samedi 11 décembre 2010

Bonus set : First train to Trancentral (Vernon, Transwave, Voodoo People, Dash Berlin...)

Set non disponible


Cela faisait déjà de longues semaines que l'idée gambergeait : avec autant de maxis et de compilations trance accumulées, je n'avait encore consacré aucun set à ce style.

Poussé à l'acte par quelques-uns d'entre vous, je me mis à l'œuvre. J'espère que le résultat sera à la hauteur de leurs attentes.

Ce set syncrétique convoque tous les courants de la trance, style essentiellement initié par les européens à partir de 1992.
C'est en quelque sorte une techno assagie par le temps, qui ajoute des nappes mélodiques et des voix aériennes aux gimmicks hypnotiques ou acides de la première heure.

C'est justement en cette fin d'année 1992 que j'ai commencé à m'intéresser à ce style avec les compilations "Trance" du label anglais Rumours Records puis aux premières merveilles du label allemand Eye Q.
Conquérant peu à peu le public français avec quelques tubes notoires comme "Stella" de Jam & Spoon, "Café del Mar" de Energy 52, "Do you see the light" de Snap!, "Power of american natives" de Dance 2 Trance ou "Transformation" de Transform, je me tenterai en 1993 à un set spécial sur Skyrock, provoquant l'ire du directeur des programmes et l'arrêt immédiat de mes megamixes à l'antenne.

Apanage des anglais et des allemands (Orbital, Paul Oakenfold, KLF, Sven Väth, Hardfloor, Jam & Spoon...), la trance concernera peu à peu des artistes de toute l'Europe - Français compris - et même d'Israël.

La rapidité de la cadence (de 135 à 160 bpm) concoure à la mise en transe progressive du danseur. J'omettrai d'évoquer tout artifice destiné à faciliter un état second dans la mesure où cela n'est pas une condition sine qua non pour celui qui ressent la musique pour ce qu'elle est.

Qu'elle s'appelle progressive house (la plus lente), acid trance (la plus agressive), melodic trance (généralement pourvue de refrains) ou trance goa (qui utilise la gamme mélodique de la musique hindoue), la trance est la musique des sorciers du son.

Tous ces titres datent des années 90 à une exception près, DASH BERLIN, merveille que m'a fait découvrir Cutmaster.
La voix magique et suave de ce "Never cry again" provient pourtant d'un CD de samples : Zero-G Vocal Foundry.

La playliste honore les pays les plus représentatifs de ce style :

ESKIMOS & EGYPT "Fall from grace" (Free Me Mix) - UK (1992)
UNITY 3 "Age of love suite" (Neverending Voice Remix) - Italy (1993)
ESKIMOS & EGYPT "UK-USA" (Cheetham Hill) - UK (1993)
HUMATE "Love stimulation" - Germany (1993)
VERNON "Vernon's wonderland" (Original Mix) - Germany (1993)
DANCE 2 TRANCE "Power of american natives" (Jam & Spoon Remix) - Germany (1992)
GRACE "If i could fly" (Dudearella Dub Mix) - U.K. (1996)
TRANSWAVE "Land of freedom" (Remix) - France (1996)
DASH BERLIN "Never cry again" (Jorn van Deynhoven Remix) - Netherlands (2010)
VOODOO PEOPLE "Quadsep" - U.K. (1995)
HYPER PEARL "Can you feel the pain" (Hyper Pearl Version) - Belgium (1995)


La semaine prochaine, le Christmas Set consacré aux meilleures années Skyrock/Maxximum.

vendredi 10 décembre 2010

N° 90 : London vs. Chicago (Steve Hurley & Joey Negro definitive masterpieces, Hustlers Convention, Watanabe...)

Set non disponible

Je viens de recevoir un ouvrage qui s'annonce passionnant : "The record players-DJ Revolutionaries".
Sur plus de 450 pages, il compile des interviews de DJ's historiques réalisées sur les 15 dernières années et recèle à coup sûr une mine d'informations précieuses recueillies auprès de stars, de l'avant-gardiste Nicky Siano au christique Tiesto en passant par mes maîtres à mixer que sont David Morales, Louie Vega, Tom Moulton ou David Mancuso.

Pour les plus anglophones d'entre vous, ce serait un beau cadeau de Noël. Le livre n'est sorti qu'au Royaume-Uni et ne sera disponible en France et aux USA qu'en avril 2011 !

Je vous en dirai plus sur les anecdotes croustillantes qui ne manqueront pas de jaillir au fil des lignes et sur les secrets de mixage des uns et des autres.

Incité par quelques-uns d'entre vous, je vous annonce également que j'ai succombé à l'idée de réaliser un set trance, risquant par la même occasion de devenir un hérétique aux yeux des puristes.
J'ai pris un certain plaisir à mixer cette sélection anglo-germanique sur mon Traktor en mutipliant les enchaînements interminables grâce aux fameuses loops programmables et aux effets delay calculés automatiquement.

Je pense délivrer ce set la semaine prochaine avant le Monster Vintage Mix (117 minutes) dédié essentiellement au Skyrock des années dorées (1988-1992) et à Maxximum et qui sera diffusé en guise de cadeau de Noël, espérant faire atteindre le Walhalla aux mêmes puristes.


De Skyrock il s'agit déjà en ce début de set avec quelques classiques de mon Top Dance Megamix.

Deux chefs d'œuvre de Steve Hurley avec BLACK BOX "I don't know anybody else" et DSK "What would we do".

Plutôt axée sur l'italo-dance pure et dure, Airplay n'avait pas commercialisé pour la France ce mix de BLACK BOX et je m'étais délecté à le jouer en exclu dans la Max Party.
De même, le divin Hurley's House Mix de "What would we do" de DSK avait été ignoré par Barclay qui n'avait proposé que son Extended Mix.

EX-GIRLFRIEND "You (You're the one for me)" est aussi une exclu Top Dance, un titre méconnu de la discographie de Joey Negro que j'ai pu jouer... à ma guise.
Je remercie encore le directeur des programmes de Skyrock de m'avoir laissé carte blanche sur la programmation et de m'avoir ainsi permis de redonner ses lettres de noblesse à la house alors que l'émission partait un peu à vau-l'eau, RLP ayant lâché les rênes de ce nouveau concept au format bien trop commercial.

KYM SIMS "A little bit more" est un maxi essentiel dans lequel les mixes de Steve Hurley le disputent en qualité avec ceux de Joey Negro dont je vous propose ici le Rhythm Supply Mix.
Kym Sims est produite par Steve Hurley et son album tubesque "Too blind to see it" sorti en 1992 contient des mélodies taillées sur mesure pour sa voix.

Lorsque l'on est producteur, soit l'on part en quête de la voix qui collera exactement à la mélodie et au style envisagé, soit l'on s'adapte à une tessiture et une originalité et l'on bâtit autour. Les deux stratégies se valent et débouchent généralement sur le résultat escompté.

M.C. RED "Why don't you love me" (Underflute) est l'un des mixes du maxi qui ouvrait le set de Laurent Garnier dans la Max Party. Une fulgurance de ce DJ plutôt habitué à des sonorités techno.
Ce disque italien très rare est l'un des happy few que je peux réécouter à l'envie même 20 ans après. Ça ne s'explique pas, ça se déguste.

ODORU "Watanabe" est une tuerie incluse dans le set culte de Maurice Joshua sur Skyrock.
Comment ce maxi de happy house made in Chicago et sorti sur Vibe Records a t-il pu échapper à mes griffes acérées en 1992 ?

Merci à Dimitri pour m'avoir fait découvrir "Got to give it up" de JAMERSON, ce maxi du rebelle et complexe Mad Mike Banks sorti sur le label Happy Records.
Mad Mike, sorte de porte-parole de la Black Power, est le fondateur du très politique label de Detroit Underground Resistance.
Il fut capable de signer des productions plutôt mélodiques comme ce "Got to give it up" et de véritables brûlots lancés contre le pouvoir des Blancs comme le "Message to the majors" ou le "Riot E.P.".

A la toute fin des années 80, lorsque la house franchit la barrière des radios, nombre d'artistes variété-pop saisissent la balle au bond et font remixer leurs chansons par les talentueux producteurs du moment.
Côté anglais, Samantha Fox, Kylie Minogue, Bananarama ont recours aux finauds producteurs Stock-Aitken-Waterman.
Pour "One better world", le groupe de new-wave ABC ("The look of love") choisit l'option New-Jersey Garage avec Blaze. Le résultat est tonitruant et marquera l'histoire du Skydance.

THE BRAND NEW HEAVIES "Dream come true" est un all-time classic, une revisite disco d'un titre acid-jazz que seul Joey Negro pouvait réaliser, offrant même un break aux sonorités brésiliennes.

Inextinguiblement, la disco-house prend son essor durant cette décennie 90, portée par des groupes comme CHUBBY CHUNKS et surtout HUSTLERS CONVENTION (alias Full Intention), braconniers des trésors enfouis, dont on retrouve ici "Uptown". Les samples sont piqués pour le riff de guitare sur l'intro de "Turn the music up" de PLAYERS ASSOCIATION et pour les voix sur l'excellent titre de JAY W. McGEE, "When we party (Uptown, downtown)".
Le remix incorporera des samples de "Ladies night" de KOOL & THE GANG et de "Straight ahead" de NICK STRAKER BAND.

"Saturday night, sunday morning" de T-EMPO remixé par Matthew Roberts (membre de Bottom Dollar) est un élégant titre de garage anglais dont la version originale revient à Thelma Houston.
Il fallait oser transfigurer cette barcarolle calibrée pour la ménagère passant l'aspirateur.

PAULINE HENRY "Love hangover". La reprise de Joey Negro est interprétée par l'ex-chanteuse des CHIMES. Bien que de bonne facture, elle ne parvient toutefois pas à se hisser au niveau de la sulfureuse version originale de Diana Ross, mais le philosophe-musicologue André Manoukian aurait dit que "lorsqu'on s'attaque à un monument, on risque de s'y casser les dents".

En 2008, Joey Negro tentera à nouveau l'ascension de cet Everest avec Diane Charlemagne (ex-chanteuse de Urban Cookie Collective) mais le titre n'arrivera jamais à atteindre le sommet.


Et ce set s'achève avec la voix éthérée de Sophie Ellis Bextor sur le tube du géant italien SPILLER (c'est le fil rouge du clip) : "Groovejet".
Pour ceux qui ne le savaient pas encore, les samples sont empruntés à "Love is you" de CAROL WILLIAMS, un classic "Philly".

vendredi 3 décembre 2010

N° 89 : awesome 80's! (legendary beatboxes, George Duke, Delegation, Scritti Politti...)

Set non disponible

La musique noire aura effectué dans les années 80 ses mutations les plus spectaculaires.


Elle entama cette giboyeuse décennie sur des bases nouvelles après la publication le 12 juillet 1979 de l’acte de décès du disco, style usé jusqu’à la corde à force d’être galvaudé donc décrédibilisé.

Quelques semaines avant cette date symbolique de l’histoire de la musique club, Steve Dahl, DJ d’une radio rock de Chicago, avait été licencié après que ses employeurs avaient opté pour un format 100% disco.
Rapidement embauché par une radio concurrente pour animer le « morning », Steve Dahl multiplia les coups d’éclats anti-disco, dépassant l’indécence en brisant en direct un exemplaire de « The Hustle » le jour de la mort de son créateur Van McCoy.
Engagé dans une véritable croisade, il décida de « marquer le coup » de manière spectaculaire en relayant abondamment un gigantesque autodafé de disques « disco » organisé au Comiskey Park, temple du base-ball, par le fils du propriétaire de l’équipe locale, les « White Sox », alors « à la ramasse » en championnat et en panne de public.
L’événement nommé « Disco Demolition Derby » proposait à tout spectateur muni d’un vinyle disco à détruire de payer sa place à un prix dérisoire.

Dépassant toutes les prévisions de fréquentation, le match occasionna des débordements graves (feux d’artifices en tribunes, envahissement du terrain et destruction des installations), la foule sous l’emprise de l’alcool et galvanisée par le challenge se comportant telle une meute enragée.
Quant aux disques, s’ils n’avaient pas auparavant été lancés des tribunes comme des frisbees sur les joueurs de l’équipe adverse, ils finirent en miettes dans une gigantesque boîte que Steve Dahl se fit un plaisir de faire exploser au milieu du terrain à la fin du premier match.
Seule l’intervention de la police put mettre fin à l’émeute.

C’est dire l’exaspération qui caractérisa l’Amérique reaganienne pour laquelle le disco, musique gay et pervertie, devait être exterminée pour redonner à la nation la virilité dont le base-ball et le rock étaient en quelque sorte deux des symboles.

Dès la toute fin de l’année 79, les grandes formations ou artistes funk/jazz-funk des années 70 comme Kool & The Gang ou The Whispers reprennent rapidement possession du terrain laissé vacant et, se rendant plus accessibles au grand public, participeront à la naissance de ce que l’on appellera la « funky music », bientôt rejoints par d’innombrables nouveaux groupes (The Strikers, Dynasty, Skyy, The Reddings, Midnight Star…) ainsi que d'opportunistes et talentueux producteurs italiens (Change, Firefly, Advance, B, B & Q Band, Jimmy Ross…).
La multiplication des tubes est perçue comme une aubaine par les radios libres qui fleurissent en France en 1981 après la libération des ondes par Mitterrand.
Mais dès 1980, Radio 7, radio d’état, avait ouvert la voie avec l’émission culte « Destination Planète 7 ».
C’est donc sans restriction que nos jeunes radios FM comme NRJ programment des disques « import », offrant ainsi à la funky music la plus belle tribune qu’elle ait pu imaginer.
Et les clubs de voir déferler à nouveau une clientèle assoiffée de ces mélodies imparables, de riffs de guitare wah-wah et de lignes de basse échevelées.

Mais quelque chose à changé. Un élément nouveau est venu se mêler à la fête : la boîte à rythmes.
Dans un premier temps, l’oreille du DJ reste perplexe devant cette cadence métronomique qui détonne avec le swing du disco et du funk des années 70.
Utilisé à outrance sur certains disques, les puristes comme moi seront tentés de passer à autre chose.
Effectivement, à trop recourir aux synthés et à ces beatboxes, la funky music y perdra son âme et disparaîtra peu à peu au profit de l’électro (Afrika Bambaataa, Shannon et tous les artistes de break dance) et de la house music, styles qui, sous la férule de la technologie, sauront adapter leurs arrangements pour réinventer le groove dans un style hypnotique et punchy, à grands coups de bassdrums, de claps et de lourdes caisses claires.
Rangé des voitures après la mort du Patch et l'arrêt de mon activité de DJ à l'été 1985, c'est grâce au Skydance de RLP que je retrouverai goût à cette musique club en 1988.

Les beatboxes emblématiques des années 80 se nomment LINN drum et Oberheim DMX.
Vous entendrez les sonorités chaleureuses et puissantes de ces machines dans quasiment tous les titres de cette playliste.

D’excellentes démos sont audibles par ces liens dans des vidéos où les programmeurs vous feront découvrir de célèbres patterns tels ceux de « Beat the street » de Sharon Redd, « 1999 » de Prince, « The finest » de SOS Band ou « Walking on sunshine » de Rockers Revenge.
  • Linn Drum :
  • Oberheim DMX :
  • sans oublier la SIMMONS Clap Trap :


1980 : DEODATO "Night cruiser"
Eumir Deodato, producteur et claviériste spécialiste du jazz-funk commercial, n’est autre que le producteur qui a sorti Kool & The Gang de l’anonymat avec « Ladies night » l’année précédente. Suivront trois autres albums culte :
  • « Celebrate »
  • « Something special »
  • « As one »
Les spécialistes du jeu Grand Theft Auto dont je fais partie se souviendront de son titre « Super Strut » entendu dans Vice City sur Radio Espantoso et samplé par les Masters at Work pour le remix de « Erotica » de Madonna.
Les puristes de l'easy-listening se souviendront eux de « Latin flute » dont les éblouissants solos de Rhodes et de guitare électrique n'ont pas échappé à l'inspiration de Steely Dan pour « Do it again ».

1981 : DONALD BYRD AND 125TH STREET, N.Y.C. "Love has come around"
Doté d'orchestrations flamboyantes, c'est l’un des grands classiques du Palace. Imaginez ce titre joué à fond dans l'immense théâtre, subjuguant la foule en faisant sourdre la magie.

Donald Byrd est un trompettiste jazz dont la carrière à démarré en 1958 ! A son actif, des classiques comme « Black Byrd » ou « Think Twice »
Sur cet album intitulé « Love Byrd » et produit par le démiurge Isaac Hayes, figure également le merveilleux slow « I feel like lovin’ you today », incontournable de ma programmation au Patch Club.

1982 : GAYLE ADAMS "love fever" (Shep Pettibones's Mastermix)
Encore un extrait des fameuses compilations Kiss FM et encore un remix d’anthologie.

1983 : GEORGE DUKE "Reach out"
Un claviériste jazz reconverti avec succès dans le disco (« I want you for myself », « A brazilian love affair ») puis le funky avec ce « Reach out » et aussi « Shine on ».

1984 : SCRITTI POLITTI "Absolute" (Version et 12inch mix)
Un imparable tube de synth-pop anglaise produit par Green Gartside et sa bande.
Scritti Politti est l’une des oriflammes du puissant synthétiseur-échantillonneur Fairlight qu’utilisera aussi Jean-Michel Jarre.
Green a realisé un merveilleux remix de « Love of a lifetime » de Chaka Khan (déjà diffusé dans mes podcasts).

1985 : ARETHA FRANKLIN "Who's zoomin' who" (Dance Mix)
Découvert sur la piste du Palace un dimanche soir, ce maxi pêchu et dédié à la toute puissance des boîtes à rythmes est produit par Narada Michael Walden.

1985 : 6TH BOROUGH PROJECT "Stratus quo"
Le bootleg date du printemps 2010 mais reprend un sample de « Status Quo » de Donald Bank (1985).

1985 : NICOLE "Don't you want my love"
Un funk survolté et irrésistible.
La lionne Nicole McCloud fera à nouveau parler d’elle avec « Rock the house » et le remix de Steve Silk Hurley en 1989.

1986 : DELEGATION "Put a little love on me"
Un remix non identifié du fameux groupe de Birmingham. L’original figure sur l’album panthéonisé « Eau de vie » sorti en 1979 et gorgé de tubes (« Darlin’ », « You and i », « Stand up » et « Heartache #9 »).
Suivront d’autres tubes mineurs comme « In the night » et « It’s your turn ».

1986 : JANET JACKSON "The pleasure principle"
Les balbutiements de la house commerciale se font entendre et le règne de la beatbox ne fait que commencer.
Un festival de samples et de breaks signé Shep Pettibone, of course !

1987 : ALEXANDER O'NEAL "Criticize" (Remix)
Entrée de plain-pied dans une house mainstream.
Une production Jimmy Jam & Terry Lewis.

1987 : HERB ALPERT "Keep your eye on me"
Une trompette qui a fait trembler les châteaux JBL du Palace et encore une fois Jam & Lewis à la baguette.
Jazzman réputé, Herb Alpert a commis le très lounge et hypnotique « Rotation » et « Rise » qui atteint la 1ère place du Billboard en 1979.

1988 : JOHNNY KEMP "Just got paid"
Un swing beat aux limites de la house puisque produit par Teddy Riley. Bien entendu, ce fut un incontournable du Skyrock Skydance.

1989 : BABYFACE "It's no crime"
Excellent crooner, Babyface sera surtout impliqué dans la composition et la production d’autres artistes dans le style « mainstream » cher à la West Coast.
Avec son acolyte L.A. Reid, on le retrouve sur « Rock Steady » des WHISPERS (le dernier bon titre du groupe), « Don’t be cruel » de BOBBY BROWN.
Il produira des ballades pour des divas comme Whitney Houston (« I’m your baby tonight », « Queen of the night »), Toni Braxton (« Breathe again »), et Mariah Carey ( « When you believe » en duo avec W. Houston) ainsi que pour les BOYS II MEN (« I’ll make love to you »). Inévitablement, Madonna a fait appel à ses services sur l’excellent « Take a bow ».

vendredi 26 novembre 2010

N° 88 : Detroit-Miami (Motor City Drum Ensemble, Office Gossip, Liberty City, Phonic Funk...)

Set non disponible


Detroit, Miami, deux bastions de l’underground.

D’un côté, Detroit la maudite, berceau de la techno, de l’autre, Miami la soleilleuse dont la plage infinie, ses hôtels rococo, ses îles-résidences érigées comme des forteresses sont les clichés qui cachent une ville au taux de criminalité record.

Miami Beach flambe en accueillant chaque année des DJ’s du monde entier pour la Winter Music Conference.
Detroit se meurt, une "Motor City" en déshérence où Obama vient de se prendre une gamelle aux élections du Mid Term.

Au milieu des années 80, Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May, la "triplette de Belleville" (banlieue de Detroit) y réinventent la house music en la métamorphosant en champ d’expérimentations.
D’Amsterdam à Berlin, l’Europe anglo-saxonne tombe sous le charme. La France aussi.

Et pourtant c’est d’Europe qu’est venue l’inspiration pour nos trois compères, thuriféraires des pionniers de l’électro, les allemands Kraftwerk.

Bien qu’influencée par la house de Chicago, la techno de Detroit domptera les boites à rythmes, construisant peu à peu son identité.
Anecdote significative, Derrick May vendra sa Roland TR-909 à Frankie Knuckles. Sans doute un tournant dans l’approche musicale du DJ star de la "windy tow".

Le mot "techno" apparait pour la première fois en 1988 sur la compilation anglaise "Techno ! : the new dance sound of Detroit".
Dénomination adoptée définitivement par l’Europe, c’est le concept INNER CITY développé par Kevin Saunderson qui récoltera les fruits de cette aubaine marketing en réalisant la fusion entre commercial et underground.

Par la suite, Carl Craig deviendra en quelque sorte le navire-amiral de la créativité qui caractérise les artistes de Detroit.

Aujourd’hui, de nombreux producteurs, parfois par leur pseudos, se revendiquent du mouvement musical né dans la Motor City et leurs disques sont estampillés du vocable "Detroit-house" qui symbolise l’omnipotence des synthés et des boites à rythmes, une création qui s’éloigne des contingences commerciales et la volonté délibérée de rester dans l’ombre, démarche qui a été pourtant fatale à la techno en son fief historique.


A l’autre bout du continent, Miami "la latino" a inventé ses propres codes à travers la Miami bass ou booty music, un électro hip-hop souvent macho et vulgaire dont les artistes représentatifs sont 2 Live Crew, Whistle, J.J. Fad, Man Parrish ou Dynamix II.
Pour les aficionados du jeu Grand Theft Auto, ce style est la bande-son des concours de danse des voitures tunées avec des suspensions hydrauliques.

Originaire du sordide quartier de Liberty City, le duo Murk Boys (Oscar Gaetan et Ralph Falcon) proposera dès 1991 une alternative house qui marquera la décennie, jalonnant son parcours de 7 singles classés N°1 du Billboard's Hot Dance Music/Club Play.
Un groove plutôt lent et hypnotique dominé par la lourdeur du rythme et de la basse qui séduira notamment le label Tribal America géré par leur ami Danny Tenaglia.


La playliste reflète ainsi ces deux styles pour un set totalement underground.

MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE démarre le bal avec "Raw cuts #6", une nouvelle pépite sortie de l’athanor de Danilo Plessow, petit génie d’une autre Motor City, Stuttgart.

En hommage au quartier dont ils sont originaires, les Murk Boys proposent le concept LIBERTY CITY décliné avec ces deux tubes :
"Some lovin'" avec le sublime dub de l’ami Danny.
"If you really love someone", autre dub carrément technoïsant.

THE FOG est un autre concept qui n’implique que Ralph Falcon et dont le one-shot est ce "Been a long time", incontournable de 1993.

Remixers très prisés (si Madonna les a convoqués pour son single "Fever", c’est un signe qui ne trompe pas), ils réalisent en 1993 un monument de la soulful house avec le remix de "Tight up" du groupe italien 50%.

MOTORCITYSOUL est un duo de producteurs originaire de Francfort, Matthias Vogt et Christian Rindermann (alias C-Rock). Le choix du pseudo du groupe n’est pas innocent et ce remix de "Cipher" par Matthias Vogt est totalement respectueux du style qu’il revendique.

Le passage le plus commercial de ce set arrive bientôt avec la voix de gamine de Helen Tilley pour ce titre d’OFFICE GOSSIP, "Into the lite".
OFFICE GOSSIP alias Nathan Boddy fait partie de mes artistes favoris. Le jeune prodige de la deep-house basé à Londres a commis "Carbon Copy EP", l’un des albums référentiels de la décennie et dont le titre éponyme franchement jubilatoire est inclus dans ce set.
Autres titres urgents du maxi : "Say it" (dont le remix de Lovebirds) et "Strangers".

Dans "Waiting game", BLM & PAWAS, producteurs originaires de Cologne, samplent la voix lymphatique de la chanteuse Escalope sur le très rock indé "Deep" de GUNNE.
Fils de musicien classique, PAWAS est un DJ d’origine indienne multi-instrumentiste (tabla, claviers, basse….). Son influence principale est évidemment Detroit.

Autre figure de la deep-house anglaise, SCHMOOV est remixé par l’allemand Manuel Tur pour "The swirl".

"Feel the soul" de PHONIC FUNK (Amsterdam) conclut en apothéose ce set.

vendredi 19 novembre 2010

N° 87 : In a Joshua style (Ce Ce Peniston mash-up, Smooth Touch, House of Gypsies, UK Garage must-have...)

Set non disponible

Le set de Maurice Joshua réalisé en 1992 dans la Max Party fait l'objet d'un véritable culte dans la communauté house française.
Je suppose même que le master mix dépourvu des jingles et du traitement de son et que j'avais offert sur mon podcast dédié à ma période Skyrock circule désormais aux Etats-Unis.

Autant on s'était franchement ennuyé sur certains sets d'autres DJ's, autant celui-ci faisait l'unanimité.
Il faut dire que la programmation était irréprochable, virevoltante et sans temps mort.

C'est donc un hommage à cette fraîcheur insufflée ce jour-là par le génie de Chicago que j'ai voulu retranscrire à travers ce set justement nommé "In a Joshua style".
Programmation nerveuse, tubes totalement underground et surtout démarrage par un habile mash-up qu'avait sorti Joshua de sa besace.

Une harmonie et un groove à l’unisson entre le dub de "Crazy love" de Ce Ce Peniston et "Keep it comin'" de C & C Music Factory, l'un des premiers grands mash-ups que j'ai entendu dans un set de DJ.

Aujourd'hui, ce type d'exercice est devenu monnaie courante et des logiciels comme Traktor permettent de programmer et mixer 4 platines simultanément dans le tempo et donc de réaliser des mash-ups fabuleux en soirée, timestretching et effets à foison étant disponibles pour sublimer le résultat.

1/ CE CE PENISTON "Crazy Love" (Kenlou House Dub) mixed with the accapella of "Keep it comin'" by C & C MUSIC FACTORY : je pense que Maurice Joshua avait fait réaliser un test pressing de cette idée. Mais n'étant pas présent dans le studio, il se peut qu'il ait été réalisé en live.
Cela me paraît improbable car l'acappella de C & C Music Factory n'étant pas au tempo, il aurait fallu un miracle pour garder le groove au 10e de seconde près sur cette rythmique ternaire, surtout avec le pitch énorme imposé à la platine.

J'ai tenté de l'optimiser en calant les voix au plus juste, l'original n'étant pas parfait.

2/ JAMIE PRINCIPLE "Hot body" : la version de Steve "Silk" Hurley déjà présentée utilisait la base musicale de "Bad girls" de DONNA SUMMER. Cette version de Maurice Joshua - d'ailleurs jouée dans son set - est plus underground tout en gardant l'esprit happy qui le caractérise.

3/ BIZARRE INC "Love in motion" : ils étaient passés par la Max Party pour un excellent set.
Proposé en double pack, ceci est leur dernier bon maxi. Même s'il contient des versions de MK, les meilleurs mixes dont cet Underground Dub très "hurleyien" (je tente un néologisme car pour qu'un mot entre dans le langage commun, il faut bien que quelqu'un se jette à l'eau) sont signés Davide Ruberto (qui a collaboré avec Ricky Montanari, lui aussi invité dans la Max Party).

4/ CRYSTAL WATERS "Makin' happy" : j'ai martelé ce titre dans mes Skyrock Top Dance Megamixes et surtout cet Hurley's Insane Mix moins commercial que l'original.
Ce follow-up est à mon avis supérieur à "Gypsy woman (She's homeless)".

En 1994, Crystal Waters sortira deux autres singles de bonne tenue, "What i need" et "100% pure love" et s'offrira en 1996 un featuring sur les remixes de "In de ghetto" de DAVID MORALES & THE BAD YARD CLUB.
On redécouvrira avec surprise sa voix nonchalante sur "Destination unknown" d'ALEX GAUDINO en 2003.

5/ LEE MARROW "I want your love" : au début des années 90, l'italien Lee Marrow a.k.a. Francesco Bontempi est un habitué des places d'honneur du classement du Top Dance.
Il a commis "To go crazy" (1990) et surtout le remix 92 de "Don't you want me", abondamment joué dans la Max Party.
"I want your love", récurrent dans mes megamixes de l'époque, est doté d'une belle mélodie remarquablement interprétée par Charme (connue aussi sous le nom d'Ann Lee) et utilise avec bonheur la loop du mix de Steve Hurley de "Hold on" de CLUBLAND.

Lee Marrow a activement participé au succès de la chanteuse Corona en réalisant des remixes sur tous ses titres.
La brésilienne aux jambes interminables reprendra d'ailleurs l'une de ses compositions, "Try me out" en 1995.

6/ SMOOTH TOUCH "House of love" : C'est un sample hargneux de Althea McQueen qui sert de base au titre.
L'original plutôt banal était interprété de manière très soft par Cynthia Seijo.
En revanche, le mix de la face B avec sa rythmique batucada était totalement envoûtant.

Ce nouveau mix du duo Morillo/Phearce ajoute encore à la couleur hard-house et assoit définitivement ce titre au rang de "all time classic".

7/HOUSE OF GYPSIES "Samba" : félicitations à celui qui indiquera d'où provient le sample vocal. Je suppose qu'il s'agit d'un obscure titre brésilien des années 60-70 récupéré chez un disquaire d'occasions. C'est la méthode que beaucoup de producteurs utilisent pour réaliser des productions avec des samples dits "improbables".
Par exemple, "Bouge de là" de Mc Solaar avait été réalisé grâce à un vieux disque de funk de Cymande acheté par le producteur Jimmy Jay aux puces de St-Ouen.

"Samba" est en tous cas un autre "all time classic" et Maurice Joshua l'avait également joué.

8/ D.M.S. "Let me tell you somethin" : un mix rare de Todd Terry qui utilise le sample de Rhodes de "Ten Percent" de DOUBLE EXPOSURE.

9/ MAW feat. Xaviera Gold "Gonna get back to you" : entendu aussi dans quelque set de la Max Party, c'est l'une des premières apparitions de Mood II Swing au remix.

10/ 24HOUR EXPERIENCE "Scatter" : le premier maxi de la série de dubs UK garage proposés au milieu des années 90 par Grant Nelson. Des vinyles absolument indispensables pour les DJ's "old school".
Discrètement on perçoit la loop de "The Pleasure Principle" de Janet Jackson et le "whiipp!" de "Walking on sunshine" de Rocker's Revenge.

11/ KATHY SLEDGE "Another star" : extraordinaire dub de Roger S où les percussions prennent progressivement le pouvoir. De la house underground de premier choix comme on en fait hélas plus. La mélodie de Stevie Wonder est complètement massacrée mais le résultat est jaculatoire.

12/ DUB MONSTERS "Deep innit" : cet intermède festif n'était que passager avant le retour du UK garage et ses obscures productions comme ce EP "Dub Monsters" dégoté chez Vibe Station, le vinyl shop du quartier Bastille, en 1997.

13/ PEARL NECKLACE "On a mission" : extrait de l'urgent E.P. "The Sound Blast 8 Tracker" sorti en 1997 et gorgé de pépites UK Garage comme "Wurly bird" de Richard Purser ou "Large" de The Essence, déjà joué dans un set précédent.

14/ REEL 2 REAL "Conway" : le dernier maxi de Reel 2 Real que j'ai acheté. Bien que le soufflé soit retombé, il reste un titre de bonne facture livré en double pack avec notamment ce remix ragga-deep de Keith Litman, qui s'était surpassé sur ses versions de "Raise your hands".

vendredi 12 novembre 2010

N° 86 : Fast & furious (unreleased Pussy single, Cappella, Yves Deruyter, God's Groove...)

Set non disponible

Je crois qu'avec le changement d'heure et la pleine lune, j'ai fait sauter le disjoncteur en m'attaquant à un set aux confins de la techno et de la trance.
Rassurez-vous, la lune n'a aucune influence sur le comportement, toutes ces croyances populaires étant véhiculées par les légendes (le loup-garou, les vampires...).
La lune influe sur les marées, c'est déjà pas si mal.

Les fidèles lecteurs pour qui "house music is a spiritual thing, a body thing" vont être un peu déroutés par ce set très énervé. Il était l'occasion de délivrer un titre inédit, le 3e single de PUSSY, et de faire découvrir l'un des flops de notre catalogue de productions, flop toujours injustifié pour le producteur qui a façonné ce qu'il pense être un bon titre.

1/ THE O.T. QUARTET "Hold that sucker down" : en 1994, Rollo Armstrong, le grand-frère de la chanteuse DIDO, entamait une saga trance-house souvent élégiaque qui allait connaître un certain succès sur nos terres.
Après cette mise en bouche sous forme de one-shot, c'est avec les deux tubes successifs de FAITHLESS "Insomnia" et "Salva Mea" (1996) que Rollo lance la mode des pizzicati (son produit à partir de cordes de violons pincées) dans les gimmicks, imité par la suite par des artistes comme LA VACHE, DJ QUICKSILVER ou NATURAL BORN GROOVES.
Dans cette saga, à noter l'excellente adaptation de "All you need is love" des BEATLES avec "Love, love, here i come" sous le pseudo de ROLLO GOES MYSTIC.

2/ QUAZAR "Unity" : un groupe de techno batave assagi après des singles "rave" comme "The seven stars" (qui avait fait le bonheur de la radio MAXXIMUM).

3/ CORONA "Baby, baby" : à l'écoute du gimmick de Quazar, l'idée jaillit dans mon esprit. Fébrilement, je partis en quête du maxi du remix de "Baby, baby" de Corona par Dancing Divaz en priant pour que les tempos et la tonalité soient identiques, mon oreille ne me trahissant généralement pas.
Ce fut le cas, ce qui m'épargna ainsi le périlleux recours au timestretching.
C'est un pur moment de jouissance "mixienne".

4/ THE LISA MARIE EXPERIENCE "Do that to me" : une hardbag anglaise qui se paye le luxe d'un adlib "à la Michael Jackson" (ou "à la Manu Dibango" si l'on se place du côté de celui qui réclamait ses droits d'auteur).
Eh oui, les musiciens contemporains n'ont pas encore l'honneur d'être déclinés en adjectifs comme Baudelaire, Kafka, Homère ou Corneille et l'on doit encore se contenter d'utiliser l'expression "à la...".
Un jour peut-être pourrons nous parler d'un "un mix knucklien ou kevorkien", qui sait ?

En tous cas, ce remix déchaîné zone entre hard-house, tribal et trance. Un grand moment de l'histoire de la culture club !

5/ CAPPELLA "U got to let the music" (Pagany Tribalism Mix) : de tribal il s'agit dans ce remix païen du hit planétaire de CAPPELLA (si le remixer ne s'appelait pas Pagany, je n'aurais pas osé !)
Le sample de voix est emprunté à J.M. Silk ("Let the music take control" - 1987).

6/ CAPPELLA "U & me" : avec mon acolyte Cutmaster, nous avions égratigné gentiment ce remix dans notre émission Hit des Clubs Skyrock revival, dénonçant la mauvaise habitude des remixers empressés d'éditer les samples de phrases pour qu'ils démarrent exactement sur la mesure...quitte à ce qu'ils gardent un fragment de syllabe du mot précédent ! (ici, cela donne "gyou and me").
En effet, lorsque l'on est soigneux, il est souvent nécessaire de placer le sample vocal de manière très fine avant le début exact de la mesure pour respecter le groove. Comme on ne peut pas quantiser à la chaîne un sample avancé de quelques dixièmes de seconde, un grand nombre de remixeurs "tranchent dans le lard" comme des charcutiers.

7/ D-MENTION "You're no good" : après plusieurs castings, Pascal Henninot et moi-même avions porté notre choix sur deux chanteuses pour débuter notre carrière dans l'eurodance.
Il y eu le concept CHERRY MOON avec d'abord le succès puis les tracas juridiques causés par la chanteuse, gâchant pour tout le monde l'opportunité d'une carrière internationale (puisque le 2e single venait d'être signé sur Sony Dance Pool Allemagne).

De manière plus discrète, il y eu D-MENTION sorti peu après sur le tout nouveau label MCA France dirigé par Christian de Tarlé, l'homme qui signa JORDY et remplit notablement les caisses de Sony Music.
La chanteuse est Sara Vahabi, une jeune et talentueuse suédoise dont nous gardons un excellent souvenir.
Plombé par une promo club défaillante, "You're no good" végéta quelques semaines, atteignant péniblement la 50e place du Top Dance, ce qui scella la fin de ce concept au grand désespoir de l'équipe.

Et pourtant, on m'en parle encore 17 ans après comme un grand disque d'eurodance à la mélodie imparable. La version mixée ici est la face B, totalement dub. La voix est bouclée et découpée dans le gate d'un compresseur dont l'ouverture est commandée par un "closed hit-hat" placé sur chaque 16ème de mesure.

A mon avis, le grand malheur de ce single est qu'il reprenait exactement la même idée de sample que "No Good" de PRODIGY. Une fois de plus, les deux idées sortant au même moment sur le marché, c'est le plus gros qui remporta la mise.
Nous avons été abonnés à ces mauvais concours de circonstance ("Gotta have it" de VANESSA PARADIS vs. PARIS RED et le remix trance de "Take it easy" de CHERRY MOON vs. "Amphetamine" de DRAX Ltd.) ce qui explique en partie pourquoi la team a lentement périclité avant le coup de grâce final de 1997.

J'ai choisi de jouer la version hardbag house pour ce set et je pense que peu de gens connaissent ce single.

8/ RENÉ & PERAN "Give it to me" : une house hollandaise sans fioritures, juste efficace avec son gimmick d'orgue et son sample répétitif. Ici aussi, l'arrangement fraye avec les pizzicati.
Un disque acheté à Disco Gallery, dans la vieille ville d'Ibiza en août 1996.
Happy Music l'avait sorti en France quelques semaines après.

9/ MARY KIANI "100%" : une version signée du roi de la handbag, le DJ qui mixe avec une caisse de bières sous la table, j'ai nommé Tall Paul. L'anglais est surtout célèbre pour son remix de "Let me show you" de CAMISRA qui reprend le gimmick d'orgue de "Make the world go round" de SANDY B mais il a commis bien d'autres remixes tonitruants tournant généralement au-delà de 135 bpm.

Le sample est pris sur le classique "Can you feel it" de CLS.

10/ PUSSY "Gonna make me feel" (Hardbag Mix) : en 1997, c'est un duo de producteurs au bord de la rupture qui se lance dans l'aventure du 3e single de PUSSY.

Le premier single "Suck my pussy" a été signé dans plusieurs pays européens et les ventes françaises ont atteint 50 000 ex. malgré la faillite du distributeur WMD quinze jours après la signature du titre chez Ramdam Factory.
Nous n'étions plus à un coup dur près puisqu'un étrange cover par Latino Inferno avait surgi de terre de manière concomitante sur More Vinyl.
Il est des hasards bien curieux et tous ces souvenirs amers ne font que renforcer le dégoût que m'inspire le milieu du show-biz, ses escrocs et ses mauvais coups.

Très trance, plutôt complaisante avec ses gimmicks techno un peu putassiers et son break à base de pizzicati (encore eux), la version originale de "Gonna make me feel" n'est certes pas le chef d'œuvre de l'année. Elle sort en white label et la promo club de l'époque parvient à la hisser à la 5e place du Hit des Clubs Skyrock.
Le mix deep-house de la face B (Light In Dub Mix), plus en phase avec nos références, a l'honneur d'être joué par MC Adrian sur l'antenne de FG.

Nous avions osé ce type de promotion en faisant fi de toute démarche de label, l'exercice devenant de plus en plus laborieux.
En effet, le diktat des quotas de variété française ayant faussé la donne et les médias ayant globalement décidé de boycotter la dance au profit du rap, signer un disque d'eurobeat en anglais était devenu le parcours du combattant.

15 jours après l'envoi du premier vinyle, nous avions programmé un second envoi de remixes afin d'asseoir cette flatteuse position au classement. La version jouée dans ce set en est la face A, la face B (Light In Mix), étant peu glorieuse car très inspirée de "Gotta have hope" de Blackout.

Alors que nous pensions avoir fait le plus dur, la promo nous annonça qu'aucun label ne s'était porté acquéreur sous l'argument spécieux que "puisque le titre était déjà monté en white label, il était désormais trop tard pour fructifier l'opération par une signature et une commercialisation".

Alors que dans n'importe quel pays du monde, cette initiative des producteurs aurait été jugée comme une aubaine, les labels français, vexés d'observer ce qu'ils estimaient représenter une sorte de tentative de rébellion contre l'ordre établi, finirent par nous mettre sous l'éteignoir.

Finalement, je me réjouis qu'internet et ses "pure players", les labels communautaires et des distributeurs numériques comme Believe, aient mis un grand coup de pied dans cette petite fourmilière qui faisait la pluie et le beau temps.
Les radios et les maisons de disque sont toujours aux ordres du Top 40 européen (on ne joue et signe que ce qui a déjà fonctionné ailleurs), mais au moins, chaque producteur possède désormais une chance d'exister et d'accéder à la notoriété.

Pour en revenir à ce remix hardbag (conçu sous l'influence de nos soirées passées dans les clubs londoniens), je pense qu'il aurait mérité une carrière au moins anglaise et des DJ's comme Tall Paul l'auraient sans doute joué sans retenue.
Sauf avis contraire, il reste le seul disque de "handbag house" produit en France.

A vous de juger.

11/ YVES DERUYTER "The rebel" : en 1997, c'est mon ami Croustibat, aujourd'hui sur Contact FM et que je salue au passage, qui m'avait alerté sur ce disque qui faisait des ravages dans le nord de la France et dans sa Belgique natale.
Outre le gimmick de synthé au son et aux effets parfaitement programmés, c'est sa rythmique impitoyable et les samples de Public Enemy ("Rebel without a pause") qui parachèvent ce qui ressemble à un chef d'œuvre.

Final 100% trance allemande.

12/ GOD'S GROOVE "Prayer seven" : l'exceptionnel "Back to nature" avait servi de "bed" à mes interventions de l'époque Top Dance. Un an plus tôt, ces producteurs allemands avaient annoncé la couleur avec ce "Prayer seven" dont cette version flirte avec la trance goa.

13/ THK "France" : bien que signé sur l'historique label progressif anglais WARP (Speedy J, Nightmares On Wax, LFO, Aphex Twin...), ce titre est l'œuvre de l'allemand Thomas Kukula que l'on retrouve derrière le projet GENERAL BASE avec ses tubes "Base of love" (remember le Damage Control Remix joué dans le Hit des Clubs Skyrock ! ) et "Poison".

vendredi 5 novembre 2010

N° 85 : Real wild house (28th Street Crew, Clubland, Davina...)

Set non disponible

1/ RHYTHM REPUBLIC vs. MARSHALL JEFFERSON "Move your body" : à l'écoute de ce relifting, ce fut une énorme claque, l'original ayant pris un sacré coup de vieux.

A l'origine, cet hymne fut signé sur Trax Records, un label tenu par le peu recommandable Larry Sherman. Selon les dires de Jesse Saunders (celui qui est donné comme le créateur du premier disque house) dans son livre "House music...The real story", Sherman était un homme d'affaires peu scrupuleux voire malhonnête. Il avait l'habitude de presser des vinyles à la qualité sonore exécrable en utilisant comme matériau de base de vieux disques qu'il recyclait dans son atelier. Inévitablement, même neuf, le disque présentait des craquements et des sillons déformés !
Possédez-vous un disques Trax Records d'une qualité acceptable ? Personnellement non (notamment le disque de Marshall Jefferson à la bande passante digne d'un mp3 encodé en 96kbps et aux multiples craquements).
Et pourtant, ce Larry Sherman joua un rôle notoire dans la popularisation de la house music.

2/ SOUND FACTORY "Come take control" : une house d'origine suédoise produite notamment par Vito Ingrosso, le père de Sebastian Ingrosso, membre de la Swedish House Mafia.

3/ 28th STREET CREW "I need a rhythm" : un vinyl que l'on m'a volé en 1989 dans une soirée cauchemardesque à Chennevières-sur-Marne lorsqu'une bande de racailles était venue semer la terreur.

Acheté quelques mois avant à Miami, cette production qui s'inspire largement de "Respect" d'ADEVA et de "Make my body rock" de JOMANDA était réalisée par Clivillés & Cole sur Vendetta Records, label à l'existence trop courte auquel on doit "This is acid" de MAURICE, "Love together" de L.A. MIX, "Breakdown", "Groove me"et "Two to make it right" de SEDUCTION.

4/ THE BEATMASTERS feat. The Cookie Crew "Rok da house" : Dechavanne en avait fait un générique d'émission, autant dire que tout le monde connait et qu'il n'est pas nécessaire de s'attarder.

5/ FUTURE FUNK "Wildberry tracks" : les violons étaient trop beaux pour être natifs de cette merveilleuse production disco-house datant de 2005.
En effet, il s'agit d'un astucieux montage d'un extrait de "Don't make me wait too long" de BARRY WHITE.

6/ RAW "Play my game" : ce groupe fantomatique n'a sorti que deux titres, mais ils sont exceptionnels.
"Play my game" est un classic house tonitruant resté à l'état de test pressing (on se demande bien pourquoi).
"Intoxicated" révèle la puissance de la chanteuse Amanda Wilson que l'on peut entendre aussi sur "Love on my mind" de FREEMASONS.

7/ PARIS AVENUE "Feel it (it's so good)" : une reprise réussie du "It's so good" de Creative Force sortie sur Sub-Urban en 1993.
J'aurais aimé que des français furent à l'origine de cette production, mais malgré l'indice du pseudo, il s'agit en fait de producteurs belges, ces voisins qui nous surpassent littéralement en matière de techno et de house.
La France n'est pas un terreau de la house music et y réussir à percer tient du miracle ou d'un carnet d'adresses bien fourni dans les "milieux autorisés" (comme disait Coluche).
Nous-mêmes avons tenté en vain de 1991 à 1997 d'atteindre la reconnaissance malgré de multiples productions (vous en entendrez deux assez rares la semaine prochaine dans un set très énervé).

8/ EVE GALLAGHER "Love comes down" : la protégée de Boy George s'était fait connaître avec la version soul et downtempo de David Morales.
Signée sur Panic Records en France, c'est avec le grandiose "You can have it all" qu'elle avait réalisé une incursion remarquée dans le Skyrock Top Dance.
Sur la lancée, ce remix hardbag de "Love come down" était commercialisé sans hélas connaître le même succès.

9/ CLUBLAND "Let's get busy" (Sami Dee's Revival Red Zone Remix) : au milieu des années 90, j'avais rencontré Sami Dee dans les locaux de Skyrock. Il m'avait narré son aventure incroyable comme assistant ingé-son aux côtés de David Morales.
Je possède 5 K7 de sessions de mixes garage qu'il m'avait remis. Il est de la race des grands mixers radiophoniques.
J'ai été ravi de découvrir qu'il avait brillamment relifté ce premier tube de CLUBLAND, à l'époque remixé par son mentor.
Il est également en podcast sur DJpod.

10/ DAVINA "Don't you want it" : qui ne s'est pas jeté sur ce maxi absolument magique sorti sur Happy Records, le label de Detroit, et incontournable dans toutes les soirées house parisiennes ?

En cette année 1992, Detroit "la sinistrée"ne brille plus depuis longtemps.
20 ans plus tôt, le label Motown l'a lâchement abandonné pour les cieux plus cléments de Los Angeles.
En 1986, Derrick May, Juan Atkins et Kevin Saunderson y inventent la techno, une chance inouïe pour redonner vie à la "Motor City", mais assimilée à une "musique de Blancs", le public potentiel, celui d'Afrikaa Bambaataa, ne s'y reconnaitra pas.
C'est dans la vieille Europe que les 3 mages trouveront écho à leur sonorités avant-gardistes.

En 1990, Mad Mike Banks crée le label Underground Resistance dont Happy Records est une division qui cache le désespoir de ses artistes derrière la façade d'une house enjouée.

Déclin de l'industrie automobile, taux de chômage record...entre 1967 (l'année des fameuses émeutes raciales de juillet) et 1987, la population de la ville aura chuté de 30% !
L'"exode blanc" n'y a laissé qu'une population à 80% d'origine noire souvent ghettoïsée. Rongée par la désindustrialisation, certains iront même jusqu'à parler d'une ville-fantôme.

11/ SMOKIN BEATS "Dreams" : un duo anglais adepte du UK Garage et dont l'original assez peu convaincant est magnifié ici sous les arrangements des Kings of Tomorrow.
Vous aviez découvert dans mon premier set sa réinterprétation filtrée de "Dr Love" de FIRST CHOICE.
SMOKIN BEATS a d'ailleurs sorti d'innombrables maxis à base de samples funky et disco souvent estampillés "Lessons in disco". Avec ses samples de THE EMOTIONS et CHERYL LYNN, le volume 4 semble le plus populaire.
On perd leur trace en 2007.