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jeudi 8 juillet 2010

N° 75 : 70's flava (Love Commitee, Vincent Montana Jr., Ripple...)

Set non disponible

Comme le parfum entêtant des glycines qui refleurissent à tous les coins de rue de mon quartier, le parfum nostalgique des 70's envahit ce dernier set avant les grandes vacances.
Cette période de trêve sera mise à profit pour préparer les sets de rentrée, au moins jusqu'à Noël j'espère.

Après plus de 75 sets, mes bacs à disques n'ont pas été si entamés que cela. Il y a donc encore quelques pépites à délivrer.

1/ M PEOPLE "Moving on up" : injustement méconnu, c'est l'un de mes remixes préférés de Roger S.
L'original étant très pop, cette version arrivait à point nommé pour les clubs pointus. Roger S. fait sourdre la magie underground avec des samples particulièrement bien choisis, ne serait-ce que la base d'accords de Rhodes. Les riffs de sax et de guitare parachèvent une œuvre désormais intemporelle. Le harddubb est du même accabit.

2/ CREATIVE FORCE "So good" : Tommy Musto, trop rare dans mes sets, livre une version 100% garage sortie sur le fameux label SubUrban, auquel on doit tant de merveilles.

3/ KINGS OF TOMORROW "Ancestors" : extrait de la compilation "The Beginning" sortie en France sur le label Distance en 1998, je m'emploie à récupérer au traitement de son une gravure désastreuse.
L'interprétation de Treasa Fennie est une longue plainte, un postulat gospel métamorphosé par Sandy Rivera en une bombe garage.

17 ans après leurs débuts, je me demande pourquoi ce duo n'a jamais réussi à sortie de l'anonymat. Les ai-je déjà vu dans un clip ou sur scène ? Je n'en ai pas souvenir.
Sûr que Nagui ne soupçonne même pas leur existence. Sans doute trouverait-il que la chanteuse "beugle et fait mal aux oreilles".

4/ MARC BROWN "Colors" : Troublé par l'appellation du E.P. (Moodswings), j'ai d'abord cru à une production Mood II Swing. Les sonorités et la construction rythmique rappelaient tant leur univers. Mais il n'en était rien, ce titre étant en fait signé d'un certain Marc Brown.
Il semblerait qu'il soit aussi l'auteur de l'excellent titre samba "With you" de SMOKE CITY, un classique des compilations lounge.

5/ KATHY SLEDGE "Another Star" : à mon sens, la meilleure reprise du titre de Stevie Wonder, figurant à l'origine sur son fantastique triple album "Songs in the key of life". 21 titres et absolument aucun à laisser de côté. Du jamais vu.
Il serait impardonnable de ne pas posséder cette œuvre dans sa discothèque personnelle.

Reconnaissable entre mille à sa voix éraillée, c'est l'ex-chanteuse de Sister Sledge, qui lui donne une seconde vie avec une touche garage-gospel.
Roger S. est à nouveau très inspiré sur les deux maxis qui portent cette reprise. Comme souvent, Sanchez propose des dubs alternatifs très orientés hard house.
Ce titre est "definitely a must have" !

6/ THE KNOWLEDGE "As" : sorti chez Scorpio via Suntune, l'enchaînement avec Kathy Sledge s'imposait de lui-même. Très répétitif, il faut vite switcher au bout de 2-3 minutes pour ne pas lasser. C'est ce qu'on appelle un maxi de transition, un simple outil.
Le mix de Joey Negro n'a pas été retenu à l'époque, mais il n'apportait rien de nouveau à l'affaire.

7/ RIO EDITS "Pretty girl" : extrait de cette excellente collection de re-edits, le travail présenté ici est basé sur "Just long as i got you" de LOVE COMMITEE, face B du tube "Law and order", deux titres qui figurent sur le 1er album du même nom (Salsoul Records). Ceux qui verront la vidéo souriront peut-être au look et aux postures surannés du groupe, mais les 70's étaient dépositaires d'une certaine insouciance et d'une joie de vivre que l'on a perdu pour longtemps.
Autant ce "Law and order"est policé à souhait, autant "Just as long as i got you" possède un charme inexplicable.
Les accords zonent entre gravité et joie, sublimés par un adlib hypnotique.
L'histoire n'a donc retenu que cette face B qui a inspiré de nombreuses reprises dont celles de Looney Tunes (Frankie Bones et Lenny Dee) et de 101 (jouée sur Radio Maxximum à l'époque).

les remixers de Rio Edits se sont intelligemment concentrés sur cette coda chantée d'une voix d'outre-tombe en faisant des accords d'un piano Rhodes passé dans une cabine Leslie le thème principal du mix, occultant par la même occasion des couplets trop gentillets.

Ces mêmes accords avaient été utilisés pour la version originale de "Something about the music" de Da Slammin' Phrogz (alias Bibi Fricotin de la radio NRJ), l'un des monuments de la "french touch".

8/ Toujours sur ce 1er album de LOVE COMMITTEE figure ce titre : "Pass the buck". Largement rallongé par les DJ's du label Underdogs Edits, c'est un pur bonheur pour les sets vintage et je ne peux que louer le travail des besogneux qui réinventent ces titres en y intégrant les breaks, intros et outros qui leur faisaient défaut à l'origine.

9/ RAY MARTINEZ AND FRIENDS "Lady of the night" : un grand souvenir de mes soirées dominicales au Palace et un tube incontournable de l'endroit. Poussé à saturation par le DJ dans les châteaux JBL , le son faisait crachoter mes tympans mais, à l'époque, ces derniers avaient la faculté de récupérer rapidement.Exhumé de ma cave et restauré tant bien que mal après avoir subi deux dégâts des eaux, c'est un vynil marqué par le temps. De longues minutes furent nécessaires pour éliminer le maximum de craquements.Je ne pense pas que beaucoup d'entre vous le connaissent et pourtant, il a bénéficié d'une sortie française chez Barclay en 1981.

10/ VINCENT MONTANA Jr. feat. Goody Goody "It looks like love" : démiurge du label Salsoul Records, Vincent Montana est le fondateur du Salsoul Orchestra.
C'est sur le label Atlantic qu'il sortira ce nouveau concept en 1978. La pochette de l'album est torride et les titres sont à l'avenant. "#1 Dee-Jay" se hissera au sommet des charts américains. Relifté par Dimitri From Paris, prétorien du souvenir, "It looks like love", simple titre de la face B, reçoit enfin les honneurs qu'il aurait mérités.

11/ INCOGDO "Ventage" : une trituration de "The beat goes on" de RIPPLE. J'ai dû aussi "faire le ménage" dans cet edit étrangement et maladroitement monté.

12/ VINCENT MONTANA Jr. "That's what love does" : Hommage de Louis Benedetti à l'arrangeur et vibraphoniste de génie avec ce titre inédit de 2005 écrit par la Montana Family.
C'est William 'Smoke' Howard, ex-chanteur du groupe THE EBONYS qui assure les vocaux.

jeudi 12 mars 2009

N° 9 : Moving slowly to U.K. House Music (Morales all time classics, chicago anthems, l'Hacienda, M People, Gypsy)

Set non disponible






Après quelques semaines consacrées à la fine fleur de la soulful house, il est temps de muscler progressivement les sets avec cette scène house britannique plus punchy, plus "bourrine" mais néanmoins captivante. Elle a inventé les rave parties, amplifié le mouvement techno puis enfanté de styles tels que la handbag, le speed garage et le 2-step.

Mais commençons par un panégyrique de David Morales...qui ne surprendra pas les habitués de ce blog :-)

1/ SWEET MERCY feat. Joe Roberts "Happy days" : le seul morceau culte du Boss qui m'avait échappé à sa sortie en 1995.
Pourquoi ? une surcharge de travail m'empêchant d'aller traîner comme d'habitude aux comptoirs des disquaires, un distributeur qui avait dédaigné de livrer la France...je ne me l'explique pas. Mais le marché de l'occasion a ceci de magique qu'il permet de rectifier les erreurs du passé et, finalement, un vynil en provenance d'Angleterre me parvint par la Poste. Et l'émerveillement fut total. Une rythmique claire et puissante, un solo de Rhodes étourdissant, la voix magique de Joe Roberts, un titre que je pourrai écouter encore dans 20 ans.
J'y ai inclus l'accapella de "Sexual" par Amber pour que l'envoûtement soit total.

2/ D:REAM "U R the best thing" : Cela fait 15 ans que j'écoute ce titre avec une émotion inaltérée. Morales avait encore remis une copie parfaite et les voix de Peter Cunnah (lead) et D'Borah Asher (back) sont d'une suavité absolue. Voilà le style de morceau qu'il me plairait de pouvoir sortir aujourd'hui - j'ai déjà programmé une petite liste des artistes que je contacterai si mon retour à la production se profile à l'horizon.

3/ Mon ami Lord Sharkus, un aristocrate de la soulful house, me reproche souvent de ne pas inclure suffisamment dans mes sets son artiste préféré, JAMIROQUAI. Il lui voue un culte totalement immodéré mais il faut bien admettre que JAMIROQUAI, entre frasques imbibées et performances scèniques, a toujours su trouver l'alliage entre pop et dance, se faisant concocter des remixes souvent insignes comme ce "Cosmic Girl" par Morales.

4/ Manchester a été traditionnellement une ville ouverte sur la culture black. Ses Dj's jouant essentiellement des titres venus de Chicago et Detroit, elle lança dès les années 60 un mouvement connu sous le nom de "Northern Soul".
A la fin des années 80 et suivant cette tradition, le célèbre club" l'Hacienda" programma logiquement les tubes house venus de Chicago et son DJ Mike Pickering en fut l'instigateur. Frankie Knuckles ira même jusqu'à le désigner comme le premier DJ anglais à avoir introduit la house music dans son pays. Pickering formera le groupe M PEOPLE en 1991 avec naturellement une chanteuse black, Heather Small. "One night in heaven" est avec "Moving on up" la parfaite illustration de cette house mâtinée de soul.

5/ CEYBIL JEFFRIES "Open your heart" : une production garage signée Tony Humphries.

6/ MARATHON "Movin'" : Un groupe rock anglais produit à la base par Youth, la version originale s'inspirant d'ailleurs fortement du "Gimme Shelter" des Rolling Stones (pour le gimmick vocal) et du "Happiness is just around the bend" des Main Ingredient (pour les paroles du refrain). Le traitement happy house donné par Joey Negro est stupéfiant.

7/ 2 IN A ROOM "Ahora ! (now)" : un remix du duo anglais Bottom Dollar dont vous aviez déjà découvert le travail sur "El Trago" dans mon premier set, The Rebirth Megamix.

8/ C & C MUSIC FACTORY feat. Martha Wash "I found love" : extrait de Anything goes! (1994), excellent album d'un duo panthéonisé.

9/ STEVE "SILK" HURLEY "Jack your body" : après avoir lancé le label DJ International en 1985 avec le titre "Music is the Key", Steve Silk est le premier D.J. à propulser un titre house à la première place du hit-parade anglais (avril 1987), aidé dans sa tâche par Pete Tong, D.J de la radio BBC Radio One. Tong sera d'ailleurs le premier à sortir sur le marché anglais une compilation dédiée à la house de Chicago, The House Sound of Chicago, Vol. 1., sur London Records, label dont il est le Directeur artistique.

10/ MAC THORNHILL "Who's gonna ease the pressure" : un titre repéré dans le Skydance de RLP et vite acquis chez un disquaire du Nord de la France ! Un son énorme à la limite de la saturation et des voix syncopées du meilleur effet.

11/ JOE SMOOTH "Promised land" : Un musicien connu pour ce seul hit mais surtout impliqué dans des activités de producteur, ingénieur du son et remixeur (Fast Eddie, Tyree, Lil' Louis, Destiny's Child)

Lente avancée dans une british house aux sonorités plus techno qui sera largement à l'honneur dans le prochain set.

12/ D-TEK "Drop the rock" : Ce groupe (ou concept ?) est un one shot du label "dance" Positiva créé par major EMI en 1993. Dès son lancement, il marque de son empreinte la scène house anglaise avec la signature du "I like to move it" de Reel 2 Real. Suivront d'autres belles inspirations comme "Beautiful People" de Barbara Tucker, "Freedom" de Black Magic (Lil' Louis), "Move your body" de Ruffneck, "The Bomb" des Bucketheads.

13/ et 14 / GYPSY "Skinnybumblebee" et "I trance you" : l'écossais GYPSY est le porte-drapeau du label de "progressive house" Limbo Records. Les mixes présentés ici sont plutôt happy et survoltés, en particulier le Aquarius 96 remix de I Trance You" qui reprend (encore) le riff de sax de Jimmy Castor Bunch.

15/ Une puissante synthé-basse dans le style des meilleurs morceaux de speed garage pour accompagner ce remix anglo-américan de "Something goin' on" de TODD TERRY sorti sur le label anglais Manifesto. Déployant l'artillerie lourde (Martha Wash et Jocelyn Brown), l'homme à la casquette vissée sur le crâne (trouvez une photo de lui sans cet accessoire sur Google Image !) signait un retour en force en 1997 avec l'album Ready For a New Day après une série d'obscures albums expérimentaux.