vendredi 18 novembre 2011

N° 129 : A soulful odyssey (Def Mix masterpieces, Office Gossip, Sweet Coffee, DJ Spen...)

Set non disponible

Notez bien la date du vendredi 23 décembre avec un set 100% Skydance fortement axé sur les bienveillantes productions pop-house de Stock, Aitken, Waterman et leurs pouliches.

En attendant, retour à une soulful house qui se place en dictame face à la violence de l'actualité.

En introduction "Someday", un chef d'œuvre méconnu de Lisa Stansfield, summum de sensibilité sous la houlette du duo Knuckles-Morales (Def Mix Productions).

"Bring me love" de Andrea Mendez, signé par le seul Frankie Knuckles, avec une intro piano-strings comme une réminiscence des tubes garage "Tears" et "And i loved you" affichant 20 ans d'âge comme le bon porto.
La chanteuse s'offre la liberté d'une impro sur le gimmick de "Let's get brutal" de Nitro de Luxe.

Sweet Coffee, mes belges préférés, sont de retour avec "Holdin' on". Den Hétrix & Raffa, les deux fondateurs du groupe, apportent une touche totalement inspirée des ambiances des labels californiens Naked Music ou OM Records.

"New life" de Fresh & Low est un vieux titre deep-house qui figure sur l'indispensable compilation "My House Vol. 03" sortie sur Distance en 1997.

Immanquablement, Office Gossip intègre à ma sélection avec le très minimaliste "Street talk".
Un gros travail sur les sonorités des synthés nimbés de ces bribes de voix qui emportent le titre vers l'empyrée.

DJ Spen & The Muthafunkaz "Given me joy" : du pur New Jersey gospel-garage remixé par Knee Deep qui lance au passage un petit clin d'œil au cultissime "Strings of Life" de Rhythim Is Rhythim.

Fish Go Deep feat. Tracey K "The cure & the cause" : un dub ambiance jazzy calibré pour les late night sessions d'Ibiza.

Je vous avais présenté le franco-allemand Jean Claude Ades sous un visage quasi psychopathique avec le barré "Nite Time", formidable missile électro porté par une interprétation aux limites du ragga.
Voici une facette plus hard-house avec "Some day". La choriste Niki Harris, qui a collaboré avec Snap! sur le single "Exterminate", assure la partie vocale.

Le classique "Brighter days" de Dajae (1992) est transfiguré par l'arrangement de Seamus Haji et Emanuel selon un schéma auquel le duo est familier (synthé-basse omniprésente et sévère compression de la rythmique).

KIM ENGLISH "Time for love" (1995) : du Morales boosté à la nitroglycérine ! C'est le 2e tube de la chanteuse originaire de Chicago après "Nite life" (produit par les Masters At Work et remixé par Haji & Emanuel). S'ensuivit le joyau "Learn 2 Luv" produit par Mood II Swing en 1997.

Z FACTOR "We'll keep climbing" : redoutable dub de Joey Negro qui s'essaye avec panache à l'électro-house même si le disco reste son premier amour.

vendredi 11 novembre 2011

N° 128 : 80's gonna get ya! (Den Harrow, Was Not Was, Gwen Guthrie...)

Set non disponible

Un set on ne peut plus festif pour oublier la sinistrose ambiante.

Démarrage avec quelques classiques du feu Patch Club.

1/ DEN HARROW "Bad boy" : un chef d'œuvre de l'italo-dance ! "Arrête ton char play-boy, ne m'laisse pas toute seule...", c'est délicieusement kitsch, mais cette voix sensuelle féminine est la "french touch" qui rend le titre irrésistible.

2/ PRESET "Monkey shop" L'original de Dan-I (1979) s'appelle "Monkey chop" (dans le texte, "le singe viens hacher la banane") ce qui ne signifie pas tout à fait la même chose ! Est-ce une erreur involontaire ? pour ce pressage français sorti chez Carrère en 1987, je veux bien le croire.

3/ COOLIO "It's all the way live" : cuvée 1996 mais un son très connoté années 80 façon George Clinton. Il s'agit d'une reprise sur Lakeside. C'est tout à fait dans la lignée de son "Fantastic voyage", autre reprise de ce groupe de P-Funk.

4/ QUINCY JONES "Stomp" : cette version hip-hop a été brièvement jouée en journée sur Skyrock en 1995. Mousse T marquait en lettres de feu son entrée sur la scène funk-house en transfigurant l'original disco des BROTHERS JOHNSON. Son mix garage est tout aussi remarquable.

5/ JD73 "Into The Night" : c'est un nouvel extrait de l'album "Pure Gold" sorti en 2010 sur le label du finaud Joey Negro. La basse porte totalement l'arrangement, comme au bon vieux temps. On croirait entendre du Ray Parker Jr., du Shakatak ou du Kasso... au choix !

6/ GWEN GUTHRIE "Peanut Butter" : Cette mélodie a partiellement inspiré le tube "Anthem" de N-JOI.

7/ RON's EDITS "Serious" : il s'agit ici d'un re-edit du titre de Donna Allen qui a servi de base au hit "U sure do" de STRIKE.

8/ WAS (NOT WAS) "Walk the dinosaur" : après s'être attaqué à la politique économique de Reagan dans "Tell me that i'm dreamin'", les frères Was jouent la déconne en "promenant le dinosaure". Le titre sera repris par THE GOOMBAS (avec le déjanté George Clinton) en 1993.

Les Was (not Was) produiront également "Shake your head" de KIM BASINGER, titre-phare de la Skyrock Max Party et "Didi" de KHALED, chanson dont s'emparera le Directeur des Programmes de Skyrock en 1992, provoquant dès sa diffusion à l'antenne une salve d'appels hostiles de la part d'auditeurs totalement outrés.
La suite des évènements lui donnera raison, comme quoi il faut parfois savoir faire preuve d'audace, "imposer la culture"... "comme je l'dis bien souvent", n'est-ce pas Mr. Thierry Henry !

9/ THE SUGARHILL GANG "Rappers Delight" : un extraordinaire remix de Ben Liebrand truffé de samples bien vus, un exemple de ce qu'il serait impossible juridiquement de produire aujourd'hui sans risquer 12 procès !
La rythmique, l'une des plus samplée de l'histoire , provient de "Think (about it)" de LYN COLLINS (4 loops sont samplables sur ce titre !!!)

10/ THE SLY PLAYERS "Get down town" : je reste totalement dithyrambique concernant ce travail sur l'ad lib de "T.S.O.P. (The Sound Of Philadelphia)" de MFSB. Un électro hip-hop flamboyant.

11/ MR OIZO "Two takes it" : Quentin Dupieux braconne sur les terres de PATRICE RUSHEN ("Never gonna give you up") et de ROB BASE & DJ EASY ROCK ("It takes two").
Je ne comprends pas pourquoi ce titre n'a pas fait l'objet d'un Extended Mix. Les clubbers français sont passés à côté d'une merveille, sauf s'ils ont bénéficié du talent du DJ maison.

12/ NEWZ "Jump on" (1982) : encore un tube du Patch Club. Je n'ai aucune idée de la notoriété de cette production hollandaise de très haut niveau, au break interminable et donc forcément jouissif.

mardi 1 novembre 2011

N° 127 : Trance-Houz-Xpress (Max Graham, Bellatrax, Pizzaman...)

Set non disponible

Après 6 mois de recherches au cours desquelles les pistes naissaient et échouaient inlassablement, nous sommes proches de concrétiser notre objectif, Londres étant la destination finale.
La quête de la "sainte voix" est bien notre rocher de Sisyphe.
Tant qu'elle n'est pas "dans la boîte", je ne pourrai en dire plus, la superstition étant partie intégrante de ce métier qui manipule le destin d'une chanson dans l’irrationalité la plus totale.

"Celles qu'on a pas eues", voici comment symboliser les chanteuses qui figurent sur la première partie de ce set.

On pourrait évoquer le désintérêt notoire des chanteuses internationales (anglaises, hollandaises, suédoises, allemandes...) pour les producteurs qui n'ont pas de renommée établie (elles déclinent l'offre sans même avoir entendu la chanson). Que l'on ne me dise pas que ces chanteuses cherchent à tout prix des plans pour percer ou assurer les fins de mois, je n'y croirais pas une seconde.
L'industrie musicale est parait-il en crise, mais il ne semble pas que tous ses acteurs en souffrent forcément.

Qu'en est-il des chanteuses françaises ? il parait qu'un grand nombre d'entre elles recherchent désespérément du travail, c'est ce que nous vérifierons dès que nous entamerons le sourcing de talents dans notre pays d'origine.

1/ ARMIN VAN BUUREN feat. Sophie Ellis-Bextor "Not giving up on love" : Evidemment nous n'avons pas cherché à contacter Sophie Ellis-Bextor ou Amanda Wilson car nous savons d'avance que le deal serait intenable et qu'elles ne perdraient pas de temps avec d’illustres inconnus sans discographie convaincante. Il faudra revenir par la porte du Coq dans l'univers de la dance music.

Armin Van Buuren a offert à la belle ce somptueux titre qui, malgré sa signature chez Scorpio, "n'a pas rencontré son public", (comme on dit généralement).
Le clip hollywoodien, la mélodie qui tue, l'esthétique irréprochable de l'interprète, tout était réuni pour un tube, mais, comme d'habitude, la France a préféré se cantonner à écouter sa variété de plus en plus barbante.

2/ FILO & PERI feat. Audrey Gallagher "This night" : je n'ai pas contacté cette chanteuse car cela faisait quelques semaines que je m'étais lassé d'envoyer des mails sans suite à travers l'Europe.
La voix délicate de cette irlandaise sied parfaitement à l'ambiance trance et comme je l'ai déjà dit ("comme je l'dit bien souvent", aurait écrit Thierry Henry), la piste des chanteuses gaéliques ou folk est à prioriser dans ce style.

Filo & Peri sont deux DJ's-producteurs américains qui proposent des sets totalement audiovisuels, "Lights n loaded". Sur la vidéo de présentation, vous pourrez rêver de la table de mixage du futur.

3/ MAX GRAHAM feat. Ana Criado "Nothing else matters" : Le Canada recèle quelques talents exceptionnels en matière de trance. Après Deadmau5, voici Max Graham, d'ailleurs auteur du remix du titre précédent.
C'est la sublime Ana Criado qui porte la mélodie. Hélas cette voix n'est pas encore à notre portée, faute à des conditions de deal trop dures proposées par les managers hollandais, mais "tout vient à point à qui sait attendre" dit le proverbe.

Vous pouvez retrouver Ana Criado sur "Sunset Boulevard" d'Alex M.O.R.P.H. et furtivement sur "Down to love" de Armin Van Buuren.

4/ LIQUID NATION feat. Andrea Britton : je crois qu'avec Andrea Britton, on a atteint les sommets de l'inacceptable en matière de deal. Après 3 mois d'attente, son manager m'a demandé que lui soit reversé 70% de tous les gains (édition et royalties) !!! Si cela n'est pas une fin de non-recevoir, ça y ressemble énormément.

Nous n'attendrons pas Andrea Britton comme les moines attendent l'Abbé, nous avons déjà passé notre chemin.
Cela étant, son interprétation est tout à fait exceptionnelle sur ce "one-shot" du groupe anglais Liquid Nation.

5/ BELLATRAX feat. Tina Cousins "Can't hold back" : Tina Cousins fut évidemment parmi les premières à être contactées. Je me rappelle encore le fantastique "Mysterious times" de SASH.
On attend toujours la réponse, mais nous ne pouvons pas passer notre temps à faire des Adoremus car les projets qui réussissent se bâtissent généralement rapidement.

"Can't hold back" est le follow-up de "I can't help myself" qui fut un hit international en 2008 (N°1 du Billboard Dance Airplay Chart durant 3 semaines).
L'arrangement pêchu, bourré de bruitages est un modèle du genre.

6/ THE BLIZZARD & OMNIA "My inner island" : encore un remix du russe Yuri Kane dont j'ai déjà dressé le portrait laudatif sur ce blog.

Transition douce avec la happy-house des années 90.

7/ URBAN COOKIE COLLECTIVE "high on happy vibe" : en la matière, U.C.C. sont des princes de ligne.
"High on happy vibe" est extrait de l'album éponyme qui contient tous les tubes de ce groupe "mythique" (qui a pourtant bien existé !) comme disent à tort un grand nombre de journalistes en panne d'inspiration linguistique.
Ce remix disco-trance à la ligne de basse tout droit sortie de la synthèse d'un Yamaha est signé de l'anglais Johnny Lisners.

8/ PHUNKIE SOULS "Tha music (floats your cares away)" : ce titre sorti sur Strictly Rhythm en 1999 sample "I don't need no music" de Tom Moulton (1979).

9/ THE NIGHTGROOVERS "Do it all night" : C'est ici le fameux "Running away" de Roy Ayers qui sert de base à une toute nouvelle mélodie chantée par Deanna Della Cioppa, choriste renommée aux USA.

10/ DEBORAH WILSON "Free" : le sample vocal est tiré d'un titre assez anodin de 1987 : "Mr Right" par Eleanore Mills.
On l'a déjà entendu sur "Tall and Handsome" de Outrage.

11/ PIZZAMAN "sex on the streets" : c'est un concept festif crée par Norman Cook a.k.a. Fatboy Slim (voir le clip dans lequel une sorte de muscadin déjanté fait le zouave dans les rues de Londres).
Titre culte de la happy-house, c'est le follow-up de "Trippin' on sunshine" (1994).

Dommage que plus aucun producteur ne propose ce type de délire, la happy house ayant hélas totalement disparu. C'est peut-être l'ambiance lugubre de notre époque qui a eu raison de ce style.

12/ TIN TIN OUT "All i wanna do" : l'accapella de "Get with U" de Lidell Townsell & M.T.F., tube largement joué à l'époque dans mes Skyrock Top Dance Megamixes, est ici samplé pour un fabuleux remix techno-house signé José Nunez (Constipated Monkeys, Da Mob, Smooth Touch, Pianoheadz...), complice d'Erick "More" Morillo et chantre de l'underground house new-yorkaise.

vendredi 28 octobre 2011

N° 126 : Return of the Reloop (Jimmy Ross, Madonna, New Order, Black Box...)

Set non disponible

C'est avec soulagement que j'ai pu enfin récupérer ma surface de contrôle Reloop Digital Jockey après plus de 2 mois d'immobilisation en réparation.

La société en charge du SAV m'a toutefois appris que les boutons, curseurs et interrupteurs de la machine n'étaient pas garantis 1 an mais 3 mois et que le magasin qui me l'avait vendue aurait dû me prévenir.

Par un geste commercial exceptionnel, on m'a fait cadeau des frais de remise en état en me mettant bien en garde que la prochaine panne serait fatale.

Ainsi, ces appareils coûteux (près de 400 euros) ne seraient pas capables de subir les manipulations classiques et répétées d'un DJ qui fait normalement son travail.
A quoi bon fabriquer un matériel qui n'a pas été préalablement éprouvé aux tests d'usure comme on testerait une portière de voiture ou un interrupteur d'appareil électro-ménager ?

Le DJ est-il un bourrin par nature qui se révélerait incapable de prendre soin de son matériel ?

Je conseille donc à tous les manipulateurs de mp3 d'éviter d'acquérir la marque Reloop puisque ses appareils sont si fiables qu'elle n'est même pas en mesure de les garantir plus de 3 mois !

Passé le stade de la colère (la frustration ayant été si longue) et pour fêter le retour de la Reloop, je vous ai concocté un set empreint de nostalgie positive, empli de titres qui feront briller les yeux des quadragénaires, ceux-là même qui auront vibré dans les clubs sur ces titres panthéonisés.

Tout commence au début des années 80 avec les mastodontes de l'époque : Shalamar, Billy Ocean, Jimmy Ross.
Passage obligé par les prémices de l'électro avec Man Parrish ou New Order.
Puis vient la confirmation que Madonna n'est jamais été aussi brillante que lorsqu'elle fait vraiment de la dance et non cette variété guimauve dont "True Blue" représenta la consternante démonstration.
Final 100% Skyrock Top Dance, époque "early 90's" avec PKA, 2 For Joy ou Black Box.

Bon orgasme auditif !

vendredi 21 octobre 2011

N° 125 : Fall came slowly (Armin Van Buuren, Nalin & Kane, Mauro Picotto...)

Set non disponible

"Fall came slowly and Winter stayed".
L'idée m'est venue avec le titre inaugural de ce set, "Winter stayed" de TRIPLE A, un groupe auquel on peut accorder... une solvabilité totale !
A comme Armin (Van Buuren), A comme Alex (M.O.R.P.H.), A comme Anna (Criado).
Anna Criado faisait partie de ces chanteuses que nous convoitions, mais à laquelle nous avons dû renoncer face aux exigences des managers hollandais.
Dommage car cette voix est réellement envoûtante sur "Nothing else matters" de MAX GRAHAM et "Sunset Boulevard" de ALEX M.O.R.P.H.

"Winter stayed" est extrait de la nouvelle compilation "A State of Trance", une série bien connue des aficionados et mixée par Armin Van Buuren en personne.

En 1997, mon ami Julien Vendaume (rappelez-vous de l'"auditeur statisticien" à l'époque du Top Dance sur Skyrock !) aujourd'hui devenu DJ/animateur, m'avais signalé ce "Meet her at the Love Parade" de DA HOOL que bastonnait la radio lilloise Contact FM.
J'avais vainement tenté de convaincre le Directeur des Programmes de Skyrock de l'intégrer dans ma playlist et nous étions passés à côté d'un grand tube underground.
Ce remix de NALIN & KANE et ses tambours est encore plus hypnotique que l'original.

Le tube incontournable de ce duo de producteurs allemands reste "Beachball", calibré pour les nuits d'Ibiza.
La fantastique chanteuse Andrea Canta a complètement zappé le monde de la trance pour se concentrer désormais sur des ambiances latin-soul très lounge.

MAURO PICOTTO est un producteur italien aux tubes très fédérateurs comme "Iguana", ou "Pulsar". Mon préféré reste "Lizard" sorti en France chez Happy Music, seul label qui ait vraiment supporté le mouvement trance (et garage). Merci à Pierre Forgacs pour l'audace dont il a su faire preuve. Dommage que l'on n'ait jamais pu collaborer avec ce label.

Entrée dans une séquence trance goa avec :
MAN WITH NO NAME "Evolution"
MAN OF THE LAST 3RD "The Tube"
SVEN VATH "Ballett-Fusion"
MANTRA "Arrival"

A noter, les étonnants problèmes de synchro de la bassline sur la fin du morceau "The Tube" (vers 37'50"), le pilotage MIDI de ce type de synthé par procédé CV Gate ou Kenton étant pourtant réputé fiable. Le MIDI s'est-il trouvé submergé d'informations ?

Final plus mélodique avec tout d'abord le russe YURI KANE qui après le mémorable "Right back", récidive avec "Whirlpool" puis "le Boss" ARMIN VAN BUUREN et "I don't own you".
Ne manquez pas "Drowning", son dernier missile remixé par Avicii qui, pour l'occasion, utilise astucieusement les accords de "No woman, no cry" de Bob Marley. Il fallait y penser. Le talent, cette faculté à s'approprier avec succès les idées des autres, a encore frappé.

vendredi 14 octobre 2011

N° 124 : The Before Party (Clara Hill, Larry Heard, Loop 7, Frankie Knuckles...)

Set non disponible

Minuit. Le club vient d'ouvrir ses portes. Une clientèle éparse prend peu à peu place dans les fauteuils. Un égaré accoudé au comptoir déshabille du regard un groupe de filles qui descendent prudemment le grand escalier aux marches ornées de loupiotes.

Les conversations sont feutrées, ponctuées ça et là par quelques grands éclats de rire.
On reconnait immédiatement les nouveaux. D'un pas plus lent, ils observent attentivement la décoration et l'agencement du lieu, tentant de trouver quelques repères.

Le DJ n'est pas encore en cabine, mais un CD mixé à la Pompougnac appose sa douce patte "easy listening".

Le niveau sonore monte avec l'ambiance qui s'installe progressivement. Les voix couvrent désormais franchement la musique. Avalant sa dernière gorgée de bière, le DJ décide alors de démarrer son "before".
Le "before" est cet exercice délicat qui consiste à préparer en douceur l'audience avant le déferlement de décibels qui saluera l'arrivée des plus acharnés, échappés de médianoches bien arrosés ou chauffés à blanc dans leur voiture par quelque émission "club" de la bande FM.

Arrangements soft et tempo lent, il faut inciter les ludions les plus impatients à se lancer sur la piste.
Sous l'indémodable boule à facettes, quelques couples aux yeux brillant de désir s'enlacent déjà dans un slow langoureux, sans se soucier du rythme.

Les sonorités jazzy/deep-house se succèdent dans l'indifférence générale.
Qu'importe, le DJ apprécie d'écouter les merveilles qu'il vient de se procurer. La très rare version symphonique du "Always there" de INCOGNITO, "Nowhere i can go", extrait de l'album Nu Soul de l'allemande CLARA HILL ("All i can provide" - 2006) ou "The Theme" de LOOP 7, vieux chef-d'œuvre jazzy de Satoshi Tomiie sorti en 1994 et oublié de tous.

Légèrement contrarié par l'apathie générale, le DJ opte pour "We can change this world" de DJ SPINNA. "Ce titre percussif et happy va sûrement réveiller ce petit monde !", se dit-il. Il n'en est rien.

A la grande surprise de l’amphitryon, c'est un mix surpuissant de "Rainfalls" de Frankie Knuckles qui remplit timidement la piste, lançant enfin la soirée. Comme un fait exprès, le tumulte qui descend du vestiaire annonce l'arrivée en masse des habitués. Il est 1h du matin.

Il est temps de dégainer les maxis les plus commerciaux : "Touch me" de CATHY DENNIS, reprise de Fonda Rae, puis le phénoménal remix de "Living in danger" de ACE OF BASE par le dieu Morales.
Ultime mise en bouche avant le Grand Set dance/house... le remix de "Thinking of you" de SISTER SLEDGE par Ramp.
Les décibels submergent désormais la salle. Chacun se résout à délaisser les confortables banquettes. Avec une maîtrise inégale, une foule désormais compacte s'exprime. Un groupe de jeunes mecs à la crête travaillée au gel se livre à quelques chorégraphies longuement répétées. Leurs chaussures blanches cirées comme au premier jour resplendissent sous la lumière noire.

Au bar, attifé de son épaisse veste écossaise, un vieux loup de mer regarde ce spectacle en tournant nonchalamment la tête. Il n'est pas là pour la musique, juste là pour décanter... quelque part.

mardi 4 octobre 2011

N° 123 : Discopolis (Idris Muhammad, The Trammps, First Choice...)

Set non disponible

Tout commence par l'italo-disco de KANO et "Another life".
Ce style a dominé le début des années 80 au fur et à mesure que la funky music se délitait dans les boîtes à rythmes, perdant son âme au passage.
L'apogée fut atteinte vers 1985 avec des artistes comme Baltimora, Den Harrow (bientôt dans mes mixes), RAF ou P. Lion.
L'italo-disco parvint à fusionner la gaîté du disco et la froideur de la new-wave.
Je la jouai abondamment au Patch Club, l'engouement étant réel.
Avec le recul, je réalise que les arrangements n'ont rien perdu de leur modernité. Bien au contraire, la puissance des synthés analogiques de cette époque et leurs gimmicks hypnotiques ent ont inspiré plus d'un par la suite.

Exemple avec LIFELIKE & KRIS MENACE pour "Discopolis", titre-phare de l'année 2005 sur Radio FG. Ce remarquable arrangement bâti autour des premières notes du single de KANO est symbolique du style que l'on désigne comme "Cosmic", un genre très marginal qui ne rencontre que peu d'écho auprès des médias et des grands DJ's.
"Metropolis", sorti en 2009, est dans le même esprit.

Peu à peu l'atmosphère se réchauffe avec le remix de "The Player" de FIRST CHOICE par l'allemand Mousse T, un désormais classique de la disco-house. Le swing de la rythmique et de la ligne de basse collent parfaitement à ce lifting de l'original de 1974 déjà excellent.

VOICES OF LIFE "The word is love" : dernier grand remix de Steve "Silk" Hurley (1997). Le titre s'intègre doucement à la loop calée sur le riff de guitare de First Choice.
Malgré la qualité de l'interprétation, la chanteuse Sharon Pass n'a pas confirmé. Peut-être s'est-elle, comme beaucoup d'autres, consacrée à l'éducation de ses enfants.

Petite série consacrée au label Philadelphia Records fondé en 1971 par Kenny Gamble et Leon Huff.
"Love dancin' EP" de SOUL AVENGERZ reprend l'un des breaks de "T.S.O.P. (The Sound Of Philadelphia)" de MFSB (1973).
C'est l'un des premiers disques de musique noire que je me sois procurés dans ma vie. A l'époque, je réalisais des émissions de radio sur K7 dans ma chambre. J'avais demandé à mon disquaire habituel, Scalp Music (situé à Nogent-sur-Marne) de me proposer des génériques instrumentaux.

Outre ce chef d'œuvre qui fut le générique de l'émission télé américaine "Soul Train", il me proposa l'album "White Gold" de LOVE UNLIMITED ORCHESTRA qui contenait le morceau "Satin Soul" ainsi que le premier album éponyme de CREATIVE SOURCE.

C'est donc dès l'âge de 12 ans que je fut touché par la grâce, affranchi des niaiseries "variétoche" pour pré-ado pour entrer de plain-pied dans le monde de la musique club.
Un grand merci à ce brillant disquaire pour m'avoir permis de faire Terra Incognita en me transmettant cette forme de maturité artistique.

2ème hommage avec "Turn me on" de DIRTY OLD ANN, pseudo en forme de clin d'œil au titre qu'il sample : "Dirty Ol' Man" des THREE DEGREES.

Et comme les années 70 sont une inépuisable source d'inspiration, voici "Rise" de SOUL PROVIDERS suivi par l'original de IDRIS MUHAMMAD : "Could heaven ever be like this".
Pour "Love Foolosophy", JAMIROQUAI s'inspira aussi de ce titre jazz-funk de l'année 1977.

LOVE & KISSES "I've found love now that i have found you" : on se rappelle tous de la pochette sulfureuse du maxi. Ce titre euro-disco est l'œuvre du parisien Alec Costandinos, co-auteur avec Cerrone de "Love in C Minor". Les deux compères avaient précédemment fondé le concept afro-disco KONGAS (1972), un groupe spécialisé dans l'animation des soirées jet-set de Saint-Tropez.
Du disco à la limite du kitsch comme savait si bien le faire un autre groupe français de l'époque, VOYAGE, avec notamment "Souvenirs" (j'ai acheté l'album !) et "From East to West".

Dimitri from Paris s'est spécialisé dans le remix et la quantisation de vieux maxis des années 70 afin mieux répondre aux exigences techniques des sets d'aujourd'hui.
"Burnin' up" de IMAGINATION, titre jazzy-downtempo qui figure sur le premier album du groupe ("Body Talk" - 1981), est ici fortement stretché pour la cause.

Parfaite transition avec un autre titre commis par l'ex-animateur du NRJ Megamix : TEDDY PENDERGRASS "The more i get, the more i want". Il figure sur le CD non mixé de sa compilation "In The House of Love".

Ultime titre lancé au doigt comme au bon vieux temps : "Love epidemic" de THE TRAMMPS remixé par le génie de l'époque, l'inventeur des versions "extended", Tom Moulton, dont j'ai déjà évoqué l'histoire par le passé.