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vendredi 27 janvier 2023

N° 319 : De Carey's Main Room


La Main Room, c'est la salle du peuple, là où l'on veut s'éclater sur des trucs qu'on connait déjà. Les puristes se réfugieront dans les salles spécialisées. C'est un peu comme au cinéma, il y a la grande salle pour les blockbusters et les salles annexes pour les films d'art et d'essai ou indés.

1/ RANDOM SOUL "Will You Be The One" (Extended Mix) : le démarrage n'est toutefois pas très "mainstream" mais plutôt Nu Disco. Le duo australien Yogi & Husky, déjà joué plusieurs fois dans mes sets, continue de nos enchanter avec ses mélodies et ses voix éthérées. Il s'associe ici au producteur hollandais Dutchican Soul et à Nada Leigh Nasser, chanteuse qui avait participé a X Factor Australia 2014 et qui avait déjà été invitée sur le single "Blur The Lines" en 2020.

2/ TIESTO feat. Charli XCX "Hot In It" (Ultimix) : mais très vite l'ambiance électro-dance revient avec l'excellent Tiesto qui multiplie les chefs d'oeuvre. A l'instar de la Suède et de l'Allemagne, les Pays-Bas sont résolument une grande terre de production musicale. Sans doute que l'éducation y est pour quelque chose. Nos artistes français sauf quelques exceptions, n'ont pas capté ce petit "je ne sais quoi" qui fait qu'un titre sonne international. Nos DJ's internationaux, qui ont tout compris, se sont exilés depuis longtemps.

3/ CHARLI XCX "Break The Rules" (Ultimix) : de la "punk-trash-pop" produite notamment par les hitmakers norvégiens Cashmere Cat et Stargate.

4/ ALESSO feat. Katy Perry "When I'm Gone" (Amice Remix) : suis-je actuellement sous influence de la pop nordique... ou bien sont-ils finalement les meilleurs dans le genre ? Le suédois Alesso nous offre ce petit bijou mais on va pas se mentir, pas moins de 7 auteurs sont crédités sur l’œuvre. C'est un constat fréquent dans la pop music et je me demande quel est le rôle réel de chacun. Est-il nécessaire d'être si nombreux pour composer ce genre de hit relativement basique ? ou s'agit-il de petits arrangements entre amis qui se règlent sur la feuille de déclaration. J'avoue que je ne suis jamais tombé et ne tomberai jamais dans ce genre de "lotissement "d'une œuvre.
Quant au remix, il semble être une sorte de bootleg créé par DJ russe Amice,

5/ BECKY HILL & GALANTIS "Run" (Extended) : je me demande si Becky Hill n'est pas en train de supplanter Amanda Wilson dans le rôle de la super diva britannique ? et devinez quoi, le titre est produit par les suédois de Galantis. Beckie Hill apparait également sur les super hits "Lose Control" de Meduza et Wish You Well" de Sigala.

6/ ARMAND VAN HELDEN feat. Karen Harding "Wings" (Club Mix) : sorti en instrumental une première fois, le mix se voit adjoindre les services de Karen Harding, artiste que j'avais déjà jouée dans le mix 287 sur "Love For Days" de Purple Disco Machine. La mélodie créée sur le tube de P.H.D. est absolument catchy, aux antipodes de la mélodie original, ce qui en fait sa force. Plus une mélodie est libre et s'affranchit du canevas suggéré par les accords, plus elle s'impose.

7/ CALVIN HARRIS "Stay With Me" (Amice Remix) : pas aussi puissant que le tube "Can't Stop The Feeling" de Justin Timberlake mais pas très loin. J'adore l'accent très académique de Halsey, ça sent la grande école, pas le ghetto. 

 8/ NERVO feat. Kylie Minogue "The Other Boys" (Extended Mix) : ces deux sœurs jumelles australiennes sont co-autrices de "When Love Takes Over" de GUETTA. En 2015, elle collaborent avec Nile Rodgers (ex-Chic), Kylie Minogue et Jake Shears (de Scissor Sisters) pour ce titre "The Other Boys".

9/ STRIKE " U Sure Do" (Just Do It Mix) : emblématique de la handbag house des années 90.

10/ HAJI & EMANUEL "Take Me Away" (Haji & Emanuel Vox) : déjà chroniqué dans le set N° 72.

11/ GUSTO "Disco's Revenge" (Freemasons Club Mix) : déjà chroniqué dans le set n° 68.

12/ FRIEND WITHIN "Bring It Down" (Extended Mix) : ce DJ anglais semble avoir troqué la moustache "Brigades du Tigre" qui l'a fait connaitre contre un look barbu plus typique de l'époque actuelle.

13/ SIMON HARDY "Samba":  ... et son célèbre sample "Negra Sin Sandalia" de Jadim Castro, musique du film "Orpheus Negro" ! Junior Jack l'avait déjà emprunté en 2003 ("E-Samba") mais la version de Hardy est plus soulful.

14/ DJ TONKA "Old Skool" (Club Mix) : un vieux classique de la disco-house allemande de 1996.

vendredi 22 juin 2012

N° 156 : The groove's revenge (Skyy, Chic, Double Exposure...)


Set non disponible

Tout d'abord un point sur les projets en cours.

Au cours de ces derniers mois, j'ai mis ma créativité à contribution comme jamais auparavant pour réussir à revenir dans le sérail des producteurs électro-house français.
C'est souvent dans l'adversité et l'inconfort matériel que l'artiste puise ses forces pour renverser la situation.

3 titres sont en cours de finition dont deux en phase de mixage final.
Ils ont été réalisés avec des moyens modestes, les artistes qui ont participé à leur création ayant consenti les efforts maximum pour qu'ils puissent exister.
Avec un peu de chance, l'un de ces titres sortira avant la rentrée de septembre.

J'ai dû adapter en partie en français le titre trance à l'origine chanté en anglais, et ce pour les besoins de la Loi sur les quotas. Il semble que les producteurs dance français n'aient pas d'autre alternative pour pouvoir passer sur les grands réseaux, d'où le grand nombre d'"africonneries" qui pullulent dans les programmation des radios et des clubs sous la douce appellation "titres soleil".

Les morceaux sont donc totalement ou partiellement interprétés le chrono en main afin d'être certain de dépasser la limite précise de 50% du temps d'interprétation de l'oeuvre en langue française.


Je pense que je vais désormais me consacrer autant à l'écriture qu'à la composition, mon métier de webmaster éditorialiste m'ayant sans doute aidé à acquérir cette nouvelle compétence (je m'étais déjà soumis à cet exercice pour le premier titre de Nickita).

J'espère annoncer des éléments concrets avant la trêve estivale de la mi-juillet.
Malheureusement, concernant les deux titres enregistrés avec Nickita, les retards pris dans les tractations pour récupérer ma liberté d'action me forcent à repousser sine die la mise en chantier de nouveaux remixes. J'en suis désolé pour Nickita qui comptait beaucoup sur ces deux singles pour, elle aussi, lancer sa carrière Outre-Manche.



Ce set totalement dédié au groove imparable de la musique disco-funk a été accouché aux forceps comme c'est souvent le cas avec les vieux funk au tempo instable. C'est Cool Edit qui a dû venir à la rescousse sur certains passages et, sans les loops de Traktor, certains enchaînements n'auraient jamais pu exister.

N'oublions pas que dans les années 70-80, les Dj's enchaînaient sans fioritures direct "au doigt" dans le tempo ou, dans le meilleur des cas, par un mix rapide sur une ou deux mesures.


Démarrage avec un titre oublié signé Armenta & Majik : "I wanna be with you", sorti en 1983 sur le label américain Savoir Faire Records puis en France chez Carrère.
Majik fut l'auteur d'un unique tube, "Gotta get up".
"I wanna be with you" est doté d'un arrangement où les voix vocodées s'en donnent à cœur joie.
Je vous ai proposé un edit entre la face A et l'instru de la face B, monstrueusement funky !

L'original de "Show me the way" de Skyy, l'un des groupes-phares du label Salsoul et dont les mélodies funk rivalisaient avec celles des Whispers.

J'ai retrouvé le titre qui fut samplé par The Hustlers Convention pour leur hit "Uptown" : Players Association et "Turn the music up".

Le groupe Chic très à l'honneur dans ce set  :

  • relifting de "I want your love" par Dimitri From Paris. Stonebridge avait aussi offert une élégante version il y a 14 ans sur l'indispensable compilation "Everybody dance" ;
  • L'Extended Mix de "Dance, dance, dance", l'un de leurs deux premiers succès en 1977 avant la consécration avec le monumental "Le Freak" ;
  • un sample de l'obscur "Chip Off the Old Block" intelligemment utilisé sur le "What you gonna do baby"  de Funk Legacy, étoile filante de la "french touch" en 1999.

"Ten percent" de Double Exposure avec les remixes house de Masters at Work réalisés en 1993 pour les besoins de la compilation Synergy, que Max et moi avions fait gagner aux auditeurs de Skyrock à l'époque.

"Coconuts", un white label de Cajmere et Gene Farris, qui passent à la moulinette le "Paradise" de Change. A noter également leur bidouillage de l'intro de "Relight my fire" de Dan Hartman sur l'autre face, "The Biz".

Enfin, deux remixes de classiques disco : "Da ya think i'm sexy ?" de Rod Stewart par Ralphie Rosario et le remix anglais de "Disco's Revenge" de Gusto que j'ai eu l'occasion de jouer dans mon émission "Les N°1 Dance" sur Skyrock en 1996.

vendredi 14 mai 2010

N° 68 : Under Electro influence (Taio Cruz, Lil' Louis, Filterfunk, A Guy Called Gerald...)

Set non disponible

A force d'entendre de l'électro au bureau à longueur de journée, il fallait bien que ça arrive ! Sous influence, je me suis pris au jeu d'un set assez fougueux.

Certes, la majeure partie des productions actuelles restent mélodiquement simplistes (on pourrait plutôt parler de variété électro avec quelques fleurons de la "bogossitude" entourés d'un parterre de filles émoustillées par le pseudo charisme du chanteur) mais quelques-unes sortent du lot.
J'ai rassemblé ici un certain nombre de titres d'appellation électro (au sens large) sortis dans les 20 dernières années.

A son émergence en 1982, rien n'était gagné pour ce style avant-gardiste, les puristes lui reprochant à juste titre son manque de soul et d'harmonies.
Mais en mai 1984, le magazine anglais THE FACE proclamait : "Electro, the beat that won't be beaten", la partie était gagnée.
Le hip-hop, la house puis l'eurodance s'en emparèrent alors que la techno en fut l'héritière légitime.

1/ DEEP JOSH "never stop the music" (DJ Meme soulful intro) : cette mini intro scandée serait idéale pour lancer l'un de mes sets live. Les versions du brésilien DJ Meme sont d'ailleurs d'une urgence absolue.

2/ YOLANDA REYNOLDS "Children of the world" : Un maxi roboratif du label "happy house" de Detroit, Happy Records.
Un piano-house fédérateur et une production signée Underground Resistance.
Cuivres Ensoniq, Church Organ, clap doté d'une puissante gated reverb (c'est à dire une reverb fortement dosée sur le son avec un release large, mais dont on étouffe rapidement la résonance comme "on ferme la porte" par la biais d'un gate).... et bien sûr une diva locale.
Le tube du label reste le "Don't you want it" de DAVINA, que je ne manquerai pas d'inclure dans un prochain set, cette production étant essentielle pour le devoir de mémoire.

3/ SWEET MERCY feat. Joe Roberts "Happy days" : l'un de mes maxis préférés. Voici la 3e et dernière version extraite du double pack que je présente en espérant que vous aurez tous acquis cette pièce, l'une des productions les plus pêchues de David Morales.
Dans ce dub, les sonorités électro qu'il affectionne sont bien présentes, prémisses d'une dérive complète de Morales dans ce style lors de ses sets, alors qu'il a si souvent démontré sa sensibilité soul. Dommage.

4/ DEEE-LITE "Runaway" : seul moment de répit de ce set, j'ai choisi ce Kenlou Dub car les deux gimmicks se mêlaient parfaitement dans l'enchaînement.
Je ne pense pas que les travaux de Masters at Work sur ce maxi soient réellement connus du grand public mais ceux qui écoutaient le Top Dance Megamix ont pu les découvrir.

5/ LNR "Work it to the bone" : ce Clubhouse Mix fut entendu dans le Skyrock Skydance.
Le beat variable rend l'enchaînement assez périlleux et le calage de la rythmique est plus qu'approximatif dans l'arrangement.

Comme ce fut le cas pour beaucoup d'autres mixes de l'époque, il a dû être réalisé sur un Atari 520 ST, ordinateur qui gérait assez mal la synchro des pistes en Midi dès lors que beaucoup d'entre elles démarraient sur le 1er temps de la mesure. L'horloge cadençait assez faiblement ce qui décalait inévitablement certaines pistes de manière aléatoire.
Nous-mêmes avons réalisé les titres de Cherry Moon et Pussy sur cet ordinateur avec quelques difficultés. De nombreux passages étaient nécessaires avant de réaliser le sans-faute et nous n'avions pas d'éditeur de son pour faire du montage.
Le mix était réalisé en une prise, effets et niveaux de potards gérés en live ! Epoque épique.

6/ LIL LOUIS "French kiss" : la version orgasmique et non censurée du poète de Chicago. Tout le monde connaît, mais tout comme le tube de LNR, ce titre est représentatif de l'électro black de la fin des années 80 et devait logiquement figurer dans ce set.
Dommage qu'il ait été ridiculisé par Lagaf' (et que RLP ait été impliqué dans le projet sous le couvert du pseudo Roberto Levy).
C'est comme si Pete Tong remixait Chantal Goya, on resterait interdits, ébaubis, choqués. :-)))

7/ A GUY CALLED GERALD "Voodoo Ray" : je vous ai déjà raconté la triste histoire de ce "guy" appelé Gerald.
Danny Tenaglia en propose ici une version assez speedée que j'ai amputée d'une partie peu judicieuse pour ne garder que le meilleur.

8/ LADY COP "To be real" : j'avais découvert ce Killer Mix dans les K7 de démo vendues avec le magazine anglais MIXMAG auquel j'étais abonné.
C'est Cocto qui l'avait signé en France pour le nouveau label Do it Music géré par Groucho ou Chico (l'un des 2 ex-animateurs de RFM), je ne sais plus.
Il m'a fallu un certain temps pour reconnaître la mélodie de Cheryl Lynn qui en interprétait la version originale. Cette appellation de Killer Mix semble être une pure invention du label parisien, le maxi anglais indiquant sobrement 12" Club Vox.
Personne n'a su déterminer qui est l'auteur de cette production électro qui utilise parfaitement le portamento dans le gimmick de synthé.

9/ FILTERFUNK "SOS" (Delano & Crockett Remix) : tout mon respect pour ce morceau sur lequel le producteur a eu le talent de faire chanter à la perfection un imitateur de Sting. C'est un pure "one shot", à croire que les royalties lui ont suffi pour se retirer provisoirement (ou définitivement) de la scène.
10/ TAIO CRUZ "Break your heart" : un titre qui pourrait bien être le tube de l'été 2010, une sorte de Haddaway bis avec une mélodie imparable.
Je viens de recevoir les versions clubs. Elle n'ont pas su garder la magie du Radio Mix qui, hélas, n'est pas proposé en version maxi.
Je n'ai retenu que cette version remixée par le duo anglais Project Bassline, les autres remixes ne respectant pas les accords de l'arrangement original (pourtant les plus judicieux par rapport à l'harmonie) quand ils ne se rendent pas coupable d'une véritable boucherie !
C'est le gros problème des DJs-producteurs : de graves lacunes en matière de solfège et de compréhension des règles d'harmonie.
Résultat : un bourrinage qui tente d'impressionner son monde avec des artifices sonores et des effets-gadgets.

11/ SUPERMODE "Tell me why" : le potentat de la swedish house mafia au cœur d'une monarchie millénaire ! Quelle intelligence dans cette production Axwell-Ingrosso qui réalise le double exploit, d'une part de mettre en valeur une voix à la tessiture identique à celle de Jimmy Sommerville et, d'autre part, de mixer les deux mélodies des tubes de Bronski Beat : "Why?" et "Smalltown boy".

12/ GUSTO "Disco's revenge" : un lifting 2008 tonitruant livré avec pas moins d'une quinzaine de mixes dont celui-çi signé Freemasons. En bonus, une nouvelle mélodie chantée par la fabuleuse Amanda Wilson qui avait explosé sur "Watchin'" des mêmes Freemasons. C'est sans doute l'une des plus grandes voix blanches du moment.

13/ BLACK MAGIC "Freedom (Make it funky)" : réalisé par Bottom Dollar, c'est un remix dédié au marché anglais qui figure sur le maxi commercialisé par Positiva.
A milles verstes de l'ambiance jazzy de l'original, techno et garage parviennent à pactiser dans cet hymne soleilleux qui a sans doute hypnotisé le dancefloor du Ministry of Sound en 1996.

vendredi 27 novembre 2009

N° 46 : Magical Houzy Tour (B. de Carey unreleased mix, Joey Negro, Mr V, Solu Music...)

Set non disponible


Je démarre par un clin d'œil à l'un des groupes qui m'a sorti de la niaiserie des goûts musicaux de mon adolescence, The Beatles.
L'album "Sergent Pepper" que m'avais fait découvrir mon frère vers l'âge de 14 ans fut la prise de conscience que j'avais loupé une époque exceptionnelle

Et, un Noël de 1998, ma mère eu la bonne idée de m'offrir un livre que je parcours à nouveau en ce moment avec un plaisir intact, Révolution, The Beatles.
Un ouvrage remarquablement documenté, bourré d'anecdotes et surtout qui apporte des informations tout à fait passionnantes sur la genèse de chaque titre et la manière dont il fut composé, arrangé et enregistré.

Au delà de l'univers pop-rock, c'est LE bréviaire indiscutable pour tout amateur de musique. Il donne les clés de la compréhension de la suprématie de ce groupe fantasque des années 60 dont l'œuvre reste d'une modernité inaltérée, 40 ans après sa séparation.

"Magical Mystery Tour", un album et un film assez délirants réalisés par les Fab Four et qui m'offrent une passerelle idéale pour qualifier ce set bigarré qui traverse des contrées afro, latino, disco avec, en bonus, le titre "mystère", une des productions du duo B. de Carey-P. Henninot de 1998 restée inédite.
A moins que ne vous trouviez ce "Zulu vibes" de SUN AFRICA totalement ringard, je me demande encore pourquoi nous n'avons pas réussi en 1998 à le signer, la face A étant d'ailleurs bien plus commerciale et festive ("festif", encore un mot dont l'usage doit être limité dixit J.L. Chiflet !)

1/ SOLU MUSIC "Fade" : il est entré sans difficulté dans mon Top 10 des meilleurs titres house de la décennie. Toutes les versions, balearic, électro ou house (comme la version de Grant Nelson présentée ici), sont magiques.
Et que dire de la délicieuse nonchalance de la voix de Kimblee (quelques ressemblances avec le timbre de Lisa Stansfield), chanteuse résidente des "Body & Soul Parties", après-midi dansantes plutôt cosy organisées par François K à New York. C'est donc fort logiquement que ce disque fut signé sur le label de "Monsieur K", Wave Music.

Dommage que Kimblee ait disparu de la circulation, sa voix hantant encore mes tympans.

2/ CE CE PENISTON "Finally" : extrait d'un quatruple pack du label Am:Pm hélas disparu mais qui fit parler la poudre d'entrée avec "Give me luv" d'ALCATRAZ en 1995.
Même si ce label signa des titres tout à fait dispensables comme "King of my castle" de Wamdue Project, on lui doit d'avoir sauvé la fin des années 90 de la médiocrité avec des tubes comme :
  • "Saturday" de EAST 57th STREET
  • "Witness" d'ANN NESBY
  • "Horny" de MOUSSE T
  • "Rise" de SOUL PROVIDERS
  • "Jus' Come" de COOL JACK
  • "U" de LONI CLARK
et bien sûr le remix de "Finally" par Eric Kupper présenté ici.

3/ SOLAPHONICS "Total love" : ce Paul Rincon mix se la joue façon TEN CITY ("Whatever makes you happy") me poussant à inclure l'accapella original pour réaliser un mash-up d'une évidence biblique.
SOLAPHONICS est l'un des pseudo de Jean-Claude Ades, DJ-producteur italien que certains connaissent peut-être pour son single "Some day" ou pour le single "I begin to wonder" de DANNII MINOGUE, tube dont il est le compositeur.

4/ BENZ "Urban City Girl" : une somptueuse production garage tout aussi méconnue que son remixeur, Mark Pichiotti.

5/ AXWELL feat. Evelyn Thomas "High energy" : AXWELL s'approprie cet hymne "hi-energy" des années 80 avec un lifting exceptionnel qui déringardise le titre grâce à une ligne de basse hyper funky.
Axwell, un remixeur suédois qui a tout d'un grand !

6/ GUSTO "Let's all chant" : autre hymne disco de la fin des années 70 remixé par le finaud Johnny Vicious, toujours aussi inspiré pour triturer le patrimoine avec bonheur. Ce new-yorkais à qui l'on donna les clés de l'armoire des trésors du label Salsoul (Loleatta Holloway et First Choice) fut catalogué dans la sous-catégorie "punk-disco" compte tenu de ses bases plutôt métal-rock.
La liste de ses remixes sur Discogs est plutôt impressionnante.

Pour en revenir à ce "Let's all chant", l'original fut créé par MICHAEL ZAGER BAND en 1978.
L'onomatopée fédératrice "ooh ooh !" fut inventée par THE BLACKBYRDS sur le titre "Party land" et, l'idée fonctionnant à merveille, elle fut reprise, outre Michael Zager Band par pléthore d'autres artistes dont :
7/ Mr. V "Put your drink down" : le chauffeur de salle de Louie Vega nous propose un latino-rap qui atteint son paroxysme lors de l'impro ragga du break. Une galette indispensable pour sortir la piste d'une éventuelle torpeur.

8/ TOUCHDOWN "Ritmo Suave" : une face B en espagnol (paroles de Joe Bataan) que je jouait beaucoup à l'époque du Patch Club. La face A ("Ease your mind") est en anglais mais semble beaucoup moins... festive (je sais Jean-Loup, le mot est à bannir, mais je n'ai pas trouvé de substitut qui parle au lecteur).
C'est une production Arthur Baker.

9/ SUN AFRICA "Zulu vibes" (Late Night Mix) : une production inédite qui me procure un double pincement au cœur.

C'est la dernière contribution réelle de mon associé, Pascal Henninot. Il est l'auteur d'une partie de la rythmique et des accords.

Ce titre, qui reflétait enfin notre culture et nos influences, loin des Cherry Moon et autres Pussy, pouvait marquer notre entrée dans la cour des producteurs respectés comme le furent Bob Sinclar et Daft Punk.
Hélas, la personne en charge de la promo, à qui nous avions fait toute confiance, n'a pas su trouver la conviction pour vendre le produit auprès des labels.
Mais peut-être que ce disque était aux antipodes de ce qu'attendaient les directeurs artistiques de l'époque. Pourtant la face A, bien plus commerciale avec son break techno "à la Junior Vasquez" avait tout pour séduire.

Une page douloureuse qui se referme, une forme d'exutoire à travers la programmation de ce titre maudit.

10/ JOEY NEGRO "Universe of love" : un disco-revival assez prodigieux du maître en la matière. Les violons sont samplés sur "Moon Maiden" de Loving You Madly Orchestra, un titre sans grande intérêt.

11/ MIRWAIS "Disco science" :
Mirwais Ahmadzaï est le producteur de "Music" de MADONNA (s'est-il fait croquer aussi ?). Quelle étrange mutation depuis l'époque où il officiait aux côtés de Daniel Darc (que je surnommerait plutôt "Daniel Dark", tellement ses musiques sont une invitation au suicide) au sein du groupe Taxi Girl ("Cherchez le garçon").
Le single "Disco science" paru en 1999 ne pouvait pas échapper aux doigts agiles de Joey Negro qui se montre tout à son aise dans un mix disco survolté qui n'a plus rien à voir avec l'original électro et ennuyeux.

12/ CHIC "Everybody dance" : final avec ce remix du DMC (mars 1993) signé EVOLUTION, la paternité du titre revenant au groupe CHIC.

Avec "Dance, dance dance", ce titre est l'un des gros tubes dancefloor annonciateur du fulgurant "Le Freak" qui conquerra la France l'année suivante, en 1978.

CERRONE avait été le premier à oser "mixer le bassdrum devant", CHIC complétèrent le concept en introduisant la sub-bass. Jusqu'alors, toutes les fréquences en dessous de 60 hz étaient éliminées au mastering mais, avec l'avènement du maxi aux larges sillons, les expérimentations les plus folles devenaient possibles et ce titre vrombissant provoqua une hystérie immédiate.

Attention, ralentissement du tempo la semaine prochaine. Il était temps de calmer le jeu après une série de sets aux rythmes infernaux.

vendredi 22 mai 2009

N° 19 : One step in the 2000s (Joey Negro, Axwell, Kamasutra...)

Set non disponible






Bien que ce blog évoque essentiellement le passé, j'avais esquissé dans mon tout premier set (The Rebirth Megamix) une entrée dans ce nouveau siècle avec quelques reprises ou remixes de vieux titres des années 70-80.
J'y pose à nouveau mon pied... avec prudence.

1/ KAMASUTRA "Where is the love" : un "Stardust-like" très élégant. Music sounds better with you s'appropriait l'intro du Fate de Chaka Khan, les italiens de Kamasutra (Alex Neri et Marco Baroni) s'inspirent avec une puissance de feu bien supérieure, l'apport de la voix suave et sexy de Weston Foster ne faisant qu'ajouter à l'exaltation. Je me suis amusé à glisser l'accapella de Stardust... et le résultat est là !

2/ KIMARA LAWSON "Stand up" : autre joyau du duo Kamasutra avec cette intelligente utilisation du riff de guitare de l'intro du Saturday de Norma Jean, une base sur laquelle une mélodie imparable vient se poser, provoquant l'euphorie sur le dancefloor.

3/ JOEY NEGRO feat. Taka Boom "Can't get high without you" : la soeur de Chaka Khan fut une égérie du producteur Joey Negro. Elle assura les voix sur d'autres de ses tubes comme Saturday ou Must be the music. Les choeurs de Can't get high without you rappellent le U turn me on de Tomorrow's Edition, les clins d'oeil aux grands classiques étant une pratique habituelle chez ce grand spécialiste de la disco music.

4/ L'entrée dans les 2000s s'effectue avec ce flamboyant "Fly away" de SUNBURST BAND, le groupe disco-jazz créé par Joey Negro. Un dub qui met en valeur toute la musicalité dont les productions de ce groupe font preuve. Le gimmick vocal reprend l'ad lib de I've had enough d'EARTH, WIND & FIRE.

Décidement les lecteurs de ce blog vont finir par penser que la house n'est qu'un grand marché du pompage. C'est en partie vrai mais, comme dit l'adage, "la musique se mord la queue en permanence" et l'on peut trouver dans tous les styles de musiques des gimmicks ou fragments de mélodies qui empruntent à d'illustres ou obscurs prédecesseurs. La SACEM tolère d'ailleurs dans le dépôt d'une mélodie originale une suite de 7 notes identiques à celles trouvées dans un autre morceau déjà édité. Je ne peux pas affirmer mes dires mais j'ai souvent entendu parler de cette tolérance accordé par le bureau de vérification des oeuvres. Il faut dire qu'avec 12 notes dans la gamme, on ne peut pas multiplier les combinaisons à l'infini et finalement, un jour ou l'autre, on finit par copier, souvent involontairement.

5/ JAMIROQUAI "Canned heat" : le génie de la disco-pop est annoncé pour la fin 2009 avec un album - paraît-il - très orienté acid-jazz. Les fans de la première heure avaient vu d'un mauvais oeil ces dérapages disco dont ses récents albums étaient truffés. Ce Canned heat est pourtant fadé et d'une gaieté contagieuse.

6/ SOULSEARCHER "Can't get enough" : dans la famille des samples, je voudrais le Let's Lovedance tonight de GARY's GANG (1979). La mélodie créée pour la circonstance par Soulsearcher (alias Marc Pomeroy du duo Jazz-n-Groove) est bien moins cul-cul que l'originale, une resucée du tube Keep on dancing.

7/ FIRST CHOICE "Armed and extremely dangerous" : titre éponyme de l'album sorti en 1973, c'est également le premier tube du groupe dont l'histoire n'a retenu que Let no man put asunder. Pourtant, la moisson de tubes fut exceptionnelle : Dr Love, Double Cross, The Player, Love thang... L'insigne dub de Full Intention met enfin en valeur ce must du "Philly Sound" qui n'avait pas fait l'objet d'une version maxi à l'époque.

8/ ANDREA T AND TIBET "Could it be magic" : Une reprise qui arrive à se hisser au niveau de l'illustre original interprété par Donna Summer. Et pourtant, quelle gageure ! Les versions des boys bands Take That et Alliage n'arrivent pas à la cheville de ce mix mais Alain Chamfort avait réalisé une adaptation intimiste très réussie à l'époque (Le temps qui court).

9/ FAT LARRY'S BAND "Lookin' for love tonight" : un disque que j'avais diffusé à l'époque bénie de la Max Party. Act like you know ( et sa ligne de basse multi-pompée) et ce titre sonnent comme les seuls hits de ce groupe de Philadelphie. Peut-être peut-on adjoindre à la maigre liste, la ballade Zoom.

10/ THE FACE "Needin' U" : le dernier grand disque de David Morales. Mais quelle mouche l'avait piqué pour sortir ce délirant assemblage de samples alors que ça n'était pas dans les habitudes de la maison ? Deux morceaux servent de base à ce titre : Let me down easy de RARE PLEASURE pour la ligne de piano et My first mistake des CHI-LITES pour les voix et les cuivres. Le break contient un scat déja entendu sur le New anthem de REEL TO REAL.
A cet empilage, j'ajoute brièvement ma touche personnelle avec l'accapella de Finally de K.O.T.

Je profite de l'occasion pour faire une prière ; une prière pour que le grand Morales cesse de succomber à l'attrait des sets et des tournées juteuses pour faire son come-back à la production avec ces arrangements dont il a le secret. Dans cette période de disette musicale, nous avons trop besoin de remixers de sa trempe pour convertir les titres fadasses qu'on nous fait avaler à longueur de journée sur les médias en véritables pépites pour un public en manque de vibes.
Dans les années 90, lorsque j'allais faire mes courses chez Champs Disques, avenue des Champs-Elysées, la première question que je posait aux vendeurs était : "Avez-vous du Morales à me faire écouter ?" ; et les gars avaient toujours 4 ou 5 productions à me proposer chaque semaine !!! idem pour Steve Hurley.

11/ KEVIN YOST "If she only knew" : Une concentration jamais égalée de samples dans un mix !!! C'est l'oeuvre de Todd Edwards qui transforme le titre plutôt tranquille de Kevin Yost en une sorte de "disco festival" avec des fragments de titres venus de tous horizons. Impossible de résister à l'envie de se trémousser sur un tel chef d'oeuvre.

12/ GUSTO "Disco's revenge" : le titre qui lança le label français Do it Music dont le directeur artistique était Sam Choueka (l'un des deux animateurs FM et télé connus sous le nom de Groucho et Chico) et le responsable promo, Cocto. Disco's revenge sample le Groovin' you de Harvey Mason. Il fallait y penser ! Des remixes anglais apportant une mélodie chantée renforcèrent l'attrait pour le disque... et sa diffusion en radio. A Skyrock, on m'a toujours dit que les instrumentaux n'étaient pas les bienvenus dans les programmations. Même les slows, jugés trop mous, furent bannis de l'antenne vers 1993. Les radios FM, à force de considérer l'auditeur comme un être décervelé, n'ont-ils pas creusé leur tombe ? Lorsqu'on voit les gesticulations actuelles dans ce petit monde et la crise terrible qu'il affronte, on se demande si le mal ne vient pas de toutes ces années de mépris.

13/ NOOTROPIC "I see only you" : une happy house "so british" remixée par Love to Infinity, des producteurs mancuniens qui ont remixé le Gotha de la pop internationale.

14/ C-MOS "2 million ways" : C-Mos est l'un des pseudos du producteur belge Oliver Abeloos qui fut à l'origine de tubes tels que T 99 (Anasthasia) ou Quadrophonia (Quadrophonia). Ces violons magnifiques sont empruntés à un vieux titre soul complètement ringard : Run back par Carl Douglas (remember Kung Fu fighting !). Sans doute que la technologie a permis d'optimiser ce sample peu évident à travailler à l'écoute.
L'intro du remix réalisé par Axwell (membre de la redoutable Swedish House Mafia) se mélange avec une grande magie aux violons de Nootropic. J'ai rougi de plaisir en trouvant ce mix et en le peaufinant. Et vous, qu'en pensez-vous ?