jeudi 24 décembre 2009

N°49 : The Special Love Megamix (Jestofunk, The Originals, Deeelite, Bridgett Grace...)

Set non disponible

Toutes mes excuses pour les défaillances de DJPod, mon hébergeur de podcasts (il n'est pas décidé à les reconnaître), puisqu'une bonne partie de mes sets avaient été endommagés et étaient devenus illisibles suite à un crash disque survenus sur leur serveurs en novembre dernier.
C'est bien la peine d'encourager des jeunes à lancer leur site en faisant partie de leurs premiers clients et de s'apercevoir que, finalement, tout cela est géré de manière négligente (et je ne parle pas des nombreux bugs que j'ai signalé à l'usage, ce qui avait permis d'améliorer le site).
Moi qui évolue toute l'année dans l'univers des écoles de commerce, je constate que les créateurs de DJPod n'ont pas appris le b.a-ba du business à savoir faire un geste commercial au client qui se plaint du service qu'il paye, arguments à la clé.

Après ce coup de gueule de Noël, revenons-en à ce qui nous intéresse ici : la musique club.
Un set très bigarré dans lequel le mot "love" est assez récurrent. Comme je manque d'inspiration en ces jours de fêtes bien arrosés, je l'ai intitulé "The Special Love Megamix".

1/ WALL OF SOUND feat. Gerald Lethan "Critical (if you only knew)" : une production Mood II Swing sortie originellement sur Eightball Records et signée en Europe par le sous-label dance d'EMI, POSITIVA, crée en 1993.
WALL OF SOUND sera d'ailleurs sa première signature estampillée "garage" mais bien d'autres suivront (Barbara Tucker, Judy Cheeks, Ruffneck, Black Magic...)
Phénomène rare, le label à réussi à survivre, près de 17 ans après sa création.

2/ BRIDGETT GRACE "Love to the limit" : pour tous ceux qui ont écouté le set de Lil' louis en 1992 sur Skyrock, cette version pleine d'émotions fut un moment important. Produit sans doute avec les moyens bord par le label de Detroit Happy Records, Dimitri proposait une version alternative tour aussi magique dans son émission, le "Fight The Rebellion Mix".

3/ SOUL CENTRAL "Strings of Life" : un remix de ce standard rave réalisé par Danny Krivit, vétéran de l'époque disco (il fréquentait les mémorables soirées du Loft de David Mancuso). Je l'ai amputé de passages instrumentaux au piano que j'estimait superflus et lui ai adjoint l'accapella de "I feel for you" de Bob Sinclar (passé au flanger).

4/ DEEELITE "Power of love" : follow-up au monumental " Groove is in the heart", la France avait suivi et je l'ai donc joué à de nombreuses reprises dans mon Skyrock Top Dance Megamix.

5/ DOUBLE DEE "Found love" : Que de "love" dans tous ces titres ! le vynil de ce Caipirina Remix avait péri dans un dégat des eaux dans mon appartement mais il ressuscite ici sous format mp3. Son nom provient sans doute du cocktail brésilien à base de cachaça, de sucre de canne et de citron vert. C'est l'un des grands tubes du Top Dance Skyrock.

6/ OUTDANCE "Pump the jumpin'" : à chaque fois que je joue ce titre, j'ai une pensée pour le regretté Tom Bouthier du duo Tom & Jerry qui m'avait donné le maxi. Ici l'on parle de l'amour mais d'une manière plutôt salace. Une production italienne de très bon niveau idéale pour enflammer la soirée du Nouvel An.

7/ BEBEL GILBERTO "River Song" : on ne quitte pas l'ambiance festive avec ce remix latino-house de Grant Nelson, le maître du UK Garage.
"River Song" est un extrait du meilleur album de Bebel Gilberto (à mon sens), éponyme du nom de l'artiste et dont la qualité des mélodies a permis de commercialiser une édition spéciale gorgée de remixes majestueux.

8/ O.S.O.T.A. "Sunny's Theme" : lors de l'une de mes visites aux studios de la radio FG, le "live DJ" passait ce disque. Un rapide coup d'oeil sur la pochette et le vynil était acquis chez Vibe Station dans l'heure qui suivait. Cette production Strictly Rhythm très anecdotique et assez maladroitement réalisée au niveau du calage rythmique reste néanmoins intéressante. Elle n'a pas finie dans l'"armoire" !
Quant au thème, il reprend le "Sunny" de Yambu, titre qui a inspiré le tube de Boney M.

9/ JESTOFUNK feat. Jocelyn Brown "Special love" : on avait découvert JESTOFUNK avec "Say it again" et son sample de Colonel Abrams, un standard des soirées haut de gamme.
L'original de "Special love" est très funk mais Joey Negro le transforme ici en missile disco en dénichant encore le gimmick qui fait mouche.
Ce Dave Lee restera pour moi l'un des 5 plus grands remixers de l'histoire de la Dance Music.

7/ JEEP GRRLZ "Smokin' daughter" : petite production anglaise au riff de basse hargneux, elle puise sa source dans le "It Looks Like Love" de Vincent Montana Jr. Je réalise un mash-up avec "Hold you head up high" de BORIS DLUGOSCH.

8/ Retour au cœur des années 70 avec THE ORIGINALS et "Down to love town" (1976) : merci à Dimitri From Paris pour ce re-edit qui facilite le mix. Il faudra que je songe à me mettre aussi à re-editer et reconstruire certains de mes vieux classiques disco, pour l'instant inmixables.

9/ A TASTE OF HONEY "Boogie oogie oogie" : le vynil était sorti en couleur miel, marketing oblige. En 1978, il atteignit la 1ère place du Club Chart US et la 3e place du Club Charts anglais. Seul hit de ce groupe de Los Angeles, il fut remixé par John Luengo en 1984.

10/ BINI & MARTINI "Dancing with you": une revisite du classique de CARRIE LUCAS , "Dance with you", dont l'un des passages avait déjà servi à Armand Van Helden pour son "You don't know me". Les italiens Bini & Martini sont également célèbres pour leur tube "Hapiness" (qui sample "Hapiness is just around the bend" de CUBA GOODING) et dans le remix de "Rise" des SOUL PROVIDERS.

11/ 49ers "The Message" : la version garage originale de 1992 produite par Bortolotti. Les Masters at Work se surpasseront par la suite sur les remixes qui leur furent confiés.
Hélas, il manque encore à ma collection l'excellent remix figurant sur le maxi sorti sur Media Records et que l'on peut entendre sur le set de Paul Armstrong réalisé pour la Skyrock Max Party. Si une âme charitable m'entend...

12/ AFTERLIFE "Let it go" : Afterlife est surtout connu pour ses envoûtants remixes lounge de titres tels que "Another Chance" de ROGER SANCHEZ, "At night" de SHAKEDOWN, "American dream" de JAKATTA ou "Sexual" de AMBER. Ce "Let it go", cool tempo sensuel et magnifiquement interprété par Cathy Battistessa, est remixé ici façon club par l'anglais Groove Assassin.
La voix de Cathy Battistessa est tout aussi ensorceleuse sur "More than ever people" de LEVITATION et "Speck of gold" d'AFTERLIFE, des titres lounge à ne rater sous aucun prétexte.
Son dernier joyau est "All about love" avec KNEE DEEP.

vendredi 18 décembre 2009

Christmas Set : The Many Sides of David Morales

Set non disponible



Voici mon cadeau de fin d'année à tous ceux qui me réclamaient un set dédié à mon icône, David Morales.

Je crois que j'ai pu rassembler tout ce que le Boss a pu faire de bon dans sa longue carrière, même si je n'ai pas le privilège d'avoir accès à la fameuse Def Mix Library qu'évoque Sami Dee dans son interview sur DJ Pod.

Cet article est d'ailleurs fort instructif à lire et cela me rassure de constater que je ne prêche pas la bonne parole dans le désert, d'autres DJ's plus médiatiques comme Sami Dee partageant la même opinion sur la scène club actuelle.

Ce set, que j'ai appelé "les multiples facettes de David Morales", est un vaste voyage dans les différents univers que ce producteur de génie a su façonner depuis plus de 20 ans.
Des allers-retours incessants entre ambiances commerciales et underground entrecoupés d'interludes jazzy, des mixes ou titres assez peu connus du grand public, il fallait éviter le piège du set banal, attendu, qui déroule les plus grands tubes de Morales, l'exercice ayant sans doute été répété maintes et maintes fois par d'autres avant moi.

J'espère qu'à l'issue de ces 80 minutes, vous réaliserez à quel point David Morales a incarné le producteur parfait, à son aise dans toutes les ambiances, une race de DJ qui s'éteint petit à petit pour laisser place à des producteurs sans génie, sans culture, incapables de se métamorphoser en diable ou en fée sur un même titre, proposant un type d'arrangement standardisé.

Sans David Morales, je serai devenu un pauvre commercial avec son attaché-case et son costume-cravate, une sorte de Jean-Claude Convenant anonyme, sans histoire.

Je n'oublierai jamais l'honneur qu'il m'a fait en juillet 1993, un jour de canicule au forum des Halles, en mixant dans mon émission sur Skyrock et en acceptant une interview.
Réécouter l'interview

Voici donc ce set hélas empreint de nostalgie car David a mis en jachère son activité de remixer plus celle plus lucrative de DJ. Il laisse un grand vide et j'ose espérer qu'un jour, lassé des nuits blanches, il revienne en studio pour le plaisir de tous les amateurs de soulful house.

PLAYLIST :

LUTHER VANDROSS & JANET JACKSON "The best things in life are free" (Def Mix)
SATOSHI TOMIIE feat. Arnold Jarvis "And i loved you" (Classic Club Mix)
SATOSHI TOMIIE feat. Arnold Jarvis "And i loved you" (And I Dreamed You)
ROBIN S "I want to thank you" (Bad Yard Club Mix)
MARIAH CAREY "Dreamlover" (Eclipse Dub)
MARIAH CAREY "Dreamlover" (Def Club Mix)
ACE OF BASE "Living in danger" (D-House Mix)
JOE ROBERTS "Back in my life" (Def Version)
UTAH SAINTS "What can you do for me" (Drill Mix)
UTAH SAINTS "What can you do for me" (Hard Mix)
BROOKLYN FRIENDS "Philadelphia" (Original Demo)
MICHAEL & JANET JACKSON "Scream" (Classic Club Mix)
SWEET MERCY feat. Joe Roberts "Happy days" (Morales Dub Mix)
SANDY B "Feel like singin'" (Erotica Mix)
ROBERT OWENS "I'll be your friend" (Original Def Mix)
DENI HINES "I like the way" (Classic Club Mix)
PHOTEK "Mine to give" (David Morales World Mix)

dimanche 13 décembre 2009

Ellen Michaels : Salsoul bomba latina

Cela fait 18 ans que cette fille me regarde, son poster ornant l'un des murs de mon studio de mixage.

J'avais immédiatement été subjugué par ce visage d'ange, cet air mutin et cette croupe mise en valeur avec une pudeur sublime.

Bien avant que Jennifer Lopez devienne l'emblème de l'iconothèque des bombes latines, il y eut Ellen Michaels.

Elle est la playmate du mois du magazine Playboy en Mars 1972.
Dès lors, on la surnomme "The Body" et l'on se l'arrache pour des pubs télé, des pochettes de disques et même des couvertures de romans.

La photo qui fait hisser les couleurs à bon nombre de DJ's est celle-ci. Elle illustre l'album "Nice 'n' Naasty" de SALSOUL ORCHESTRA en 1976.


Pour les boss du label, les Cayre Brothers, le concept est simplement de montrer une fille aux formes avantageuses uniquement vêtue d'un t-shirt floqué du slogan "Dance your ass off to Salsoul Records", mais sans tomber dans le piège de la vulgarité.
Cette photo refléte exactement le résultat escompté à tel point qu'elle est reprise sur des cartes postales, des posters, des boîtes d'allumettes, créant un engouement incroyable en Europe, en Amérique du Sud (évidemment) et au Japon !

Tirant profit de ce succès inattendu, les boss de Salsoul, l'utilisent pour d'autres albums-compilations dont la fameuse réédition des classiques en 1992 (Salsoul 20th Anniversary).
Le plus cocasse ! ils osent la choisir pour illustrer des compilation de Noël intitulées "Christmas Jollies" , Ellen Michaels se voyant affublée d'un costume rouge de Père Noël grâce à une habile retouche d'image (on a pas attendu Photoshop pour maîtriser la technique de la manipulation !).

A 57 ans, Ellen Michaels est sans doute restée une femme d'une grande beauté, cette photo prise en 2002 le laissant imaginer.

Cette new-yorkaise est aujourd'hui une photographe spécialisée dans les sujets touchant à l'univers de Central Park : oiseaux, papillons, insectes, paysages.
http://www.ellenmichaels.com/


vendredi 11 décembre 2009

N°48 : Thanks God It's Friday (Don Ray, Adeva, Club 69...)

Set non disponible


"Thanks God It's Friday" est un clin d'œil au film de 1978 qui a pour sujet la ferveur que provoqua la vague disco.
Publiant mes sets le vendredi et celui-ci étant en partie "disco-oriented", j'ai saisi la balle au bond.

"Thanks God It's Friday" n'est pas entré dans l'Histoire du 7ème art comme "Saturday Night Fever" mais la B.O. contient une chanson de Donna Summer qui reçut l'Oscar de la "Meilleure chanson originale" : "Last Dance".

1/ DON RAY "Standing In The Rain" : une chanson que j'ai découverte en jouant à GTA IV, me branchant sur la radio K109 The Studio de Karl Lagerfeld. Vous vous en doutez, j'ai trouvé la programmation originale et de très bonne facture. J'ai eu plaisir à foncer dans les rues de New York en écoutant des titres empreints de nostalgie comme "Underwater" de Harry Thumann (déjà programmé dans mes sets) ou "Get On Up And Do It Again" de Suzy Q (un classique du Patch Club !!!).
L'arrangeur et clavier DON RAY collabora avec CERRONE sur les albums "Love in C minor" et "Cerrone IV" et, en échange, ce dernier produisit son seul album dont est extrait ce titre. On retrouve aussi Don Ray derrière les groupes SANTA ESMERALDA ("Don't let me be misunderstood") et LOVE & KISSES ("Thank's God it's Friday", titre principal du film).

Avez-vous remarqué la ressemblance du jeu de cuivres avec celui d'"Alexandrie, Alexandra" de Claude François ? simple coïncidence ou petit plagiat de l'un ou l'autre ?

2/ HI-TENSION "Hi-tension" : emprunté à mon frangin, ce maxi fut un classique du Patch Club à une époque où je n'étais pas en âge d'y entrer.
Ce groupe anglais de disco-funk comportait en son sein une future star, David Joseph ["Let's live it up (nite people)" et surtout "You can't hide (your love from me)]".

3/ LORRAINE JOHNSON "Feed the flame" : une "one hit wonder" avec ce titre de 1978.

4/ PAUL SIMPSON "Movin' around" : ce pionnier du son "garage" se livre ici à quelques expérimentations sur de vieux samples disco et me permet le switch entre les décennies.

5/ ADEVA "Been around" : retour en force de la diva sous la houlette de Boris Dlugosch & Michi Lange. Les premiers mots rappellent qu'elle fut l'interprète du classique "Respect" sorti sur Cooltempo en 1988.

6/ BYRON STINGILY "Get up!" : je crois que c'est le plus long mix jamais effectué dans un de mes sets (1'15"). Le refrain repris en boucle reprend une phrase d'un couplet de "Disco heat" de SYLVESTER. (à 54 secondes du début).

7/ CLUB 69 "Much better" : le producteur autrichien Peter Rauhofer récidive dans le style garage après le mémorable "Let me be your underwear" abondamment joué dans la Skyrock Max Party 5 ans plus tôt. Bien que d'une efficacité redoutable, ce mix reste assez peu connu.

8/ BASS-X "Keep the fire burning" : signé sur le label français Ramdam Factory qui avait déjà signé notre "Suck my pussy" de PUSSY, je pense que c'est le seul titre garage d'origine belge qui ait retenu réellement mon attention. Je ne sais même pas s'il a été classé dans les clubs français mais je l'entendais sur FG quotidiennement.
A noter la qualité du mixage et la chaleur des nappes qui doivent provenir d'un Roland JX-8P, connu pour proposer ces sonorités fabuleuses.
Un titre totalement envoûtant au gimmick imparable que je réécoute sans lassitude depuis plus de 15 ans !

9/ BOB SINCLAR "Tennessee" : ce remix de Soul Conspiracy emboîte bien le pas à l'ambiance de BASS-X.
L'original "country-dance" ne vaut pas un clou et fut d'ailleurs un véritable flop. Bob Sinclar est tout de même plus convaincant dans les titres putassiers calibrés pour l'été.
Quand je pense qu'à ses débuts, il m'avait totalement bluffé sur son remix de "Music sounds better with you" de STARDUST. Une dérive commerciale regrettable en a fait un DJ certes starisé mais musicalement assez inintéressant.

10/ HEAVY WEATHER "Love can't turn around" : une reprise plutôt hard-house du classique de Farley "Jackmaster" Funk datant de 1986.
Premier titre house à entrer dans les charts anglais, le gimmick de basse avait été piqué sur un titre d'album d'Isaac Hayes, "I can't turn around". Datant de 1975 et totalement inconnu, il fallait aller le chercher et le transformer en cet hymne historique !!!

11/ BONGOLOVERZ “Power of Music” : des allemands qui ont tout gardé de l'esprit festif de la house. Les percussions sont toujours à l'honneur dans leurs titres scandés matînés parfois de sonorités latines ("Spirit of house", "La Esperanza", "La Fiesta") et leurs remixes ("All about housemusic") d'Yves Murasca.

12/ SAO PAULO "Be yourself be free" : ce titre mystérieux signé par le label du Ministry of Sound est remixé façon disco-jazz par Joey Negro. Il fait d'ailleurs référence à son Sunburst Band (Joey Negro's Sunburst Mix).
Le morceau puise largement dans "A brazilian love affair" de GEORGE DUKE (1980). J'y ajoute mon grain de sel avec l'accapella de "Horny" de Mousse T.

vendredi 4 décembre 2009

N°47 : Old Shool Delight (Jimmy Jam & Terry Lewis, Sugarhill Hill Gang, New Edition, Skydance classics, MC Solaar...)

Set non disponible

1/ CHANGE "Change of heart" : un remix U.S. de ce groupe incontournable monté par Jacques Fred Petrus (B.B. & Q Band, Peter Jacques Band, Macho, High Fashion...) et produit par deux anciens de l'écurie princière : Jimmy Jam et Terry Lewis (le groupe THE TIME).

Jacques Fred Petrus peut être considéré comme l'un des plus grands producteurs de la musique club mais son nom reste une énigme pour les jeunes générations. Concernant Change, c'est lui qui finança l'énorme album "The Glow of Love" (1980) qui révéla Luther Vandross, le génial Mauro Malavasi assurant la production artistique.

Jimmy Jam & Terry Lewis ont un palmarès plus parlant avec en figure de proue, Janet Jackson.
En 1984, "Change of heart" est leur premier coup d'éclat mais ils enchaînent sans tarder avec l'excellent "Just the way you like it" de SOS BAND (1985).
Les albums "Control " et "The Velvet Rope" de JANET JACKSON assoieront définitivement une réputation internationale mais la liste de leurs contributions artistiques est réellement impressionnante (Alexander O' Neal, Morris Day, Human League, Johnny Gill...).

2/ MELBA MOORE "You stepped into my life" : je me demande si cette reprise du titre des BEE GEES (1976) n'est pas supérieure à l'original déjà excellent, un titre figurant sur le sublime album "Children of the world" mais jamais exploité en club. A noter un break instrumental d'anthologie, le genre de breaks que plus aucun producteur de musique club n'est capable de réaliser de nos jours. Il faut dire que la majorité des artistes noirs américains a perdu son âme dans une soupe R'n'B inbuvable.

Récemment, je conversait avec l'un de mes collègues sénégalais qui, outre Youssou N'Dour, me vantait les mérites d'AKON, artiste américain d'origine sénégalaise.
Ce à quoi je lui rétorquais:"Mais, comment peux-tu aimer cette daube alors que l'Histoire a gravé dans le marbre les noms de Curtis Mayfield ou Isaac Hayes ?"
La réponse me laissa pantois : "Oui, mais aujourd'hui la musique noire ç'est comme ça !".
"C'est comme ça !"... une sorte de fatalité, l'acceptation du règne de la médiocrité sans tentative de révolte. Après tant de combats, comment ce peuple accepte t-il de perdre ses racines par pans entiers ? Sidérant.

3/ KANO "Can't hold back (your lovin')" : un pur emblème de ce qu'on appela l'italo-disco, une tendance prépondérante dans l'essor de la Dance Music, les italiens restant de formidables musiciens qui surent rivaliser en qualité avec les meilleures productions américaines de l'époque.
Au début des années 90, ils exercèrent leur suprématie sur la house commerciale européenne avant d'être supplantés par les allemands et finalement rentrer dans le rang.

4/ SUGARHILL GANG "The lover in you" : un follow-up très mielleux du tube planétaire "Rapper's Delight" (1979) pour un groupe certes précurseur mais qui, au final, ne laissa qu'une faible empreinte dans l'histoire du Rap quand Grand Master Flash & The Furious Five alignaient tube sur tube.

5/ T/SKI VALLEY "Catch the beat!" : du hip-hop "old school" comme je l'aime, mais c'est le seul hit de cet artiste remixé dernièrement par Dimitri From Paris.
Pourquoi ce style si convivial est-il tombé dans l'oubli au profit d'éructeurs sans aucun swing ni fantaisie ? l'une de mes grandes interrogations sur la black music actuelle.

6/ COOLIO "Fantastic Voyage" : l'un des rares artistes qui a renoué avec cette bonne vieille tradition d'un hip-hop enjoué et sans réel message politique. La version est dans un esprit proche de l'original de LAKESIDE (1980). Lorsqu'on revoit ces images d'artistes excentriques et sincèrement heureux (à une époque où la condition des Noirs était encore loin d'être enviable), on s'interroge sur le malaise actuel alors même que leur reconnaissance au plus haut niveau éclate aux yeux du monde entier (politique, médias, cinéma, sport...).

Je crois que le style funk que Lakeside incarnait était précisément axé sur la dérision et l'extravagance même si la politique s'y était parfois invitée, y trouvant là une tribune inespérée.
Lorsque l'on constate la frime et le machisme qui caractérise la scène rap actuelle, on a vraiment le sentiment d'une régression culturelle grave.

7/ MC SOLAAR "Qui sème le vent récolte le tempo" : premier titre en français à figurer dans mes sets, il est magistralement remixé par les italiens de Kwanzaa Posse. Un riff de saxo qui met tout le monde d'accord et le flow de MC Solaar toujours impeccable.

Pour l'anecdote, j'ai gagné un concours de remix DMC organisé par la major Polydor pour le titre "Bouge de là" en 1990 mais il n'a jamais été commercialisé malgré les promesses. Aucune surprise à cela ... vous savez que je suis abonné aux titres inédits, ma discographie en comportant plus que ceux que vous avez pu entendre en club ou à la radio !!!
A la décharge de Polydor, le remix comprenait un sample fugace de "Papa was a Rolling Stone" par Was not Was. Ceci étant, un envoi à 500 DJ's français avait été stipulé dans le réglement du concours.
Il restera donc un bootleg que seul mon entourage a pu découvrir.

7/ SECCHI feat. Nasty Chat "Play that song" : il me semble bien que c'est le gimmick d'orgue d'un morceau d'acid-jazz qui a fait l'objet d'un sample pour ce titre très revival. Stephano Secchi fut un habitué des classements du Skyrock Top Dance avec deux hits massifs ; "I say yeah!" et "Keep on jammin'", tous deux excellement produits.
Pour ce titre signé sur Airplay en 1991, on retrouve au rap la chanteuse Nasty Chat qui officiait sur un autre tube : "Feel that beat" de 2 STATIC.

8/ NEW EDITION "Crucial" : voilà l'un des titres récurrents du Skyrock Skydance de RLP.
Loin l'époque de "Candy Girl", ces gaillards (Bobby Brown, Johnny Gill, Ralph Tresvant bien sûr, mais aussi Ricky Bell et Ronnie Devoe, les futurs Bell Biv Devoe), sont des stars en devenir et ce titre nerveux et syncopé remixé par Jimmy Jam & Terry Lewis est le tremplin idéal.

9/ THE WEE PAPA GIRLS RAPPERS "Faith" : archi-programmé par RLP à l'époque, c'est une reprise astucieuse du morceau de George Michael, avec le swing et le flow irréprochable des deux british sista. Dans le registre acid-house, on retiendra leur "Heat it up" et, dans le style hip-house, "Get into the groove" (qui samplait déjà le "Crush on you" de THE JETS).

10/ KARYN WHITE "The way you love me" : repérée aussi dans le Skydance en 1989, cette belle mélodie funky est produite par L.A. Reid & Babyface.

11/ TIMEX SOCIAL CLUB "Rumors" : ce "one shot" remixé par Shep Pettibone atteignit la place N°8 du Billboard Hot 100 en 1986.

12/ BEATS INTERNATIONAL "Won't talk about it" : avant de devenir FAT BOY SLIM, Norman Cook fit partie du groupe THE HOUSEMARTINS, léguant des tubes comme les ballades "Build" et "Think for a minute" avant de fonder BEATS INTERNATIONAL dont tout le monde a retenu "Dub be good to me" alors que le premier single passé inaperçu (sauf sur la radio Maxximum) fut ce "Won't talk about it".
Cet homme pressé dissout vite Beats International pour créer FREAK POWER ("Turn On, Tune In, Cop Out") en 1993 avant de se la jouer solo en tant que FATBOY SLIM en 1996, les albums "Better Living Through Chemistry" et "You've Come a Long Way, Baby" étant assez indispensables à toute discothèque de bonne tenue.

13/ NENEH CHERRY "Buffalo Stance" : cette époque bénie où le "girl power" dominait le rap et la hip-house pour le bonheur de tous. Hélas, toutes les sistas ont bifurqué vers un R'n'B d'esbrouffe, marais saumâtre d'où surnagent quelques artistes comme l'inévitable Beyoncé Knowles.

vendredi 27 novembre 2009

N° 46 : Magical Houzy Tour (B. de Carey unreleased mix, Joey Negro, Mr V, Solu Music...)

Set non disponible


Je démarre par un clin d'œil à l'un des groupes qui m'a sorti de la niaiserie des goûts musicaux de mon adolescence, The Beatles.
L'album "Sergent Pepper" que m'avais fait découvrir mon frère vers l'âge de 14 ans fut la prise de conscience que j'avais loupé une époque exceptionnelle

Et, un Noël de 1998, ma mère eu la bonne idée de m'offrir un livre que je parcours à nouveau en ce moment avec un plaisir intact, Révolution, The Beatles.
Un ouvrage remarquablement documenté, bourré d'anecdotes et surtout qui apporte des informations tout à fait passionnantes sur la genèse de chaque titre et la manière dont il fut composé, arrangé et enregistré.

Au delà de l'univers pop-rock, c'est LE bréviaire indiscutable pour tout amateur de musique. Il donne les clés de la compréhension de la suprématie de ce groupe fantasque des années 60 dont l'œuvre reste d'une modernité inaltérée, 40 ans après sa séparation.

"Magical Mystery Tour", un album et un film assez délirants réalisés par les Fab Four et qui m'offrent une passerelle idéale pour qualifier ce set bigarré qui traverse des contrées afro, latino, disco avec, en bonus, le titre "mystère", une des productions du duo B. de Carey-P. Henninot de 1998 restée inédite.
A moins que ne vous trouviez ce "Zulu vibes" de SUN AFRICA totalement ringard, je me demande encore pourquoi nous n'avons pas réussi en 1998 à le signer, la face A étant d'ailleurs bien plus commerciale et festive ("festif", encore un mot dont l'usage doit être limité dixit J.L. Chiflet !)

1/ SOLU MUSIC "Fade" : il est entré sans difficulté dans mon Top 10 des meilleurs titres house de la décennie. Toutes les versions, balearic, électro ou house (comme la version de Grant Nelson présentée ici), sont magiques.
Et que dire de la délicieuse nonchalance de la voix de Kimblee (quelques ressemblances avec le timbre de Lisa Stansfield), chanteuse résidente des "Body & Soul Parties", après-midi dansantes plutôt cosy organisées par François K à New York. C'est donc fort logiquement que ce disque fut signé sur le label de "Monsieur K", Wave Music.

Dommage que Kimblee ait disparu de la circulation, sa voix hantant encore mes tympans.

2/ CE CE PENISTON "Finally" : extrait d'un quatruple pack du label Am:Pm hélas disparu mais qui fit parler la poudre d'entrée avec "Give me luv" d'ALCATRAZ en 1995.
Même si ce label signa des titres tout à fait dispensables comme "King of my castle" de Wamdue Project, on lui doit d'avoir sauvé la fin des années 90 de la médiocrité avec des tubes comme :
  • "Saturday" de EAST 57th STREET
  • "Witness" d'ANN NESBY
  • "Horny" de MOUSSE T
  • "Rise" de SOUL PROVIDERS
  • "Jus' Come" de COOL JACK
  • "U" de LONI CLARK
et bien sûr le remix de "Finally" par Eric Kupper présenté ici.

3/ SOLAPHONICS "Total love" : ce Paul Rincon mix se la joue façon TEN CITY ("Whatever makes you happy") me poussant à inclure l'accapella original pour réaliser un mash-up d'une évidence biblique.
SOLAPHONICS est l'un des pseudo de Jean-Claude Ades, DJ-producteur italien que certains connaissent peut-être pour son single "Some day" ou pour le single "I begin to wonder" de DANNII MINOGUE, tube dont il est le compositeur.

4/ BENZ "Urban City Girl" : une somptueuse production garage tout aussi méconnue que son remixeur, Mark Pichiotti.

5/ AXWELL feat. Evelyn Thomas "High energy" : AXWELL s'approprie cet hymne "hi-energy" des années 80 avec un lifting exceptionnel qui déringardise le titre grâce à une ligne de basse hyper funky.
Axwell, un remixeur suédois qui a tout d'un grand !

6/ GUSTO "Let's all chant" : autre hymne disco de la fin des années 70 remixé par le finaud Johnny Vicious, toujours aussi inspiré pour triturer le patrimoine avec bonheur. Ce new-yorkais à qui l'on donna les clés de l'armoire des trésors du label Salsoul (Loleatta Holloway et First Choice) fut catalogué dans la sous-catégorie "punk-disco" compte tenu de ses bases plutôt métal-rock.
La liste de ses remixes sur Discogs est plutôt impressionnante.

Pour en revenir à ce "Let's all chant", l'original fut créé par MICHAEL ZAGER BAND en 1978.
L'onomatopée fédératrice "ooh ooh !" fut inventée par THE BLACKBYRDS sur le titre "Party land" et, l'idée fonctionnant à merveille, elle fut reprise, outre Michael Zager Band par pléthore d'autres artistes dont :
7/ Mr. V "Put your drink down" : le chauffeur de salle de Louie Vega nous propose un latino-rap qui atteint son paroxysme lors de l'impro ragga du break. Une galette indispensable pour sortir la piste d'une éventuelle torpeur.

8/ TOUCHDOWN "Ritmo Suave" : une face B en espagnol (paroles de Joe Bataan) que je jouait beaucoup à l'époque du Patch Club. La face A ("Ease your mind") est en anglais mais semble beaucoup moins... festive (je sais Jean-Loup, le mot est à bannir, mais je n'ai pas trouvé de substitut qui parle au lecteur).
C'est une production Arthur Baker.

9/ SUN AFRICA "Zulu vibes" (Late Night Mix) : une production inédite qui me procure un double pincement au cœur.

C'est la dernière contribution réelle de mon associé, Pascal Henninot. Il est l'auteur d'une partie de la rythmique et des accords.

Ce titre, qui reflétait enfin notre culture et nos influences, loin des Cherry Moon et autres Pussy, pouvait marquer notre entrée dans la cour des producteurs respectés comme le furent Bob Sinclar et Daft Punk.
Hélas, la personne en charge de la promo, à qui nous avions fait toute confiance, n'a pas su trouver la conviction pour vendre le produit auprès des labels.
Mais peut-être que ce disque était aux antipodes de ce qu'attendaient les directeurs artistiques de l'époque. Pourtant la face A, bien plus commerciale avec son break techno "à la Junior Vasquez" avait tout pour séduire.

Une page douloureuse qui se referme, une forme d'exutoire à travers la programmation de ce titre maudit.

10/ JOEY NEGRO "Universe of love" : un disco-revival assez prodigieux du maître en la matière. Les violons sont samplés sur "Moon Maiden" de Loving You Madly Orchestra, un titre sans grande intérêt.

11/ MIRWAIS "Disco science" :
Mirwais Ahmadzaï est le producteur de "Music" de MADONNA (s'est-il fait croquer aussi ?). Quelle étrange mutation depuis l'époque où il officiait aux côtés de Daniel Darc (que je surnommerait plutôt "Daniel Dark", tellement ses musiques sont une invitation au suicide) au sein du groupe Taxi Girl ("Cherchez le garçon").
Le single "Disco science" paru en 1999 ne pouvait pas échapper aux doigts agiles de Joey Negro qui se montre tout à son aise dans un mix disco survolté qui n'a plus rien à voir avec l'original électro et ennuyeux.

12/ CHIC "Everybody dance" : final avec ce remix du DMC (mars 1993) signé EVOLUTION, la paternité du titre revenant au groupe CHIC.

Avec "Dance, dance dance", ce titre est l'un des gros tubes dancefloor annonciateur du fulgurant "Le Freak" qui conquerra la France l'année suivante, en 1978.

CERRONE avait été le premier à oser "mixer le bassdrum devant", CHIC complétèrent le concept en introduisant la sub-bass. Jusqu'alors, toutes les fréquences en dessous de 60 hz étaient éliminées au mastering mais, avec l'avènement du maxi aux larges sillons, les expérimentations les plus folles devenaient possibles et ce titre vrombissant provoqua une hystérie immédiate.

Attention, ralentissement du tempo la semaine prochaine. Il était temps de calmer le jeu après une série de sets aux rythmes infernaux.

vendredi 20 novembre 2009

N° 45 : Skydance, the Sound of New York (John Jellybean Benitez, Ten City, Shep Pettibone...)

Set non disponible


Avant toute chose, je signale que je n'emploierai plus les mots "classe", "mythique" et "culte" pour désigner un mix, rappelé à l'ordre par le dernier bouquin de l'excellent Jean-Loup Chiflet : "99 mots et expressions à foutre à la poubelle".

En effet, "être classe" ne veut rien dire, le mot faisant référence à la lutte des classes. On oppose maladroitement "être classe" à "être plouc". Quitte à paraître désuet, je devrais donc parler de "chic", comme les bourgeoises de la Rue du Four. D'ailleurs, "le freak, c'est chic" annonce la chanson.

"Mythique" ? comment peut-on décrire un disque ainsi alors qu'une chose ou un personnage "mythique" est légendaire et irréel. Si je parle d'un titre "mythique", c'est un non-sens puisque je l'ai bien eu en main pour le mixer et qu'un certain nombre d'autres personnes dans le monde en possèdent aussi un exemplaire tout à fait "palpable" (comme l'émotion l'est dans la bouche des journalistes paresseux !)

Et "culte" ? au pilori ! C'est pourtant un mot qui venait automatiquement à l'esprit pour qualifier un personnage ou un film. Parle t-on du culte et de ses deniers ou du culte, raccourci de la culture ?
Alors celui qui continuera à l'employer pourra dire "parlez à mon culte, ma tête est malade !" (ou du moins incapable de trouver le mot juste).

Heureusement que de grands linguistes comme J.L. Chiflet ou Bernard Pivot sont nos gardes-fous pour éviter le piège de la dérive langagière.
Vous avez provisoirement appauvri mon vocabulaire en l'amputant de 3 mots passe-partout bien pratiques mais je ne vais pas tarder à leur trouver des substituts !

Revenons-en à ce Skydance, émission mythique....enfin... excellente à laquelle la fin de ce set est consacrée.
Un fameux jingle de SKYROCK annonçait "This is Skydance, the sound of New York". Malheureusement, à mon arrivée à l'antenne au début 1991, la cartouche avait disparu, sans quoi je l'aurait utilisée à foison. Trop classe le jingle....euh..... très chic !!!!
Vous voyez comme l'entrechoquement des langages est déstabilisant.

1/ MICHAEL JACKSON "Rock with you" : le meilleur hommage que je pouvait rendre au défunt Michael Jackson : un remix d'un titre d'une époque bénie (et non pas "bénite" puisqu'il ne s'agit pas d'un objet ou d'une matière comme l'eau) réalisé par l'ami Frankie Knuckles.

Longtemps ce mix a été l'exclusivité de la radio NRJ.
Samy Dee, ancien assistant ingénieur du son de David Morales, était résident de l'émission-culte "Better Days". Il me l'avait fait écouter lors d'une visite dans les studios de Skyrock mais m'avait laissé entendre qu'il ne serait jamais commercialisé.
Heureusement, le remix le fut, mais discrètement en face B du maxi de "You are not alone" plusieurs mois plus tard, c'est déjà mieux que rien. Il aurait été dommage que personne ne profite de cette merveille.

2/ TOTAL CONTRAST "Takes a little time" : un Bandito Remix qui contraste avec la mollesse du mix original.
Il fut N° 1 du Billboard Hot Dance Club Play en 1985. C'est aussi l'un des gros hits du Patch Club, discothèque ni mythique ni légendaire puisque j'y ai officié en tant que D.J. entre 1983 et 1986, un club donc.............. ????
Eh oui ! les qualificatifs tardent à venir à l'esprit, trop habitué que l'on est à des automatismes de langage finalement bannissables.
Certains lecteurs commencent à se demander si c'est un cours de français ou une description de la playliste !!!

3/ BREAK MACHINE "Street dance" : 1983, en pleine vague "smurf", Morali et Belolo (producteurs de Village People et de Ritchie Family) relèvent la gageure de monter un groupe de toutes pièces et de réaliser le tube parfait ; entendu dans les clubs du monde entier.

4/ WHITNEY HOUSTON "Love will save the day" : Gageons que ce mix signé par le latino John "Jellybean" Benitez a été joué par RLP dans le Skydance, mais je n'en ai pas la certitude.
Jellybean, alors DJ à l'Experiment Four, club new-yorkais, fut le mentor de François Kevorkian.
En 1981, il devint le DJ du Funhouse, débarquant un certain Jonathan Fearing, jugé trop classique mais qui est loin d'être un manche au niveau remix (Newcleus, Evelyn "Champagne" King, Carol Douglas...).
Juché en haut de la tête d'un clown de 3m de haut qui dominait la piste, Jellybean jouait un cocktail détonant de hip-hop, d'électro, de new-wave et de disco.

Un soir de 1983 et selon la légende, une jeune chanteuse intrépide du surnom de Madonna arrive à se glisser jusqu'à sa cabine et jouer sa démo, profitant d'un moment d'inattention du DJ résident.
Remportant les suffrages du public (était-ce le morceau "Borderline" ?), son premier album sera finalement produit en partie par le beau latino ("Holiday", "Lucky Star", "Everybody").
On lui prête évidemment une liaison avec la "croqueuse d'hommes".

5/ SLAM SLAM "Something ain't right" : une production de l'anglais Dancin' Danny D, aussi à l'aise dans l'acid-house (D-Mob) que dans le registre plus commercial, utilisant alors fréquemment voix de gamine angélique de Cathy Dennis.
Il fait appel ici à l'ex-chanteuse de l'excellent groupe Style Council (Shout to the top" et "Walls come tumbling down"), Dee C. Lee,une très belle... Noire - eh oui, je viens d'apprendre des mots de Jean-Loup Chiflet que l'on ne dit pas "black", le terme étant d'ailleurs peu apprécié par la communauté qui y voit un nouveau signe de discrimination - nous appellent-ils d'ailleurs les "whites" ???

6/ LES RYTHMES DIGITALES "Music makes you lose control" : après avoir samplé (ou reproduit ?) le slap de basse de l'intro de "Can't fake the feeling" de GERALDINE HUNT pour le tube "Jacques your body", Jacques Lu Cont récidive avec "Music makes you loose control" qui utilise l' accapella situé en intro de "Body Work" de HOT STREAK (une production Jellybean bientôt mixée par votre serviteur !).
Je glisse l'accapella de "Let it roll" de Doug Lazy, la partie filtrée étant propice au remplissage.

7/ JELLYBEAN "Jingo" : une reprise électro du tube de CANDIDO signée Jellybean et multi-diffusée dans le Skyrock Skydance, la fin du set lui étant exclusivement dédiée.
La paternité du titre revient cependant au percussionniste nigérian BABATUNDE OLATUNJI avec un titre datant de 1959 : "Jin-Go-Lo-Ba".

8/ DOUG LAZY "H.O.U.S.E." : un des artistes représentant du courant hip-house (un set sera consacré à ce style en 2011) remixé de façon très underground par David Morales. Ce fut le dernier hit d'une carrière ultra courte.

9/ THOMSON TWINS "In the name of love" : utilisant le riff de basse de "Right Back to you" de TEN CITY, Shep Pettibone trouve l'ouverture house pour un mix d'anthologie du pourtant très new-wave titre du groupe anglais THOMSON TWINS. Ecoutez l'original.

10/ TEN CITY "Right back to you" : sombrant dans la facilité, le DJ ne peut s'empêcher de superposer les deux lignes de basses parfaitement identiques. Cette version réalisée par Steve Silk hurley est un classique du Skyrock Skydance.

11/ PHIL COLLINS "Hang in long enuff" : à la fin des années 80, tous les artistes pop se doivent de réaliser une version house afin de prendre position dans les clubs. Même Phil Collins se compromet dans un mix parfait réalisé par un Shep Pettibone encore "bankable" pour cet extrait de son album cult.......urellement....intéressant (Jean-Loup, je t'ai vu froncer les sourcils !), "...But seriously".

12/ Dr ROBERT & KYM MAZELLE "Wait!" : un duo inattendu entre l'ex-chanteur romantique des Blow Monkeys et la tigresse house remixé de manière étonnamment commerciale par l'un des pionniers de la house de Detroit, Juan Atkins. Avec Derrick May et Kevin Saunderson, Atkins forma le triumvirat d'une techno embryonnaire fortement influencée par des artistes européens "cold wave" comme Kraftwerk, Depeche Mode ou Gary Numan.

13/ INNER CITY "Big fun" : une fin de set qui se drape de classicisme avec ce titre au sample venu d'ailleurs et repris des milliers de fois dans les années qui suivirent. On en peut pas dire que la sonorité de cet accord servant de gimmick soit difficile à réaliser, mais sa magie innée fit qu'il fut samplé plutôt que tenté d'être reproduit avec un autre synthé par tous les suiveurs.

vendredi 13 novembre 2009

N° 44 : 1991-1994 - The Golden Years (Steve Anderson's great mixes, David Morales, Sounds of Blackness...)

Set non disponible


Fertiles les premières années de cette décennie qui clôt le 20ème siècle et que, tel David Bowie, je qualifierais de "Golden Years".
Après une entrée en matière minimaliste voire acide, la house se drape enfin d'élégance et d'arrangements somptueux.

Les précurseurs de la house n'étaient pas musiciens mais avaient mis un sérieux coup de pied dans la fourmilière consensuelle d'une funk-soul de père de famille dont se gargarisaient volontiers les clubbers anglais des années 80.
Puis vint une génération de producteurs chevronnés, musiciens de surcroit ou du moins entourés de percussionnistes et de claviers totalement investis dans leur mission de popularisation de la house.

Ce set leur rend hommage.

1/ MALAIKA "So much in love" : 1992, Ce Ce Peniston a trusté les charts depuis des mois avec les monumentaux "Finally" et "We got a love thang". Marchant dans les traces de l'ex-Miss Arizona, son finaud producteur, Rodney K. Jackson, dégotte son clône parfait, Malaika.
Même voix, mêmes arrangements, David Morales au remix... je propose au label Airplay de signer le titre mais, une fois de plus, il est jugé trop "garage" pour séduire un public nourri à l'italo-house.
Pourtant l'étiquette racoleuse de la pochette annonce la couleur "The record you've heard so much about!"..."Explosive remixes by David Morales" mais le chant des sirènes laissera la France indifférente.

2/ JAMIE PRINCIPLE "Hot body" : ce protégé de Frankie Knuckles (qui le produit et le joue abondamment) est révélé au crépuscule des années 80 avec son tube gospelisant "Your love" et son pendant acid "Baby wants to ride".
Se tournant vers l'incontournable Steve Silk Hurley en 1991, il nous gratifie de ce joyau de happy house qui reprend le gimmick de "Bad Girls" de Donna Summer. Un titre largement diffusé dans mes Skyrock Top Dance megamixes mais qui restera hélas un import. Maurice Joshua proposera sa version dans son désormais légendaire set pour la Max Party.

3/ CRYSTAL WATERS "Makin' happy" : follow-up totalement réussi de "Gypsy woman", il offre une palette de remixes d'un Steve Silk hurley à l'apogée de son inspiration.
Je vais encore annoncer une chose effroyable, impensable pour tous les lecteurs de ce blog mais... ce titre n'a pas été signé en France !!! Il fallait bien qu'un pays en manque de goût et doté d'œillères laisse de côté ce que les américains lui présentait de plus magnifique, trop préoccupé par se qui se passait chez ses voisins européens.

4/ BOBBY BROWN "Humpin' around" : producteur et pianiste brillant, remixer patenté de la team anglaise du DMC, Steve Anderson, nous propose une version sautillante à souhait, bien loin du son New-Jack de l'original. Avec son acolyte Dave Seaman, il fondera le groupe Brothers in Rhythm et l'on ne peut qu'exalter ses "revisites" très orchestrées de tubes comme "Gonna make you sweat (Everybody Dance Now)" de C& C Music Factory, "It's a fine day" de Opus III ou "Thinking of you" de Sister Sledge.

5/ MICHAEL JACKSON "Black or white" : 1991, c'est la douche froide pour les fans puristes du Michael Jackson des débuts. En guise de mise en bouche avant la sortie du nouvel album, ils reçoivent un single très pop-rock au clip surutilisant le morphing, "Black or White". L'agent blanchissant de la soul a montré toute son efficacité, même à 30°C !
Alors que nous allions nous morfondre sur un album aux antipodes du mythique "Off the wall", les remixes de Clivillès & Cole qui sortent en mars de l'année suivante sont un électrochoc.
Une transfiguration géniale qui deviendra LE remix de référence du duo.
Joué et rejoué dans mes Top Dance Megamixes à l'époque, la magie de ce mix reste inaltérée, 18 ans après sa sortie, le break et son riff de piano hargneux restant un moment qui provoque toujours en moi l'érection capillaire (chère à André Manoukian !).

6/ TEN CITY "Whatever makes you happy" : un petit pas en arrière dans l'année 90 avec le déjà grand David Morales pour ce New York City Mix totalement gospel-garage, un classique pour l'éternité.

7/ SOUNDS OF BLACKNESS "I believe" : produit et par Jimmy "Jam" Harris et Terry Lewis, deux ex-membres du groupe THE TIME (produit à l'époque par Prince), ce morceau de la formation gospel SOUNDS OF BLACKNESS est remixé de manière très consensuelle par David Morales, ce dernier libérant son style underground dans un Delivrance Dub plutôt sombre mais néanmoins intéressant.

8/ TAFURI "You know how to love me" : nouvelle production jouissive de Steve Anderson avec cette reprise du tube de feue Phyllis Hyman sorti en 1979. Le titre a été repris par Chris Bangs en 2000 mais la version remix présentée sur la compilation Hed Kandi ( la plus répandue) est un peu trop accélérée pour conserver le groove original.

9/ CLUBLAND "Hypnotized" : avec ce titre s'achève ma présentation des meillleurs mixes de ce groupe suédois au diapason du son garage new-yorkais. C'est le clavier Eric Kupper qui instille cette ambiance cosy qui aurait fait le bonheur du Paradise Garage de Larry Levan.

10/ LNR "Reachin'" : petite production house de Chicago datant de 1993, le tube de ce groupe reste résolument le "Work it to the bone" (1987).

11/ COLOURBLIND "Nothing better" : l'un des multiples pseudos du duo Victor Simonelli - Tommy Musto, du pur "New Jersey Garage" au son sec et aux arrangements assez épurés.

12/ SOUNDS OF BLACKNESS "Everything's gonna be alright" : final avec cet hypnotique Chuff Chuf Dub sur deux accords signé CJ Mackintosh en 1994. Dans le même esprit, prêtez une oreille à ses remixes de "You got it" de JODECI.

vendredi 6 novembre 2009

N° 43 : Deeper than U can mix (Masters at Work essentials, jazz house classics, François K, The Timewriter...)

Set non disponible



Je crois bien que c'est le set le plus soulful que je vous aie présenté depuis le début de l'année avec un gros hommage aux Masters at Work

1/ HARDRIVE 2000 "Never forget" : une entrée en matière on ne peut plus gospel avec le "Keyapella" de "Never forget" de HARDRIVE 2000 alias Little Louie Vega. Le maxi sorti sur Strictly Rhythm en 1999 est un must absolu.
La chanteuse Lynae réalise là une véritable performance et il se pourrait bien que vous la retrouviez dans l'un de mes prochains sets sous son autre pseudo, Sara Devine.

2/ D'MENACE "Spirit in my soul" : Avec ce son si deep, il n'est pas surprenant de retrouver Sandy Rivera, membre des KINGS OF TOMORROW (qui portent hélas assez mal leur nom vu l'accueil confidentiel accordé à leurs productions). Je réalise un mash-up improbable en triturant l'accapella de "I begin to wonder" de DANNII MINOGUE.

3/ GUSGUS "V.I.P." : les islandais de GusGus viennent trouver chaleur et réconfort sous la houlette des Masters at Work qui instillent ici une ambiance lounge et jazzy. A l'instar des écossais, des norvégiens et des suédois, je me demande si ces climats hostiles ne favorisent pas la créativité des artistes vers des sonorités bienveillantes et soulful.

4/ INCOGNITO "Nights over Egypt" : 1999, c'est la bombe jazz-house de l'année, encore une fois signée Masters at Work avec un double pack d'anthologie. Une Jocelyn Brown toujours aussi convaincante, des accords et une rythmique soignés... une belle reprise de l'original des JONES GIRLS, déjà magique dans le style "mellow".

4/ DONNA SUMMER "I feel love" : quand on connait l'original disco froid et métronomique du munichois Georgio Moroder, on ne peut que saluer cette métamorphose. Dommage que le son de ce remix des Masters at Work soit aussi sale (problème de pressage ou de gravure ?). Un titre-fleuve de 11'33" qui s'achève par un mythique buff jazz où guitare et orgue se répondent du tac au tac.

5/ BLACK MAGIC "Let it go" : Kenny Dope Gonzalez et Little Louie Vega prennent en main cette co-production avec Lil" Louis, la drapant d'une ambiance jazz où plane l'ombre d'un Eric Truffaz ou d'un Tom Browne, mais c'est ici Chris Botti, célèbre trompettiste américain au look glamour, qui exécute les solos.

6/ STEPHANIE MILLS "Latin lover" : la rythmique syncopée des MAW s'exprime à plein et l'ad lib exprime cette flamboyance si caractéristique du duo. Stephanie Mills est l'une de mes chanteuses préférées avec à son actif quelques joyaux de la soul comme"Watcha gonna do with my lovin'", "You Can't Run From My Love" et "The Medicine Song".

7/ CAJMERE feat. Dajae "Brighter days" : un des hymnes de 1992 (N°2 du Billboard Dance Chart). Il a été remixé récemment par Haji & Emanuel mais les magiques versions originales sont signées Todd Terry, Masters at Work et, bien entendu, Cajmere pour une version dans une sorte de style "charleston"(Underground Goodie Mix) très minimaliste qu'on retrouve surtout sur son autre tube, "You got me up". Dans son TNT dub, Todd Terry nous ressert le même gimmick que pour Bizarre Inc. ("Playing with knives"), mais vous êtes au courant du recyclage permanent dont il est l'inventeur.
Sorti en France chez Happy Music, le titre a été un flop monumental dans les clubs mais... ça n'est une surprise pour aucun habitué de ce blog.

8/ TOM & JOYCE "Vai Minha Tristeza" : une bossa-lounge remixée par François Kevorkian, le "frenchy" le plus respecté à New York. Tom et Joyce sont deux producteurs français, membres actifs du label Yellow Productions auteurs de plusieurs collaborations avec Bob Sinclar ("Africanism","Outro Lugar"). Leur single "Queixume" a eu l'honneur d'être remixé par les Masters at Work.

9/ ABSTRACT TRUTH "Get another plan" : un titre panthéonisé de longue date dans ma discothèque. Eric Kupper et François K trouvent encore des accords de substitution géniaux pour ce titre à l'origine de style acid-jazz. Ce fantastique Trumpet Jam me permet un mash-up avec l'accapella de "What you need" de POWERHOUSE.

10/ THE TIMEWRITER "Love is beautiful" : l'école deep-house allemande possède son maître en la personne de THE TIMEWRITER alias Jean F Cochois.
Electro mais pas trop, ses productions aux sonorités toujours soignées sont mixées de manière surpuissantes avec un bassdrum monumental !

vendredi 30 octobre 2009

N° 42 : Techno fiesta (Tall Paul's hardbag anthems, Axwell, Bizarre Inc., Tony de Vit...)

Set non disponible



Avant le retour d'un pur set soulful la semaine prochaine, voici de quoi se dégourdir les jambes dans l'allégresse. Une techno anglo-saxonne happy et sautillante que j'affecte énormément.

1/ BIZARRE INC "Raise Me" : un titre qui a été l'un des "berceaux" (musique de fond lors des interventions de l'animateur) de la Skyrock Max Party. Un grand assemblage de samples et un gimmick qui décape tout du sol au plafond.

2/ AXWELL "I found you" (Remode) : Le suédois Axwell est indéniablement l'un des plus doués de la jeune génération. Il fait partie de ceux que je peux écouter sans souffrir car, même d'inspiration électro, il a su garder la vibe (son concept MANBANA avec "Libre" et "No reason" + son tube "Watch the sunrise"). Le remix de Tocadisco mérite aussi votre écoute. Quant au mix original (Classic Mix), plus pop, il démontre la musicalité innée de ce producteur. L'école suédoise a encore frappé.

3/ THE DISCO FREAKS "Disco Flash" : l'une des premières signatures du label North Records crée en 1996 par BMG et dirigé par Claude Monnet. Suivra un autre tube, "Come on" de CARAYCA , réalisé par Antoine Clamaran et l'un des vendeurs du magasin de disques parisien Discoparnasse, Raymond Cazaux.

Le sample de cri utilisé provient de "Velocity Funk" de E-Dancer aka Kevin Saunderson et je suppose que lui-même l'avait samplé ailleurs.
Il amortira d'ailleurs son gimmick en l'utilisant intégralement pour les besoins d'un remix de Cameo, "Money" (Reese Revamp mix)... un culot à la Todd Terry !

4/ VALERIA VIX "Viciosa" : en pleine vague de libertinage (20 Fingers, Pussy...) dans les clubs, les italiens ne pouvaient pas être en reste. Scorpio rafle la mise avec cette Valeria Vix au pseudo d'actrice porno pour un titre tribal-house plébiscité par les DJ's français.

5/ NUSH "Move that body" : de la techno british mâtinée de piano-house. C'est simple et efficace, digne du savoir-faire de ceux qui nous appellent vulgairement les "froggies" (mangeurs de grenouilles), encore un cliché éculé qui perdure ! "Move your body" sera l'ultime single de ce duo à la carrière extrêmement brève. Dommage.

6/ LISA MAY "The curse of Voodoo Ray" : Je soupçonne le pétulant DJ anglais Tall Paul de se cacher derrière ce pseudo pour ce remix dévastateur du tube de A GUY CALLED GERALD.
Si ce n'est lui, ce ne peut être que Tony de Vit, autre fou furieux hélas décédé qui évoluait dans le même registre.

7/ CLAUDIA CHIN "Love power" : signé en toute discrétion chez Sony Dance Pool en France (je n'avais reçu qu'un white label), c'est cependant un remix magistral exécuté par l'équipe de Cleveland City Records. Pourquoi cette merveille de happy house est-elle passée inaperçue ? encore un mystère inexplicable. Il faut dire que la handbag n'était pas la tasse de thé du label, ceci expliquant cela.

8/ ESCRIMA "Train of thought" : signature du label GOING GLOBAL SERIES, "branche branchée "de la major Barclay, ce titre que l'on doit à Tall Paul me rappelle une anecdote amusante. J'avais rencontré, le jeune directeur artistique de l'époque, Pierre Paparemborde et, immédiatement après les présentations, il avait tenu à préciser "qu'il n'avait rien à voir avec le rugbyman Robert Paparemborde", comme si cela pouvait représenter une honte dans le milieu très élitiste de la techno, surtout à l'époque chez Barclay (cf. l'autre label, F Communications). Il aurait été le neveu de Patrick Sébastien que j'aurais éventuellement eu des craintes qu'artistiquement il fasse "tourner les serviettes", mais face à un membre de la famille de ce guerrier du XV de France que fut Paparemborde, je n'avais pas d'a priori.
Le fait est qu'un soir de 2000, je retrouvai ce Pierre parmi le staff d'un bar branché de la Rue Montmartre qu'avait repris Robert Paparemborde ! mais sans doute avait-il quitté le petit monde snobinard des maisons de disque de l'époque.

9/ S-EXPRESS "Theme from S-Express" : un remix du spécialiste de la hardbag anglaise et précisement de la "Nu-Energy", le DJ Tony De Vit hélas disparu suite à une pneumonie en 1998. Après avoir commencé modestement sa carrière au Nightingale de Birmingham, il fut résident au Cream de Liverpool et au Ministry of Sound de Londres.

10/ PIANOHEADZ "Distortion" : un pseudo sous lequel se dissimulent Erick Morillo (Reel 2 Real, Lil' Mo Yin Yang...)) et José Nuñez (Da Mob, Smooth Touch et son hit "In my life"...). Ce remix de Perpetual Motion, largement technoïsé, est calibré pour les pistes d'Ibiza.

11/ CAMISRA "Let me show you" : A nouveau Tall Paul à l'honneur pour ce recyclage énervé du "Make the world go round" de SANDY B.

12/ D:REAM "The power" (POB vs X-AVIA Seismix) : un boys band passé à la moulinette trance par l'anglais Paul Brogden. Nous n'avions pas eu droit à ce genre de mix avec nos Alliage et autres 2Be3.

13/ D.O.P. "Groovy beat" : un vynil acheté chez Disco Gallery, petit magasin du centre-ville d'Ibiza. C'est Tall Paul et Darren Strokes aka The Goodfellos qui réalisent ce titre hardbag absolument incontournable.

vendredi 23 octobre 2009

N° 41 : Smooth beginning...brutal ending (Masters at Work famous dubs, Mousse T, CJ Mackintosh, rave anthems)

Set non disponible


D'aucuns vont crier au scandale. D'autres salueront la progression du set.
"Mais pourquoi n'est-il pas resté deep durant tout le mix !".

Eh bien, je dirais qu'en conditions "live" la règle est de varier les styles afin que l'on n'assiste pas à quelques endormissements. Une heure de pur garage et la piste se viderait irrémédiablement.

Plus de 30 ans de dee-jaying, l'analyse des sets des meilleurs DJ's mondiaux... oui ! embarquer les danseurs dans des univers toujours différents est le maître-mot pour garder leur attention. Même un Louie Vega, pourtant très soft, durcit parfois le mouvement dans ses sets.
Le dancefloor a besoin de cette progression de l'intensité des morceaux puisque le rythme cardiaque s'accélère peu à peu.

Larry Levan, David Mancuso et Frankie Knuckles n'hésitaient pas à brusquement bifurquer, un "coup de volant" qui faisait tanguer la piste et surprenait le public.
"Eclectique ou rien", leur devise est aussi mienne.

Démarrage par un petit hommage aux dubs des Masters at Work. Chacun de leurs maxis en comprenait au moins un. Souvent plus joués que leurs mixes vocaux, ces dubs avaient le pouvoir de rester captivants jusqu'au bout.
On peut donc parler de "génies du dub" alors que le dub fut longtemps un simple exercice torché à la va-vite, sans grand intérêt musical et destiné à remplir les faces B des maxis.
Quelques maîtres comme François K, Shep Pettibone ou David Morales ont brillé dans cet exercice oh combien difficile.

1/ LIL' LOUIS & THE WORLD "Saved my life" (Masters At Work Dub) : quelques bribes de phrases, un Rhodes envoûtant et le tour est joué.

2/ MASTERS AT WORK feat. India "I can't get no sleep" : titre-révélation pour INDIA, la compagne de Louie Vega. Ce titre figure encore en bonne place dans les sets des meilleurs DJ's internationaux.

3/ Mr FINGERS "What about this love?" (Masters At Work Dub) : l'original était un monument de la deep-house, les Masters conservent l'atmosphère, usant avec bonheur de ce piano électrique aux accords graves et contrariés à souhait. Bien plus que l'orgue, le piano électrique n'est-il pas l'instrument symbolique de la soulful house ?

J'incorpore l'acapella de "The player" de FIRST CHOICE, l'envie de mash-up me démangeant.

4/ LONNIE GORDON "Bad Mood" (Masters At Work Dub) : un très mauvais maxi double pack de Lonnie Gordon ("Gonna catch you", "Happening all over again") qui n'est sauvé du naufrage que par ce seul dub des Masters !

5/ LIBERTY CITY "Some lovin'" : Danny Tenaglia se surpasse dans cette sublime version deep d'un titre de MURK à l'origine plutôt casse-pieds.
Je vous propose ici la version vocale mais le must du maxi reste son "Deep State Mix" qui finira bien par venir dans mes sets.
Appréciez la qualité de la production (le "gros son" signé Danny) et le soin apporté dans les effets stéréo.

6/ INCOGNITO "Givin' it up" (Roger's Deep Dub) : amateurs de dubs, vous êtes vraiment comblés ! Extrait d'un excellent double pack sorti sur Talkin' Loud, Roger S livre pas moins de 7 versions dont ce mix récurrent dans les sets de Louie Vega. Je l'enrichis de l'acapella de "The love" par KARIZMA. Les ponctuations vocales ("bah-bah-bah !") sont piquées sur l'éternel acapella des PEECH BOYS, "Don't make me wait".

7/ JODECI "You got it" : découvert sur le triple pack du Ministry of Sound sessions 3 consacré à Clivillés & Cole (encore un indispensable !), ce remix garage de CJ Mackintosh relève nettement le niveau d'un original hip-hop peu enthousiasmant.
La house possède ce don de transformer une piquette de supermarché en Margaux Grand Cru Classé 1855.

8/ D'JAIMIN & DJAYBEE "Fever" : Sorti sur un sous-label de Scorpio en France, ce titre est remixé par le trio allemand : Mousse T- Boris Dlugosch-Michael Lange (Dj résident du Front Club de Hambourg, il a contribué à la popularisation de la house music en Allemagne).
Je pense à coup sûr que le sample du gimmick est extrait de l'intro de Let Your Feelings Show de Earth, Wind & Fire.

9/ ANN NESBY "Hold on" : Ann Nesby est la lead singer de Sounds of Blackness. Entamant une carrière solo en 1996, son album "I'm here for you" contient deux titres essentiels : "Can i get a witness" et "Hold on", tous deux remixés notamment par Mousse T.

10/ MONIE LOVE "Grandpa's party" : voilà un excellent souvenir du Skyrock Skydance ! Un "hip-house style" pourtant remixé par des maîtres du cool tempo : Nellee Hopper et Jazzy B , les fondateurs de Soul II Soul.
Monie Love, rappeuse britannique au flow imparable, avait déjà attiré mon attention avec "I can do this" programmé aussi par RLP et qui samplait l'intro de "And the beat goes on" des WHISPERS.
Je l'avais programmé régulièrement dans le Top Dance Megamix avec "Down to earth" et surtout "It's a shame" (reprise des DETROIT SPINNERS) et je vous l'ai déjà présentée en début d'année avec le fameux "Born to B.R.E.ED." dans un mix classieux de Steve "Silk" Hurley.

11/ HITHOUSE "Jack to the sound of the underground" : le pauvre Peter Slaguish, producteur hollandais auteur de ce "classique" virevoltant et bourré de samples, ne profita pas longtemps de sa gloire naissante. Il périt dans un accident de voiture en 1991, trois ans après la sortie de son seul véritable tube dont voici le Melt Down Mix, version au son prodigieux pour l'époque.

12/ TOGETHER "Hardcore uproar" : un des hymnes de l'Haçienda de Manchester et de feue la radio MAXXIMUM à Paris en 1990.
Le titre du morceau est celui de la rave party au cours de laquelle Jonathan Donaghy et Suddi Raval, les deux producteurs, firent connaissance. Malheureusement, Jonathan Donaghy décéda dans un accident de moto à Ibiza un mois après la sortie du single alors que celui-ci avait atteint la 12ème place des charts anglais, promettant une belle carrière à TOGETHER.

13/ MALCOLM McLAREN "Magic's back" : l'ancien producteur des SEX PISTOLS vend son âme au diable en s'acoquinant avec Stock & Waterman, deux des plus grands producteurs de pop-dance anglais au palmarès édifiant : des N° 1 dans le pop chart avec Dead or Alive ("You spin me round"), Mel & Kim ("Respectable"), Rick Astley ("Never gonna give you up"), Kylie Minogue ("I should be so lucky", "Hand on your heart") et Sonia ("You'll never stop me from loving you").
Ce titre parfait et totalement rave, programmé aussi dans mon Top Dance Megamix, est le thème du téléfilm "The Ghosts of Oxford Street" réalisé par McLaren en 1991 et qui relate la saga de la célèbre rue commerçante londonienne.
Au chant, une voix bientôt célèbre...Alison Limerick.

vendredi 16 octobre 2009

N° 40 : Patch Club Classics (Bobby Thurston, Maxine Singleton, War, T-Connection...)

Set non disponible



Coïncidence, l'un des employés du Patch, aujourd'hui exilé en Alsace, vient de m'écrire, ayant trouvé mon blog lors d'une recherche sur ce club légendaire dans Google.
Curieusement, il ne m'avait pas identifié alors que nous nous connaissions très bien et allions ensemble le dimanche soir dans ces fameuses soirées du Palace qui ont forgé une grande partie de ma culture musicale.
Au passage, merci encore à ce DJ blond et inconnu qui mixait comme un dieu des titres insignes, du haut du balcon gauche de la scène. Sans lui, je crois que mes fins de semaines auraient été moins flamboyantes.

1/ WAR "Galaxy" (Original 12") : pour démarrer ce set, une version disco assez rare de "Galaxy", titre mythique et populaire de 1978. Et pourtant, son ambiance plutôt jazz l'aurait plutôt destiné à un public de connaisseurs. Mais la clientèle du Patch Club, habillée sur son 31, les oreilles éduquées par les "messagers du groove" qu'étaient les propriétaires, se jetait sur la piste dès les premières notes de l'intro.

Imaginez un tel disque produit en 2009 ; il n'aurait même pas les honneurs des charts, restant l'apanage de DJ's audacieux et éclectiques sévissant dans quelques bars musicaux très pointus.

2/ BOBBY THURSTON "You've got what it takes" : le switch parfait entre disco et funky music. Un album éponyme à la gravure et au mixage exemplaires. Maintes fois joué au Patch Club, il faut aussi un hymne du Palace. Le solo de guitare de l'ad lib est un des plus grands moments de la musique club. Il est signé Rodney Brown, mixeur du titre et producteur d'autres perles comme :
  • Can you handle it (Sharon Redd)
  • Love fever (Gayle Adams)
  • Check out the groove (Bobby Thurston)
Le jour où un producteur s'avise de sortir un single de ce calibre, qu'on me prévienne immédiatement.

3/ D TRAIN "You're the one for me" : un "Mastermix" de Shep Pettibone, producteur déjà longuement évoqué dans ce blog.

4/ MAXINE SINGLETON "You can't run from love" : deux tubes et puis s'en va. Ce maxi purement funky de 1982 est emblématique du son "Patch Club". Il est produit par Curtis Hudson, un producteur dont je vous reparlerai bientôt avec "Body Work" de HOT STREAK, autre titre historique.

5/ T-CONNECTION "Girl watching" : la particularité du Patch Club était d'acheter les albums des artistes plutôt que les maxis et de décortiquer chaque titre pour fabriquer les tubes "maison". Jamais sorti en single et figurant sur l'album "Pure & Natural" de 1982, "Girl watching" est de ceux-là avec ce swing imparable qui caractérise les productions de T-Connection ("Do what you wanna do", "At midnight").

De nos jours, les versions des albums (quand ceux-ci existent) sont produites en format court, l'armada de remixes des tubes potentiels qu'ils renferment précédant généralement leur sortie.

6/ ANTIGUA MANAGUE "Do that funky groove" : on ne quitte pas tout à fait les années 80 avec ce "double A-Side maxi" de 1995 produit par Don Carlos ("Love and devotion"). Le sample est pris sur "Check out the groove" de Bobby Thurston qui figure dans le même album que "You've got what it takes".

7/ JOEY NEGRO "What a life" : L'anglais est décidement inévitable dans mes sets. Voici sa relecture d'un vieux tube français signé des GIBSONS BROTHERS. Leur plus gros succès, "Cuba" (1980) obtint 14 disques d'or et fut N°1 dans 16 pays, se classant à une honorable 9ème place dans le Billboard américain. On notera également "Que sera mi vida" (5 millions d'exemplaires vendus) et "Better do it salsa" mais on oubliera leur travail sur "T'as le look Coco" de Laroche Valmont !

8/ NUYORICAN SOUL "Runaway" : un remix de Mousse T d'un titre figurant sur l'indispensable album des Masters at Work, "Nuyorican Soul" (1997), constellé d'hommages à tous ceux qui ont bâti leur culture (Roy Ayers, Tito Puente, Vincent Montana Jr., George Benson, Rotary Connection...). "Runaway", chanté ici par India est une reprise sur THE SALSOUL ORCHESTRA dont la chanteuse était Loleatta Holloway.

9/ BETTY FORD PROJECT "Wanna touch me" : une production des Rhythm Masters qui emprunte la ligne de basse de "Running away" de Roy Ayers, hit de 1978 dont Seamus Haji a d'ailleurs réalisé une excellente version pour BELEZAMUSICA en 2004.

10/ MOUSSE T vs HOT 'N' JUICY "Horny" : Boris Dlugosch rend la pareille à son pote Mousse T pour ce remix classe et jazzy de l'un des tubes planétaires de l'année 1997.

11/ THE NIGHTCRAWLERS "Push the feeling on" : le mix original avait conquis le monde, la version de MK pare l'arrangement d'un refrain choral qui hausse le niveau. Peu satisfait par l'arrangement original, je réédite légèrement le titre à ma sauce, la partie aux accords "garage"arrivant beaucoup plus tôt.

12/ DEE "Feeling hm-pa-paa-paaa" : le duo B. Dlugosch-Mousse T nous livre un dub underground "à la Masters at Work" avec des accords de piano Rhodes entêtants et une charleston, véritable salisson qui ordonne la mesure.

vendredi 9 octobre 2009

N° 39 : Diving in the underground (Underground Sound Of Lisbon, Rollo, George Morel, The Boss...)

Set non disponible



1/ S.S.R. "To be house" : une des premières "italieneries" que j'ai jouées dans mes Top Dance Megamixes. J'avais été séduit par cette utilisation intéressante du "Can you feel it" de Mr Fingers (un monument de la deep-house) auquel Bortolotti avait fait ajouter une nouvelle mélodie.

2/ CE CE ROGERS "Brothers and sisters" : "joué par Maurice Joshua dans son set pour la Max Party ! ". Comme le ferait l'appellation "Vu à la télé", c'est un titre qui doit rassurer l'auditeur par sa qualité supposée... et vous ne serez pas déçus ! Ce House mix est l'œuvre de Kerri Chandler, l'un des plus prolifiques producteurs américains avec bientôt 20 ans de carrière au compteur.

Ce Ce Rogers est l'auteur du classique tube garage-gospel "Someday" sorti en 1987 et produit par Marshall Jefferson. Chanteur à messages, il restera cependant dans la pénombre de l'underground, capté une seule fois par la lumière des projecteurs lors de la sortie du single "All join hands" remixé par David Morales en 1990.

3/ MOREL'S GROOVE PT. 7 "A touch of jazz" : les 11 volumes des Morel's Grooves ont fait le bonheur du label Strictly Rhythm. Très inégaux, ils restent l'apanage de la frange la plus underground des house lovers. J'ai saupoudré ce titre de l'acapella de "The time is now" de MOLOKO.

4/AMIRA "Walk" : le turco-allemand Mousse T. propose un arrangement dans la lignée du phénoménal remix de "Keep pushin'" de BORIS DLUGOSCH, titre qui l'avait fait connaître en 1995.

5/ THE HED BOYS "Girls + boys" : Joey Negro et son acolyte le Docteur Livingstone sévissent encore. Le sample du gimmick m'évoque immédiatement "Jingo" de CANDIDO et je réalise donc un mash-up pour l'occasion.
Autre sample : "Girls out on the floor" de Jesse Velez (1985) , un obscur (un de plus !) titre house sorti sur le label de Chicago, Trax Records.
1985-1987 : trois années de grand flottement dans la dance music, 3 années d'errances dans ses conjectures, la funky music agonisant avec avoir pactisé avec les boîtes à rythmes, la house music balbutiant en proposant des titres musicalement plus que discutables.

Finalement, c'est lorsque cette house a commencé à devenir écoutable pour le plus grand nombre que Skyrock et RLP lui ont offert une formidable tribune avec le Skydance, me permettant d'accrocher in extremis le wagon de queue au lieu de bifurquer vers une autre vie plus pépère et emplie de nostalgie.

6/ FREAK POWER "Turn on, tune in, cop out" : l'analogie entre les deux arrangements (notamment la ligne de basse) m'amène tout naturellement à enchaîner sur le seul tube de ce groupe créé par Norman Cook (Fatboy Slim). Le remix est signé des PLAYBOYS, duo dans lequel on retrouve John Reid (Pizzaman, Nightcrawlers).
"Turn on, tune in, cop out" est un détournement du slogan hippie des années 60 "Turning on, tuning in and dropping out" qui signifie "S'exciter, se brancher et tout plaquer", un beau symbole solipsiste.

7/ UNDERGROUND SOUND OF LISBON "So get up" : au milieu des années 90, on sut que Lisbonne était la nouvelle place chaude de la house européenne, une capitale capable de supplanter une Ibiza à la réputation surfaite. Ce premier "scud" signé chez l'honorable maison TRIBAL AMERICA aurait pu être le signe annonciateur d'une "portuguese touch" mais il n'en fut rien. Cependant, l'ambiance nocturne semble y être prometteuse et cosy : www.golisbon.com/night-life/clubs.html

8/ Mr & Mrs SMITH "Gotta get loose" : pas de Brad Pitt et d'Angelina Jolie ici mais une production méconnue du label Hooj Choons fondé par le DJ Jerry Dickens pour arrondir ses fins de mois. La gloire viendra en 1992 avec le tube de Felix "Don't you want me" concocté par Rollo (Faithless). Hooj Choons est assez emblématique de la handbag house avec des artistes comme JX ("Son of a gun"), Andronicus ("Make you whole"), Tin Tin Out ("The feeling") ou Hyper Go Go ("High").

9/ THE BOSS "Congo" (D Max Mix +) : un set underground sans Morales perdrait de sa saveur. Un rythme batucada emprunté au "Give it up" des GOOD MEN ou bien au "Batucada" de DJ DERO ? qui sait. Le cri est celui de Loleatta Holloway sur "Crash goes love", morceau dont le précieux acapella a été utilisé pour le tube de SPACE MASTER "I need you"et le "Witch Docktor" de Armand Van Helden, pour n'en citer que quelques-uns.
Je réalise un mash-up avec l'acapella de"I pray" par ALYSHA WARREN.

10/ REEL 2 REAL "Can you feel it?" : de la même veine que les 3 premiers titres du groupe. C'est cependant le dernier tube en France, le concept ayant sans doute fini par lasser.

11/ COOL JACK "Jus' Come" : un très efficace remix des Rhythm Masters qui reprend un gimmick conçu par Todd Terry et utilisé - avec un culot monstre - par ce dernier sur différents remixes d'artistes au début des années 90. Cette production sortie sur le label Airplay en France en 1996 est restée très confidentielle, les mixes "hard house" de Sharp et des Rhythm Masters n'ayant pas été retenus.

12/ THE O.T. QUARTET "Hold that sucker down" : Encore un chef d'œuvre de Rollo avec ce titre "trance" qui bénéficiera d'une importante série de remixes dont ce Brutal Mix. Finaud comme pas un, le label français Happy Music signera l'une de ses plus belles réussites commerciales, empochant le jackpot dans la foulée avec les tubes de FAITHLESS et la série des Rollo :
"Rollo va au Camping"
"Rollo devient mystique"
"Rolo devient spirituel"

Le mix étant totalement instrumental, je glisse furtivement l'acapella de "Keep it comin'" par C & C MUSIC FACTORY.

13/ FAITHLESS "Insomnia" (Monster Mix) : de retour de Londres avec le joyau, j'avais réussi à convaincre mon Directeur des Programmes de le jouer avant tous nos concurrents des gros réseaux FM. Une des rares fois où j'ai pu imposer un titre totalement underground sur cette radio alors d'une frilosité croissante.

Amateurs de groove, le funk des années 80 revient en force la semaine prochaine.