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mercredi 8 avril 2020

N° 302 : De Carey's "Confined in Mix"


Set non disponible
 
Un set nerveux bordé par deux productions "maison" dont une inédite, sans doute l'une des 3 meilleurs que nous ayons réalisées. Mais voilà, le flamboyant SUN AFRICA "Zulu Vibes", qui ouvre le programme, fut donnée en promotion à Wanabee en 1997 mais ne trouva étrangement aucun preneur en France. Mais peut-être avions nous oublié que ce pays n'attendait à l'époque des producteurs locaux que les putasseries d'usage, la "french touch" si vénérée par la suite n'étant encore qu'à l'état embryonnaire.
Alors ce titre finit dans un tiroir et nous passâmes au projet suivant qui marquait notre retour aux vraies voix et aux artistes : un projet gospel soutenu par l'éditeur Charlie Idounda et qui fut anéanti par un épisode quasi-tragique qui scella la fin brutale de notre team en 1998.
Ainsi, à peine avions nous inauguré notre nouveau studio de Saint-Maur que déjà l'ombre du déclin et de la disparition se présentait à nous. Comme si le départ de notre athanor historique de Montgeron (qui avait vu naître Cherry Moon, Jordy et Pussy) était une sorte de chant du cygne insidieux.
Nos moyens et nos conditions de travail étaient au summum mais pourtant plus rien de marquant ne sortirait en single, même pas le 3e single de Pussy.

Comme nous vivons un épisode dramatique que l'inconscience de certains risque de prolonger au delà du supportable, j'ai voulu que ce set soit festif et vous donne la patate pour vivre cette épreuve inédite. En effet, l'ennemi en présence n'est pas un nazi ou un terroriste mais un tueur invisible qui terrasse celui a qui il s'attaquera et qui montrera le moindre signe de faiblesse.

Le Pete Lorimer Vocal House Excursion du tube "Copacabana (At the Copa)" de BARRY MANILOW s'invite alors. Cette chanson mélodramatique narre l'histoire d'une showgirl (Lola) et de son petit ami barman (Tony) qui décèdera tragiquement et plongera la belle dans une détresse absolue.
Hit "latin disco" imparable (repris par Line Renaud en 1978), il fut le premier disque d'or de l'artiste. Il me semble que cette version de 2005 est rechantée avec un résultat moindre (comme dans bien des cas hélas). 

ASLE "Why People Dance (Golden Sun)" est une production danoise de 2005 propulsée par le remix de Haji & Emmanuel. Le remix plus électro présenté ici est celui de Andrea Martini, un autre producteur local.

CZR feat. Darry Pandy "Bad Enough (Undagrounddiscofunk Mix) : l'original samplait allègrement le "Spring Affair" de Donna Summer. Ce mix lorgne plutôt du côté de la "french touch" avec un côté répétitif qui semble désormais un peu daté.

Retour de Seamus Haji avec un coruscant mix de BELEZAMUSICA "U Got Me Spinning", un boogie-disco qui convoque les vocalistes Michelle Weeks (le hit "Don't Give Up"), Carol Sylvan (Danny Tenaglia ‎- "Look Ahead") et Darryl D'Bonneau (avec Barbara Tucker - "Stop Playing With My Mind").

Virage vers l'eurodance et la happy house !

2 BROTHERS ON THE 4th FLOOR "Never Alone" : un excellent titre du duo néerlandais qui ne connut pas les honneurs d'une sortie française en 1993. Il faut dire que la période était encombrée par des reprises en tous genres dont peu sont restées dans les mémoires.

GINA G "Ooh Ahh Just a Little Bit" (Motiv8 Extended Vocal Mix), une bonne putasserie happy house qui concoura pour le Royaume-Uni avec ce mix pour l'Eurovision en 1996. Malgré sa robe métallique dessinée par Paco Rabanne, Gina G ne remporta pas le concours mais le titre fut propulsé au sommet des charts US et britanniques.

ALEX PARTY "Wrap Me Up" (Light Piano) : dernier gros tube européen pour le quatuor italien en 1995.

JON OF THE PLEASED WIMMIN "Passion" (Tin Tin Out Mix) : déjà chroniqué dans le set n°15.

NUSH "U Girls" (Alex Party Heavy Sex Dub) : la handbag house au zénith.

CAPPELLA "Move It Up" (Km 1972 Mix) :  je viens de m'apercevoir que je n'avais joué qu'un seul titre de Capella en 12 années de sets ! en tout cas, ce mix grandiose qui ne relâche jamais la pression est signé Tiziano Pagani.

BLACK BOX "Bright On Time" (1994 Remix) : un remix d'une efficacité redoutable qui  à la bonne idée de reprendre la voix originale de Loleatta Holloway. Il est signé notamment par l'un des deux Benassi Bros.

CHERRY MOON "Everybody Get Down" (Get Down Club Mix) : c'est avec un sentiment de regret mâtiné de colère que je repense à cette artiste qui, sous l'influence de son mari, a fait capoter très vite la belle aventure démarrée avec "Take It Easy". Nous avions signé chez Sony Allemagne, une sorte de consécration pour nous producteurs débutants, mais la belle texane, persuadée que nous l'escroquions, préféra la jouer "à l'américaine", engageant l'un des ténors du barreau pour nous mettre à terre après 7 années de procédures.

vendredi 28 août 2009

N° 33 : European Housing Authority (Brothers in Rhythm and Steve Anderson's classics, Greed, italian house, Cleveland City Records...)

Set non disponible




L'Europe et particulièrement le Royaume-Uni sont à l'honneur dans ce set.
Les "british", culturellement férus de la black music de Detroit (ce qu'ils appelèrent la Northern Soul dès les années 60), n'eurent ainsi aucune difficulté à emboîter le pas aux américains dans les productions garage et house de qualité au début des années 90.

1/ SABRINA JOHNSTON "Peace" : un titre qui introduit le duo de producteurs BROTHERS IN RHYTHM alias Steve Anderson (pianiste et membre du pool du Disco Mix Club) et Dave Seaman, éditeur du magazine MIXMAG (mon bréviaire durant toutes mes années de production et de radio). En 1990, après un galop d'essai avec "Peace and Harmony" (qui samplait "Love will save the day" de Whitney Houston), le coup de maître est incontestablement "Such a good feeling" réalisé avec l'accapella d'"Always there" de CHARVONI. Le titre se classe d'ailleurs très bien dans les clubs français et bénéficie de remixes de Bibi Fricotin et Dimitri From Paris.

2/ PAUL McCARTNEY "Deliverance" : 28 juin 1991, église anglicane de Liverpool. Macca dévoile au public son œuvre symphonique classique, le Liverpool Oratorio. Démolie par la critique anglaise, elle sera jouée dans le monde entier, fêtant sa 100ème en septembre 1996. C'est le fruit du talent d'un des maîtres de la musique moderne, un touche-à-tout génial capable, comme beaucoup de ses compatriotes, d'évoluer dans des registres très différents. Novembre 1991, c'est le retour aux compositions pop avec l'album "Off the ground", cette fois bien reçu par la critique. Il contient ce "Hope of Deliverance" dont le mix club sera confié à Steve Anderson qui le transformera en un dub flamboyant, à des années-lumières de l'original.

3/ ARIZONA feat. Zeitia "Slide on the rhythm" : 1993, année du lancement de Delabel, un sous-division "club" de Virgin France. L'une des premières sorties est cette adaptation d'un vieux classique de Mahogany, "Ride on the rhythm" sorti en 1982. Elle est produite par GREED alias Mike Gray et Jon Pearn, un duo aux multiples pseudos (Full Intention, Hustlers Convention, Sex-o-Sonique...). Greed fait également partie du pool de remixers DMC.

4/ COLA BOY "7 ways to love" : extrait du DMC de Juillet 1991 avec, côté DJ, Mike Gray au remix et, côté claviers, Jon Pearn aujourd'hui plus connu en solo sous le pseudo de Bodyrox (le tube électro "Yeah,yeah"), le duo ayant décidé de faire un break. Sous le pseudo de Cola Boy se cachait un certain Andrew Naughtie qui avait crée le buzz en laissant croire que son bootleg avait été financé par un adolescent de Honk-Kong qui avait vendu sa collection de bouteilles de Coca. Signé sur Arista, le titre avait été produit par St-Etienne et ré-interprété par une nouvelle chanteuse.

5/ TINMAN "Eighteen strings" : adaptation très réussie du titre de Nirvana, "Smells like teen spirit" dont le riff de guitare sert de gimmick principal. C'est encore une production du DMC avec Dakeyne à la baguette. Dans la Max Party, nous avions beaucoup joué l'un de ses meilleurs remixes, "I got you (i feel good)" de James Brown. Une occasion aussi d'entendre le fameux preset "organ" du synthé historique de la house music, le Casio CZ 101 (écoutez quelques presets).

6/ Le Casio CZ 101 est dans la place ! C'est la pierre angulaire de ce remix de "Bright on Time" de BLACK BOX réalisé en 1994 par TWO MEN, le duo italien dans lequel se trouve la future star de l'électro, Benny Benassi.

"Bright on Time" est un titre né de l'imagination du DJ italien Daniele Davoli et de l'ingénieur du son Mirko Limoni. En 1987, Davoli avait déjà fait parler de lui avec un tube à base de multiples samples, "Numero Uno". En cette année 89, c'est Limoni qui l'incite à mettre en musique ce cri de Loleatta Holloway que Davoli balance sur les disques qu'il mixe dans son club.
Et l'Angleterre de succomber la première au charme de ce morceau de piano-house. C'est donc à tort que l'on attribue à l'Italie la genèse de ce style puisque ce furent les autres DJ's italiens qui, devant le succès rencontré outre-manche par "Bright on Time", prirent le train en marche pour réaliser des titres du même acabit.

Pour BLACK BOX, l'histoire démarre comme un conte de fée avec 2.5 millions de copies vendues à travers l'Europe. Mais lorsque Holloway s'aperçoit que le groupe fait appel au mannequin Katrine pour chanter le titre en playback dans l'émission anglaise "Top of the Pops", son sang ne fait qu'un tour. La fierté écornée et après avoir tenu à prouver "en live" qu'elle était la véritable chanteuse, un arrangement est trouvé et Holloway récupèrera une partie des royalties engendrées par la vente des 800 000 copies au Royaume-Uni ; la diva chantera même le titre sur scène lors d'une rave-party !

7/ REEL 2 REAL "I like to move it" : un disque que je suis fier d'avoir joué parmi les premiers en France, ayant réussi à obtenir un test pressing de haute qualité. Je le jouai en exclu dans une soirée privée du label Airplay organisée au bar "La Plage", non loin de la Porte Dorée, dans le 12ème arrondissement de Paris. Mais ce fut le label Happy Music qui remporta le gros lot en signant le groupe pour la France.

8/ ALEX PARTY "Alex Party 2 (Nu-Nu-Now)" : retour en force du Casio CZ 101. C'est la patte caractéristique des productions des italiens d'Alex Party. Et d'où vient le sample ? "Don't make me wait" des PEECH BOYS.

9/ DIRECT 2 DISC "Morning" : retour au Royaume-Uni avec l'un des tubes du feu label Cleveland City Records. De la happy house avec un bassdrum tout simplement énorme pour accompagner cette habile trituration du tube de Crystal Waters.

10/ RHYME TIME PROD. "Swing man" : double priority pour le label Cleveland City. Ce "Swing man" est la face B de "Go back", premier single de ce groupe sorti en 1993. Je vous avait également présenté "You and me" dans un de mes sets du début d'année. Rhyme Time Prod. est également l'auteur d'excellents remixes comme "I wish" de GABRIELLE et "You can have it all" de EVE GALLAGHER.

11/ GABRIELLE "Because of you" : voici justement la chanteuse à l'œil bandé dans une version piano-house signée par les anglais de Development Corporation qui ont déjà remixé ses deux premiers tubes, "Dreams" et "Going Nowhere". Sa voix nasillarde, sa référence artistique évidente à Tracy Chapman, cet œil déformé à la naissance et qu'elle cache désormais, tous ces éléments qui lui confèrent un look original ont sans doute contribué à susciter l'intérêt des médias.

12/ SUNSCREEM "Pressure us" : Terry Farley, le créateur de "Boy's Own", un fanzine consacré au football, à la mode et à la musique, est l'un des membres du duo Farley et Heller qui se travestit ici sous le pseudo de Fire Island pour un remix très "chicago house". Sunscreem est un groupe pop anglais formé en 1991 et qui intégra la scène house avec notamment ce semi-tube, "Pressure us", bien que leur hit majeur soit "Perfect Motion".

13/ PHUNK PHORCE "Mind games" : Matthew Roberts de BOTTOM DOLLAR a participé à sa production de ce titre découvert sur le set d'Erick Morillo réalisé pour le Ministry of Sound Session 9; il emprunte un sample de "Mind Games" de QUEST (1985).

Retour aux States pour un final très, très underground.

14/ DANNY TENAGLIA "Roots (The sound of the drum)" : extrait de l'album "Tourism", un titre qui fleure bon le tribalisme.

15/ SIZE QUEEN "Walk!" : Peter Rauhofer (Danube Dance, Club 69) s'essaye avec panache à l'underground avec ce titre calibré pour la communauté gay. Il sera signé sur le fameux label Tribal America dont l'un des tauliers n'est autre que Danny Tenaglia.

vendredi 10 juillet 2009

N° 26 : From light into shade (Stonebridge, Top Dance Megamix classics, Todd Terry, Clivillés & Cole)


Set non disponible

1/ FONDA RAE "Tuch me" et 2/ CATHY DENNIS "Touch me (all night long)" : Patrick Adams est un producteur-arrangeur-compositeur qui compte parmi les plus raffinés de la vague disco.
A la fin des années 70, il est à l'origine des tubes du groupe MUSIQUE (In the bush et Keep on jumping) et de PHREEK (Weekend), son chef d'oeuvre restant certainement la fabuleuse reprise par INNER LIFE du titre de MARVIN GAYE, "Ain't no mountain high enough". En 1984, il signe ce titre de FONDA RAE à l'intro gospelisante puis subit l'éclipse après l'excellent "Thinking of you" de SKIPWORTH & TURNER (1985).

Après des débuts tonitruants sous les auspices du producteur D MOB avec "C'mon and get my love" (N°1 du Dance chart US en 1989), "That's the way of the world" (l'épique remix de Morales) et, dans une moindre mesure, "Just another dream", Cathy Dennis s'attaque avec brio au monument de Fonda Rae en 1991. Un titre que j'ai joué sous de nombreuses versions dans mon Top Dance Megamix et qui connut une carrière assez brillante en club.
A noter une facette tout aussi glorieuse de la chanteuse : son palmarès en tant que compositeur de 3 tubes pop planétaires :
  • "Can't get you out of my head" de KYLIE MINOGUE
  • "Toxic" de BRITNEY SPEARS
  • "I kissed a girl" de KATY PERRY
de quoi imposer le respect !

3/ CLUBLAND "Hold on (tighter to love)" : encore un habitué du Top Dance Megamix. La version de Steve Silk Hurley fut plébiscitée par les DJ's français mais ce mix à l'atmosphère grave signé E-Smoove est tout aussi intéressant.

4/ BODY 2 BODY "Let's get intimate" : une production méconnue de Steve Hurley que j'ai joué plusieurs fois dans la Max Party et mes megamixes de l'époque. Ce BODY 2 BODY est, en fait, un "one shot" où le duo Chantay Savage-Donnell Rush donne le meilleur pour ce grand moment de happy house. Avec son vibrato magique, le preset "organ" du Casio CZ-101 que l'on entend ici (l'un des seuls presets valables de ce synthé) a marqué l'histoire de la house du début des années 90.

5/ JANET JACKSON "Together again" : un mix de Tony Humphries qui se termine par un solo d'orgue HAMMOND éternellement jouissif !!!
Un heureux hasard a voulu que je trouve le mash-up harmoniquement parfait en y ajoutant l'accapella de "To be in love" de INDIA.

6/ GEE MORRIS "It's in your smile" : une belle production signée des suédois STONEBRIDGE et Nick Nice. Autant la carrière solo de Gee Morris se résume à ce single, autant elle aura marqué les esprits en tant que lead vocal du groupe INNOCENCE et ses tubes plutôt aériens : "Let's push it", "Remember the day", "Natural thing" et "Silent voice".

7/ ANN CONSUELO "Do it for love" : le label SCORPIO, pourtant peu porté sur la soulful house au profit de la techno belge et des "italieneries" qui pullulaient à l'époque, avait surpris en sortant le single d'ANN CONSUELO, "See the day", produit par STONEBRIDGE. "Do it for love" est un "follow-up" un peu moins commercial mais néanmoins brillant. Il ne fut pas signé en France.

8/ PAMELA FERNANDEZ "Kickin' in the beat" : ce fut l'un des titres que Laurent Garnier apporta en signature au label créé par la FNAC et dirigé par Eric Morand, Fnac Music Dance Division. Il fondèrent ensemble le label F Communications en 1994 avec le succès que l'on sait. Remixé par Todd Terry, ce "Kickin' in the beat" est de la pure house new-yorkaise sortie initialement sur l'incontournable label Cutting Records (Hashim, Nitro Deluxe, Two in a Room, Masters at Work...).

Une entrée dans le royaume de l'underground, un lent passage de la lumière à l'obscurité.

9/ DARRYL JAMES/DAVE ANTHONY PROJECT "It's getting bigger" : en 1992, Todd Terry fonde son label, Freeze Records. Ce titre très sombre est extrait de l'album "Project 1" de Darryl James et Dave Anthony et fait suite à la sortie de leur tube "You make me happy", l'année précédente.

10/ TODD TERRY-THE UNRELEASED PROJECT "When you hold me" : on ne compte plus les "unrelased mixes" de Todd Terry ; sur ce point on se ressemble un peu !! (il faudra que je songe à sortir un album en bootleg). Vous devinez d'où vient l'inspiration principale de ce titre et je crois entendre également un sample de D-Train (You're the one for me).

11/ CLIVILLES & COLE "Pride (a deeper love)" : un single en forme d'apothéose pour le ce duo au destin bientôt funeste. L'original est une reprise du groupe U2 mais Clivillès & Cole ont l'intelligence de remanier le titre avec une nouvelle mélodie et de nouveaux textes et de l'inclure sur le maxi et c'est ce le mix-fleuve de 12'18" qui "emportera le morceau" ! Petit bémol, la chanteuse Deborah Cooper n'est pas mentionnée sur la pochette (une sale manie chez ce duo de producteurs un peu égotistes).

12/ THE S.O.U.L. SYSTEM "It's gonna be a lovely day" : un alias de Clivillés & Cole qui leur permit de se glisser sur la B.O.F. du film "The Bodyguard" (W. Houston, K. Costner). L'original, très funky, est une excellente reprise du titre de BILL WITHERS sorti en 1977 (et remixé par Ben Liebrand en 1988). Il atteignit la place N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play. A noter la performance vocale de Michelle Visage (ex-chanteuse des groupes SEDUCTION et TKA).

13/ EL BARRIO "In charge" : profitant de l'aubaine, les covers se multiplient. Ce titre crédite toujours David Cole mais son producteur, Eddie Arroyo, s'invite à la fête. La ligne de basse est légèrement remaniée et un gimmick de sax créé sur le sample.

14/ SHANNA "Do me boy" : lorsque des producteurs vous narrent les anecdotes insensées qui marquent la genèse de leurs tubes, vous avez souvent peine à y croire. Et pourtant, l'histoire de la musique est truffée de ces petites histoires où le hasard joue le Grand Ordinateur.
Cette production que nous avions signée sur le nouveau label dance de BMG, NN'B, et qui atteignit le top 5 du Skyrock Top Dance n'aurait jamais dû connaître un tel succès (signé dans plusieurs pays européens avec notamment des remixes italiens).

A l'origine, mon collègue Pascal Henninot avait eu l'idée de remixer le titre de Vanessa Paradis, "Gotta Have It". La technique de mixage "à l'ancienne" utilisée par Lenny Kravitz permettait d'isoler la voix en ne samplant que l'un des canaux stéréo (comme sur les premiers disques des Beatles). Nous avions donc sorti une version happy house de ce titre qui fut vite interdite par Kravitz himself. Cela ne m'empêcha pas un petit pied de nez en diffusant le bootleg sur Skyrock.

C'est alors que nous fûmes approché par un obscur producteur, Ralphy Abitbol (dit Ralphy Corbyn) qui nous proposa de faire rechanter le titre par l'une de ses pouliches, une certaine Shanna Wilkerson. L'arrangement instrumental réalisé sur Vanessa Paradis faisant très bien l'affaire, une session fut réservée dans un petit studio d'enregistrement de La Plaine-St-Denis. Il suffisait alors de placer la voix de Shanna sur la bande... et de dompter son caractère légèrement impétueux.

Pour un producteur qui effectue une reprise, la règle de base est de réaliser une composition originale en face B afin de récolter la moitié des droits de pressage des ventes de disques générées par la face A, supposée être un tube. C'est pourquoi nous avions construit en toute hâte un instrumental assez convenu, très influencé par les productions C & C Music Factory et sur lequel nous avions troussé une mélodie.

Une fois l'enregistrement des voix de "Gotta Have it" achevé, la cerise sur le gâteau était donc de laisser la chanteuse improviser un texte sur notre mélodie instrumentale. Je ne sais par quelle sorte de magie, mais le résultat de cette expérience fut au-delà de nos espérances bien que restant une modeste face B intitulée "Do me boy".

500 copies furent envoyées dans les clubs français. Un mix très deep underground "façon MURK" fut également réalisé pour l'occasion : le Deeper Than U Can Mix. J'en suis encore aujourd'hui assez fier malgré le poids des années.

Entre temps, l'actualité musicale nous avait réservé une bien mauvaise surprise. Le label Dance Pool venait de sortir une reprise de la même chanson par Paris Red. Une autre équipe avait ainsi "flairé le bon coup" et notre idée était quasiment tuée dans l'oeuf.

Logiquement, ayant déjà reçu une version, les DJ's ne s'intéressèrent pas à la notre mais les plus curieux eurent l'idée d'écouter la face B, de la jouer et de créer le buzz.


C'est ainsi que le label NN'B dirigé par Nanou Lamblin proposa de signer et de sortir ce "Do me boy" en tant que titre unique sur un maxi.
Miracle, l'engouement fut tel que ce modeste titre garage underground finit dans les 5 premiers du Skyrock Top Dance !

Je pense que nous avons été la première équipe française, bien avant les Bob Sinclar et autres artistes de la "french touch", à avoir connu le succès avec un style musical inédit en France et totalement inspiré de la culture américaine. Signé en Allemagne et en Italie, le titre fut l'objet de remixes assez médiocres de Fathers Of Sound sur le label D-Vision.

15/ ALEX PARTY "Read my lips" : final avec un grand classique house du label Cleveland City.

vendredi 29 mai 2009

N° 20 : Harder, Faster, Stronger (Dancing Divaz, Klubbheads, Urban Cookie Collective, Tin Tin Out...)



Set non disponible



1/ ALEX PARTY "Don't give me your life" et 2/ CORONA "Baby, baby" : deux mixes-phares de mon émission "Le Hit des Clubs Skyrock", ces moments de liesse radiophonique de l'année 1995 où Cutmaster et moi-même nous surprenions à entrer en transe dans le studio, les moniteurs poussés au maximum... sous le regard interdit des autres. Des versions particulièrement happy signées par le duo anglais Dancing Divaz à qui l'on doit aussi les remixes de I love you baby (The Original) et Let Me Be Your Fantasy (Baby D).

3/ KELLEE "My love": un titre co-écrit par Johnny Fiasco, un producteur de Chicago, et boosté par les hollandais de Luvspunge. De la pure hard-house qui accorde juste quelques instants de grâce dans le break de piano.

4/ STRIKE "My love is for real" : un artiste récurrent de mes sets happy house ; la voix de gamine de Victoria Newton est totalement enchanteresse. Dommage, ce fut le dernier hit pour ce groupe qui avait capté toute l'énergie de cette "handbag house".

5/ URBAN COOKIE COLLECTIVE "High on happy vibe" : Coup de tonnerre en 1993 avec un titre qui s'imposait avec une évidence biblique, The key, the secret. Et, comme toujours, il fut accueilli assez tièdement par les DJ's français, végétant aux alentours de la 20ème place du classement. Marianne James dirait qu'ils "avaient de la merde dans les oreilles" pour passer à côté d'une telle merveille mais... tel fut le cas, à mon grand désespoir. Je doute qu'un quelconque pays européen ait pu ignorer ce hit mais la France reste une exception culturelle, consternante dans le cas présent.
Et cet extrait éponyme de leur premier album fut tout autant boudé !!! Ça n'est pourtant pas faute de s'être démené comme des diables avec ces arrangements portés par les envolées de la chanteuse, Diane Charlemagne.

6/ URBAN COOKIE COLLECTIVE "Bring it on home" : ce remix est la cinglante et hardcore réponse à l'insipide version reggae "façon Ace of Base" qui figure sur l'album. Transformant le plomb en or, ne gardant que quelques bribes de voix tout en imposant un gimmick de synthé mono style Pro-One (je peux en parler d'autant mieux que nous l'avons souvent utilisé dans nos mixes de Cherry Moon), ce "Almost Vicious Dub" a dû échauffer plus d'un "raver".

7/ TIN TIN OUT "The feeling" : une happy house sans Tin Tin Out serait inconcevable ! un titre qui frôle le sommet des charts anglais en août 1994. C'est l'un des producteurs de Tin Tin Out qui a signé Urban Cookie Collective sur le label Pulse 8.

8/ KLUBBHEADS "Discohopping" : la grande mode des arrangements à base de pizzicati de violons et initiés par FAITHLESS ! Que de producteurs (nous avons aussi pris le train en marche avec Pussy) ont utilisé ce son jusqu'alors inédit en matière de house. Milk Incorporated , Sash et ces hollandais de Klubbheads ont été de talentueux suiveurs. Le mix original sample le "Born to be alive" de Patrick Hernandez mais ce dub nous en préserve, heureusement.

9/ THE BEAT SYNDICATE "Throw the madness" : un remix signé Klubbheads et totalement fédérateur.

Glissement vers une house hypnotique !

10/ SCOTTI DEEP "Brooklyn beats" : accès de folie chez le label new-yorkais Henry Street pourtant coutumier d'une house gorgée de vibes. Il se fit connaître avec les hits The Bomb et The Funk Phenomena. Ce remix doté d'une montée mémorable est réalisé par les belges de Pulse 2 Rhythm.

11/REAL McCOY "Runaway" : Armand Van Helden dynamite l'Eurodance consensuelle de Real Mc Coy en nous gratifiant d'un remix aux confins de la démence, avec ce riff de piano tordu et filtré.

12/ HYSTERIC EGO "Ministry of love" : long, long enchaînement entre les deux titres ! Tall Paul, l'auteur de ce remix, est un DJ plutôt habité et agité. Je l'ai vu évoluer au Palace lors d'une soirée du label Nitemove, le 12 février 1996. La caisse de bières qui trônait sous sa table de mixage se vidait à vue d'oeil, mais la dextérité du DJ restait intacte malgré un état de transe évident !

13/ TIN TIN OUT "All i wanna do" : un mix assez bordélique avec un bruit de perceuse aux limites du supportable (il faut dire que mes oreilles deviennent un peu capricieuses après toutes ces années de sévices). On navigue entre hard et happy house, brinquebalés par cette tempête sonore.

14/ NUSH "U girls" : A quoi se résume la femme pour le groupe Nush ? réponse sur la pochette ! Reste que ce titre enjoué est un "must" de la handbag et diffusé abondamment sur l'antenne de Radio FG à l'époque.