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vendredi 1 mai 2020

N° 303 : Emergency on Planet Mix - A Tribute to Jamiroquai


Set non disponible

Un hommage au groupe qui fait danser la planète sans faiblir depuis 1993 !

1/ JAMIROQUAI "Summer Girl"
2/ JAMIROQUAI "Seven Days In Sunny June" (Ashley Beedle Club Mix)
3/ PHOENIX "If I Ever Feel Better" (Moo Moonster Edit)
4/ NITRO DELUXE "Let's Get Brutal" (Mega Mix)
5/ JAMIROQUAI "Shake It On"
6/ JAMIROQUAI "Little L"
7/ JAMIROQUAI "Cloud 9" (Purple Disco Machine vs. Fred Falke Mix)
8/ STARDUST "Music Sounds Better With You"
9/ JAMIROQUAI "Supersonic" (Pete Heller Love Mix)
10/ JAMIROQUAI "Runaway" (Tom Belton Vocal Mix)
11/ JAMIROQUAI "Main Vein" (Knee Deep Classic Mix)
12/ JAMIROQUAI "(Don't) Give Hate a Chance (Freemasons Remix)
13/ JAMIROQUAI "Love Foolosophy" (2 Twin Club Remix)
14/ JAMIROQUAI "Cosmic Girl" (Full Intention Mix)

mercredi 22 mai 2019

N° 296 : Get The Groove Out Ma Face


Set non disponible
 
1/ JUNIOR "Mama Used to Say" (American Remix) : un membre du club très ouvert des "one hit wonders" qui confirme l'adage selon lequel il est très facile de faire un tube mais excessivement ardu d'en faire deux ! un tube est souvent le fruit du hasard, un son ou une thématique de chanson qui tombe au bon moment. Mais concernant tous les artistes dits "de studio", comme le public n'identifie pas ou peu, il délaisse aussitôt ce qu'il a vénéré la veille s'il n'y pas la scène pour fidéliser.
En tout cas, merci à Tee Scott pour avoir délivré ce remix qui a fait décoller le titre.

2/ YARBROUGH & PEOPLES "I Wouldn't Lie" (Extended) : vous pensiez peut-être qu'il s'agissait d'une production Jam & Lewis style SOS Band ou Change ? Ce duo de musiciens est originaire de Dallas et on lui doit notamment le tube "Don't Stop The Music" dont on jouait au Patch Club en 1981 la reprise un peu reggae par Bits & Pieces.

3/ DAVE GERRARD "Automatic" : un edit du titre électro des Pointer Sisters. Je me rappelle avoir cru à l'époque que le chanteur était un mec mais il s'agit en fait de la voix très grave de Ruth Pointer. Sans doute cela a t-il contribué au succès du titre en 1984, un peu dans la lignée d'un Level 42. La ligne de synthés est tout bonnement fantastique !

4/ DR. PACKER "You Can't Play Around" : je connaissais surtout les versions des Masters at Work avec Kathy Brown mais le re-edit proposé ici par Dr. Packer est la version originale de Lace et plus précisément le remix instrumental de Larry Levan.

5/ DINO "I Like It" (Select Mix Remix) : un swing beat parfait de 1989 qui sonne comme du Teddy Riley Mais il s'agit là d'un artiste blanc "à la Jean-Pierre François", ce qui a de quoi surprendre. Sans la vidéo, je n'y aurais jamais cru !

6/ JANET JACKSON "Rhythm Nation" (United Mix)
: visiblement le MIDI était complétement à la ramasse au moment du mixage de Shep Pettibone mais l’énergie et la hargne sont bien présents. Le sample de guitare provient de "Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin)" de SLY & THE FAMILY STONE.
Le clip remporta le MTV Video Music Award pour la meilleure chorégraphie (militaire pour la circonstance).

7/ CASUAL CONNECTION "Your Turn" (Casual Connection Rework) : un edit d'un hit du groupe DELEGATION ("It's Your Turn"), sans doute leur dernier, en 1983.

8/ MICHAEL JACKSON "Another Part of Me " (Ultimix) : c'est la chanson qui clôture le film  "Captain EO", qui fut l'une des attractions des parcs Disney à travers le monde.

9/ JUSTIN TIMBERLAKE "Can't Stop The Feeling" (Hook Intro Edit) : quelqu'un a retravaillé le titre en plaçant le refrain final en intro.
Extrait du dessin animé "Trolls",  ce titre a été composé par le génie suédois Max Martin (Ace Of Base, E-Type, Britney Spears, Katy Perry, Taylor Swift...) et fut le plus joué en radio/TV au Royaume-Uni en 2016... même si le magazine Times l'élut "pire titre de l'année".

10/ ROLLS ROYCE "Served" (V's First Come Edit) : vous avez reconnu le groupe qui se cache derrière ce jeu de mots facile. L'original s'intitule "First Come, First Served".

11/ DURAN DURAN "Pressure Off" (Ultimix) : déjà chroniqué dans le set n°290.

12/ WHITNEY HOUSTON "I'm Your Baby Tonight" (Hot Tracks) : ce fut le premier numéro 1 du Billboard Hot 100 du duo de producteurs Reid et Babyface, que l'on connaissait déjà pour des productions black plus typées (Karyn White, Bobby Brown...).

13/ FONDA RAE "Tuch Me" (Dr Packer 80s Boogie Edit) : Fonda Rae fut la vocaliste du tube confidentiel "You're Too Late" de FANTASY en 1982 (présent dans mon set n° 65).

14/ JAMIROQUAI "Dynamite" : chanson éponyme de l'album sorti en 2005, peut-être l'opus le plus disco du groupe.

vendredi 15 mai 2015

N° 244 : Give The Groove A Chance

Set non disponible
 
Playlist :

LONI CLARK "U" (Club Mix)
ROSIE GAINES "Closer Than Close" (Mentor Original)
FORT ARKANSAS "Brand New Day" (Original Mix)
GRADES "Freedom" (Original Mix)
THE COVER GIRLS "Wishing On A Star" (Magic Sessions Vocal Dub)
MADONNA "Erotica" (Masters At Work Dub)
KATHY SLEDGE "Another Star" (Hands In The Air Dub)
JAMIROQUAI "(Don't) Give Hate A Chance" (Steve Mac Classic Full Length Version)
DJN PROJECT "Take You Away" (Main Mix)
STARDUST "Music Sounds Better With You" (Bob Sinclar Remix)
KRAAK & SMAAK "Keep Me Home"

vendredi 20 décembre 2013

N° 208 : Deep 'n' Funky (Jamiroquai, Black White And Co, Kraak & Smaak...)


Set non disponible

Pour ce dernier set de l'année 2013 (je proposerai un ou deux Top Dance megamixes inédits durant les fêtes), j'ai voulu démarrer par l'un de plus grands titres de JAMIROQUAI inexplicablement resté dans l'ombre, sans même un extended mix.
Starchild est extrait de l'album Dynamite (2005), un opus flamboyant, zonant entre rock, disco et ballades sirupeuses. Je me demande si ça n'est pas l'album le plus commercial du groupe.
Malgré la qualité des mélodies et le charisme de son leader Jay Kay (et ses frasques hélas), Jamiroquai reste toutefois boudé par les radios françaises, trop classe sans doute, même s'il rencontre son public en concert, ce qui semble être sa véritable raison d'être (on attend d'ailleurs toujours un album live).

Pull Our Love Together de SWEET ECSTASY est une solide production funky canadienne, comme il en sortait des dizaines chaque mois au début des années 80. Et dire que plus aucun producteur n'est capable aujourd'hui de proposer ce genre de mix ravageur. Les amateurs de groove commencent à s'ennuyer ferme devant le rayon "nouveautés".

INSTANT FUNK, un groupe de funk authentique tout comme l'étaient Cameo ou Brass Construction. Slap, Slap, Lickedy Lap possède tous les atours d'un hit de Kool &The Gang période "Celebration", même si le tube majeur reste I've Got My Mind Made Up.

Et dire que CAROL DOUGLAS est passée en plateau à la télé française un dimanche après-midi de l'année 1981 avec ce titre My Simple Heart et que j'ai encore la vidéo !!!
Tout cela serait impensable aujourd’hui avec des émissions franchouillardes comme "Chabada" ou "Les Chansons D'abord". Carol Douglas est surtout connue pour un tube disco gentillet de la première heure : Doctor's Orders (1974).

En cette fabuleuse année 1981 (pour la musique évidemment), l'un des hits incontournables était Rock Your World de WEEKS & CO.

Action For Love de BLACK WHITE AND CO est à mon sens la meilleure production funky française des années 80. Je l'avait découverte dans la mythique émission Destination Planète 7,  animée sur Radio 7 (radio d'Etat) par le duo d'animateurs resté mystérieux Smith & Wesson. Cette émission quotidienne de fin de soirée était la référence absolue en matière de nouveautés imports.
L'arrangement de voix, cuivres, synthés, violons et guitares de Action For Love est tout simplement fabuleux. Pour l'anecdote, l'un des membres du groupe n'est autre que Sidney, le présentateur de l'émission télé H.I.P. H.O.P. dans les années 80.

Et l'on quitte définitivement cette décennie pour mieux entrer progressivement dans la deep-house.

Aya est l'une des voix les plus sexy de la soulful house californienne. Son album solo Strange Flower est d'ailleurs à se procurer d'urgence. C'est elle qui interprète ce So Far de MIGUEL MIGS dans sa version originale.

Enchaînement magique trouvé avec le classique Hold On (Tighter To Love) de CLUBLAND qui avait réussi à séduire les dancefloors français en 1991 grâce au remix de Steve Hurley.

Et comme Hold On s'achève dans une ambiance très très deep, l'occasion était toute trouvée pour switcher vers ce style.  

KRAAK & SMAAK est un trio de producteurs néerlandais proposant régulièrement des pépites mi funk-mi électro comme ce Hold Back Love dont il existe une excellente version réalisée par Lovebirds.

Détour exceptionnel par Barcelone avec Wild Youth (Goldroom Remix) de SHELBY GREY puis surgit That's The Way Of The World de D MOB, véritablement transfiguré par le traitement deep de David Morales qui n'était pas loin de son apogée.

Passage rapide par Quiet de MBG GROOVE, entendu dans le set de Lil' Louis sur Skyrock en 1992 et final avec un dub de In The Closet de MICHAEL JACKSON, sublime production signée Tommy Musto qui, en livrant plusieurs mixes tous aussi impeccables, avait bien senti qu'il tenait là l'oeuvre ultime de sa carrière de remixer.

vendredi 15 mars 2013

N° 184 : the politics of dancing (David Morales huge remixes, Bon Rock, The Whispers...)


Set non disponible

Et tout commence avec le plus gros hit de l'histoire de la funky music, And The Beat Goes On des WHISPERS, un groupe qui, en 1979, entamait de manière tonitruante une longue carrière au sein du label de Los Angeles SOLAR après un petit succès (top 10 du R'n'B Charts tout de même) avec One For The Money 4 ans plus tôt.
Un autre tube, It's A Love Thing, suivit rapidement, mais inexplicablement la France décrocha malgré des tubes planétaires comme I Can Make It BetterIn The Raw ou Rock Steady.
Plus je m'intéresse à l'histoire de la musique, plus je prends conscience que la France ne fait rien comme tout le monde et possède des goûts musicaux assez éloignés de mon univers.

Sorti en 1981, Searching Rap de BON ROCK & THE RHYTHEM REBELLION représente pour moi une forme de quintessence d'un hip-hop encore émergent.
Le plus incroyable est que ce disque signé sur Barclay par Daniel Belolo pour la France ne connut aucun succès alors que Rapper's Delight de Sugarhill Gang fit un carton. C'est pourtant l'exemple parfait d'un swinging hip-hop totalement festif. Même s'il s'agit d'une musique de ghettos, la joie transparaît nettement dans l'interprétation, comme un exutoire.
Dans les chœurs, des gamines donnent le change à Bon Rock avec conviction. A l'époque, les "sista" avaient encore leur mot à dire et l'Angleterre leur avait d'ailleurs fait la part belle dans les années 90 avec Cookie Crew ou Monie Love. Dommage que le rap français les ait mises sous l'éteignoir. Elles auraient sans doute apporté un peu de fraîcheur à cet univers.

Bon Rock fut contacté l'année suivante par Henri Belolo et Jacques Morali pour devenir le chanteur du groupe Break Machine, qui fit un carton ici avec Street Dance.

SECRET WEAPON fait partie de ces groupes de studios fabriqués de toutes pièces pour un hit sans lendemain, ici Must Be The Music. Procurez-vous d'urgence le Mastermix de Shep Pettibone qui met en valeur la partie "rap" située en fin de morceau et qui n'est pas présente dans ce set.

HENRY GREENWOOD signe un intéressant edit du tube de Sister Sledge If You Really Want Me qui fit les grandes heures de mes sorties dominicales au club Le Palace à Paris.

We Once Had de JOHN PRIDGEN, c'est ce qu'on appelle de la Nu Disco. C'est frais, redoutablement groovy, ça ne peut que faire un malheur dans les meilleures soirées parisiennes. Dommage que le grand public passe totalement à côté de ce style pourtant roboratif en ces temps moroses.

Après ceux de Blackbeard et Steve Mac, troisième bon remix de Seven Days In Sunny June de JAMIROQUAI  avec ici aux commandes Ashley Beedle, que vous avez pu connaître sous le pseudo de X-Press 2 ou Black Science Orchestra dans les 90's. A son crédit, plusieurs centaines de remixes et re-edits qui restent l'apanage d'un public anglo-saxon averti.

Don't Give It Up de AARIES est une pure merveille soulful avec ces relents mélodiques qui semblent tout droit sortis d'une ballade de Michael Jackson époque mid-70's.

ARTHUR BAKER & THE BACKBEAT DISCIPLES : Let There Be Love
Ce End Of The Day Mix revient sans doute à David Morales car, bien que les crédits soient obscurs sur le sujet, les arrangements ressemblent beaucoup à ceux de son Dee Love Mix.
Vous avez peut-être reconnu la voix de falsetto (voix de "fausset" en français, mais je préfère falsetto) du chanteur d'Imagination, Leee John.

House of Love de RUPAUL faisait partie du tracklisting de mon tout premier set début 2009 dans une version happy house signée T-Empo. Voici la version garage de Eric Kupper.

La Def Mix Team toujours à l'honneur avec So Much In Love de MALAIKA. Ce titre faillit sortir en France car c'était l'imitation parfaite du Finally de Ce Ce Peniston, tant au niveau de la voix que du style. Hélas, il n'en fut rien, comme souvent chez nous. 
Il est remixé à nouveau par Morales, qui semble vouloir s'accaparer toute la fin de mon set... cela fera plaisir à mon ami DJ FA !

Effectivement, s'ensuivent les chefs d'œuvre Ecstasy de JODY WATLEY (dans deux versions consécutives) et Love The Life de JAMES TAYLOR QUARTET, groupe anglais d'acid-jazz.

jeudi 27 janvier 2011

N° 95 : Floating through the decades (Undisputed Truth, Cameo, Jody Watley, Crazy P...)

Set non disponible

Un set qui flotte sur 4 décennies tout en conservant sa fibre black soul.

Et pourtant, c'est JAMIROQUAI et son démiurge blanc Jay Kay qui inaugure le bal.
C'est l'un des rares à avoir tout assimilé du groove des artistes noirs, Stevie Wonder en figure de proue.

En 2005, à l'écoute de l'inquiétant single "Feels just like it should" qui annonçait l'album "Dynamite", on aurait pu craindre le pire, mais quelques semaines plus tard, ce soleilleux "Seven days in sunny June" rassurait finalement les fans historiques comme moi.
Bien que renfermant quelques pépites panthéonisables comme "Dynamite", "Starchild" ou "Time won't wait", l'album connut un succès mitigé en France.
Trop disco pour certains, trop éloigné de l'acid-jazz originel pour d'autres, il ne trouva pas son public et les médias le rangèrent dans l'armoire.

Avec "(Don't) give hate a chance", "Seven days in sunny June" fut le seul titre à bénéficier de remixes dignes d'intérêt dont celui de l'obscur producteur anglais Blackbeard présenté dans ce set.


Pénétration dans un univers beaucoup plus sombre avec ADMEN EDITS VOL. 4 "They don't tell the truth", bootleg d'un titre des UNDISPUTED TRUTH : "Smiling faces sometimes".

En 1971, sous le joug d'une ségrégation raciale que Nixon tentait vainement d'occulter, le groupe de Norman Whitfield sort ce brûlot qui restera comme l'un des titres soul les plus précieux de l'histoire de la musique noire.
Les paroles sont sans concession : "Les visages souriants font parfois semblant d'être vos amis... Méfiez-vous de la poignée de main qui cache un serpent, méfiez-vous de la tape dans le dos, elle pourrait bien vous empêcher d'avancer...".
L'arrangement psychédélique avec ses cordes et cuivres acérés, l'interprétation qui alterne entre la compassion et le swing ouvrent la voie à ce qu'on appellera la "blaxploitation", genre cinématographique totalement dévoué à la fierté de la communauté noire et dont la B.O.F. de "Shaft" est l'exemple le plus connu du grand public bien qu'une bonne vingtaine d'autres bandes originales soient devenues objets de culte auprès des spécialistes.


Au cours du mois de juillet 2010, j'avais eu le bonheur d'écouter un podcast d'un set de Gilles Peterson (DJ et fondateur du label Talkin' Loud) qui avait été joué sur BBC Radio One.
Empli de titres aussi éclectiques que somptueux (il démarrait par un extrait d'une symphonie de Mahler revisitée par Matthew Herbert), j'avais noté l'énergie de ce "Bibi Na Mpu" de la chanteuse tanzanienne MIM SULEIMAN brillamment produit par Maurice Fulton. L'album "Tungi" sorti en 2010 flirte avec l'électro et mérite l'oreille attentive des fans de World Music.


Sorti en 1984, "She's strange" de CAMEO symbolise bien le "paranoïd funk" que la formation de Larry Blackmon avait su créer.
Les hits "Word up" (1986), "Candy" (1986) et "Back & Forth" (1987) marqueront l'apogée d'un groupe formé en 1976 et qui évolua constamment dans l'ombre de Parliament, The Whispers ou Earth, Wind & Fire.


Si CRAZY P a concédé l’abréviation de son véritable nom (Crazy Penis), c'est sans doute pour éviter les foudres de la censure.
J'avais découvert ce duo anglais en 1998 sur une compilation "Jazz in the House" avec le titre "Summer Bummer", mais c'est en 2002 avec l'album "The wicked is music" que je devins véritablement fan. Des titres comme "You started something", "Change" ou "You are we" (notamment remixé par Ian Pooley) sont révélateurs d'un talent qui sera vite mis au service de labels comme le prestigieux Naked Music.

"Never gonna reach me" (Hot Toddy remix) est une autre merveille découverte dans le set de Gilles Peterson. Le remix de Hot Toddy alias Chris Todd (l'un des deux fondateurs du groupe) transfigure la version figurant sur l'album "Love on the line" sorti en 2009.


ROSE ROYCE "You're a winner" : un classique du Patch Club. Je doute qu'un autre club français ait joué ce simple titre d'album à la ligne de basse redoutable.


Le remix Kiss Fm de "Dying to be dancin'" d'EMPRESS réalisé par Shep Pettibone fait lui aussi mouche. Je pense vous avoir joué pratiquement toute la liste de ses extraordinaires versions qui figurent sur les deux compilations que l'on peut se procurer à l'état neuf à prix modeste, frais de port offerts, sur Amazon.com.
EMPRESS est sans doute à nouveau un groupe monté de toutes pièces par le label new-yorkais.

"New kind of medicine" d'ULTRA NATÉ entre de plain-pied dans les sonorités du groupe CHIC qui, s'il existait encore, l'aurait certainement produit dans la même veine.
Malgré cette version particulièrement soignée par Albert Cabrera et fort d'un double pack proposant des mixes de Tenaglia et Morales, ce titre sorti en 1998 ne semble hélas pas avoir marqué les esprits.


Sorti dans l'ombre de"Where love lives", titre monumental d'ALISON LIMERICK, "Come back (for real love)" fit bonne figure sans pour autant entrer dans les charts. Le seul titre qui connut un certain succès par la suite fut le très mainstream "Make it on my own" produit par Steve Anderson du DMC.


JODY WATLEY, ex-chanteuse de Shalamar, a toujours eu le flair pour choisir les bons "featuring" ou s'entourer des producteurs du moment.
  • "Looking for a new love" (1987) avec André Cymone (écurie Prince)
  • "Don't you want me" (1987) avec Bernard Edwards (Chic) et François K
  • "Friends" (1989) avec André Cymone et les rappeurs Eric B. & Rakim
  • "Real love" (1989) avec André Cymone et Louis Silas Jr.
  • "Ecstasy" (1994) avec David Morales
  • "Saturday night experience" (2001) avec Blaze
"I'm the one you need" (1991) produit par le même David Morales est classé dans mon Top 20 des meilleurs mixes du Boss.
Il existe une version rave assez rare (Dead Zone Version) dans laquelle la voix est vocodée et qui figure sur un DMC de 1993.


PAUL SIMPSON "Everybody's a star" (Temple Mix) : autre version de l'un des premiers tubes estampillés "New Jersey Garage".


Final avec l'un des "beds" de mes premières interventions en solo sur Skyrock, dub que j'ai utilisé dernièrement pour présenter mes podcasts : TYCIE & WOODY "The rhythm's gonna get you". Je l'ai toutefois largement charcuté, certains passages étant un peu ennuyeux.

vendredi 25 juin 2010

N° 73 : Mesmerizing (Cox 6, Blue Six, Salt City Orchestra, Lovetronic...)

Set non disponible

Samedi dernier, j'ai passé ma journée à chercher le traître du vestiaire, en vain.
Le dimanche, j'ai cherché le chronomètre de Robert Duverne dans la pelouse du Champ des Rêves, en vain.
Mardi, j'ai espéré un sursaut d'orgueil des Bleus, en vain.
Vendredi, j'ai lu dans la presse que le disque français qui avait généré le plus de droits d'auteur en 2009 était "No stress" de Laurent Wolf. Le coup de grâce.
Triste semaine.

1/ EDDY & DUS "I've been watching you" : production deep-house en provenance de Croatie et signée sur un sous-label de BMG (North Records) en 1997. Je crois que c'est Claude Monnet, un ex-vendeur du magasin Champs Disques, qui en était le directeur artistique.
North Records avait sorti quelques bonnes galettes comme "The Disco Freaks EP" de DISCO FREAKS ou "Come on" de CARAYCA (réalisé par un ex-vendeur du magasin Discoparnasse)... Comme quoi le métier de disquaire est un bon tremplin pour faire sa place dans la production.

2/ MIGUEL MIGS "Mesmerized" : le fondateur du label orienté soulful house Salted Music est connu de tous les thuriféraires de ces sonorités feutrées idéales pour les soirées les plus raffinées.
Sur le même label, les remarquables productions de Lisa Shaw dont j'ai déjà vanté les mérites.
"Mesmerized" est ici remixé par l'un des maîtres de la deep-house anglaise, Shur-I-Kan.
Et quelle est cette voix suave ? celle d'Aya, l'une des artistes les plus sensuelles qu'il m'ait été donné d'entendre.

3/ BLAZE "My beat" : les disciples du gospel sont remixés ici par le duo anglais SWAG. Je ne connais pas trop leur travail mis à part leur remix de "The Season" de BEANFIELD.

4/ SOUND DESIGN "Bounce to the beat" : Todd Terry se cache encore sous un nouveau pseudo pour l'une de ses meilleures productions. Ce remix de "Bounce to the beat" est extrait de l'album "Back From The Dead E.P". Le riff de Rhodes et le sample vocal sont judicieusement choisis. L'un des incontournables des soirées underground de l'année 1995.

5/ FUNTOPIA feat. Jimi Polo "Girl, i believe in you" : deux mixes signés par le DJ anglais Crispin J. Glover et tirés du double pack de l'époque. Le premier est assez orienté "Maw-style" grâce au son caractéristique de l'orgue qu'on retrouve par exemple sur "Buddy X" de NENEH CHERRY. Le second est beaucoup plus hypnotique avec un gimmick organ-basse efficace et une interprétation vocale libre et d'une grande délicatesse.

Crispin J. Glover fut d'abord peintre et décorateur avant de devenir musicien et de frayer avec Level 42 ou Terence Trent d'Arby.
Parmi ses productions les plus significatives, citons "Honeydip" sur Strictly Rhythm sous le pseudo de Caucasian Boy.

Quant à Jimi Polo, c'est surtout l'interprète du classique Chicago-house "Better days".

6/ SALT CITY ORCHESTRA "Storm" : l'un des disques les mieux mixés de l'histoire de la house ! Un bass drum dévastateur, l'un des premiers bassdrums vraiment impressionnant entendu sur un vynil en cette année 1994. Rendons hommage à l'ingénieur du son, Simon Bradshaw, l'un des trois membres de ce groupe, producteur que l'on retrouve aussi dans le collectif Attaboy (Presence - "Sense of Danger", Blue Six - " Music & Wine")

Comme d'habitude, la France est passée à côté de ce disque d'anthologie mais Rudy, l'un des assistants à la direction artistique du label Atoll, avait eu la bonne idée de l'inclure sur une excellente compilation : "Welcome to the house".
(Un petit coucou à Barbara si elle tombe sur cet article).

7/ MAD MIKE "Heartbeat of a groove" : je crois que j'ai découvert ce titre dans l'émission de Dimitri from Paris sur NRJ. Une house bien poisseuse et underground en provenance de Detroit (le fameux label Happy Records).

8/ PRESENCE feat. Shara Nelson "Sense of danger" : bien moins flatteur que le remix d'Attaboy déjà joué dans un précédent set, cet original à l'ambiance gourmée et mélancolique méritait toutefois le détour auditif.

9/ BLUE 6 "Music and wine" : c'est en 1998 que Jay Denes fonda avec Dave Boonshoft le label Naked Music. Ils symbolisent un ilôt de résistance dans un océan où la médiocrité et le mauvais goût sont les maîtres-mots. La soulful house qui surnage tant bien que mal de nos jours leur doit beaucoup.
Ce mix est un dub envoûtant signé Jay Denes.

10/ LOVETRONIC "You are love" : autre production soignée du label Naked Music, c'est à nouveau un mix signé Simon Bradshaw.
C'est Lisa Shaw qui assure la partie vocale.

11/ COX 6 "Signez-là !" : très confidentielle production française découverte dans les mâtinées de Jean-Jérôme à la bonne époque de FG radio. Fabrice Lamy puis Jean-Jérôme avaient alors toute latitude pour mixer en live les disques de leur choix et dieu sait combien ils étaient judicieux. Je leur dois beaucoup de mes découvertes musicales.

Cox 6 est un duo constitué de Bruno Collet et Christian Gonzalez. Le remix est signé Demon Ritchie qui utilise, je pense, un gros synthé Oberheim (l'OB-X) pour réaliser ses magnifiques envolées, solos séraphiques et légers comme l'air.

C'est l'un des plus grands morceaux de deep-house française. Il est dans mon top 10.

12/ JAMIROQUAI "Canned heat" : Jay Kay possède une grande qualité. Il donne carte blanche aux plus grands remixers (ici les Masters at Work) pour triturer ses versions originales , nous donnant toujours l'embarras du choix.
Annoncé comme un white label en édition limitée, l'artifice marketing créa donc la rumeur (le "buzz" comme on dit aujourd'hui de manière totalement galvaudée) et je tombais évidemment dans le panneau en me précipitant sur ce que je croyais être une pièce rare. FG Radio avait bien relayé l'intox à l'antenne, c'est de bonne guerre.
L'adlib est totalement magique avec des accords nimbés de jazz vibes dignes d'Earth, Wind & Fire. Résolument, l'un des chefs d'œuvre du duo.

vendredi 2 avril 2010

N° 62 : The Floorfiller Mix (Joey Negro, Bootsy Collins, Barbara Tucker...)

Set non disponible


Ce set achevé, je me suis dit que, si je l'avais joué in extenso dans quelque club pointu, vider la piste aurait été impossible. D'où cette appellation un peu prétentieuse. A vous de juger.

Quoi qu'il en soit, après cette semaine noire et inquiétante, il était temps de renouer avec la joie et l'espoir, et ce mix tombait à point nommé.

1/ LOVE TRIBE "Stand up" : cette version signée Roger Sanchez est étrangement saturée. Elle reprend le gimmick de "There but for the grace of God" de MACHINE (à 2'59" du début), un titre qui avait été repris avec délicatesse par FIRE ISLAND en 1993.
J'essaierai de vous présenter ce remix très deep dans un futur proche.

2/ MICHAEL GRAY feat. Shelly Poole "Borderline" : cette voix glamoureuse et minaudante piqua ma curiosité au point de savoir si le physique suivait. Le clip aguicheur ne pouvait être qu'un leurre.
En effet, Shelly Poole, physique de femme mûre, ex-membre du groupe Alisha's Attic, n'a rien d'une "biatch" et déroule une belle carrière en tant que compositeur pour des artistes comme Massive Attack, Janet Jackson ou Sophie Ellis Bextor.
En 2008, elle a formé un groupe de style country, Red Sky July.
Je la félicite pour avoir "joué le jeu" en ayant interprété à la perfection ce "Borderline" avec cette "voix de téléphone rose".

Ah, au fait, le sample du morceau est totalement improbable. Stretché à mort, il est emprunté à un slow mielleux et très dispensable : "Ready for your love" de CHAPTER 8. Avec l'intelligence et "l'oreille" qui caractérisent les grands remixers, Michael Gray a exactement samplé le seul passage magique du titre.

3/ JOEY NEGRO "Can't get high without U" (1997) : Toutes les infos sur ce morceau sont à lire sur ce billet. Ce single disco-house proposé en double pack signe le grand retour à la production de Dave Lee après la sortie de son album solo "Universe of love" quatre ans auparavant. Cet album lui avait permis de réaliser un vieux rêve en réunissant les Trammps ("Universe of Love", "What happened to the music") ou Gwen Guthrie ("What a life").

4/ Z FACTOR "Somebody" : avançant masqué, Joey Negro reprend l'un de ses vieux pseudos et surprend son monde avec ce titre très underground.
La face A, "We'll Keep Climbing", quasi-instrumentale et dotée d'un gimmick très électro fera l'unanimité, mais ce mix hurlé en face B, avec les vieux sons historiques de la house, complète à merveille ce qui restera l'un des meilleurs titres de 2008, un "must-have" comme disent les british.

5/ BARBARA TUCKER feat. Darryl D'Bonneau "Stop playing with my mind" : l'une des dernières flamboyances de la house filtrée, au crépuscule des 90's. Pour l'occasion, les anglais de Full Intention braconnent un petit bout de l'excellent "Black Ivory" de MAINLINE (1979).

6/ BLAZE "Most precious love" : je ne sais pas si ce riff de piano est une pure création, mais une chose est sûre, son viatique est imparable et térébrant. Comme un air de "Disco's Revenge", non ?

7/ LES CLAUDETTES "Alexandrie Alexandra" : Infusant son talent à tout ce qu'il touche, Joey Negro reprend l'arrangement de l'adamantin "I'm a man" de MACHO pour ce dub du tube de Claude François. Le double pack mérite l'acquisition.

8/ MADEMOISELLE "Do you love me?" : dommage que ces deux frenchies n'aient pas donné suite à ce flamboyant "stardust-like" au riff de guitare et aux arrangements parfaitement ciselés.

9/ THE FACE "Needin' U" : toutes les infos sur ce titre sont dans ce billet.

10/ JULIET ROBERTS "Bad girls" : en 1998, elle est la première (oublions la tentative mollassonne de Xaviera Gold) à reprendre avec brio ce monument de la disco.
Jay Kay (Jamiroquai) et Anastacia le reprendront en live lors d'une céremonie des Brit Awards, "The Adidas man" en solo lors de son concert à Verone (2002).

11/ BOOTSY COLLINS feat. MC Lyte "I'm leavin' U" : DJ TONKA est l'un des plus festifs DJ's allemands. Une happy house sans failles qui dynamite l'original groovy tout aussi excellent.
Le sample du gimmick me semble être piqué sur "Something about you" de Mr ROY.

12/ JAMIROQUAI "Love foolosophy" : ce ludion hybride capable de passer de l'acid-jazz le plus engagé à la dance la plus frivole, ce véritable satrape aux multiples frasques semble revenir à ses premières amours dixit les rumeurs de la Toile.
Finies donc les envolées discoïsantes ? La fin d'année nous en dira d'avantage.

vendredi 22 mai 2009

N° 19 : One step in the 2000s (Joey Negro, Axwell, Kamasutra...)

Set non disponible






Bien que ce blog évoque essentiellement le passé, j'avais esquissé dans mon tout premier set (The Rebirth Megamix) une entrée dans ce nouveau siècle avec quelques reprises ou remixes de vieux titres des années 70-80.
J'y pose à nouveau mon pied... avec prudence.

1/ KAMASUTRA "Where is the love" : un "Stardust-like" très élégant. Music sounds better with you s'appropriait l'intro du Fate de Chaka Khan, les italiens de Kamasutra (Alex Neri et Marco Baroni) s'inspirent avec une puissance de feu bien supérieure, l'apport de la voix suave et sexy de Weston Foster ne faisant qu'ajouter à l'exaltation. Je me suis amusé à glisser l'accapella de Stardust... et le résultat est là !

2/ KIMARA LAWSON "Stand up" : autre joyau du duo Kamasutra avec cette intelligente utilisation du riff de guitare de l'intro du Saturday de Norma Jean, une base sur laquelle une mélodie imparable vient se poser, provoquant l'euphorie sur le dancefloor.

3/ JOEY NEGRO feat. Taka Boom "Can't get high without you" : la soeur de Chaka Khan fut une égérie du producteur Joey Negro. Elle assura les voix sur d'autres de ses tubes comme Saturday ou Must be the music. Les choeurs de Can't get high without you rappellent le U turn me on de Tomorrow's Edition, les clins d'oeil aux grands classiques étant une pratique habituelle chez ce grand spécialiste de la disco music.

4/ L'entrée dans les 2000s s'effectue avec ce flamboyant "Fly away" de SUNBURST BAND, le groupe disco-jazz créé par Joey Negro. Un dub qui met en valeur toute la musicalité dont les productions de ce groupe font preuve. Le gimmick vocal reprend l'ad lib de I've had enough d'EARTH, WIND & FIRE.

Décidement les lecteurs de ce blog vont finir par penser que la house n'est qu'un grand marché du pompage. C'est en partie vrai mais, comme dit l'adage, "la musique se mord la queue en permanence" et l'on peut trouver dans tous les styles de musiques des gimmicks ou fragments de mélodies qui empruntent à d'illustres ou obscurs prédecesseurs. La SACEM tolère d'ailleurs dans le dépôt d'une mélodie originale une suite de 7 notes identiques à celles trouvées dans un autre morceau déjà édité. Je ne peux pas affirmer mes dires mais j'ai souvent entendu parler de cette tolérance accordé par le bureau de vérification des oeuvres. Il faut dire qu'avec 12 notes dans la gamme, on ne peut pas multiplier les combinaisons à l'infini et finalement, un jour ou l'autre, on finit par copier, souvent involontairement.

5/ JAMIROQUAI "Canned heat" : le génie de la disco-pop est annoncé pour la fin 2009 avec un album - paraît-il - très orienté acid-jazz. Les fans de la première heure avaient vu d'un mauvais oeil ces dérapages disco dont ses récents albums étaient truffés. Ce Canned heat est pourtant fadé et d'une gaieté contagieuse.

6/ SOULSEARCHER "Can't get enough" : dans la famille des samples, je voudrais le Let's Lovedance tonight de GARY's GANG (1979). La mélodie créée pour la circonstance par Soulsearcher (alias Marc Pomeroy du duo Jazz-n-Groove) est bien moins cul-cul que l'originale, une resucée du tube Keep on dancing.

7/ FIRST CHOICE "Armed and extremely dangerous" : titre éponyme de l'album sorti en 1973, c'est également le premier tube du groupe dont l'histoire n'a retenu que Let no man put asunder. Pourtant, la moisson de tubes fut exceptionnelle : Dr Love, Double Cross, The Player, Love thang... L'insigne dub de Full Intention met enfin en valeur ce must du "Philly Sound" qui n'avait pas fait l'objet d'une version maxi à l'époque.

8/ ANDREA T AND TIBET "Could it be magic" : Une reprise qui arrive à se hisser au niveau de l'illustre original interprété par Donna Summer. Et pourtant, quelle gageure ! Les versions des boys bands Take That et Alliage n'arrivent pas à la cheville de ce mix mais Alain Chamfort avait réalisé une adaptation intimiste très réussie à l'époque (Le temps qui court).

9/ FAT LARRY'S BAND "Lookin' for love tonight" : un disque que j'avais diffusé à l'époque bénie de la Max Party. Act like you know ( et sa ligne de basse multi-pompée) et ce titre sonnent comme les seuls hits de ce groupe de Philadelphie. Peut-être peut-on adjoindre à la maigre liste, la ballade Zoom.

10/ THE FACE "Needin' U" : le dernier grand disque de David Morales. Mais quelle mouche l'avait piqué pour sortir ce délirant assemblage de samples alors que ça n'était pas dans les habitudes de la maison ? Deux morceaux servent de base à ce titre : Let me down easy de RARE PLEASURE pour la ligne de piano et My first mistake des CHI-LITES pour les voix et les cuivres. Le break contient un scat déja entendu sur le New anthem de REEL TO REAL.
A cet empilage, j'ajoute brièvement ma touche personnelle avec l'accapella de Finally de K.O.T.

Je profite de l'occasion pour faire une prière ; une prière pour que le grand Morales cesse de succomber à l'attrait des sets et des tournées juteuses pour faire son come-back à la production avec ces arrangements dont il a le secret. Dans cette période de disette musicale, nous avons trop besoin de remixers de sa trempe pour convertir les titres fadasses qu'on nous fait avaler à longueur de journée sur les médias en véritables pépites pour un public en manque de vibes.
Dans les années 90, lorsque j'allais faire mes courses chez Champs Disques, avenue des Champs-Elysées, la première question que je posait aux vendeurs était : "Avez-vous du Morales à me faire écouter ?" ; et les gars avaient toujours 4 ou 5 productions à me proposer chaque semaine !!! idem pour Steve Hurley.

11/ KEVIN YOST "If she only knew" : Une concentration jamais égalée de samples dans un mix !!! C'est l'oeuvre de Todd Edwards qui transforme le titre plutôt tranquille de Kevin Yost en une sorte de "disco festival" avec des fragments de titres venus de tous horizons. Impossible de résister à l'envie de se trémousser sur un tel chef d'oeuvre.

12/ GUSTO "Disco's revenge" : le titre qui lança le label français Do it Music dont le directeur artistique était Sam Choueka (l'un des deux animateurs FM et télé connus sous le nom de Groucho et Chico) et le responsable promo, Cocto. Disco's revenge sample le Groovin' you de Harvey Mason. Il fallait y penser ! Des remixes anglais apportant une mélodie chantée renforcèrent l'attrait pour le disque... et sa diffusion en radio. A Skyrock, on m'a toujours dit que les instrumentaux n'étaient pas les bienvenus dans les programmations. Même les slows, jugés trop mous, furent bannis de l'antenne vers 1993. Les radios FM, à force de considérer l'auditeur comme un être décervelé, n'ont-ils pas creusé leur tombe ? Lorsqu'on voit les gesticulations actuelles dans ce petit monde et la crise terrible qu'il affronte, on se demande si le mal ne vient pas de toutes ces années de mépris.

13/ NOOTROPIC "I see only you" : une happy house "so british" remixée par Love to Infinity, des producteurs mancuniens qui ont remixé le Gotha de la pop internationale.

14/ C-MOS "2 million ways" : C-Mos est l'un des pseudos du producteur belge Oliver Abeloos qui fut à l'origine de tubes tels que T 99 (Anasthasia) ou Quadrophonia (Quadrophonia). Ces violons magnifiques sont empruntés à un vieux titre soul complètement ringard : Run back par Carl Douglas (remember Kung Fu fighting !). Sans doute que la technologie a permis d'optimiser ce sample peu évident à travailler à l'écoute.
L'intro du remix réalisé par Axwell (membre de la redoutable Swedish House Mafia) se mélange avec une grande magie aux violons de Nootropic. J'ai rougi de plaisir en trouvant ce mix et en le peaufinant. Et vous, qu'en pensez-vous ?

jeudi 12 mars 2009

N° 9 : Moving slowly to U.K. House Music (Morales all time classics, chicago anthems, l'Hacienda, M People, Gypsy)

Set non disponible






Après quelques semaines consacrées à la fine fleur de la soulful house, il est temps de muscler progressivement les sets avec cette scène house britannique plus punchy, plus "bourrine" mais néanmoins captivante. Elle a inventé les rave parties, amplifié le mouvement techno puis enfanté de styles tels que la handbag, le speed garage et le 2-step.

Mais commençons par un panégyrique de David Morales...qui ne surprendra pas les habitués de ce blog :-)

1/ SWEET MERCY feat. Joe Roberts "Happy days" : le seul morceau culte du Boss qui m'avait échappé à sa sortie en 1995.
Pourquoi ? une surcharge de travail m'empêchant d'aller traîner comme d'habitude aux comptoirs des disquaires, un distributeur qui avait dédaigné de livrer la France...je ne me l'explique pas. Mais le marché de l'occasion a ceci de magique qu'il permet de rectifier les erreurs du passé et, finalement, un vynil en provenance d'Angleterre me parvint par la Poste. Et l'émerveillement fut total. Une rythmique claire et puissante, un solo de Rhodes étourdissant, la voix magique de Joe Roberts, un titre que je pourrai écouter encore dans 20 ans.
J'y ai inclus l'accapella de "Sexual" par Amber pour que l'envoûtement soit total.

2/ D:REAM "U R the best thing" : Cela fait 15 ans que j'écoute ce titre avec une émotion inaltérée. Morales avait encore remis une copie parfaite et les voix de Peter Cunnah (lead) et D'Borah Asher (back) sont d'une suavité absolue. Voilà le style de morceau qu'il me plairait de pouvoir sortir aujourd'hui - j'ai déjà programmé une petite liste des artistes que je contacterai si mon retour à la production se profile à l'horizon.

3/ Mon ami Lord Sharkus, un aristocrate de la soulful house, me reproche souvent de ne pas inclure suffisamment dans mes sets son artiste préféré, JAMIROQUAI. Il lui voue un culte totalement immodéré mais il faut bien admettre que JAMIROQUAI, entre frasques imbibées et performances scèniques, a toujours su trouver l'alliage entre pop et dance, se faisant concocter des remixes souvent insignes comme ce "Cosmic Girl" par Morales.

4/ Manchester a été traditionnellement une ville ouverte sur la culture black. Ses Dj's jouant essentiellement des titres venus de Chicago et Detroit, elle lança dès les années 60 un mouvement connu sous le nom de "Northern Soul".
A la fin des années 80 et suivant cette tradition, le célèbre club" l'Hacienda" programma logiquement les tubes house venus de Chicago et son DJ Mike Pickering en fut l'instigateur. Frankie Knuckles ira même jusqu'à le désigner comme le premier DJ anglais à avoir introduit la house music dans son pays. Pickering formera le groupe M PEOPLE en 1991 avec naturellement une chanteuse black, Heather Small. "One night in heaven" est avec "Moving on up" la parfaite illustration de cette house mâtinée de soul.

5/ CEYBIL JEFFRIES "Open your heart" : une production garage signée Tony Humphries.

6/ MARATHON "Movin'" : Un groupe rock anglais produit à la base par Youth, la version originale s'inspirant d'ailleurs fortement du "Gimme Shelter" des Rolling Stones (pour le gimmick vocal) et du "Happiness is just around the bend" des Main Ingredient (pour les paroles du refrain). Le traitement happy house donné par Joey Negro est stupéfiant.

7/ 2 IN A ROOM "Ahora ! (now)" : un remix du duo anglais Bottom Dollar dont vous aviez déjà découvert le travail sur "El Trago" dans mon premier set, The Rebirth Megamix.

8/ C & C MUSIC FACTORY feat. Martha Wash "I found love" : extrait de Anything goes! (1994), excellent album d'un duo panthéonisé.

9/ STEVE "SILK" HURLEY "Jack your body" : après avoir lancé le label DJ International en 1985 avec le titre "Music is the Key", Steve Silk est le premier D.J. à propulser un titre house à la première place du hit-parade anglais (avril 1987), aidé dans sa tâche par Pete Tong, D.J de la radio BBC Radio One. Tong sera d'ailleurs le premier à sortir sur le marché anglais une compilation dédiée à la house de Chicago, The House Sound of Chicago, Vol. 1., sur London Records, label dont il est le Directeur artistique.

10/ MAC THORNHILL "Who's gonna ease the pressure" : un titre repéré dans le Skydance de RLP et vite acquis chez un disquaire du Nord de la France ! Un son énorme à la limite de la saturation et des voix syncopées du meilleur effet.

11/ JOE SMOOTH "Promised land" : Un musicien connu pour ce seul hit mais surtout impliqué dans des activités de producteur, ingénieur du son et remixeur (Fast Eddie, Tyree, Lil' Louis, Destiny's Child)

Lente avancée dans une british house aux sonorités plus techno qui sera largement à l'honneur dans le prochain set.

12/ D-TEK "Drop the rock" : Ce groupe (ou concept ?) est un one shot du label "dance" Positiva créé par major EMI en 1993. Dès son lancement, il marque de son empreinte la scène house anglaise avec la signature du "I like to move it" de Reel 2 Real. Suivront d'autres belles inspirations comme "Beautiful People" de Barbara Tucker, "Freedom" de Black Magic (Lil' Louis), "Move your body" de Ruffneck, "The Bomb" des Bucketheads.

13/ et 14 / GYPSY "Skinnybumblebee" et "I trance you" : l'écossais GYPSY est le porte-drapeau du label de "progressive house" Limbo Records. Les mixes présentés ici sont plutôt happy et survoltés, en particulier le Aquarius 96 remix de I Trance You" qui reprend (encore) le riff de sax de Jimmy Castor Bunch.

15/ Une puissante synthé-basse dans le style des meilleurs morceaux de speed garage pour accompagner ce remix anglo-américan de "Something goin' on" de TODD TERRY sorti sur le label anglais Manifesto. Déployant l'artillerie lourde (Martha Wash et Jocelyn Brown), l'homme à la casquette vissée sur le crâne (trouvez une photo de lui sans cet accessoire sur Google Image !) signait un retour en force en 1997 avec l'album Ready For a New Day après une série d'obscures albums expérimentaux.

vendredi 30 janvier 2009

N°3 : From Underground to Paradise (Shawn Christopher, Kathy Sledge, Donna Allen)

Set non disponible






Ce 3ème set propose une remontée progressive des bas-fonds de l’ «underground house» vers le «paradis des harmonies» où foisonnent somptueuses mélodies et voix de divas.


Lorsque j’écoute les nombreux sets qui jalonnent la Toile, je constate souvent qu’ils sont totalement dénués de parties vocales et d’arrangements flamboyants. Parfaitement calibrés pour des soirées d’initiés, des soirées où le dub, la rythmique ou le gimmick priment sur l’émotion de la voix, ils deviennent vite ennuyeux pour des gens comme moi.

De là à dire pis que pendre sur ce genre de sets, il n’y a qu’un pas de danse que je franchis. Combien de fois ai-je entendu dans la bouche de DJ’s : «je vais pas m’emmerder avec les voix, je joue que les dubs» ou, pire encore, «les voix, ça gêne le mix».
N’y a t-il pas une certaine facilité à ne jouer que des titres qui peuvent s’enfiler comme des perles sans risque ? En matière de house, je considère qu’un set doit être une fête, une communion avec le public et non un prétexte à se faire plaisir en mixant une litanie d’instrumentaux.

Cela étant, admettons que, si les remixeurs fabriquent systématiquement des dubs, c’est qu’il y a une clientèle pour ça.

Alors, sans doute que mes sets sont autant faits pour être écoutés que pour être dansés. Mes maîtres sont les «Frankie Knuckles» , les «Louie Vega» et tous ceux qui ont l’audace de mélanger les styles, de casser le tempo et surtout de glisser des accapellas bien sentis sur les instrumentaux.


1/ J’ai choisi de démarrer du tréfonds de l’underground par le Clichy’s Mix du «Felix Yo !» de ALËEM, production française du label Pro-Zak Trax.

2/ Très vite, le bone-apella de «Work it to the bone» de LNR. vient s’imbriquer pour un court «mash-up».

3/ David Morales rend une copie parfaite avec le remix de «Let’s get busy» des suédois de CLUBLAND dont les titres reviendront très souvent dans mes futurs sets.

4/ SANDEE «Notice me» : Une des toutes premières productions de Clivillés & Cole, encore très underground.

5/ COLDCUT feat. LISA STANSFIELD «People hold on» : excellent remix signé Eric Kupper, membre historique de la team DEF MIX, l’homme des claviers, celui qui donne la touche jazz-garage aux mixes de Morales ou de Knuckles.

6/ Le Final D-Mix de «That’s the way of the world» de D MOB est l’un des titres-cultes de l’œuvre pléthorique de David Morales, un mix qui a provoqué en moi cet amour maîtrisé pour ce genre musical malheureusement (ou heureusement ? ) zappé par la France. Ça n’est pas faute d’avoir vanté ses vertus au micro de SKYROCK. Le «garage» compte beaucoup de sous-productions ennuyeuses mais lorsqu’un chef d’œuvre surgit, il est là pour l’éternité.

7/ LIL' LOUIS «Birds and trees» : ce bootleg acheté au magasin VIBE STATION de le Rue du Faubourg St-Antoine (Paris) est une énigme. C’est la face B d’un maxi contenant 2 mixes originaux de «Club Lonely». La pépite serait donc cette face B à la loop sale et au riff de piano jazz qui semble provenir d’une vieille production house.

8/ Pour CODE 718 et «Equinox», j’avoue que j’ai copié. Copié une idée entendue dans un set de Paul Armstrong pour la Max Party. Copier, c’est bien mais améliorer l'idée est plus louable. C’est sans doute l’un des mash-ups qui m’a demandé le plus de travail entre stretching, pitching et effets sur l’accapella de «Tears» mais je pense que le résultat est au bout.

9/ Je me permets la fantaisie de rehausser d’un demi-ton le cri langoureux de Robert Owens pour faire la transition avec JAMIROQUAI «Emergency on planet earth». Les Masters at Work m’avaient un peu déçu sur leurs remixes mais Danny Tenaglia sauve la mise avec de nombreux mixes garage classieux dont ce «Fingertips dub».

10/ KATHY SLEDGE «Heart» : immersion dans le «Paradis des Harmonies» avec une version dub légendaire de Roger S. Légendaire, certes, mais difficile à mixer, le tempo se permettant quelques libertés dues, sans doute, à un gros charcutage en editing.

11/ SHAWN CHRISTOPHER «Don’t lose the magic» : le break est interminable, laisse 10 000 fois le temps de mixer mais je ne pouvait pas vous priver du solo de piano électrique de fin dont je présume que la paternité revient à Eric Kupper, Morales n’étant pas un clavier mais un spécialiste des rythmiques.

12/ Une «Double priority» comme j’aurais dit à l’antenne de Skyrock avec «Make my love» remixé par le suédois Stonebridge. Décidément, cette école suédoise ne finit pas de nous étonner avec aujourd’hui Axwell, Sebastian Ingrosso, Steve Angello et Eric Prydz. Comme je l’ai souvent écrit, ce sont les pays européens où le système scolaire donne la plus grande part aux activités culturelles qui nous sortent les meilleurs producteurs (Allemagne, Suède, Islande, Norvège…).

13/ DONNA ALLEN «He is the joy» : A l’heure où les productions gospel-garage de qualité font figure d’événement (on les compte sur les doigts d’une main chaque année), ce mix des URBAN BLUES PROJECT est l’un des 10 chefs-d’œuvre de la décennie 90. De ce que j’ai entendu récemment, seul le «He is» de COPYRIGHT et le «Never Again» de KATHY BROWN le disputent en puissance avec ce titre.
La base musicale de "He is the joy" reprend en grande partie le "Whistle Bump" d'EUMIR DEODATO (comme beaucoup d'autres mixes garage).

14/ DONELL RUSH «Symphony» Début d’un triptyque spécial E-SMOOVE, fidèle lieutenant de Steve Silk Hurley. Lui aussi peut se targuer d’une œuvre pléthorique et qualitative en matière de remixes. Je possède d’ailleurs pratiquement tous les mixes de ses débuts. Toujours présent en complément des mixes de Steve Silk Hurley, il lui est parfois arrivé de dépasser le maître. Ce sautillant mix de «Symphony» en est la preuve et son collègue Maurice Joshua ne s’est pas privé de le jouer en boucle pendant 10 minutes dans son set pour la Max Party.

15/ THE BEATMASTERS «Dunno what it is» : remix nerveux, efficace, toujours facile à mixer, totalement dans l’esprit d'Eric «E-smoove» Miller et c’est pour ça qu’il est l’un de mes remixers préferés.

16/ MICHAEL JACKSON «Remember the time» : avant de sombrer, Michael Jackson aura eu la chance de voir les titres de son album «Dangerous» remixés par des pointures (Tommy Musto, Steve Hurley, C & C Music Factory, Frankie Knuckles) même s’il a échappé aux Masters at Work et à Morales. E-Smoove se montre ici totalement flamboyant et son remix est, de très loin, le meilleur du maxi.