de 800 titres sur le site de vente JunoRecords... pour n'en retenir finalement que deux ou trois !
Suis-je "à côté de la plaque" ou y a-t-il un réel problème de qualité ?

C'est donc avec nostalgie, comme d'habitude, que je vous ai concocté ce set assez old school bien que quelques titres récents se soient glissés dans la playlist, tout n'étant heureusement pas à jeter dans ce qui se fait actuellement.

1/ Démarrage en douceur avec cette merveille qui ouvrait le set de Lil' Louis sur Skyrock, fin 1992 : OLIVIA NEWTON-JOHN "I need love". C'est bien la dernière chanteuse qu'on aurait imaginé pour incarner la quintessence du style garage. Sans doute séduit et inspiré par la belle, Tommy Musto nous livre un grand moment de grâce, de sensualité et d'élégance. Un titre déjà panthéonisé dans ma discothèque.
Si vous êtes fan de la chanteuse, un blog pour vous : http://newtonjohn.blogspot.com

2/ MADONNA "Fever" : la reprise du titre de Peggy Lee est ici largement remaniée par les Murk Boys de Miami. Une ligne de sub-basse et une rythmique à la charley et au clap omniprésents très caractéristiques du style. Nous sommes en 1992 et c'est le premier remix de ce duo à la carrière encore embryonnaire.
La même année, je découvrais dans le légendaire set de Maurice Joshua sur Skyrock l'une de leurs nouvelles productions réalisée avec l'une des chanteuses du groupe Exposé : Funky Green Dogs From Outer Space "Reach for me".

3/ THE DETROIT EXPERIMENT "Think twice" : Carl Craig est à la baguette de ce collectif jazz qui réunissait en 2003 la crème de la crème des musiciens de Detroit. Mélangeant reprises et créations, l'album est, bien entendu, indispensable pour les plus fins mélomanes. "Think Twice" de DONALD BYRD, l'un des titres les plus samplés du jazz-funk ("Flowers" de Armand Van Helden, "Byrd Man's revenge" de Mike Delgado...), est revisité de manière si étonnante qu'il en devient méconnaissable. Appréciez la clarté de l'arrangement et le ronronnement chaleureux du piano Fender Rhodes, mon instrument de prédilection.

4/ FIRST CHOICE "Double cross" : en 1992, à l'occasion du 20ème anniversaire du label Salsoul Records, plusieurs compilations proposent des versions remixées des grands classiques par le gotha de l'époque. Parmi elles, cette version garage réalisé par Danny Tenaglia, l'un de mes chouchous.

FIRST CHOICE est un trio féminin originaire de Philadelphie. Après un premier single très orienté "Supremes" ("This is the house where love died"), leur premier véritable hit est "Armed and Extremely Dangerous" en 1973. Et pour cause, plusieurs membres du fameux MFSB apportent leur contribution à l'album éponyme. L'album "Delusions" sorti en 1977, reste cependant leur meilleure production avec des tubes comme "Let no man put asunder" et "Dr Love". Ce "Double Cross" figure sur leur pénultième album "Hold your horses" (1979) mais l'original ayant fait pâle figuration dans les charts, ce lifting de Tenaglia lui fait le plus grand bien.

5/ CLUBLAND "Love strain" : une co-production assez peu connue de Morales. Pour ce groupe, il avait déjà réalisé un extraordinaire remix de "Let's get busy" (1990).
J'imagine bien ce titre calibré pour le NRJ megamix de Dimitri qui semblait raffoler de ces accords de piano sautillants.

6/ CLUBLAND "Set me free" : 1992, les tubes s'enchaînent, c'est l'année du firmament pour ce groupe suédois. Ce titre a parfaitement assimilé l'esprit garage new-yorkais avec cette petite touche techno qui caractérise l'Europe. Vingt ans avant l'avènement de la Swedish House Mafia, la Suède était déjà une grande nation de la house music.

7/ SUB-URBAN SOUL "Domything" : nouvelle perle du label Sub-Urban crée par Tommy Musto et Victor Simonelli. Le groupe reste un mystère total. Quand les mixes ne portent pas de noms, les compositeurs et producteurs ne sont même pas cités sur la pochette !
En cette exceptionnelle année 1992, c'est l'un des titres qui m'a fait réaliser que le new-jersey garage était au zénith, 4 ans après sa naissance officielle avec Paul Simpson, Blaze ou Adeva. "Domything", un titre ensorcelant dû à la grande richesse de l'arrangement et au swing imparable des interprètes qui se répondent du tac au tac.

8/ SHAY JONES "When love calls", 9/ PARIS RED "Promises" et 10/ 49ERS "Got to be free" : triple hommage au plus discret de la "bande des 3" : Steve "silk" Hurley (le "silk" faisait référence à sa chevelure brillante et soigneusement entretenue), Maurice Joshua et donc Eric "E-Smoove" Miller avec 3 mixes très, très "happy".

11/ BOOTSY COLLINS "Party lick-a-ble's" : dans la famille "groove", je voudrais le funk de Bootsy Collins speedé par l'ancien HOUSEMARTINS, Norman Cook plus connu sous le nom de Fatboy Slim. Bootsy Collins est un vétéran du P-Funk; son premier single solo date de 1976 mais il est déjà bassiste de James Brown en 1970 sur "Sex Machine" !

12/ ARMAND VAN HELDEN "The funk phenomena" : c'est son admiration pour les mixes hard-house de Todd Terry qui fait entrer Van Helden dans la danse en 1992. Son côté "tribal" s'affirme sur "Witch Doktor" et "Zulu" (sous le pseudo de Circle Children) en 1994.
Il s'essaye bientôt à une forme de remixes quasi-instrumentaux, répétitifs et agressifs, sur des titres pop ou dance comme "Runaway" de REAL McCOY, "Spin Spin Sugar" de SNEAKER PIMPS, "Living in danger" de ACE OF BASE "Professionnal widow" de TORI AMOS ou "Sugar is sweeter" de CJ BOLLAND, inventant le speed garage.
En 1996, il explose au niveau mondial dans un registre funk inédit avec ce titre extrêmement groovy que j'aurai l'honneur de pouvoir jouer dans mon émission, les N° 1 Dance sur Skyrock.

13/ GROOVE ARMADA "Love sweet sound" : un excellent duo anglais dont l'éclectisme ne se dément pas. Seuls les "british" ont ce don de passer d'un style à l'autre sans perdre leur crédibilité.
GROOVE ARMADA se fit connaître avec des titres plutôt downtempo comme "At the river", "My friend", "Think twice" (avec Neneh Cherry), "Little by little" ou "Inside my mind" voire "big beat" avec "I see you baby".
En 2007, leur album "Soundboy Rock" sonne résolument house et contient notamment cette tuerie, "Love sweet sound". La version présentée dans ce set est brillamment remixée par Mark Knight mais je garde une préférence pour l'originale, plus "old school".

14/ De la house tonitruante signée du duo américain JOHNNY CORPORATE (alias 95 North) avec ce titre, "In the Pocket". C'est cependant le single "Sunday shoutin'" qui réalisera le cross-over en Europe.

vendredi 24 juillet 2009

N° 28 : A Touch of French House (F. Communications, Didier Sinclair, DJ Gregory, Kojak)

Set non disponible



Un set en partie consacré à cette"French Touch" qui a émergé vers le milieu des années 90, un style novateur marqué par une utilisation quasi-systématique de samples funk-disco filtrés. Très appréciée des anglais (qui trouvaient là enfin une qualité aux "froggies"), elle fera vite école.

Le but du jeu était assez simple. Trouver le bon sample, lui assigner en MIDI un filtre dans le sampleur et jouer avec la molette du synthé sur son ouverture, de manière plus ou moins progressive. Cette technique est encore utilisée de nos jours, à croire que les français n'ont pas toujours été des suiveurs en musique. Il faut dire que, mise à part l'époque disco et l'avant-gardiste Cerrone (le premier qui a osé mixer le bassdrum très "devant"), notre contribution à l'histoire de la musique club avait été plutôt anecdotique.

C'est Eric Morand qui détient la paternité de cette appellation, son slogan "We Give A French Touch To Our House Music" ayant servi à la confection de blousons pour la promo de son label F. Communications.

Le premier volume de la compilation French Touch Anthology donne un bon aperçu des productions de l'époque.

1/ ELEGIA "Basic" : sortie sur le label F.Communications en 1999, cette production soignée de Laurent Collat alias ELEGIA est électro avant l'heure. Elle recourt déjà aux techniques du vocodeur et de l'auto-tune, un appareil utilisé de manière quasi-systématique dans les productions actuelles.
Il est vrai que lorsque l'on tombe sur une "casserole" - elles sont légion - et que le temps d'enregistrement en studio nous est compté, c'est un outil bien pratique pour corriger en post-production les prises un peu "bleues" (= fausses, dans le jargon du producteur).

2/ SOUND OF K "Silvery sounds" : lorsque j'ai acheté ce disque, j'étais persuadé que derrière ce pseudo se cachait le grand François K. Tout concourait à me le faire croire : les accords et les solos jazzy, le son des synthés, la rythmique. Même la pochette laissait planer le doute, les crédits n'étant pas mentionnés. C'est encore une signature du label F. Communications. Discogs nous apprend qu'il s'agit en fait d'un certain Andreas Köhler, musicien dont c'est la seule production. Ce morceau flamboyant semble s'inspirer du "The Theme" de Loop 7, un alias de Satoshi Tomiie.

3/ DIDIER DINCLAIR & CHRIS "Groove 2 me" : hommage à Didier Sinclair qui fut un temps directeur artistique au sein du label Barclay et qui signa l'une de nos productions hélas restée très confidentielle : NU CLASS 'Can't stop". Son morceau utilise un sample de l'intro du titre "Chant N°1" de SPANDAU BALLET, un des hymnes du Palace au début des années 80.

4/ KOJAK "You can't stop it" : le sample de piano électrique est extrait de "Spiral", une production des CRUSADERS. Ce sample là, il fallait aller le chercher et en faire un tube ! Donc honneur à ce duo français composé de Cyril Vaschetto et Grégoire Galian. Il a été fortement supporté par radio FG à l'époque de la sortie de son double album, "Crime in the city".

5/ BUSTA FUNK "Back to the old school" : production mixée de manière extrêmement punchy, elle est l'œuvre du duo Gaël Queffurus et Lou Valentino. Le sample utilisé est "Cerrone's paradise" du même CERRONE, largement pillé par la french house mais plutôt conciliant sur la question.

6/ DAVE ANGEL "Funk music" : l'original est un peu ennuyeux, mais ce remix signé DJ TONKA, l'un des fers de lance du mouvement disco allemand, apporte le côté happy qui enflammera la piste. A noter sur le même vynil, un furieux mix à la "Daft Punk" : le Pills Hard Cyclic Mix réalisé par Pills.

7/ ARMAND VAN HELDEN "You don't know me" : plus la peine de présenter le chef d'œuvre d'Armand Van Helden sorti en 1998. Le sample est pris sur "Dance with you" de CARRIE LUCAS (à 2'05" du début). La mélodie créée pour l'occasion est tout à fait admirable tout comme la prestation vocale de Duane Harden (réentendu sur "What you need" de POWERHOUSE l'année suivante). Pour le set, j'ai réalisé un petit mash-up avec l'accapella de Donna Giles sans savoir qu'un bootleg de 1999 avait hélas repris la même idée.

8/ DONNA GILES "And i'm telling you" : Stonebridge (alias Sten Olof Hallström) fait partie de ces grands producteurs de garage européens. Il fit ses armes comme remixer au sein du label Swemix, le pendant suédois du DMC anglais. Tout comme Morales, il se montre désormais très discret en production mais omniprésent en dee-jaying.
Quant à Donna Giles, c'est son seul single solo. On retiendra sa prestation sur le "Gimm Luv" de David Morales.

9/ et 10/ SHAUNA DAVIS "Get away" / TANYA LOUISE "Deep in you": 1995, année faste pour Stonebridge avec ces deux chefs-d'œuvre assez similaires dans leurs arrangements. Tanya Louise (alias Stephane Moraille) peur être entendu dans un registre plus "hip-rock" sur l'excellent titre de Bran Van 3000, "Drinking in L.A."

11/ THE LAB RATS presents The Experiment "Music is my way of life" : une reprise d'un titre de PATTI LABELLE parue sur le label garage Soulfuric en 1999.

12/ CHEEKS "Venus" : le remix de DJ Gregory qui utilise un sample de "Happy people" de BRASS CONSTRUCTION n'a plus rien à voir avec l'original de DJ Gilb'R. DJ Gregory est, avec Bob Sinclar, à l'origine du succès du label Yellow Productions avec l'album-concept "Africanism".

13/ SOULMAN "Motions of love" : final avec le très underground titre de SOULMAN paru en 1992 sur l'obscur label US, SIMPLY SOUL.