- Natural thing (1989) : sample l'intro de "Shine on you crazy diamond" de PINK FLOYD
- Remember the day (1990)
- Silent voice (1990)
Sous la houlette de Traktor, une anthologie de 50 années de musiques club : vintage & soulful house, eurodance, trance, disco et funk. Des infos sur les remixers, les artistes et les samples.
vendredi 24 septembre 2010
N° 79 : Early 90's FM collector (Frankie Knuckles soul remixes, T.F.M, Mantronix, Sidney Youngblood...)
vendredi 17 septembre 2010
N° 78 : Disco Go Go (Carl Bean, rare re-edits, Double Exposure, Jihad Muhammad...)
Petite nouveauté dans mes podcasts. Vous entendrez désormais le son de ma voix en intro de chaque set. C'est un petit exercice qui préfigure un possible retour en radio en 2011.
Et puis la surprise de la rentrée, c'est évidemment la fausse émission que j'ai imaginée avec mon réalisateur et acolyte de l'époque Skyrock, Cutmaster. Vous pouvez la télécharger ici.
De nombreux fans de l'époque espéraient ce petit événement...nous avons réalisé leur souhait.
Nos retrouvailles récentes ne pouvaient que s'accompagner de ce délire radiophonique qui compile toute la dérision qui a pu ponctuellement agrémenter cette émission de 1993 à 1995. Nous l'avons réalisé tranquillement un dimanche du mois d'août en région parisienne et de nombreux protagonistes sont volontairement ou involontairement impliqués dans les parodies qui se succèdent. Les membres du cénacle de la radio FM en identifieront un certain nombre immédiatement, même si certains "invités" sont totalement étrangers à cet univers.
Revenons-en à ce set au nom étrange.
Adolescent, j'écoutais les K7 de disco que compilait mon frère alors majeur et client du fameux Patch Club.
Rangeant mes archives, j'ai retrouvé l'une d'elles portant ce nom trouvé à la va-vite.
Le disco des années 70 étant la substance majeure de ce set, le titre coulait de source.
1/ THELMA HOUSTON "Don't leave me this way" : je suis fier d'avoir déniché cette merveille.
2/ CAROL WILLIAMS "Love is you" : gloire au DJ italien Spiller (a.k.a. Cristiano Spiller) pour deux choses :
- avoir samplé avec une grande intelligence quelques bribes de ce titre disco assez confidentiel ;
- nous avoir fait découvrir la sublime Sophie Ellis-Bextor dont la voix suave le dispute à la beauté.
Sophie Ellis-Bextor, c'est évidemment "Murder on the dancefloor".
J'ai été charmé par sa performance au festival T4 on the beach 2004.
Mais que dire du public ! une bande de neuneus complétement apathique alors que la magie de l'événement aurait dû le transformer en une gigantesque masse mouvante.
3/ DOUBLE EXPOSURE "Ten percent" : Remixé par Walter Gibbons, ce titre est certifié comme le premier maxi-single a avoir été commercialisé dans l'histoire de la musique.
L'album éponyme sorti en 1976 contient deux autres tubes : "My love is free" et "Everyman".
4/ CARL BEAN "Born this way" : le premier coming-out de la dance music. Pas étonnant que la radio FG se soit jetée sur l'immonde cover réalisé par POUR HOMME en 2000.
L'original aux arrangements majestueux aurait bien mieux servi cette tribune.
Alors que beaucoup pensent que c'est Sylvester qui fut le premier à afficher son homosexualité, c'est en fait un certain Valentino qui en 1975, avait sorti la version originale de "Born this way" sur Gaiee, un sous-label de Motown Records.
C'est deux ans plus tard que le futur prêtre Carl Bean décide de réenregistrer ce titre cette fois paré d'arrangements extraordinaires où le piano Rhodes s'offre des riffs survoltés sous les doigts de l'arrangeur T.G Conway.
5/ PETE HERBERT & DICKY TRISCO "Exodus" : re-edit de la version dub de "Together forever" d'EXODUS, titre étrange sorti sur un petit label jamaïcain en 1982.
C'est l'un des premiers maxis à faire figurer un accapella, celui-ci durant pas moins de 3 minutes !
Puis vient de riff de piano électrique samplé maintes et maintes fois, notamment par C & C Music Factory ("Just a touch of love") et Eddie Amador ("House music").
6/ MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE "Raw cuts 1B" : ce Danilo Plessow a.k.a. Motor City Drum Ensemble démontre ici toute sa maestria en transfigurant "This feelin'" de FRANK HOOKER. Un son énorme, compressé/expandé au maximum. J'ai hâte de savoir avec quel logiciel il a réussi cette prouesse technique.
Armé de ce maxi, le DJ ne risque pas de vider la piste mais plutôt de faire vibrer les murs comme au bon vieux temps du Paradise Garage et sa sono démentielle.
7/ JIHAD MUHAMMAD feat. Tamara Wellons "Right now" : déniché sur l'excellent label Downtown161, je n'ai pas résisté à l'envie de vous diffuser le dub puis la version vocale.
Jihad Muhammad est un DJ/remixer originaire de Newark dans le New-Jersey. Il a collaboré avec la radio Kiss FM, le groupe Blaze et a joué dans de nombreux clubs new-yorkais dont le Sound Factory Bar (la même où j'avais entendu jouer Frankie Knuckles en 1992).
8/ DJ SPEN & ROBERT OWENS "A greater love" : DJ Spen alias Sean Spencer est un ancien membre des Basement Boys, célèbres pour avoir fait danser la planète avec "Gypsy woman" de Crystal Waters, l'un des rares titres "garage" avoir "charté" en France (même si un ignoble cover signé chez Flarenasch lui avait volé la vedette dans le Top Dance Skyrock !).
Ce titre empreint de religiosité gospel met en valeur la voix habitée de Robert Owens.
9/ LARS BARTKUHN "Dimensions" : est-il encore nécessaire de dire que les allemands règnent en maîtres sur le jazz européen ?
Musicien de studio, Lars Bartkuhn affiche ses références : Keith Jarrett ou John Coltrane.
Cet opus aux multiples influences saura ravir tous les clubbers pointus avides de pouvoir danser sur un jazz complexe, harmonieux et accessible.
10/ BETTY CARTER "Naima's love song" : en 2002, le prestigieux label Verve avait eu la merveilleuse idée de faire remixer les fleurons de son catalogue par les producteurs les plus hétéroclites.
Sur ce 2e volume figure cette version inspirée du titre de Betty Carter (1992), une revisite d'un morceau de John Coltrane passée entre les mains du new-yorkais DJ Spinna, spécialiste des breaks syncopés du hip-hop. Le synthé Moog s'offre ici une récréation réjouissante.
vendredi 10 septembre 2010
N° 77 : A quiet reprise (acid-jazz classics, Mr Fingers, Prince...)
Je viens de comprendre pourquoi les français sont majoritairement de piètres mélomanes et pourquoi les musiques de qualité ont tant de mal à émerger dans notre pays.
J'ai observé le comportement du public dans les jeux télévisés lors de la diffusion d'extraits de chansons.
Il tape dans les mains sur chaque temps !
Analysez un public anglo-saxon dans les mêmes conditions, il tape sur le 2ème et le 4e temps, exactement au même moment que la caisse claire ou le clap sur un morceau.
Il a compris le rythme et le swing car il a une oreille musicale forgée par des décennies de musiques d'inspiration noire.
Alors élevons le niveau dans ce set qui zone entre acid-jazz et hip-hop.
1/ Mr FINGERS "What about love" : ma première émotion deep-house. Ce mix de 1989 conserve sa magie inaltérée avec cette coda majestueuse au piano Rhodes.
Dans la même lignée, "Closer" sorti en 1992.
2/ THE BRAND NEW HEAVIES "Stay this way" : The Brand New Heavies est un groupe d'acid-jazz londonien formé en 1985.
Outre ce titre, l'album éponyme original de 1990 contient l'intéressant "Dreams come true". Seul problème, la chanteuse Jay Ella Ruth, trop "standard", ne fait pas décoller les mélodies. Pas assez "mainstream", l'album ne réalise pas le cross-over radio .
C'est l'arrivée en 1992 de N'Dea Davenport, chanteuse à la voix d'une pureté et d'une puissance térébrantes, qui sortira le groupe de l'anonymat en réinterprétant les titres-phares.
Pour "Stay this way", David Morales livrera un pack de remixes somptueux, tantôt soul tantôt deep-house avec des sonorités tout droit sorties d'un synthé Roland JX-8P (c'est à dire polyphonique 8 voies), l'un des synthés analogiques les plus importants de l'histoire de la musique électronique.
Joey Negro se chargera de discoïser "Dreams come true" à la perfection.
Enfin, cette réédition flamboyante de 1992 intègrera le tube "Never stop" magnifié par le même Morales et qui assoira définitivement la notoriété du groupe outre-atlantique.
N'Dea Davenport quittera le navire après la sortie du second album en 1994. Siedah Garett prendra la relève sans toutefois atteindre le charisme de son prédecesseur qui, de son côté, sombre dans l'anonymat en tentant une carrière solo.
Davenport reviendra en 2006 pour l'album "Get used to it", mais rien de transcendant n'est parvenu à mes oreilles.
3/ INCOGNITO "Crazy for you" : emmené par Jean Paul "Bluey" Maunick, ce groupe s'inscrit également dans la mouvance acid-jazz londonienne.
Bien que la formation existe depuis 1981, c'est Gilles Peterson qui permettra à Incognito de caresser les trompettes de la renommée en le signant sur son label Talkin' Loud en 1990.
Leur fait d'arme restera la reprise de "Always there" de Ronnie Laws que le remix de Morales et l'interprétation de Jocelyn Brown doteront des ailes de la grâce.
S'ensuivront des reprises réussie comme "Don't you worry 'bout a thing" (Stevie Wonder) ou "Night over Egypt" (The Jones Girls).
"Crazy for you" est une composition originale remixée par l'inévitable David Morales, décidément très inspiré par l'acid-jazz.
4/ MASSIVO "Take my hand" : aucune info sur cette production downtempo de facture très classique.
Première salve de mixes récurrents de mes Top Dance Megamixes.
5/ LONDONBEAT "I've been thinking about you" : un remix utilisant la célèbre loop "Funky drummer". Il fut classé assez longtemps dans le Top Dance, en tout cas il l'était déjà à mon arrivée à l'antenne en février 1991.
Le mix est construit de manière assez désordonnée et mes "ciseaux d'Anastasie" ont dû éliminer les parties ennuyeuses.
6/ KRIS KROSS "Jump" : classé également dans les clubs, l'original hip-hop n'avait pas sa place dans mes sets et ce remix accéléré de Steve Anderson fut le bienvenu.
Le sample de synthé est emprunté à la chaleureuse nappe de l'intro du premier maxi de JESTOFUNK, "I'm gonna love you".
7/ PRINCE "Get off" : Steve Silk Hurley avait réalisé les remixes les plus audacieux de sa carrière sur ce titre, Ben Liebrand offre ici une alternative intéressante, l'original au style assez massif restant difficilement mixable.
8/ DE LA SOUL "Eye know" : deux samples principaux sont utilisés pour ce mix :
Les dernières secondes de "Sitting on the dock of the bay" d'OTIS REDDING (le sifflement), le refrain et le petit gimmick de "Peg" de STEELY DAN, l'un de mes groupes préférés. Un assemblage hétéroclite mais terriblement efficace.
9/ GRANDMASTER FLASH & MELLE MEL "White lines" : le sample principal et la mélodie sont tirés de "Cavern" de LIQUID LIQUID, un groupe appartenant au même label (Sugarhill Gang Records).
D'après Wikipedia, Grandmaster Flash n'a pas participé à ce disque et seul Melle Mel aurait dû être crédité.
Hommage à la cocaïne, la mention "Don't do it", aurait été rajoutée pour d'évidentes raisons commerciales.
Cela étant, le titre ne fit pas de ravages aux USA, s'offrant une honorable 7ème place dans les charts britanniques.
10/ LINDSTROM & CHRISTABELLE "Baby can't stop" : clin d'œil à "Shake your body" des JACKSONS et "Wanna be starting something" de Michael, ce titre est l'œuvre du duo de producteurs norvégiens Hans-Peter Lindstrøm et Prins Thomas, spécialistes de ce qu'on appelle le Cosmic Disco, un style qui mélange influences tribales, funk, jazz et brésiliennes sur un tempo assez lent.
Ce terme fait référence au club italien, le "Cosmic" où il fut en quelque sorte "réinventé" il y quelques années, la paternité en revenant aux DJ's new-yorkais David Mancuso et Larry Levan dans les années 70.
11/ SHARON BROWN "I specialize in love" : un remix du grand DJ new-yorkais Tee Scott (Better Days, Zanzibar, Continental Baths), auteur d'autres perles comme "Mama used to say" de JUNIOR, "Happy days" de NORTHEND ou "Time" de STONE.
vendredi 3 septembre 2010
N° 76 : The Swift megamix (Jermaine Stewart, Stacy Lattisaw, hip-house gems...)
Avec 14 nouveaux sets, cette période de trêve estivale fut pour moi très studieuse.
Une page professionnelle vient d'être tournée, mais le retour à la composition n'est plus très loin.
Finalement, 10 années d'abstinence créative en matière musicale, cela peut avoir du bon. L'envie a repris possession de mon esprit. Rangé des voitures, je viens de rouvrir la porte du garage.
Ce set porte justement le nom de celle que j'ai acquise début juin, "swift" signifiant "vif, rapide comme l'éclair", comme ce set totalement débridé qui traverse les époques au galop. Une idée qui m'est venue un matin devant mon bol de Special K aux fruits rouges.
1/ GERALDINE HUNT "Can't fake the feeling" : Discogs m'apprend que Geraldine Hunt est la maman de Freddie James, chanteur pré-pubère des années 70 dont le tube fut "Get up and boogie".
Immédiatement, ce nom fait ressurgir un souvenir assez pénible de ma carrière de producteur.
En 1993, la maison de disque Atoll nous avait demandé de contacter ce garçon qui souhaitait faire un come-back dans la musique.
Nous avions eu affaire à un type nevrosé et paranoïaque, totalement déconnecté de la réalité.
Sa voix était devenue plutôt catastrophique, au summum du ridicule et nous n'avions rien tiré de bon de la semaine de travail avec lui.
Je crois même qu'il nous avait plus ou moins menacé avec une arme lorsque nous l'avions raccompagné chez lui à son domicile parisien après avoir décidé d'arrêter les essais.
D'ailleurs, même s'il se vantait d'être sûr de signer chez Logic Records, plus personne n'a entendu parler de ce Freddie James, l'un de ces innombrables enfants-artistes que le monde du show-biz a fini par casser.
Notre aventure dans la production musicale a souvent été ponctuée de rencontres décevantes, improductives voire douteuses et je me garderai de citer les noms de ces gens parfois célèbres et admirés. Seuls les musiciens que nous avons côtoyés resteront dans notre mémoire comme des êtres de la Lumière.
Si, fort de solides compositions, je m'avisais de revenir à la production un jour, je serais intraitable sur la conception que j'ai de ce métier et des valeurs qui doivent le caractériser. Sans doute que très peu de gens constitueraient mon entourage professionnel.
2/ TAMIKO JONES "Can't live without your love" : un titre découvert dans Grand Theft Auto IV en écoutant K109 The Studio, l'excellente radio conçue par Karl Lagerfeld. Mais j'aurais tout autant pu découvrir ce titre si j'avais fréquenté les soirées du Loft de David Mancuso dans les années 70.
Du disco langoureux et sensuel comme je l'aime, arrangé par le grand Randy Muller (SKYY, BRASS CONSTRUCTION, CAMERON...).
3/ HOTBATH RE-EDITS "You wanna do" : dans l'Antiquité, les Romains se complaisaient à se relaxer aux thermes à longueur de journée. Prendre un bon bain chaud doit sans doute être source d'inspiration pour les bootleggers d'aujourd'hui.
Le travail réalisé ici sur le "Music" d'AL HUDSON est remarquable, essentiellement par l'ajout d'une synthé-basse et d'accords funky assez redoutables.
4/ RICCIO EP feat. Kelvin Sholar "Thrills" : un autre bootleg tout aussi fabuleux qui revisite la partie instrumentale de "60 thrills a minute" de MYSTIC MERLIN en boostant la rythmique et en y incorporant un long solo de piano électrique réalié par Kelvin Sholar.
Ce jeune pianiste noir est considéré comme l'une des étoiles montantes de la scène jazz.
5/ MYSTIC MERLIN "Sixty thrills a minute" : grand classique du Patch Club, voici l'original pour comparer.
On connait ce groupe également pour leur hit "Just can't give you up'" dont l'intro accapella fut samplée dans de nombreux titres dont récemment "Give you up" de WILLIE GRAFF & TUCILLO déjà présenté sur ce blog.
La particularité du groupe à ses débuts était d'inclure de la magie dans ses shows.
Cet extrait de leur second album au son très soigné rassemble des pointures comme Paulinho Da Costa aux percussions, Gene Page (le producteur du Love Unlimited Orchestra et compositeur de la B.O. de Blacula) aux arrangements de violons ou Cherry Lynn ("To be real", "Shake it up tonight") aux choeurs.
A noter en face B, "Goddess of the boogie", à l'avenant de ce titre.
6/ STACY LATTISAW "Don't you want to feel it (for yourself)" : après un premier album quelconque, la toute jeune Stacy Lattisaw sort à l'âge de 14 ans "Let me be an angel", véritable monument de la disco-funk produit notamment par le sorcier Narada Michael Walden (Sister Sledge, Whitney Houston, Aretha Franklin...).
Le tube imparable est "Jump to the beat", mais d'autres titres comme "Dynamite" ou ce "Don't you want to feel it (for yourself)" valent tout autant le détour.
Cet album fut joué largement au Patch Club puisque nous avions l'habitude d'acheter et de jouer les albums, qu'il existe ou non une version maxi des titres intéressants.
En 1983, on ne retiendra de son album "Sixteen" que le hit "Million dollar babe" puis Stacy disparut de la scène pour se consacrer à sa petite famille.
7/ GARY'S GANG "Knock me out" : un des grands souvenirs de ma vie d'étudiant à Francfort en 1982. Avec mon co-locataire, nous nous rendions le samedi soir au Dorian Gray, une gigantesque discothèque située sous l'aéroport, pour déguster une musique disco-funk dont ce titre était l'un des fleurons.
Cette "usine" pouvant accueillir 2500 personnes comportait 3 salles dont une nommée "Studio 54" en hommage à son illustre référence new-yorkaise.
Torsten Fenslau, le producteur de Culture Beat en fut l'un des DJ's et peut-être que j'ai dansé sur sa programmation sans savoir que 10 ans plus tard, j'allait porter aux nues sa musique sur l'antenne de Skyrock et lui dédicacer mon émission le jour de sa mort accidentelle.
Quant à Gary's Gang, il déferle dès 1978 sur les clubs du monde entier avec "Keep on dancin'". S'ensuivirent des tubes comme "Let's lovedance tonight" (l'instru a servi de base à "Can't get enough" de SOULSEARCHER), "Knock me out" et "Makin' music" (déjà présenté).
Particularité du groupe, les arrangements de tous ces titres présentent une certaine similarité dans les sonorités et la construction.
8/ JERMAINE STEWART "We don't have to take our clothes off" : certains ne connaissent ce titre que par DIGITAL DJ et "Clothes off". Or il date de 1985.
Son interprète, feu Jermaine Stewart, fut choriste au sein du groupe SHALAMAR.
Ce morceau a fait partie de la playlist "golds" de Skyrock au début des années 90 ! C'est dire s'il a marqué les esprits en France.
Son producteur n'est autre que Narada Michael Walden cité plus haut.
9/ WIRED "To the beat of the drum" : cette bombe électro-house a été produite en 1986 par le très "garage-style" Tommy Musto !
Le follow-up "New York, New York" n'a qu'un intérêt négligeable.
10/ INFORMATION SOCIETY "What's on your mind (Pure energy)" : un groupe américain post new-wave originaire de Minneapolis. La voix de Kurt Harland me fait penser à celle du chanteur du groupe Thomson Twins.
Leur autre tube, "Walking away", fut samplé par les italiens de Synthesis en 1990.
Final 100% Skyrock Skydance !
11/ KISS AMC "The raw side" : un titre plus connu sous le nom de "A bit of..." et entendu un jour dans le Skydance de RLP. Une hip-house très énervée qui sample "New year's day" de U2.
12/ THE BEATMASTERS "Who's in the house" : un autre grand classique du Skydance. De la pure hip-house, style très en vogue à la fin des années 80.
Ce titre fait suite à une polémique qui concernait le premier véritable titre hip-house de l'Histoire, Tyree Cooper ("Turn up the bass") et The Beatmasters ("Rock da house") s'en disputant la paternité.
" Who's in the house" est une réponse cinglante des Beatmasters, qui citent d'ailleurs Tyree ("Watch Out, Tyree—we come faster!").
13/ BREAK BEATS 6 "Hardcore House III" : fait rarissime, fatigué de chercher l'ouverture, j'ai eu recours à ce disque de loops pour sortir du titre des Beatmasters, dépourvu de break.
14/ TONY SCOTT "That's how i'm living" : dernier "incontournable" du Skydance, ce chef d'œuvre hip-house est signé du rappeur hollandais Tony Scott.
Je vous avais déjà fait découvrir son autre tube, "The Chief". L'album éponyme mérite de figurer dans votre discothèque.
jeudi 29 juillet 2010
Bonnes vacances :-)
Après quelques semaines de break afin de réalimenter le stock, les sets reprennent le vendredi 3 septembre.
A bientôt pour de nouveaux voyages dans la galaxie disco-house.
jeudi 8 juillet 2010
N° 75 : 70's flava (Love Commitee, Vincent Montana Jr., Ripple...)
Comme le parfum entêtant des glycines qui refleurissent à tous les coins de rue de mon quartier, le parfum nostalgique des 70's envahit ce dernier set avant les grandes vacances.
Cette période de trêve sera mise à profit pour préparer les sets de rentrée, au moins jusqu'à Noël j'espère.
Après plus de 75 sets, mes bacs à disques n'ont pas été si entamés que cela. Il y a donc encore quelques pépites à délivrer.
1/ M PEOPLE "Moving on up" : injustement méconnu, c'est l'un de mes remixes préférés de Roger S.
L'original étant très pop, cette version arrivait à point nommé pour les clubs pointus. Roger S. fait sourdre la magie underground avec des samples particulièrement bien choisis, ne serait-ce que la base d'accords de Rhodes. Les riffs de sax et de guitare parachèvent une œuvre désormais intemporelle. Le harddubb est du même accabit.
2/ CREATIVE FORCE "So good" : Tommy Musto, trop rare dans mes sets, livre une version 100% garage sortie sur le fameux label SubUrban, auquel on doit tant de merveilles.
3/ KINGS OF TOMORROW "Ancestors" : extrait de la compilation "The Beginning" sortie en France sur le label Distance en 1998, je m'emploie à récupérer au traitement de son une gravure désastreuse.
L'interprétation de Treasa Fennie est une longue plainte, un postulat gospel métamorphosé par Sandy Rivera en une bombe garage.
17 ans après leurs débuts, je me demande pourquoi ce duo n'a jamais réussi à sortie de l'anonymat. Les ai-je déjà vu dans un clip ou sur scène ? Je n'en ai pas souvenir.
Sûr que Nagui ne soupçonne même pas leur existence. Sans doute trouverait-il que la chanteuse "beugle et fait mal aux oreilles".
4/ MARC BROWN "Colors" : Troublé par l'appellation du E.P. (Moodswings), j'ai d'abord cru à une production Mood II Swing. Les sonorités et la construction rythmique rappelaient tant leur univers. Mais il n'en était rien, ce titre étant en fait signé d'un certain Marc Brown.
Il semblerait qu'il soit aussi l'auteur de l'excellent titre samba "With you" de SMOKE CITY, un classique des compilations lounge.
5/ KATHY SLEDGE "Another Star" : à mon sens, la meilleure reprise du titre de Stevie Wonder, figurant à l'origine sur son fantastique triple album "Songs in the key of life". 21 titres et absolument aucun à laisser de côté. Du jamais vu.
Il serait impardonnable de ne pas posséder cette œuvre dans sa discothèque personnelle.
Reconnaissable entre mille à sa voix éraillée, c'est l'ex-chanteuse de Sister Sledge, qui lui donne une seconde vie avec une touche garage-gospel.
Roger S. est à nouveau très inspiré sur les deux maxis qui portent cette reprise. Comme souvent, Sanchez propose des dubs alternatifs très orientés hard house.
Ce titre est "definitely a must have" !
6/ THE KNOWLEDGE "As" : sorti chez Scorpio via Suntune, l'enchaînement avec Kathy Sledge s'imposait de lui-même. Très répétitif, il faut vite switcher au bout de 2-3 minutes pour ne pas lasser. C'est ce qu'on appelle un maxi de transition, un simple outil.
Le mix de Joey Negro n'a pas été retenu à l'époque, mais il n'apportait rien de nouveau à l'affaire.
7/ RIO EDITS "Pretty girl" : extrait de cette excellente collection de re-edits, le travail présenté ici est basé sur "Just long as i got you" de LOVE COMMITEE, face B du tube "Law and order", deux titres qui figurent sur le 1er album du même nom (Salsoul Records). Ceux qui verront la vidéo souriront peut-être au look et aux postures surannés du groupe, mais les 70's étaient dépositaires d'une certaine insouciance et d'une joie de vivre que l'on a perdu pour longtemps.
Autant ce "Law and order"est policé à souhait, autant "Just as long as i got you" possède un charme inexplicable.
Les accords zonent entre gravité et joie, sublimés par un adlib hypnotique.
L'histoire n'a donc retenu que cette face B qui a inspiré de nombreuses reprises dont celles de Looney Tunes (Frankie Bones et Lenny Dee) et de 101 (jouée sur Radio Maxximum à l'époque).
les remixers de Rio Edits se sont intelligemment concentrés sur cette coda chantée d'une voix d'outre-tombe en faisant des accords d'un piano Rhodes passé dans une cabine Leslie le thème principal du mix, occultant par la même occasion des couplets trop gentillets.
Ces mêmes accords avaient été utilisés pour la version originale de "Something about the music" de Da Slammin' Phrogz (alias Bibi Fricotin de la radio NRJ), l'un des monuments de la "french touch".
8/ Toujours sur ce 1er album de LOVE COMMITTEE figure ce titre : "Pass the buck". Largement rallongé par les DJ's du label Underdogs Edits, c'est un pur bonheur pour les sets vintage et je ne peux que louer le travail des besogneux qui réinventent ces titres en y intégrant les breaks, intros et outros qui leur faisaient défaut à l'origine.
9/ RAY MARTINEZ AND FRIENDS "Lady of the night" : un grand souvenir de mes soirées dominicales au Palace et un tube incontournable de l'endroit. Poussé à saturation par le DJ dans les châteaux JBL , le son faisait crachoter mes tympans mais, à l'époque, ces derniers avaient la faculté de récupérer rapidement.Exhumé de ma cave et restauré tant bien que mal après avoir subi deux dégâts des eaux, c'est un vynil marqué par le temps. De longues minutes furent nécessaires pour éliminer le maximum de craquements.Je ne pense pas que beaucoup d'entre vous le connaissent et pourtant, il a bénéficié d'une sortie française chez Barclay en 1981.
10/ VINCENT MONTANA Jr. feat. Goody Goody "It looks like love" : démiurge du label Salsoul Records, Vincent Montana est le fondateur du Salsoul Orchestra.
C'est sur le label Atlantic qu'il sortira ce nouveau concept en 1978. La pochette de l'album est torride et les titres sont à l'avenant. "#1 Dee-Jay" se hissera au sommet des charts américains. Relifté par Dimitri From Paris, prétorien du souvenir, "It looks like love", simple titre de la face B, reçoit enfin les honneurs qu'il aurait mérités.
11/ INCOGDO "Ventage" : une trituration de "The beat goes on" de RIPPLE. J'ai dû aussi "faire le ménage" dans cet edit étrangement et maladroitement monté.
12/ VINCENT MONTANA Jr. "That's what love does" : Hommage de Louis Benedetti à l'arrangeur et vibraphoniste de génie avec ce titre inédit de 2005 écrit par la Montana Family.
C'est William 'Smoke' Howard, ex-chanteur du groupe THE EBONYS qui assure les vocaux.
vendredi 2 juillet 2010
N° 74 : In too deep (Office Gossip, Kerri Chandler, Kneedeep...)
Récemment, m'étant réveillé de bon matin, j'ai machinalement allumé la télé. Elle était calée sur W9.
Sur scène, une jument de brasseur tout en noir beuglait dans son micro dans ce qui ressemblait à une espèce de punk-rock.
Ébaubi, prostré, j'attendis de connaître l'identité du groupe dont elle semblait être la chanteuse : "The Gossip" indiqua bientôt l'incrustation en bas de l'écran. Il paraît qu'ils font un tabac à travers le monde. "Ça sera sans mon concours", me dis-je en zappant rapidement sur BFM.
Alors je repensai au fabuleux groupe de deep-house nommé Office Gossip et me dit qu'un petit set dédié qui présenterait quelques unes de ses productions serait une bonne idée.
1/ KERRI CHANDLER feat. Wilma Beckford "Come Home" : Kerri Chandler est à la deep-house ce que DJ Sneak est à la house. Une production pléthorique, quasi-quotidienne et une masse de titres sans grand intérêt dont on extrait parfois des chefs-d'œuvre.
"Come home" en fait partie. Avec une voix pareille, cette Wilma Beckford aurait mérité les feux de la rampe, mais le show-biz est cruel. Dans son monde, "abondance de biens nuit".
2/ DJ's RULE "Move your body" : 2e pépite extraite du Best Of du label canadien Hi-Bias.
3/ ANN CONSUELO "See the day" : comme par enchantement, ce titre garage avait eu une carrière honorable dans le Skyrock Top Dance.
Signé chez Scorpio, ce mix avait fait l'objet d'un savant charcutage de l'original, sans doute afin de ne pas désemparer les DJ's du Macumba et autres clubs type "pousse-blaireaux" face à une intro à rallonge.
4/ 24HOUR EXPERIENCE "Deeper" : une des nombreuses expérimentations garage de Grant Nelson.
5/ TRICK & KUBIC feat. Valeska "Easy" : radio FG avait matraqué ce titre durant l'été 2002. Une ligne de basse slappée d'anthologie et une voix dont la nonchalance est simplement ravissante, ravissante car elle ravit votre lucidité pour vous embarquer dans un voyage lointain aux confins de la trance.
6/ KNEEDEEP feat. Cathy Batistessa "All about love" : j'ai tant vanté ce titre, LE titre deep-house de 2009, qu'il me tardait de vous présenter l'original et la voix de Cathy Batistessa. Il me tarde aussi de la réentendre sur des productions lumineuses et jaculatoires du même genre.
Eh oui, jaculatoire est un mot qui frôle l'indécence, mais il mérite d'être dégainé à l'écrit. L'utiliser à l'oral serait, en revanche, fort périlleux face à un public non averti.
Même que l'on passerait pour un être grossier voire un abruti.
7/ OFFICE GOSSIP "Say it" : c'est totalement jouissif. La version de Lovebirds (l'un des deux compères de Kneedeep) est à l'avenant. Derrière ce pseudo se cache un jeune prodige londonien, Nathan Boddy.
Ses deux mini-albums "Street Talk EP" et "Carbon Copy EP" sont emplis de ces joyaux quasi-instrumentaux qui vous accompagnent durant des décennies.
8/ NEBRASKA "Time has come Pt. 1" : autre merveille deep-house dénichée chez Decks Records, mon fournisseur actuel. Les samples sont tirés de Daylight de RAMP.
9/ OFFICE GOSSIP "Tundra" : on croirait entendre le meilleur du label Yoshitoshi Recordings des grandes années.
10/ BRIAN TRANSEAU "Relativity" : extrait de l'une des plus fabuleuses compilations deep-house de l'histoire : "Penetrate Deeper". C'est Carl Craig qui réalise ce dub minimaliste aux charleys ensorcelées par un flanger.
11/ SPIRITUAL BLESSINGS "Well overcome" : aucune info sur ce groupe venu d'Italie. Même Discogs en perd son latin ! Qui peut enquêter ?
12/ BITTERSWEET "Moving forward" : l'original totalement trip-hop style Sneaker Pimps est transfiguré par l'anglais AtJazz, très présent dans la sphère des remixers ces derniers temps.