Affichage des articles dont le libellé est Nitro Deluxe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nitro Deluxe. Afficher tous les articles

vendredi 19 octobre 2012

N° 166 : Late 80's and early 90's (Paul Simpson, Taurus Boyz, Nitro Deluxe...)


Set non disponible

Le Prix de la plus Grosse Putasserie du mois est attribué à...C'est la vie, de Khaled.
C'est Redone (le producteur de Lady Gaga et Mylène Farmer) qui a commis cet attentat au bon goût.
C'est le titre idéal à glisser dans la playliste d'une émission de Patrick Sébastien ou dans une séance de "crazy signs" au Club Med de Djerba la Douce.

Comme je l'imaginais (je le craignais), le titre figure dans le top 3 du Club 40.
Il y a putasseries et putasseries, les putasseries stylées genre Les Sunlights des Tropiques de Gilbert Montagné et les putasseries qui racolent sur le trottoir de la discothèque avec une mélodie torchée en 3 minutes chrono comme avec Khaled.

J'apprécie parfois les putasseries (j'en prépare une également), ces putasseries qui balancent entre le ridicule et le sublime (comme le dit très bien Emmanuel Poncet dans son ouvrage Eloge des tubes de Maurice Ravel à David Guetta) Avec ce titre de Khaled, j'ai comme l'impression que je ne survivrais pas à une virée dans une boîte de province un samedi soir.
La clientèle a profondément changé, les clubbers les plus exigeants s'étant sans doute réfugiés dans des soirées privées où tout le monde partage les mêmes goûts pour l'originalité et l'underground (ce que David Mancuso avait fort bien réalisé avec le Loft dans les années 70).


Après ce petit billet d'humeur à peine désabusé, revenons-en maintenant à ce set très axé "early house".

1/ NU SHOOZ "Point of no return" : en 1986, après avoir commis le monumental I Can't Wait, ce duo américain récidivait avec le très freestyle Point of No Return. Un mix précis d'une grande clarté dans lequel le Fairlight est à nouveau sollicité pour des sons de synthés des plus originaux.

2/ KARYN WHITE "Romantic" : j'ai rouvert le tiroir Karyn White. Après The Way You Love Me, voici le plus urban Romantic, avec une basse atone à la limite de l'envahissement du spectre sonore.
Entendu dans mes Top Dance Megamixes.

3/ EVELYN CHAMPAGNE KING "Hold on to what you've got" : "Clivillès & Cole, The Early Works", ainsi pourrait-on qualifier ce mix de 1988.
La signature du duo mythique est déjà bien marquée avec des rythmiques ternaires riches et des lignes de basses qui martèlent. Evelyn King est l'auteur du tube panthéonisé Shame (1977).

4/ BRANDA & THE TABULATIONS "Let's go all the way" : un re-edit bootleg un peu sourd d'un vieux titre R 'n' B de 1977 qui me permet la transition avec le chef d'œuvre british soul qui suit.

5/ CLIVE GRIFFIN "I'll be waiting" (Dance Mix) : une voix qui n'est pas sans rappeler celle de Michael McDonald ou de Rick Astley. Ecoutez la similitude de la mélodie avec le titre "Human" de HUMAN LEAGUE.

6/ CLIVE GRIFFIN "I'll be waiting" (Red Zone Mix) : après une face A enchanteresse, la face B dévoile le côté obscur de Morales. Outre le talent immense du bonhomme, c'est aussi cette dichotomie qui a forgé sa réputation mondiale.

7/ JODY WATLEY "I'm the one you need" (David Morales Dead Zone Mix) : le Red Zone était le club new-yorkais où David Morales était résident au début des années 90. Ce "Dead Zone Mix" assez glacial fait sans doute allusion au vocoder posé sur la voix de Jody Watley et qui lui donne un effet d'outre-tombe.

8/ NITRO DELUXE "Let's get brutal" : incontournable tube house de 1986. Toujours jouable en soirée, 26 ans après. Procurez-vous également le très bon remix de Greed (1992).

9/ L.A. MIX "Don't stop (jammin')" : signé Les Adams, un remake parfait du classique disco Heavy Vibes de Montana Sextet (1982). Suivra une palette de tubes comme Check This Out, Mysteries of loveLove together ou We Shouldn't Hold Hands In the Dark.

10/ PAUL SIMPSON "Musical freedom" : aux sources du New Jersey Garage. Préférence pour les remixes avec les voix d'Adeva ou de Candi Staton, mais cet original plus underground mérite une écoute.

Comme Shep Pettibone, Paul Simpson démarra sa carrière au début des années 80 comme remixeur pour une radio (WBLS). En 1984, il fut l'auteur du classique You dont't know de SERIOUS INTENTION, un titre qui ne lui rapporta pourtant que de maigres royalties, pas assez pour abandonner son métier de programmeur informatique.
C'est avec les single Gotta See You Tonight et Gonna Put Up A Fight de Barbara Roy qu'il atteint le sommet des charts mondiaux en 1987 et peut alors se consacrer entièrement à son métier de producteur.

11/ TAURUS BOYZ "Lookin' for a lover" : avec The Opera House de Jack E Makossa, ce Piano Love Mix sorti en 1987 est l'une des toutes premières réalisations de Junior Vasquez.

12/ TEMPER TEMPER "It's all outta lovin' you" : un fleuron de la british soul du début des 90's. Même s'il n'est pas sorti aux USA, je pense qu'il n'a pas pu échapper aux oreilles de Frankie Knuckles car l'atmosphère feutrée que ce mix propose est très proche de ses productions de l'époque.

vendredi 8 mai 2009

N° 17 : A journey through global house (jazz house, New Jersey Garage, Reel to Real, Jazz-n-Groove)

Set non disponible





Oui, la house est globale, multi-facettes. Comme vous le savez, elle tire son nom du club de Chicago, le Warehouse, où les styles les plus variés furent joués, du disco à la new-wave. C'est sans doute le seul style musical capable de fédérer un public sur le dancefloor au delà des clivages communautaires, franchissant les barrières raciales et sociales... car la house se mêle de tout, avec talent.

1/ THE BUCKETHEADS "The Bomb" : pour démarrer, voici ce que j'estime être le meilleur remix du titre du groupe-concept imaginé par les Masters at Work, la version réalisée par un trio de producteurs du nom de Jinxx. Un zeste de latin-jazz et un Rhodes omniprésent saupoudrent l'original sans le dénaturer. Inutile de rappeler d'où vient le sample. Pour l'aspect technique, le début de la phrase originale est tronqué et le "Street sounds fall into my mind" devient "These sounds fall into my mind". Mon adage sur la signification du génie en matière de musique est ici parfaitement illustré. Un modèle à montrer dans toutes les écoles ?

2/ INCOGNITO "Givin' it up" : Jean-Paul Bluey" Maunick, la tête pensante ce groupe d'acid-jazz à géométrie variable, est un peu le "Maurice White" des années 90, peaufinant des arrangements aux cuivres flamboyants. Signé sur Talkin' Loud par Gilles Peterson, Incognito sort en 1991 Always there, un deuxième single qui marquera l'histoire de la dance music, devenant rapidement un hymne panthéonisé grâce à la voix puissante de Jocelyn Brown et au remix de Morales. En 1993, leur 3ème album, Positivity, est un véritable succès, recelant bien des joyaux : Still a friend of mine, Pieces of a dream et ce Givin' it up remixé ici par Roger S. et chanté par l'incroyable Maysa Leak.

3/ Qui est TOWA TEI ? au début des années 90, il forme avec Dmitry et Lady Miss Kier le groupe Deee-Lite. Démarrant une carrière solo, il sort un premier album très easy-listening en 1994. Les titres Batucada ou Technova pourrait de nos jours figurer aisément dans le track-listing d'une compilation lounge. "Luv Connection", interprété par Joi Cardwell (chanteuse sur l'album de Lil' Louis, Journey with the lonely), est au départ une ballade cool tempo qui est remixée de manière très furieusement happy par Maurice Joshua.

4/ FEDERAL HILL "I've got something for you" : une production de l'excellent label new-yorkais Sub-Urban remixée par T.M.V.S. alias Tommy Musto & Victor Simonelli, les fondateurs. Un titre d'une facture très représentative du genre "New Jersey garage".

5/ EAST 57TH ST. feat. Donna Allen "Saturday" : une pièce essentielle du label dance AM:PM qui signa moult hits : Giv me luv (ALCATRAZ), Witness (ANN NESBY), Horny (MOUSSE T) et Free (ULTRA NATE). Ce Saturday est une reprise d'une chanson de Norma Jean écrite et produite par CHIC en 1978. Outre la mélodie, c'est surtout le fameux riff de guitare qui provoqua l'engouement pour réaliser une reprise (se procurer le dub de Full Intention).
Découvrez ici un remix signé par Jazz-N-Groove (alias Brian Tappert & Marc Pomeroy) qui avaient démarré leur carrière sur le label Sub-Urban.

6/ JAZZ-N-GROOVE "Do ya" : le duo que l'on retrouve sur cette rarissime et brillante production garage du label ESA Records.

7/ NITRO DELUXE "This brutal house" : 2ème remix DMC proposé dans mes sets. Je l'ai choisi car il utilise justement en gimmick un accord de synthé du morceau précédent. Un vieux classique house repris dans un parfait style DJ bourré de samples par les anglais de GREED (alias FULL INTENTION ou HUSTLERS CONVENTION). Notez au passage l'emprunt de la rythmique du Took my love de Bizarre Inc et du break vocal du Ride on the rhythm de MAHOGANY.

8/ BIZARRE INC "Took my love" : L'enchaînement avec NITRO DELUXE était donc d'une évidence biblique. De ce côté de l'Atlantique, les anglais ont adopté l'aspect techno de cette house dont l'éclectisme est pourtant l'essence. Certains groupes comme Bizarre Inc parviennent cependant à réaliser l'osmose entre un arrangement agressif et la "black vibe" ; ce Took my love porté par la diva Angie Brown en est la preuve. Ce sera le dernier gros hit de ce groupe.

9/ GREED "Pump up the volume" : le phénomène REEL TO REAL a véritablement marqué les esprits dès le premier single, The new anthem. Greed s'empare donc de ce gimmick d'orgue pour revisiter ce vieux classique house. Et de reprendre par la même occasion le riff de sax des Nightcrawlers (Push the feeling on). Le break façon hip-hop s'inspire du Bells of N.Y. de SLO MOSHUN sorti l'année précédente.

10/ REEL 2 REAL "The new anthem" : fort logiquement, j'en arrive à ce premier tube d'Eric Morillo, le stratège du groupe. Ce titre est signé en France dans l'indifférence générale sur Happy Music. Présenté dans deux versions sur l'historique compilation du label, The Soul of Garage il sera dédaigné dans les programmations des club. La version mixée ici est le quasi-instrumental Union City Mix. C'est le ragga déjanté du Mad Stuntman et le gimmick imparable du I like to move it qui apporteront toute la force et l'originalité au concept, provoquant enfin l'hystérie générale.

11/ Un mash-up sur le Keith's Klub Instrumental Mix du "Raise your hands" de REEL 2 REAL avec des samples glanés ça et là sur les maxis du groupe. Keith Litman est un collaborateur régulier d'Eric Morillo. Il a remixé des titres comme Conway ou Jazz it up. Sa version hard house du titre est absolument extraordinaire.

12/ D MOB "One day" : continuité dans cette house hypnotique avec le remix de Eric Morillo alors que l'original est totalement gospel et soulful.

13/ Un final happy house avec une énigmatique production du label Cleveland City : DJ TOOLS VOL. 1 "Ooh yeah". Les heureux acheteurs du triple pack vynil de la compilation "The Sound Of Cleveland" ont eu droit à ce morceau bonus qui ne figure pas sur la version CD. Quoi qu'il en soit, se la procurer d'urgence est un devoir.