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vendredi 13 juillet 2012

N° 159 : The Hyper Groove Megamix (Dazz Band, Richard John Smith, Paula Abdul...)


Set non disponible

Salut à toutes et à tous,

Dernier set avant les vacances !
A partir de la semaine prochaine, diffusion d'archives du Skyrock Top Dance Megamix (j'ai encore plein de K7 dans ma besace).

Concernant mon actu, un nouveau single trance (chanté en français et anglais) a été confié à une grosse promo médias parisienne, en espérant une sortie pour septembre.
Je vous communiquerai toutes les infos sur ce disque s'il à la chance d'être signé et vous le ferai découvrir le moment opportun.

Il est également possible que l'un de mes sets inédits soit diffusé dans Better Days sur NRJ durant l'été. Je vous en informerai en temps voulu et le podcasterai sur DjPod après sa diffusion.

Retour de mes podcasts le vendredi 14 septembre.

Bonnes vacances à toutes et à tous et merci pour votre fidélité.

Pour finir en beauté cette saison, voici une programmation qui a évité les poncifs du genre funk, avec du lourd, du très lourd, des classiques du Patch Club comme "Let it all blow" de DAZZ BAND, l'un des derniers disques de vrai funk sorti au milieu des années 80.
Je l'avais acheté chez Discoparnasse après bien des écoutes de maxis sans âme et je me morfondais de ne plus rien avoir à mixer.
J'avais alors demandé au patron s'il avait en stock d'autres titres funk de cette veine des grands titres du début de la décennie et il m'avait répondu sans aucune émotion "Non, il n'y a plus rien qui sort dans le funk que vous cherchez, je suis désolé".

2 ans après, la house apparaissait, mais le Patch Club était déjà mort.

Playlist de ce set :

PM DAWN "Reality used to be a friend of mine" (Club Mix)
THE EARONS "Land of hunger
COLLINA "Babe what's goin' on" (Club Version)
THE PIONEERS "The ultimate mix" (Tokapi's Slammin')
SHARON REDD "Can you handle it" (Francois K Mix)
MADONNA "Open your heart" (Extended)
RICHARD JOHN SMITH "She's the master of the game" (Extended)
DEADLY SINS "Instant dub" (Dolce Gusto Edit)
DAZZ BAND "Let it all blow" (Original Album Version)
PAULA ABDUL "Opposites attract" (Dub Version)
I LEVEL "Minefield"
BIG TONY "Can't get enough"

vendredi 16 avril 2010

N° 64 : From funky soul to hardcore house (Skyrock Dance Classics, Narada Michael Walden, Depeche Mode,Tyree...)

Set non disponible

1/ REVELATION "Feel it" : obscure production du début de l'ère funky, elle fut révélée dans l'émission "Destination Planète 7" (animateurs : Smith & Wesson et Fool Astral) sur l'antenne de Radio 7, première radio du service public destinée aux jeunes.
Un arrangement "philly" ciselé porte une mélodie mémorable et un break parfaitement amené.

2/ SHARON REDD "Never give you up" : Dimitri From Paris avait remixé ce vieux "Prelude Records" de la défunte interprète de "Can you handle it?", mais ma préférence va à l'original.

3/ NARADA MICHAEL WALDEN "I want you" : deux albums d'anthologie ("The Dance Of Life" et "Victory" dont est extrait ce titre), une voix de falsetto... un producteur-musicien-interprète de haute volée.
Il produira notamment les "cultissimes" (j'ose un petit barbarisme - ça faisait longtemps - que Jean-Loup Chifflet et consors me pardonnent, ça me démangeait) albums de :
  • Stacy Lattisaw : "Let me be your angel" (1980)
  • Sister Sledge : "All american girls" (1981)
  • Whitney Houston : "Whitney Houston" (1985)
  • Lionel Richie : "Dancing on the ceiling" (1986)
4/ THE GALLERY Vol. II "Tee's Happy" : un re-edit en "bootleg" du fameux dub de NORTHEND réalisé par Tee Scott en 1981.
La face A ("Happy days") est souvent créditée à Michelle Wallace, l'interprète du titre.
Le géant Arthur Baker signe déjà la composition et la production du titre.
A noter un clap électronique au son inoubliable qui marquera le début du règne de la funky music.

Glissement vers les glorieuses années de Skyrock.

5/ 49ers "Die Walküre" : stupeur chez les puriste ! le DJ dérive vers la house italienne sans crier gare. Véritable pandémonium, cette production Bortolotti débridée au bassdrum énorme fit un tabac dans les clubs français durant la courte période de la mode New Beat (1988).
Parmi les innombrables samples, le riff de guitare de Chaz Jankel sur "Glad to know you".

6/ NOMAD "(I wanna give you) devotion" : grand classique du Skyrock Top Dance Megamix, ce remix DMC signé Mike Gray était l'alternative rêvée au multi-rabâché original qui fit également fureur en club.
Mais au fait, qui saura dire d'où provient le sample de saxophone ? Ce que l'on sait, c'est que le mini-refrain est inspiré de l'accapella de "Devotion" de Ten City.
Je suppose que le producteur a essayé plusieurs accapellas sur son instrumental et à jugé ce dernier le plus adéquat.

7/ PAULA ABDUL "Vibeology" : autre classique du Skyrock Top Dance, c'est hélas l'un des remixes les moins connus de Steve Silk Hurley. Mis à part l'arrangement totalement destructuré, c'est le sax trituré dans tous les sens qui apporte la folie au remix.

8/ MADONNA "Vogue" : signé Shep Pettibone, RLP adorait ce remix très classe (à l'instar de la danse à laquelle il fait allusion).
J'estime que ce titre marqua l'apogée de la carrière de Madonna en club et que l'inexorable déclin se produisit dès lors qu'elle se passa des services de celui qui l'avait propulsé au sommet.
Ce n'est pas le pathétique "Confessions on a dancefloor" (2005) dont on retiendra juste le single "Get together" qui redora le blason de la "croqueuse d'hommes" désormais subclaquante.
Son dernier amant, une espèce de godelureau, s'improvise désormais D.J., déshonorant la profession.

9/ BLACK BOX "Strike it up" : j'ai adoré jouer ce maxi dans le Top Dance Megamix. Voici l'original mais le mix de DJ Lelewel est encore plus magique. Un maxi où chaque plage est merveilleuse, un "must have" dans votre discothèque.
Appréciez l'utilisation judicieuse du roll de batterie de "Reach out, I'll be there" de GLORIA GAYNOR dans les transitions.
Pour l'anecdote, son album comportait une face A enchaînée sans blanc spécialement pour les DJ's ce qui représentait une première pour l'époque (1975), une idée fantastique qui avait germé dans l'esprit du producteur Tom Moulton. Trois tubes à la suite (dont le fameux "Never can say goodbye"), le DJ avait le temps d'aller boire un coup.

10, 11 & 12/ FPI PROJECT presents Rich In Paradise "Going back to my roots" ;
ATMOSPHERE "Atm'Oz-Fear" (Original Mix Double Beat) ;
KLF "3 a.m. eternal" (Guns Of Mu Mu) : 3 titres symboliques de l'époque Maxximum.
Les fêlés de KLF ont été les chouchous de cette radio du Forum des Halles. Révélés par "What time is love?", leur ultime single, "Last train to trancentral" sera l'une des plus grosses ventes de l'année 1991. Production au son énorme, elle sera classée dans le Top Dance tout comme ce "3 a.m. eternal".
Pour FPI PROJECT, ne manquez pas de prêter une oreille attentive à l'original de Lamont Dozier qui est un sommet de la soul music (eh oui, le tube d'ODYSSEY n'était qu'une reprise, brillante certes, mais reprise quand même).
Quant à ATMOSHERE, on se doute bien à l'écoute que ce vent froid vient de Belgique.

13/ DEPECHE MODE "Strange love" : l'atmosphère devient glaciale - j'ai failli nommer ce set "It's gettin' colder" - et ce maxi de Depeche Mode de 1987 reste redoutable malgré le poids des ans.

14/ E-MELLO "Situation" : reprise de YAZOO (groupe fondé par Vince Clarke, ex-membre de DEPECHE MODE), ce titre de 1982 est, à l'origine, une simple face B du tube mondial "Don't go".
La version d'E-MELLO sera un succès mémorable du début de l'année 1991 dans les clubs français et je le jouerai à maintes reprises. Ce rappeur anglais fera également le bonheur de BASS BUMPERS sur le hit "The music got me".

15/ Final hardcore avec la house de Chicago de TYREE. "Hardcore Hip house" est un classique du Skydance et reprend quelques bribes du "Promised land" de JOE SMOOTH.
Ceci est la version des anglais de Double Trouble.

lundi 1 juin 2009

N° 22 : Patch Club All-Stars (Stephanie Mills, Sharon Redd, Serge Ponsar, Steve Arrington...)


Set non disponible





L'heure est venue de rendre hommage à ce club, terreau de ma culture musicale.

Le Patch Club était situé sur les bords de Marne, à La Varenne Saint-Hilaire dans le Val de Marne.
Il est né avec la disco et a disparu avant l'émergence de la house music, en 1986.

Entreprise familiale tenue d'un main de fer, l'entrée au club se faisait généralement par cooptation et le filtrage était impitoyable. La tenue devait être soignée et le port de baskets était proscrit.

C'est sans nul doute la première discothèque française à avoir joué exclusivement des titres funk américains en import. Le fournisseur était le magasin Champs-Disques situé sur les Champs-Elysées.
Eddy, le patron, était un personnage haut en couleur, très marqué par le mode de vie américain et campé sur des convictions profondes en matière de musique. La légende veut que, devant l'insistance d'un vendeur à lui faire acheter le Rockcollection de Laurent Voulzy, il ait accepté pour casser immédiatement le vynil devant ses yeux médusés !!!

Le Patch Club refusa toujours de figurer dans les fichiers des promos clubs des maisons de disques, préférant cette totale liberté qui permet une audace absolue en matière de programmation. Il est clair que lorsque des titres disco-funk passaient dans le Hit des Clubs RTL de Bernard Schu, il y a belle lurette qu'on ne les jouait plus au Patch Club.

Le lieu exigu (environ 300 personnes maximum) permettait de trier sur le volet ces clients venant de toute la région parisienne pour entendre ce que personne ne jouait ailleurs.

Sanctuaire de l'authentique musique black, la clientèle y était pourtant exclusivement blanche. Je n'ai jamais connu que 2 blacks, clients familiers du boss, qui "faisaient le show" avec talent sur la piste tous les samedis. Ça n'est pas que cette communauté était exclue mais plutôt que le Patch était situé dans l'une des banlieues les plus chic de la région parisienne. Néanmoins, nos blacks français n'étaient, à l'évidence, pas concernés par cette vague disco-funk. D'origine africaine ou antillaise, ils n'avaient que faire d'une musique qu'ils n'avaient pas inventée, à laquelle ils ne pouvaient s'identifier.

Le Patch fut aussi le premier club à disposer d'un large écran vidéo, diffusant clips, documentaires et extraits de films durant la soirée. Combien de clips disco fabuleux étaient projetés en live durant les sets (je repense notamment au titre Let's (Rock'n Roll) du groupe Atlantic Starr).

Afin de surprendre la clientèle en permanence, la déco était remaniée tous les 15 jours.
Ultime singularité, A 5h du matin, un petit déjeuner était offert au bar pour les derniers fêtards.

Après avoir intégré modestement le staff en tant que DJ le dimanche soir, j'ai été choisi pour en devenir le DJ-résident de 1985 à 1986.
Malheureusement pour moi, le DJ précédent et ses goûts de chiottes (Jackie Quartz, Jeanne Mas...) avait fait fuir la clientèle historique, ne me laissant qu'un club exsangue, ringardisé, qui, mis en sommeil progressivement par ses créateurs pour des activités plus juteuses, connut donc une lente agonie, cette agonie pitoyable lorsqu'on a vécu les fastes et la gloire.

Voici un petit florilège des titres-phares sur lesquels le public a vibré ainsi que quelques oeuvres plus tardives.

1/ STEPHANIE MILLS "You can't run from my love" : 1979 fut l'année du grand démarrage avec "Whatcha gonna do with my lovin'" (repris 10 ans plus tard par Inner City) puis vint ce tube imparable, les deux titres étant l'oeuvre le duo James Mtume-Reggie Lucas.

2/ SHARON REDD "Can you handle it" : hommage à cette chanteuse disparue trop tôt avec la version originale. Il me paraît cependant assez indispensable de s'offrir une séance d'extase sur le dub de François K qui porte aux nues l'instrumental jazzy et cette furieuse guitare wah-wah qui s'imagine par moments entre les mains de George Benson. Si l'on devait symboliser la quintessence des arrangements du label Prelude, il pourrait bien être l'Elu. Ce fut l'un des hymnes de mes soirées Palace.

3/ CENTRAL LINE "Walking on sunshine" : cette version originale me parait supérieure à celle de Larry Levan qui, sans doute peu inspiré le jour du mix, enleva carrément les reverbs sur les pistes essentielles dont celles des voix !

4/ SERGE PONSAR "Out in the night" : une excellente production signée par le vétéran John Luongo que j'évoquerai dans un prochain article. Après ce "one shot" funky, Ponsar bifurqua vers le zouk. Il mourut prématurément au début des années 90.

5/ VESTA WILLIAMS "Once bitten twice shy" : une découverte du Skydance ! ancienne choriste, notamment de Chaka Khan, Vesta sort son premier album solo en 1986. Once bitten twice shy est un titre d'une puissance et d'une clarté extraordinaires ; il est mixé par Steve Hodge qui a travaillé sur des singles de Janet Jackson (Let's wait awhile, Control) ou Alexander O' Neal (Criticize).

6/ JOHNNY GILL "Rub you the right way" : en congé de son groupe, New Edition, il signe ici l'un des plus gros hits de sa carrière solo (1990), un titre martelé par RLP dans le Skydance. Son ancien collègue, Bobby Brown, qui avait quitté le groupe dès 1986, montra la voie avec ses tubes Don't be cruel, Every little step, On our own et My prerogative.

7/ JAMES BROWN "Static" : le décalage d'1/8ème de temps avec un mix en switch de deux titres identiques fut une révélation pour moi lorsque je l'entendis réalisé dans un Skydance megamix sur le Static de James Brown. Je rejoue avec délectation cette partition étrange pour ce set. C'est le rappeur E-Crof et ses scratches démoniaques qui ont la part belle dans ce mix d'anthologie, le Godfather of Soul étant réduit à un simple accessoire.

8/ et 9/ PRINCE "Get Off" (Urge Mix et Flutstramental) : deux mixes géniaux, fruits d'un Steve Silk Hurley touché par la grâce ; le premier, très swing et totalement jazz avec ses accords de piano contrariés ; le deuxième, plus house et binaire qui met en valeur la flûte traversière. Étrangement, ce Urge Mix est, en fait, son Houstyle Mix, mais Steve Hurley n'est pas crédité sur la pochette !! une grosse bavure ???

10/ CLIVE GRIFFIN "I'll be waiting" : une production Morales de 1991 avec des accords de piano qui rappellent le titre Human de Human League. Le petit gimmick de voix est aussi utilisé dans le Unfinished Sympathy de Massive Attack. Portée par un arrangement symphonique, cette voix très proche de celle de Rick Astley est calibrée pour le marché anglais.

11/ STEVE ARRINGTON "Feel so real" : Steve Arrington est un ancien membre du groupe funk, SLAVE. Progressivement investi dans une mission christique, il prit le virage gospel vers 1986. Ce morceau fut l'un des hymnes du Patch Club, le genre de titre festif "à la All night long" que l'on joue sans crainte à l'heure de pointe. C'est le follow-up d'un autre titre de la même veine, Dancing in the key of life (1985).

12/ DAYTON "The sound of music" : un titre curieusement ignoré par le Patch Club. Au début des années 80, face aux innombrables sorties de titres tous aussi fabuleux les uns que les autres et malgré les visites régulières au magasin Champs-Disques, il a pu arriver que le DJ laisse filer un ou deux joyaux. Les sans-fautes n'existent pas. DAYTON fut, comme ZAPP, SLAVE, LAKESIDE, DAZZ BAND et OHIO PLAYERS, l'un des nombreux groupes funk originaires de l'Ohio. Dayton est d'ailleurs le nom d'une ville de cet Etat.
Extrait de son 4ème album, Feel the music, le single The sound of music (et son intro vocodée) résonne comme le seul véritable hit du groupe.

13/ STEPHANIE MILLS "The medicine song" : énorme, énorme ! coup de chapeau à Mark Berry pour avoir réalisé un arrangement aussi impressionnant. Des toms qui martèlent, une ligne de synthé-basse carrément électro, les murs de l'ancien Patch Club en tremblent encore.

14/ BAR-KAYS "Sexomatic" : un titre qui marque la conversion définitive du funk aux boîtes à rythme. C'est encore cet incroyable Mark Berry que l'on retrouve à la production. J'avoue que le tournant métronomique et froid pris par le funk a marqué le début de mon désintérêt pour cette musique. Je me revois encore en 1986, errant dans les magasins de disques à la recherche de titres possédant encore un peu de groove. Cette année-là marqua donc la mort définitive de la musique club dans sa forme originelle, c'est à dire jouée par de vrais musiciens (batteur, bassiste, guitariste et éventuellemement section de cuivres). Mais, aux ordres de l'évolutionnisme darwinien, l'oreille finit par capituler et s'adapter. Et la house finit par déferler.

15/ ALISHA "Baby talk" : le tube retentissant Into the groove de Madonna (1985) enfanta de nombreux clônes dont ce Baby Talk produit par l'inévitable Mark Berry (il faudra que je lui réserve un article !) et remixé par Shep Pettibone. Je crois que la copie vaut largement "l'original", la mélodie pop et son refrain imparable diffusant leurs phéromones de séduction.

16/ BABYFACE "It's no crime" : cet "incontournable" de l'émission Skydance est l'oeuvre d'un des producteurs RnB les plus talentueux. Après avoir travaillé avec des artistes tels que Karyn White, Pebbles, Sheena Easton ou Bobby Brown, sa carrière solo débute véritablement en 1989 avec ce titre. Dès lors, les collaborations prestigieuses s'enchaîneront : Madonna (Take a bow), Whitney Houston (I'm Your Baby Tonight), Boyz II Men (I'll Make Love to You, End of the road), Toni Braxton (Breathe again) et Eric Clapton (Change the world).

mardi 28 avril 2009

N° 16 : Dance floor gems of the 80's (italian funk, break dance, Shep Pettibone, Kiss FM mastermixes, early electro)

Set non disponible






Il me tardait de vous présenter un mix gorgé de ces pépites qui ont jalonné mon parcours de D.J. en club dans les années 80.
Un set qui fait la part belle aux joyaux de la funk italienne, aux chefs d'œuvre de Shep Pettibone tout en dévoilant les premiers pas de l'électro.

1/ UNLIMITED TOUCH "Searching to find the one" : le premier volume des Kiss FM's Mastermixes de Shep Pettibone est un véritable événement dans le monde du clubbing.
Des "bidouillages" qui ont fait la renommée du DJ de cette radio new-yorkaise.
Sur ce mix, il utilise un effet de transposition de voix très utilisé à l'époque. J'imagine qu'il peut s'agir du fameux H910 Harmonizer de la marque EVENTIDE. Le studio de production de SKYROCK et moi-même avons aussi largement recouru aux superbes effets de l'Ultra-Harmonizer H3000 pour réaliser nos productions dans les années 90.

2/ SALSOUL ORCHESTRA "Ooh i love it" : Guerre des orchestres, le match Philadelphie vs. New-York ! la formation new-yorkaise dirigée par Vince Montana profita du déclin de son concurrent MFSB, dépouillé de ses meilleurs éléments par le plus grand label disco de l'histoire, SALSOUL RECORDS. Ce Salsoul Orchestra, véritable fleuron du label, livra des pépites comme Magic Bird of Fire, Runaway (repris par Nuyorican Soul) et surtout Getaway (repris par Earth, Wind & Fire). Ce remix de Ooh i love it (love break) réalisé en 1983 par Shep Pettibone fait curieusement un clin d'oeil au Love is the message de MFSB.

3/ ADVANCE "Take me to the top" : exemple typique de cette funk italienne bâtie avec des groupes éphémères pour réaliser des titres calibrés pour les charts américains. Le mérite en revient ici au directeur artistique du label X-Energy Records. La chanteuse SPAGNA (remember Easy Lady en 1986 !) est créditée en tant que co-compositeur. Elle apparaîtra également sur I don't wanna to be a star de CORONA en 1995.

4/ CHANGE "A lover's holiday" : véritable concept de "requins de studio", cette saga à succès démarra en 1980 par ce tube fulgurant, extrait de l'album The glow of love (N°1 du "black albums charts" du Billboard US pendant 9 semaines). Quel D.J. n'est pas tombé dans le panneau en croyant à une pure production américaine ! Et pourtant tout fut créé en Italie, à Bologne, par le Goodymusic Orchestra dirigé par le maestro Mauro Malavasi (B, B & Q Band, Peter Jacques Band, Macho). Alors que les mélodies et les arrangements étaient joués sur place par des musiciens venus tout droit des États-Unis, les voix des choristes (notamment celle d'un chanteur encore inconnu, Luther Vandross, pour le titre éponyme) étaient enregistrées à New-York. Par cette astuce, personne ne pouvait donc imaginer le résultat qui pouvait être obtenu par les sorciers italiens.
Pour couronner le tout, le futé producteur du concept, Jacques Fred Petrus, n'hésita pas à faire mixer l'album au célèbre studio Power Station pour sonner vraiment "ricain". Cinq albums (dont 4 réellement excellents) suivront jusqu'en 1985.

5/ SHARON BRYANT "Let go" : un titre découvert dans le Skydance et acquis chez un disquaire aixois un jour de température caniculaire (je m'en souviens d'autant que je craignais revenir chez moi avec des disques gondolés !). Sharon Bryant est l'ex-chanteuse du groupe ATLANTIC STARR dont j'ai encore à l'esprit le monumental Let's Rock and roll. Nous diffusions le clip au Patch Club de La Varenne Saint-Hilaire (94), discothèque où j'officiais, mais il n'a pas été possible de le retrouver sur le net.

6/ TYRONE BRUNSON "The Smurf" : les premiers pas de l'électro symbolisés notamment par cet hymne à la gloire du break dance new-yorkais. Le titre fait allusion ici au "smurf", une mode plutôt confidentielle qui consistait à imiter les mouvements d'un robot. C'est la traduction américaine du mot "Schtroumpf". Le clip de la version américaine de la série télé "Les Schtroumpfs" s'intitulant "Let's do the smurf (= imite le Schtroumpf)" et montrant des break dancers, le raccourci était donc tout trouvé. Mais le plus étrange dans l'histoire... est que le titre a été écrit par Otis Redding III, fils de la star de la soul.

7/ HERBIE HANCOCK "Rock it" : même les jazzmen succombent au breakdance ! On retrouve aux scratches l'un des pionniers du hip-hop, Grandmixer D.St.. Il est réputé être le pionnier de cette technique au sein du mouvement hip-hop.

8/ SHARON REDD "Beat the street" : un nouveau "Mastermix" de Shep Pettibone. Outre les traditionnels edits, la technique employée ici consiste à mixer deux disques identiques en décalant le 2ème de deux temps. Je me demande si les DJ's d'aujourd'hui utilisent cet effet totalement hypnotique.

9/ NAIROBI "Soul Makossa" : une reprise totalement déjantée du Soul Makossa de Manu Dibango avec Arthur Baker au remix.

10/ Entrée en scène de David Morales pour un remix du "I Love The Bass" de BARDEUX dont je vous avait proposé l'original il ya quelques semaines. Une rythmique très particulière, un subtil mélange de garage et d'underground, la patte du "Maître" est bien présente.

11/ SINNAMON "Thanks to you" : ce titre de 1982 marque l'avènement de la boîte à rythme dans la musique club. Shep Pettibone fait ici la cinglante démonstration que l'on peut inclure la technologie tout en gardant le groove. Avec ce son énorme, il était inutile de s'inquiéter de l'impact sur la piste et ce disque au mixage très audacieux sut séduire un public encore peu habitué à ces claps synthétiques.

12/ NICK STRAKER BAND "A little bit of jazz" : l'un des titres marquants de mes années "Palace".
DJ le samedi au Patch Club et auditeur le dimanche soir dans ce lieu exotique. Dommage que je ne puisse retrouver le nom de ce DJ blond, un américain qui mixait à la perfection tant de merveilles. Les sets étaient entrecoupés d'extraits de péplums diffusés sur l'écran géant sur la scène. Souvent une atmosphère magique était entretenue par la simple présence d'une lumière noire fluorescente et les grands moments festifs de fin de soirée voyaient la piste être baignée de confettis venant du haut plafond de cet ancien théâtre.
Pour en revenir à l'album de Nick Straker Band, il est bien évidemment indispensable à votre discothèque, contenant d'autres titres intéressants comme The Beat Inside ou NSB Radio.

13/ ROCKER'S REVENGE "Walking on sunshine" : groupe "conceptuel" imaginé par Arthur Baker pour une reprise du titre de Eddy Grant (1978), c'est le dernier "Mastermix" de ce set. Ce fut l'un des souvenirs fracassants de ma vie londonienne entre 1982 et 1983. Shep Pettibone entremêle la version originale (Sunshine Partytime) totalement "rap/hip-hop" et la version finale plus commerciale avec la mélodie chantée que l'on connaît tous (et un accapella surexploité !). A noter la similarité des accords de synthé avec ceux de You're the one for me de D TRAIN.

14/ A GUY CALLED GERALD "Voodoo ray" : en 1988, l'anglais Gerald Simpson réalise son premier album avec les moyens du bord dont la fameuse TB-303 (ou Bassline) de la marque Roland qui représente la signature sonore de l'"acid-house". A l'origine, cette petite boîte grise est conçue pour créer des lignes de basses en situation nomade. Idéale pour l'inspiration, on pouvait sauvegarder ses propres créations (des patterns de 16 mesures maximum) sous forme de presets.
La machine sera détournée de sa fonction originale grâce au son particulier obtenu grâce au réglage du filtre et de la résonance ainsi que du portamento entre les notes. J'eus toutes les peines du monde à m'en procurer une à vil prix au début des années 90 et, la machine n'étant pas midifiée, il fallut installer un système de déclenchement des notes trop complexe pour le détailler ici. Mais le résultat était au rendez-vous !
Voodoo Ray fut immédiatement adopté par Mike Pickering à l'Haçienda de Manchester et le titre atteignit la 12ème place des charts anglais. Pour les puristes, sachez que "Voodoo ray" est samplé dans une phrase prononcée par l'humoriste Peter Cooke sur le disque Derek et Clive (Live), une comédie enregistrée sur vynil. Pour les autres, l'anecdote tragique veut que "Voodoo Ray" ne rapporta rien à son auteur, ce dernier en ayant vendu les droits pour s'acheter une boîte à rythmes d'occasion !

15/ SONIA "You'll never stop me from loving you" : un bootleg rapidement interdit qui reprenait le gimmick du French Kiss de Lil' Louis. Autant Lagaf ne rencontra pas de soucis juridiques avec l'infâme Bo le lavabo, autant cet astucieux remix d'un titre très pop et putassier de SONIA fit long feu. Quelle injustice !!! Heureusement que j'ai pu en intercepter un exemplaire avant le sacrifice du pilon et vous le délivrer en cadeau final de ce set.