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lundi 27 février 2023

N° 321 : The Beauty & The Joy


1/ EMMACULATE feat. Kaye Fox "Gold" (Terry Hunter Platinum Remix) : cette voix non sans rappeler celle d'Alicia Keys pour un remix jazz-house totalement jaculatoire.

2/ DONNA ALLEN "He Is The Joy" (T.Markakis Extended Remix) : la house music sans frontières se pose ici en terre grecque pour ce remix assez linéaire, appuyé sur la fondamentale de la mélodie de ce classique gospel.

3/ THE LAYABOUTS feat. Portia Monique "Bring Me Joy" (The Layabouts Vocal Mix) : bon allez, tout le monde à l'église évangélique pour la prière du dimanche matin ! une artiste et des producteurs du label anglais Reel People Music (Tony Momrelle, Reel People...).

4/ AFTERLIFE "Let It Go" (Groove Assassin Remix) : La voix de Cathy Battistessa, la suavité et la sensualité incarnées.

5/ DAVID MORALES "Never Looking Back" (Sandy K.O.T. Rivera Remix) : merci à mon ami Eric Soulful pour m'avoir attiré l'attention sur cette relativement récente sortie du maître. Il n'a pas encore dit son dernier mot et retrouve les accords magiques de ses productions d'antan. Lea-Lorién apparaissait déjà sur "How Would You Feel" en 2004.

6/ KNEE DEEP "Odyssey" (Moplen Extended Remix) : un mix de l'italien Moplen (une sorte de remixer disco à la Dimitri From Paris) carrément plus flamboyant que l'original, déjà excellent.

7/ AFROJACK & BLACK V NECK "Day N Night" (Extended Mix) : un set sans passer par la Hollande n'est pas un set normal. Afrojack s'est fait connaitre en 2010 avec "Take Over Control". Plutôt orienté EDM, j'ai trouvé un peu de groove dans cette production de 2022... alors elle est entrée dans ma playlist.

8/ LUTHER VANDROSS "Shine" (Freemasons Club Mix) : une mélodie absolument extraordinaire qui s'évade sur les accords de "My Forbidden Lover" de CHIC. Comme je le dis bien souvent (pour paraphraser Thierry Henry), c'est la capacité d'une mélodie à s'affranchir du carcan de la logique qui en fait la magie.

9/ WHO, MARSHALL JEFFERSON & TEN CITY "I Love Me" (Extended Mix) : on tutoie le sublime avec le chanteur Byron Stingily de Ten City, maître de la voix de fausset. Une des grosses sorties de ce début d'année et peut-être un hymne en club ?

10/ XAVIER "Give Me The Night" (Freemasons Vocal Mix) : un one-hit wonder de 2005 sauvé par le remix des Freemasons.

dimanche 27 avril 2014

N° 214 : Groovitation (Knee Deep, Marcus Marr, Young & Company...)


Set non disponible

Playlist

YOUNG & COMPANY "I Like What You're Doing To Me"
HERLEY JOHNSON Jr. "Do It"
RON's EDITS "Heads Together" (original : O'JAYS "Put Your Hands Together")
TEN CITY "That's The Way Love Is" (Acieed Mix)
CRYSTAL WATERS "Makin' Happy" (Happy House Mix)
DJ LE ROI "Dust Of Basement" (Main Mix)
GOLF CLAP "On To You" (Kinky Movement Remix)
KNEE DEEP "Sweet Love"
LYKKE LI "I Follow Rivers" (The Magician Remix)
MIGUEL MIGS "Giving It All" (Miguel Migs Dub Deluxe)
MARCUS MARR "The Music"

mardi 5 avril 2011

N° 105 : House came turn around (Farley Jackmaster Funk, Magoria, Andy Compton, Saffron...)

Set non disponible

Comme promis de longue date, je vais vous raconter l'histoire de ce tube historique de la house music : "Love can't turn around" de FARLEY "JACKMASTER" FUNK & JESSIE SAUNDERS.
Je m'appuis ici sur la biographie de Jesse Saunders parue sous le titre "House music : the real story". Cette version des faits est corroborée par d'autres artistes majeurs de la scène house et l'on peut donc lui accorder un certain crédit.
Jesse Saunders est présenté comme l'inventeur de la house music avec le single On & on", un titre hélas sans grand intérêt.

Nous sommes en 1986. La rivalité entre deux radio DJ's, Steve Hurley et Farley Keith, plane sur Chicago. Les deux protagonistes se disputent la paternité du surnom "Jackmaster".
Steve Hurley décrète que son nouveau nom est Steve "Jackmaster" Silk alors que Farley Keith surenchérit en se proclamant Farley "Jackmaster" Funk. Une querelle dérisoire qui est symbolique de l'ambiance nauséabonde dans laquelle baigne une house music encore embryonnaire.

Peu de temps après le déclenchement des hostilités, Farley fait écouter à son ami Jesse Saunders une K7 de piges d'émissions radios locales qui contient un titre réalisé par Hurley, une sorte de remix house d'un titre anecdotique de Isaac Hayes, "I can't turn around", qui figure en fin de face B de l'album "Chocolate Chip" sorti en 1975.
Farley est déterminé à surpasser son rival en sortant sa propre version de l'idée en ne gardant que la ligne de basse et en créant une nouvelle mélodie.
Saunders ayant connu par le passé quelques embrouilles avec Hurley, il décide de suivre Farley et de collaborer au projet.
Le chanteur choisi est un certain Daryl Pandy, artiste local encore inconnu mais à la palette vocale très étendue.
Le titre, renommé "I can't turn around", est signé en avril 1986 sur le label DJ International dirigé par le peu recommandable Rocky Jones. La ligne de basse étant le seul élément emprunté à l'œuvre d'Isaac Hayes, les risques de procès sont évalués comme minimes.

L'explosion des ventes ne se fait pas attendre, le buzz se répandant rapidement à travers la communauté de DJ's locaux.
Rocky Jones signe d'ailleurs sans rechigner un chèque de 10 000 dollars à chacun des deux producteurs, juste un mois après la sortie du single.

Quelques mois plus tard, Jesse Saunders est en tournée à Londres et réalise un set dans un Virgin Megastore.
C'est avec stupeur qu'il découvre sur un écran géant la vidéo de son titre interprété par Darryl Pandy, un hit déjà plébiscité par l'émission "Top of the Pops" et signé sur London Records par Rocky Jones à son insu !
C'est une magouille ourdie par Rocky Jones, Farley et le Dj star de la radio BBC One, Pete Tong (dont on espère qu'il fut un complice involontaire).
Jesse Saunders n'est même plus crédité sur la pochette.
"Love can't turn around" sera le premier single house à entrer dans les charts anglais et atteindra la 10e place en octobre 1986.

Quant à Steve Silk Hurley, il tiendra sa revanche en janvier 1987, avec le monstrueux "Jack your body".

Le démarrage de ce set est un clin d'œil à cette histoire tout à fait représentative de tous les coups bas qui jalonnent le difficile métier de producteur.


"Devotion" de TEN CITY sorti en 1987 est l'un des accapellas les plus samplés de l'histoire. Sa première renaissance en 1991 est l'œuvre de Nomad avec "(I wanna give you) Devotion", gros hit du Skyrock Top Dance qui a même à l'époque bénéficié d'une superbe version d'un certain Joey Negro alors totalement inconnu.

J'ai découvert "Mutoid waste" de MAGORIA sur la radio Maxximum en 1991.
Cette production "Inner City-like" (comme tant d'autres) très inspirée de "Good Life" est signée par les suédois Stonebridge et JJ, eux aussi alors totalement inconnus.

C-ROCK "Rawsen" : ce qui m'a plu dans cette production allemande répétitive est le son très puissant et évolutif du gimmick du synthé, un grain qui n'est pas sans me rappeler ce fantastique joujou que fut le Pro One de Sequential Circuits (qui a servi notamment à réaliser notre remix trance de "Take it easy" de CHERRY MOON).

"Just let go" de PETRA & CO est un autre "Inner City-like" qui reprend cet accord de clavier entendu sur "Big Fun" et qui, très étrangement, a subjugué bien des producteurs alors qu'il y avait tant d'autres sons à créer facilement grâce à la puissance et la simplicité d'utilisation de samplers comme le S1000 de chez Akaï.

BLACK BOX "I don't know anybody else" : après la version tonitruante de Steve Silk, voici un remix plutôt garage signé DJ Lelewel.

SAFFRON "Circles" : cet immortel dub de Frankie Knuckles me rappelle les grandes heures de la Max Party et ses sets de DJ's internationaux.

ANDY COMPTON feat. Diviniti "In time" : retour au 21e siècle avec un titre lounge/downtempo composé par l'un des membres du groupe anglais THE RURALS et remixé par les australiens de Soulful House Experience (SHE).

LIPS feat. Bongi Mvuyana "Time is now" : cette merveille nous vient tout droit d'Afrique du Sud, pays hautement improbable en matière de soulful. La house se mondialise aussi.

D-MALICE feat. Rebecca Knight "Poison" : ce "direct-to-mp3" est un remix somptueux signé Scott Wozniak.
Vous comprenez pourquoi il est désormais crucial de s'équiper d'outils comme Virtual DJ ou Traktor puisque le vinyle est à nouveau menacé de disparition.

vendredi 20 novembre 2009

N° 45 : Skydance, the Sound of New York (John Jellybean Benitez, Ten City, Shep Pettibone...)

Set non disponible


Avant toute chose, je signale que je n'emploierai plus les mots "classe", "mythique" et "culte" pour désigner un mix, rappelé à l'ordre par le dernier bouquin de l'excellent Jean-Loup Chiflet : "99 mots et expressions à foutre à la poubelle".

En effet, "être classe" ne veut rien dire, le mot faisant référence à la lutte des classes. On oppose maladroitement "être classe" à "être plouc". Quitte à paraître désuet, je devrais donc parler de "chic", comme les bourgeoises de la Rue du Four. D'ailleurs, "le freak, c'est chic" annonce la chanson.

"Mythique" ? comment peut-on décrire un disque ainsi alors qu'une chose ou un personnage "mythique" est légendaire et irréel. Si je parle d'un titre "mythique", c'est un non-sens puisque je l'ai bien eu en main pour le mixer et qu'un certain nombre d'autres personnes dans le monde en possèdent aussi un exemplaire tout à fait "palpable" (comme l'émotion l'est dans la bouche des journalistes paresseux !)

Et "culte" ? au pilori ! C'est pourtant un mot qui venait automatiquement à l'esprit pour qualifier un personnage ou un film. Parle t-on du culte et de ses deniers ou du culte, raccourci de la culture ?
Alors celui qui continuera à l'employer pourra dire "parlez à mon culte, ma tête est malade !" (ou du moins incapable de trouver le mot juste).

Heureusement que de grands linguistes comme J.L. Chiflet ou Bernard Pivot sont nos gardes-fous pour éviter le piège de la dérive langagière.
Vous avez provisoirement appauvri mon vocabulaire en l'amputant de 3 mots passe-partout bien pratiques mais je ne vais pas tarder à leur trouver des substituts !

Revenons-en à ce Skydance, émission mythique....enfin... excellente à laquelle la fin de ce set est consacrée.
Un fameux jingle de SKYROCK annonçait "This is Skydance, the sound of New York". Malheureusement, à mon arrivée à l'antenne au début 1991, la cartouche avait disparu, sans quoi je l'aurait utilisée à foison. Trop classe le jingle....euh..... très chic !!!!
Vous voyez comme l'entrechoquement des langages est déstabilisant.

1/ MICHAEL JACKSON "Rock with you" : le meilleur hommage que je pouvait rendre au défunt Michael Jackson : un remix d'un titre d'une époque bénie (et non pas "bénite" puisqu'il ne s'agit pas d'un objet ou d'une matière comme l'eau) réalisé par l'ami Frankie Knuckles.

Longtemps ce mix a été l'exclusivité de la radio NRJ.
Samy Dee, ancien assistant ingénieur du son de David Morales, était résident de l'émission-culte "Better Days". Il me l'avait fait écouter lors d'une visite dans les studios de Skyrock mais m'avait laissé entendre qu'il ne serait jamais commercialisé.
Heureusement, le remix le fut, mais discrètement en face B du maxi de "You are not alone" plusieurs mois plus tard, c'est déjà mieux que rien. Il aurait été dommage que personne ne profite de cette merveille.

2/ TOTAL CONTRAST "Takes a little time" : un Bandito Remix qui contraste avec la mollesse du mix original.
Il fut N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play en 1985. C'est aussi l'un des gros hits du Patch Club, discothèque ni mythique ni légendaire puisque j'y ai officié en tant que D.J. entre 1983 et 1986, un club donc.............. ????
Eh oui ! les qualificatifs tardent à venir à l'esprit, trop habitué que l'on est à des automatismes de langage finalement bannissables.
Certains lecteurs commencent à se demander si c'est un cours de français ou une description de la playliste !!!

3/ BREAK MACHINE "Street dance" : 1983, en pleine vague "smurf", Morali et Belolo (producteurs de Village People et de Ritchie Family) relèvent la gageure de monter un groupe de toutes pièces et de réaliser le tube parfait ; entendu dans les clubs du monde entier.

4/ WHITNEY HOUSTON "Love will save the day" : Gageons que ce mix signé par le latino John "Jellybean" Benitez a été joué par RLP dans le Skydance, mais je n'en ai pas la certitude.
Jellybean, alors DJ à l'Experiment Four, club new-yorkais, fut le mentor de François Kevorkian.
En 1981, il devint le DJ du Funhouse, débarquant un certain Jonathan Fearing, jugé trop classique mais qui est loin d'être un manche au niveau remix (Newcleus, Evelyn "Champagne" King, Carol Douglas...).
Juché en haut de la tête d'un clown de 3m de haut qui dominait la piste, Jellybean jouait un cocktail détonant de hip-hop, d'électro, de new-wave et de disco.

Un soir de 1983 et selon la légende, une jeune chanteuse intrépide du surnom de Madonna arrive à se glisser jusqu'à sa cabine et jouer sa démo, profitant d'un moment d'inattention du DJ résident.
Remportant les suffrages du public (était-ce le morceau "Borderline" ?), son premier album sera finalement produit en partie par le beau latino ("Holiday", "Lucky Star", "Everybody").
On lui prête évidemment une liaison avec la "croqueuse d'hommes".

5/ SLAM SLAM "Something ain't right" : une production de l'anglais Dancin' Danny D, aussi à l'aise dans l'acid-house (D-Mob) que dans le registre plus commercial, utilisant alors fréquemment voix de gamine angélique de Cathy Dennis.
Il fait appel ici à l'ex-chanteuse de l'excellent groupe Style Council (Shout to the top" et "Walls come tumbling down"), Dee C. Lee,une très belle... Noire - eh oui, je viens d'apprendre des mots de Jean-Loup Chiflet que l'on ne dit pas "black", le terme étant d'ailleurs peu apprécié par la communauté qui y voit un nouveau signe de discrimination - nous appellent-ils d'ailleurs les "whites" ???

6/ LES RYTHMES DIGITALES "Music makes you lose control" : après avoir samplé (ou reproduit ?) le slap de basse de l'intro de "Can't fake the feeling" de GERALDINE HUNT pour le tube "Jacques your body", Jacques Lu Cont récidive avec "Music makes you loose control" qui utilise l' accapella situé en intro de "Body Work" de HOT STREAK (une production Jellybean bientôt mixée par votre serviteur !).
Je glisse l'accapella de "Let it roll" de Doug Lazy, la partie filtrée étant propice au remplissage.

7/ JELLYBEAN "Jingo" : une reprise électro du tube de CANDIDO signée Jellybean et multi-diffusée dans le Skyrock Skydance, la fin du set lui étant exclusivement dédiée.
La paternité du titre revient cependant au percussionniste nigérian BABATUNDE OLATUNJI avec un titre datant de 1959 : "Jin-Go-Lo-Ba".

8/ DOUG LAZY "H.O.U.S.E." : un des artistes représentant du courant hip-house (un set sera consacré à ce style en 2011) remixé de façon très underground par David Morales. Ce fut le dernier hit d'une carrière ultra courte.

9/ THOMSON TWINS "In the name of love" : utilisant le riff de basse de "Right Back to you" de TEN CITY, Shep Pettibone trouve l'ouverture house pour un mix d'anthologie du pourtant très new-wave titre du groupe anglais THOMSON TWINS. Ecoutez l'original.

10/ TEN CITY "Right back to you" : sombrant dans la facilité, le DJ ne peut s'empêcher de superposer les deux lignes de basses parfaitement identiques. Cette version réalisée par Steve Silk hurley est un classique du Skyrock Skydance.

11/ PHIL COLLINS "Hang in long enuff" : à la fin des années 80, tous les artistes pop se doivent de réaliser une version house afin de prendre position dans les clubs. Même Phil Collins se compromet dans un mix parfait réalisé par un Shep Pettibone encore "bankable" pour cet extrait de son album cult.......urellement....intéressant (Jean-Loup, je t'ai vu froncer les sourcils !), "...But seriously".

12/ Dr ROBERT & KYM MAZELLE "Wait!" : un duo inattendu entre l'ex-chanteur romantique des Blow Monkeys et la tigresse house remixé de manière étonnamment commerciale par l'un des pionniers de la house de Detroit, Juan Atkins. Avec Derrick May et Kevin Saunderson, Atkins forma le triumvirat d'une techno embryonnaire fortement influencée par des artistes européens "cold wave" comme Kraftwerk, Depeche Mode ou Gary Numan.

13/ INNER CITY "Big fun" : une fin de set qui se drape de classicisme avec ce titre au sample venu d'ailleurs et repris des milliers de fois dans les années qui suivirent. On en peut pas dire que la sonorité de cet accord servant de gimmick soit difficile à réaliser, mais sa magie innée fit qu'il fut samplé plutôt que tenté d'être reproduit avec un autre synthé par tous les suiveurs.

vendredi 13 novembre 2009

N° 44 : 1991-1994 - The Golden Years (Steve Anderson's great mixes, David Morales, Sounds of Blackness...)

Set non disponible


Fertiles les premières années de cette décennie qui clôt le 20ème siècle et que, tel David Bowie, je qualifierais de "Golden Years".
Après une entrée en matière minimaliste voire acide, la house se drape enfin d'élégance et d'arrangements somptueux.

Les précurseurs de la house n'étaient pas musiciens mais avaient mis un sérieux coup de pied dans la fourmilière consensuelle d'une funk-soul de père de famille dont se gargarisaient volontiers les clubbers anglais des années 80.
Puis vint une génération de producteurs chevronnés, musiciens de surcroit ou du moins entourés de percussionnistes et de claviers totalement investis dans leur mission de popularisation de la house.

Ce set leur rend hommage.

1/ MALAIKA "So much in love" : 1992, Ce Ce Peniston a trusté les charts depuis des mois avec les monumentaux "Finally" et "We got a love thang". Marchant dans les traces de l'ex-Miss Arizona, son finaud producteur, Rodney K. Jackson, dégotte son clône parfait, Malaika.
Même voix, mêmes arrangements, David Morales au remix... je propose au label Airplay de signer le titre mais, une fois de plus, il est jugé trop "garage" pour séduire un public nourri à l'italo-house.
Pourtant l'étiquette racoleuse de la pochette annonce la couleur "The record you've heard so much about!"..."Explosive remixes by David Morales" mais le chant des sirènes laissera la France indifférente.

2/ JAMIE PRINCIPLE "Hot body" : ce protégé de Frankie Knuckles (qui le produit et le joue abondamment) est révélé au crépuscule des années 80 avec son tube gospelisant "Your love" et son pendant acid "Baby wants to ride".
Se tournant vers l'incontournable Steve Silk Hurley en 1991, il nous gratifie de ce joyau de happy house qui reprend le gimmick de "Bad Girls" de Donna Summer. Un titre largement diffusé dans mes Skyrock Top Dance megamixes mais qui restera hélas un import. Maurice Joshua proposera sa version dans son désormais légendaire set pour la Max Party.

3/ CRYSTAL WATERS "Makin' happy" : follow-up totalement réussi de "Gypsy woman", il offre une palette de remixes d'un Steve Silk hurley à l'apogée de son inspiration.
Je vais encore annoncer une chose effroyable, impensable pour tous les lecteurs de ce blog mais... ce titre n'a pas été signé en France !!! Il fallait bien qu'un pays en manque de goût et doté d'œillères laisse de côté ce que les américains lui présentait de plus magnifique, trop préoccupé par se qui se passait chez ses voisins européens.

4/ BOBBY BROWN "Humpin' around" : producteur et pianiste brillant, remixer patenté de la team anglaise du DMC, Steve Anderson, nous propose une version sautillante à souhait, bien loin du son New-Jack de l'original. Avec son acolyte Dave Seaman, il fondera le groupe Brothers in Rhythm et l'on ne peut qu'exalter ses "revisites" très orchestrées de tubes comme "Gonna make you sweat (Everybody Dance Now)" de C& C Music Factory, "It's a fine day" de Opus III ou "Thinking of you" de Sister Sledge.

5/ MICHAEL JACKSON "Black or white" : 1991, c'est la douche froide pour les fans puristes du Michael Jackson des débuts. En guise de mise en bouche avant la sortie du nouvel album, ils reçoivent un single très pop-rock au clip surutilisant le morphing, "Black or White". L'agent blanchissant de la soul a montré toute son efficacité, même à 30°C !
Alors que nous allions nous morfondre sur un album aux antipodes du mythique "Off the wall", les remixes de Clivillès & Cole qui sortent en mars de l'année suivante sont un électrochoc.
Une transfiguration géniale qui deviendra LE remix de référence du duo.
Joué et rejoué dans mes Top Dance Megamixes à l'époque, la magie de ce mix reste inaltérée, 18 ans après sa sortie, le break et son riff de piano hargneux restant un moment qui provoque toujours en moi l'érection capillaire (chère à André Manoukian !).

6/ TEN CITY "Whatever makes you happy" : un petit pas en arrière dans l'année 90 avec le déjà grand David Morales pour ce New York City Mix totalement gospel-garage, un classique pour l'éternité.

7/ SOUNDS OF BLACKNESS "I believe" : produit et par Jimmy "Jam" Harris et Terry Lewis, deux ex-membres du groupe THE TIME (produit à l'époque par Prince), ce morceau de la formation gospel SOUNDS OF BLACKNESS est remixé de manière très consensuelle par David Morales, ce dernier libérant son style underground dans un Delivrance Dub plutôt sombre mais néanmoins intéressant.

8/ TAFURI "You know how to love me" : nouvelle production jouissive de Steve Anderson avec cette reprise du tube de feue Phyllis Hyman sorti en 1979. Le titre a été repris par Chris Bangs en 2000 mais la version remix présentée sur la compilation Hed Kandi ( la plus répandue) est un peu trop accélérée pour conserver le groove original.

9/ CLUBLAND "Hypnotized" : avec ce titre s'achève ma présentation des meillleurs mixes de ce groupe suédois au diapason du son garage new-yorkais. C'est le clavier Eric Kupper qui instille cette ambiance cosy qui aurait fait le bonheur du Paradise Garage de Larry Levan.

10/ LNR "Reachin'" : petite production house de Chicago datant de 1993, le tube de ce groupe reste résolument le "Work it to the bone" (1987).

11/ COLOURBLIND "Nothing better" : l'un des multiples pseudos du duo Victor Simonelli - Tommy Musto, du pur "New Jersey Garage" au son sec et aux arrangements assez épurés.

12/ SOUNDS OF BLACKNESS "Everything's gonna be alright" : final avec cet hypnotique Chuff Chuf Dub sur deux accords signé CJ Mackintosh en 1994. Dans le même esprit, prêtez une oreille à ses remixes de "You got it" de JODECI.

jeudi 5 février 2009

N°4 : SkyDance, the orgasmic radio show (Paul Simpson, C & C Music Factory, Shep Pettibone...)

Set non disponible





2ème hommage au SkyDance, cette émission qui a ravivé la flamme en moi !
Il est vrai que j'ai de nombreuses pépites en stock et qu'il est bon de rappeler aux jeunes générations que cette house qui a 20 ans d'âge n'a rien à envier aux productions électro actuelles que je juge globalement très simplistes dans leur construction et leur contenu.

RLP se fournissait en nouveautés auprès d'un certain Gilbert, vendeur chez Pygmalion, disquaire du Bd Sébastopol (Paris) aujourd'hui disparu.
Il me suffisait de noter les titres de la playlist égrènés par l'animateur et de débarquer les jours suivants pour rafler les maxis.
Mieux encore, mon métier m'amenant à l'époque à sillonner le Nord de la France, je profitais de mes pauses pour fouiner chez les disquaires locaux. De Lens à Valenciennes, de Béthune à Lille, quel vendeur n'a pas vu ma grande silhouette examiner les bacs scrupuleusement.

Ainsi, en multipliant mes recherches, rien de ce que RLP jouait de bon ne m'a échappé. Cela me permet aujourd'hui de vous proposer le meilleur de cette émission.

1/ L'un des pionniers du style "garage", PAUL SIMPSON. Il est le producteur de trois hits majeurs : "Respect", "I thank you" et "Musical Freedom-free at last!" (qui sample une phrase du discours de Martin Luther King) avec le concours de la chanteuse ADEVA. Cet homme aux ondes positives délivre un nouveau message d'espoir pour la communauté noire avec ce "Everybody's a star", empruntant quelque peu à la philosophie de Warhol.

2/ JANET JACKSON "Escapade" : S'il n'a jamais travaillé avec Michael Jackson, Shep Pettibone a collaboré activement avec sa soeur. Il propose ici un mix très éloigné de l'original aux sonorités franchement "Prince".

3/ EVELYN "Champagne" KING "Hold on to what you've got" : la pionnière disco (Shame - 1977) nous donne l'occasion de découvrir l'un des tous premiers remixes du duo Clivillés & Cole, déjà très à son aise.

4/ C & C MUSIC FACTORY "MTV Medley". Ce medley a été réalisé pour accompagner la promo de leur premier album sur le "Club MTV Tour". Il figure sur la compilation "Greatest Remixes Volume 1".
Il n'y aura jamais de volume 2, un destin funeste s'abattant sur le duo avec la mort de David Cole en janvier 1995.

5/ TRILOGY "Leave me forever or love me not" : Forts du succès de "Gonna make you sweat", les C & C Music Factory prennent en main ce titre en calquant quasiment le même arrangement. C'est le riff de sax "à la JB's" qui donne le "hook" (hook= accroche... je remercie Cerrone pour m'avoir sorti ce terme lorsque nous nous sommes rencontrés !). Le sample est piqué sur "It"s just begun" de JIMMY CASTOR BUNCH.

6/ JANET JACKSON "The Pleasure principle" : Shep Pettibone nous sort l'artillerie lourde avec des caisses claires qui claquent et des samples de voix en rafale.

7/ Un classique du SkyDance : WALLY JUMP Jr & THE CRIMINAL ELEMENT ORCHESTRA "Tighten up" : Signé par l'un des producteurs historiques de la house, Arthur Baker, il se caractérise par une rythmique tonitruante qui semble jouée très "live". La difficulté éprouvée pour mixer ce titre en est la conséquence !

8/ KYM MAZELLE "Useless" : une diva catégorie "lionne rugissante" qui signe ici son premier tube. Suivront "Wait" en duo avec Dr Robert, le chanteur des Blow Monkeys et "Was that all it was", la reprise de Jean Carn (1977).

9/ 2 IN A ROOM "Do what you want" : un Morales très "DJ" dans le style, truffant son remix de samples ("Move your body" de Marshall Jefferson ; "Spank" de Jimmy "Bo" Horn ; "Walking on sunshine" de Rocker's Revenge...)

10/ TEN CITY "That's the way love is" : lente descente vers le garage avec ce mix acid-house mais très musical de Steve Silk Hurley.

11/ Atterrissage sur ma planète favorite avec un grand classique : "One Man" par Chanelle, artiste "one-shot" ; sa page Myspace indique son come-back. Le problème avec Myspace est que chacun se sent obligé d'y figurer même s'il n'a rien à dire ce qui semble être le cas.

12/ "And I loved you" : ce titre de SATOSHI TOMIIE, membre de la team "Def Mix productions", atteint des sommets grâce au mix de Morales. J'ai inclus un accapella qui figure sur l'album "Secret accapellas". Il est tellement secret que je ne sais pas de qui il s'agit et qu'il n'est pas répertorié sur Discogs. J'attends votre aide pour l'identifier.

13/ SOUND WAVES "I wanna feel the music" : il figure en bonne place dans mon "top ten" de la "deep-house". Un titre totalement envoûtant avec des samples judicieusement choisis et utilisés (l'accord de piano au tout début du "Tuch Me" de Fonda Rae, "Don't make me wait" des Peech Boys" et "Keep on pumpin' it up" de Freestyle Orchestra).

14/ UMOJA "Unity" : injustement méconnue, cette production de Joey Negro symbolise la quintessence de la house. Sa prouesse est de réussir une alchimie novatrice entre disco et deep-house sur une production de Marshall Jefferson encore ancrée dans les années 80.