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vendredi 24 décembre 2010

N° 91 : Ultimate House Anthems (Hurley's classics, Xpansions, Underground Resistance...)

Set non disponible

Ainsi s'achève une décennie qui n'aura pas été frappée du sceau de la splendeur.

Abstraction faite de tous les drames qui l'ont marquée, son bilan musical n'est guère reluisant.

Sur le déclin car méprisée par les médias, la musique club et notamment la house music, sa cheville ouvrière, se sont vues regroupées sous l'appellation générique de "musiques électroniques" afin de tenir dans un seul rayon dans les grands magasins culturels, véritable fourre-tout qui déroute encore un peu plus les consommateurs.
Dieu sait pourtant que les sous-genres se sont multipliés et qu'il aurait été du devoir des disquaires de bien différencier les divers courants.

Concernant l'esprit originel de la house, c'est le Fort Chabrol d'une poignée de producteurs.
Heureusement, quelques "grands" portent encore l'étendard et leurs disciples émergent peu à peu.

En effet, ce sont les DJ's, souvent starisés, qui ont totalement éclipsé les artistes (accessoirement DJ's) dotés d'une réelle sensibilité musicale en inondant le marché de titres aux mélodies souvent simplistes et aux arrangements d'une pauvreté indicible.
Le but avoué par beaucoup est aujourd'hui de réaliser un tube et de profiter de cette notoriété pour tourner en club, vivant sur ce maigre acquis.

Les DJ's américains historiques comme Frankie Knuckles ou David Morales ont d'abord été des résidents reconnus dans leur fiefs avant de se voir proposer des tournées à travers le monde. C'est au mérite qu'ils ont acquis ce privilège.

D'autre part, alors que nous croulions sous les tubes dans les années 1988-1998, on traque aujourd'hui désespérément le titre qui vous embarquera à la première écoute.
Ce sont des dizaines d'heures d'écoute sur Traxsource, Decks ou bien sur les sites de podcasts que je dois réaliser chaque semaine pour découvrir quelques joyaux.

Ainsi, depuis le début de ce siècle, j'ai dû diversifier mes goûts, me tournant vers la variété française, la lounge, la pop-folk, la nu soul et le nu jazz afin de palier les insuffisances de cette musique fondatrice de ma culture.

Bien plus qu'une inspiration valétudinaire, je pense que l'interdiction des samples ou les épuisantes formalités juridiques afin d'obtenir l'autorisation de les utiliser ont grandement affecté le côté magique et spontané de la house music alors que ces mêmes samples furent à l'origine de son avènement.
Dernière preuve en date, l'ultime tube house de la décennie, le totalement fédérateur "Barbra Streisand" de DUCK SAUCE, est basé sur un sample de Boney M ("Gotta go home").


La house de qualité (souvent appelée "soulful house") existe pourtant bien, tout comme la progressive house, nouvelle appellation de la dance music, mais tels des orpailleurs, il faudra creuser pour dénicher ces pépites car les médias ne vous les livreront pas sur un plateau, le rock, le R'n'B et le rap français de bas étage ainsi que les "nanars" des années 80 encombrant les ondes et les chaînes de télé depuis bien longtemps.

Je crois que la house fut et restera une musique de marginaux, de doux rêveurs et d'alchimistes sans réel message et que c'est cela qui dérange. Les bidouilleurs de Detroit n'ont jamais convaincu l'Amérique.
Un mouvement culturel qui n'est dépositaire d'aucune cause, d'aucun combat, n'a pas voix au chapitre en France, pays des Droits de l'Homme qui se vante constamment d'avoir fait sa Révolution.

Nous prenons donc acte de ce choix arbitraire et retournons dans nos athanors respectifs pour échanger et transmettre nos émotions entre membres de la coterie.

Après tout, la marginalité est peut-être le gardien de l'authenticité.
Le disco est mort de sa démocratisation à outrance. Alors vivons heureux, vivons dans l'ombre.


Voici un set qui donne la part du roi à la house de Chicago, le mouvement musical qui donna l'impulsion avant que la techno existe.

1/ CE CE PENISTON "We got a love thang" (Silky House Thang) : assurément dans le Top 5 des remixes de Steve "Silk" Hurley !
Découverte alors qu'elle assurait des chœurs pour l'artiste Overweight Pooch ("I like it") et signée illico sur A&M Records, la Miss Black Arizona a pu s'offrir les services des maestros house comme Masters At Work et David Morales.
"We got a love thang" atteignit le 1ère place du US Dance Chart en février 1992.
On retrouve dans les chœurs Kim Sims, artiste produite par Steve Hurley.

2/ WAS (NOT WAS) feat. Kim Basinger "Shake your head" : tube emblématique de la Skyrock Max Party, le titre ne brilla pourtant pas en club malgré son refrain "happy" et l'excellent remix d'un Steve Silk Hurley décidément peu à l'honneur dans ce pays.
A noter en face B du maxi, un fantastique mix de "Listen like thieves" (reprise de INXS) par Danny Tenaglia.

3/ JAMIE PRINCIPLE "You're all i've waited for" : c'est en 1985 que Jamie Principle alias Byron Walton participe à la naissance de la house music avec le très "Bowie-style" "Your love", un titre supporté par son ami Frankie Knuckles, DJ du club Warehouse de Chicago, qui le mixait en superposant le fameux discours de Martin Luther King, "I have a dream".
En 1990, THE SOURCE reprendra d'ailleurs le gimmick de synthé pour un bootleg de "You got the love" de CANDI STATON.

"Baby wants to ride" fut un autre succès dans le registre acid-house.

Au début des années 90, sa collaboration avec Steve Hurley sera fructifiée par "Hot Body" (déjà présenté) et ce "You're all i waited for".

4/ JAMIE LORING "Love or infatuation" : dans le cadre de leur collaboration, Hurley et Principle produiront cette artiste dont ce single fut le seul titre remarquable, remixé ici par E-Smoove.

5/ MONIE LOVE "Born 2 B.R.E.E.D." : J'avais découvert Monie Love dans le Skydance avec "I can do this" (1988) puis le monumental "Grandpa's Party" (1989).
Son tube mainstream reste "It's a shame" (reprise des Detroit Spinners) en 1990, largement joué sur Skyrock.
"Born 2 B.R.E.E.D." est produit par Prince et excelle dans toutes ses versions, notamment le Born To Funk 12" Mix.

6/ HAPPY MONDAYS "Stinkin thinkin" : entendu dans le set de Maurice Joshua sur Skyrock !
Originaire de Manchester, le groupe Happy Mondays délivra une pop déjantée qui cristallisait des influences aussi diverses que la house ou le rock psychédélique des années 60.
Ce remix est réalisé par Farley & Heller à qui l'on doit le mémorable "Ultra Flava".

7/ THE S.O.U.L. S.Y.S.T.EM. "It's gonna be a lovely day" : cette reprise du tube de BILL WITHERS "Lovely day" (1977) est malmené de manière frénétique dans ce remix cultissime de Clivillés & Cole.
Tous les ingrédients d'une house rageuse sont réunis pour le bonheur des pieds et des oreilles dans ce Palladium House Mix I. Le double pack est de toute façon d'une urgence absolue.
La chanteuse est Michelle Visage, ex-membre du trio SEDUCTION qu'avait produit Clivillés et Cole à la fin des années 80.
On peut également l'entendre dans un style plus soft dans "Crash" de TKA (déjà présenté sur ce blog).

8/ LISA LISA & CULT JAM "Let the beat hit 'em" : en 1991, alors réalisateur de l'émission Top Dance, j'avais proposé à RLP de présenter ce maxi en nouveauté import.
Je lui proposais d'ailleurs chaque semaine une sélection de maxis que je me procurais au magasin Champs-Disques à Paris.
Il avait opté pour la version hip-hop (Brand New Super Pumped Up C&C Vocal Club Mix) qui le dispute en qualité à ces remixes house dont le gimmick vocal suit les pas du "Gypsy Woman" de Crystal Waters.
C'est l'un des nombreux disques imports que Skyrock a été la première radio nationale à présenter en access prime-time, contribuant largement à la popularisation de la house en France.
Merci à Tonton Pierre (Bellanger) pour la précieuse liberté qu'il a accordée à ses animateurs du week-end.

9/ SUZANNE VEGA "Blood makes noise" : un maxi plutôt rare et une version house "supervisée" par Clivillés & Cole. Je suppose que, débordés, ils ont laissé le soin à l'un de leurs ingénieurs du son d'honorer la commande du label A&M car une artiste du calibre de Suzanne Vega, ça ne se refuse pas.
Un son brut et sec, des arrangements simples et efficaces, des samples de cuivres piqués sur "Strike it up" de BLACKBOX ... de la pure house underground.

10/ UNDERGROUND RESISTANCE "Living for the night" : Mad Mike Banks et sa bande délivre un brûlot rave underground avec DAVINA ("Don't you want it") aux vocaux.

11/ XPANSIONS "Move your body" : escale chez les Grands-Bretons avec l'un des hymnes des rave parties.
Il fut brièvement classé dans le Skyrock Top Dance sans pourtant convaincre les clubbers.
Le sample de voix répété en boucle ensorcelle pourtant le corps et l'esprit.
Ce Club Mix est le chef d'œuvre du producteur Richie Malone dont c'est le seul tube notoire.

12/ THE BREAK BOYS "My house is your house" : j'avais découvert le new-yorkais Frankie Bones en 1989 par ses séries de grooves techno, les "Bonesbreaks".
Au début de la décennie 90, le Royaume-Uni et ses raves parties lui firent les yeux doux et sa popularité grandit en conséquence.

Le sample est extrait du House-A-Pella de "My house" de NELSON "FFWD" CRUZ sorti en 1989 sur Minimal Records, le label d'Arthur Baker.
C'est un production de Tommy Musto qui fut un disciple de la techno avant d'être pacifié par la grâce du New Jersey garage.

13/ CAMEO "Money" : l'un des plus anciens groupes de funk se fait furiusement technoïser par le pionnier de Detroit, Kevin Saunderson.
Ce Reese Revamp Mix porte bien son nom puisque le verbe "revamp" signifie "remodeler" ou "réamenager", ce dont l'original avait grandement besoin !
La loop provient de "N.T." de KOOL & THE GANG mais le sample de voix enragé reste inconnu, sans doute pompé sur quelque disque de heavy metal. On l'entendra à nouveau sur "Disco Flash Mix" de THE DISCO FREAKS.
Quand à l'effet delay placé sur le gimmick de synthé, il impose une syncope hallucinogène. Le gimmick fut entièrement repris sur "Velocity funk" de E-Dancer (autre pseudo de Saunderson) en 1997.

14/ UNITY "Unity" : un disque merveilleux et énigmatique, mené à un train d'enfer et qui marche sur les traces du gimmick d'orgue de "Gypsy Woman".

vendredi 19 novembre 2010

N° 87 : In a Joshua style (Ce Ce Peniston mash-up, Smooth Touch, House of Gypsies, UK Garage must-have...)

Set non disponible

Le set de Maurice Joshua réalisé en 1992 dans la Max Party fait l'objet d'un véritable culte dans la communauté house française.
Je suppose même que le master mix dépourvu des jingles et du traitement de son et que j'avais offert sur mon podcast dédié à ma période Skyrock circule désormais aux Etats-Unis.

Autant on s'était franchement ennuyé sur certains sets d'autres DJ's, autant celui-ci faisait l'unanimité.
Il faut dire que la programmation était irréprochable, virevoltante et sans temps mort.

C'est donc un hommage à cette fraîcheur insufflée ce jour-là par le génie de Chicago que j'ai voulu retranscrire à travers ce set justement nommé "In a Joshua style".
Programmation nerveuse, tubes totalement underground et surtout démarrage par un habile mash-up qu'avait sorti Joshua de sa besace.

Une harmonie et un groove à l’unisson entre le dub de "Crazy love" de Ce Ce Peniston et "Keep it comin'" de C & C Music Factory, l'un des premiers grands mash-ups que j'ai entendu dans un set de DJ.

Aujourd'hui, ce type d'exercice est devenu monnaie courante et des logiciels comme Traktor permettent de programmer et mixer 4 platines simultanément dans le tempo et donc de réaliser des mash-ups fabuleux en soirée, timestretching et effets à foison étant disponibles pour sublimer le résultat.

1/ CE CE PENISTON "Crazy Love" (Kenlou House Dub) mixed with the accapella of "Keep it comin'" by C & C MUSIC FACTORY : je pense que Maurice Joshua avait fait réaliser un test pressing de cette idée. Mais n'étant pas présent dans le studio, il se peut qu'il ait été réalisé en live.
Cela me paraît improbable car l'acappella de C & C Music Factory n'étant pas au tempo, il aurait fallu un miracle pour garder le groove au 10e de seconde près sur cette rythmique ternaire, surtout avec le pitch énorme imposé à la platine.

J'ai tenté de l'optimiser en calant les voix au plus juste, l'original n'étant pas parfait.

2/ JAMIE PRINCIPLE "Hot body" : la version de Steve "Silk" Hurley déjà présentée utilisait la base musicale de "Bad girls" de DONNA SUMMER. Cette version de Maurice Joshua - d'ailleurs jouée dans son set - est plus underground tout en gardant l'esprit happy qui le caractérise.

3/ BIZARRE INC "Love in motion" : ils étaient passés par la Max Party pour un excellent set.
Proposé en double pack, ceci est leur dernier bon maxi. Même s'il contient des versions de MK, les meilleurs mixes dont cet Underground Dub très "hurleyien" (je tente un néologisme car pour qu'un mot entre dans le langage commun, il faut bien que quelqu'un se jette à l'eau) sont signés Davide Ruberto (qui a collaboré avec Ricky Montanari, lui aussi invité dans la Max Party).

4/ CRYSTAL WATERS "Makin' happy" : j'ai martelé ce titre dans mes Skyrock Top Dance Megamixes et surtout cet Hurley's Insane Mix moins commercial que l'original.
Ce follow-up est à mon avis supérieur à "Gypsy woman (She's homeless)".

En 1994, Crystal Waters sortira deux autres singles de bonne tenue, "What i need" et "100% pure love" et s'offrira en 1996 un featuring sur les remixes de "In de ghetto" de DAVID MORALES & THE BAD YARD CLUB.
On redécouvrira avec surprise sa voix nonchalante sur "Destination unknown" d'ALEX GAUDINO en 2003.

5/ LEE MARROW "I want your love" : au début des années 90, l'italien Lee Marrow a.k.a. Francesco Bontempi est un habitué des places d'honneur du classement du Top Dance.
Il a commis "To go crazy" (1990) et surtout le remix 92 de "Don't you want me", abondamment joué dans la Max Party.
"I want your love", récurrent dans mes megamixes de l'époque, est doté d'une belle mélodie remarquablement interprétée par Charme (connue aussi sous le nom d'Ann Lee) et utilise avec bonheur la loop du mix de Steve Hurley de "Hold on" de CLUBLAND.

Lee Marrow a activement participé au succès de la chanteuse Corona en réalisant des remixes sur tous ses titres.
La brésilienne aux jambes interminables reprendra d'ailleurs l'une de ses compositions, "Try me out" en 1995.

6/ SMOOTH TOUCH "House of love" : C'est un sample hargneux de Althea McQueen qui sert de base au titre.
L'original plutôt banal était interprété de manière très soft par Cynthia Seijo.
En revanche, le mix de la face B avec sa rythmique batucada était totalement envoûtant.

Ce nouveau mix du duo Morillo/Phearce ajoute encore à la couleur hard-house et assoit définitivement ce titre au rang de "all time classic".

7/HOUSE OF GYPSIES "Samba" : félicitations à celui qui indiquera d'où provient le sample vocal. Je suppose qu'il s'agit d'un obscure titre brésilien des années 60-70 récupéré chez un disquaire d'occasions. C'est la méthode que beaucoup de producteurs utilisent pour réaliser des productions avec des samples dits "improbables".
Par exemple, "Bouge de là" de Mc Solaar avait été réalisé grâce à un vieux disque de funk de Cymande acheté par le producteur Jimmy Jay aux puces de St-Ouen.

"Samba" est en tous cas un autre "all time classic" et Maurice Joshua l'avait également joué.

8/ D.M.S. "Let me tell you somethin" : un mix rare de Todd Terry qui utilise le sample de Rhodes de "Ten Percent" de DOUBLE EXPOSURE.

9/ MAW feat. Xaviera Gold "Gonna get back to you" : entendu aussi dans quelque set de la Max Party, c'est l'une des premières apparitions de Mood II Swing au remix.

10/ 24HOUR EXPERIENCE "Scatter" : le premier maxi de la série de dubs UK garage proposés au milieu des années 90 par Grant Nelson. Des vinyles absolument indispensables pour les DJ's "old school".
Discrètement on perçoit la loop de "The Pleasure Principle" de Janet Jackson et le "whiipp!" de "Walking on sunshine" de Rocker's Revenge.

11/ KATHY SLEDGE "Another star" : extraordinaire dub de Roger S où les percussions prennent progressivement le pouvoir. De la house underground de premier choix comme on en fait hélas plus. La mélodie de Stevie Wonder est complètement massacrée mais le résultat est jaculatoire.

12/ DUB MONSTERS "Deep innit" : cet intermède festif n'était que passager avant le retour du UK garage et ses obscures productions comme ce EP "Dub Monsters" dégoté chez Vibe Station, le vinyl shop du quartier Bastille, en 1997.

13/ PEARL NECKLACE "On a mission" : extrait de l'urgent E.P. "The Sound Blast 8 Tracker" sorti en 1997 et gorgé de pépites UK Garage comme "Wurly bird" de Richard Purser ou "Large" de The Essence, déjà joué dans un set précédent.

14/ REEL 2 REAL "Conway" : le dernier maxi de Reel 2 Real que j'ai acheté. Bien que le soufflé soit retombé, il reste un titre de bonne facture livré en double pack avec notamment ce remix ragga-deep de Keith Litman, qui s'était surpassé sur ses versions de "Raise your hands".

vendredi 13 novembre 2009

N° 44 : 1991-1994 - The Golden Years (Steve Anderson's great mixes, David Morales, Sounds of Blackness...)

Set non disponible


Fertiles les premières années de cette décennie qui clôt le 20ème siècle et que, tel David Bowie, je qualifierais de "Golden Years".
Après une entrée en matière minimaliste voire acide, la house se drape enfin d'élégance et d'arrangements somptueux.

Les précurseurs de la house n'étaient pas musiciens mais avaient mis un sérieux coup de pied dans la fourmilière consensuelle d'une funk-soul de père de famille dont se gargarisaient volontiers les clubbers anglais des années 80.
Puis vint une génération de producteurs chevronnés, musiciens de surcroit ou du moins entourés de percussionnistes et de claviers totalement investis dans leur mission de popularisation de la house.

Ce set leur rend hommage.

1/ MALAIKA "So much in love" : 1992, Ce Ce Peniston a trusté les charts depuis des mois avec les monumentaux "Finally" et "We got a love thang". Marchant dans les traces de l'ex-Miss Arizona, son finaud producteur, Rodney K. Jackson, dégotte son clône parfait, Malaika.
Même voix, mêmes arrangements, David Morales au remix... je propose au label Airplay de signer le titre mais, une fois de plus, il est jugé trop "garage" pour séduire un public nourri à l'italo-house.
Pourtant l'étiquette racoleuse de la pochette annonce la couleur "The record you've heard so much about!"..."Explosive remixes by David Morales" mais le chant des sirènes laissera la France indifférente.

2/ JAMIE PRINCIPLE "Hot body" : ce protégé de Frankie Knuckles (qui le produit et le joue abondamment) est révélé au crépuscule des années 80 avec son tube gospelisant "Your love" et son pendant acid "Baby wants to ride".
Se tournant vers l'incontournable Steve Silk Hurley en 1991, il nous gratifie de ce joyau de happy house qui reprend le gimmick de "Bad Girls" de Donna Summer. Un titre largement diffusé dans mes Skyrock Top Dance megamixes mais qui restera hélas un import. Maurice Joshua proposera sa version dans son désormais légendaire set pour la Max Party.

3/ CRYSTAL WATERS "Makin' happy" : follow-up totalement réussi de "Gypsy woman", il offre une palette de remixes d'un Steve Silk hurley à l'apogée de son inspiration.
Je vais encore annoncer une chose effroyable, impensable pour tous les lecteurs de ce blog mais... ce titre n'a pas été signé en France !!! Il fallait bien qu'un pays en manque de goût et doté d'œillères laisse de côté ce que les américains lui présentait de plus magnifique, trop préoccupé par se qui se passait chez ses voisins européens.

4/ BOBBY BROWN "Humpin' around" : producteur et pianiste brillant, remixer patenté de la team anglaise du DMC, Steve Anderson, nous propose une version sautillante à souhait, bien loin du son New-Jack de l'original. Avec son acolyte Dave Seaman, il fondera le groupe Brothers in Rhythm et l'on ne peut qu'exalter ses "revisites" très orchestrées de tubes comme "Gonna make you sweat (Everybody Dance Now)" de C& C Music Factory, "It's a fine day" de Opus III ou "Thinking of you" de Sister Sledge.

5/ MICHAEL JACKSON "Black or white" : 1991, c'est la douche froide pour les fans puristes du Michael Jackson des débuts. En guise de mise en bouche avant la sortie du nouvel album, ils reçoivent un single très pop-rock au clip surutilisant le morphing, "Black or White". L'agent blanchissant de la soul a montré toute son efficacité, même à 30°C !
Alors que nous allions nous morfondre sur un album aux antipodes du mythique "Off the wall", les remixes de Clivillès & Cole qui sortent en mars de l'année suivante sont un électrochoc.
Une transfiguration géniale qui deviendra LE remix de référence du duo.
Joué et rejoué dans mes Top Dance Megamixes à l'époque, la magie de ce mix reste inaltérée, 18 ans après sa sortie, le break et son riff de piano hargneux restant un moment qui provoque toujours en moi l'érection capillaire (chère à André Manoukian !).

6/ TEN CITY "Whatever makes you happy" : un petit pas en arrière dans l'année 90 avec le déjà grand David Morales pour ce New York City Mix totalement gospel-garage, un classique pour l'éternité.

7/ SOUNDS OF BLACKNESS "I believe" : produit et par Jimmy "Jam" Harris et Terry Lewis, deux ex-membres du groupe THE TIME (produit à l'époque par Prince), ce morceau de la formation gospel SOUNDS OF BLACKNESS est remixé de manière très consensuelle par David Morales, ce dernier libérant son style underground dans un Delivrance Dub plutôt sombre mais néanmoins intéressant.

8/ TAFURI "You know how to love me" : nouvelle production jouissive de Steve Anderson avec cette reprise du tube de feue Phyllis Hyman sorti en 1979. Le titre a été repris par Chris Bangs en 2000 mais la version remix présentée sur la compilation Hed Kandi ( la plus répandue) est un peu trop accélérée pour conserver le groove original.

9/ CLUBLAND "Hypnotized" : avec ce titre s'achève ma présentation des meillleurs mixes de ce groupe suédois au diapason du son garage new-yorkais. C'est le clavier Eric Kupper qui instille cette ambiance cosy qui aurait fait le bonheur du Paradise Garage de Larry Levan.

10/ LNR "Reachin'" : petite production house de Chicago datant de 1993, le tube de ce groupe reste résolument le "Work it to the bone" (1987).

11/ COLOURBLIND "Nothing better" : l'un des multiples pseudos du duo Victor Simonelli - Tommy Musto, du pur "New Jersey Garage" au son sec et aux arrangements assez épurés.

12/ SOUNDS OF BLACKNESS "Everything's gonna be alright" : final avec cet hypnotique Chuff Chuf Dub sur deux accords signé CJ Mackintosh en 1994. Dans le même esprit, prêtez une oreille à ses remixes de "You got it" de JODECI.