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lundi 8 avril 2019

N° 293 : My Definition of Trance (Tritonal, Armin Van Buuren, Binary Finary...)


Set non disponible
 
Un set dédié aux grands artisans du son, à tous ces obscurs producteurs qui, par leur maîtrise des machines et des effets, leur art de l'écriture, de la direction de voix, ont sublimé la musique électronique pour en faire une catégorie de musique tonale respectable et gravée dans le marbre pour des décennies. Ce ne sont hélas pas la trance et la progressive house que le public a élu, leur préférant bien souvent les fabricants de bruit sans grand talent réunis dans ce qu'on appelle communément l'électro, une espèce de fourre-tout, un pandémonium où le meilleur côtoie le pire.


Ma définition de la Trance est résumée dans ce set : mélodies, voix angéliques, arrangements dévastateurs, ambiances hypnotiques... avec juste une pincée de trance Goa pour relever le tout. Un style qui, vous le constaterez, dépasse les frontières, jaillissant parfois de contrées improbables.

Tout démarre avec un jingle fou que j'avais réalisé avec la voix de Laurent Bouneau, directeur des Programmes de Skyrock, pour promouvoir la nouvelle émission dance en access prime-time que j'ai animée jusqu'en 1997. Autant dire que ce soir-là dans le studio de production du Forum des Halles, le boss (qui était arrivé à l’improviste)  était dans un "état second" du moins particulièrement euphorique.


1/ POSITIVE SHAH  "Mizmaze" : une trance italienne sortie en 1995 sur le label napolitain UMM (Underground Music Movement).
UMM était à l'Italie ce que le label Happy Music était à la France, un label assez pointu, signant des titres underground de grande qualité souvent venus des States (Masters At Work, Reel 2 Real, The Boss, Bucketheads...) mais sans oublier de promouvoir les locaux comme Alex Party ou Frank 'O' Moiraghi (ce qu'à moins fait Happy Music).

2/ FERRY CORSTEN feat. Nevve "Freefall" (Extended Mix) : c'est la seule nouveauté de ce set (fin mars 2019), une dance sautillante et fraîche portée par la voix douce et adolescente de Nevve qui colle parfaitement au style.

3/ FILO & PERI feat. Audrey Gallagher "This Night" (Alex M.O.R.P.H. Remix) : le titre dont les accords et la guitare saturée ont sans doute inspiré Coldplay pour "A Sky Full Of Stars", une trance new-yorkaise qui met en valeur l'irlandaise Audrey Gallagher. Il y a un peu de Maggie Reilly (la voix de "Moonlight Shadow") dans tout ça.

4/ ARMIN VAN BUUREN feat. Sophie Ellis-Bextor "Not Giving Up On Love" (Extended Version) : en 2010, le "taulier" batave (a qui l'on doit les fameuses compilations State Of Trance) a la merveilleuse idée de faire appel à cette sculpturale mannequin aux yeux de chats qui nous envoûte encore sur ce titre signé en France par Scorpio dans une certaine indifférence. Au tournant des années 2000, la France est devenue un pays de mange-merde et les programmations des radios et télés le confirment hélas. Même la cultissime et un peu élitiste émission Taratata a du concéder d'inviter la banlieue sur son plateau pour pouvoir revenir à l'antenne. Et je ne parle pas des "Victoires de la Musique" que je zappe depuis une quinzaine d'années. C'est mon côté réac' qui surgit soudain !

5/ THE BLIZZARD & OMNIA "My Inner Island" (Original Mix) : une collaboration ukraino-norvégienne signée sur Armind, le label d'Armin Van Buuren.

6/ AYAHUASCA "New Moon" : petit passage par la trance goa à laquelle je me suis intéressée notamment grâce à l'expertise de Dominique Bourron, l'un de mes collègues de Skyrock de l'époque qui produisait la Skyrave.

7/ DANCE 2 TRANCE "Power of American Natives" (Vocal Mix) : C'est le premier groupe du producteur allemand Jam El Mar qui fondera par la suite le duo Jam & Spoon. Ce fut un hit en club en France en 1992.

8/ TRITONAL feat. Cristina Soto "Piercing Quiet" (Original Mix) : des texans émancipés au royaume de la country.

9/ LE PARK "Naked" (Extended Park Mix) : dans mon tour d'horizon, voici la Belgique avec une fois de plus un hit dans les clubs français en 1994. Les producteurs ont également officié sous les pseudos de Amnesia, Pleasure Game et malheureusement Les G.O. Culture, ce qui ternit un peu le tableau.

10/ ALY & FILA feat. Denise Riviera "My Mind Is With You" (Original Mix) : une trance qui émerge d'un pays comme l'Egypte, qui l'eut cru !

11/ BINARY FINARY "1998" (Alex M.O.R.P.H. Remix) : voici l’acmé de mon set ! ce titre de trance anglais fut le premier du genre a entrer dans le UK Top 40, le 10/10/1998. Mais en 2010, un remix magistral orchestré par Alex M.OR.P.H. surclasse toutes les autres versions !
Alexander Mieling est un producteur allemand que je considère comme l'un des maîtres du genre.

12/ TRANZIDENT & SUTA feat. Jewls "Day by Day" (Original Extended) : la Hongrie n'est pas en reste.

13/ CHERRY MOON "Take It Easy" (Submission To Trance Vocal Mix) : c'est à la demande d'un auditeur que j'inclus ce mix de Cherry Moon (1993), artiste qui restera pour moi un souvenir pénible dans ma carrière de producteur puisqu'elle me traina aux prud'hommes jusqu'à la fin des années 90 et surtout m'incita à ne plus signer d'artistes, me contentant de produire avec du sample ou des featurings sans contrat. Première signature, premier procès, qui dit mieux ?

Le nom Cherry Moon avait été trouvé par mon co-producteur. J'avais crié au génie mais j'ignorais qu'il l'avait tiré d'un club belge, le Cherry Moon et d'un collectif de producteurs (Cherry Moon Trax), ce qui aurait pu nous valoir bien des ennuis.
L'ambiance du remix trance m'avait été inspirée par ce que je pensais être un obscur titre underground entendu une nuit dans un set diffusé sur radio FG. Manque de chance, il sortait chez Sony quelques semaines plus tard (Drax Limited - "Amphetamine"). L'aventure ne démarrait donc pas sous les meilleurs auspices, d'autant plus que, jetés de partout, nous avions atterri sur un label douteux (Joker) qui lui aussi allait apporter son lot de contrariétés.
Je préfère ne pas m'éterniser dans l'histoire car le peu de lignes que je viens d'écrire me donnent déjà la nausée.


vendredi 10 février 2012

N° 137 : Garage/Trance - The Passage (Shawn Christopher, Lovebirds, Canadian progressive house...)

Set non disponible

Comment passer du garage à la progressive ? impossible, les chapelles étant trop éloignées.
Pourtant des artistes comme Morales ou Joey Negro savent nous proposer les deux, mais les DJ-remixers multi-casquettes ne sont pas légion.
Le public se déplace généralement pour entendre un certain type de son. S'il ne connait pas à l'avance le style que le DJ va jouer, il ne prendra pas le risque de payer son entrée.

En revanche, les musiciens sur scène se font souvent un devoir de revisiter leurs titres même s'il faut concéder de "dérouler" quelques vieux succès.

Imaginez cette cloison hermétique dans l'univers du cinéma. Aucun réalisateur ne serait capable de se renouveler ou de surprendre, prisonnier des attentes des spectateurs.Mais d'aucuns osent tout comme ce pari fou de réaliser un film muet... et la surprise est parfois au bout.

Voici donc à nouveau l'un de ces sets improbables que personne ne voudra ou ne pourra jouer.

Il prend son envol dans un esprit happy house avec "I want you" de Juliet Roberts (1994) signé du producteur anglais D-Mob, à l'époque directeur artistique et remixer attitré du label Chrysalis/Cool Tempo.

Kerri Chandler n'est pas souvent à l'honneur dans mes sets, même s'il est l'un des plus prolifiques.
Sa version deep-garage de "Make my love" de Shawn Christopher le dispute en qualité à la version originale de Stonebridge.
Merci aux loops de Traktor pour me permettre de proposer un enchaînement interminable.
J'en userai et abuserai au cours de ce set, comme d'habitude.

"Joy & happiness" par Stabbbs est un concept de ce même Stonebridge, toujours excellent dans le garage testostéroné (Ann Consuelo, Tanya Louise, Shauna Davis, House of Virginism, 3rd Nation...).
A moins qu'un chef d'oeuvre ait récemment échappé à mes oreilles (ce que vous ne manquerez pas de me signaler), il ne semble qu'il est désormais un peu en retrait.

Autre figure du garage anglais, CJ Mackintosh propose à nouveau ses rythmiques chaloupées et ses accords magiques sur le "Falling" de Dina Caroll, diva écossaise connue pour sa reprise de "It's too late" de Carole King et surtout "Ain't no man".
Curieusement, cette pépite n'est qu'une "face B" du single "Falling".

Le passage entre soulful garage et trance existe : c'est la deep-house.
Elle inquiète les thuriféraires de la mélodie et ravit ceux que les voix dérangent.

L'allemand Lovebirds est l'un des artistes majeurs de ce style à la fois groovy et répétitif, ici par exemple avec "My man".

Je vous parlais de Morales en introduction, voici l'une de ses réalisations les plus osées : "Throb" de Janet Jackson. Un remix à la démesure de l'artiste. C'est sans doute la frustration de ne pas avoir pu s'exprimer sur l'un des titres de son frère qui a poussé "le Boss" à se surpasser dans cette expérimentation à base de gémissements et de saxophones dissonants, le tout porté par un bassdrum de mammouth.
Un Legendary Mix dont l’appellation n'est pas usurpée.

Les loops de Traktor sont encore de la partie sur le mix avec "Who's n°1" de Dig The New Breed. C'est l'un des grands titres de la mythique (il parait que le terme peut finalement être employé pour désigner une chose rare et exceptionnelle !) compilation "The Sound Of Cleveland City" (1994).
J'imagine ce morceau d'une progression fabuleuse sublimer les foules au Ministry Of Sound.

Passage éclair par la Belgique avec "Magic orchestra" de Frank de Wulf.

Puis surgit la première merveille ! le remix de "Tiny Dancer" de Marco Demark par le canadien Deadmau5, l'un de mes artistes favoris.
L'original est une teenage pop song bien léchée (une reprise sur Elton John d'ailleurs). Deadmau5 réalise l'exploit de nous transporter dans un univers étrange et hypnotique où la voix de Marco Demark rivalise de somptuosité avec celle de Sting ! LA marque des très grands.

Deuxième merveille : "Underlying feeling" de Sylvia Tosun remixé par Adam K & Soha, des canadiens tout comme Deadmau5. Dans la même veine, "Need to feel loved" de Reflekt et "Twilight", autre titre de ce duo originaire de Toronto.

Troisième merveille : "Angel on my shoulder" de Kaskade remixé par le suisse EDX.
Je suppose que tous ces artistes utilisent de redoutables synthés virtuels tels le Predator de Rob Papen et en tirent ces sonorités puissantes totalement dévouées à la progressive et la trance.

Final avec l'un des derniers remixes tubesques du jeune prodige suédois Avicii pour ce qui ressemble étrangement à l'ambiance religieuse de "No Woman no cry" de Bob Marley sur ce "Drowning" de Armin Van Buuren.

mardi 1 novembre 2011

N° 127 : Trance-Houz-Xpress (Max Graham, Bellatrax, Pizzaman...)

Set non disponible

Après 6 mois de recherches au cours desquelles les pistes naissaient et échouaient inlassablement, nous sommes proches de concrétiser notre objectif, Londres étant la destination finale.
La quête de la "sainte voix" est bien notre rocher de Sisyphe.
Tant qu'elle n'est pas "dans la boîte", je ne pourrai en dire plus, la superstition étant partie intégrante de ce métier qui manipule le destin d'une chanson dans l’irrationalité la plus totale.

"Celles qu'on a pas eues", voici comment symboliser les chanteuses qui figurent sur la première partie de ce set.

On pourrait évoquer le désintérêt notoire des chanteuses internationales (anglaises, hollandaises, suédoises, allemandes...) pour les producteurs qui n'ont pas de renommée établie (elles déclinent l'offre sans même avoir entendu la chanson). Que l'on ne me dise pas que ces chanteuses cherchent à tout prix des plans pour percer ou assurer les fins de mois, je n'y croirais pas une seconde.
L'industrie musicale est parait-il en crise, mais il ne semble pas que tous ses acteurs en souffrent forcément.

Qu'en est-il des chanteuses françaises ? il parait qu'un grand nombre d'entre elles recherchent désespérément du travail, c'est ce que nous vérifierons dès que nous entamerons le sourcing de talents dans notre pays d'origine.

1/ ARMIN VAN BUUREN feat. Sophie Ellis-Bextor "Not giving up on love" : Evidemment nous n'avons pas cherché à contacter Sophie Ellis-Bextor ou Amanda Wilson car nous savons d'avance que le deal serait intenable et qu'elles ne perdraient pas de temps avec d’illustres inconnus sans discographie convaincante. Il faudra revenir par la porte du Coq dans l'univers de la dance music.

Armin Van Buuren a offert à la belle ce somptueux titre qui, malgré sa signature chez Scorpio, "n'a pas rencontré son public", (comme on dit généralement).
Le clip hollywoodien, la mélodie qui tue, l'esthétique irréprochable de l'interprète, tout était réuni pour un tube, mais, comme d'habitude, la France a préféré se cantonner à écouter sa variété de plus en plus barbante.

2/ FILO & PERI feat. Audrey Gallagher "This night" : je n'ai pas contacté cette chanteuse car cela faisait quelques semaines que je m'étais lassé d'envoyer des mails sans suite à travers l'Europe.
La voix délicate de cette irlandaise sied parfaitement à l'ambiance trance et comme je l'ai déjà dit ("comme je l'dit bien souvent", aurait écrit Thierry Henry), la piste des chanteuses gaéliques ou folk est à prioriser dans ce style.

Filo & Peri sont deux DJ's-producteurs américains qui proposent des sets totalement audiovisuels, "Lights n loaded". Sur la vidéo de présentation, vous pourrez rêver de la table de mixage du futur.

3/ MAX GRAHAM feat. Ana Criado "Nothing else matters" : Le Canada recèle quelques talents exceptionnels en matière de trance. Après Deadmau5, voici Max Graham, d'ailleurs auteur du remix du titre précédent.
C'est la sublime Ana Criado qui porte la mélodie. Hélas cette voix n'est pas encore à notre portée, faute à des conditions de deal trop dures proposées par les managers hollandais, mais "tout vient à point à qui sait attendre" dit le proverbe.

Vous pouvez retrouver Ana Criado sur "Sunset Boulevard" d'Alex M.O.R.P.H. et furtivement sur "Down to love" de Armin Van Buuren.

4/ LIQUID NATION feat. Andrea Britton : je crois qu'avec Andrea Britton, on a atteint les sommets de l'inacceptable en matière de deal. Après 3 mois d'attente, son manager m'a demandé que lui soit reversé 70% de tous les gains (édition et royalties) !!! Si cela n'est pas une fin de non-recevoir, ça y ressemble énormément.

Nous n'attendrons pas Andrea Britton comme les moines attendent l'Abbé, nous avons déjà passé notre chemin.
Cela étant, son interprétation est tout à fait exceptionnelle sur ce "one-shot" du groupe anglais Liquid Nation.

5/ BELLATRAX feat. Tina Cousins "Can't hold back" : Tina Cousins fut évidemment parmi les premières à être contactées. Je me rappelle encore le fantastique "Mysterious times" de SASH.
On attend toujours la réponse, mais nous ne pouvons pas passer notre temps à faire des Adoremus car les projets qui réussissent se bâtissent généralement rapidement.

"Can't hold back" est le follow-up de "I can't help myself" qui fut un hit international en 2008 (N°1 du Billboard Dance Airplay Chart durant 3 semaines).
L'arrangement pêchu, bourré de bruitages est un modèle du genre.

6/ THE BLIZZARD & OMNIA "My inner island" : encore un remix du russe Yuri Kane dont j'ai déjà dressé le portrait laudatif sur ce blog.

Transition douce avec la happy-house des années 90.

7/ URBAN COOKIE COLLECTIVE "high on happy vibe" : en la matière, U.C.C. sont des princes de ligne.
"High on happy vibe" est extrait de l'album éponyme qui contient tous les tubes de ce groupe "mythique" (qui a pourtant bien existé !) comme disent à tort un grand nombre de journalistes en panne d'inspiration linguistique.
Ce remix disco-trance à la ligne de basse tout droit sortie de la synthèse d'un Yamaha est signé de l'anglais Johnny Lisners.

8/ PHUNKIE SOULS "Tha music (floats your cares away)" : ce titre sorti sur Strictly Rhythm en 1999 sample "I don't need no music" de Tom Moulton (1979).

9/ THE NIGHTGROOVERS "Do it all night" : C'est ici le fameux "Running away" de Roy Ayers qui sert de base à une toute nouvelle mélodie chantée par Deanna Della Cioppa, choriste renommée aux USA.

10/ DEBORAH WILSON "Free" : le sample vocal est tiré d'un titre assez anodin de 1987 : "Mr Right" par Eleanore Mills.
On l'a déjà entendu sur "Tall and Handsome" de Outrage.

11/ PIZZAMAN "sex on the streets" : c'est un concept festif crée par Norman Cook a.k.a. Fatboy Slim (voir le clip dans lequel une sorte de muscadin déjanté fait le zouave dans les rues de Londres).
Titre culte de la happy-house, c'est le follow-up de "Trippin' on sunshine" (1994).

Dommage que plus aucun producteur ne propose ce type de délire, la happy house ayant hélas totalement disparu. C'est peut-être l'ambiance lugubre de notre époque qui a eu raison de ce style.

12/ TIN TIN OUT "All i wanna do" : l'accapella de "Get with U" de Lidell Townsell & M.T.F., tube largement joué à l'époque dans mes Skyrock Top Dance Megamixes, est ici samplé pour un fabuleux remix techno-house signé José Nunez (Constipated Monkeys, Da Mob, Smooth Touch, Pianoheadz...), complice d'Erick "More" Morillo et chantre de l'underground house new-yorkaise.

vendredi 21 octobre 2011

N° 125 : Fall came slowly (Armin Van Buuren, Nalin & Kane, Mauro Picotto...)

Set non disponible

"Fall came slowly and Winter stayed".
L'idée m'est venue avec le titre inaugural de ce set, "Winter stayed" de TRIPLE A, un groupe auquel on peut accorder... une solvabilité totale !
A comme Armin (Van Buuren), A comme Alex (M.O.R.P.H.), A comme Anna (Criado).
Anna Criado faisait partie de ces chanteuses que nous convoitions, mais à laquelle nous avons dû renoncer face aux exigences des managers hollandais.
Dommage car cette voix est réellement envoûtante sur "Nothing else matters" de MAX GRAHAM et "Sunset Boulevard" de ALEX M.O.R.P.H.

"Winter stayed" est extrait de la nouvelle compilation "A State of Trance", une série bien connue des aficionados et mixée par Armin Van Buuren en personne.

En 1997, mon ami Julien Vendaume (rappelez-vous de l'"auditeur statisticien" à l'époque du Top Dance sur Skyrock !) aujourd'hui devenu DJ/animateur, m'avais signalé ce "Meet her at the Love Parade" de DA HOOL que bastonnait la radio lilloise Contact FM.
J'avais vainement tenté de convaincre le Directeur des Programmes de Skyrock de l'intégrer dans ma playlist et nous étions passés à côté d'un grand tube underground.
Ce remix de NALIN & KANE et ses tambours est encore plus hypnotique que l'original.

Le tube incontournable de ce duo de producteurs allemands reste "Beachball", calibré pour les nuits d'Ibiza.
La fantastique chanteuse Andrea Canta a complètement zappé le monde de la trance pour se concentrer désormais sur des ambiances latin-soul très lounge.

MAURO PICOTTO est un producteur italien aux tubes très fédérateurs comme "Iguana", ou "Pulsar". Mon préféré reste "Lizard" sorti en France chez Happy Music, seul label qui ait vraiment supporté le mouvement trance (et garage). Merci à Pierre Forgacs pour l'audace dont il a su faire preuve. Dommage que l'on n'ait jamais pu collaborer avec ce label.

Entrée dans une séquence trance goa avec :
MAN WITH NO NAME "Evolution"
MAN OF THE LAST 3RD "The Tube"
SVEN VATH "Ballett-Fusion"
MANTRA "Arrival"

A noter, les étonnants problèmes de synchro de la bassline sur la fin du morceau "The Tube" (vers 37'50"), le pilotage MIDI de ce type de synthé par procédé CV Gate ou Kenton étant pourtant réputé fiable. Le MIDI s'est-il trouvé submergé d'informations ?

Final plus mélodique avec tout d'abord le russe YURI KANE qui après le mémorable "Right back", récidive avec "Whirlpool" puis "le Boss" ARMIN VAN BUUREN et "I don't own you".
Ne manquez pas "Drowning", son dernier missile remixé par Avicii qui, pour l'occasion, utilise astucieusement les accords de "No woman, no cry" de Bob Marley. Il fallait y penser. Le talent, cette faculté à s'approprier avec succès les idées des autres, a encore frappé.

vendredi 2 septembre 2011

N° 118 : Melodic Trance (Armin Van Buuren, Yuri Kane, Deadmau5, Julie Thompson...)

Set non disponible

Mon mois d'août aura connu une intense activité, tant au niveau professionnel que concernant la préparation des futures productions avec mon vieux complice Cutmaster.

C'est avec l'acharnement d'un Breton que j'ai mené ma quête de la voix qui portera nos titres.
Si patience et persévérance sont récompensées, je serai porteur de nouvelles concrètes d'ici peu.

Mais Dieu sait que la France n'est pas le terrain idéal pour percer dans ce métier. Je l'ai souvent dit et je me demande finalement si cela n'explique pas la pénurie de productions françaises de qualité. Après tout, ils sont peut-être nombreux à tenter de se hisser au niveau de nos voisins européens et à capituler devant l'obstacle quasi-infranchissable. Autant tenter de capturer la biche de Cérynie.

Guetta est en orbite, ayant définitivement conquis le marché US. On doit lui reconnaître le mérite d'avoir suscité l'engouement pour la dance music dans ce pays qui ne connaissait que deux gros formats radio : Rock et Rap.

Martin Solveig a réalisé un très bon premier semestre avec deux excellents titres : "Hello" et surtout "Ready to go" (le Radio Edit et le Hardwell Remix).

Enfin, est venue la surprise de Muttonheads avec "Trust you again", de la dance française de calibre international. Avec son refrain entêtant et ses arrangements aux petits oignons (merci le side-chain !), c'est pour moi une référence.
Rencontrée par le producteur lors du gala d'une grande école, c'est Joséphine Monthioux, jeune chanteuse paloise, qui assure les vocaux.
Dommage que le clip original soit assez convenu et que la "summer version" pompe totalement l'idée de "Seek Bromance".


La rentrée est placée sous la bannière trance, un style dont j'ai fait bombance ces derniers mois avec de très belles découvertes à commencer par JULIE THOMPSON.
Une voix pure et éthérée qui porte les mélodies au Walhalla.
Son album solo "Feeling For Corners" sorti en 2009 est un "must-have"en matière de trance mélodique et de progressive house. Il a bénéficié de la collaboration de Tiesto et d'Andy Duguid (découvrez son titre "Falling" avec Julie Thompson en featuring).
Le titre qui introduit ce set est "What will i do?"


FIRST STATE est un producteur hollandais orienté trance comme beaucoup de ses pairs tels le grand Armin Van Buuren.
First State fait appel à la chanteuse folk d'origine galloise Sarah Howells pour "Brave".
La filière folk est d'ailleurs fréquemment utilisée pour trouver la chanteuse idéale car les voix douces style "Moonlight Shadow" conviennent parfaitement aux mélodies et aux ambiances planantes de la trance.


"Paradise" de MOLELLA n'est pas véritablement trance, mais je ne pouvais pas résister au plaisir de jouer ce titre que m'avait fait découvrir Cutmaster.
Le timbre épais de la voix d'Alessia D'Andrea apporte l'envergure nécessaire au titre.
Alessia avait été pressentie pour nos titres, mais la préparation de son album la mobilise à plein temps. Peut-être une piste pour le futur puisque nous sommes désormais en contact avec son manager et son label.


YURI KANE est sans doute le plus doué des producteurs trance russes.
Je vous avais présenté son remix de "Say" de ADAM TAS juste avant les vacances.
Ce fantastique "Right back" a reçu la bénédiction d'Armin Van Buuren, un homme de goût, sorte de "prince de Ligne" de la trance (même si ce prince là était belge et wallon).


Derrière son allure frêle, le producteur canadien DEADMAU5 fait figure de géant de la techno et de la progressive house, lui aussi adoubé par Tiesto et Van Buuren.
C'est avec "Faxing Berlin" qu'il perce en 2007. Les accords aux harmonies complexes identifient immédiatement son style épuré.
Il est sublimé sur "I remember" de Kaskade grâce à la voix aérienne et juvénile de Haley Gibby. L'album de Haley, sorti il y a 1 an, est tout aussi réussi que celui de Julie Thompson. Il comporte notamment une version très acoustique de ce "I remember".

Dans la même veine, jetez-vous sur "Move for me" , toujours avec Kaskade et Haley.
Les deux titres ont été classés N°1 du Billboard's Hot Dance Airplay Chart !
Autre single remarquable, "Angel On My Shoulder" (EDX Remix) fut lui classé 5ème.


NADIA ALI "Rapture" : que dire d'autre que ce titre représente l'alliance des sonorités orientales et de la dance européenne. Tout comme pour "Seek Bromance", le producteur Avicii nous gratifie d'un gimmick de haute volée, élément d'arrangement souvent bâclé dans les productions actuelles qui privilégient hélas les sons débiles genre scie électrique.
Dommage que le refrain ne soit chanté qu'une seule fois, laissant rapidement la place à une sorte d'ad lib.


"Yerba del diablo" de DATURA est un maxi culte sorti chez Panic Records en 1992 et décliné en 4 versions assez différentes. A l'époque Skyrock, j'ai surtout joué "Achico".
Voici "Shagras", incontournable des sets trance même actuels.


C'est Alex M.O.R.P.H. & Chriss Ortega qui réalisent ce remix de "World Keeps Turning" de l'anglais BELLATRAX.
Alex MORPH est un remixer allemand très demandé sur la scène trance. Je possède quelques-unes de ses œuvres dont le somptueux remix de "Winter stayed" de TRIPLE A.
Ne pas rater non plus son travail sur "1998" de Binary Finary.


"Life" fut le 2e tube de HADDAWAY à la grande époque du Hit des Clubs Skyrock. J'avais dû jouer plusieurs fois ce Mission Control Remix. L'autre face du maxi est signée Bass Bumpers.


KELLY OSBOURNE "One Word" : la copie conforme de la mélodie de "Fade to Grey" de VISAGE !
Kelly Osbourne est la très iconoclaste fille du chanteur de métal Ozzy Osbourne : actrice, chanteuse, mannequin, designer, animatrice radio... c'est une "cumularde" (comme aurait dit le cultissime Georges Marchais).
Les arrangements de ce remix club sont assez similaires à la version originale plus lente.
Merci encore à Cutmaster pour la découverte de ce titre !


Final avec le maître de la Trance, ARMIN VAN BUUREN. D'aucuns diront que Tiesto EST le vaisseau-amiral, mais Tiesto me paraît beaucoup moins à l'aise dans le registre commercial.

En tous cas, heureux sont ces bataves qui peuvent disposer de nombreuses chanteuses locales, d'une solide culture et des structures d'une grande nation de la dance music.

Lors de mes différents échanges avec les managers et les labels européens, j'ai pu apprécier l'organisation et le sens "impitoyable" du business des hollandais (tellement impitoyable que toute collaboration est impossible sans être "saigné à blanc" d'entrée).

L'original de "Never Say Never" (avec Jacqueline Govaert) est un chef-d'œuvre de progressive house. Ce remix de l'ukrainien Omnia est plus mélodieux, d'où sa présence dans ce set.


La semaine prochaine, retour à la house dans tous ses états.