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samedi 12 février 2011

N° 98 : an eclectic journey (Haji & Emanuel, Barry White, Sara Devine, Club 69...)

Set non disponible

Je vous propose un voyage très éclectique qui démarre par un titre assez improbable du groupe KAY-GEE, "Find a friend", une ballade anodine qui conclut l'album éponyme sorti en 1974. On se croirait en plein cœur d'une comédie musicale baba cool style "Hair".
Et c'est l'extro qui inspirera Joey Negro et son groupe THE SUNBURST BAND pour "Garden of love", l'un des titres les plus explosifs de leur premier album"Here comes the Sunburst Band", véritable chef-d'œuvre de disco revival sorti en 1998.


Le groupe KAY-GEE, sous la houlette de KOOL & THE GANG, se montrera généralement bien plus funky avec notamment les hits "You've got to keep on bumpin", "I believe in music" et "Waiting at the bus stop" qui restituent parfaitement la patte de ses mentors.

Cette petite recherche discographique m'a permis de mettre enfin un nom sur l'origine des quelques samples que je possédaient sur mini-disc et qui avaient servi à l'intro de "Playing with knives" de BIZARRE INC.
On les retrouve en intro de "Get down". Je les avais utilisés pour un mash-up dans l'un de mes premiers sets.


Les bataves DANIEL BOVIE & ROY ROX font appel au chanteur belge Nelson pour un titre électro-house assez efficace : "Love me".
Nelson sortira en 2010 un single dans la même veine : "She's Gone".

"Don't make me wait", hymne historique de la happy house, est l'une des dernières productions du groupe LOVELAND, souvent à l'honneur dans mes sets.
Avec Dancing Divaz, ils ont régné en maître sur cette handbag anglaise au milieu des années 90.
La prestation vocale de Rachel McFarlane est absolument époustouflante.

Seamus Haji a réalisé une totale reconversion dans l'électro de qualité après avoir fait partie de la team qui dirigeait le label garage/jazz-house Slip'n Slide.
Ici sans son acolyte Paul Emanuel, il réalise un remix très convaincant de "Nightlife" de IJAH.
On retrouve au lead vocal une vieille connaissance, Diane Charlemagne, ex-chanteuse du groupe URBAN COOKIE COLLECTIVE.

"Nobody's business" du producteur new-yorkais H2O fut signé en France en 1996 sur le sous-label d'Atoll, A Traxx, mais ne réalisa pas l'exploit de figurer dans le Top 20 du Hit des Clubs comme ce fut le cas avec l'improbable "Reap to what you sow" de Vernessa Mitchell sur le même label.

"Empty Streets" est un excellent titre du groupe LATE NIGHT ALUMINI qui figure sur leur indispensable album éponyme de style pop/lounge sorti sur le jaculatoire label compilatoire Hed Kandi.
On y retrouve des pépites comme :
  • "Seemingly Sleepy"
  • "The rest of you"
  • "Beautiful"
  • "Meant to be"
Une fois encore, c'est le très inspiré duo Haji & Emanuel qui se charge du remix électro-house.

"Warm leatherette (Love leatherette)" de CLUB 69 est une reprise garage d'un titre dark et underground de GRACE JONES datant de 1980. Seuls les "happy few" des soirées du Palace ont dû danser sur ce titre vers 5h du matin.
Je préfère largement la version happy de Club 69 et son gimmick de sifflements inspiré par"The Whistle Song" de Frankie Knuckles.

Avec "Special" de SARA DEVINE, on plonge dans les délices de Capoue, capitale d'une house latine et sensuelle produite par Louie Vega, producteur historique qui, en 2005, n'avait pas dit son dernier mot en la matière puisqu'il créait son concept Elements Of Life (EOL), du sceau duquel ce mix est frappé.

"In the centre" (notez la faute d'anglais !) d'ANTIGUA MANAGUA est un nébuleux bootleg qui sample le merveilleux tube "In the middle" de UNLIMITED TOUCH (1980).
La face B "Do that funky groove" qui sample un titre de BOBBY THURSTON a été jouée dans l'un de mes précédents sets.

Le remix par Dimitri de "Tell the world how i feel about 'cha baby" de HAROLD MELVIN & THE BLUE NOTES figure sur une compilation BBE Records ("Get down to the Philly Sound") qui a l'intelligence de présenter sur un premier CD les originaux et sur le second, le travail de re-edit de l'un des plus doués de nos producteurs français. Avec RLP, il est à l'origine de la popularisation de la house sur la bande FM, notamment Skyrock.

Final avec l'un de mes initiateurs à la musique noire, BARRY WHITE. Dès l'âge de 12 ans, je me rendais chez Scalp Music, disquaire situé à Nogent-sur-Marne, pour y acheter des albums pouvant servir de "berceaux" aux émissions de radio que j'enregistrais dans ma chambre.
MFSB, Creative Source et Barry White & The Love Unlimited Orchestra furent mes premières émotions en la matière de soul music.
Ma passion pour cette house sexy en est le résultat logique et ce "You're the first, the last, my everything" est mon hommage à l'artiste disparu.

vendredi 16 octobre 2009

N° 40 : Patch Club Classics (Bobby Thurston, Maxine Singleton, War, T-Connection...)

Set non disponible



Coïncidence, l'un des employés du Patch, aujourd'hui exilé en Alsace, vient de m'écrire, ayant trouvé mon blog lors d'une recherche sur ce club légendaire dans Google.
Curieusement, il ne m'avait pas identifié alors que nous nous connaissions très bien et allions ensemble le dimanche soir dans ces fameuses soirées du Palace qui ont forgé une grande partie de ma culture musicale.
Au passage, merci encore à ce DJ blond et inconnu qui mixait comme un dieu des titres insignes, du haut du balcon gauche de la scène. Sans lui, je crois que mes fins de semaines auraient été moins flamboyantes.

1/ WAR "Galaxy" (Original 12") : pour démarrer ce set, une version disco assez rare de "Galaxy", titre mythique et populaire de 1978. Et pourtant, son ambiance plutôt jazz l'aurait plutôt destiné à un public de connaisseurs. Mais la clientèle du Patch Club, habillée sur son 31, les oreilles éduquées par les "messagers du groove" qu'étaient les propriétaires, se jetait sur la piste dès les premières notes de l'intro.

Imaginez un tel disque produit en 2009 ; il n'aurait même pas les honneurs des charts, restant l'apanage de DJ's audacieux et éclectiques sévissant dans quelques bars musicaux très pointus.

2/ BOBBY THURSTON "You've got what it takes" : le switch parfait entre disco et funky music. Un album éponyme à la gravure et au mixage exemplaires. Maintes fois joué au Patch Club, il faut aussi un hymne du Palace. Le solo de guitare de l'ad lib est un des plus grands moments de la musique club. Il est signé Rodney Brown, mixeur du titre et producteur d'autres perles comme :
  • Can you handle it (Sharon Redd)
  • Love fever (Gayle Adams)
  • Check out the groove (Bobby Thurston)
Le jour où un producteur s'avise de sortir un single de ce calibre, qu'on me prévienne immédiatement.

3/ D TRAIN "You're the one for me" : un "Mastermix" de Shep Pettibone, producteur déjà longuement évoqué dans ce blog.

4/ MAXINE SINGLETON "You can't run from love" : deux tubes et puis s'en va. Ce maxi purement funky de 1982 est emblématique du son "Patch Club". Il est produit par Curtis Hudson, un producteur dont je vous reparlerai bientôt avec "Body Work" de HOT STREAK, autre titre historique.

5/ T-CONNECTION "Girl watching" : la particularité du Patch Club était d'acheter les albums des artistes plutôt que les maxis et de décortiquer chaque titre pour fabriquer les tubes "maison". Jamais sorti en single et figurant sur l'album "Pure & Natural" de 1982, "Girl watching" est de ceux-là avec ce swing imparable qui caractérise les productions de T-Connection ("Do what you wanna do", "At midnight").

De nos jours, les versions des albums (quand ceux-ci existent) sont produites en format court, l'armada de remixes des tubes potentiels qu'ils renferment précédant généralement leur sortie.

6/ ANTIGUA MANAGUE "Do that funky groove" : on ne quitte pas tout à fait les années 80 avec ce "double A-Side maxi" de 1995 produit par Don Carlos ("Love and devotion"). Le sample est pris sur "Check out the groove" de Bobby Thurston qui figure dans le même album que "You've got what it takes".

7/ JOEY NEGRO "What a life" : L'anglais est décidement inévitable dans mes sets. Voici sa relecture d'un vieux tube français signé des GIBSONS BROTHERS. Leur plus gros succès, "Cuba" (1980) obtint 14 disques d'or et fut N°1 dans 16 pays, se classant à une honorable 9ème place dans le Billboard américain. On notera également "Que sera mi vida" (5 millions d'exemplaires vendus) et "Better do it salsa" mais on oubliera leur travail sur "T'as le look Coco" de Laroche Valmont !

8/ NUYORICAN SOUL "Runaway" : un remix de Mousse T d'un titre figurant sur l'indispensable album des Masters at Work, "Nuyorican Soul" (1997), constellé d'hommages à tous ceux qui ont bâti leur culture (Roy Ayers, Tito Puente, Vincent Montana Jr., George Benson, Rotary Connection...). "Runaway", chanté ici par India est une reprise sur THE SALSOUL ORCHESTRA dont la chanteuse était Loleatta Holloway.

9/ BETTY FORD PROJECT "Wanna touch me" : une production des Rhythm Masters qui emprunte la ligne de basse de "Running away" de Roy Ayers, hit de 1978 dont Seamus Haji a d'ailleurs réalisé une excellente version pour BELEZAMUSICA en 2004.

10/ MOUSSE T vs HOT 'N' JUICY "Horny" : Boris Dlugosch rend la pareille à son pote Mousse T pour ce remix classe et jazzy de l'un des tubes planétaires de l'année 1997.

11/ THE NIGHTCRAWLERS "Push the feeling on" : le mix original avait conquis le monde, la version de MK pare l'arrangement d'un refrain choral qui hausse le niveau. Peu satisfait par l'arrangement original, je réédite légèrement le titre à ma sauce, la partie aux accords "garage"arrivant beaucoup plus tôt.

12/ DEE "Feeling hm-pa-paa-paaa" : le duo B. Dlugosch-Mousse T nous livre un dub underground "à la Masters at Work" avec des accords de piano Rhodes entêtants et une charleston, véritable salisson qui ordonne la mesure.