vendredi 17 juillet 2009

N° 27 : Houzology (Def Mix Productions, Danny Tenaglia, Masters at Work, K.O.T.)

Set non disponible



Mon néologisme de la semaine, la "Houzology", ce qui pourrait caractériser l'attitude house dans son ensemble, sous toutes ses facettes. Voici donc un petit florilège.

1/ WAS (NOT WAS) "Listen like thieves" : "ah que je l'aime ! ah-que-je-l'aime-ce mor-ceau !" dirait Julien Lepers dans un élan d'histrionisme.
En 1992, les curieux - ceux qui écoutent les faces B des vynils - auront apprécié cette formidable reprise du tube de INXS remixé par Danny Tenaglia. La face A n'est autre que "Shake your head", largement diffusé dans la Skyrock Max Party.

2/ KEITH NUNNALLY "Seasons of love" : l'un de mes Top 10 des remixes de Steve Silk Hurley ! un titre qui respire la joie de vivre... absolument pas démodé près de 20 ans après sa sortie. Keith Nunally est le chanteur du premier tube de Hurley, "Music is the key" (1985).

3/ RUPAUL "Back to my roots" : Ce Jheri Curl Mix rend hommage à cette coupe de cheveux afro et bouclée qui faisait fureur chez les Blacks au début des années 80, Michael Jackson ou son frère Jermaine (photo) en ayant été de parfaits exemples. J'ai hâte que certains d'entre eux reviennent à ce look plutôt seyant. Je commence à en voir de manière épisodique dans le métro (la mort de Jackson va-t-elle relancer le style ??). Messieurs, je crois que la mode des crânes rasés a fait son temps.

4/ DAVID MORALES & THE BAD YARD CLUB "Gimme luv" : Ce Jackie 60 Experience Mix est un clin d'oeil à la soirée hebdomadaire nommée "Jackie 60" qui se tenait tous les mardis dans le quartier new-yorkais de Meatpacking District, l'ancien quartier des abattoirs de Manhattan (le long de l'Hudson River). J'ai d'ailleurs mangé en 1992 dans l'un des restaurants du quartier lors de mon 2ème séjour à New-York avec l'un des producteurs de JORDY, le financier du projet, un homme tout à fait respectable qui n'avait rien à voir avec le peu scrupuleux père de l'enfant prodige.

Ces soirées réservées aux gays exigeaient des tenues très codifiées, excentriques au possible, comme le montre ce petit document. Travestis et look fétichistes étaient les bienvenus alors que les vêtements portés par les hétéros de base étaient proscrits (costumes, cravates, polos de rugby et autres accoutrements jugés d'un conformisme total).

5/ LISA STANSFIELD "What did i do to you ?" : mix assez rare de David Morales, ce Anti Poll Tax Dub fait référence à un impôt voté en 1990 sous l'ère Thatcher (Poll Tax), un impôt locatif touchant toutes les personnes indépendamment de leurs revenus réels. La middle-class, particulièrement concernée, s'insurge et des émeutes auront lieu dans plusieurs quartiers de Londres dont Brixton. Elles seront en partie à l'origine de la chute du gouvernement conservateur en novembre 1990.
Pour en revenir au mix, j'y ai inclus l'accapella de "Your first time" by JASON JINX.

6/ ALISON LIMERICK "Where love lives" : un titre servi par de nombreuses et exceptionnelles versions dont ce Sound Factory Mix réalisé par Knuckles et Morales. Maintes fois diffusé dans le Skyrock Top Dance Megamix, je n'ai pas réussi à le propulser dans le haut du classement et le titre n'a jamais intéressé aucune radio musicale nationale. La France, pauvre pays, bonnet d'âne de l'Europe en matière de soulful house !

7/ DENI HINES "I like the way" : somptueuse production de Morales datant de 1997, un "all-time classic", assurément. Admirez la métamorphose du titre original, très convenu et calibré "mainstream". Encore une fois, les accords de substitution proposés par Morales sont judicieux voire géniaux. J'y ai inclus l'accapella de "I like it like that" par INNER LIFE.

8/ K.O.T. "I want you for myself" : les Kings Of Tomorrow (K.O.T.) le disputent en égotisme avec les Masters At Work dans le choix du pseudo mais, fort heureusement, le talent est au rendez-vous. Ce duo new-yorkais (a l'époque composé de Sandy Riviera et J. "Sinister" Sealee), prolifique mais peu reconnu dans son propre pays, a toujours offert des productions de pur garage portées par de puissantes voix gospel comme ici celle de Julie McKnight (qu'on retrouve aussi sur "Finally" et sur le "Diamond Life" de Louie Vega sorti en 2002). Le titre reprend partiellement le très classe (et "garage-style" avant l'heure) "I want you for myself" de GEORGE DUKE (1979).

9/ SANDY B "Make the world go round" : une version garage de Stonebridge, l'original plutôt "progressive house"ayant été un hymne historique d'Ibiza en 1996.

10/ UPTOWN EXPRESS feat. Richie Jones & Pepper Mashay "Not much heaven" : un "one shot" du label AZULI datant de 1997. Le morceau figure sur la mythique compilation "Ministry of Sound sessions 8" concoctée par Todd Terry et qu'il faut impérativement se procurer en quintuple pack non-mixé.

11/ SOLE FUSION "We can make it" : l'époque bénie où les Masters at Work nous bombardaient chaque semaine de remixes généralement fabuleux. Au magasin Champs-Disques, toute mon attention devait être retenue pour ne rien rater des pièces de la si féconde paire de remixeurs. Peu ont échappé à mes griffes avides d'underground house et je les ai largement programmé dans mes Skyrock Top Dance Megamixes.

12/ NENEH CHERRY "Buddy X" : "double priority" pour les Masters avec un autre chef-d'oeuvre, dark et undergound. Dommage que Louie Vega ait définitivement abandonné ce style au profit de la seule musique latino.

vendredi 10 juillet 2009

N° 26 : From light into shade (Stonebridge, Top Dance Megamix classics, Todd Terry, Clivillés & Cole)


Set non disponible

1/ FONDA RAE "Tuch me" et 2/ CATHY DENNIS "Touch me (all night long)" : Patrick Adams est un producteur-arrangeur-compositeur qui compte parmi les plus raffinés de la vague disco.
A la fin des années 70, il est à l'origine des tubes du groupe MUSIQUE (In the bush et Keep on jumping) et de PHREEK (Weekend), son chef d'oeuvre restant certainement la fabuleuse reprise par INNER LIFE du titre de MARVIN GAYE, "Ain't no mountain high enough". En 1984, il signe ce titre de FONDA RAE à l'intro gospelisante puis subit l'éclipse après l'excellent "Thinking of you" de SKIPWORTH & TURNER (1985).

Après des débuts tonitruants sous les auspices du producteur D MOB avec "C'mon and get my love" (N°1 du Dance chart US en 1989), "That's the way of the world" (l'épique remix de Morales) et, dans une moindre mesure, "Just another dream", Cathy Dennis s'attaque avec brio au monument de Fonda Rae en 1991. Un titre que j'ai joué sous de nombreuses versions dans mon Top Dance Megamix et qui connut une carrière assez brillante en club.
A noter une facette tout aussi glorieuse de la chanteuse : son palmarès en tant que compositeur de 3 tubes pop planétaires :
  • "Can't get you out of my head" de KYLIE MINOGUE
  • "Toxic" de BRITNEY SPEARS
  • "I kissed a girl" de KATY PERRY
de quoi imposer le respect !

3/ CLUBLAND "Hold on (tighter to love)" : encore un habitué du Top Dance Megamix. La version de Steve Silk Hurley fut plébiscitée par les DJ's français mais ce mix à l'atmosphère grave signé E-Smoove est tout aussi intéressant.

4/ BODY 2 BODY "Let's get intimate" : une production méconnue de Steve Hurley que j'ai joué plusieurs fois dans la Max Party et mes megamixes de l'époque. Ce BODY 2 BODY est, en fait, un "one shot" où le duo Chantay Savage-Donnell Rush donne le meilleur pour ce grand moment de happy house. Avec son vibrato magique, le preset "organ" du Casio CZ-101 que l'on entend ici (l'un des seuls presets valables de ce synthé) a marqué l'histoire de la house du début des années 90.

5/ JANET JACKSON "Together again" : un mix de Tony Humphries qui se termine par un solo d'orgue HAMMOND éternellement jouissif !!!
Un heureux hasard a voulu que je trouve le mash-up harmoniquement parfait en y ajoutant l'accapella de "To be in love" de INDIA.

6/ GEE MORRIS "It's in your smile" : une belle production signée des suédois STONEBRIDGE et Nick Nice. Autant la carrière solo de Gee Morris se résume à ce single, autant elle aura marqué les esprits en tant que lead vocal du groupe INNOCENCE et ses tubes plutôt aériens : "Let's push it", "Remember the day", "Natural thing" et "Silent voice".

7/ ANN CONSUELO "Do it for love" : le label SCORPIO, pourtant peu porté sur la soulful house au profit de la techno belge et des "italieneries" qui pullulaient à l'époque, avait surpris en sortant le single d'ANN CONSUELO, "See the day", produit par STONEBRIDGE. "Do it for love" est un "follow-up" un peu moins commercial mais néanmoins brillant. Il ne fut pas signé en France.

8/ PAMELA FERNANDEZ "Kickin' in the beat" : ce fut l'un des titres que Laurent Garnier apporta en signature au label créé par la FNAC et dirigé par Eric Morand, Fnac Music Dance Division. Il fondèrent ensemble le label F Communications en 1994 avec le succès que l'on sait. Remixé par Todd Terry, ce "Kickin' in the beat" est de la pure house new-yorkaise sortie initialement sur l'incontournable label Cutting Records (Hashim, Nitro Deluxe, Two in a Room, Masters at Work...).

Une entrée dans le royaume de l'underground, un lent passage de la lumière à l'obscurité.

9/ DARRYL JAMES/DAVE ANTHONY PROJECT "It's getting bigger" : en 1992, Todd Terry fonde son label, Freeze Records. Ce titre très sombre est extrait de l'album "Project 1" de Darryl James et Dave Anthony et fait suite à la sortie de leur tube "You make me happy", l'année précédente.

10/ TODD TERRY-THE UNRELEASED PROJECT "When you hold me" : on ne compte plus les "unrelased mixes" de Todd Terry ; sur ce point on se ressemble un peu !! (il faudra que je songe à sortir un album en bootleg). Vous devinez d'où vient l'inspiration principale de ce titre et je crois entendre également un sample de D-Train (You're the one for me).

11/ CLIVILLES & COLE "Pride (a deeper love)" : un single en forme d'apothéose pour le ce duo au destin bientôt funeste. L'original est une reprise du groupe U2 mais Clivillès & Cole ont l'intelligence de remanier le titre avec une nouvelle mélodie et de nouveaux textes et de l'inclure sur le maxi et c'est ce le mix-fleuve de 12'18" qui "emportera le morceau" ! Petit bémol, la chanteuse Deborah Cooper n'est pas mentionnée sur la pochette (une sale manie chez ce duo de producteurs un peu égotistes).

12/ THE S.O.U.L. SYSTEM "It's gonna be a lovely day" : un alias de Clivillés & Cole qui leur permit de se glisser sur la B.O.F. du film "The Bodyguard" (W. Houston, K. Costner). L'original, très funky, est une excellente reprise du titre de BILL WITHERS sorti en 1977 (et remixé par Ben Liebrand en 1988). Il atteignit la place N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play. A noter la performance vocale de Michelle Visage (ex-chanteuse des groupes SEDUCTION et TKA).

13/ EL BARRIO "In charge" : profitant de l'aubaine, les covers se multiplient. Ce titre crédite toujours David Cole mais son producteur, Eddie Arroyo, s'invite à la fête. La ligne de basse est légèrement remaniée et un gimmick de sax créé sur le sample.

14/ SHANNA "Do me boy" : lorsque des producteurs vous narrent les anecdotes insensées qui marquent la genèse de leurs tubes, vous avez souvent peine à y croire. Et pourtant, l'histoire de la musique est truffée de ces petites histoires où le hasard joue le Grand Ordinateur.
Cette production que nous avions signée sur le nouveau label dance de BMG, NN'B, et qui atteignit le top 5 du Skyrock Top Dance n'aurait jamais dû connaître un tel succès (signé dans plusieurs pays européens avec notamment des remixes italiens).

A l'origine, mon collègue Pascal Henninot avait eu l'idée de remixer le titre de Vanessa Paradis, "Gotta Have It". La technique de mixage "à l'ancienne" utilisée par Lenny Kravitz permettait d'isoler la voix en ne samplant que l'un des canaux stéréo (comme sur les premiers disques des Beatles). Nous avions donc sorti une version happy house de ce titre qui fut vite interdite par Kravitz himself. Cela ne m'empêcha pas un petit pied de nez en diffusant le bootleg sur Skyrock.

C'est alors que nous fûmes approché par un obscur producteur, Ralphy Abitbol (dit Ralphy Corbyn) qui nous proposa de faire rechanter le titre par l'une de ses pouliches, une certaine Shanna Wilkerson. L'arrangement instrumental réalisé sur Vanessa Paradis faisant très bien l'affaire, une session fut réservée dans un petit studio d'enregistrement de La Plaine-St-Denis. Il suffisait alors de placer la voix de Shanna sur la bande... et de dompter son caractère légèrement impétueux.

Pour un producteur qui effectue une reprise, la règle de base est de réaliser une composition originale en face B afin de récolter la moitié des droits de pressage des ventes de disques générées par la face A, supposée être un tube. C'est pourquoi nous avions construit en toute hâte un instrumental assez convenu, très influencé par les productions C & C Music Factory et sur lequel nous avions troussé une mélodie.

Une fois l'enregistrement des voix de "Gotta Have it" achevé, la cerise sur le gâteau était donc de laisser la chanteuse improviser un texte sur notre mélodie instrumentale. Je ne sais par quelle sorte de magie, mais le résultat de cette expérience fut au-delà de nos espérances bien que restant une modeste face B intitulée "Do me boy".

500 copies furent envoyées dans les clubs français. Un mix très deep underground "façon MURK" fut également réalisé pour l'occasion : le Deeper Than U Can Mix. J'en suis encore aujourd'hui assez fier malgré le poids des années.

Entre temps, l'actualité musicale nous avait réservé une bien mauvaise surprise. Le label Dance Pool venait de sortir une reprise de la même chanson par Paris Red. Une autre équipe avait ainsi "flairé le bon coup" et notre idée était quasiment tuée dans l'oeuf.

Logiquement, ayant déjà reçu une version, les DJ's ne s'intéressèrent pas à la notre mais les plus curieux eurent l'idée d'écouter la face B, de la jouer et de créer le buzz.


C'est ainsi que le label NN'B dirigé par Nanou Lamblin proposa de signer et de sortir ce "Do me boy" en tant que titre unique sur un maxi.
Miracle, l'engouement fut tel que ce modeste titre garage underground finit dans les 5 premiers du Skyrock Top Dance !

Je pense que nous avons été la première équipe française, bien avant les Bob Sinclar et autres artistes de la "french touch", à avoir connu le succès avec un style musical inédit en France et totalement inspiré de la culture américaine. Signé en Allemagne et en Italie, le titre fut l'objet de remixes assez médiocres de Fathers Of Sound sur le label D-Vision.

15/ ALEX PARTY "Read my lips" : final avec un grand classique house du label Cleveland City.

jeudi 2 juillet 2009

N° 25 : Cool and Funky (CJ Mackintosh, Jocelyn Brown, Skydance classics, More Protein hits...)

Set non disponible




1/ SWV "Right here" (Human Nature Extended Mix) : petit hommage fortuit à Michael Jackson (le set est programmé de longue date) à travers cet excellent titre R'n'B.

En 1979, le premier album solo de Jackson sur EPIC crée la sensation. Produit par l'orfèvre Quincy Jones, chaque titre qui compose ce "Off the Wall" est un joyau. Alors que les albums des groupes disco et funk de l'époque contiennent généralement 2 ou 3 titres vraiment intéressants, celui-là fait exception, quelques pointures (Stevie Wonder, Rod Temperton) ayant apporté leur contribution. Il reste, à mon goût, le meilleur album de Jackson.

En 1982, "Thriller" conserve une étiquette "club" mais, tout comme l'artiste, perd peu à peu son authenticité black au profit d'une couleur pop plus consensuelle. Il reste, bien entendu, un monument, mais le virage est pris. Aucun véritable remix club n'est envisagé (mis à part des "extended" pour "Billy Jean" et très partiellement pour "Wanna be starting something"), les versions originales s'imposant d'elles-mêmes. Jackson et ses chansons deviennent universelles.

L'album "Bad", très électronique, surutilisant les boites à rythmes, me déçoit légèrement à sa sortie en 1987 mais je ferai l'effort de l'acheter quand même. On est hélas bien loin du swing imparable du premier album.

"Dangerous", très marqué new-jack n'aura d'intérêt pour moi qu'au travers des fabuleux remixes dont il a bénéficié ("In the closet", "Remember the time" et "Black or white").

Une passion qui alla donc decrescendo pour cette icône que je considère néanmoins comme un artiste majeur du 20ème siècle.

2/ EVE GALLAGHER "Love is a matter of disguise" : une production du label de Boy George (ex- Culture Club), More Protein. Sous la même bannière, à noter JAGDEEP SINGH et Boy George lui-même sous le pseudo de JESUS LOVES YOU avec le tube "Generations of love".

3/ SOUL II SOUL "Keep on movin'" : un dub de la version originale réalisé par deux producteurs totalement inconnus. C'est véritablement ce 3ème extrait de l'album "Club Classics Vol. 1" qui lança la carrière du groupe, bientôt suivi de l'excellent "Back to life", morceau très joué par RLP dans son Skydance Megamix. en 1989, SOUL II SOUL représenta un havre de groove dans une jungle d'acid-house et de belgian beat lourdingue.

4/ LA MIX "We shouldn't hold hands in the dark" : production classieuse de LES ADAMS - un remixer attitré du Disco Mix Club - avec Juliet Roberts et un certain Leslie George aux vocaux.

5/ JAGDEEP SINGH "Who's gonna love you?" : le fleuron du label More Protein est remixé par l'obscur I-Sus AD plus connu sous le pseudo AMOS (Let love shine). Une copie parfaite d'un mix qu'aurait pu rendre un Knuckles ou un Morales.

6/ NELSON "FFWD" CRUZ "You've got that touch" : un titre encore découvert sur cette sublime radio MAXXIMUM. Un "one hit wonder" américain signé en France sur Carrère et qui a connu un certain succès en club.

7/ GEORGE MICHAEL "Too funky" : surjoué dans la Max Party en 1992, un single qui annonçait un retour très clubby pour l'ex-Wham! après le parfait "I want your sex" en 1989.

8/ GURU "No time to play" : C.J mackintosh a livré deux merveilles de mixes pour Guru : "Trust me" et ce titre, "No time to play". C'est l'ex-chanteuse black de STYLE COUNCIL, la très craquante D. C. Lee, qui assure. Elle semble désormais rangée des voitures et sa page Myspace est à l'abandon. Elle fait partie de ces artistes qu'on a dû inciter coûte que coûte à figurer sur ce site, même sans actu.

9/ YASMIN "I wanna dance with you" : un titre que j'ai poussé, poussé, poussé de toute mes forces dans le Top Dance Megamix. Encore une fois remixé par le master CJ Mackintosh, il atteignit péniblement la 20ème place du classement !!! C'est bien la peine de se décarcasser pour un tel résultat !

10/ FUN FACTORY "Celebration" : un groupe d'Eurodance allemand remixé ici par Mousse T. L'original est tellement putassier qu'on remercie chaleureusement notre "turkish maestro" pour ce traitement hyper funky sans lequel le vynil aurait finit directement dans ma poubelle.

11/ JOCELYN BROWN "Somebody Else's Guy" : pour son "Too Funky", notre ami George Michael ne se serait-il pas inspiré du gimmick de l'original de ce titre, par hasard ?

12/ MAI TAI "History" : un trio féminin hollandais dont ce seul véritable hit franchira allègrement l'Atlantique après un Top 10 en Angleterre.

13/ PEBBLES "Take your time" : une ex-bombe sexuelle reconvertie dans le Christianisme sous le nom de Sister Perri. Outre ce titre, "Giving You the Benefit" et "Mercedes Boy" sont d'autres perles qui méritent de prêter une oreille très attentive. Un electro-funk qui atteint des sommets d'élégance.

14/ BOBBY BROWN "On our own" : ex-membre du groupe New Edition, il fut l'auteur de nombreux hits : My Prerogative (repris par Britney Spears), "Don't Be Cruel" (un SkyDance Classic), "Every Little Step", "Two can play that game" et "Humpin' around". "On our own" est la B.O.F. du film Ghostbusters II.

vendredi 26 juin 2009

N° 24 : Mixing the decades (Full Intention, Inner Life, Jazzy Dee, MFSB, Morales mixes, Freemasons...)

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Un set qui parcourt 3 décennies de musique club au travers de titres originaux ou samplés et de nouveautés.

1/ ULTRA NATE "Free" : l'original a été ultra-rabâché, il n'était pas question de le présenter dans ce set. Je me suis intéressé au mix des anglais de FULL INTENTION, spécialistes du mélange des décennies avec leur premier concept, HUSTLERS CONVENTION. Ultra Naté, chanteuse originaire de Baltimore (USA), connut quelques succès mineurs (Rejoicing, Deeper Love, Joy). En 1995, la base instrumentale du Fire Island Mix de son single How long inspira largement ses créateurs, Farley & Heller, pour réaliser leur fameux Ultra Flava. Puis vint cet énorme cross-over radio de l'année 1997, fruit de l'expertise des Mood II Swing. En France, c'est Happy Music qui rafla la mise. Les follow-ups de ce single retentissant furent plutôt décevants (Found a cure, Pressure et dans une moindre mesure New kind of Medicine) et ULTRA NATE disparut...doucement.

2/ FREEMASONS "Watchin'" : La voix exceptionnelle d'Amanda Wilson et la mélodie irréprochable font de ce titre un "must" incontournable ! C'est le follow-up réussi de Love on your mind. A noter en 2008 sa reprise intéressante du Disco's Revenge de GUSTO, lui même inspiré du Groovin' you de HARVEY MASON (1979).
J'en fait un mash-up avec l'accapella du Jingo de CANDIDO (1979).

3/ CAPRICCIO "Everybody get up" : reprise du classique funky de JAZZY DEE (Get on up-1983), le mix de Jazz-n-Groove est construit sur la base instrumentale de K-Jee de MFSB (1975), une fois de plus !!! Je ne sais pas s'il y a eu gimmick plus samplé que celui-ci.

4/ MARY J BLIGE "Be without you" : remarquable mutation house d'un titre R'n'B par le duo londonien Bobby Blanco et Mike Moto. Petit mash-up avec l'accapella de Bad Habit de ONEPHATDEEVA

5/, 6/ et 7/ "Ain't no mountain high enough" : 3 variations autour du titre composé par Ashford & Simpson. Avec "You are somebody", FULL INTENTION reprend le riff de violons de l'original et fait rechanter le refrain du I am Somebody de GLENN JONES (1983).

INNER LIFE "Ain't no mountain high enough" (The Garage Version) : c'est la version mythique sortie en 1981. Le break au clavecin et le lent retour de toutes les pistes vers l'apothéose finale resteront gravés à jamais dans les souvenirs de mes soirées Palace. Le DJ éteignait alors l'ensemble des spots, plongeant la piste dans une pénombre totalement envoûtante, chacun redécouvrant son espace grâce à une puissante lumière noire. Pour l'anecdote, j'avais acheté un premier vynil (pourtant estampillé Salsoul) de ce titre à Champs-Disques et, comble de l'horreur, ce fameux break avait été supprimé !!!
J'étais retourné furieux au magasin la semaine suivante afin de réclamer la version mixée par Larry Levan et entendue au Palace. Le vendeur n'a jamais compris l'intérêt que je portait à ce détail de break (alors qu'il représentait le point culminant du mix) et m'a fait l'échange en râlant. Il faut dire que ce vendeur américain était particulièrement antipathique et qu'il n'avait rien à faire derrière un comptoir. C'est vraiment parce que Champs-Disques était incontournable que le patron pouvait se permettre de garder un employé capable d'envoyer promener des clients fidèles et plutôt généreux dans leurs achats.

JOCELYN BROWN "Ain't no mountain high enough" : cette reprise par la "lead singer" originale du groupe INNER LIFE est produite par David Morales (1998).

8/ SEX-O-SONIQUE "I thought it was you" : le sample provient du titre de HERBIE HANCOCK (1978) et l'on retrouve encore ces satanés FULL INTENTION derrière ce "one shot".

9/ DADDY'S FAVOURITE "I feel good things for you" : le remix d'Alan Braxe utilise notamment un bout de sample (les cuivres + "i'm the one !") de I'll do anything for you de DENROY MORGAN (1981), un classique du Patch Club, mais le sample vocal principal ne semble pas avoir été identifié pour l"instant par les spécialistes house sur la Toile.
Concernant la loop, elle provient du break de "Wikka Wrap" de THE EVASIONS.

10/ BARBARA TUCKER "Everybody dance (The horn song)" : cette version plutôt classe a été réalisée par Club Asylum, deux obscurs anglais qui ont sorti en 2001 un remix assez contestable du Street Life des CRUSADERS sous le pseudo de STREET A.

11/ PHOTEK "Mine to give" : 2000, année du dernier grand remix de David Morales ?? on a l'impression que les pistes utilisées pour sa version de Discotheque de U2 sont restées en place sur la table de mixage depuis 1997. L'ambiance est absolument magique, comme d'habitude. Vite Dave, revient à tes premières amours !

12/ U2 "Discothèque" : un Def Mix assez testamentaire du Boss... de quoi alimenter la Fontaine des Regrets. La voix de Bono est portée par des nappes et des accords majestueux et le final à la flute nous embarque définitivement. Une basse qui sort du mix, un subtil mélange de hard house et de early garage "à la Whistle Song"... du grand art. Et merci à Bono pour son ouverture d'esprit.

vendredi 19 juin 2009

N° 23 : De Carey's Touch (Mousse T., Love to Infinity, Lisa Stansfield, Gospel)

Set non disponible



En avant-propos, je précise que je n'ai rien à voir avec le DJ Bertrand alias Bertrand Marcilhacy qui a officié à la Techno Parade de 1998. Il y a méprise sur quelques sites ou forums.
Malheureusement, les deux pseudos cohabitent sur le web alors que nous sommes issus d'univers complètement différents. J'ai pu rectifier les infos sur Discogs mais je lis encore des messages qui glorifient ma prestation imaginaire à cette fameuse parade.


Ce set inaugure l'introduction de mes productions inédites. J'en ai quelques-unes à vous faire découvrir d'ici l'année prochaine. Mon pseudo de producteur, B. de Carey, a été choisi lors de la sortie du remix du premier single d'Abyale, son producteur souhaitant (à juste titre) que je choisisse un nom qui sonne plus américain.
Par contre, à Skyrock, le Directeur des Programmes ne s'était pas embarrassé de fioritures et avait décidé qu'on m'appellerait simplement DJ Bertrand, mon vrai prénom.


1/ LISA STANSFIELD "Set your loving free" : subjugué par le tour de passe-passe de Maurice Joshua sur Set your loving free dans son set mythique pour la Max Party, j'avais ré-édité le titre de Lisa Stansfield, ne gardant que les passages les plus grandioses. Ce remix est pour moi l'un des 10 meilleurs des Masters at Work.

2/ LITTLE LOUIE & MARC ANTHONY "Ride on the rhythm" : un titre de 1991 qui réunit une belle brochette de killers (Doug Lazy au rap, les Basement Boys au piano, Marc Anthony aux vocaux, les Masters at Work + Todd Terry au mix). Marc Anthony, porto-ricain d'origine, bifurquera bientôt vers la salsa où il caressera enfin les trompettes de la renommée avant d'épouser Jennifer Lopez en 2004.

Un set qui réservera la part belle à Mousse T., un producteur allemand qui réussit l'alliage entre funk et house.

3/ RANDY CRAWFORD "Give me the night" : cette année 1995 marque l'avènement ultra-rapide de Mousse T. grâce à une série de tubes planétaires : RUFFNECK Everybody be somebody - BOOOM! Keep pushing - QUINCY JONES Stomp et cette reprise de George Benson par l'ex-chanteuse du groupe THE CRUSADERS, Randy Crawford. La version Chill vaut aussi le détour. Sa performance vocale la plus remarquable reste le mythique Street Life, une mélodie caractérisée par des montées successives, sommets himalayens quasi-infranchissables. Vous ne risquez pas de l'entendre interprétée par une élève de la Star Academy, ça serait le dévissage assuré !

4/ SNAP "Mary had a little boy" : la "Midas Touch" de David Morales ! il transforme une gentillette chanson pop en une symphonie digne du Paradise Garage avec ce Maestro Mix à la dénomination tout à fait légitime. Eric Kupper parachève l'œuvre grâce à un jeu de piano flamboyant. Avec Satoshi Tomiie, il est pour beaucoup dans le succès des remixes estampillés Def Mix Productions car Knuckles et Morales n'auraient jamais pu mettre la barre aussi haute, n'étant pas des musiciens de formation. Comme toujours, seules les équipes sont gagnantes dans la musique. Si des aventuriers solitaires réussissent, on peut alors les qualifier de génies. Il y en a eu, peu. Stevie Wonder et Prince sont de ceux-là.

5/ SATOSHI TOMIIE "And i loved you" : l'une des 7 merveilles du monde garage ! Arnold Jarvis au chant, Satoshi Tomiie au piano, Knuckles au mix... laissez le charme agir.

6/ DAPHNE "When you love someone" : déjà programmé au mois de mars. Vous me pardonnerez ce doublon involontaire. Un vynil à l'ambiance jazz-lounge tout à fait délicieuse qui méritait de revenir sur mes platines.

7/ ANN NESBY "Can i get a witness" : un mix de Mousse T. de 1996 qui délaisse les claps des boîtes à rythme pour la douceur de la peau naturelle des snare drums. Seul le snap ou le rimshot arrivent à se faire discrètement entendre en superposition. Cette marque de fabrique va progressivement séduire les remixeurs soulful de la planète entière. Le clap de la TR-909 est donc mis au rencard définitivement après une dizaine d'années de bons et loyaux services. Et Ann Nesby dans tout cela ? ça n'est autre que l'ex-chanteuse de SOUNDS OF BLACKNESS, véritable diva du gospel.

8/ BYRON STINGILY "Sing a song" : on ne quitte pas l'univers de Mousse T. Une ligne de basse roulante totalement inspirée du Dance, Dance, Dance du groupe CHIC, bel hommage. Byron Stingily est l'ex-lead vocal du groupe TEN CITY. Une voix de falsetto dans la lignée du grand Sylvester. Et Mousse T. se pose là en grand successeur de Steve Hurley dans le domaine de la happy house ; serait-ce le titre de la passation de pouvoir ?

9/ THE GOSPEL PROJECT feat. Sébastien "Le gospel est là" : juin 1998 ; le duo Henninot-De Carey est mort. Je me retrouve seul à produire ce premier single qui doit représenter une idée innovante dans le domaine de la dance music française. Charlie Idounda, éditeur chez Universal Music, est chaud bouillant et très impliqué dans le concept. Il nous a mis en contact avec un certain Obam, excellent coach vocal d'une chorale de la région parisienne et nous avons enregistré toutes les voix dans un grand studio de la Plaine Saint-Denis.
Mais voilà, lorsqu'il prend connaissance de la situation, l'enthousiasme des débuts s'effondre subitement. Ce De Carey va t-il réussir seul à finaliser le single ? Habitué à travailler en binôme depuis les débuts, je me pose la question. Idounda, lui, semble réellement perplexe et me le montre bien.
Je réalise plusieurs versions vocales et lui remet les bandes pour qu'il puisse démarcher les maisons de disque. Pendant ce temps, je décide de réaliser un dub à ma façon en utilisant une impro réalisée par l'un des chanteurs de la chorale, un certain Sébastien.
En effet, j'avais demandé à chaque membre d'improviser pendant 5 ou 6 minutes sur la maquette de l'instrumental original à l'issue de la session studio.
Et la voix de ce Sébastien de me scotcher totalement et de m'inspirer au plus haut point. Oui, je tiens là mon "Double Dee" ou mon "Joe Roberts" français et j'ai toute la matière pour réaliser un dub garage qui ressemblera à tout ce que j'aime dans la soulful house.

Hélas, avec un Charlie totalement démotivé, aucune signature n'interviendra et le projet mourra en l'état.
En juin 1999, près d'un an plus tard, coup de théâtre. Alors que j'ai tout laissé tomber et que je suis entré dans l'univers du web, Charlie m'appelle pour m'annoncer que Jane Fostin est intéressée pour reprendre le titre sur son album et qu'il serait souhaitable que je vende la bande afin qu'elle utilise les choeurs de la chorale gospel sur le mix.
Ainsi finit ce beau projet. Moyennant quelques milliers de francs, il se retrouva de manière totalement anonyme sur un album qui ne vendra finalement... que des clopinettes.

Reste ce dub que je vous présente ici sous le nom maladroit de THE GOSPEL PROJECT (à quoi bon donner un nom à un concept mort-né).

10/ JUDY CHEEKS "Just as long as you're good to me" : elle avait réalisé un top 10 en 1978 avec le titre Mellow lovin', tout ce que je déteste dans le disco, une sorte de "Abba-like", le talent en moins. En 1994, elle revient en force avec Reach (remixé par Brothers In Rhythm) puis, l'année suivante, avec Respect et ce titre Just as long as you're good to me produit par Love to Infinity.

11/ ADEVA "I thank you" : une double priority pour le duo de producteurs mancunéens. Excellente inspiration sur ce classique garage d'Adeva datant de 1989 et qui avait alimenté les grandes heures du Skydance.

12/ Autre figure de la "early house", YAZZ, chanteuse pour Coldcut (Doctor in the House) ou pour son propre groupe (Stand up for your love rights).
Le come-back en 1995 est fugace mais le talent de Roger S fait la différence sur ce mix de "Have Mercy".

vendredi 12 juin 2009

N° 21 : Paradisiacal Garage (Peter Rauhofer, Deep Dish, Def Mix productions, Basement Boys)

Set non disponible






1/ FRANKIE KNUCKLES presents SATOSHI TOMIIE "Tears" : c'est à ses débuts que la musique garage s'est montrée la plus aérienne. Dès 1989, la féerie déferle sur l'univers acide de la house : That's the way of the world de D-MOB, What about this love de Mr Fingers, bien sûr, mais aussi And i loved you et ce fabuleux Tears, deux titres se positionnant comme la rampe de lancement de la carrière du clavier Satoshi Tomiie. Le label français Barclay détenait ces pépites entres ses mains (via le label FFRR) mais hélas aucun chercheur d'or ne répondit à l'appel.

2/ DEEP DISH feat. Tracey Thorn "The Future of the future (Stay gold)" : ce titre, à l'origine instrumental, était troussé par un duo américain d'origine iranienne, Deep Dish (Ali "Dubfire" Shirazinia et Sharam Tayebi). En 1995, leur album-compilation Penetrate Deeper révèle cette deep-house subtile qui vient se poser comme un pétale dans l'univers du clubbing. Cela fait déjà 2 ans que, depuis leur fief de Washington, ils distillent des instrumentaux glamour qui allient rythmiques percutantes et ambiances vaporeuses.
1996 est l'année de la "consécration" en France puisque Max de Fun Radio joue ce Stay Gold dans son émission du soir ! Skyrock fait la sourde oreille.
Le succès restant modeste comme pour la plupart des instrumentaux, le titre ressort deux ans plus tard enjolivé par la voix de Tracey Thorn du groupe EVERYTHING BUT THE GIRL et donne l'impulsion nécessaire au lancement d'un album très ambitieux et éclectique, Junk Science. Le titre intègrera le Top 10 des charts anglais en septembre 1998.

3/ THOSE GUYS "Tonite" : un titre-fleuve de 11'15" présenté en nouveauté dans le Skyrock Top Dance en 1991 !! Derrière ces "guys" se cachent les Basement Boys. Ils samplent ici la fin de l'accapella de Mr Right par ELEANOR MILLS pour ce pur titre de New-Jersey garage. Le Shelter et le Zanzibar s'emparèrent immédiatement de ce titre. Quelques mois plus tard, ils réalisaient le tube parfait : Gypsy woman.

4/ MICHELLE AYERS "Respect" : signé en France chez Happy Music, le titre fut un flop monumental puisque les DJ's n'avaient rien capté de ce genre musical. Je pense que nous l'avons cependant présenté en nouveauté dans le Skyrock Top Dance. J'en fait ici un super mash-up avec l'accapella de Same man par TILL WEST et de At night par SHAKEDOWN.

5/ JOE ROBERTS "Back in my life" : aurait-on affaire là à un classique panthéonisé de Morales ? Bien sûr que oui. Un grand oui, même ! Un vynil qui ne risque pas de finir dans l'armoire tellement l'alchimie est parfaite. Jamais un chanteur pop n'a bénéficié d'autant de soin et d'attentions dans la confection de ses remixes. Sans doute que cette voix est une source d'inspiration forte pour le remixeur qui a la charge d'en tirer la substantifique moelle.

6/ WATERGATE "Lonely winter" : voilà justement un titre emblématique du début de la carrière des Deep Dish. Je le mixe avec la voix de Kim Cooper tirée du So sexy de JAMIE LEWIS & DJ PIPPI.

7/ ROSIE GAINES "Closer than close" : l'un des rares titres garage (avec See the day de Ann Consuelo) signé pour la France par le label Scorpio, qui réalisait là un de ses meilleurs coups. Un titre à la mélodie nerveuse, ternaire à souhait et au final scatté. Au total, plus de 8 millions d'exemplaires vendus à travers le monde.

8/ SIMA "Give you myself" : découvert dans une version tordue dans l'un des sets réalisés par Eric Candy pour la Max Party en 1993. Ce Club Mix me paraît bien plus sexy pour les oreilles. Encore une production garage italienne bien léchée. Le label Airplay l'avait signé pour la France sans que le titre reçoive un accueil triomphal... mais vous deviez vous en douter !! Sima était également la voix du tube Sexitivity de M.C.J. sorti sur le même label en 1991 et que j'avais largement joué dans mes Skyrock Top Dance megamixes.

9/ 49ers "The Message" : un titre multi-remixé, notamment par les Masters at Work. Ce Gradualswingroundub Mix est flamboyant, complexe, encore une production garage italienne tout à fait remarquable. Chapeau bas, Mr Bortolotti !

10/ LOOP TRICK feat. Maria "Beat Freak" : sans doute d'origine japonaise, ce fut l'un des titres préférés de Dimitri dans ses NRJ megamixes - le pays ne lui était pas inconnu. Il atterrit, on ne sait comment, entre les mains expertes de Blaze mais je vous présente ici la version originale très easy listening. Mr Pompougnac aurait adoré programmer ça à l'Hotel Costes.

11/ LIL' LOUIS "Saved my life" : Manu Katché dirait "C'est du lourd !". Ce Vintage Mix fut très agaçant à enchaîner à cause de la manie des Masters at Work à varier le tempo à chaque mesure à l'époque.

12/ CLUB 69 "Let me be your underwear" : très joué dans la Skyrock Max Party. Un groupe au pseudo limite ringard mais un titre efficace destiné au public que l'on devine. C'est Peter Rauhofer, le producteur de Danube Dance, qui est derrière ce concept. Kim Cooper assure les vocaux avec le sex-appeal habituel. Le titre a relativement bien fonctionné dans les clubs français sans pour autant déchaîner les passions.

13/ Final évident avec le tube de ce producteur autrichien, DANUBE DANCE feat. Kim Cooper "Unique" : Max et moi s'étions emparés de ce titre pour notre émission et il fut réellement plébiscité par les DJ's français auquels, pour une fois, on peut adresser un satisfecit. Un véritable hymne "disco revival" avec une basse sourde au groove hypnotique.

lundi 1 juin 2009

N° 22 : Patch Club All-Stars (Stephanie Mills, Sharon Redd, Serge Ponsar, Steve Arrington...)


Set non disponible





L'heure est venue de rendre hommage à ce club, terreau de ma culture musicale.

Le Patch Club était situé sur les bords de Marne, à La Varenne Saint-Hilaire dans le Val de Marne.
Il est né avec la disco et a disparu avant l'émergence de la house music, en 1986.

Entreprise familiale tenue d'un main de fer, l'entrée au club se faisait généralement par cooptation et le filtrage était impitoyable. La tenue devait être soignée et le port de baskets était proscrit.

C'est sans nul doute la première discothèque française à avoir joué exclusivement des titres funk américains en import. Le fournisseur était le magasin Champs-Disques situé sur les Champs-Elysées.
Eddy, le patron, était un personnage haut en couleur, très marqué par le mode de vie américain et campé sur des convictions profondes en matière de musique. La légende veut que, devant l'insistance d'un vendeur à lui faire acheter le Rockcollection de Laurent Voulzy, il ait accepté pour casser immédiatement le vynil devant ses yeux médusés !!!

Le Patch Club refusa toujours de figurer dans les fichiers des promos clubs des maisons de disques, préférant cette totale liberté qui permet une audace absolue en matière de programmation. Il est clair que lorsque des titres disco-funk passaient dans le Hit des Clubs RTL de Bernard Schu, il y a belle lurette qu'on ne les jouait plus au Patch Club.

Le lieu exigu (environ 300 personnes maximum) permettait de trier sur le volet ces clients venant de toute la région parisienne pour entendre ce que personne ne jouait ailleurs.

Sanctuaire de l'authentique musique black, la clientèle y était pourtant exclusivement blanche. Je n'ai jamais connu que 2 blacks, clients familiers du boss, qui "faisaient le show" avec talent sur la piste tous les samedis. Ça n'est pas que cette communauté était exclue mais plutôt que le Patch était situé dans l'une des banlieues les plus chic de la région parisienne. Néanmoins, nos blacks français n'étaient, à l'évidence, pas concernés par cette vague disco-funk. D'origine africaine ou antillaise, ils n'avaient que faire d'une musique qu'ils n'avaient pas inventée, à laquelle ils ne pouvaient s'identifier.

Le Patch fut aussi le premier club à disposer d'un large écran vidéo, diffusant clips, documentaires et extraits de films durant la soirée. Combien de clips disco fabuleux étaient projetés en live durant les sets (je repense notamment au titre Let's (Rock'n Roll) du groupe Atlantic Starr).

Afin de surprendre la clientèle en permanence, la déco était remaniée tous les 15 jours.
Ultime singularité, A 5h du matin, un petit déjeuner était offert au bar pour les derniers fêtards.

Après avoir intégré modestement le staff en tant que DJ le dimanche soir, j'ai été choisi pour en devenir le DJ-résident de 1985 à 1986.
Malheureusement pour moi, le DJ précédent et ses goûts de chiottes (Jackie Quartz, Jeanne Mas...) avait fait fuir la clientèle historique, ne me laissant qu'un club exsangue, ringardisé, qui, mis en sommeil progressivement par ses créateurs pour des activités plus juteuses, connut donc une lente agonie, cette agonie pitoyable lorsqu'on a vécu les fastes et la gloire.

Voici un petit florilège des titres-phares sur lesquels le public a vibré ainsi que quelques oeuvres plus tardives.

1/ STEPHANIE MILLS "You can't run from my love" : 1979 fut l'année du grand démarrage avec "Whatcha gonna do with my lovin'" (repris 10 ans plus tard par Inner City) puis vint ce tube imparable, les deux titres étant l'oeuvre le duo James Mtume-Reggie Lucas.

2/ SHARON REDD "Can you handle it" : hommage à cette chanteuse disparue trop tôt avec la version originale. Il me paraît cependant assez indispensable de s'offrir une séance d'extase sur le dub de François K qui porte aux nues l'instrumental jazzy et cette furieuse guitare wah-wah qui s'imagine par moments entre les mains de George Benson. Si l'on devait symboliser la quintessence des arrangements du label Prelude, il pourrait bien être l'Elu. Ce fut l'un des hymnes de mes soirées Palace.

3/ CENTRAL LINE "Walking on sunshine" : cette version originale me parait supérieure à celle de Larry Levan qui, sans doute peu inspiré le jour du mix, enleva carrément les reverbs sur les pistes essentielles dont celles des voix !

4/ SERGE PONSAR "Out in the night" : une excellente production signée par le vétéran John Luongo que j'évoquerai dans un prochain article. Après ce "one shot" funky, Ponsar bifurqua vers le zouk. Il mourut prématurément au début des années 90.

5/ VESTA WILLIAMS "Once bitten twice shy" : une découverte du Skydance ! ancienne choriste, notamment de Chaka Khan, Vesta sort son premier album solo en 1986. Once bitten twice shy est un titre d'une puissance et d'une clarté extraordinaires ; il est mixé par Steve Hodge qui a travaillé sur des singles de Janet Jackson (Let's wait awhile, Control) ou Alexander O' Neal (Criticize).

6/ JOHNNY GILL "Rub you the right way" : en congé de son groupe, New Edition, il signe ici l'un des plus gros hits de sa carrière solo (1990), un titre martelé par RLP dans le Skydance. Son ancien collègue, Bobby Brown, qui avait quitté le groupe dès 1986, montra la voie avec ses tubes Don't be cruel, Every little step, On our own et My prerogative.

7/ JAMES BROWN "Static" : le décalage d'1/8ème de temps avec un mix en switch de deux titres identiques fut une révélation pour moi lorsque je l'entendis réalisé dans un Skydance megamix sur le Static de James Brown. Je rejoue avec délectation cette partition étrange pour ce set. C'est le rappeur E-Crof et ses scratches démoniaques qui ont la part belle dans ce mix d'anthologie, le Godfather of Soul étant réduit à un simple accessoire.

8/ et 9/ PRINCE "Get Off" (Urge Mix et Flutstramental) : deux mixes géniaux, fruits d'un Steve Silk Hurley touché par la grâce ; le premier, très swing et totalement jazz avec ses accords de piano contrariés ; le deuxième, plus house et binaire qui met en valeur la flûte traversière. Étrangement, ce Urge Mix est, en fait, son Houstyle Mix, mais Steve Hurley n'est pas crédité sur la pochette !! une grosse bavure ???

10/ CLIVE GRIFFIN "I'll be waiting" : une production Morales de 1991 avec des accords de piano qui rappellent le titre Human de Human League. Le petit gimmick de voix est aussi utilisé dans le Unfinished Sympathy de Massive Attack. Portée par un arrangement symphonique, cette voix très proche de celle de Rick Astley est calibrée pour le marché anglais.

11/ STEVE ARRINGTON "Feel so real" : Steve Arrington est un ancien membre du groupe funk, SLAVE. Progressivement investi dans une mission christique, il prit le virage gospel vers 1986. Ce morceau fut l'un des hymnes du Patch Club, le genre de titre festif "à la All night long" que l'on joue sans crainte à l'heure de pointe. C'est le follow-up d'un autre titre de la même veine, Dancing in the key of life (1985).

12/ DAYTON "The sound of music" : un titre curieusement ignoré par le Patch Club. Au début des années 80, face aux innombrables sorties de titres tous aussi fabuleux les uns que les autres et malgré les visites régulières au magasin Champs-Disques, il a pu arriver que le DJ laisse filer un ou deux joyaux. Les sans-fautes n'existent pas. DAYTON fut, comme ZAPP, SLAVE, LAKESIDE, DAZZ BAND et OHIO PLAYERS, l'un des nombreux groupes funk originaires de l'Ohio. Dayton est d'ailleurs le nom d'une ville de cet Etat.
Extrait de son 4ème album, Feel the music, le single The sound of music (et son intro vocodée) résonne comme le seul véritable hit du groupe.

13/ STEPHANIE MILLS "The medicine song" : énorme, énorme ! coup de chapeau à Mark Berry pour avoir réalisé un arrangement aussi impressionnant. Des toms qui martèlent, une ligne de synthé-basse carrément électro, les murs de l'ancien Patch Club en tremblent encore.

14/ BAR-KAYS "Sexomatic" : un titre qui marque la conversion définitive du funk aux boîtes à rythme. C'est encore cet incroyable Mark Berry que l'on retrouve à la production. J'avoue que le tournant métronomique et froid pris par le funk a marqué le début de mon désintérêt pour cette musique. Je me revois encore en 1986, errant dans les magasins de disques à la recherche de titres possédant encore un peu de groove. Cette année-là marqua donc la mort définitive de la musique club dans sa forme originelle, c'est à dire jouée par de vrais musiciens (batteur, bassiste, guitariste et éventuellemement section de cuivres). Mais, aux ordres de l'évolutionnisme darwinien, l'oreille finit par capituler et s'adapter. Et la house finit par déferler.

15/ ALISHA "Baby talk" : le tube retentissant Into the groove de Madonna (1985) enfanta de nombreux clônes dont ce Baby Talk produit par l'inévitable Mark Berry (il faudra que je lui réserve un article !) et remixé par Shep Pettibone. Je crois que la copie vaut largement "l'original", la mélodie pop et son refrain imparable diffusant leurs phéromones de séduction.

16/ BABYFACE "It's no crime" : cet "incontournable" de l'émission Skydance est l'oeuvre d'un des producteurs RnB les plus talentueux. Après avoir travaillé avec des artistes tels que Karyn White, Pebbles, Sheena Easton ou Bobby Brown, sa carrière solo débute véritablement en 1989 avec ce titre. Dès lors, les collaborations prestigieuses s'enchaîneront : Madonna (Take a bow), Whitney Houston (I'm Your Baby Tonight), Boyz II Men (I'll Make Love to You, End of the road), Toni Braxton (Breathe again) et Eric Clapton (Change the world).