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vendredi 24 juin 2011

N° 116 : Dance to trance (George Acosta, J.C. Adès, Frankie Goes to Hollywood, Playahitty...)

Set non disponible

Comme vous le constatez, la couleur de mes sets se teinte de sonorités plus actuelles, étant désormais totalement investi dans le projet de single dance que je réalise avec mon ami Cutmaster.

L'approche des chanteuses réputées de ce petit monde se révèle plus compliquée que je ne le pensais.
Le fait d'être français reste un handicap lourd, comme c'était déjà le cas au début des années 90.
La faute à la carence de productions dance de qualité, Guetta étant le baobab qui cache le bosquet.

A cela est venu s'ajouter un élément assez inquiétant qui irrémédiablement fait capoter toute négociation : l'exigence par certaines chanteuses de toucher 50% des royalties générées par le titre qu'elles interprètent (alors qu'elles en sont déjà les auteures et sont payées assez généreusement pour la séance d'enregistrement studio sans compter les 25% de droits d'auteurs de la feuille SACEM) !
C'est donc faire bien peu de cas de l'investissement humain et financier que représente la composition et la production d'un titre sur du matériel digital haut de gamme comme le Imac, ProTools et tous les plug-ins nécessaires.

Je rappelle qu'une artiste signée (donc totalement liée aux exigences d'un producteur et d'un label) qui touche 7% des royalties sur les œuvres qu'elle interprète est un deal considéré dans le métier comme très favorable.

J'espère avoir des nouvelles positives à vous annoncer prochainement.

Malgré les vicissitudes de cette nouvelle orientation, voici un set qui prend le pari de réunir 20 années de dance/trance.

Tout commence dans les frimas de la nuit sibérienne par le fabuleux remix de "Say" de l'anglais ADAM TAS par le Russe Yuri Kane.

Originaire de Cuba, émigré à Miami, le producteur trance GEORGE ACOSTA n'est sans doute pas prophète en son pays.
Je l'avais découvert avec ce magnifique single qu'est "Nite time" qui utilise la voix de Kate Walsh, déjà magnifiée par Dash Barlin dans "Never cry again".
Dommage que le titre ne décolle jamais après chaque break. Un Armin Van Buuren aurait sans doute mieux exploité l'idée de départ.

AFTER TOUCH "Show me the way" sera un souvenir fugace de 1994 pour les auditeurs du Hit des Clubs Mediacontrol.
Titre caressant les sonorités new wave et produit entre autres par Volodia (Pascal Obispo, Passi, Christophe Maé...), il aurait mérité un destin meilleur.

Profitant d'une loop osée sur l'accapella de fin de After Touch, le remix de "The summer is magic" de PLAYAHITTY par les italiens d'Alex Party s'insère avec bonheur. Il a souvent fait partie de ma programmation dans ce même Hit des Clubs Skyrock. Il utilise les accords de l'intro de "I'm gonna love you" de JESTOFUNK.
J'avais déjà à l'époque quelques soupçons sur la voix étrangement similaire à celle de Corona mais ne disposait pas des infos nécessaires pour l'évoquer à l'antenne (internet n'existait pas encore).
Aujourd'hui, tout le monde sait que Corona et Playahitty ne faisaient qu'une, Jenny B.

Retour du monumental remix de "Make my day" de GRACE UNDER PRESSURE par les belges de Casino (alias NBG).

Petit intermède gospel avec "Sweetest day of may" de JOE T VANELLI par les anglais de Greed.
Le producteur et DJ italien est peu disert sur son passé et s'est reconverti dans la création de clubs conceptuels, notamment le Area di Venezia (Venise).

Découvert en version amputée sur une compilation Dancefloor FG, ce remix deep house du tube "Murder on the dancefloor" de SOPHIE ELLIS BEXTOR par les napolitains de Phunk Investigation reste hélas méconnu du plus grand nombre.
Quant à la bella (que nous n'avons même pas tenté d'approcher), elle a récemment resurgi avec un coruscant single signé Armin Van Buuren, "Not giving up on love" (élu "Best Commercial Dance Track 2010" aux Dance Music Awards qui se sont tenus à Amsterdam en janvier 2011).
Deux excellentes version du "Nite Time" de JEAN-CLAUDE ADES vs. LENNY FONTANA.
Le clip qui sévit sur Clubbing TV est glauque au possible, présentant J.C. Adès sous une facette plutôt inquiétante genre psychopathe.
Le style ragga déjanté de la chanteuse Tyra Juliette et l'arrangement impeccable font de ce titre trance l'un des plus originaux de l'année 2009.

"Relax" de FRANKIE GOES TO HOLLYWOOD revisité par le duo allemand Jam & Spoon prépare à un final sous le joug de la trance goa avec "Propella" de AYAHUASCA et "The Rezistor" de DYNAMIX qui est extrait de l'indispensable compilation "Order Ordonata Vol. 1" sorti à l'apogée de ce style en 1994.

vendredi 25 septembre 2009

N° 37 : A journey into sound (Joey Negro, Steve Silk Hurley, Daft Punk, Jupiter Ace...)

Set non disponible



1/ GRACE UNDER PRESSURE "Make my day" : j'avais programmé la version underground des belges de Casino en début d'année, voici la superbe version de Roger S.
C'est un one-shot produit par Bruce Forest, remixer récurrent du Disco Mix Club. Sa version originale n'a rien de transcendante mais, fort heureusement, Roger S est venu apporter la "magic touch" gospel.

2/ UMOJA "Unity" : lors des tests, l'enchaînement avec Grace Under Pressure était si harmonieux que j'ai reprogrammé cette version dans ce set (c'est rare que je doublonne les versions). Encore un titre flamboyant de cette cruciale année 1992 où la soulful house prit véritablement son envol. Mash-up avec l'accapella de "Seduction" par ASTON MARTINEZ.

3/ M. DOC "Whatever U need" : 1992, c'est aussi l'année où l'usine de production de Steve Hurley tourne à plein régime. Ce titre est une sorte de "happy hip-house" que j'avais présentée, à l'époque, dans le Skyrock Top Dance. Il est regrettable que house et rap aient décidé de faire scission, la hip-house étant, à mes yeux, un bon compromis qui rassemblait les deux chapelles.

4/ DONNELL RUSH "Symphony" : 1992 délivre sans faiblir les diamants et mon compte en banque maigrit à vue d'œil, subissant ma vague d'achats compulsifs, ne pouvant que me résoudre à rafler toutes les merveilles que les magasins Champs-Disques et Discoparnasse me font découvrir.
Après la version explosive de E-Smoove déjà programmée en début d'année, la version de Hurley s'avère plus posée et classique mais néanmoins remarquable. Sans doute la plus belle réussite de l'équipe de ID Productions au niveau des arrangements mais le titre du morceau était, en quelque sorte, le postulat.

5/ SHAWN CHRISTOPHER "Another sleepless night" : Ce titre de 1990 est le premier tube de Shawn Christopher. Produit par Mike "Hitman" Wilson, il représentera la 2ème meilleure vente de singles dance cette année-là aux States. David Morales livre un bon package de mixes, mélangeant habilement underground et garage, comme à l'habitude.

6/ GEYSTER "Bye Bye Superman" : le grand bond en avant vers l'année 2003. Au hasard de mes pérégrinations sur les webradios, je découvris par hasard ce titre dans sa superbe version acoustique au piano. Me procurant le maxi-CD, je fus plutôt déçu par les remixes français, beaucoup trop durs au niveau des arrangements. Alors que le CD allait connaître le terrible "châtiment de l'armoire", endroit sombre et poussiéreux où l'acheteur déçu (et un peu en colère) abandonne définitivement son acquisition comme on jette aux oubliettes un brigand, je prêtai, pour le principe, une oreille à la version originale et tomba immédiatement sous le charme. Une pop revigorante, un arrangement où guitare wah-wah et piano éléctrique se répondent à la perfection, des vocaux mielleux, tout pour plaire. Même si le titre a été un hit en Europe, je n'ai jamais entendu cette version en radio (ni vu à la télé) et je crains que ce succès ne soit que le fait de ces horribles versions électro, véritables entreprises de démolition de l'harmonie, composante fondamentale de ce qu'on appelle communément la musique.

Il y a quelque chose de prémonitoire dans ce titre-hommage au super-héros puisque Christopher Reeve, celui qui l'incarna au cinéma, nous quitta l'année suivante.

7/ DAFT PUNK "Around the world" : qu'ajouter de plus sur ce titre unanimement salué comme un chef-d'œuvre. Ah si ! Les Masters at Work se sont ramassés en beauté sur leur remixes, sans doute dans un "off day" comme on dit dans le jargon sportif.

8/ SWEET COFFEE "Keep on running" : eh bien, vous voyez que j'arrive à trouver quelques titres potables dans la production actuelle ! Sweet Coffee est l'un de mes groupes préférés, l'un des navires amiraux de la lounge music. Des titres comme "Don't need you", "Holdin' On (Den Hetrix & Raffa Mix)", "No ordinary love" (la reprise de SADE) sont autant de pépites extraites de l'album "Memory Lane" sorti par le trio belge en 2004.
Ce "Keep on runnin'" est extrait de leur 2ème album et le remix signé Sterac Electronics rehausse nettement le niveau de la version originale.

9/ DANNY TENAGLIA "Bottom heavy" : Renaud, tu vas être content, j'ai encore glissé une production de Danny, le côté obscur ! Un titre extrait de son excellent album "Hard & Soul" sorti en 1995 sur Tribal America. En fond, la TB-303 de Roland ronronne comme une chatte.

10/ et 11/ "Movin' on". Deux productions que 13 années séparent mais qui utilisent le même sample, celui de la voix de Carolyn Harding pris sur le titre éponyme sorti en 1987. Sous le pseudo de SESSOMATTO, on retrouve Joey Negro avec une version très vocale et retravaillée avec la chanteuse originale en 2006 ; sous celui de ROACH MOTEL (L'hôtel du Cafard), une version moins expansive, moins discoïsante, mais plutôt "happy house" du duo Farley & Heller en 1993.

12/ JUPITER ACE "1000 years" : utilisant un sample de "And that's no lie" par HEAVEN 17 (1984), le premier single de cet irlandais du Nord est d'un génie absolu au regard de la richesse de l'arrangement et du choix plus que judicieux des accords de substitution. Des synthés à foison, un son énorme, J.M. Jarre n'a qu'à bien se tenir !

13/ TONY DI BART "The real thing" : à l'époque, j'avais essayé de convaincre mes amis du label Airplay de signer ce titre mais ils avaient fait la fine bouche. Mal leur en prit. Il connut son petit succès dans le classement du Skyrock Top Dance en 1993. A la réécoute, je pense qu'il ferait ferait encore bonne figure de nos jours dans un set électro un peu inspiré.

14/ SIMMONS & CHRISTOPHER "Weekend" : Le duo hollandais réalise un excellent retravail de l'accapella de CLASS ACTION, lui-même cover de l'original de PHREEK (1977).

jeudi 19 mars 2009

N° 10 : Leave your handbag at the cloakroom (Mr Roy, Klatsch, Nush, Alex Party, Strike...)

Set non disponible




La "handbag" house est une tendance très happy et vocale de la house music. Née en Angleterre, elle atteint son apogée au milieu des années 90 sous l'impulsion de DJ's et producteurs tels Tony de Vit, Nush, Strike, Goodfellos, Red Jerry, Dancing Divaz, Tall Paul ou Tin Tin Out.
Se drapant de sons techno, elle peut revêtir le costume de "hardbag" et tourner à une cadence infernale d'environ 130-135 BPM.

On suppose que son nom s'inspire des scènes de travestis dansant sans relâche sur la piste autour de leurs sacs à main mais je crois que les petites minettes y étaient pour beaucoup également.

Un club anglais aujourd'hui disparu aurait également choisi cet accessoire féminin en guise de décoration géante au milieu de la piste.

La handbag symbolise la glorification de ces titres qu'on appelle "anthems" dans des clubs anglais populaires comme le Ministry of Sound. Le Ministry, populaire ? n'allons pas si vite en besogne ! lors de ma première tentative pour pénétrer dans la fameuse enceinte, j'ai été éconduit avec un flegme "so british", recevant de la main du physionimiste ce gentil petit carton.



Pas assez d'extravagance, un karma qui laissait à désirer, un trépignement hystérique devant l'entrée...? le fait est qu'il a fallu regagner mon hôtel en taxi sauvage.
Retentant ma chance dès le lendemain, je me présentais accompagné d'une ou deux anglaises branchées dans la file d'attente, mais surtout munies du précieux accessoire ! Le tour était joué. Il était temps de s'imprégner de cette handbag si alléchante.

1/ DONNA GILES "And i'm telling you" et 2/ KLATSCH! "God save the Queer" : Deux titres qui reprennent la ligne de basse d'un titre HI-NRG de Bobby O, "She has the way". Donna Giles est une hurleuse magnifique sur le Jackie 60 Experience Mix de "Gimme Luv"de David Morales. Reste à savoir si c'est bien Klatsch!, ce groupe hollandais aux multiples pseudos (Chocolate Puma, René & Gaston, The Good Men...), qui détient la paternité du fabuleux riff de piano.
Je propose ici un mash-up qui inclut l'accapella de" Mr Right" de Eleanor Mills.

3/ OUTRAGE "Tall 'n' handsome" : Un remix signé par NUSH, un duo anglais emblématique de la handbag. Là aussi, "Mr Right" est utilisé pour la phrase "Got to be free" qu'on entendra aussi sur le tube de Deborah Wilson "Free". Vous commencez à saisir toute l'énergie positive qui caractérise cette house ?

4/ Le premier tube de Joey Negro sous le pseudo de RAVEN MAIZE reprend le riff de piano Rhodes et le long accapella qui démarre le dub de la face B du "Together Forever" d'Exodus (1982). C'est d'ailleurs l'un des premiers accapellas a avoir figuré sur un maxi-single. Le titre est remixé par le duo anglais Future Shock mais Discogs crédite par erreur un autre producteur allemand qui porte le même nom. Comme quoi, même la Bible n'est pas fiable à 100% !

5/ NUSH "U girls" : un missile handbag remixé par le trio de producteurs italiens Alex Party. Leur intitulé de mix (Alex Party Heavy Sex Dub) le dispute en matière de gaudriole avec celui de Grant Nelson (Grant Nelson Hard Sex Dub).

6/ CAROL BAILEY "Feel it" : Autre chef d'oeuvre de Alex Party, véritables chantres d'une house mastoc et redoutablement efficace.

7/ GABRIELLE "We don't talk" : c'est l'énigme de ce set puisque personne n'est crédité sur le white label que je possède. Discogs en perd aussi son latin. Je mise sur un mix signé de Rhyme Time Productions du label Cleveland City.

8/ STRIKE "The morning after" : Avec Mr Roy et Lovestation, Strike sont les tauliers du label Fresh. Autant l'original est putassier et donc pénible, autant ce remix très aérien met en valeur la voix de Victoria Newton, chanteuse australienne issue de la scène jazz. Désormais, vous pouvez la booker pour une soirée mais son répertoire ne contient aucun titre du groupe qui l'a révélée. La "reconnaissance du ventre" est une vertu peu usitée dans le cruel monde du show-biz.

9/ GRACE UNDER PRESSURE "Make my day" : l'original de Roger S était merveilleux mais ce remix très handbag des belges de Casino (alias Natural Born Grooves) est idéal pour se trémousser autour d'une pile de sacs à main.

10/ LIVIN' JOY "Dreamer" : En 1994, les deux frères Visnadi abandonnent provisoirement Alex Party pour réaliser ce tube mémorable. Comme d'habitude, le succès entraînant son lot d'emmerdements, la chanteuse d'origine, Janice Robinson, ne donna pas suite et tout finit par capoter après "Don't stop movin'", un deuxième single plus laborieux réalisé avec une chanteuse de substitution. Décidément, il est bien difficile de nouer des collaborations durables dans le monde de la house music ce qui explique sans doute le peu d'intérêt qu'elle suscite auprès du grand public et des médias officiels.

11/ Retour au coeur du label Fresh avec "U sure do", Le tube définitif de STRIKE qui sample le "Serious" de DONNA ALLEN.

12/ Mr ROY est un trio londonien qui reviendra souvent dans mes sets. "Something about you" utilise un sample de piano tiré du "i need you" de NIKITA WARREN (1991). Comme les Masters at Work avaient également puisé leur inspiration dans ce titre ("Only love can break your heart" par SAINT ETIENNE), je mixe tout cela dans un mash-up qui... coule de source.
Pour l'anecdote, en 2006, SOUL CENTRAL remanie légèrement ce riff visiblement culte pour son "Need you know" dont le remix de Deep Josh peut plastronner dans la multitude de reprises qui caractérisent la house actuelle.

13/ SLO MOSHUN "Bells of N.Y." : un véritable hymne handbag house avec une trituration complètement folle d'un riff de sax. Le gimmick synthé est tout aussi redoutable. L'originalité du break hip-hop qui ralentit le tempo inspirera Greed pour "Pump up the volume" la même année.

14/ IDEAL "Hot", le titre phare du label Cleveland City. Signé en France par Scorpio, il figurera parmi les titres les plus joués dans les clubs. C'est une production de Jon Dasilva, DJ du fameux club mancunéen, l'Haçienda, qui sample là un obscur titre house de 1984 : MIDWAY "Set it out". Au risque de me répéter, en matière de house music, le talent c'est savoir s'approprier une idée en lui donnant la splendeur qu'elle n'avait pas à l'origine. Je n'ose pas employer le mot "génie"... certains crieraient au scandale.