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lundi 19 décembre 2016

N° 272 : On The Black Side Of The Street


Set non disponible
 
Joyeuses fêtes de Noël tout le monde ! et pour clôturer cette année, un mix gorgé de re-edits funky de haute volée. Bonne écoute et à l’année prochaine.

Playlist : 

THE DETROIT SPINNERS "Could It Be I'm Falling In Love" / DAVID GRANT & JAKI GRAHAM "Could It Be I'm Falling In Love" : l’original de 1972 et sa merveilleuse reprise en 1985.

BARBARA PENNINGTON "On A Crowded Street (John Morales Remix)
: c’est Broadway ! avec un mix plutôt rare.

Dr. PACKER "Can't Figure Out" : un re-edit de “Thinking About Your Love” de Skipworth & Turner (1985).

Dr. PACKER "I Wanna Know" : on reconnait la voix de fausset de Philip Bailey (“I Want To Know You” - 1984).

NONA GAYE & PRINCE "Love Sign" (Alien Disco Sugar Edit) : le Dj grec toujours au top niveau.

NAYOBE "I'll Be Around" (Extended Club Mix) : encore une reprise sur les Detroit Spinners. Un classique de la radio Maxximum. Mix pourri mais classique quand même.

FUNKANOMICS "Funky Sensation"
: gros travail de réarrangement avec une basse monstrueuse sur ce hit de Gwen McCrae.

ONLY CHILDREN "Falling" : l’original “Falling In Love” (1983) est du groupe Surface. L’intro au Rhodes avait d’ailleurs été utilisée pour “Do You Want Me” de CLOUD 9.

TOTAL CONTRAST "Takes A Little Time" (The Decareydited Bandito Mix)
: un N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play en 1985 avec un arrangement énorme.

JODY WATLEY "Don't You Want Me" (Extended Version)
: du pur freestyle de l’année 1987 produit par le regretté Bernard Edwards (Chic).

NENEH CHERRY "Buffalo Stance" (Nearly Neue Beat) : de la série des excellents remixes (ici Arthur Baker) sur ce classique de 1989.

LISA M "People" (Nellee's Rave Mix) : remixé par le producteur de Massive Attack.

vendredi 20 novembre 2009

N° 45 : Skydance, the Sound of New York (John Jellybean Benitez, Ten City, Shep Pettibone...)

Set non disponible


Avant toute chose, je signale que je n'emploierai plus les mots "classe", "mythique" et "culte" pour désigner un mix, rappelé à l'ordre par le dernier bouquin de l'excellent Jean-Loup Chiflet : "99 mots et expressions à foutre à la poubelle".

En effet, "être classe" ne veut rien dire, le mot faisant référence à la lutte des classes. On oppose maladroitement "être classe" à "être plouc". Quitte à paraître désuet, je devrais donc parler de "chic", comme les bourgeoises de la Rue du Four. D'ailleurs, "le freak, c'est chic" annonce la chanson.

"Mythique" ? comment peut-on décrire un disque ainsi alors qu'une chose ou un personnage "mythique" est légendaire et irréel. Si je parle d'un titre "mythique", c'est un non-sens puisque je l'ai bien eu en main pour le mixer et qu'un certain nombre d'autres personnes dans le monde en possèdent aussi un exemplaire tout à fait "palpable" (comme l'émotion l'est dans la bouche des journalistes paresseux !)

Et "culte" ? au pilori ! C'est pourtant un mot qui venait automatiquement à l'esprit pour qualifier un personnage ou un film. Parle t-on du culte et de ses deniers ou du culte, raccourci de la culture ?
Alors celui qui continuera à l'employer pourra dire "parlez à mon culte, ma tête est malade !" (ou du moins incapable de trouver le mot juste).

Heureusement que de grands linguistes comme J.L. Chiflet ou Bernard Pivot sont nos gardes-fous pour éviter le piège de la dérive langagière.
Vous avez provisoirement appauvri mon vocabulaire en l'amputant de 3 mots passe-partout bien pratiques mais je ne vais pas tarder à leur trouver des substituts !

Revenons-en à ce Skydance, émission mythique....enfin... excellente à laquelle la fin de ce set est consacrée.
Un fameux jingle de SKYROCK annonçait "This is Skydance, the sound of New York". Malheureusement, à mon arrivée à l'antenne au début 1991, la cartouche avait disparu, sans quoi je l'aurait utilisée à foison. Trop classe le jingle....euh..... très chic !!!!
Vous voyez comme l'entrechoquement des langages est déstabilisant.

1/ MICHAEL JACKSON "Rock with you" : le meilleur hommage que je pouvait rendre au défunt Michael Jackson : un remix d'un titre d'une époque bénie (et non pas "bénite" puisqu'il ne s'agit pas d'un objet ou d'une matière comme l'eau) réalisé par l'ami Frankie Knuckles.

Longtemps ce mix a été l'exclusivité de la radio NRJ.
Samy Dee, ancien assistant ingénieur du son de David Morales, était résident de l'émission-culte "Better Days". Il me l'avait fait écouter lors d'une visite dans les studios de Skyrock mais m'avait laissé entendre qu'il ne serait jamais commercialisé.
Heureusement, le remix le fut, mais discrètement en face B du maxi de "You are not alone" plusieurs mois plus tard, c'est déjà mieux que rien. Il aurait été dommage que personne ne profite de cette merveille.

2/ TOTAL CONTRAST "Takes a little time" : un Bandito Remix qui contraste avec la mollesse du mix original.
Il fut N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play en 1985. C'est aussi l'un des gros hits du Patch Club, discothèque ni mythique ni légendaire puisque j'y ai officié en tant que D.J. entre 1983 et 1986, un club donc.............. ????
Eh oui ! les qualificatifs tardent à venir à l'esprit, trop habitué que l'on est à des automatismes de langage finalement bannissables.
Certains lecteurs commencent à se demander si c'est un cours de français ou une description de la playliste !!!

3/ BREAK MACHINE "Street dance" : 1983, en pleine vague "smurf", Morali et Belolo (producteurs de Village People et de Ritchie Family) relèvent la gageure de monter un groupe de toutes pièces et de réaliser le tube parfait ; entendu dans les clubs du monde entier.

4/ WHITNEY HOUSTON "Love will save the day" : Gageons que ce mix signé par le latino John "Jellybean" Benitez a été joué par RLP dans le Skydance, mais je n'en ai pas la certitude.
Jellybean, alors DJ à l'Experiment Four, club new-yorkais, fut le mentor de François Kevorkian.
En 1981, il devint le DJ du Funhouse, débarquant un certain Jonathan Fearing, jugé trop classique mais qui est loin d'être un manche au niveau remix (Newcleus, Evelyn "Champagne" King, Carol Douglas...).
Juché en haut de la tête d'un clown de 3m de haut qui dominait la piste, Jellybean jouait un cocktail détonant de hip-hop, d'électro, de new-wave et de disco.

Un soir de 1983 et selon la légende, une jeune chanteuse intrépide du surnom de Madonna arrive à se glisser jusqu'à sa cabine et jouer sa démo, profitant d'un moment d'inattention du DJ résident.
Remportant les suffrages du public (était-ce le morceau "Borderline" ?), son premier album sera finalement produit en partie par le beau latino ("Holiday", "Lucky Star", "Everybody").
On lui prête évidemment une liaison avec la "croqueuse d'hommes".

5/ SLAM SLAM "Something ain't right" : une production de l'anglais Dancin' Danny D, aussi à l'aise dans l'acid-house (D-Mob) que dans le registre plus commercial, utilisant alors fréquemment voix de gamine angélique de Cathy Dennis.
Il fait appel ici à l'ex-chanteuse de l'excellent groupe Style Council (Shout to the top" et "Walls come tumbling down"), Dee C. Lee,une très belle... Noire - eh oui, je viens d'apprendre des mots de Jean-Loup Chiflet que l'on ne dit pas "black", le terme étant d'ailleurs peu apprécié par la communauté qui y voit un nouveau signe de discrimination - nous appellent-ils d'ailleurs les "whites" ???

6/ LES RYTHMES DIGITALES "Music makes you lose control" : après avoir samplé (ou reproduit ?) le slap de basse de l'intro de "Can't fake the feeling" de GERALDINE HUNT pour le tube "Jacques your body", Jacques Lu Cont récidive avec "Music makes you loose control" qui utilise l' accapella situé en intro de "Body Work" de HOT STREAK (une production Jellybean bientôt mixée par votre serviteur !).
Je glisse l'accapella de "Let it roll" de Doug Lazy, la partie filtrée étant propice au remplissage.

7/ JELLYBEAN "Jingo" : une reprise électro du tube de CANDIDO signée Jellybean et multi-diffusée dans le Skyrock Skydance, la fin du set lui étant exclusivement dédiée.
La paternité du titre revient cependant au percussionniste nigérian BABATUNDE OLATUNJI avec un titre datant de 1959 : "Jin-Go-Lo-Ba".

8/ DOUG LAZY "H.O.U.S.E." : un des artistes représentant du courant hip-house (un set sera consacré à ce style en 2011) remixé de façon très underground par David Morales. Ce fut le dernier hit d'une carrière ultra courte.

9/ THOMSON TWINS "In the name of love" : utilisant le riff de basse de "Right Back to you" de TEN CITY, Shep Pettibone trouve l'ouverture house pour un mix d'anthologie du pourtant très new-wave titre du groupe anglais THOMSON TWINS. Ecoutez l'original.

10/ TEN CITY "Right back to you" : sombrant dans la facilité, le DJ ne peut s'empêcher de superposer les deux lignes de basses parfaitement identiques. Cette version réalisée par Steve Silk hurley est un classique du Skyrock Skydance.

11/ PHIL COLLINS "Hang in long enuff" : à la fin des années 80, tous les artistes pop se doivent de réaliser une version house afin de prendre position dans les clubs. Même Phil Collins se compromet dans un mix parfait réalisé par un Shep Pettibone encore "bankable" pour cet extrait de son album cult.......urellement....intéressant (Jean-Loup, je t'ai vu froncer les sourcils !), "...But seriously".

12/ Dr ROBERT & KYM MAZELLE "Wait!" : un duo inattendu entre l'ex-chanteur romantique des Blow Monkeys et la tigresse house remixé de manière étonnamment commerciale par l'un des pionniers de la house de Detroit, Juan Atkins. Avec Derrick May et Kevin Saunderson, Atkins forma le triumvirat d'une techno embryonnaire fortement influencée par des artistes européens "cold wave" comme Kraftwerk, Depeche Mode ou Gary Numan.

13/ INNER CITY "Big fun" : une fin de set qui se drape de classicisme avec ce titre au sample venu d'ailleurs et repris des milliers de fois dans les années qui suivirent. On en peut pas dire que la sonorité de cet accord servant de gimmick soit difficile à réaliser, mais sa magie innée fit qu'il fut samplé plutôt que tenté d'être reproduit avec un autre synthé par tous les suiveurs.