vendredi 2 octobre 2009

N° 38 : Definitive dancefloor anthems (garage divas, Joey Negro anthems, italian disco...)

Set non disponible



1/ KATHY BROWN "Never again" : doté d'une ligne de basse mémorable et d'une intro à rougir d'émotion, c'est sans aucun doute, l'un des 10 meilleurs titres garage que le nouveau siècle nous ait offert. Au casting de la "Nouvelle Star", Manu Katché aurait jubilé en lançant sa phrase favorite "elle envoie le bois", Marianne James se serait agenouillée devant la performance. Mais, il ne s'agit pas ici d'une inconnue.

Kathy Brown est une des divas historiques de la house et surtout de la scène garage. Je l'avais découverte comme nous tous avec "Can't play around", une production des Masters at Work sortie en 1993 puis avec "Turn me out" de PRAXIS l'année suivante. En 2006, elle sortira "Get another love" sur le label Defected mais ce "Never Again" reste le must absolu. Cette version "reprise", à l'intro fabuleuse, est réalisée par Copyright, duo de producteurs anglais encore cité dans mon Garage Top 10 après "He is".

2/ DAWN TILLMAN "Steal away" : autre diva pour un titre qui figure sur la très recommandable compilation Ministry Of Sound Session 9 concoctée par Eric Morillo (Reel 2 Real) en 1998. Il y pléthore d'excellents titres à déguster en versions non mixées.

3/ CHICAGO "Street player" : Avec EAGLES ("Hotel California"), CHICAGO restera pour moi emblématique des série de slows des "booms" de mon adolescence. En 1976, si empressé de le posséder, j'avais fait voler le fameux 45t "If you leave me now" par un copain dans un magasin de ma banlieue, préservant ainsi la morale que l'on m'avait inculquée à l'école jésuite.

Sorti en 1979, l'album "Chicago 13" n'était pas brillant. Selon Wikipédia, il apparaît d'ailleurs comme le moins bon de tous ceux que le groupe avait sortis. Il n'avait pas pour vocation de séduire les DJ's en clubs, le groupe étant très connoté pop/jazz-fusion, mais l'intention de se raccrocher au wagon disco était perceptible. Preuve en était avec ce "Street player" sorti en maxi 45t avec un break instrumental rallongé au maximum.

En 1995, pour les besoins d'un nouveau titre sous le pseudo de BUCKETHEADS et servis par leur immense culture musicale, les Masters at Work ont l'idée de génie de sampler l'intro aux cuivres, une phrase du premier couplet et quelques bouts glanés à droite, à gauche sur ce morceau-fleuve de plus de 9 minutes. C'est l'engouement immédiat et les DJ's s'empressent de découvrir le sample original. La version club de "Street Player" alors aux oubliettes de l'Histoire, ressurgit et l'on trouve rapidement l'idée de rallonger ce break aux percussions et aux cuivres imparables. A ce titre, le bootleg figurant sur Super Disco Breaks volume 3 sorti par Bob Sinclar propose un travail de re-edit plutôt intéressant.

Certes, les puristes diront que l'idée a été trouvée par Victor Simonelli deux ans plus tôt sur le titre "Gonna Make you move" mais, mal exploitée, le résultat était loin de promettre la possibilité d'un tube planétaire.

4/ PRESENCE "Sense of danger": attention, gros, gros tube deep-garage signé Charles Webster, un producteur basé à Nottingham qui offrait là l'un des tubes majeurs du label londonien PAGAN RECORDS. Ce remix, signé par le trio anglais Attaboy et très proche de l'univers du label NAKED MUSIC. Il restera l'un des derniers maxis que j'ai achetés au siècle dernier, l'année 1999 marquant mon retrait du dee-jaying.

5/ SESSOMATTO "You're gonna love me" : une relecture très réussie du tube de Donna Giles, "And i'm telling you", par l'infatigable Joey Negro qui se travestit encore sous un enième pseudo. Je ne pense pas que ce Sessomatto fasse référence au film de Dino Risi mais plutôt au groupe éponyme des années 70 dont le maxi "Sesso Matto", au style "rare groove", fait sans doute partie de l'immense discothèque de Joey. Aux vocaux, Carolyn Harding, déjà évoquée la semaine dernière pour le titre "Movin' on" par le même Sessomatto. Un grand moment de disco revival mâtiné d'une house aux cuivres triomphants.

6/THE REESE PROJECT "The colour of love" : Derrière ce pseudo se cache Kevin "Reese" Saunderson, fondateur du duo INNER CITY. Je me rappelle avoir joué une fois ce dub dans mes Skyrock Megamixes. C'était le premier remix réalisé par le collectif de Detroit, UNDERGROUND RESISTANCE.

7/ MINIMAL FUNK 2 "The groovy thang" : ce mix à la basse ravageuse signé par l'énigmatique Da Vanilla est la face B d'un "one-shot" réalisé par deux obscurs producteurs italiens et sorti sur le fameux label anglais Cleveland City Records.

8/ 3RD NATION "Real love" : les suédois Stonebridge et Nick Nice nous proposent une reprise du tube de Jody Watley dans une version garage classique et efficace. Avec un riff de claviers aussi fédérateur, c'est ce qu'on appellerait un "anthem" au Ministry of Sound. Quant au bassdrum, il est mixé à la perfection avec cette lourdeur qui rassure le DJ au moment de "rentrer" le morceau et de l'asséner fièrement sur le dancefloor.

9/ THE SUNBURST BAND "Garden of love" : recevant le mp3 en aveugle sur un CD gravé par mon ami Croustibat, je crus d'abord à un mix de Morales. L'arrangement, les sons... la patte du Boss semblait scellée dans ce dub hautement jouissif. Quand je découvrit qu'une fois de plus Joey Negro était caché derrière ce pseudo, je tombait des nues. Ce Sunburst Band est en quelque sorte la "danseuse" de Joey Negro, parvenu a réaliser son rêve : monter un groupe de musiciens "à la Brand New Heavies" et capable de se produire sur scène. "Garden of love", sorti sur un mini EP en 1997, reste assez peu représentatif de l'ambiance de l'album "Here comes the Sunburst Band" sorti peu de temps après et que je vous conseille vivement de vous procurer.

Lente plongée dans la pure disco underground.

10/ JOEY NEGRO "Universe of love" : un mix très "Moroder style" du tube figurant sur le premier album éponyme de Joey Negro sorti en 1993.

11/ MACHO "I'm a man" : un titre que je qualifierais de mythique. C'est l'une de mes premières rencontres avec la disco music, lorsque, encore un mineur de 17 ans, je sortait dans une minuscule boîte de nuit située au bout de ma rue, au sous-sol d'un restaurant des bords de Marne de Joinville-le-Pont, "La Paillotte". Le plus dingue dans l'histoire, c'est que le DJ de l'époque habite au 1er étage d'une école maternelle en face de chez moi !
Complètement déconnecté, il n'a même pas conscience qu'il croise parfois l'un de ses anciens clients qui pourtant, lui, l'a bien reconnu. Il faut dire que je pourrais être physionomiste avec une grande facilité, ayant l'habitude de reconnaître toutes les célébrités dans Paris du premier coup d'œil, même derrière leurs lunettes noires.

Ce morceau, reprise d'un titre de SPENCER DAVIS GROUP est un monument de la disco gay.
Titre-fleuve de 17'45", il ne souffre d'aucun temps mort ni remplissage. Produit à la perfection par Mauro Malavasi (Peter Jacques Band, BB & Q Band, Change), son tempo infernal agit tel un rouleau compresseur, le calage parfait du rythme et des synthés, l'épaisseur fabuleuse des textures sonores, la voix rauque et déterminée du chanteur Marzio venant parachever un chef d'œuvre doublé d'un véritable exploit technique à une époque où l'on ne connaissait pas encore les boîtes à rythmes et la MAO.

Joey Negro s'est attaqué à ce titre d'une manière assez décevante (Mucho Macho), ne gardant qu'une petite partie de son break instrumental. A quand une version vocale digne du maître es-disco ?

12/ Final façon musique de film avec l'un des classiques de mes soirées dominicales au Palace, HARRY THUMANN "Underwater" : joué si fort par le DJ, ses cuivres et violons jaillissant des murs d'enceintes JBL faisaient saturer les tympans mais l'envoûtement était incroyable. Encore un trésor de la disco italienne.

vendredi 25 septembre 2009

N° 37 : A journey into sound (Joey Negro, Steve Silk Hurley, Daft Punk, Jupiter Ace...)

Set non disponible



1/ GRACE UNDER PRESSURE "Make my day" : j'avais programmé la version underground des belges de Casino en début d'année, voici la superbe version de Roger S.
C'est un one-shot produit par Bruce Forest, remixer récurrent du Disco Mix Club. Sa version originale n'a rien de transcendante mais, fort heureusement, Roger S est venu apporter la "magic touch" gospel.

2/ UMOJA "Unity" : lors des tests, l'enchaînement avec Grace Under Pressure était si harmonieux que j'ai reprogrammé cette version dans ce set (c'est rare que je doublonne les versions). Encore un titre flamboyant de cette cruciale année 1992 où la soulful house prit véritablement son envol. Mash-up avec l'accapella de "Seduction" par ASTON MARTINEZ.

3/ M. DOC "Whatever U need" : 1992, c'est aussi l'année où l'usine de production de Steve Hurley tourne à plein régime. Ce titre est une sorte de "happy hip-house" que j'avais présentée, à l'époque, dans le Skyrock Top Dance. Il est regrettable que house et rap aient décidé de faire scission, la hip-house étant, à mes yeux, un bon compromis qui rassemblait les deux chapelles.

4/ DONNELL RUSH "Symphony" : 1992 délivre sans faiblir les diamants et mon compte en banque maigrit à vue d'œil, subissant ma vague d'achats compulsifs, ne pouvant que me résoudre à rafler toutes les merveilles que les magasins Champs-Disques et Discoparnasse me font découvrir.
Après la version explosive de E-Smoove déjà programmée en début d'année, la version de Hurley s'avère plus posée et classique mais néanmoins remarquable. Sans doute la plus belle réussite de l'équipe de ID Productions au niveau des arrangements mais le titre du morceau était, en quelque sorte, le postulat.

5/ SHAWN CHRISTOPHER "Another sleepless night" : Ce titre de 1990 est le premier tube de Shawn Christopher. Produit par Mike "Hitman" Wilson, il représentera la 2ème meilleure vente de singles dance cette année-là aux States. David Morales livre un bon package de mixes, mélangeant habilement underground et garage, comme à l'habitude.

6/ GEYSTER "Bye Bye Superman" : le grand bond en avant vers l'année 2003. Au hasard de mes pérégrinations sur les webradios, je découvris par hasard ce titre dans sa superbe version acoustique au piano. Me procurant le maxi-CD, je fus plutôt déçu par les remixes français, beaucoup trop durs au niveau des arrangements. Alors que le CD allait connaître le terrible "châtiment de l'armoire", endroit sombre et poussiéreux où l'acheteur déçu (et un peu en colère) abandonne définitivement son acquisition comme on jette aux oubliettes un brigand, je prêtai, pour le principe, une oreille à la version originale et tomba immédiatement sous le charme. Une pop revigorante, un arrangement où guitare wah-wah et piano éléctrique se répondent à la perfection, des vocaux mielleux, tout pour plaire. Même si le titre a été un hit en Europe, je n'ai jamais entendu cette version en radio (ni vu à la télé) et je crains que ce succès ne soit que le fait de ces horribles versions électro, véritables entreprises de démolition de l'harmonie, composante fondamentale de ce qu'on appelle communément la musique.

Il y a quelque chose de prémonitoire dans ce titre-hommage au super-héros puisque Christopher Reeve, celui qui l'incarna au cinéma, nous quitta l'année suivante.

7/ DAFT PUNK "Around the world" : qu'ajouter de plus sur ce titre unanimement salué comme un chef-d'œuvre. Ah si ! Les Masters at Work se sont ramassés en beauté sur leur remixes, sans doute dans un "off day" comme on dit dans le jargon sportif.

8/ SWEET COFFEE "Keep on running" : eh bien, vous voyez que j'arrive à trouver quelques titres potables dans la production actuelle ! Sweet Coffee est l'un de mes groupes préférés, l'un des navires amiraux de la lounge music. Des titres comme "Don't need you", "Holdin' On (Den Hetrix & Raffa Mix)", "No ordinary love" (la reprise de SADE) sont autant de pépites extraites de l'album "Memory Lane" sorti par le trio belge en 2004.
Ce "Keep on runnin'" est extrait de leur 2ème album et le remix signé Sterac Electronics rehausse nettement le niveau de la version originale.

9/ DANNY TENAGLIA "Bottom heavy" : Renaud, tu vas être content, j'ai encore glissé une production de Danny, le côté obscur ! Un titre extrait de son excellent album "Hard & Soul" sorti en 1995 sur Tribal America. En fond, la TB-303 de Roland ronronne comme une chatte.

10/ et 11/ "Movin' on". Deux productions que 13 années séparent mais qui utilisent le même sample, celui de la voix de Carolyn Harding pris sur le titre éponyme sorti en 1987. Sous le pseudo de SESSOMATTO, on retrouve Joey Negro avec une version très vocale et retravaillée avec la chanteuse originale en 2006 ; sous celui de ROACH MOTEL (L'hôtel du Cafard), une version moins expansive, moins discoïsante, mais plutôt "happy house" du duo Farley & Heller en 1993.

12/ JUPITER ACE "1000 years" : utilisant un sample de "And that's no lie" par HEAVEN 17 (1984), le premier single de cet irlandais du Nord est d'un génie absolu au regard de la richesse de l'arrangement et du choix plus que judicieux des accords de substitution. Des synthés à foison, un son énorme, J.M. Jarre n'a qu'à bien se tenir !

13/ TONY DI BART "The real thing" : à l'époque, j'avais essayé de convaincre mes amis du label Airplay de signer ce titre mais ils avaient fait la fine bouche. Mal leur en prit. Il connut son petit succès dans le classement du Skyrock Top Dance en 1993. A la réécoute, je pense qu'il ferait ferait encore bonne figure de nos jours dans un set électro un peu inspiré.

14/ SIMMONS & CHRISTOPHER "Weekend" : Le duo hollandais réalise un excellent retravail de l'accapella de CLASS ACTION, lui-même cover de l'original de PHREEK (1977).

vendredi 18 septembre 2009

N° 36 : House meets electro (Z Factor, Hardsoul, Junior Vasquez, Daft Punk)

Set non disponible



1/ KIMARA LOVELACE "Only you" : C'est le côté lumineux de Danny Tenaglia. Je n'ai rien entendu d'aussi soulful chez lui depuis des lustres. Ce mix sortie sur King Street en 1996 pourrait bien être l'une de ses dernières productions vraiment garage, l'ami Danny semblant, hélas, avoir rejoint définitivement le côté obscur.

2/ MORTEN TRUST feat. J-Sun "Back to love" : l'un des grands titres garage de l'année 2007 est l'œuvre d'un danois très respecté par les caciques du mix (Roger S, Eric Kupper, Grant Nelson...). Son titre "Soulmagic" sorti en 2003 sur son label Soulmagic Recordings a eu l'honneur d'être remixé par Miguel Migs du label Naked Music.
Je réalise un mash-up avec l'accapella de "Nobody's business" de H2O.

3/ H2O "Nobody's Business" : la version réalisée par le suédois Stephan Mandrax (découvrez ses deux sets réalisés pour la Skyrock Max Party en 1992) est carrément phénoménale et les prouesses vocales de la chanteuse Billie y sont pour beaucoup. Elle aussi a quitté la rampe et l'on se demande comment on peut se passer d'une telle voix sur la scène actuelle. Quant à Mandrax, il a marqué l'année 1999 avec "At night" en duo avec son frère sous le pseudo SHAKEDOWN.

4/ DAFT PUNK "Digital love" : une utilisation très intelligente de l'intro de "I Love You More" de George Duke (la seule partie intéressante de ce morceau anecdotique). Le solo de synthé (sans doute un mono surpuissant et passé dans une pédale fuzz) est digne du guitariste Eddie Van Halen. Concernant la source du sample de piano électrique du break (non identifiée pour l'instant sur le web), je verrais bien un titre de Supertramp ("Dreamer" et "Bloody Well Right" ?).

5/ D'INFLUENCE "Rock with you" : la voix suave de Sarah Anne Webb se prête parfaitement à cette reprise de Michael Jackson sur laquelle Mousse T réalise sur l'une de ses meilleures prestations, le summum restant son Classic Club Mix. Elle aussi a quitté la rampe et, dixit sa page MySpace, semble se consacrer à des projets perso assez proches de l'univers d'Erikah Badu.

6/ Z FACTOR "We'll Keep climbing" : un morceau monumental et d'une grande clarté. Joey Negro s'est offert une cure de jouvence avec ce titre électro aux gimmicks et à la rythmique bien plus inspirés que bon nombre de productions actuelles. On est loin du son assez terne des mixes de ses débuts. Sans doute que quelques investissements, notamment dans une table de mixage numérique, ont permis cette métamorphose. Le maxi est incontournable avec sa redoutable face B, "Somebody", un dub house très "old school" construit sur la même base instrumentale et rythmique.

7/ PLANET SOUL "Set u free" : signé chez Happy Music en 1996, ce pur produit underground du label Strictly Rhythm, n'a pas vraiment passionné les foules à sa sortie. Aujourd'hui, ce serait un hymne électro vénéré par Virgin 17 ! La Roland Bassline s'exprime pleinement sur le gimmick principal.

8/ HARDSOUL "Self religion" : un excellent morceau de trance-house hollandaise qui utilise astucieusement un sample de "You Gotta Believe" de Fierce Rulin Diva, sample qui avait été un peu oublié depuis 1992. Si l'électro actuelle pouvaient atteindre un peu plus souvent ce degré de perfection, sans doute que je n'en dirais pas pis que pendre.

9/ THE JASPER STREET COMPANY "A feeling" : des successions d'improvisations gospel totalement débridées sur une solide base house hypnotique signée Farley & Heller.

10/ SUNFREAKZ "Counting Down The Days" : je me trompe ou s'agit-il bien du gimmick de "I wanna give you (devotion)" de NOMAD, un très gros tube du Top Dance en 1991 ! Il fallait oser. Inévitablement, j'ose le mash-up avec l'accapella de TEN CITY et je pense que le break nappé de violons y gagne en intensité sur ce remix signé Axwell. Le titre a eu l'honneur d'être signé sur Positiva en 2006.

11/ JUNIOR VASQUEZ "If Madonna calls" : j'ai déjà évoqué l'anecdote sur mon ancien site mais, tant pis, je vais me répéter. Ce titre est une vacherie signée de celui qui fricota un temps avec Madonna, une croqueuse d'hommes invétérée. C'est la réponse cinglante au "lapin" posé par cette dernière alors qu'elle devait se produire à l'une des soirées que Junior Vasquez avait organisées au Tunnel de New-York. Le co-fondateur du célèbre club Sound Factory porte la susceptibilité sur vynil avec un certain talent. Ce fut l'un des titres-symboles de mes vacances à Ibiza, en été 1996.

vendredi 11 septembre 2009

N° 35 : A little bit of jazz (UK garage, Ian Pooley, Roy Ayers, Doug Willis)

Set non disponible




Et finalement, je pus reprendre ma route sur les chemins tortueux du Web, un monde pénétré en 1999 et dont la grosse bulle spéculative qu'il avait créé comme un remarquable imposteur explosa en 2003, finissant par me jeter à terre alors que j'y avais trouvé parfaitement mes marques.
La Providence se décida à se pencher sur mon sort en 2008. Mais juste quelques doigts d'une main tendus pour que je puisse sortir la tête des sables mouvants. C'est ce mois de juin 2009, au point culminant de la crise économique, qui choisit de modifier mon destin, confirmant un parcours professionnel atypique, inqualifiable, irrationnel, hors du commun...celui d'un parfait iconoclaste (malgré lui).
Dieu sait bien que j'aurais souhaité une belle carrière au sein de la radio Skyrock, même quittant l'antenne, mais personne n'a voulu imaginer que je pouvais être autre chose qu'un animateur farfelu. Quoique le rap aurait fini par me faire déguerpir, par dépit ou par dégoût.

Alors je peux maintenant entrevoir la possibilité d'un retour à la production musicale pour fin 2011.
D'aucuns disent que c'est une folie douce que de croire vivre de la musique mais j'ai frôlé de si près le but en 1998 que je garde la foi dans ce pays où "tout redevient possible" d'après ce que j'ai cru entendre, un jour de mai 2007.

Comment fêter une petite résurrection ? avec un peu de jazz et ce petit clin d'œil à NICK STRAKER BAND.

1/ ROACH MOTEL "The night" : une production très garage signée Farley & Heller en 1996. Pour une fois, c'est une voix mâle et suave (Paul Alexander) qui porte ce titre. En 2000, les italiens de LIMOS ne manqueront pas d'emprunter l'accapella et de le faire remixer sur un "balearic beat" par un Kevin Yost renouant avec la magie des arrangements de son délicat premier album ("One starry night" - 1998).

2/ IAN POOLEY "What's your number" : A l'instar du ricain DJ Sneak, sans doute le plus prolifique des producteurs allemands. Signé en 1998 sur V2, le label dance de Richard Branson, il sort l'album "Meridien" qui contient ce joyau remixé par la fine fleur du nu jazz allemand, Jazzanova, l'une de mes teams favorites.

3/ INDO "R U sleeping" : parfait exemple du 2-Step, un garage au tempo syncopé et speedé sur des loops R'n'B ou Drum'n'Bass. Je n'ai jamais vraiment accroché au style mais ce mix du classique de INDO vaut le détour. Il est vrai que le UK garage et sa variante 2-step sont nés de la fâcheuse habitude des DJ's anglais à pitcher à mort des titres soulful U.S. pour satisfaire une clientèle éméchée et sous extasy.

4/ DSK "What would we do?" : plus convaincant, ce remix UK Garage signé de l'expert en la matière, Grant Nelson. Cependant, je garde un faible pour les mixes américains de Steve Silk Hurley et d'Eric Kupper datant des années 1991-92.

5/ BYRON STINGILY "Testify" : comme une ressemblance avec le couplet de ce titre de George Benson, vous ne trouvez pas ? Cette parenthèse mise de côté, un grand titre garage remixé par Jazz'n'Groove et chanté par l'ex-lead singer de Ten City et sa voix de fausset si caractéristique.

6/ DONNA ALLEN "He is the galaxy" : une version qui reprend quasi intégralement la fabuleuse ligne de basse de "Expansions" de Lonnie Liston Smith (1979). Les STETSASONIC avaient montré le chemin façon hip-hop en 1988 avec le classique "Talkin' all that jazz".

7/ Et le jazz dans tout ça ? nous y venons avec SCOTT GROOVES presents Roy Ayers "Expansions", une transition digne d'un DJ fainéant mais avouez que je ne suis pas coutumier du fait. La reprise est signée du xylophoniste Roy Ayers, un musicien qui n'a jamais perdu le contact avec la musique club (des collaborations avec les Masters at Work et Mousse T).

8/ DOUG WILLIS "Dougswana" : "Joey Negro est grand, Joey Negro est très très grand" ! Pastichant un Patrick Montel en crise d'histrionnisme devant la chevauchée fantastique d'un Hicham El-Gerrouj en finale du 5000m aux J.O. d'Athènes en 2004, je joue les thuriféraires devant le talent de ce producteur anglais aux multiples facettes. Il y a de quoi encenser un homme d'une telle longévité artistique, un sorcier à l'aise dans tous les styles, y compris ce titre afro-jazz avec le chanteur-batteur zimbabwéen Zeke Manyika.

9/ SAX MACHINE "Love is the message" : énième reprise du titre de MFSB mais version "de luxe" réalisée par l'autrichien Peter Rauhofer, producteur de Danube Dance et Club 69. Aux claviers, Eric Kupper de la team Def Mix Productions.

10/ BELEZAMUSICA "U got me spinning" : première figuration d'un mix de Seamus Haji dans mes sets. Il y en aura d'autres. Dans une autre vie, Haji fut le compilateur de la série "Jazz in the House" pour le label anglais Slip'n'Slide mais il a résolument pris le virage électro... retrouvant exceptionnellement la vibe pour les remixes de Belezamusica. Alors, tentez de vous procurer leur reprise du tube de Roy Ayers, "Running away", la magie y est aussi grande que sur ce titre déjà entré dans l'Histoire.

vendredi 4 septembre 2009

N° 34 : Happy hour (all time funky classics, Clubland, Kym Sims, Robin S...)



A l'heure où vous lirez ces lignes, ma carrière aura peut-être pris un tournant décisif, rechute dans l'abîme de l'inexistence ou envolée vers le chemin de la reconnaissance.

Quelle que soit l'issue de ce vendredi crucial, j'ai voulu que cette heure de set soit placée sous le signe de la gaité. "Happy, happy hour!" faisait chanter DEODATO, le producteur de KOOL & THE GANG, dans l'un de ses meilleurs titres en 1982.

1/ Entrée en matière avec l'un des tournants musicaux de ma vie. Un double A-side maxi de SISTER SLEDGE : "We are Family"/"He's the greatest dancer".
Il fallait vraiment être gonflé pour oser ce pari commercial qui défierait toute logique marketing de nos jours. Mais Nile Rodgers et Bernard Edwards, les producteurs du groupe CHIC, ne sont pas à ça près. Ayant renfloués sérieusement les caisses de la major Atlantic et de son label Cotillion avec "Le Freak", tous les plaisirs leur étaient octroyés, notamment de produire qui bon leur semblait. Des "Timbaland" ou des "Neptunes" avant l'heure, en quelque sorte.

Alors que les "cadors" de la soul leur étaient offerts, le duo surprend son monde en jetant son dévolu sur un "girls band" plutôt anecdotique au palmarès aussi fourni qu'une boulangerie parisienne sous l'Occupation.
Le premier 45t extrait de la marmite où mijote la potion magique sera ce "He's the greatest dancer" (N° 1 du R'nB chart US en 1978). "Halston, Gucci, Fiorucci..." réclame Kathy Sledge dans des textes "bling-bling" avant l'heure. Rodgers et Edwards se lâchent totalement, trop même puisque certaines phrases résonnent aux confins de la provocation. "My creme de la creme, please take me home" laisse entendre que les 4 girls seraient des filles faciles alors qu'elles sont un modèle de ferveur religieuse. Pas de quoi rassurer. Et pourtant l'art de la persuasion de nos deux larrons l'emportera, posant un menhir à l'édifice de la disco.

2/ CUTTY "Naughty times" : 1982. les boîtes à rythme commencent leur travail de sape du swing. Il y a ceux qui l'utilisent abusivement et maladroitement comme un nouveau joujou et ceux qui l'intègrent efficacement dans un arrangement qui conserve ses vertus groovy. Tel est le cas de cet obscur groupe dont le magnifique "Naughty Times" reste un monument absolu de cette funky music qui se dresse sur les ruines encore fumantes du disco. Le mythique label COOLTEMPO ne pouvait rêver meilleure signature pour entamer une carrière jonchée des tubes d'ADEVA, JULIET ROBERTS ou MONIE LOVE.

3/ MIDNIGHT STAR "Midas touch" : le titre résume parfaitement la puissance de ce titre extrait de l'excellent album "Headlines" paru en 1986 sur un autre label incontournable, SOLAR, acronyme subtil de Sound of Los Angeles Records et qui signera des artistes comme THE WHISPERS, SHALAMAR, DYNASTY, LAKESIDE, KLYMAXX ou BABYFACE.

4/ LEON HAYWOOD "I'm out to catch" : un clone extraordinaire du seul véritable tube de l'artiste, "Dont push it, don't force it" sorti 3 ans plus tôt. Un riff de guitar imparable et la voix de cette impassible amazone en chasse d'un homme pour la nuit (littéralement "Je sors pour choper").

5/ MARIAH CAREY "Emotions" : la plantureuse diva, dans un énième caprice, pourrait bien avoir réclamé les meilleurs producteurs à ses pieds. C & C Music Factory, signés également chez Sony, faisaient bien l'affaire pour ce single.

6/ LULU "Independence" : celle qui interpréta la B.O. de "L"Homme au Pistolet d'Or", un James Bond de 1974, revient près de 20 ans plus tard avec quelques rides gommées par le remix des Brothers in Rhythm.

7/ CHAKA KHAN "Love you all my lifetime" : j'avais beaucoup aimé le travail de Dave Shaw sur le single de Karyn White, "The way you love me" mais cet opus garage de Chaka Khan atteint des sommets que l'on croyait réservés au seul Frankie Knuckles.

8/ CLUBLAND feat. Zemya Hamilton "Come rain come shine" : je crois que je possède l'essentiel de la discographie de ce groupe suédois remixé ici par Eric Kupper. On retrouve un certain Vito Ingrosso à la compo. De là à penser qu'il y a comme un air de famille avec Sebastian, il n'y a que quelques Krisprolls à engloutir.

9/ KYM SIMS "Too blind to see it" : En 1992, de passage à New-York, je tombe sur cet album produit par l'une de mes idoles du moment, Steve "silk" Hurley. Le valeureux a enfin trouvé en Kym Sims la voix qui pourra mettre en valeur ses propres compositions. Le CD recèle bien des trésors qui seront progressivement sortis en maxi et remixés dans un esprit totalement "happy house" par la team d'ID PRODUCTIONS (Steve Hurley, E-Smoove, Maurice Joshua) :
  • Take my advice
  • A little bit more
  • Too blind to see it
Le Top Dance megamix résonne encore de ces grands moments.

10/ CLUBLAND feat. Zemya Hamilton "Hold on (tighter to love)" : un tube confirmé dans les discothèques françaises, comme un bref intermède avant la déferlante EuroDance.

11/ ROBIN S "Show me love" : amusante anecdote mais peu avantageuse pour ma réputation à propos de ce single. Lorsque je reçoit le double-pack promo, un jour de 1992, mon oreille fortement sous influence garage ne retient que ce AKA Mix que je propose de diffuser immédiatement en nouveauté à RLP dans le Skyrock Top Dance. Ce dernier acquiesce sans problème, nous sommes sur la même longueur d'onde.
Et d'apprendre quelques jours après que c'est finalement un mix dominé par un gimmick d'orgue (celui du synthé Korg M1) qui fait fureur auprès des DJ's français !!! Un son qui influencera un nombre considérable de productions pendant plusieurs années.
Je ne me suis jamais senti aussi étranger à mon pays que ce jour là et me demande encore quelle malédiction m'a fait naître ici alors que je n'ai rien presque rien retenu de sa culture musicale. Finalement, mon grand malheur est d'être né dans le seul pays où je n'avais aucune chance d'imposer mon style musical.

Pour en revenir à cette version de "Show me love", je me suis régalé à la mixer avec Clubland pendant près d'1'30'', un des records de durée dans tous mes sets.

12/ JULIET ROBERTS "Caught in the middle" : après le remix de Morales, voici la 2ème version de ce titre présenté dans mes sets. Une troisième suivra en 2010. Ce mix puissant et gras, hyper compressé, est signé du quatuor anglais K-Klass. Ne pas rater leur version de "2 can play that game" de Bobby Brown, "Lover" de Joe Roberts (voir set N°8) et "True Spirit" de Carleen Anderson.

13/ JANET JACKSON "Because of love" : réunissez deux dieux du mix, (Morales et Knuckles) et cela devient un événement à la mesure d'un "Borsalino" avec Belmondo et Delon au générique. Et ce Frankie & David Trick Mix porte bien son nom, réellement malicieux, un mât de cocagne qu'on prendrait plaisir à grimper pour s'emparer d'un filet garni de bonheur.

14/ Et c'est sans doute dans l'allégresse que je me suis permis de toucher à l'œuvre du Boss, de ré-éditer ce "Ecstasy" de JODY WATLEY sorti discrètement en face B de sa reprise de "When a man loves a woman" en 1994.

Espérons qu'après cette heure de bonheur que j'ai voulu partager avec vous, je ne vous serve pas la soupe à la grimace la semaine prochaine. Dieu seul le sait au moment où j'écris ces lignes.

vendredi 28 août 2009

N° 33 : European Housing Authority (Brothers in Rhythm and Steve Anderson's classics, Greed, italian house, Cleveland City Records...)

Set non disponible




L'Europe et particulièrement le Royaume-Uni sont à l'honneur dans ce set.
Les "british", culturellement férus de la black music de Detroit (ce qu'ils appelèrent la Northern Soul dès les années 60), n'eurent ainsi aucune difficulté à emboîter le pas aux américains dans les productions garage et house de qualité au début des années 90.

1/ SABRINA JOHNSTON "Peace" : un titre qui introduit le duo de producteurs BROTHERS IN RHYTHM alias Steve Anderson (pianiste et membre du pool du Disco Mix Club) et Dave Seaman, éditeur du magazine MIXMAG (mon bréviaire durant toutes mes années de production et de radio). En 1990, après un galop d'essai avec "Peace and Harmony" (qui samplait "Love will save the day" de Whitney Houston), le coup de maître est incontestablement "Such a good feeling" réalisé avec l'accapella d'"Always there" de CHARVONI. Le titre se classe d'ailleurs très bien dans les clubs français et bénéficie de remixes de Bibi Fricotin et Dimitri From Paris.

2/ PAUL McCARTNEY "Deliverance" : 28 juin 1991, église anglicane de Liverpool. Macca dévoile au public son œuvre symphonique classique, le Liverpool Oratorio. Démolie par la critique anglaise, elle sera jouée dans le monde entier, fêtant sa 100ème en septembre 1996. C'est le fruit du talent d'un des maîtres de la musique moderne, un touche-à-tout génial capable, comme beaucoup de ses compatriotes, d'évoluer dans des registres très différents. Novembre 1991, c'est le retour aux compositions pop avec l'album "Off the ground", cette fois bien reçu par la critique. Il contient ce "Hope of Deliverance" dont le mix club sera confié à Steve Anderson qui le transformera en un dub flamboyant, à des années-lumières de l'original.

3/ ARIZONA feat. Zeitia "Slide on the rhythm" : 1993, année du lancement de Delabel, un sous-division "club" de Virgin France. L'une des premières sorties est cette adaptation d'un vieux classique de Mahogany, "Ride on the rhythm" sorti en 1982. Elle est produite par GREED alias Mike Gray et Jon Pearn, un duo aux multiples pseudos (Full Intention, Hustlers Convention, Sex-o-Sonique...). Greed fait également partie du pool de remixers DMC.

4/ COLA BOY "7 ways to love" : extrait du DMC de Juillet 1991 avec, côté DJ, Mike Gray au remix et, côté claviers, Jon Pearn aujourd'hui plus connu en solo sous le pseudo de Bodyrox (le tube électro "Yeah,yeah"), le duo ayant décidé de faire un break. Sous le pseudo de Cola Boy se cachait un certain Andrew Naughtie qui avait crée le buzz en laissant croire que son bootleg avait été financé par un adolescent de Honk-Kong qui avait vendu sa collection de bouteilles de Coca. Signé sur Arista, le titre avait été produit par St-Etienne et ré-interprété par une nouvelle chanteuse.

5/ TINMAN "Eighteen strings" : adaptation très réussie du titre de Nirvana, "Smells like teen spirit" dont le riff de guitare sert de gimmick principal. C'est encore une production du DMC avec Dakeyne à la baguette. Dans la Max Party, nous avions beaucoup joué l'un de ses meilleurs remixes, "I got you (i feel good)" de James Brown. Une occasion aussi d'entendre le fameux preset "organ" du synthé historique de la house music, le Casio CZ 101 (écoutez quelques presets).

6/ Le Casio CZ 101 est dans la place ! C'est la pierre angulaire de ce remix de "Bright on Time" de BLACK BOX réalisé en 1994 par TWO MEN, le duo italien dans lequel se trouve la future star de l'électro, Benny Benassi.

"Bright on Time" est un titre né de l'imagination du DJ italien Daniele Davoli et de l'ingénieur du son Mirko Limoni. En 1987, Davoli avait déjà fait parler de lui avec un tube à base de multiples samples, "Numero Uno". En cette année 89, c'est Limoni qui l'incite à mettre en musique ce cri de Loleatta Holloway que Davoli balance sur les disques qu'il mixe dans son club.
Et l'Angleterre de succomber la première au charme de ce morceau de piano-house. C'est donc à tort que l'on attribue à l'Italie la genèse de ce style puisque ce furent les autres DJ's italiens qui, devant le succès rencontré outre-manche par "Bright on Time", prirent le train en marche pour réaliser des titres du même acabit.

Pour BLACK BOX, l'histoire démarre comme un conte de fée avec 2.5 millions de copies vendues à travers l'Europe. Mais lorsque Holloway s'aperçoit que le groupe fait appel au mannequin Katrine pour chanter le titre en playback dans l'émission anglaise "Top of the Pops", son sang ne fait qu'un tour. La fierté écornée et après avoir tenu à prouver "en live" qu'elle était la véritable chanteuse, un arrangement est trouvé et Holloway récupèrera une partie des royalties engendrées par la vente des 800 000 copies au Royaume-Uni ; la diva chantera même le titre sur scène lors d'une rave-party !

7/ REEL 2 REAL "I like to move it" : un disque que je suis fier d'avoir joué parmi les premiers en France, ayant réussi à obtenir un test pressing de haute qualité. Je le jouai en exclu dans une soirée privée du label Airplay organisée au bar "La Plage", non loin de la Porte Dorée, dans le 12ème arrondissement de Paris. Mais ce fut le label Happy Music qui remporta le gros lot en signant le groupe pour la France.

8/ ALEX PARTY "Alex Party 2 (Nu-Nu-Now)" : retour en force du Casio CZ 101. C'est la patte caractéristique des productions des italiens d'Alex Party. Et d'où vient le sample ? "Don't make me wait" des PEECH BOYS.

9/ DIRECT 2 DISC "Morning" : retour au Royaume-Uni avec l'un des tubes du feu label Cleveland City Records. De la happy house avec un bassdrum tout simplement énorme pour accompagner cette habile trituration du tube de Crystal Waters.

10/ RHYME TIME PROD. "Swing man" : double priority pour le label Cleveland City. Ce "Swing man" est la face B de "Go back", premier single de ce groupe sorti en 1993. Je vous avait également présenté "You and me" dans un de mes sets du début d'année. Rhyme Time Prod. est également l'auteur d'excellents remixes comme "I wish" de GABRIELLE et "You can have it all" de EVE GALLAGHER.

11/ GABRIELLE "Because of you" : voici justement la chanteuse à l'œil bandé dans une version piano-house signée par les anglais de Development Corporation qui ont déjà remixé ses deux premiers tubes, "Dreams" et "Going Nowhere". Sa voix nasillarde, sa référence artistique évidente à Tracy Chapman, cet œil déformé à la naissance et qu'elle cache désormais, tous ces éléments qui lui confèrent un look original ont sans doute contribué à susciter l'intérêt des médias.

12/ SUNSCREEM "Pressure us" : Terry Farley, le créateur de "Boy's Own", un fanzine consacré au football, à la mode et à la musique, est l'un des membres du duo Farley et Heller qui se travestit ici sous le pseudo de Fire Island pour un remix très "chicago house". Sunscreem est un groupe pop anglais formé en 1991 et qui intégra la scène house avec notamment ce semi-tube, "Pressure us", bien que leur hit majeur soit "Perfect Motion".

13/ PHUNK PHORCE "Mind games" : Matthew Roberts de BOTTOM DOLLAR a participé à sa production de ce titre découvert sur le set d'Erick Morillo réalisé pour le Ministry of Sound Session 9; il emprunte un sample de "Mind Games" de QUEST (1985).

Retour aux States pour un final très, très underground.

14/ DANNY TENAGLIA "Roots (The sound of the drum)" : extrait de l'album "Tourism", un titre qui fleure bon le tribalisme.

15/ SIZE QUEEN "Walk!" : Peter Rauhofer (Danube Dance, Club 69) s'essaye avec panache à l'underground avec ce titre calibré pour la communauté gay. Il sera signé sur le fameux label Tribal America dont l'un des tauliers n'est autre que Danny Tenaglia.

vendredi 21 août 2009

N° 32 : A groovy kind of house (E-Smoove's anthems, Clubland, Groove Armada, Tommy Musto...)

Set non disponible



1992 fut une année faste pour la musique, une année magique où la house music prit véritablement une nouvelle dimension, plus groovy, plus happy, plus mature, se parant de nouveaux atours. Evénement ! La radio Skyrock lui offrait à nouveau une vitrine deux soirs par semaine dans la Max Party.
Je ne sais pas si j'ai acheté plus de vynils que cette année-là, tant les productions étaient excellentes, fusant de tous les coins du monde.
Hélas, cette belle euphorie n'allait durer que 4 ou 5 ans, l'année 97 marquant le déclin inexorable de ce style, banni qu'il fut par les médias. Aujourd'hui perverti, délayé dans des sons new-wave agressifs, l'esprit black, spirituel et positif des débuts est désormais bien loin et cette électro blanche, métronomique, d'une froideur absolue, est le mètre-étalon.
Pour être sûr de ne pas vivre dans une bulle passéiste, j'ai récemment fait l'effort considérable d'écouter plus de 800 titres sur le site de vente JunoRecords... pour n'en retenir finalement que deux ou trois !
Suis-je "à côté de la plaque" ou y a-t-il un réel problème de qualité ?

C'est donc avec nostalgie, comme d'habitude, que je vous ai concocté ce set assez old school bien que quelques titres récents se soient glissés dans la playlist, tout n'étant heureusement pas à jeter dans ce qui se fait actuellement.

1/ Démarrage en douceur avec cette merveille qui ouvrait le set de Lil' Louis sur Skyrock, fin 1992 : OLIVIA NEWTON-JOHN "I need love". C'est bien la dernière chanteuse qu'on aurait imaginé pour incarner la quintessence du style garage. Sans doute séduit et inspiré par la belle, Tommy Musto nous livre un grand moment de grâce, de sensualité et d'élégance. Un titre déjà panthéonisé dans ma discothèque.
Si vous êtes fan de la chanteuse, un blog pour vous : http://newtonjohn.blogspot.com

2/ MADONNA "Fever" : la reprise du titre de Peggy Lee est ici largement remaniée par les Murk Boys de Miami. Une ligne de sub-basse et une rythmique à la charley et au clap omniprésents très caractéristiques du style. Nous sommes en 1992 et c'est le premier remix de ce duo à la carrière encore embryonnaire.
La même année, je découvrais dans le légendaire set de Maurice Joshua sur Skyrock l'une de leurs nouvelles productions réalisée avec l'une des chanteuses du groupe Exposé : Funky Green Dogs From Outer Space "Reach for me".

3/ THE DETROIT EXPERIMENT "Think twice" : Carl Craig est à la baguette de ce collectif jazz qui réunissait en 2003 la crème de la crème des musiciens de Detroit. Mélangeant reprises et créations, l'album est, bien entendu, indispensable pour les plus fins mélomanes. "Think Twice" de DONALD BYRD, l'un des titres les plus samplés du jazz-funk ("Flowers" de Armand Van Helden, "Byrd Man's revenge" de Mike Delgado...), est revisité de manière si étonnante qu'il en devient méconnaissable. Appréciez la clarté de l'arrangement et le ronronnement chaleureux du piano Fender Rhodes, mon instrument de prédilection.

4/ FIRST CHOICE "Double cross" : en 1992, à l'occasion du 20ème anniversaire du label Salsoul Records, plusieurs compilations proposent des versions remixées des grands classiques par le gotha de l'époque. Parmi elles, cette version garage réalisé par Danny Tenaglia, l'un de mes chouchous.

FIRST CHOICE est un trio féminin originaire de Philadelphie. Après un premier single très orienté "Supremes" ("This is the house where love died"), leur premier véritable hit est "Armed and Extremely Dangerous" en 1973. Et pour cause, plusieurs membres du fameux MFSB apportent leur contribution à l'album éponyme. L'album "Delusions" sorti en 1977, reste cependant leur meilleure production avec des tubes comme "Let no man put asunder" et "Dr Love". Ce "Double Cross" figure sur leur pénultième album "Hold your horses" (1979) mais l'original ayant fait pâle figuration dans les charts, ce lifting de Tenaglia lui fait le plus grand bien.

5/ CLUBLAND "Love strain" : une co-production assez peu connue de Morales. Pour ce groupe, il avait déjà réalisé un extraordinaire remix de "Let's get busy" (1990).
J'imagine bien ce titre calibré pour le NRJ megamix de Dimitri qui semblait raffoler de ces accords de piano sautillants.

6/ CLUBLAND "Set me free" : 1992, les tubes s'enchaînent, c'est l'année du firmament pour ce groupe suédois. Ce titre a parfaitement assimilé l'esprit garage new-yorkais avec cette petite touche techno qui caractérise l'Europe. Vingt ans avant l'avènement de la Swedish House Mafia, la Suède était déjà une grande nation de la house music.

7/ SUB-URBAN SOUL "Domything" : nouvelle perle du label Sub-Urban crée par Tommy Musto et Victor Simonelli. Le groupe reste un mystère total. Quand les mixes ne portent pas de noms, les compositeurs et producteurs ne sont même pas cités sur la pochette !
En cette exceptionnelle année 1992, c'est l'un des titres qui m'a fait réaliser que le new-jersey garage était au zénith, 4 ans après sa naissance officielle avec Paul Simpson, Blaze ou Adeva. "Domything", un titre ensorcelant dû à la grande richesse de l'arrangement et au swing imparable des interprètes qui se répondent du tac au tac.

8/ SHAY JONES "When love calls", 9/ PARIS RED "Promises" et 10/ 49ERS "Got to be free" : triple hommage au plus discret de la "bande des 3" : Steve "silk" Hurley (le "silk" faisait référence à sa chevelure brillante et soigneusement entretenue), Maurice Joshua et donc Eric "E-Smoove" Miller avec 3 mixes très, très "happy".

11/ BOOTSY COLLINS "Party lick-a-ble's" : dans la famille "groove", je voudrais le funk de Bootsy Collins speedé par l'ancien HOUSEMARTINS, Norman Cook plus connu sous le nom de Fatboy Slim. Bootsy Collins est un vétéran du P-Funk; son premier single solo date de 1976 mais il est déjà bassiste de James Brown en 1970 sur "Sex Machine" !

12/ ARMAND VAN HELDEN "The funk phenomena" : c'est son admiration pour les mixes hard-house de Todd Terry qui fait entrer Van Helden dans la danse en 1992. Son côté "tribal" s'affirme sur "Witch Doktor" et "Zulu" (sous le pseudo de Circle Children) en 1994.
Il s'essaye bientôt à une forme de remixes quasi-instrumentaux, répétitifs et agressifs, sur des titres pop ou dance comme "Runaway" de REAL McCOY, "Spin Spin Sugar" de SNEAKER PIMPS, "Living in danger" de ACE OF BASE "Professionnal widow" de TORI AMOS ou "Sugar is sweeter" de CJ BOLLAND, inventant le speed garage.
En 1996, il explose au niveau mondial dans un registre funk inédit avec ce titre extrêmement groovy que j'aurai l'honneur de pouvoir jouer dans mon émission, les N° 1 Dance sur Skyrock.

13/ GROOVE ARMADA "Love sweet sound" : un excellent duo anglais dont l'éclectisme ne se dément pas. Seuls les "british" ont ce don de passer d'un style à l'autre sans perdre leur crédibilité.
GROOVE ARMADA se fit connaître avec des titres plutôt downtempo comme "At the river", "My friend", "Think twice" (avec Neneh Cherry), "Little by little" ou "Inside my mind" voire "big beat" avec "I see you baby".
En 2007, leur album "Soundboy Rock" sonne résolument house et contient notamment cette tuerie, "Love sweet sound". La version présentée dans ce set est brillamment remixée par Mark Knight mais je garde une préférence pour l'originale, plus "old school".

14/ De la house tonitruante signée du duo américain JOHNNY CORPORATE (alias 95 North) avec ce titre, "In the Pocket". C'est cependant le single "Sunday shoutin'" qui réalisera le cross-over en Europe.